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InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 13 juillet 2024 42 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asile

Sandrine RUNEL : Nouvelle Députée PS du "Nouveau Front Populaire" de la 4e circonscription du Rhône. Ex Adjointe à la Mairie de Lyon

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 72 %Attaque 18 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59OuverteÉludée

    Est-ce qu'on sait enfin qui va être Premier Ministre ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    À un moment, est-ce que vous, vous pouvez nous dire qui a vraiment gagné cette élection du coup ?

  • 2:35RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ce n'est pas aussi d'abord une victoire de la République et des valeurs de la République ?

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas aujourd'hui quand même un des sujets que le Rassemblement National domine ?

  • 5:47OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est aussi à l'Assemblée que ce combat va pouvoir être mené pour vous ?

  • 7:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous arrivez quand même à réaliser ce qui s'est passé exactement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:50Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, il y a trois blocs qui sont quand même dans un mouchoir de poche, mais bien évidemment, il y a un bloc de gauche qui est arrivé en tête et c'est celui du Nouveau Front Populaire. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « Aucune majorité absolue ni même par ailleurs relative ne se dégage à l'Assemblée Nationale. »
  • 4:36Invité politiqueFait
    « C'est aussi le résultat quand même de ces temps de mépris, de non-écoute. On se rappelle quand même des Gilets jaunes. »
  • 5:15Invité politiqueFait
    « Le niveau à la fois d'adhésion et de vote Rassemblement National au premier tour de cette élection législative a conforté les résultats des Européennes. »
  • 6:50Invité politiqueChiffre
    « Sur la métropole de Lyon au premier tour, plus de 30 communes sur 59 ont placé le Rassemblement National en tête. »
  • 8:56Invité politiqueFait
    « Les forces de gauche, et notamment chaque parti politique et notamment le parti socialiste, a pris ses responsabilités en disant évidemment que nous y participerons. »
  • 14:03Invité politiqueFait
    « La liste PS Place Publique arrive en tête dans Lyon. »
  • 25:42Invité politiqueFait
    « Qui peut vivre avec 607 euros ? »
  • 27:17Invité politiqueFait
    « On voit quand même une mobilisation à la fois syndicale, la CGT appelle à des rassemblements, il y a aussi d'autres forces politiques qui appellent de la société civile. »
  • 29:00Invité politiqueFait
    « nous sommes une gauche de gouvernement, nous sommes une gauche responsable et une gauche républicaine »
  • 32:40Invité politiqueFait
    « la loi l'impose et c'est d'ailleurs une loi que nous socialistes avons fait passer qui est la loi sur le non-cumul des mandats »
  • 35:46Invité politiqueFait
    « la mise en place en fait d'un pôle au sein du CCS de lutte contre le sans-abrisme »
  • 37:11Invité politiqueFait
    « les résultats montrent quand même que tout un chacun peut être assez confiant en tout cas satisfait et de s'engager en perspective des élections municipales de 2026 »

Temps de parole

  • Sandrine Runel65 %
  • Présentateur33 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette reprise de l'émission L'Invité politique après la campagne à la fois des européennes et des législatives. On est heureux de vous retrouver pour décrypter, analyser cette situation qui est quand même assez complexe. J'avoue qu'on ne comprend pas forcément tout, mais peut-être qu'avec notre invitée, on va y voir plus clair, Sandrine Runel. Bonjour ! Bonjour ! Vous êtes la nouvelle députée Front Populaire de la quatrième circonscription du Rhône.

Alors j'insiste sur la quatrième circonscription du Rhône, on en parlera. C'était une circonscription traditionnellement à droite qu'on pensait sans doute peu gagnable, voire ingagnable. Vous l'avez fait, vous allez nous en parler. La dernière fois que je vous ai invité, vous étiez adjointe au maire de Lyon. Donc vous allez nous raconter aussi un peu tous ces changements. Ma première question, c'est une question d'actualité. Vous qui êtes maintenant dans le sein des saints à l'Assemblée Nationale, est-ce qu'on sait enfin qui va être Premier Ministre ?

1:05
Sandrine Runel

Alors bonjour et merci pour votre invitation. Alors non, malheureusement, je vais vous peut-être décevoir tout de suite, mais pas de scoop aujourd'hui. Et nous n'avons encore pas d'informations sur à la fois la nomination d'un Premier Ministre. Beaucoup de noms circulent, mais aujourd'hui rien n'est arrêté. Donc nous sommes bien évidemment dans l'attente avec des pressions quand même qui viennent de toutes parts auprès du Président de la République pour le pousser à nommer à la fois un Premier Ministre, mais aussi un gouvernement et faire en sorte que la France puisse se remettre au travail.

1:38
Présentateur

Oui, parce que c'est vrai que c'est un peu compliqué et je suppose que nos auditeurs, comme citoyens, comme électeurs, se posent des questions. À un moment, est-ce que vous, vous pouvez nous dire qui a vraiment gagné cette élection du coup ?

1:50
Sandrine Runel

Alors aujourd'hui, il y a trois blocs qui sont quand même dans un mouchoir de poche, mais bien évidemment, il y a un bloc de gauche qui est arrivé en tête et c'est celui du Nouveau Front Populaire. Pour autant, aujourd'hui, Renaissance Ensemble est derrière et le Rassemblement National n'est pas bien loin. Donc, ce qui est certain, aucune majorité absolue ni même par ailleurs relative ne se dégage à l'Assemblée Nationale. Donc c'est ça qui bloque aujourd'hui la situation quand même de nomination d'un gouvernement et en tout cas d'un Premier Ministre.

Mais ce qui est certain, c'est que s'il y a bien quand même une victoire à revendiquer, c'est celle du Nouveau Front Populaire, puisque c'est quand même le premier bloc qui est arrivé en tête.

2:35
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas aussi d'abord, peut-être, parce qu'un certain nombre d'électeurs, notamment, qui ne sont pas forcément du Front Populaire, qui ont voté et qui ont fait un barrage républicain, est-ce que ce n'est pas aussi d'abord une victoire de la République et des valeurs de la République quelque part ?

2:47
Sandrine Runel

Alors, ce qui est certain, encore une fois, c'est que oui, il y a eu un vrai Front Républicain qui a fonctionné. Pas partout, je pourrais prendre l'exemple de la 8e circonscription du Rhône où ça n'a pas fonctionné. Et donc, un député RN a été élu. Mais sinon, le Front Républicain a quand même plutôt, évidemment, en bonne intelligence, fonctionné. Je salue d'ailleurs des membres du gouvernement qui se sont désistés tout de suite, des députés sortants, comme la députée Tanzili qui s'est désistée tout de suite pour éviter qu'un député Rassemblement National soit élu. Pour autant, ça n'a pas été le cas partout. Et encore une fois, c'est surtout la gauche qui s'est désistée.

