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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 4 février 2022 26 min

Crise en Ukraine, Emmanuel Macron pas encore candidat... Le "8h30 franceinfo" de Christian Jacob

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Christian Jacob. Bonjour. On a appris ce matin qu'Emmanuel Macron se rendra lundi prochain en Russie, puis mardi en Ukraine. Que doit-il dire tout d'abord à Vladimir Poutine lors de sa rencontre ?

0:11
Christian Jacob

D'abord que de temps perdu. Vous vous rendez compte que le président de la République française doit y avoir plus de deux ans ou deux ans et demi qu'il n'a pas rencontré le président russe. Emmanuel Macron est totalement inexistant sur la scène internationale. On va d'échec en échec, tout simplement parce qu'il n'a pas su entretenir ce réseau relationnel avec les chefs d'État et les chefs de gouvernement comme l'ont fait tous ses prédécesseurs. Deux ans et demi qu'il n'a pas vu le président russe. Et ce qui se passe aujourd'hui aux frontières de l'Ukraine, cette crise, on la voit monter, elle n'a pas commencé il y a 48 heures, il y a 3 jours, il y a 15 jours.

Et aucune initiative du président de la République française. Il y a eu 3 coups de fil entre les deux hommes ces dernières semaines. Oui, il y a eu pour la première fois une visio il y a 15 jours. Mais donc il y a 2 ans et demi qu'il ne s'était pas parlé, pas vu. C'est un vrai semblable. Qu'est-ce qu'il doit lui dire ? Aujourd'hui, je pense que le président russe s'était exprimé d'ailleurs à plusieurs reprises sur le sujet. Le débat est sur les frontières de l'OTAN, sur l'intégration de l'Ukraine. Et il y a des forces russes qui sont massées aujourd'hui aux frontières du Donbass, d'une région de l'Ukraine.

Les frontières de l'Ukraine doivent être respectées, c'est une évidence, c'est une question de souveraineté. Mais par ailleurs, il doit y avoir une discussion. Pour moi, l'Ukraine n'a rien à faire dans l'OTAN.

1:46
Invité

Il faut renoncer à ça ?

1:47
Christian Jacob

Je ne vois pas aujourd'hui, de la même façon que quand on avait ouvert le débat sur l'intégration de l'Ukraine dans l'Union Européenne, pour moi, l'Ukraine n'a rien à voir avec l'Union Européenne. Et donc tout cela, plus les sanctions économiques ridicules, qui ont d'ailleurs pénalisé beaucoup les entreprises françaises, les sanctions économiques sur la Russie, on a coupé tout dialogue avec le président russe. Et effectivement, c'est dur à reconstruire aujourd'hui. Bien évidemment que la souveraineté de l'Ukraine doit être préservée, ça c'est une évidence comme tout État. Mais il y avait besoin d'un dialogue.

2:27
Invité

Vous dites quoi ce matin ? Vous dites qu'il faut lever les sanctions, l'embargo contre la Russie ?

2:31
Christian Jacob

Non, mais je dis qu'on ne peut pas avoir un président de la République française digne de ce nom, qui soit deux ans et demi sans rencontrer le président russe, alors qu'il y a une crise qui est en train de monter. On est très loin des initiatives de Nicolas Sarkozy, en 2008 sur la Georgie, où le contact a toujours été maintenu avec le président russe. Et ce qui n'empêche pas...

2:49
Invité

Il y a eu le téléphone, comme l'a dit Marc.

2:51
Christian Jacob

Oui, enfin non, il y a eu une visio. Trois. Trois, c'est pas... Deux ans et demi qui ne se sont pas vues. La dernière fois, c'était à Brégançon, en 2019, de mémoire.

3:01
Présentateur

Si Valérie Pécresse arrive à l'Élysée, tout ça, ça va changer. Elle sera régulièrement en contact. Et de visu avec Vladimir Poutine, elle sera un allié.

