Yaël Braun-Pivet : "Nous n'avons pas évoqué la dissolution hier avec le président"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15FerméeRéponse directe
Est-ce que c'était l'entretien préalable obligatoire avant une dissolution ?
- 0:44OuverteRéponse directe
C'est une hypothèse pour vous aujourd'hui ? Ça peut arriver ? Ça doit arriver ?
- 1:41RelanceRéponse partielle
Vous voyez bien que tous les problèmes viennent de chez vous, viennent de l'Assemblée.
- 2:58FerméeRéponse directe
Vous l'avez dit à Emmanuel Macron hier ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Il est dans quel état d'esprit le Président ? Vous l'avez trouvé comment ?
- 3:53FerméeRéponse partielle
Que pensez-vous de la proposition d'Elisabeth Borne de suspendre la réforme des retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« Non, ce n'était pas l'objet de mon entretien avec le président de la République. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Non, nous n'avons pas évoqué la dissolution hier avec le président de la République. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Ça peut arriver et ça fait partie des outils qui sont à sa main. »
- 1:03Invité politiqueFait
« Elle est coûteuse simplement parce qu'elle mettrait un coup d'arrêt total à notre pays. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Il n'y aurait pas de budget. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Et je ne vois pas aujourd'hui une quelconque étude ou un quelconque sondage qui nous dit que demain, l'Assemblée nationale aurait une majorité absolue à tel ou à tel camp. »
- 1:58Invité politiqueFait
« L'Assemblée a voté autant de textes l'année dernière que l'année d'avant, que l'année d'avant, que l'année d'avant. »
- 2:03Invité politiqueChiffre
« Nous avons voté plus de 30 textes à l'unanimité de LFI au Rassemblement national. »
- 4:26Invité politiqueFait
« Je rappelle quand même qu'en ce moment, nous sommes le pays européen où l'âge de la retraite est le plus bas. »
- 5:15Invité politiqueFait
« Moi, je suis favorable à ça. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Confions la gestion du régime aux partenaires sociaux. »
- 6:09Invité politiqueFait
« C'est qu'on arrive à avoir une alliance des gens raisonnables, des hommes et des femmes de bonne volonté. »
- 7:50Invité politiqueFait
« Bien sûr, je le soutiens et je le comprends. »
- 8:31Invité politiqueFait
« Je ne suis absolument pas d'accord. »
- 10:03Invité politiqueFait
« C'est n'importe quoi. »
Temps de parole
- Yaël Braun-Pivet73 %
- Présentateur22 %
- ?5 %
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Elle
a un rôle clé dans le cafarnaum politique actuel puisqu'elle est la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet, et l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Yael Brown-Pivet.
Bonjour Thomas Soto.
Vous avez été reçu hier par Emmanuel Macron à l'Elysée, Gérard Larcher, le président du Sénat, l'a été également. Est-ce que c'était l'entretien préalable obligatoire avant une dissolution
?
Non, ce n'était pas l'objet de mon entretien avec le président de la République. Nous avons discuté sur les différentes solutions possibles et l'issue à cette crise politique. Donc nous nous sommes mis en mode action pour justement éviter que la France s'enfonce dans une crise qui
serait néfaste pour tout le monde.
Non, nous n'avons pas évoqué la dissolution hier avec le président de la République.
Bon, c'est une hypothèse pour vous aujourd'hui ? Ça peut arriver ? Ça doit arriver ?
Ça peut arriver et ça fait partie des outils qui sont à sa main. Après, moi je pense que ça ne doit pas arriver parce que la dissolution est coûteuse. Elle est coûteuse simplement parce qu'elle mettrait un coup d'arrêt total à notre pays. Il n'y aurait pas de budget. Donc on rentrerait dans une situation financière et économique compliquée. Mais surtout,
elle ne
résoudrait pas grand-chose, je crois. Parce que l'Assemblée nationale que j'ai l'honneur de présider représente les Français. Ils ont voté pour cette Assemblée il y a un an et demi de cela. Et je ne vois pas aujourd'hui une quelconque étude ou un quelconque sondage qui nous dit que demain, l'Assemblée nationale aurait une majorité absolue à tel ou à tel camp. Donc le risque, c'est que l'Assemblée nationale qui sorte des urnes soit aussi divisée et fracturée que celle que nous avons aujourd
'hui. Sauf
que vous voyez bien, il y
a
le point de vue que tous les problèmes viennent de chez vous, viennent de l'Assemblée.