Et le Front Républicain, il marche quand même plutôt dans un sens que dans l'autre. Ce n'est pas la première fois, puisque tout à fait, Emmanuel Macron a été élu deux fois président de la République avec le Front National face à lui.

3:38
Présentateur

Alors justement, on en reparlera du Rassemblement National. On a du mal, peut-être parfois générationnellement, à s'y faire. Mais ça raconte aussi sans doute quelque chose. Indépendamment de cette arithmétique parlementaire, est-ce que vous n'avez pas le sentiment quand même que quand on regarde les chiffres élection après élection, que ce soit les européennes ou les législatives, on n'a pas quand même en France un souci, selon l'endroit où on se place une fois de plus, mais avec le Rassemblement National qui quand même envoie une force très importante, qui est toujours là et qui domine un petit peu, y compris dans plein de villes, etc.

Est-ce que ce n'est pas ça aujourd'hui quand même un des sujets ?

4:12
Sandrine Runel

C'est un des sujets, ce n'est pas nouveau, on l'avait déjà vécu en 2022. Ça fait sept ans qu'Emmanuel Macron est président de la République et ça fait quand même sept ans que le Rassemblement National progresse. Alors il progresse évidemment davantage dans les territoires ruraux ou semi-urbains. C'est évidemment quand même plus le monde de la ruralité qui a voté, quand on regarde en nombre de voix, bien évidemment, le Rassemblement National. C'est aussi le résultat quand même de ces temps de mépris, de non-écoute.

On se rappelle quand même des Gilets jaunes, on se rappelle du coup de tout un tas de mouvements citoyens qui n'ont pas été écoutés et qui fait qu'aujourd'hui, oui, le Rassemblement National progresse et que le vote Rassemblement National, qui d'ailleurs, c'était le pari d'Emmanuel Macron de se dire que le vote Rassemblement National aux Européennes, il était très très fort et c'était les premiers à avoir été élus, Jordan Bardella avec plus de 34%, et que ça n'allait pas fonctionner sur une élection nationale. Or, on a vu quand même que le niveau à la fois d'adhésion et de vote Rassemblement National au premier tour de cette élection législative a conforté les résultats des Européennes.

Donc on voit bien qu'aujourd'hui, ce n'est pas juste de la contestation, ce n'est pas juste on vote Rassemblement National à un tour et puis après on change. Non, il faut se poser les bonnes questions et surtout, il faut arrêter de mépriser les citoyens et leur parler et aller comprendre quelles sont les raisons. Il y a énormément d'études, d'analyses, de sujets, de reportages. On sait en vrai maintenant pourquoi ces gens-là. Bien sûr, mais donc du coup, allons leur parler. Plutôt que de dire on sait, on ne fait rien et on attend que ça se passe, n'attendons pas 2027 que le Rassemblement National arrive au pouvoir.

5:47
Présentateur

Est-ce que c'est aussi à l'Assemblée que ce combat va pouvoir être mené pour vous ? Parce qu'on parle du terrain, donc c'est aussi localement dans chaque commune, je crois que 95% des communes de France ont mis le Front National en premier. On sait la France des Tours et la France des Bours, de la périphérie des laissées, du déclassement. On connaît toutes ces raisons, mais est-ce que c'est à l'Assemblée que ça peut se passer ? Ou c'est aussi par exemple dans des laboratoires comme le sont la ville de Lyon ou d'autres communes qu'on peut aussi lutter, même si à Lyon c'est spécifique, puisqu'il y a eu un barrage quand même un peu plus fort sur la Rassemblement National ?

6:17
Sandrine Runel

Il y a plusieurs lieux, évidemment que ça doit passer par l'Assemblée Nationale, parce qu'aujourd'hui notre responsabilité en tant que députée, elle est de pouvoir évidemment revenir sur le combat à la fois des idées, des projets et des valeurs. Et donc on doit être en capacité de nous de proposer des solutions pour pouvoir faire en sorte qu'on vive mieux en France et que chacun puisse vivre convenablement. Il y a un vrai sujet autour bien évidemment du pouvoir d'achat, de la vie digne dans de bonnes conditions, et donc ça c'est quand même plutôt à la représentation nationale de pouvoir le régler.

Après, on le voit bien aussi au niveau local, sur la métropole de Lyon au premier tour, plus de 30 communes sur 59 ont placé le Rassemblement National en tête. Donc oui, il y a une question qui se traite au niveau national bien entendu, avec des orientations qui doivent être fortes, mais il y a aussi au niveau local des politiques publiques qui doivent être menées. Je fais juste quand même un petit retour sur la ville de Lyon. C'est la première fois à Lyon que nous avons de très vite.

7:15
Présentateur

On va évidemment en reparler et on va pouvoir un peu dérouler ce fil et revenir sur cette histoire un peu folle, à la fois de la dissolution, de comment on l'a vécu, de comment ça se passe, parce qu'en fait on est aussi très curieux de découvrir de l'intérieur ce qui s'est passé quand j'arrivais ce matin au studio à la radio. On est sur des panneaux d'affichage libre, on est en train d'enlever vos affiches, parce qu'il faut savoir que je crois qu'il y a un bout de votre circonscription qui touche le 8e, non pas du tout.

7:41
Sandrine Runel

Oui, tout à fait, le petit bout de Mermoz.

7:42
Présentateur

Exactement, là où on se trouve, c'est un petit bout de votre circonscription. Et donc les affiches étaient enlevées de la campagne, ça veut dire qu'elle est derrière vous, cette campagne. Est-ce que vous arrivez quand même à réaliser ce qui s'est passé exactement, notamment par rapport à la précipitation, la vitesse, cette annonce, etc. Est-ce que là, tout d'un coup, vous savez que vous êtes députée ?

8:01
Sandrine Runel

Alors oui, du coup, je le suis depuis presque une semaine. Tout est allé très vite. Quand on a appris la dissolution, on était au soir des Européennes en train de dépouiller, puisque les bureaux fermaient à 20h à Lyon, donc on était en plein dépouillement sur ces élections européennes. Il n'était d'ailleurs pas fini, nous n'avions pas les résultats encore sur Lyon. Et on apprend par des messages des scrutateurs qui nous disent que le président vient de dissoudre l'Assemblée.

8:28
Présentateur

Vous avez eu du mal à y croire tout de suite ? C'était quoi votre premier sentiment ?