3:08
Christian Jacob

Mais bien évidemment, on doit avoir ce contact direct. Alors, contact direct, ça ne veut pas dire qu'on est d'accord sur tout. Et chacun connaît le président Poutine. Il ne s'agit pas... On n'a pas vocation à être inféodé aux uns et aux autres. Mais simplement, la France a un rôle privilégié, qu'elle a toujours su jouer, et qui n'est plus joué depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, parce qu'il est inexistant sur la scène internationale. Il n'a pas su trouver sa place. Il va de rondeau-montade, rondeau-montade. Mais une fois que le verbe a été haut, l'action est nulle.

3:39
Invité

Christian Jacob, dans une interview au Figaro, Marine Le Pen explique qu'Éric Zemmour est entouré de personnages sulfureux, et aussi de quelques nazis. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?

3:48
Christian Jacob

Elle est sans doute beaucoup plus experte que moi dans ce domaine. C'est un règlement de compte au sein de l'extrême droite. Entre Zemmour et Marine Le Pen, voilà, c'est des échanges de groupuscules au sein de l'extrême droite.

4:02
Invité

Donc il y a des nazis autour d'Éric Zemmour ?

4:03
Christian Jacob

Écoutez, je n'en sais rien, Marine Le Pen les connaît vraisemblablement, puisqu'elle le dit. Moi, je n'ai pas la connaissance de ces groupuscules. Mais ce que l'on voit bien, c'est qu'Éric Zemmour est de plus en plus sulfureux dans ses propos. Il y a effectivement beaucoup d'informations de personnes peu fréquentables qui le rejoignent. Maintenant, l'experte, c'est Marine Le Pen dans ce domaine.

4:28
Présentateur

Vous les mettez tous les deux dans le même panier, si vous me passez l'expression, ou pas ? Vous vous dites qu'il y en a un qui est plus extrême que l'autre ?

4:34
Christian Jacob

Non, c'est l'extrême droite qui est en train d'éclater, comme ça avait été le cas entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Maigret. On l'a déjà vu. Et c'était d'ailleurs les mêmes groupes qui avaient rejoint Bruno Maigret, qui rejoignent Éric Zemmour. On revit la même scène de l'éclatement de l'extrême droite.

4:54
Invité

C'est étrange que vous disiez ça, Christian Jacob, parce qu'il y a encore quelques semaines, quand on vous interrogeait sur Éric Zemmour, vous disiez, un, il n'est pas raciste, deux, il n'est pas d'extrême droite. Là, vous dites tout l'inverse.

5:04
Christian Jacob

Je dis qu'Éric Zemmour va de dérapage en dérapage. Et qu'effectivement, entre les propos qu'il tenait, lorsqu'on l'a tous connu, et vous comme moi, éditorialiste, journaliste, il affirmait des positions tranchées sur un certain nombre de sujets, mais on n'a jamais été d'un discours qu'il avait tenu sur Pétain, qui protégeait les Juifs, et puis les positions qu'il prend maintenant, ces règlements de comptes au sein de l'extrême droite et des différents groupuscules qui ont toujours existé dans l'extrême droite.

5:41
Présentateur

Le Rassemblement National vous accuse, les Républicains, d'aider Éric Zemmour à collecter ses parrainages. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

5:47
Christian Jacob

Alors là, absolument pas. Vous savez, j'ai eu l'occasion d'ailleurs de m'exprimer très clairement sur ce sujet. Le problème de financement des uns, de recherche de parrainage des autres, c'est leur problème. Nous, on a une candidate, et on est mobilisés autour de notre candidate, et ensuite, on ne rentre pas dans ces coups de billard à trois bandes ou à quatre bandes. Vous savez, il y a toujours des effets boomerang dans ce genre de choses.

6:15
Présentateur

Les parrainages sont publics, Christian Jacob. Si un élu LR apporte son soutien, son parrainage, Éric Zemmour, il se passe quoi ?

6:21
Christian Jacob

À ma connaissance, il n'y en a pas énormément, il y en aura. Il y en aura ? À chaque campagne. Vous savez, moi, je me suis parfois retrouvé avec des élus qui me soutenaient, qui allaient parrainer Poutou, ou qui allaient, bon, c'est jamais...

