Boris Vallaud : "Sans Premier ministre de gauche, le PS ne participera pas au gouvernement"
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Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Or a-t-on un gouvernement cette semaine après la trêve de Notre-Dame et les mois qu'a suscité hier la chute du régime Assad en Syrie ?
- 1:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous comprenez ces réactions de la part de paysans qui attendent des mesures depuis des mois, Boris Vallaud ?
- 1:34RelanceRéponse directe
Parce que les deux principaux syndicats ont quand même publié un communiqué en dénonçant les calculs politiques qui ont mené à la censure et qui mettent en pause, je les cite, les 400 millions d'euros d'aide prévus pour l'agriculture française dans le projet de loi finance 2025.
- 2:27OuverteRéponse directe
C'est Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui a annoncé vendredi triomphalement avoir trouvé l'accord de libre-échange et l'avoir signé du Mercosur avec le Brésil, l'Argentine, les autres pays qui en font partie.
- 2:51RelanceRéponse directe
C'est-à-dire qu'Ursula von der Leyen, elle a profité de la faiblesse politique française du moment ?
- 3:27FerméeRéponse directe
Et donc vous allez soutenir Emmanuel Macron s'il va jusqu'en justice ? Parce qu'il y a une possibilité d'aller jusqu'en justice.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:23Invité politiqueFait
« Dès le lendemain matin de la motion de censure, j'ai téléphoné aux organisations syndicales agricoles pour leur proposer rendez-vous. »
- 1:42PrésentateurChiffre
« les 400 millions d'euros d'aide prévus pour l'agriculture française dans le projet de loi finance 2025 »
- 2:41Invité politiqueFait
« Elle est honteuse. Elle est honteuse. Elle est inadmissible. Elle est incapable. »
- 2:55Invité politiqueFait
« un président de la République qui en réalité a perdu son arat depuis bien longtemps à Bruxelles »
- 4:00Invité politiqueFait
« C'est une motion de censure, je n'y reviens pas parce que c'est un mauvais budget. »
- 4:03Invité politiqueFait
« C'est une motion de censure parce que c'était une mauvaise méthode. »
- 4:26Invité politiquePromesse
« On a d'abord demandé un Premier ministre qui soit un Premier ministre de gauche. »
- 5:30Invité politiquePromesse
« Si ça n'est pas un Premier ministre de gauche d'abord, nous ne participerons pas à ce gouvernement. »
- 5:59Invité politiquePromesse
« Il n'y aura pas de participation au gouvernement. »
- 9:01PrésentateurFait
« Une loi immigration, c'est une ligne rouge. »
- 9:12Invité politiqueChiffre
« On en a voté 29 en 40 ans. Vous voyez ce que je veux dire ? »
Temps de parole
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Sonia De Villers, votre invitée, députée des Landes et président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale.
Or a-t-on un gouvernement cette semaine après la trêve de Notre-Dame et les mois qu'a suscité hier la chute du régime Assad en Syrie ? La politique française reprend ses droits. Tout à l'heure sont reçus à l'Elysée les écologistes, les communistes, le groupe Liotte. Les Insoumis, eux, refusent de s'y rendre aujourd'hui. Les socialistes qui, avec leurs 66 députés, se trouvent en position d'arbitre en cas de nouvelle censure, et l'ont été lors de la précédente censure, ont été entendus par Emmanuel Macron dès vendredi après-midi. Bonjour Boris Vallaud. Bonjour.
Alors avant d'en venir au gouvernement, je vais m'adresser aux députés des Landes que vous êtes, le seul député de la région à avoir voté la motion de censure. Hier soir, votre permanence de Saint-Sévère a été attaquée par des agriculteurs. Le local a été bâché, muré, tagué, mis en scène macabre. Et cette inscription, par ambition personnelle, politique, tu tues nos exploitations et tu es aussi bancal que ce mur. Est-ce que vous comprenez ces réactions de la part de paysans qui attendent des mesures depuis des mois, Boris Vallaud ?
Bien sûr. Et la façon dont s'est déroulée cette opération, dont j'avais été informé... Ah bon ? Vous saviez que ça allait avoir lieu ? Je le savais, ne s'est pas déroulée dans le climat de tension. Ça a été au fond assez respectueux. Et ce que je veux dire, c'est que je comprends évidemment les inquiétudes. Vous savez, dès le lendemain matin de la motion de censure, j'ai téléphoné aux organisations syndicales agricoles pour leur proposer rendez-vous. Et nous nous voyons dans quelques jours. C'est bien que j'avais tout cela en tête.
Parce que les deux principaux syndicats ont quand même publié un communiqué en dénonçant les calculs politiques qui ont mené à la censure et qui mettent en pause, je les cite, les 400 millions d'euros d'aide prévus pour l'agriculture française dans le projet de loi finance 2025.