8:33
Sandrine Runel

Oui, j'ai eu beaucoup de mal à y croire. Entre des piles de bulletins Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann, j'avais du mal à comprendre quel était le message de cette dissolution. Et donc, dès le lendemain, bien évidemment, on a pris aussi nos responsabilités, en attendant qu'il y avait une dissolution et donc des élections législatives qui se présentaient le 30 juin et le 7 juillet. Et donc là, les forces de gauche, et notamment chaque parti politique et notamment le parti socialiste, a pris ses responsabilités en disant évidemment que nous y participerons et qu'il y a un message à porter et que nous allons évidemment combattre l'extrême droite et porter un nouveau projet.

9:11
Présentateur

Comment ça se passe d'ailleurs ? Parce qu'on se dit, le lendemain, tout ça, on s'appelle. Je sais qu'on l'avait reçu d'ailleurs juste avant, Marie-Charlotte Garin, je crois que c'est une de celles, avec François Ruffin d'ailleurs, qui était un peu à l'initiative de cette idée du nouveau Front populaire, qui a été réélu dès le premier tour, qui est lyonnaise, on lance cette idée. Est-ce que ça vous parle tout de suite, ce nouveau Front populaire ? Et comment on vit ça quand on sait qu'en fait, il y avait la NUPES avant qui n'a pas fonctionné et que tout d'un coup, on se relance dans quelque chose ? Est-ce que c'est un habillage ? Est-ce que c'est une nouveauté ?

C'est quoi exactement, du coup, le Front populaire par rapport à ce qu'il y avait avant ?

9:45
Sandrine Runel

Alors, le message aussi quand même que nous envoie le président de la République au soir du premier tour, enfin des Européennes, c'est de toute manière, la gauche est incapable de s'unir et de proposer un projet pour la France. On l'a bien vu aux Européennes, puisque chacun avait sa liste. Donc, la première responsabilité, le premier constat qu'on fait, c'est, bien évidemment, nous sommes en capacité de travailler ensemble et de gouverner ensemble. On va le faire sur la base aussi du résultat des élections européennes et donc, à partir de là, s'engagent quatre jours de travail.

Donc, à la fois sur un programme, parce que c'était ça, en fait, on ne fait pas juste une union pour faire une union, mais un programme, donc on travaille là-dessus. Et puis ensuite, sur bien évidemment, quel message... Comment ça s'organise, le message ? Exactement, quel message on veut parler ? Et Front populaire, c'est évidemment ce message-là pour rappeler tout ce qui avait pu être fait et surtout, rappeler l'espoir et l'espérance qu'on voulait mettre en avant par rapport aux résultats aussi des Européennes.

10:40
Présentateur

Et c'est ce dont on va reparler, d'ailleurs, dans une deuxième partie de notre émission. À tout de suite. On se retrouve pour cette deuxième partie de l'émission L'Invité politique, le samedi de 11h à midi, une émission de deux reprises après une forme de trêve électorale et les nombreuses élections. Avec vous, Sandrine Runel, je rappelle que vous êtes la nouvelle députée de la quatrième circonscription du Rhône, dont un petit bout d'ailleurs est dans le huitième, là où sont les studios, donc on est un peu ici, chez vous. On est heureux de vous accueillir pour cette première grande interview. Vous êtes élu depuis une semaine.

On parlait un peu de la sidération et puis en même temps de la mobilisation qui s'est faite. On en était là à un moment. Alors voilà, vous vous appelez et vous vous dites il faut qu'on fasse quelque chose. Et c'est venu assez rapidement quand même. C'est ça qu'il faut peut-être garder en tête. C'est-à-dire qu'il y avait déjà les contacts, les idées, le partage. Est-ce que le fait qu'à Lyon, il y avait cette habitude de travailler en commun, ça a aussi permis peut-être d'accélérer un certain nombre de choses pour le choix des candidats, notamment ce genre de choses ?

11:33
Sandrine Runel

Alors, ça allait très vite de toute manière nationalement. Et je pense que c'est bien de le rappeler aussi puisqu'on a beaucoup critiqué pendant cette campagne le programme du Nouveau Front Populaire alors qu'on a été en capacité, évidemment en quatre jours, de proposer un projet pour la France, un programme concret, par ailleurs qui a été chiffré, avec des économistes qui ont reconnu aussi la qualité à la fois de ces mesures et qui s'inscrivaient plutôt dans l'idée d'une relance keynésienne pour vraiment justement se dire on remet la France sur les bons rails.

Et puis, du coup, évidemment, avec la posture qui était la nôtre, les députés sortants qui avaient été élus en 2022 ou même ceux qui avaient été élus en 2017 repartent et vont redéfendre les couleurs du Nouveau Front Populaire sur leur territoire. Donc, à partir de là, les choses étaient plutôt assez claires sur Lyon. Avec cette habitude de travail et ce lien assez fort entre les composantes de la gauche et des écologistes qui ont fait que très rapidement, on a pu mettre en avant, et d'ailleurs, ça a été fait en quatre jours et demi, on va dire comme ça, poser quatre candidats sur Lyon, poser 14, par ailleurs, candidats sur le département du Rhône, Métropole et Nouveau-Rhône.

Et donc, à partir du moment où on avait, nous, les quatre candidats lyonnais, on est partis en campagne avec aussi cette intelligence de partir ensemble en campagne. On défendait le même programme, on était sur le territoire de Lyon. Donc, évidemment qu'il y a des différences entre le 9e arrondissement, le 8e, le 6e, mais on avait quand même la même volonté de travailler ensemble. Et puis, moi, ce que j'ai mis en avant pendant cette campagne aussi, c'est que ça fait quatre ans que je suis adjointe au maire, quatre ans que je travaille pour cette ville, pour les Lyonnaises, les Lyonnais.

Et donc, c'était aussi un atout dans cette campagne de démontrer ce qu'on était collectivement en capacité de faire.

13:19
Présentateur

On va parler d'ailleurs un petit peu aussi de votre bilan d'adjointe puisque vous allez quitter votre fonction. Juste pour revenir sur le choix des candidats, ce n'était pas forcément... Vous aviez déjà été candidate à une élection législative ? C'est la première fois.

13:32
Invité

C'est la première fois, tout à fait.

13:33
Présentateur

Et sur la quatrième circonscription, on disait, je crois que la sortante, c'était Anne Bonira, qui peut-être, d'ailleurs, était à la fois renaissance et peut-être, ironie de l'histoire, avait été à un moment d'ailleurs au PS.

13:43
Sandrine Runel

Très longtemps.

13:44
Présentateur

Très longtemps. C'est comme peut-être un retour aux sources. Mais c'est quand même, traditionnellement, je crois que c'était la circonscription de Raymond Barr, etc., une circonscription à droite dont on ne pensait pas qu'elle était gagnable. C'est vous qui êtes désigné ? Est-ce que vous le prenez au départ comme une bonne ou une mauvaise nouvelle, en vrai ?

14:00
Sandrine Runel

Alors, on regarde les scores des Européennes. La liste PS Place Publique arrive en tête dans Lyon. Surtout Lyon, c'est la liste PS Place Publique qui arrive en tête à Lyon. Donc, naturellement, on souhaite participer à cette aventure-là en disant, un candidat du Parti Socialiste du Rhône, en tout cas de Lyon, doit être en capacité de se présenter sur une circonscription. Quand on regarde les circonscriptions sur lesquelles notre liste et même la gauche de manière globale, mais en tout cas, nous, notre liste arrive en tête, ce n'est bien évidemment pas la quatrième circonscription puisque la quatrième circonscription est la seule où la candidate Valérie Haillet de Renaissance arrive en tête.

Donc, évidemment, les choses ne sont pas écrites et les choses ne sont pas, évidemment, gagnées d'avance. En même temps, dans une élection, rien n'est jamais gagné d'avance. Mais quand on se retrouve entre partis et quand on se retrouve les quatre candidats, bien évidemment que la lecture qui en est faite, c'est que cette circonscription n'est pas gagnable.

On nous l'a donnée, on a fait le travail et c'est une incroyable aussi mobilisation de nombreux militants, de nombreux sympathisants et de citoyens qu'on a rencontrés très rapidement en campagne et qui, en fait, ne supportaient pas l'idée de rester sur leur canapé pendant trois semaines et d'attendre que le Rassemblement National arrive au pouvoir. Donc, c'est des gens qui se sont engagés, qui n'avaient jamais milité, qui n'avaient jamais fait de campagne et qui ont décidé de s'engager à nos côtés parce que c'était trop important et que l'enjeu était de taille.

15:27
Présentateur

Oui, parce que c'est une campagne excessivement rapide et on en avait parlé un peu. Alors, d'ailleurs, dans les quatre candidats et je crois que c'est assez représentatif un petit peu de ce nouveau Front populaire, il y avait Marie-Charles de Carim qui était sortante de la société civile en quelque sorte. C'est Boris Tavernier, c'est ça ? Vous-même ?

15:43
Sandrine Runel

Anaïs Bélaoussa qui est du coup de la France Insoumise sur la première circonscription.

15:48
Présentateur

Donc, il y avait vraiment chaque composant qui était représenté et vous avez fait cette campagne ensemble. Tout à fait. C'est intéressant du coup. Vous qui avez quand même plusieurs élections, etc. Qu'est-ce que ça change une campagne législative ? Comment est-ce qu'on s'adapte pour à la fois, comme vous l'évoquiez, parler localement à la fois de ce que vous aviez fait pour la ville de Lyon mais en même temps de penser politique nationale ? Est-ce que c'est pas un peu changeant, dérangé, nouveau de trouver ce type de discours et le bon discours ?

16:12
Sandrine Runel

Alors, ça a été une campagne éclair parce qu'au final, le temps que le projet, que les discussions aboutissent pour désigner des candidats, avant le premier tour, on avait 15 jours de campagne. Donc, ça a été une campagne éclair et en même temps, une campagne intense. Voilà. Du moment où on a été, nous, désignés pour être les candidats, moi, je sais qu'on a fait campagne dès le premier jour. On était partout, tout le temps. On était à la rencontre des Lyonnaises, des Lyonnais. On était sur les marchés, devant les écoles. On était en porte-à-porte. On était vraiment dans l'idée de pouvoir discuter, échanger, comprendre qu'est-ce qui avait amené à se positionner aussi sur les européennes.

Qu'est-ce qu'on pouvait entendre aussi sur, justement, 4 ans de mandat à la ville de Lyon et à la métropole de Lyon. Et donc, on avait à la fois un discours qui était bien évident national avec le programme et le projet qu'on portait. Donc, ça, j'ai envie de dire, c'était peut-être le plus simple puisqu'on avait des idées et donc, on mettait en avant les 10 grands engagements parce qu'on n'a pas possibilité, vu la campagne éclair, de développer 160 mesures. Donc, on avait nos 10 premiers engagements. Moi, j'ai rappelé aussi...

17:22
Présentateur

Un contrat de mandature. Exactement.

17:24
Sandrine Runel

Très important. Et surtout, moi, j'ai rappelé aussi parce qu'on partait d'une liste d'union. Moi, j'ai rappelé qu'elles étaient les lignes rouges que nous n'avions pas franchies et qui étaient infranchissables pour le Parti Socialiste. Donc, on rappelle aussi quand même quelle est notre identité, quels sont les messages qu'on a portés pendant la campagne des Européennes et qui avaient trouvé une certaine adhésion quand même aussi, notamment sur cette circonscription. Et on en parle aussi de manière plus locale et plus concrète. Donc, voilà. Les messages, ils sont quand même évidemment assez synthétiques quand même.

17:55
Présentateur

On va en parler un petit peu parce qu'on va parler du programme même si on ne sait pas exactement ce qui sera appliqué, comment ce sera appliqué. Mais c'est intéressant. Vous évoquez aussi cette recherche d'identité. Je crois que c'était aussi important pour la socialiste que vous êtes. Et on a bien vu au niveau national cet aspect d'étonnement, de sidération, notamment, je pense, à la place qu'avait prise Raphaël Gluckman dans la campagne qui lui-même, après, député européen un peu moins lent, etc. Comment est-ce que ça s'est recomposé à l'intérieur de cette gauche rassemblée dans ce nouveau front populaire, d'une part ?

Et comment est-ce qu'on fait aujourd'hui, parce que c'est quand même toujours un sujet, pour trouver sa place en faisant attention à ce qui s'est passé peut-être avec la France insoumise ? Est-ce que vous, pendant votre campagne, ça a été un sujet, ça a été une difficulté ? Vous parliez de lignes non franchissables aussi. Est-ce que, comment on trouve ce subtil équilibre qui posait des problèmes à cet ordre d'électeurs, clairement aussi ?

18:46
Sandrine Runel

Je ne vous cache pas que ça a été bien évidemment de nombreuses discussions qui ont été menées pendant cette campagne, avec beaucoup d'électeurs qui mettaient en avant le fait que, oui, le Front populaire, pourquoi pas, que le Parti socialiste, il n'avait pas de problème avec ça, mais que par contre, il ne voterait pas pour Jean-Luc Mélenchon. Donc là, encore une fois, en très peu de temps, il faut rappeler que c'est une élection à la fois nationale, mais quand même que c'est une élection pour une députée qui va représenter les intérêts de cette circonscription aussi, et bien évidemment les intérêts nationaux, et qu'on ne votait pas pour Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre. Voilà.

