Face aux experts du lundi 13 janvier 2025
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
8h35, bonjour Laurent Jacobelli, bienvenue. Vous êtes député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. Gérald Darmanin, hier soir sur LCI, veut enfermer les 100 plus grands trafiquants de drogue dans le même endroit, dans la même prison, pour éviter qu'ils ne gangrènent ou contaminent d'autres co-détenus et surtout qu'ils ne dirigent leur trafic depuis les prisons. Vous dites quoi ?
Enfin, ça fait des années que nous le disons au Rassemblement National, certaines cellules de prison sont de véritables bureaux de gestion de la drogue. Il y a des caïds qui, avec des téléphones portables, des ordinateurs, gèrent le business depuis des cellules. Donc très bien, M. Darmanin le reconnaît enfin, c'est un premier pas. Maintenant, 100 personnes qui vont être isolées. Combien de places de prison vont être construites ? Est-ce que le personnel pénitentiaire pourra enfin... Zéro ! Donc on voit bien le problème.
Le projet, c'est de vider une prison pour y mettre les 100 plus dangereux et de répartir les autres.
On a bien compris. Est-ce que le personnel pénitentiaire va enfin pouvoir faire les contrôles lorsqu'il y a des visites ? Parce qu'on sait bien aujourd'hui que c'est ça le problème. C'est par les visites que transitent un certain nombre d'armes et un certain nombre de téléphones portables. Ça ressemble quand même, même si ça va dans le bon sens, à une opération de communication. Vous savez, on est habitué avec M. Darmanin. Rappelez-vous, PlaceNet XXL, quand il était ministre de l'Intérieur pour arrêter le trafic de drogue, depuis qu'il a mené cette opération, le nombre de crimes liés au narcotrafic et tentatives d'assassinat ont augmenté de 60%.
Mais n'empêche ce tandem, Bruno Rotaillot à l'intérieur, Gérald Darmanin à la justice, est-ce que, à vos yeux, ce n'est pas tout de même la fin, on se souvient, de bagarres homériques entre la place Beauvau et la place Vendôme ? Est-ce que ce n'est pas une bonne nouvelle ? À vos yeux.
Si vous me demandez si je suis heureux que M. Dupond-Moretti fasse maintenant une carrière d'acteur et qu'il ne soit plus ministre, la réponse est oui, 40 fois oui. Est-ce que ce tandem va être capable de passer de la parole aux actes ? C'est ça que nous attendrons. Le discours peut être séduisant, nous l'entendons. Certains points sont des points que nous avions évoqués dans le passé. On ne va pas dire parce que c'est M. Darmanin ou M. Rotaillot que nous ne sommes plus d'accord, mais on attend des projets de loi, on attend des actes. Aujourd'hui, par exemple, lorsqu'il nous dit qu'il faut que les narcotrafiquants soient isolés et ne fassent plus leur business, il a raison.
Est-ce que les apprentis djihadistes, eux, doivent être aussi isolés pour ne plus avoir de contact avec l'extérieur, notamment les réseaux sociaux ? Tout ça, ce sont des questions importantes, des questions de fond. On ne s'en tirera pas par de la com'.
Il y a aussi du détail. Et quand on rentre dans le dossier, on s'aperçoit que ce n'est pas aussi simple. Ce n'est pas qu'une question d'argent. On découvre, par exemple, que les réseaux, les réseaux qui appartiennent à des délinquants emprisonnés, exercent une pression sur les familles. Les familles des surveillants. Comment on lutte contre... Vous voyez ça, c'est une menace ? Bon, voilà, écoutez, si vous ne me traitez pas comme je le souhaite, on sait où vous habitez, qui vous êtes, où vos enfants vont à l'école, etc. Comment vous traiteriez ça, vous ?
Il faut réarmer, et je ne parle pas seulement physiquement, le personnel pénitentiaire qui n'a aujourd'hui plus aucun droit, plus le droit de fouille, plus aujourd'hui, c'est pratiquement eux qui se font réprimander si jamais ils parlent un peu de manière virulente à un détenu. Il faut qu'aujourd'hui, force soit à nouveau chez le personnel pénitentiaire.