Bien sûr. Et je me préoccupe des agriculteurs parce que je suis dans un territoire très agricole, comme toujours. Il y a eu la grippe aviaire, il y a eu la fièvre catarale et bien d'autres maladies. Il y a eu des récoltes qui ont été très, très, très mauvaises. Et évidemment, nous serons les garants que les avancées en faveur de l'agriculture seront confortées. Mais je pense aussi à l'hôpital public pour lequel il manque 3 milliards, aux infirmières, aux aides-soignantes. Je pense à la situation des EHPAD qui sont pour la quasi-totalité d'entre eux en déficit, alors que les finances des collectivités locales vont être siphonnées par le projet qui était celui de Michel Barnier.
Je pense aux enseignants et aux 4000 suppressions de postes. Vous voyez, je ne joue pas les uns contre les autres, je joue le maximum de solidarité nationale pour permettre de faire fonctionner les services publics autant que l'aujourd'hui.
C'est Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui a annoncé vendredi triomphalement avoir trouvé l'accord de libre-échange et l'avoir signé du Mercosur avec le Brésil, l'Argentine, les autres pays qui en font partie. Cette annonce, elle intervient deux jours après la censure du gouvernement.
Elle est honteuse. Elle est honteuse. Elle est inadmissible. Elle est incapable. La représentation nationale avait dit son désaccord il y a quelques jours. Les socialistes, que ce soit au Parlement...
C'est-à-dire qu'Ursula von der Leyen, elle a profité de la faiblesse politique française du moment ?
Elle a profité de la faiblesse politique d'une manière générale, d'un président de la République qui en réalité a perdu son arat depuis bien longtemps à Bruxelles. Pour ce qui concerne les socialistes, que ce soit au Parlement européen ou à l'Assemblée nationale, voilà de longs mois, de longues années que nous avons dit notre désaccord à l'endroit du Mercosur et de ce type d'accord de libre-échange. Elle ne doit pas être terminée.
Parce qu'il faudra encore le valider cet accord.
Exactement. On ne peut pas accepter de mettre en difficulté de façon structurelle notre agriculture en le mettant en face d'une mondialisation qui est une mondialisation sans règles, une mondialisation déloyale.
Et donc vous allez soutenir Emmanuel Macron s'il va jusqu'en justice ? Parce qu'il y a une possibilité d'aller jusqu'en justice.
Oui, il faut aller au maximum pour empêcher cet accord.
Revenons aux tractations françaises. Boris Vallaud, le président de la République, semble sur le point de choisir un nouveau Premier ministre aujourd'hui ou demain. Il n'a pas mâché ses mots à l'égard du Parti socialiste. Il n'a pas mâché ses critiques. Vous avez néanmoins pu dialoguer sereinement avec lui vendredi après-midi ?
Écoutez, il nous a reçu ce qu'il nous a entendu. Difficile de le dire. Qu'est-ce que nous avons dit au président de la République ? Nous lui avons d'abord donné le sens de notre motion de censure. C'est une motion de censure, je n'y reviens pas parce que c'est un mauvais budget. C'est une motion de censure parce que c'était une mauvaise méthode. Michel Barnier n'a en réalité jamais fait de compromis. Il faut dire que quand j'étais allé le voir avec Patrick Cannaire, il avait eu cette formule qui est assez signifiante. Il avait dit « je connais vos propositions, certaines sont intéressantes, mais je ne peux pas y satisfaire sans prendre le risque de fracturer mon bloc central.
» Et pour l'avenir, vous lui avez demandé des choses au président de la République ? Oui, absolument. On a d'abord demandé un Premier ministre qui soit un Premier ministre de gauche. Vous voyez, si on veut un nouveau Premier ministre, c'est aussi pour avoir une nouvelle politique, pour que les électeurs qui ont voté après la dissolution, dont on n'a toujours pas compris le sens, même si Emmanuel Macron a essayé dans son bureau de nous en expliquer les tenants et les aboutissants.
Et ça, vous y croyez, Boris Vallot ? Vous y croyez encore, un Premier ministre de gauche ?
Je veux y croire parce que je crois que c'est un des points de sortie d'une crise institutionnelle, politique majeure. Un Premier ministre de gauche qui fera des compromis, qui instaure une nouvelle façon de travailler, celle que Michel Barnier était incapable de faire, et qui dit aussi, c'était là aussi le sens de la motion de censure, qui dit à ceux qui ont bénéficié du Front républicain, réveillez-vous. Est-ce que vous préférez des négociations égligentes, difficiles avec la gauche, ou au fond être tenus dans la dépendance du Rassemblement national qui vous fait sauter à la corde ?
Si ce n'est pas un Premier ministre de gauche, qu'est-ce que vous allez faire ?
Aujourd'hui, je ne me place pas dans cette hypothèse. Je me place dans l'hypothèse où c'est un Premier ministre de gauche.
Et si c'est François Bayrou, par exemple, président du Modem ?
Je vais vous dire, si ça n'est pas un Premier ministre de gauche d'abord, nous ne participerons pas à ce gouvernement.
C'est-à-dire pas de participation ? Ça veut dire pas de ministre ?
Pas de ministre, ça veut dire qu'il faut bien être clair. Nous ne sommes pas en train de chercher une coalition, nous ne sommes pas en train de construire un programme commun avec le Bloc central. Nous sommes en train de nous poser la question de savoir comment être utile aux Françaises et aux Français tout de suite.
Parce que les urgences, elles ne vont pas attendre 30 mois. Si c'est un Premier ministre issu du Bloc central, si c'est un Premier ministre issu de la droite, il n'y aura pas de ministre socialiste.
Il n'y aura pas de participation au gouvernement. Est-ce que ça veut dire que nous ne rentrons pas dans des négociations qui seront exigeantes, difficiles ? Parce que nous voulons que la vie des Françaises et des Français changent. Parce que les inquiétudes dont vous vous êtes fait l'écho sont réelles. Comme on l'a dit encore ce week-end, que ces urgences, elles ne peuvent pas être différées. Les urgences sociales, les urgences économiques, les urgences environnementales, c'est maintenant. Donc vous allez négocier, néanmoins. Mais nous allons en effet négocier âprement. Je pense que nous avons besoin d'être un Parlement adulte.
Et apporter une promesse de nos censures ?
C'est une méthode nouvelle que nous proposons. Est-ce que nous y parviendrons ? Ça suppose que ce Bloc central soit capable de se dire, à la différence de ce qu'il a fait dans l'hémicycle ces deux derniers mois, qu'il ne peut pas être dans la défense du bilan, tout le bilan, rien que le bilan d'Emmanuel Macron. Vous avez compris ? Être des parlementaires adultes, ramener des victoires à la maison pour les Françaises et les Français. C'est ce que nous essayons de faire.
Est-ce qu'il s'agit de compromis pourris ? La formule est de Jean-Luc Mélenchon, elle date d'hier soir sur sa note de blog. Le PS a la censure honteuse. Je le cite. Ses rendez-vous éliséens de parade décident des compromis pourris. Il qualifie le comportement du PS de déloyal et mortifère. Il a donné deux interviews à la presse espagnole et italienne. Il dénonce, je le cite encore, la méthode extrêmement brutale d'Olivier Faure, le patron du PS, et personnelle.
Mais si vous vouliez avoir les commentaires de Jean-Luc Mélenchon, il fallait inviter Jean-Luc Mélenchon ce matin. Moi, j'ai le sentiment que le PS n'est pas isolé. J'ai lu le communiqué de presse des écologistes, j'ai lu l'interview de Fabien Roussel. Ils vont à l'Élysée aujourd'hui. Soucieux de quoi d'abord ? Des Françaises et des Français. De sortir de cet espace politique et institutionnel. De défendre les idées pour lesquelles nous avons été élus. Et je préfère des avancées, même modestes dans le sens de la gauche, que des grands reculs dans le sens de l'extrême droite.
Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce sont les insoumis qui s'isolent ?
Aujourd'hui, c'est le sentiment que j'ai. Nous ne trahissons pas ce pourquoi nous avons été élus. Nous essayons de le défendre. Nous voulons le défendre et obtenir des avancées. Maintenant, parce que les urgences sont maintenant.
Et est-ce que c'est la fin du nouveau front populaire ? Mais ce n'est pas la fin du nouveau front populaire.
Je ne change pas d'alliance, je ne cherche pas une coalition, je cherche à défendre le projet sur lequel j'ai été élu.
Si le parti socialiste, il l'a dit hier soir dans la presse étrangère, si le parti socialiste discute avec les macronistes, on continuera le nouveau front populaire sans eux.
Mais madame, le nouveau front populaire, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Nous ne sommes pas moins le nouveau front populaire que lui. Les écologistes ne sont pas moins le nouveau front populaire que lui. Les communistes ne sont pas moins que lui le nouveau front populaire. Et je crois, moi, à la nécessité de l'union de la gauche. Mais je crois qu'il vaut mieux des avancées, même modestes dans le sens de la gauche, plutôt que des grands programmes qui demeurent impuissants, ou pire encore, la trahison de ce front républicain pour lequel nous avons été élus aussi.
Une dernière question sur ce sujet. Un accord de non-censure. Est-ce qu'il y aura des lignes rouges ?
Nous venons... Bien sûr qu'il y a des choses qui ne seront pas négociables et que nous reverrons probablement à 2027. Ce sera vrai dans notre cas. Une nouvelle loi immigration ? Ça fait partie, évidemment, des choses auxquelles nous opposons à toute force. Mais pardonnez-moi, il y a des discussions. Il y en aura, je l'espère, autour d'un premier ministre ou d'une première ministre de gauche.
Une loi immigration, c'est une ligne rouge.
Ah bah écoutez, on en a voté 29 en 40 ans. Vous voyez ce que je veux dire ? Et la dernière a été très mauvaise. Ça a été, au fond, une énorme débâcle, non seulement politique, mais morale, pour beaucoup de ceux qui l'ont voté.
Merci Boris.
Merci à vous. Et merci Sonia de Villers.
Boris Vallaud