6:36
Invité

Poutou-Zemmour, c'est la même chose pour moi.

6:38
Christian Jacob

Non, mais c'est l'exemple que je vous donne, parce que c'est du vécu. Donc, bon... Du coup, il se passe quoi, si un élu LR soutient pareil ? Les élus LR ont vocation, bien évidemment, à soutenir Valérie Pécresse, et c'est comme ça que ça va se passer. Et pour les exceptions que vous avez citées, il y a un instant, il se passe quoi ? Non, mais sur les dizaines de milliers d'élus que l'on a, écoutez, on verra à ce moment-là, lorsque le cas sera posé.

7:04
Présentateur

Il n'y aura pas forcément de sanctions ?

7:06
Christian Jacob

Je pense que ça n'est... Enfin, je ne suis pas dans le domaine de la sanction en tant que tel, simplement un élu qui est LR, il doit assumer ses responsabilités. Il est LR, il est dans une famille politique, qui a désigné un candidat, il soutient ce candidat.

7:21
Invité

Vous avez l'air beaucoup plus souple, sauf que Valérie Pécresse, elle, dit si un élu LR parraine Éric Zemmour, il sera sanctionné, il sera même exclu.

7:29
Christian Jacob

Non, non, non. D'abord, le président des Républicains, vous l'avez à votre table. Et sur ce sujet, il n'y a pas de... La vocation, et il est évident que les élus LR soutiennent Valérie Pécresse. S'il y a un cas ou deux particuliers ou trois, on les réglera, voilà. Et on verra la manière dont les choses se sont faites. Mais c'est de cet ordre-là. Et bien évidemment, qu'en revanche, quelqu'un qui ferait campagne contre Valérie Pécresse, bien évidemment, n'a plus rien à faire sur les Républicains. Donc c'est là qu'il faut laisser venir les choses.

8:00
Présentateur

Christian Jacob, président du parti Les Républicains, invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil info à 8h41 avec Diane Ferschit.

8:08
Invité

Dans la crise ukrainienne, Emmanuel Macron se rendra en Russie lundi et en Ukraine mardi. Le chef de l'État qui s'est entretenu avec ses homologues russes et ukrainiens hier soir pour tenter d'apaiser les tensions, alors que Washington accuse Moscou de vouloir filmer une fausse attaque de Kiev afin d'avoir un prétexte pour envahir l'Ukraine. Sur France Info, la FCPE dit envisager très sérieusement d'aller en justice pour faire valoir les droits des élèves à avoir un professeur devant eux en classe. Avec la crise sanitaire, la Fédération de parents d'élèves dénonce plus de 40 000 heures de cours perdues à cause du non-remplacement des enseignants.

Un chiffre issu de son recensement participatif en ligne. Pour Marine Le Pen, il y a chez Éric Zemmour toute une série de chapelles et venues puis reparties du Front National. La candidate du Rassemblement National évoque même dans le Figaro la présence de quelques nazis dans les rangs d'Éric Zemmour. Quelles sont les chances de médailles pour les athlètes français à Pékin ? On attend beaucoup, notamment du biathlon. C'est jeud'hiver et commence cet après-midi à 13h, heure française, début de la cérémonie d'ouverture qui sera à suivre sur France Info.

9:06
Présentateur

On se joue avec Christian Jacob, le président du Parti Les Républicains.

9:18
Invité

Le syndicat de police Alliance a fait passer un grand oral au candidat à la présidentielle cette semaine. On a vu beaucoup de points communs entre Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Éric Zemmour. Est-ce que vous pouvez nous dire sur le sujet de la sécurité, quelle est leur principale différence ?

9:32
Christian Jacob

Je ne connais pas les positions d'Éric Zemmour et de Marine Le Pen. Il y a aujourd'hui un vrai défaut d'autorité. Et Valérie Pécresse a à la fois la personnalité pour incarner cette autorité. Elle l'a montré en dirigeant, comme elle le fait depuis six ans, une grande région, la région Île-de-France. Ce déficit d'autorité, il est à la fois lié à des mesures qui, aujourd'hui, sont nécessaires dans la loi. Mais c'est aussi la capacité de l'incarner.