Ce n'est pas la question que vous pose Pascal, ça, M. Jacob ?
Les détenus ne doivent pas faire la loi dans les prisons, mais à partir du moment où ils seront isolés. Ou en dehors des prisons. À partir du moment où ils seront isolés, à partir du moment où ils ne pourront plus communiquer avec leur réseau par le biais de téléphones portables ou par le biais d'ordinateurs, forcément, ils ne pourront plus établir ces menaces. Aujourd'hui, simplement, certains vivent comme des coques en pâte, il faut le dire, ils préfèrent être en prison qu'à l'extérieur parce qu'ils sont protégés des autres gangs et qu'ils peuvent faire leur commerce.
On est arrivé dans une situation ubuesque où aujourd'hui, ceux qui font la loi, ce sont les narcotrafiquants, la peur doit changer de camp. Si c'est la direction que nous prenons, tant mieux. Mais une fois encore, attention aux effets d'annonce.
La mesure de rétention qui vise l'influenceur algérien Doualemène a été prolongée jusqu'à 90 jours après son refus de l'Algérie de l'AQR sur son sol. Il a été expulsé. Comment on fait alors maintenant ?
Maintenant, on retrouve du courage. On arrête avec la repentance. On arrête avec l'excuse. L'Algérie nous défie. Nous allons répondre. Le gouvernement algérien n'est pas tout puissant par rapport à la France. C'est fini l'époque où Emmanuel Macron mettait un genou à terre et parlait de crimes contre l'humanité. C'est fini. Gérald Darmanin qui va déposer une gerbe de fleurs au pied d'un monument pour les terroristes du FLN. Il faut aujourd'hui reprendre notre destin en main et dire à l'Algérie vous nous défiez. Nous allons répondre. Les flux financiers vont s'arrêter. Il n'y aura plus de visa tant que vous ne reprendrez pas vos ressortissants. L'Algérie a beaucoup plus à perdre que la France.
Il ne faut pas là-dedans s'enfermer dans une espèce de dette mémorielle qui aujourd'hui pourrit nos relations
avec l'Algérie. La suggestion de M. Darmanin hier soir était de dire qu'il y a plusieurs milliers voire dizaines de milliers de fonctionnaires ou d'anciens fonctionnaires algériens qui peuvent se rendre en France sans visa. Essayons de revenir sur cette mesure-là. Est-ce que ça vous paraît aller dans le bon sens ? Et si jamais ça devait entraîner en représailles le fait qu'un certain nombre de Français notamment des pieds noirs qui veulent pouvoir revenir chez eux aller sur la tombe de leurs ancêtres étaient à ce moment-là en difficulté, est-ce que ce genre de guerre des visas en quelque sorte ne conduit pas à un climat insupportable ? Qui a le plus à perdre ?
L'Algérie ou la France ? Évidemment pas la France. La France qui subit ses visas puisque effectivement un certain nombre d'Algériens pas tous évidemment se comportent mal sur notre sol et ne repartent jamais. Le taux d'OQTF vers l'Algérie est un des plus bas par rapport à la moyenne nationale et puis il faut revenir sur les accords de 1970. Donc vous êtes d'accord sur les... Il faut arrêter avec ça.
Pour les fonctionnaires algériens leur supprimer l'accès immédiat sans visa en France vous êtes d'accord ?
Oui et puis oui aussi pour que les dirigeants algériens ne soient pas soignés automatiquement en France avec un laissé-passer de priorité. Tout cela doit rentrer dans l'ordre. On doit montrer que nous aussi on a des muscles et croyez-moi à la fin nous gagnerons.
