Nicolas Dupont-Aignan invité de RT France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous de la visite du patron de l'OTAN à Macron ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Le patron de l'OTAN a été réélu pour deux ans. Qu'en pensez-vous ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Un mot sur la Russie et la politique de l'OTAN ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Vous soutenez les agriculteurs ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Le CETA ouvre les frontières à des produits non conformes. Comment l'expliquez-vous ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Est-ce raisonnable d'interdire le glyphosate au risque d'handicaper les producteurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Je n'ai jamais été contre l'Alliance Atlantique en soi. J'ai toujours refusé la réintégration dans le commandement militaire intégré. »
- 0:48Invité politiqueFait
« On reste membre de l'Alliance parce que cela ne met pas en cause notre souveraineté et que les décisions se prennent à l'unanimité. »
- 4:34Invité politiquePromesse
« Il faut absolument rétablir un prix garanti du lait en France. Ça a marché pendant 40 ans et ça fonctionnait très bien. »
- 5:59Invité politiqueChiffre
« Il y a aussi l'importation de 75 000 tonnes de porc et 45 000 tonnes de boeuf qui va complètement déstabiliser le marché de la viande en France. »
- 9:50Invité politiqueChiffre
« 1,5 million de contributions déjà sur Internet. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan77 %
- Présentateur20 %
- ?3 %
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Et
nous accueillons notre premier invité politique sur RT France, Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France. Bonjour. Bonjour madame. Merci d'avoir accepté notre invitation.
De
rien. Alors je sais que vous êtes gaulliste et votre appréciation du retour de la France en 2007 au sein de l'OTAN ne va pas forcément dans le sens de l'Alliance Atlantique. Mais aujourd'hui le patron de l'organisation rend visite à Emmanuel Macron. Qu'attendez-vous de cette visite
? Pas
grand chose. J'aimerais, je rêverais
dans
un autre monde que la France retrouve son indépendance. Je n'ai jamais été contre l'Alliance Atlantique en soi. J'ai toujours refusé la réintégration dans le commandement militaire intégré. Et pendant la campagne présidentielle, j'avais proposé une solution de bon sens. On reste membre de l'Alliance parce que cela ne met pas en cause notre souveraineté et que les décisions se prennent à l'unanimité
et
où chacun peut prendre la décision qui le concerne. En revanche, je pense que nous devons sortir de l'organisation militaire intégrée pour garder
notre
capacité militaire autonome. En un mot, je considère que notre pays doit retrouver une politique étrangère et de défense indépendante. Ce qui ne veut pas dire qu'on puisse travailler avec l'OTAN parfois. Mais on doit garder la libre maîtrise. Voilà pourquoi je pense que ce fut une décision mauvaise de réintégrer le commandement militaire.
Alors, le patron de
l
'OTAN, Yann Stenberg, a été réélu pour un mandat de deux ans. Non,
mais le patron de
l'OTAN, il fait son boulot de... La question majeure, c'est de savoir si on met le doigt dans l'engrenage du commandement militaire intégré. Parce que cela veut dire qu'à travers ce commandement militaire intégré, par exemple, nos matériels militaires doivent être conformes. Et petit à petit, nous perdons toute capacité d'autonomie, d'indépendance. C'est ça l'enjeu. Après, je pense qu'il y a des décisions que nous devrions prendre différentes sur la politique étrangère, notamment au Moyen-Orient. Le fiasco de la Syrie montre bien que la France a été complètement sortie du jeu à tort. Et je pense que nous avons commis de graves erreurs en ce domaine.
Alors, vous parlez de la Syrie. Un mot sur la Russie et justement sur la politique menée par l'OTAN. Le patron de
l
'OTAN répète sans cesse qu'il ne veut pas un retour à l'arrière froide. Et pourtant, les effectifs militaires aux portes de la Russie ne cessent d'augmenter. À quoi joue l'OTAN, selon vous ?
L'OTAN se trompe de combat. Alors, cela me gêne de le dire ici. On va parler franchement parce qu'on va dire « Ah ben, il vient dire ici pour faire plaisir
».