Lorsque le président de la République, lorsque vous vous souvenez de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, est envahi par des voyous et des casseurs qui saccagent le centre-ville, qui brûlent des voitures de gendarmes, l'autorité n'est pas incarnée par le président de la République. Lorsque l'on a un ministre de l'Intérieur du gouvernement de M. Macron, qui dit qu'il est prêt à poser un genou à terre devant les policiers, l'autorité n'est pas incarnée. Pour dénoncer les violences policières. Lorsque les peines... Oui, mais enfin... Aux Etats-Unis. Non, je précise. Oui, d'accord. Pour ceux qui n'aura pas suivi. Quel était le sujet ?

Je pense qu'on a en France des forces de sécurité extrêmement respectueuses. Lorsqu'il y a des dérapages, ils sont sanctionnés, ils sont sanctionnés durement. Ensuite, on a un vrai problème sur la justice. Sur les peines qui ne sont pas exécutées, sur les peines planchées qui ont été supprimées par François Hollande et que le président de la République, l'actuel gouvernement, n'a pas remis en place. Nous disons qu'on ne peut pas s'en prendre aux forces de police et donc il y a la nécessité de remettre des peines planchées pour tous ceux qui agressent les forces de police, pour les récidivistes, pour tous ces individus dont la sanction ne tombe jamais, est prononcée, mais ne tombe jamais.

Donc il y a vraiment une reprise en main.

11:21
Invité

Ce que vous nous dites là, ça fait partie des points communs avec Marine Le Pen et Éric Desmour qui considèrent que la justice est trop laxiste.

11:26
Christian Jacob

Mais je ne connais pas leurs propositions. Nous, nous avons un avantage sur ce sujet. C'est que nos propositions sont écrites. Ce sont des propositions de loi. On ne les sort pas par un claquement de doigts. Ce sont des propositions depuis 7 ou 8 ans. Il y a des propositions de loi qui ont été déposées à l'Assemblée nationale, au Sénat, par les groupes parlementaires LR. Donc nous sommes sur des choses assumées et pas sur des effets de manche de campagne. Valérie Pécresse dit qu'elle veut réformer la légitime défense. Dans quel cadre exactement ? Sur la proportionnalité qu'il peut y avoir à la défense lorsque vous êtes agressé.

C'est-à-dire de s'appuyer en fait sur le droit suisse sur ce sujet qui permet effectivement au juge de pouvoir interpréter l'acte de défense lorsque votre vie est mise en cause par un individu qui pénètre chez vous, qui vous agresse. et bien que l'on puisse évaluer avec plus de souplesse qu'on ne le fait aujourd'hui la réaction que l'on peut avoir pour défendre sa vie. Donc ça s'appliquerait à tous les citoyens, pas uniquement aux forces de l'ordre. Et ça passe devant, bien entendu, mais c'est la justice qui en décide. Ça passe devant le juge. On est très loin de la procédure proposée par Exemmour. La défense excusable. Où on arrive à un dérapage où ça peut devenir un permis de tuer.

C'est-à-dire qu'il supprime complètement la référence à la proportionnalité. Nous, on veut passer devant le juge.

12:54
Présentateur

Dans ses derniers discours, Valérie Pécresse utilise une expression qu'elle n'avait pas utilisée jusqu'à présent et qu'on entendait dans les discours d'Éric Zemmour. Elle dit, je la cite, il faut éradiquer les zones de non-France.

13:05
Christian Jacob

Qu'est-ce que c'est qu'une zone de non-France ? C'est une zone où on ne respecte pas les règles de la République. Et d'ailleurs, Valérie Pécresse s'était opposée, vous vous souvenez, lorsqu'il y avait eu des dérapages sur des prières de rue avec des actes violents. Valérie Pécresse y était allée, avait pris ses responsabilités dans ce cadre-là, présidente de la région Île-de-France. Et on ne peut pas tolérer que des zones, des quartiers, les règles de la République ne soient pas respectées.

13:35
Présentateur

Mais pour ça, généralement, on utilise l'expression zone de non-Droit. Non-France, est-ce que ça veut dire que c'est l'étranger qui a pris le pouvoir ?

13:40
Christian Jacob

C'est parfois des communautés, effectivement, étrangères, qui ont pris le pouvoir. Mais les règles sont diverses. On l'avait vu à Auxerre, à Dijon. Si vous pensez la même chose. Oui, oui, oui, tout à fait. Communauté des gens du voyage. Voilà, vous avez raison. Qui avaient pris les armes dans la rue. Ils sont français. On peut avoir, oui, non, mais on a eu des cas. En l'occurrence, il n'y avait pas eu que les gens du voyage, il y avait eu aussi, mais j'ai peur de me tromper dans la nationalité, de communautés étrangères qui avaient pris les armes. Ces zones de non-France, ce sont des endroits où des communautés prennent le pouvoir, mais où les règles de la République ne sont plus respectées.

14:25
Invité

Ce que vous dites là, c'est quoi ? C'est du grand remplacement light, en fait ?

14:28
Christian Jacob

Non, non, je ne reprends absolument pas ce terme qui n'a pas beaucoup de sens. C'est simplement, la France, la nation est une et indivisible. Elle ne peut pas être l'addition de communautés où chacun préserve son précaré. C'était le discours d'Emmanuel Macron. Là aussi, d'où vient le mal ? Lorsqu'Emmanuel Macron, vous vous souvenez de son discours à Marseille, où il dit, je vois ici des Comoriens, je vois ici différentes nationalités. Non, M. le Président de la République, vous voyez ici des Français. Il y a une communauté, elle est française. Ce n'est pas une addition de communautés différentes, la France.

Christian Jacob, pourquoi est-ce que Valérie Pécresse ne veut pas utiliser le terme de violence policière ? Mais parce qu'il n'y a pas de violence policière en France. Moi, je me suis déjà exprimé. Je n'accepte pas ce propos de violence policière. Qu'est-ce que vous n'acceptez pas dans cette expression ? Il y a un État de droit en France. Nous avons une police et une gendarmerie des forces de sécurité qui sont extrêmement respectueuses du droit. Lorsqu'ils utilisent la répression et la force, c'est parce qu'il y a nécessité d'utiliser la force. Et quand il n'y a pas de proportionnalité dans le poste... Et la proportionnalité est parfaitement respectée. Dans tous les cas.

Si, dans tous les cas. Lorsqu'il y a un dérapage, il est condamné et condamné fermement. Et dans ce cas-là, quand on ne la justice pas, c'est qu'elle condamne ? Comment vous appelez ça ? Eh bien, c'est quelqu'un qui n'a pas respecté les règles. Mais ce terme de violence policière n'a aucun sens. Il est ridicule de l'utiliser en France.

15:53
Invité

Christian Jacob, le Premier ministre. Jean Castex a annoncé un débat au Parlement sur l'engagement de la France au Mali. On rappelle que l'ambassadeur français a été expulsé en début de semaine par l'armée malienne au pouvoir, qui s'est donc allié avec la milice russe Wagner. Est-ce que c'est un échec pour l'armée française ?

16:09
Christian Jacob

C'est là aussi un échec supplémentaire d'Emmanuel Macron sur la scène internationale. Lorsqu'en 2013, le président Traoré demande à la France d'intervenir. On le fait, des premières opérations, pour éviter qu'il y ait la reconstitution d'un Daesh au Sahel. Donc ces opérations continuent. On voit bien qu'aujourd'hui, il ne s'agit pas de capituler, mais il s'agit de se faire respecter. Si le gouvernement malien ne veut plus de nous, ne veut plus de la France, la question effectivement du retrait se pose. Elle se pose au Mali, elle ne se pose pas au Sahel, parce que le risque de Daesh... On quitte le Mali si Valérie Técresse est élu ? Écoutez, c'est Valérie Técresse qui voulait répondre.

Bien évidemment, mais je dis que cette question doit être posée. La France ne peut pas être humiliée.

17:04
Présentateur

Quitter le Mali éventuellement, mais pas quitter le Sahel dans son ensemble.

17:07
Christian Jacob

Pas quitter le Sahel, parce que le risque de reconstitution de Daesh, il existe.

17:14
Invité

Donc on ne quitte pas la zone totalement ?

17:16
Christian Jacob

Non, non, il y a la nécessité. En revanche, je pense que là aussi, et encore une fois, je vais dire l'impuissance du président de la République française de ne pas avoir eu la capacité aussi de mobiliser nos pays alliés de l'Union européenne. Il y a un moment, il faut aussi...

17:35
Invité

Chacun a son mot à dire, on n'est pas touché de là-bas.

17:37
Christian Jacob

Mais il faut aussi que nos partenaires européens considèrent que la France n'a pas à elle seule la capacité de protéger toute l'Union européenne.

17:44
Invité

Mais ce qui se passe là-bas, ce n'est pas le problème du Mali, de l'armée malienne qui est au pouvoir ? Parce qu'elle s'allie à une milice...

17:48
Christian Jacob

Non, non, mais bien entendu, mais c'est parce qu'on a une junte qui, aujourd'hui, refusent. Non, mais tout à fait. Mais je dis que se pose, en matière de défense et de protection contre les actes de terrorisme, la question que nos partenaires européens devraient s'engager davantage. Et ça, ça nécessite une négociation au sein de l'Union européenne. Par ailleurs, aujourd'hui, on a un gouvernement malien dirigé par une junte militaire qui met des bâtons dans les roues aux soldats français pour intervenir comme il se doit avec, effectivement, les commandos Wagner qui sont sur place. Et on n'a pas vocation à être humilié.

18:29
Présentateur

8h51, on vous retrouve dans un instant. Christian Jacob, le temps du fil, info avec Diane Ferchit.

18:34
Invité

Comment décarboner l'industrie française d'ici 2030 ? Un plan de 6 milliards d'euros sera présenté tout à l'heure par le Premier ministre Jean Castex depuis Dunkerque. Dunkerque, où ArcelorMittal, va fermer trois de ses hauts fourneaux pour construire de nouvelles aciéries électriques. Un projet qui permettra de maintenir l'emploi sur ArcelorMittal. Une hausse de 28% en 2022 pour le budget alloué à la prise en charge des auteurs de violences conjugales, annonce de la ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Elisabeth Moreno sur France Bleu Isère. Ce budget sera donc porté à plus de 6 millions d'euros.

C'est au Parquet d'Evreux d'organiser dans les prochains jours l'incarcération des époux Balkany. La justice a confirmé la révocation de leur placement sous bracelet électronique en cause trop de manquements. Une décision totalement injuste selon l'ancien maire de Levallois condamné pour fraude fiscale. Après plusieurs échanges téléphoniques, c'est en personne qu'Emmanuel Macron s'entretiendra avec Vladimir Poutine. Il se rendra en Russie lundi pour espérer parvenir à une désescalade dans la crise ukrainienne. L'Ukraine où Emmanuel Macron sera le lendemain. Là, il rencontrera le président Volodymyr Zelensky. France Info

19:41
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Voilà, toute petite précision au passage. On parlait il y a quelques minutes des violences commises il y a quelques mois du côté de Dijon. C'était la communauté tchétchène qui était en cause à l'époque et pas les Kosovars, comme je l'ai dit, par erreur. Pardon, Salia.

19:57
Invité

Christian Jacob, deux maisons à 2 millions d'euros chacune à la boule. Une troisième maison à Versailles au même prix. Le patrimoine de votre candidate Valérie Pécresse fait beaucoup parler. Est-ce que c'est un handicap d'avoir une candidate qui a beaucoup d'argent ?

20:09
Christian Jacob

Absolument pas. Écoutez, Valérie Pécresse était d'une transparence totale, comme doivent l'être tous les candidats. Elle a un patrimoine. Elle n'a pas à s'en cacher. Elle ne le met pas non plus en exergue. On ne juge pas la qualité d'un candidat à cela. Moi, je juge Valérie Pécresse. Est-ce qu'elle était capable de faire depuis 6 ans, dans la région Île-de-France, où elle a vraiment changé les choses, que ce soit en matière de transport, sur les lycées, sur tous les champs de compétences, sur les capacités qui ont été les siennes à diriger de grands ministères ?

20:45
Invité

Est-ce que ça peut créer un fossé avec une bonne partie des Français qui peuvent être surpris de voir un tel patrimoine ?

20:51
Christian Jacob

D'abord, ce patrimoine, ce n'est pas une surprise, parce qu'elle l'a toujours assumé très clairement. Et ce qu'on demande à un président de la République, et je préfère d'ailleurs avoir quelqu'un qui est capable de s'être constitué un patrimoine, plutôt que d'autres qui flambent tout en allant. Vous savez, souvenez-vous de ministres qui nous expliquaient qu'avec leur paye de ministres, ils avaient 150 euros ou 200 euros sur un PEL. Ça, c'est plus inquiétant pour être capable de gérer les affaires de la France.

21:17
Présentateur

Valérie Pécresse a un patrimoine, elle a aussi un mari, Jérôme Pécresse, qui est le patron, Christian Jacob, qui est le patron de l'une des principales branches du géant général électrique en France. Est-ce que c'est un éventuel conflit d'intérêts de diriger une très grande entreprise qui pourra dépendre des décisions, prendrait Valérie Pécresse si elle est élue ? Est-ce qu'il devra quitter son métier si elle est élue à l'Élysée ?

21:40
Christian Jacob

Écoutez, absolument pas. Vous allez peut-être vouloir aussi qu'on lui choisisse son mari, tant qu'on vient. Non, mais attendez, bon. Tout ça tourne au ridicule complet. Il n'y a pas de conflit d'intérêts. Non, aucun. Son mari exerce des responsabilités. Un déroulement de carrière, on ne va pas reprocher à son mari d'avoir un déroulement de carrière.

21:57
Présentateur

Je pose la question parce que dans sa dernière déclaration de patrimoine, Valérie Pécresse explique qu'elle possède des dizaines de milliers d'actions de l'entreprise de son mari, ce qui est parfaitement légal, mais ça veut dire qu'en fonction des décisions qui seraient prises sur le nucléaire, sur l'éolien, sur les énergies renouvelables, ces actions, elles peuvent monter ou baisser.

22:13
Christian Jacob

Écoutez, elle a toujours assumé tout cela dans la parfaite transparence. Mais elle n'était pas présidente. Bien évidemment, mais elle a exercé des postes de responsabilité importantes. Encore une fois, je reviens sur la région Île-de-France, sur des postes ministériels. À la région Île-de-France, elle avait décidé de bloquer ce patrimoine et de le confier justement à un gestionnaire pour pas qu'il ne l'ouvre. Vous lui poserez la question de la manière dont elle fait, elle a toujours assumé. S'il y a quelqu'un qui a toujours été très transparent et sans la moindre ambiguïté sur son patrimoine et sur le déroulement de carrière de son mari, c'est bien elle.

Pourquoi c'est toujours les femmes qui mettent leur métier de côté ? Jamais les maris. Oui, enfin, je ne vois pas la question. La question, on la pose souvent quand c'est dans l'autre sens. Oui, parce que là, c'est elle qui est candidate. Je pense que c'est pour ça.

22:58
Invité

Christian Jacob, est-ce que vous avez des nouvelles de Nicolas Sarkozy ?

23:02
Christian Jacob

Oui, oui, oui, je le vois très prochainement.

23:03
Invité

Et pourquoi il ne donne toujours pas...

23:04
Christian Jacob

Je lui transmettrai vos amitiés, si vous voulez.

23:06
Invité

Vous ne faites pas la question. Avec plaisir, mais si ce n'est pas la question... Pourquoi il ne s'exprime pas sur la présidentielle ? Pourquoi il ne donne toujours pas de consigne de vote en faveur de Valérie Pécresse à moins de 70 jours du premier tour ?

23:17
Christian Jacob

D'abord parce que Nicolas Sarkozy n'est plus dans l'action politique active. Il n'est plus en responsabilité et depuis de nombreuses années maintenant. En revanche, bien évidemment, comme il l'a toujours dit, il y a un moment où il s'exprimera.

23:32
Invité

Il vous tarde qu'il le fasse ?

23:34
Christian Jacob

Non, non, non, non, parce que c'est le moment où lui le déciderait. Il n'est pas dirigeant politique. Il s'est retiré de la vie politique.

23:40
Invité

Mais vous savez qu'un soutien de Nicolas Sarkozy à droite, ça compte encore.

23:44
Christian Jacob

Mais tout ça ne m'a pas échappé. Mais je vous dis qu'il le fera le moment venu. Vous en avez la certitude qu'il votera pour Valérie Pécresse ? Oui, mais écoutez, il voulait dire... Non, mais est-ce que vous, vous en avez la certitude ? Bien évidemment, mais l'intérêt, ce sera... C'est lui qui s'exprimera sur ce sujet.

23:57
Présentateur

Pendant le quinquennat, il lui est arrivé d'afficher des signes de proximité avec Emmanuel Macron.

24:00
Christian Jacob

Vous n'inquiétez pas pour lui.

24:02
Invité

Emmanuel Macron, justement, qui a déjà...

24:03
Christian Jacob

Non, mais je sentais un peu d'inquiétude, je vous rassure.

24:05
Invité

Il n'y a pas d'inquiétude de notre côté. En tout cas, Emmanuel Macron, qui a déjà les 500 signatures, alors qu'il n'est pas encore candidat. Est-ce que ça vous met déjà la pression ?

24:13
Christian Jacob

Ce n'est pas une question de mettre la pression, mais je trouve que cette situation est totalement inacceptable et choquante. On a un président de la République qui se sert des données publiques pour faire sa campagne. C'est-à-dire qu'on est clairement sur du détournement de fonds publics. Il utilise des fonds publics aujourd'hui pour sa campagne. Vous l'accutez de ça aujourd'hui ? Pour faire sa campagne. Comment ça s'appelle lorsqu'un président de la République utilise les moyens de la République, non pas pour exercer ses responsabilités, mais en réalité pour faire campagne ? Et la démonstration, vous avez des gens qui parrainent quelqu'un qui n'est pas candidat.

24:50
Présentateur

Le même reproche avait été fait à Nicolas Sarkozy.

24:52
Christian Jacob

Oui, et d'ailleurs, la commission des comptes de campagne l'avait obligé à réintégrer un certain nombre de frais. Moi, j'ai écrit au président de la commission des comptes de campagne aucune réponse. Rien. Mais il y a quand même un vrai sujet sur l'utilisation outrancière des financements publics du président de la République pour des moyens personnels, pour ses moyens de campagne. Je veux dire, qu'il assume de dire qu'il est candidat et à partir de là, de séparer clairement les choses. Mais là, on entretient un flou permanent qui est choquant. Je veux dire, ça n'est pas acceptable que le président de la République se conduise de cette manière et que tous les moyens soient mis à disposition.

Les siens et ceux de ses conseillers. Puisqu'on voit bien que les conseillers, maintenant, commencent à passer du temps, soi-disant, dans un arrière-bureau, je ne sais pas trop où exactement, pour préparer la campagne. Mais non, mais travailler à l'Elysée, mais en même temps, sur leur temps libre, ils vont travailler sur autre chose. Qu'on arrête de se fiche du monde. Que le président de la République dise clairement, je suis candidat. Et à partir de là, il y a des moyens que j'utilise pour ma campagne électorale et des moyens qui sont utilisés pour présider la France.

Or, aujourd'hui, c'est la confusion, c'est des moyens publics qui sont utilisés à des fins personnelles et politiciennes du président.

26:05
Présentateur

Christian Jacob, président du parti Les Républicains, a été ce matin. Et je l'en remercie. L'invité de France Info, bonne journée à vous. Merci.