Ce
n
'est
pas vrai. Pourquoi
? Ce
n
'est
pas vrai. Moi, je suis à la tête d'une Assemblée qui tourne. Je suis très pragmatique. Ben oui, on dit, ah bon, on dit, c'est le bordel à l'Assemblée nationale. Alors oui, c'est vrai, parfois, c'est le bordel à l'Assemblée nationale. Mais l'Assemblée nationale travaille. Moi, je regarde pragmatiquement les choses. L'Assemblée a voté autant de textes l'année dernière que l'année d'avant, que l'année d'avant, que l'année d'avant. Nous avons voté plus de 30 textes à l'unanimité de LFI au Rassemblement national.
L'Assemblée a fait tomber trois premiers ministres en quelques mois.
Mais justement, moi, je crois que ce qui se passe en ce moment en France depuis un an, c'est notre incapacité à tirer les conséquences d'une évolution de notre vie politique qui fait que nous n'avons pas de majorité absolue et donc qu'il faut gouverner autrement.
Et
tant que les gouvernements...
Ça, c'est un message à Emmanuel Macron ? C'est
un message à Emmanuel Macron, à l'exécutif, d'une façon générale, aux différents premiers ministres et aux différents ministres. Il faut tenir compte de l'Assemblée nationale telle qu'elle est aujourd'hui. Dans sa variété de compositions, nous avons 11 groupes politiques. Personne n
'a
de majorité. Il faut faire autrement. Il faut concerter, il faut consulter, il faut construire avec l'Assemblée, avec les parlementaires et arrêter d'être dans la verticalité et d'imposer les choses. Tant que ça ne sera pas compris par les gouvernements successifs, on n'y arrive pas. Ça, vous
l'avez
dit à Emmanuel Macron hier ?
Je le dis depuis un an à Emmanuel Macron, aux premiers ministres successifs, François Bayrou, Michel Barnier,
Sébastien
Lecornu. Je le dis
toujours. En fait, moi, c'est ma méthode. Il faut dialoguer et il faut mettre les gens autour de la table pour avancer. C'est ce qu'il faut faire aujourd'hui et pas considérer qu'on n'y arrive pas à l'Assemblée, donc il faut en changer.
Il est
dans
quel état
d'esprit le Président ? Vous l'avez
trouvé comment ? Moi, je
l
'ai
trouvé concentré, je l'ai trouvé en recherche d'une voie de passage parce qu'il pense au pays, il pense aux Français et il pense qu'il y a une voie de passage et une solution et qu'il faut que nous arrivions à la trouver. Donc voilà, moi, je dois y contribuer comme tout le monde. Aujourd'hui, je vous rappelle que les parlementaires ne sont pas des députés de tel ou tel camp. La Constitution dit que nous sommes des députés de la nation. Eh bien, aujourd'hui, j'invite chacun à penser à la nation, à notre pays et aux Français.
Si on doit continuer avec cette Assemblée, Gilles Broun-Pivé, que pensez-vous de la proposition d'Elisabeth Borne qui dit dans Le Parisien ce matin qu
'il
faut suspendre la réforme des retraites, sa réforme des retraites ? Vous êtes d'accord avec ça ou pas
?
Moi, ça m'agène un peu. En fait, je pense qu'il faut qu'on ait une négociation globale autour d'un budget de façon globale.
Mais ça, c'est un point très précis et c'est un point bloquant pour beaucoup de gens. Il
ne
faut
pas lâcher des trucs comme ça à quelque chose tous les jours.
Moi,
je pense que cette négociation... En fait, la question des retraites, on sait qu'elle est centrale, mais elle doit faire l'objet d'une négociation globale. Il ne s'agit pas de renoncer aux grandes réformes que nous avons faites. Je rappelle quand même qu'en ce moment, nous sommes le pays européen où l'âge de la retraite est le plus bas. Et certains pays européens sont dans une pleine réflexion pour augmenter l'âge de la retraite. Moi,
je pense que pour la retraite... Pardon, on a besoin de
clarté.
Je vais être très claire. Vous êtes pour
ou contre la suspension de la réforme des retraites ? Pour ou contre ?
Moi, ça me gêne. Et je considère que si on devait aller dans cette direction, c'est dans le cadre d'un deal global.
D'accord. Là, c'est clair.
Vous êtes
plutôt contre,
alors il est mieux fait de se
taire, Elisabeth Borne.
Je ne
vais
pas dire ça. Maintenant, il y a quelque chose que je pense sur les retraites. C'est qu'en fait, cette question de l'âge de départ à la retraite, cette question pénibilité, les carrières des femmes et tout ça, en fait, elle est ultra politisée, alors que ça n'est pas une question de parti politique, et moi, je crois, et j'ai vu certaines propositions qui disaient qu'il faudrait confier la gestion de l'ensemble du régime des retraites aux partenaires sociaux. Moi, je suis favorable à ça. Je n'en peux plus de ces discussions idéologiques sur l'âge de départ à la retraite. Confions la gestion du régime aux partenaires sociaux.
Ils sauront l'équilibrer comme ils équilibrent la gestion de la retraite complémentaire à Gircarcon.
Yael Borne-Pivet, Sébastien Lecornu va continuer à consulter aujourd'hui, en tout cas ceux qui veulent bien venir encore lui parler. Lui, il
n
'a visiblement pas très envie de rester à Matignon. Matignon, hier soir, au 20h de France 2, Bruno Retailleau a dit qu'il ne reviendrait certainement pas dans un gouvernement qui serait dirigé par un macroniste pur. Donc, il ne veut plus de Sébastien Lecornu à Matignon. Alors, qui peut faire ce projet que vous décrivez, de mettre tout le monde autour de la table, de faire travailler tout le monde ensemble ?
Écoutez, moi, je ne sais pas qui, et je ne vais pas dire qui aujourd'hui sur
votre trentaine. Ça doit être la gauche, ça doit être la droite, ça doit être qui. Mais ça
dépend de qui veut se mettre autour de la table. Est-ce qu'on arrive, moi mon souhait c'est quoi ? C'est qu'on arrive à avoir une alliance des gens raisonnables, des hommes et des femmes de bonne volonté, qui aujourd'hui se disent, il y a une urgence, c'est le budget. Donc, mettons-nous d'accord sur un budget à minima. Et après, laissons discuter le Parlement. On oublie toujours le Parlement dans cette affaire. On dit que le Parlement est la cause de tout, mais nous avons deux mois de discussion parlementaire devant nous sur le budget.
Donc, une alliance des
gens raisonnables, qui accepte de se mettre d'accord sur les grandes lignes d'un budget, qui pourrait être déposé dans les temps, c'est-à-dire lundi prochain, discussion parlementaire ensuite, et moi, cette alliance des gens raisonnables et des gens de bonne volonté, je la vois, de la gauche à la droite, je ne vois pas, et on
laisse de côté
tous les irritants. On s'est sans doute dit il y a un an, on s'est sans doute dit il
y
a six mois, et on n'y arrive pas. Vous êtes une macroniste critique, distanciée. Le camp du président de la République vous l
'a
d'ailleurs souvent reproché. Est-ce que ça pourrait être vous ? Est-ce que vous pourriez être cette première ministre de mission ? Il y a un mois, vous disiez, si on m'appelait, je ne fuirais pas mes responsabilités.
Mais je suis toujours dans cette même optique. Moi, je veux être là où je suis la plus utile. Si on pense que c'est là ou ailleurs, moi, ça m'est égal. Je me suis engagée en politique, vous savez, il y a huit ans, je suis une citoyenne. Je ne suis pas une professionnelle de la politique. Moi, je fais de la politique pour être utile, pour servir mon pays, pour donner un avenir meilleur à mes enfants et aux enfants de France. Donc,
en
fait, moi, là où je serai, ça m'est égal. Ce qui m'importe, c'est d'agir, d'être utile et de sortir le
pays de cette crise politique. Comme d'habitude, vous
êtes
disponible, on
l'entend. Comme
d'habitude, toujours
disponible. On a eu deux événements marquants ces 48 dernières heures. Gabriel Attal, qui est un pur bébé Macron, qui a tué le père. Il est allé au 20h de TF1 pour dire qu'il ne comprenait plus les décisions d'Emmanuel Macron. Et vous, déjà, est
-ce
que vous le comprenez encore, Emmanuel Macron ? Est-ce que vous le soutenez encore
?
Bien sûr, je le soutiens et je le comprends. Moi, vous savez, on est dans un bateau en ce moment et la mer, elle tangue. Il y
a
du vent, il y
a
des vagues et on ne change pas le bateau,
on
ne change pas l'équipage. Aujourd'hui, il faut qu
'on
tienne tous la barre fermement, chacun à son poche, chacun à ses fonctions pour pouvoir faire avancer ce fameux bateau dans l'intérêt de tout le monde. Et donc, ce n
'est
pas franchement le moment de se dire, ah, si on avait un autre bateau, ah, si on avait un autre équipage, ah, si quelqu'un tenait la barre différemment, etc. Ce n
'est
pas le sujet. Aujourd'hui, avançons et avançons toujours dans l'intérêt des Français de notre pays.
On n'a pas le temps de
se poser ce genre de questions.
Autre événement, majeur, dans ce studio même, hier matin, Édouard Philippe, ancien Premier ministre pendant plus de trois ans d'Emmanuel Macron, qui dit que la solution, c'est une élection présidentielle anticipée. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça
? Je
ne
suis
absolument pas d'accord. Je crois qu'à nouveau, dans les temps qui sont les nôtres, il ne faut pas déstabiliser nos institutions. Le président de la République est la seule personne en France qui a été élue par tous les Français au suffrage universel. Pourquoi
il fait ça ? C'est de la gratitude, c'est
de la trahison, c'est de la lucidité, c
'est quoi ? Je ne sais
pas, il fallait lui demander hier. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que ça ne résoudra rien. En fait, il faut arrêter de penser que la cause des problèmes, c'est les autres. C'est le président, c'est les institutions, c'est l'Assemblée nationale. Les
Français pensent un peu que c'est le président, horriblement. Non,
on est tous co-responsables. Soyons lucides, soyons responsables. Et aujourd'hui, gardons nos nerfs et agissons dans l'intérêt de notre pays. C'est ça qu'il faut aujourd'hui faire. Et demain, parce qu'on n'a pas le temps.
Sauf
que
demain, on ne sait pas ce qui
se passera demain. Ce qui est sûr, c
'est
qu'en matière de calendrier, on ne sait plus rien. S'il y avait une présidentielle anticipée demain, est-ce que vous vous poseriez la question de votre candidature
?
Je ne me mets pas dans l'hypothèse d'une présidentielle demain. En tout cas, moi, ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, je veux agir. Agir pour mon pays, agir pour nos enfants. Que j'ai des valeurs et qu'à un moment où le pays est peut-être en train de sombrer dans les mains des extrêmes, je ferai tout pour que cela n
'arrivent pas. Vous feriez tout et vous n'excluz rien. Je
prendrai toute ma part dans les batailles politiques de demain.
Une dernière question, Yael Broun-Pivet. Certains LR, comme Sophie Prima, qui il
y a
quelques semaines encore était porte-parole du gouvernement de François Bayrou, a dit hier sur RTL qu'elle était prête à gouverner avec le RN.
C'est n'importe quoi. Je suis très choquée et je lui dirai quand je la verrai. C'est contraire à toutes nos valeurs, à toutes, je sais, les valeurs des Républicains.
Qui sont en train de vendre leur âme.
Je ne l'espère pas et je n'ose le croire parce que ça ne correspond pas aux discussions que je peux avoir avec les Républicains. Et la frontière doit être étanche avec le RN, toujours.
Et
on précise que tous les Républicains ne sont pas sur cette ligne.
J
'entendais François Copé hier soir qui était fermement opposé à tout ça. Merci beaucoup Yaël Braun-Pivet d'être venu sur RTL ce matin. Restez avec nous, c'est un peu l'autre président de l'Assemblée qui arrive, Philippe Cavrivière, dans un instant sur RTL.
Yaël Braun-Pivet