Non, j'ai toujours pensé la même chose. J'ai toujours dit qu'il fallait lever les sanctions contre la Russie, que c'est absurde qu'on a un travail en commun. Il ne s'agit pas d'être béni oui-oui vis-à-vis du gouvernement russe. Il s'agit simplement d'être partenaire intelligent. Et je suis absolument convaincu que nous sommes à la fois complémentaires et en même temps que nous avons des objectifs communs. Et l'objectif commun que nous aurions dû avoir dès le départ, c'est de lutter contre Daesh, contre l'État islamique, de manière beaucoup plus intense avec la Russie. Et si nous avions fait ça d'ailleurs, nous n'aurions pas laissé le champ libre à la Russie au Moyen-Orient.
Et nous serions partenaires. Donc, encore une fois, moi je suis, comment dire, un indépendantiste forcené. Je crois que la France a une voix différente de celle des Américains, de celle des Russes, que nous avons notre carte à jouer dans le monde, et qu'à ce titre, nous devons absolument lever les sanctions, parce qu'elles sont inutiles et injustes. Voilà, mais je le répète depuis le début, et je regrette qu'Emmanuel Macron, comme François Hollande, si vous voulez, continue cette politique complètement contre-productive, qui ne sert à rien si ce
n
'est à pénaliser la France.
Nicolas Dupont-Aignan, l'actualité, elle est marquée aussi par la grogne des agriculteurs. Je voudrais vous faire réagir sur cette grogne. Vous soutenez les agriculteurs
?
J'ai visité un nombre de fermes incalculables pendant la présidentielle, et je continue. On a rétabli le servage. C'est quoi le servage ? C'est que les agriculteurs sont condamnés à produire à un coût
qui
est inférieur à leur coût de production, enfin à un prix de vente qui est inférieur à leur coût de production. Donc les agriculteurs, et notamment les producteurs de lait, sont étranglés. Je ne sais pas s'il y
a
un chiffre dont on parle suffisamment, le nombre d'agriculteurs qui se suscitent chaque année. C'est effrayant, mais on n'en parle jamais. Et il faut absolument rétablir un prix garanti du lait en France. Ça a marché pendant 40 ans et ça fonctionnait très bien. Et Bruxelles nous l'a fait supprimer. Un prix garanti du lait qui soit légèrement au-dessus du coût de production pour que nos agriculteurs puissent vivre de leur travail. En vérité, rien n'a changé depuis l'élection de Macron. C'est toujours l'Actalis et les coopératifs qui font la loi, la grande distribution.
Alors les agriculteurs dénoncent le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union Européenne, le CETA. En fait, selon vous, la France ouvre ses frontières aux produits alimentaires qui ne respectent pas les règles sanitaires. Comment expliquer ce deux poids deux mesures ?
Ils ont raison. Le CETA, pendant l'élection présidentielle, je me souviens très bien d'un débat avec Emmanuel Macron. Et il me dit, le CETA, vous avez raison, il faut peut-être revoir, etc. Parce que j'étais contre le CETA. Une fois élu, il fait une commission, il monte une commission, comme pour enterrer les problèmes. La commission d'experts dit que ce traité est mauvais pour notre agriculture, pour notre alimentation, pour le climat.
Et
le traité s'applique depuis le 21 septembre. Ça veut dire que Emmanuel Macron, le président, a trahi les agriculteurs sur le CETA. Cela veut dire qu'on va importer dans notre pays
des
produits dangereux. Le boeuf aux hormones, la viande bourrée d'antibiotiques. Il n
'y a
pas les mêmes normes au Canada. Et en plus, on va sacraliser ces normes. Il y a aussi l'importation de 75 000 tonnes de porc et 45 000 tonnes de boeuf qui va complètement déstabiliser le marché de la viande en France. Et après, on va se plaindre de voir nos agriculteurs fermer boutique.
C
'est incohérent. C'est complètement incohérent. Donc, moi, je demande, et je ne
suis
pas le seul, Jean-Luc Mélenchon, d'autres, je demande un référendum sur le CETA. Si on veut de la démocratie en Europe, qu'ils osent. Mais ils ne le feront jamais, bien sûr.
Alors, vous parlez des produits dangereux. Peut-être un mot sur le glyphosate. Est-ce qu'il est raisonnable, dans un avenir proche, d'interdire le glyphosate au risque d'handicaper les producteurs locaux ?