On votait pour le nouveau Front populaire et son programme. Donc il a fallu un peu dédramatiser, démystifier aussi tout ce qu'on avait pu entendre sur Jean-Luc Mélenchon sera Premier ministre. Voilà. Donc oui, ça a été un vrai sujet de campagne, ça a été un vrai sujet de discussion sur la place de la France insoumise, et le nécessaire rééquilibrage qu'il y a eu par ailleurs justement, peut-être aussi par rapport à 2022 et la NUPES sur la place du Parti Socialiste. Et donc, ça a été aussi des engagements pris par notre formation politique pour justement ne pas franchir ces lignes rouges, reparler aussi de la lutte contre l'antisémitisme, le racisme, les discriminations.

20:06
Présentateur

Ça se passait peut-être aussi parfois, on l'évoquait dans les quartiers, parce que même si Lyon est moins directement concerné, mais on l'a vu sur certaines circonscriptions de la métropole et les filles ont fait un choix politique qui s'entend d'aller parler à la jeunesse des quartiers d'une certaine manière. Ça aussi, cette façon peut-être de mettre un peu au centre du débat les questions géopolitiques nationales ou les conflits en Israël, est-ce que c'est complexe ?

20:29
Sandrine Runel

Ce que j'ai fait moi, par ailleurs, parce que vous parliez tout à l'heure du quartier Mermoz, qui est un tout petit bout de cette circonscription qui a été évidemment taillée pour la droite, et un huitième arrondissement quand même qui est découpé en trois circonscriptions. Donc pour que les habitants du huitième se retrouvent, il faut savoir où c'est que vous habitez. Donc du coup, moi je suis bien évidemment allée parler à la fois aux jeunes, aux familles de Mermoz. J'ai passé beaucoup de temps, mais parce que c'est aussi l'arrondissement dans lequel je suis élue, donc je le connais.

Évidemment que moi aussi, j'ai parlé aux jeunes, aux familles des quartiers populaires, des quartiers de Mermoz, pour savoir bien évidemment quelles étaient leurs attentes. Et les discussions que j'ai pu avoir à Mermoz avec des mères de famille, avec des personnes engagées par ailleurs que j'ai pu rencontrer dans les MJC, dans les centres sociaux, dans différents types d'associations qui font, qui donnent de leur temps pour faire du soutien scolaire aux jeunes collégiens du collège Mermoz. Ce n'est pas les mêmes problématiques et ce n'est pas les mêmes attentes que les discussions que j'ai pu avoir à mon chat ou dans le 6e arrondissement. C'est une évidence.

Ce n'est pas pour autant qu'il faut en faire des votes séparés. Il peut y avoir des réponses qui soient différentes, mais il faut qu'il y ait des réponses. Et c'est ça qui est important. Typiquement, ce qu'on m'a dit à Mermoz n'est pas la même chose que ce qui a été demandé dans le 6e arrondissement. Mais par contre, on parle de services publics. Et ça, bien évidemment que Mermoz est un quartier délaissé et un peu abandonné.

21:58
Présentateur

C'est d'ailleurs quand on regarde un certain nombre de sociologues et j'ai écouté encore un type qui s'appelle Erwann Lecoeur qui a beaucoup travaillé sur ces sujets qui évoquait que le point commun qu'on pouvait voir dans un certain nombre de résultats en lien avec le Rassemblement National, c'est la dégradation des services publics. Là où il n'y a plus de services publics, c'est vraiment un marqueur de ce vote, un peu du déclassement et de l'abandon. Alors, sur le programme et puis dans une troisième partie, on parlera un peu de Lyon, de votre mandat, etc. Mais le programme qui a été fait, il a été chiffré.

Alors, selon les endroits où on se pose, si on écoute le patron du MEDEF, il y a peut-être des avis qui sont mitigés ou différents. Mais dans l'hypothèse où vous allez pouvoir mettre en œuvre, parce qu'on ne sait pas encore exactement, mais ce programme et ce fameux contrat de mandature, pour vous, quels sont les 3-4 marqueurs hyper importants et selon vous, pourquoi est-ce qu'on a voté pour le nouveau Front Populaire ? Sur quel sujet, notamment ? Il y a le pouvoir d'achat, bien sûr, mais c'est quoi les 2-3 choses absolument essentielles à préserver, quoi qu'il se passe ?

22:59
Sandrine Runel

Je pense que d'abord, le vote du nouveau Front Populaire, c'est aussi un vote un peu d'espoir et d'espérance. On a réussi à lever cette espérance, cette croyance, en fait, que tout était possible et qu'on pouvait tout changer et qu'on allait arrêter de souffrir aussi. Ça fait 7 ans, et moi, je l'ai rappelé, 7 ans de casse sociale, la réforme des retraites, la loi immigration, l'assurance chômage qui devait encore passer quand on était en campagne, décrit au 1er juillet, mais qui a été stoppé entre les deux tours.

Donc, sur les éléments les plus importants, bien évidemment, le premier, qui est fondamental aujourd'hui, c'est la question du pouvoir d'achat et donc le blocage aussi des prix de première nécessité parce qu'il faut qu'on arrive à faire stopper cette inflation galopante. Le pouvoir d'achat, c'est un élément qui est essentiel. Aujourd'hui, les personnes n'arrivent pas à se loger correctement, n'arrivent pas à se nourrir correctement, et font des choix entre l'alimentation, entre évidemment se chauffer et puis se soigner.

Aujourd'hui, il faut qu'on arrive à préserver cet accès aux droits fondamentaux qui est un combat que par ailleurs, moi je mène aussi sur Lyon, mais on a des familles modestes qui ne doivent pas tomber dans la précarité. Pour sortir de la pauvreté, c'est cette génération. Donc, évitons de faire des bascules d'aujourd'hui ménages qui sont à la lisière justement de cette pauvreté-là, on doit les aider et on doit surtout éviter ce basculement qui en fait après ne se retrouve pas, ne revient pas.

24:29
Présentateur

dans les mesures du pouvoir d'achat, il y en a une qui est un peu emblématique, c'est celle du SMIC. Il y a 1 600 euros. Est-ce que ça vous semble possible ? Vous disiez que ça avait été chiffré. Est-ce qu'il y a des interrogations qui demandent ? Est-ce que ça pourrait être mis en place ? Est-ce que vous pensez qu'on pourra trouver une majorité à l'Assemblée pour le mettre en place ? Ça n'a pas l'air d'être le cas. Comment on fait ? Est-ce que c'est vraiment ça qui va permettre de changer un peu le quotidien des Français ?

24:52
Sandrine Runel

Alors, sur la majorité et sur la capacité qu'on va avoir à mettre en place ça aujourd'hui, personne n'est en capacité d'y répondre. Donc, tout ce qu'on a nous porté mis en avant, c'est évidemment suspendu à une majorité et à un gouvernement, mais en tout cas, on se battra pour l'appliquer. Il y a évidemment le SMIC à 1 600 euros parce que ça permettra à des personnes qui travaillent de savoir pourquoi elles travaillent aussi. Il faut qu'on revalorise l'ensemble des salaires. On l'a beaucoup vu avec la question du Ségur et notamment sur ces emplois-là qui sont là pour accompagner les jeunes, pour accompagner nos seniors, pour accompagner les aidés.

On doit valoriser ce travail à la fois du prendre soin. Le SMIC à 1 600 euros, c'est important. Quand vous vous levez le matin à 6 heures pour aller travailler, vous avez besoin d'avoir une reconnaissance. Et puis, il y a aussi la revalorisation des minimas sociaux parce qu'aujourd'hui, qui peut vivre avec 607 euros ? Voilà. Donc, il y a évidemment toute une chaîne de mesures qui permettra de pouvoir augmenter son niveau de vie. Et encore une fois, on n'est pas non plus sur des éléments qui sont démesurés. Mais il faut pouvoir faire en sorte que les gens vivent bien et vivent mieux.

26:00
Présentateur

Eh bien, on parlera de tout ça, de la suite de votre programme et de la suite de votre vie politique, y compris locale et de ce qui va se passer à Lyon, peut-être en 2026, dans une troisième partie de notre émission. À tout de suite. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Toujours avec vous, Sandrine Runel. Et vous êtes toujours la nouvelle députée nouveau Front Populaire du Parti Socialiste de la quatrième circonscription du Rhône. On a parlé un peu du programme, on a parlé de ce qui se passait.

Avant qu'on regarde un petit peu, y compris votre bilan, puisque vous étiez adjoint au maire et ce qui va se passer et ce sur quoi vous allez travailler à l'Assemblée. Peut-être une question pour faire un peu le lien. Comment on fait dans la situation qui est la nôtre ou même les commentateurs, les experts se perdent pour éviter peut-être à la fois de sortir de l'ornière et éviter de tomber dans le chaos ? Parce qu'un des risques, c'est qu'on a l'impression que si tout ça s'installe et on sait qu'une des dates butoirs c'est le 18 juillet, le jour de la constitution des groupes, etc.

Est-ce qu'on n'a pas l'impression que les Français risquent un peu de s'impatienter et de se dire il s'est quand même passé un truc étrange ?

27:00
Sandrine Runel

La législature commence officiellement le 18 juillet donc on attend du président de la République la nomination d'un gouvernement avant même le début de cette nouvelle législation. On n'est d'ailleurs pas les seuls, évidemment que le nouveau Front Populaire le revendique, l'attend, mais aujourd'hui on voit quand même une mobilisation à la fois syndicale, la CGT appelle à des rassemblements, il y a aussi d'autres forces politiques qui appellent de la société civile, le bac du pouvoir de vivre.

Exactement, qui disent en fait aujourd'hui, ça fait une semaine quasiment, il y a un résultat, il faut, on ne peut pas rester comme ça, on ne peut pas être dans cette attente permanente où il ne se passe rien où d'ailleurs il se passe aussi des choses parce qu'on en a peu parlé mais par exemple Nicole Belloubet qui annonce que de toute manière les groupes de niveau vont se mettre en place comme s'il n'y avait pas eu d'élection européenne et comme s'il n'y avait pas d'élection législative, comme si en fait les Français ne s'étaient pas prononcés contre le gouvernement actuel et les mesures injustes qu'ils ont mis en place et donc elle continue à dérouler la mise en place de sa réforme pour la rentrée.

Donc il y a encore une fois, on est toujours dans ce mépris et on a peut-être la même dans du déni de ce qui s'est passé, une dissolution des élections législatives, c'est quoi la suite ? La suite c'est la nomination d'un nouveau gouvernement.

28:15
Présentateur

Avec cette image qui est un peu, parce que je ne sais plus qui en parlait, mais effectivement le 14 juillet on risque de voir le gouvernement, le président en train de voir défiler les armées comme s'il ne s'était rien passé.

28:25
Sandrine Runel

Comme s'il ne s'était rien passé, exactement. Et donc il y a évidemment un message, nous députés du Rôde, députés de Lyon, nous serons bien évidemment présents au défilé du 14 juillet avec cette volonté aussi de rappeler et puis symboliquement on commence par le 14 juillet donc je trouve que c'est la plus belle commémoration finalement la révolution française, la prise de la Bastille. Donc c'est finalement ce plus beau symbole qu'on pouvait trouver pour dire où est le gouvernement ? On a besoin d'avoir un gouvernement qui gouverne. Voilà.

Donc la gauche s'est déjà portée candidate en disant nous sommes une gauche de gouvernement, nous sommes une gauche responsable et une gauche républicaine et donc nous sommes en capacité d'assumer ces fonctions.

29:06
Invité

Et vous êtes optimiste pour qu'une solution soit trouvée ?

29:09
Sandrine Runel

Alors je porte ce message-là parce que c'est aussi ce qu'on entend et c'est aussi ce qui est nécessaire de mettre en place donc on ne peut que l'être on ne peut que l'être et on a cette responsabilité-là de le porter.

29:19
Présentateur

Alors je disais vous êtes arrivé depuis une semaine c'est un peu comme une rentrée des classes on voit des images les députés qui se prennent en photo qui ont leur cartable qui arrivent à l'Assemblée il y a tout ce qui se passe etc. Je suppose que ça fait quand même une émotion personnelle de se retrouver là à titre personnel comment est-ce que vous avez vécu cette responsabilité ? On entend souvent les hommes et les femmes politiques dire que ce choix les oblige et les honneur mais ça fait quoi tout d'un coup de se savoir députée de la République comme ça ?

29:43
Sandrine Runel

C'est effectivement un gap quand même puisque moi j'exerce quand même des fonctions politiques et de responsabilité depuis déjà quelques années et notamment à la ville de Lyon en tant qu'adjointe au maire ce qui est déjà une énorme responsabilité et ce qui comme vous le dites nous oblige aussi par rapport aux lyonnaises aux lyonnais à la ville de Lyon donc c'était déjà une grande responsabilité se retrouver évidemment aujourd'hui députée et faire ses premiers pas à son entrée à l'Assemblée nationale dans cette enceinte qui est remplie de symboles ça a un côté bien évidemment assez à la fois solennel mais aussi rempli de responsabilités et la nécessité de réussir aussi et d'être à la hauteur et donc c'est bien évidemment un moment

30:29
Présentateur

c'est joyeux

30:31
Sandrine Runel

c'est très émotionnel et en même temps dans la période qui s'ouvre puisque je crois qu'on va vivre une législature incroyable historique avec par ailleurs des personnalités aussi assez fortes

30:43
Présentateur

dans cette assemblée on en parlait alors vous allez retrouver d'ailleurs enfin retrouver monsieur vous s'éligez pas au conseil régional mais Laurent Wauquiez donc il a pris sa place il y a le retour de François Hollande alors du coup vous l'avez croisé vous le connaissiez un peu qu'est-ce que ça fait qu'est-ce qu'il vous a dit François Hollande d'ailleurs Lucas une expérience pas possible comment il est concrètement quelle place il prend dans ce groupe PS à l'Assemblée

31:05
Sandrine Runel

alors on a constitué le groupe socialiste à l'Assemblée avec aussi la réélection comme président de Boris Vallaud et donc aujourd'hui François Hollande tout ancien président de la République qu'il soit est aujourd'hui un député un député comme les 60 qui constituent notre groupe et qui est là pour être au travail pour évidemment participer à la mise en place de ce programme de ce projet et à la constitution bien évidemment d'un gouvernement et donc il est pleinement engagé au service en fait de la nation et au service des Françaises et des Français

31:41
Présentateur

son expérience et sa position quand même assez centrale et souvent consensuelle etc. sont aussi un élément important dans la recomposition un petit peu de la gauche et de ce qui se passe à gauche

31:51
Sandrine Runel

c'est un atout bien évidemment de l'avoir à la fois à nos côtés mais de l'avoir dans le groupe socialiste de par son expérience de par évidemment toute la connaissance qu'il peut avoir et des rouages de l'Assemblée parce qu'il avait été avant d'être président de la République député donc on a une richesse quand même et une diversité aussi de points de vue de position et stratégiquement ce sera évidemment un atout pour nous que d'avoir François Hollande à nos côtés

32:17
Présentateur

Alors on parlait de votre engagement de proximité d'hyper proximité sur des sujets essentiels sur la solidarité je vous ai souci président du CCS etc. et pourtant vous allez quitter votre mandat est-ce que c'est un choix j'ai pas l'impression que c'était une obligation si voilà c'était ça ma question est-ce que c'était obligatoire parce que vous ne pouviez pas cumuler les deux fonctions

32:39
Sandrine Runel

alors il y a à la fois la loi de toute manière en fait j'ai envie dire que les questions ne se posent pas parce que la loi l'impose et c'est d'ailleurs une loi que nous socialistes avons fait passer qui est la loi sur le non-cumul des mandats donc qui ne permet pas d'avoir un mandat parlementaire et un exécutif

32:54
Présentateur

même en tant qu'adjoint

32:55
Sandrine Runel

même en tant qu'adjoint puisque nous exerçons quand même des responsabilités c'est vrai qu'on avait plus l'habitude de voir des figures maires députés maires sénateurs mais l'exécutif aussi ce qui est d'ailleurs le cas pour Laurent Wauquiez qui va devoir quitter la présidence de la région qui a a priori plus de mal que moi à trouver quelqu'un pour le remplacer mais oui c'est la loi qui l'impose donc évidemment le premier choix c'est celui-là après je mesure aussi quand même le travail qui s'annonce et l'engagement plein et entier pour un mandat de parlementaire et on ne fait pas ça à moitié on ne devient pas député de la République française à moitié donc bien évidemment que ce choix je l'aurais fait de toute manière parce que ce n'est pas possible par contre je garde un pied

33:36
Invité

je reste conseillère municipale

33:39
Sandrine Runel

de la ville de Lyon et donc je reste bien évidemment quand même engagée et en suivi notamment sur un certain temps de ces dossiers que j'ai portés pendant 4 ans

33:48
Présentateur

comment ça se passe justement cette transmission des dossiers c'est-à-dire qu'il va y avoir un nouvel adjoint ou une nouvelle adjointe qui va être nommée c'est de la responsabilité c'est le maire qui choisit vous en discutez ensemble vous essayez de trouver quelqu'un qui va rester de toute façon au PS par exemple

34:02
Sandrine Runel

alors on est en train d'en discuter avec le maire de Lyon on est dans une période d'échange et de discussion encore une fois tout est très précipité il y a 3 semaines ou il y a un mois j'avoue qu'avec le maire de Lyon on ne s'était pas posé la question de mon remplacement et de qui allait récupérer la délégation aux solidarités donc là évidemment on discute et il y a plusieurs hypothèses sur la table pour moi ce qui est essentiel c'est que cette question des solidarités que j'ai portée mais que j'ai portée comme femme de gauche que j'ai portée comme socialiste reste évidemment dans le giron des socialistes puisque c'est une priorité c'est ce que je porte moi avec aussi un prisme quand même autour de l'accès au droit autour de la justice sociale et donc je souhaite quand même que ce que j'ai mis en place dans 4 ans à 1 an et demi de la fin d'un mandat continue dans ces orientations

34:49
Présentateur

si on devait faire un bilan un peu de votre action quelles sont les 2-3 mesures ou les décisions qui ont été prises dont vous êtes à la fois le plus fier et qui ont changé un peu le quotidien des Lyonnaises et des Lyonnais dans votre délégation

35:00
Sandrine Runel

alors moi ce que j'ai mis en place c'est quand même un certain nombre de services qui sont aujourd'hui portés par le CCS de la ville de Lyon mais notamment en fait sur encore une fois la question de l'alimentation donc avec le développement d'une épicerie sociale et solidaire d'un tiers lieu alimentaire et également d'un restaurant social municipal donc un gros travail qui a été réalisé dans le cadre du bouclier social municipal sur l'accès au droit comment on peut garantir l'accès à l'éducation comment on peut garantir l'accès à l'alimentation l'accès à la santé donc ça c'est évidemment une grande à la fois fierté mais aussi satisfaction d'avoir réussi à mener tout ça en place toute une question aussi autour de l'hébergement d'urgence et notamment de la mise en place en fait d'un pôle au sein du CCS de lutte contre le sans-abrisme ça fait 4 ans que je suis engagée sur ces questions-là donc avec une forte mobilisation aussi et des moyens quand on parle de mobilisation il ne faut pas se mentir on est aussi sur des moyens financiers qui sont conséquents sur la mise à l'abri et la lutte contre le sans-abrisme donc ça ce sont vraiment des choses hyper importantes que moi j'ai pu porter et puis encore une fois sur comment on arrive à mailler sur un territoire le lien social l'écoute et le dialogue avec différentes catégories de la population

36:22
Présentateur

Alors on parle un peu de Lyon du coup forcément et on suivra effectivement qui va vous succéder vous parlez de ces sujets vous le disiez avec Grégory Doucet prochaines échéances elles seront locales je crois que c'est pas un mystère de dire que Grégory Doucet qui avait été un des premiers à l'annoncer sera candidat en 2026 est-ce que au regard des élections le fait qu'il y ait quatre députés du nouveau Front Populaire sur Lyon est-ce que ça vous donne des perspectives des envies est-ce qu'il n'y a pas aussi peut-être une sorte de rééquilibrage qui se fait ou j'aimerais un peu votre lecture dessus puisque à chaque fois je recevais des invités il y avait notamment pendant les européennes cette espèce d'échange entre une jambe un peu plus sociale ou une jambe un peu plus écolo enfin oui est-ce qu'on peut réconcilier les deux est-ce que les résultats montrent quelque part il y a cet équilibre qui arrive est-ce que vous êtes plutôt confiante pour les perspectives locales ?

37:11
Sandrine Runel

Alors je crois que les résultats montrent quand même que tout un chacun peut être assez confiant en tout cas satisfait et de s'engager en perspective des élections municipales de 2026 avec aujourd'hui on a réussi à faire ce qu'on appelle le grand chelème quatre députés quand même du nouveau Front Populaire avec vous l'avez rappelé des composantes assez diverses sur Lyon donc oui on envisage et on aborde ces élections municipales avec alors encore une fois rien n'est jamais gagné mais en tout cas avec aussi un bilan une satisfaction de ce qui a été porté par notre municipalité mais avec aussi au regard des résultats de ces élections à la fois européennes et législatives bien entendu aussi un rééquilibrage et un partage aussi à la fois des responsabilités mais des priorités aussi et des attentes en fait c'est ça qui est important aussi c'est de se dire que les attentes elles sont à la fois démocratiques écologiques sociales et donc il va falloir travailler je pense avant toute chose sur un plan de mandat en 2026 et la suite qui reprend l'ensemble de ces préoccupations et qui est à même évidemment de les porter

38:18
Présentateur

et qui puisse permettre à Lyon de rester quand même cette ville un peu particulière qui est encore un bastion d'un front républicain où le RN certes progresse mais est contenu

38:29
Sandrine Runel

oui mais comme beaucoup de grandes villes aussi on l'a vu à Paris ce qu'on voit c'est que les villes résistent les grandes villes en tout cas résistent mieux au vote rassemblement national que d'autres communes de moindre taille mais ne serait-ce que dans la métropole il n'y a pas besoin d'aller dans des départements plus ruraux donc on a encore une fois cette responsabilité là de se dire que Lyon la sociologie de Lyon a des attentes et donc que nous devons y répondre et c'est ce que nous portons c'est le message qu'on porte aussi depuis 4 ans avec à la fois ce volet de justice sociale et écologique mais le volet quand même démocratique sur lequel moi j'insisterai beaucoup

39:05
Présentateur

qu'est-ce qu'on vous souhaite on est à quelques jours de vacances qui étaient peut-être prévus je suppose que l'agenda et le calendrier est un peu bousculé est-ce qu'on vous souhaite un peu de repos un peu de temps pour vous qu'est-ce que vous allez faire des jours à venir même si on se doute qu'ils vont être très chargés

39:19
Sandrine Runel

alors ça va être très intense puisque du coup la législature commence le 18 juillet mais que par contre on ne sait pas du tout ce qui va se passer est-ce qu'il y aura il y aura des textes aussi à étudier peut-être qu'on va passer 15 jours en fait à discuter à échanger sans se mettre au travail et donc qui seraient reportés à la rentrée avec des Jeux olympiques qui arrivent donc en fait un calendrier qui est complètement bousculé par énormément d'événements et donc on attendra plus tard mais je crois qu'aujourd'hui notre responsabilité en tant qu'élu et surtout en tant que personne engagée dans cette vie publique et politique est d'être là et donc oui je pense qu'on attendra peut-être le mois d'août pour prendre quelques jours

40:00
Présentateur

de retour je pourrais expliquer ça aux membres de votre famille mais je suppose qu'ils le comprennent alors vous savez on a une tradition on se quitte souvent en musique et là je voulais vous demander peut-être le morceau que vous avez choisi sachant que comme dans chaque campagne il y avait souvent un morceau et un hymne un petit peu de votre campagne qu'est-ce que vous avez beaucoup écouté en campagne et qu'est-ce que vous avez choisi comme autre morceau du coup ?

40:20
Sandrine Runel

Lorsqu'on a beaucoup chanté et écouté en campagne à la fois dans des moments aussi un peu festifs de se redonner un peu d'énergie c'était évidemment Résiste un morceau bien connu que vous avez peut-être aussi entendu dans les meetings qu'on a pu réaliser dans des réunions publiques dans des manifestations assez locales aussi mais qui nous redonnaient en fait aussi un peu d'énergie et qui passaient un message

40:43
Présentateur

pour la jeune génération c'est une vieille chanson de Transgal Résiste prouve que tu existes

40:46
Sandrine Runel

prouve que tu existes exactement et qui a bien marché par ailleurs Libé en a fait ça une par la suite mais au-delà de ça ce qui m'a fait aussi beaucoup de bien ce que j'écoute beaucoup en ce moment c'est Perfect Day de Lou Reed qui est à la fois une chanson très apaisante mais aussi avec un message derrière et c'est ce que je souhaite à la France pour les jours à venir

41:08
Présentateur

on nous souhaite un nombre important de Perfect Days merci beaucoup Sandrine Runel d'avoir pris le temps dans cette affaire particulièrement chargée d'être à notre micro pour décrypter un petit peu ces élections bon courage à vous et puis on suivra avec attention votre activité nous on se retrouve la semaine prochaine avec Mickaël Paco le nouveau maire de Mion ce qu'on avait invité on ne le connait pas ce sera intéressant aussi de se brancher localement et puis une émission exceptionnelle pour la dernière de la saison qui sera diffusée le 27 juillet avec Grégory Doucet on en parlait qui nous recevra dans son bureau de l'hôtel de ville une émission croisée avec Lyon Positif Lyon Première enfin voilà on sera heureux et on vous donne d'ores et déjà rendez-vous pour des prochaines émissions merci à vous au revoir

41:48
Sandrine Runel

merci

41:48
Présentateur

c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application lyonpremière lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.

42:16
Invité

Lyon Première

42:18
Locuteur

Lyon Première Lyon Première