Et nous allons revenir dans quelques instants en direct. Vous nous direz comment vous attendez le discours de politique général de François Bayrou et demain ce sera suivi sur LCI évidemment. 8h41 Laurent Jacobéli est notre invité. Laurent Jacobéli est notre invité ce matin un porte-parole du RN et élu de Moselle. Vous serez donc demain dans les travées de l'Assemblée nationale pour écouter le discours de politique générale de François Bayrou. Je voudrais commencer par un point précis. Est-ce que vous attendez dans sa bouche le mot suspension de la réforme des retraites ? On sait qu'il y a une bataille politique autour de l'utilisation
de ce mot. Alors nous on attend l'abrogation de la réforme des retraites. Vous le savez nous on est pour une retraite à 60 ans 40 annuités pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes et puis après jusqu'à 62 ans 42 annuités. Mais très honnêtement à la fois au Parti Socialiste et au Vert et à la fois au LR. C'est-à-dire qu'on aura une espèce de en même temps un peu flou. Franchement on n'est pas naïf et on n'entend pas grand chose. Vous savez je n'oublie pas l'ensemble des déclarations de M. Bayrou sur les retraites qui étaient finalement macronistes avant
Emmanuel Macron. Il n'y a pas une attente particulière de votre côté parce que l'abrogation le mot ne le prononcera pas demain.
On verra bien le mot qu'il prononce. Moi je pense qu'il est entré dans une logique où il veut effectivement garder ses alliés LR et oui il veut travailler avec le PS mais moi ce qui me fait peur c'est que le PS les Verts et les communistes ça veut dire quoi ? Ça veut dire plus de taxes ça veut dire plus d'impôts plus de normes et donc j'ai très peur que la réforme des retraites si jamais elle est suspendue abrogée mise au congélateur et bien soit compensée par des hausses massives d'impôts et de taxes. Donc on verra bien ce qu'annonce demain le Premier ministre mais là il est sur un chemin de crête.
Très honnêtement les Français veulent une rupture avec cette politique je ne crois pas qu'ils l'auront demain je pense que demain ils auront un centriste bon teint qui essaye de ne froisser personne pour faire que son intérim dure le plus longtemps possible.
Mais un centriste bon teint je reprends vos termes que vous ne censurerez pas dès cette semaine parce qu'on sait qu'il y a une motion de censure qui va être déposée et qui sera débattue jeudi on est bien d'accord que le RN ne vote pas jeudi la motion de censure.
Sauf déclaration improbable du Premier ministre mais nous nous réservons le droit de censurer sur du concret. Le concret ce sera le budget de la nation si on nous amène un budget qui prend en compte les demandes des Français qui en ont ras-le-bol de l'étouffoire fiscale qui en ont ras-le-bol des normes abusives qui veulent que les petites entreprises aient un peu d'air pour travailler qui veulent plus de sécurité moins d'immigration alors très bien. Mais si en revanche il y a un budget bargné 2 avec un peu de cosmétique et bien les mêmes causes ayant les mêmes effets nous utiliserons la censure.
Mais en même temps s'il y a des changements sur la réforme des retraites ce sera plus compliqué pour vous de voter la censure. Vos électeurs ils n'en voulaient pas de la réforme des retraites ?
Je vous le confirme une fois encore moi je vous le dis je ne suis pas dans la tête de M. Bérou je verrai bien ce qu'il nous propose j'ai du mal à croire qu'il revienne en profondeur sur cette réforme des retraites qui est fondamentalement ce qu'il estime bon alors que les Français pour les trois quarts d'entre eux n'en veulent pas.
Dans vos propositions vous dites 42 ans ça fait moins de 170 trimestres ça passe pas. Ça passe pas parce qu'on n'en a pas Non mais ça passe pas parce qu'on finance plus. Ou alors il faut expliquer aux Français vous aurez des petites retraites.
Non mais vous savez ce qu'il faut expliquer aux Français c'est pourquoi le comité d'orientation des retraites est déjà en train de nous expliquer que même la réforme Macron ne suffirait pas à remplir les caisses pourquoi ? Parce qu'on ne règle pas les problèmes de fonds c'est une politique à la petite semaine le problème de fonds productivité de nos entreprises natalité il faut travailler sur ces deux points là pour sauver notre système des retraites
tous les ans on nous demandera de travailler un an de plus. Vous m'avez un peu perdu pour tout vous dire parce que essayez de vous rattraper alors non mais vous dites pique-pendre a priori de ce gouvernement et vous dites en même temps je vais attendre de voir ce qu'ils proposent mais vous nous dites je sais ce qu'ils vont faire c'est la même chose qu'avant et vous nous dites en même temps mais en même temps c'est terrible c'est la continuation du macronisme donc je vous dis vous m'avez perdu parce que je ne comprends pas quelle est la logique politique à ne pas censurer tout de suite une équipe que de toute façon vous condamnez Non
on ne condamne pas on se méfie c'est à dire qu'on les a déjà vus à l'oeuvre les LR les PS les centriques c'est eux qui nous ont amené dans le mur maintenant nous on veut garder de la stabilité dans ce pays on ne veut pas agiter le cocotier pour agiter le cocotier si jamais on a un budget qui ne nous paraît pas horrible qui nous paraît à peu près acceptable on sait très bien que ce ne sera pas un budget RN alors nous ne voterons pas la censure nous essayons d'être raisonnables c'est à dire que
pas horrible pardon de vous interrompre monsieur Jacobili mais c'est à dire que pas horrible pour vous citer c'est ce que vous proposez à vos électeurs c'est à dire que pas bon ça passe c'est à dire que mauvais ça passe
je voulais dire que nous allons essayer d'éviter un budget qui serait néfaste à la nation évidemment et nous allons tout faire ne serait-ce que par des amendements par des propositions pour que ce budget soit acceptable pour les français et pendant cet intérim que cet intérim soit le moins douloureux possible voire même le meilleur possible sur le plan fiscal nous ne sommes ni naïfs ni couards voilà nous prendrons nos responsabilités
sur le plan fiscal ils vont proposer la même chose que vous des impôts sur les super riches et des impôts sur les holdings vous votez ça non ?
c'est ce que vous souhaitiez si c'est des impôts sur les super profits si le rachat d'actions les rentes le rachat d'actions vous êtes il n'y a pas de problème si en revanche on s'en prend aux classes moyennes alors là ça ne vous fera pas protéger les français
encore un mot s'il vous plaît monsieur Jacob Marine Le Pen dans son entretien au journal du dimanche regrette d'avoir exclu son père du parti front national c'était en 2015 je ne dis pas de bêtises est-ce que vous comprenez ces regrets ?
alors je crois qu'elle regrette de ne pas avoir eu le choix je pense que ça lui crée de ce que j'ai lu dans l'interview beaucoup de peine honnêtement elle n'avait pas le choix elle n'avait pas le choix parce qu'il y avait des déclarations qui n'étaient pas compatibles avec ce qu'est le rassemblement national le parti de gouvernement mais effectivement quand vous êtes à la fois leader politique et fille de Jean-Marie Le Pen vous prenez une décision en tant que chef de parti qui vous crève le coeur en tant qu'enfant et ça je crois qu'on peut le comprendre je tiens à préciser d'ailleurs que cette interview est une interview très responsable très lucide et très digne
justement un dernier mot là-dessus elle dit dans cette interview qu'à part faire de l'eau tiède à la Sarkozy je la cite ou à la socialiste tous les hommes ou les femmes politiques ont des propos parfois je ne sais plus quel est le terme qu'elle choisit mais en gros c'est la façon dont elle justifie les dérapages et les condamnations de son père est-ce que ça vous semble normal ? Est-ce que vous par exemple qui a priori n'êtes pas une tasse d'eau tiède sarkoziste puisque vous êtes dans son parti vous pouvez tenir des propos diffamatoires et condamnables ? Non mais je pense que
Jean-Marie Le Pen est née en 1928 c'est une autre forme de politique je crois que Marine Le Pen pardon a pris les mesures qu'il fallait prendre effectivement on retient un certain nombre de déclarations de Jean-Marie Le Pen il faut je pense prendre un peu de recul voir aussi ce qu'il a apporté à la vie politique française il a amené au coeur du débat un certain nombre de thèmes comme l'immigration comme la sécurité la place de la France dans le monde et dans l'Europe et je pense qu'il faut avoir une vision un peu plus mesurée vous savez c'est toujours compliqué de juger le passé avec les yeux actuels maintenant quand il y a eu des rapages puisque c'est ce que vous évoquez les décisions ont été prises et c'est là qu'on voit que Marine Le Pen est une femme courageuse
merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin sur LCI
Laurent Jacobelli