Moi, je pense qu'il faudra l'interdire. En revanche, je pense qu'il faut faire partager des expériences intéressantes
de
culture sans glyphosate. Et j'ai été, il n
'y a
pas longtemps, à Bordeaux, dans le Médoc, voir les vignes. Et un agriculteur, un vigneron me disait qu'on peut tout à fait travailler sans mettre tous ces produits chimiques. Simplement,
il
faut que le faire dans l'ensemble de l'Union européenne. Sinon, si nous, on l'interdit et que les autres ont le droit de le mettre, on aura des conditions déloyales de concurrence. Donc, il faut trouver un chemin progressif pour trouver des méthodes agricoles qui permettent de se passer de ce poison, parce que c'est un poison pour l'avenir.
Alors, vous savez que les agriculteurs se posent beaucoup de questions sur leur avenir en France, mais aussi plus largement au niveau européen. Qu'est-ce que vous leur dites à cette profession aux agriculteurs aujourd
'hui
?
Je leur dis de ne
pas
faire confiance à tous ces pantins qui sont au pouvoir depuis tant d'années et qui les trompent. Et quand je vois les agriculteurs, certains agriculteurs, continuer à voter, soit pour les socialistes, rarement, mais pour les républicains, alors qu'ils ont signé tous les traités qui les ont mis dans la difficulté, je dis à un moment qu'il faut que les agriculteurs réfléchissent. Et je dis aussi que les agriculteurs doivent évoluer et qu'on doit les aider à évoluer. Je pense
notamment... Alors, comment les
aider ? Comment pouvons-nous accepter d'être importateurs de produits bio en France
?
Comment pouvons-nous accepter de laisser rentrer des produits bio
qui
ne sont pas contrôlés dans les pays d'origine ? Comment on peut accepter d'importer, j'étais sur un marché à Château-Renard, dans le Vaucluse, des salades de certains pays, je ne citerai pas le nom, bourrées de produits cancérogènes
? Ce
n
'est
pas possible. Et en même temps, on accable nos agriculteurs de normes et on ne les rémunère pas. Donc on les met entre le marteau et l'enclume, c'est impossible. Donc il y
a
une politique agricole possible, c'est ce qui existait, un tarif extérieur, des normes correctes et puis un prix rémunérateur. Et on peut le faire. Et la grande distribution se privera de 3 centimes sur les produits. Ils ne seront pas malheureux.
Alors
peut-être, on peut évoquer votre actualité politique à vous puisque vous avez lancé une plateforme, les amoureux de la France, vos objectifs ?
C'est très simple. Moi je considère qu'il faut un programme commun de tous ceux qui aiment la France et que ce programme commun, on ne le fera pas avec les appareils politiques parce que chacun est dans son couloir, dans sa petite boutique. Et cette plateforme Internet, elle permet aux Français d'aller sur Internet et ceux qui aiment le pays, qui veulent bâtir avec nous un programme commun qui rassemble tous les patriotes et les républicains, des républicains, des gens qui
n
'ont pas d'appartenance, même ceux qui viennent de la gauche, du Front National pour ceux qui sont raisonnables. Parce
qu'on vous reproche de ratisser à la droite de la droite.
Ne
pas aller au-delà du qui
va gauche-droite
justement.
Je ne suis
pas un râteau. Je suis quelqu'un qui veut créer une alternative à Emmanuel Macron, mais une alternative sérieuse.
Et
je constate qu'en 2017, on a perdu parce que les Français n'ont pas été convaincus.
Alors Marine
Le Pen,
vous a lancé une perche encore tout récemment. Oui,
mais c'est la vieille politique. Qu'est-ce que vous lui
répondez après l'échec de votre précédente
alliance ? Je lui répondrai
le temps venu. Mais pour moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est le programme sérieux, capable de convaincre les Français. Ce programme, on va le bâtir avec les Français sur le terrain. 1,5 million de contributions déjà sur Internet. Et des gens de tous horizons ont bâti un programme commun, sérieux, capable de convaincre les Français. Et puis après, les questions d'alliance, on verra plus tard.
Merci Nicolas Dupont-Aignan. Peut-être une réaction sur la venue d'RT France dans le paysage audiovisuel français ?
Eh bien
moi, je vais vous dire, j'aime la concurrence. Donc plus il y aura de concurrence, mieux c'est. Et un peu de liberté en France, ça ne fera pas de mal.
Merci beaucoup Nicolas Dupont-Aignan, vous étiez notre premier invité
politique sur RT France. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan