Travailleurs des vignes : précarité extrême
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les raisons de la misère un film dit celle de la porte et de olivier toscer documentaire qui montre une réalité très sombre derrière un monde de richesses et de luxe c'est le contraste qui saisit bien sûr alors les choses sont-elles présenté de façon un peu manichéen c'est toute la question dont on va débattre avec nos invités ici en plateau nathalie delattre bienvenus vous êtes vice présidente du sénat sénatrice de la gironde membres du groupe du rassemblement démocratique et social européen et vous êtes co président de l'association nationale des élus et de la vigne et du vin laure gasparotto bienvenue à vous également vous êtes journaliste vin au monde vous avez été vigneronne dans le larzac 1 jusqu'en 2018 je présente vos deux derniers ouvrages parcours de vignerons avec alain graillot éditions glénat et vigneronnes aux éditions grasset jérôme baude moore est également avec mon mais à distance en vision depuis bordeaux justement bienvenue à vous vous êtes rédacteur en chef de la revue du vin de france merci à vous d'être ici aussi avec nous et franck thivierge bienvenue vous êtes secrétaire national de la fédération générale agroalimentaire cfdt et vous êtes membres du ceser conseil économique social et environnemental bienvenue à tous les quatre je précise avant que nous commencions les changes que cette déchetterie dont il est question dans le documentaire existe toujours et en provence il y aurait également ce genre de lieux nathalie delattre ce documentaire montre t-il une réalité qu'on aurait tendance à mettre sous le tapis ou est-ce qu'il braque les projecteurs sur un niekro phénomène non on ne peut pas ignorer ce phénomène qui arrive parce que il découle de différentes problématiques nous avons vraiment des problèmes de recrutement de main d'oeuvre locale dès lors que nous sommes nous faisons appel à la main d'oeuvre qui vient de l'extérieur ces gens n'ont pas de logement sur place et compte tenu des problématiques on en parlera durant le débat sur les normes pour les logements là non artificialisation des sols etc eh bien oui nous nous retrouvons avec un phénomène de problématiques pour loger c'est ces personnes qui le travail des saisonniers a changé c'est à dire qu'avant où venaient pour les vendanges vous venez pour deux mois mais aujourd'hui nous faisons appel de plus en plus à des entreprises de sous traitance qui elles vont mobiliser des salariés pour 10 mois et donc qu'il serait moins regardante peut-être sur les conditions de travail les rémunérant travail de fait depuis des années je pense que ce documentaire a mis le doigt sur une problématique mais la filière viticole elle multiplie les problématiques alors quand vous dit tout à l'heure effectivement un monde de luxe et de richesses la réalité c'est que la filière est en crise et que nous ne savons plus comment faire face aux différents investissements par rapport aux changements climatiques à l'environnement ces problématiques de logement ça devient très très difficile mais il faut nous relevons les défis est ce que ça veut dire que ce documentaire manque de nuance franck thivierge ou pas braque les projecteurs sur effectivement sans parler d'ailleurs des sous traitants en montrant des salariés qui vont mal qu'ils sont mal payés mal logés est-ce que c'est caricatural ou pas caricatural j'irai pas jusque là il ya une réalité par contre c'est un prisme spécifique sur une partie de la population salariée qu'ont d'ailleurs on peut regretter un mais le problème des logements des saisonniers c'est pas nouveau en viticulture comme en agriculture en général l'emploi en viticulture giron c'est 3482 établissements ses soixante mille contrats dont treize mille cdi avec une problématique d'organisation territoriale pour le logement parce que quand vous avez 60 mille contrats et 40000 saisonniers il nous manque 1000 2000 logements globalement régulièrement sur les étudiants qui n'est pas traité qui n'est pas pris par les autorités publiques alors je pense que les autorités publiques les collectivités locales doivent s'en emparer beaucoup plus fortement autant le déplacement d'ailleurs qui sont leurs compétences que donc la mobilité des salariés que le logement l'entreprise peut pas tout gérer puisque d'ailleurs permettre des tentes sur les exploitations pour le logement c'est interdit par le droit aujourd'hui c'est vraiment collectivités locales de s'emparer du sud est et de dire et on le voit sur la région du documentaire que comment on s'organise sur ces sujets là alors c'est pas spécifique à la gironde 1 que ce soit en bretagne dans le pays nantais que ce soit en paca où en est cette année jérôme bauduin la réalisatrice dans le film nous dit un monde de misère et un nom de richesse se côtoient elle nous parle d'une grande misère d'une grande précarité des travailleurs de la vigne vous trouvez que c'est manichéen comme façon de présenter les choses un petit peu parce que le d'abord les crus classés ne représente que 5% des la production viticole de la gironde donc on est très loin d'une d'une situation majoritaire c'est que le cas c'est très très cher et dans les crus classés qui vendent leurs vins très très cher il y en a une vingtaine seulement donc c'est une situation qui est très éclatée donc pour moi effectivement c'est une c'est un prisme assez manichéen et puis un autre problème qu'on n'a pas encore abordé c'est la situation géographique de la gironde c'est à dire que on a une métropole bordelaise qui est au centre du département qui capte et qui phagocyte une bonne partie de l'économie girondine et qui attire des travailleurs de tout le département alors seydoux l'engorgement d'ailleurs de la rocade bordelaise et vous avez dans la jérôme vous avez un territoire qui est une presqu'île qui est complètement enclavé qui s'appelle le médoc et si vous voulez les travailler depuis pauillac jusqu'à bordeaux il ya 60 km bien des gens qui ont peu de diplômes qui n'ont pas de voiture ou qui sont enfin la situation est compliquée la seule issue dans le dance dance est prescrit c'est la viticulture et des emplois très précaires et ça ça favorise en fait cette paupérisation alors cette appellation du couloir de la pauvreté 60 mille personnes qui vivraient sous le seuil de pauvreté justement dans cette zone et ce parallèle qui est fait est que le mouvement des jeunes qui effectivement a été très puissant a bordeaux est ce qu'il ya un lien à faire est ce que c'est cette population qui s'est rebellé qui est allée manifester ou pas du tout un parallèle qui est pertinent qui ne l'est pas je pense que le parti le parallèle est pertinent puisque pour se déplacer à bordeaux est aujourd'hui si on paye 2 euros le litre d'essence c'est compliqué je trouve que le si le documentaire et manichéen c'est qu'il exprime aussi le l'apothéose du paradoxe français de l'agriculture qu'il ya un vrai malaise l'aller les chiffres de la msa sont quand même assez éloquent il ya un suicide tous les deux jours d'agriculteurs et parmi ces agriculteurs les viticulteurs en font partie ms alors jusqu'à la mutuelle sociale agricole c'est donc la sécurité sociale des agriculteurs les viticulteurs font partie des agriculteurs et on parle toujours de la viticulture comme le parent riche de l'agriculture parce que le vigneron on doit faire le grand écart entre le rêve qu'il doit procurer à son consommateur et la réalité vraiment souvent très très pauvre en fait qu'il est qu'il vit au quotidien mais dont il ne peut pas parler puisqu'il doit faire rêver d'un autre côté intéressant ce que vous dites d'accord on s'attarde là aussi cette voie le besoin d'exprimer quelque chose de la part d'une chaîne de la portée de tous et ça donc en fait en tant que journaliste je comprends très bien sa démarche d'abord elle trouve les chiffres de l'insee où il ya ces trois couloirs de la pauvreté en france elle explique dans son livre les raisins de la misère qui ont été pu qui a été publié en 2018 elle explique pourquoi elle est allée à bordeaux parce que parmi les trois couloirs de la misère donc il ya dans les hauts de france dans le languedoc et c'est dans le bordelais ou là ce contraste est énorme il est le plus éloquent le plus le fossé est le plus large entre ce luxe ostentatoire donc de ces quelques châteaux parce que en effet le regard est faux c'est aussi bien sûr la misère que sur la richesse parce que la richesse que l'on voit là c'est pas la richesse du vignoble d'ailleurs le documentaire commence par le sauternais qui est franchement à des parents les plus est 1 d une des appellations les plus touchés aujourd'hui et si les grands groupes achètent les domaines à sauternes c'est parce que les familles n'ont plus les moyens de les entretenir même d'en hériter mais alors tout le monde veut parler c'est intéressant nathalie delattre non effectivement donné des chiffres tout à l'heure et c'est bien ses perspectives c'est effectivement c'est le plus grand domaine européen donc on va trouver obligatoirement des des exceptions à la règle mais la réalité c'est 60 % du vignoble qui appartient encore à des propriétés familiales quand on regarde de revenu médian j'ai pris quelques chiffres donc officiel de viticulteurs c'est-à-dire de propriété de propriétaire-exploitant ses 2000 euros par mois revenu médian donc vous imaginez loin des grands domaines bas et certains sont un peu plus haut donc beaucoup et vous avez dû le vivre quand vous étiez vigneronne vous ne vous êtes pas toujours payés il ya des mois on vous n'êtes pas payé parce que vous avez privilégié les salariés aujourd'hui quand on regarde la main d'oeuvre les saisonniers sont moins payés parce qu'ils travaillent moins sur l'année que des des temps complets mais quand on regarde à pôle emploi les offres en attente pour des ouvriers non qualifiés on va à 2550 à 2850 euros qui sont offertes pour trouver la main d'oeuvre locale et on ne trouve pas pour des ouvriers qualifiés comme les tractoristes où nous avons besoin beaucoup de passage de tracteurs surtout qu'en maintenant on fait beaucoup plus de travail de sol pour éviter les traitements et bien on peut aller de 1650 jusqu'à j'ai vu une offre jusqu'à 4950 euros donc les prix ont augmenté les salaires ont pu augmenter et souvent sur ces grandes propriétés qui ont pu elle faire face à l'augmentation des salaires et ça bouge aussi dans dents sur le papier j'ai envie de parler de cette charte qui a été très récemment élaboré et signé une charte de bonne conduite un des acteurs de la filière charte d'engagements réciproques entre vignerons et prestataires où il est écrit les employeurs sont invités à être attentif aux conditions d'hébergement des salariés à rester vigilants dans le transport des salariés à limiter le recours aux entreprises de travail temporaire dont le siège social est situé à l'étranger certains disent n'est pas suffisant ce n'est pas contraignant et sans les entreprises de sous traitance quand on parlait tout à l'heure effectivement sur l'hébergement aujourd'hui les viticulteurs hésite parce que les normes pour l'hébergement saisonniers sont au delà des normes d'un logement normal quand vous avez c'est ce qui se passait et traditionnellement vous mettiez un bâtiment à disposition aujourd'hui vous avez 1 1 contre le l'inspecteur du travail si vous n'avez pas les décès handicapés femmes les wc handicapés hommes le vestiaire femmes le vestiaire hommes la douche comme la rend la mission impossible enfin non vous êtes vous vous devez payer donc ça devient très très difficile franck thivierge et ensuite jérôme bauduin oui oui oui cette charte vous avez raison de d'en parler parce qu'en fait c'est le dialogue social local qui a permis l'établissement de cette charte entre les exploitants et les établissements de travaux agricoles qui sont des prestataires de services pour les lignes bougent a fait alors la carte globalement c'est 10 15% de plus de saisonniers par rapport au contrat cdi dans la région de gironde mais pas que donc il ya une évolution des contrats saisonniers d'ailleurs c'est à réfléchir puisque des saisonniers qui font de la saison pendant huit mois faut se poser la question si on atteint cdi annualisé pour les sécuriser sur la charte lorsque les organisations patronales les organisations syndicales discutent on arrive à des engagements qui sont des engagements précis sur les conditions de travail la qualité des emplois etc on a aussi dans les grands domaines je ne poserai pas la qualité du travail l'intensification de l'emploi entre grands domaines et petits viticulteurs parce qu'en fait on regarde que dans des grands domaines il ya des choses très hétérogènes qui se font et des grands domaines qui font très bien des grands domaines qui font pas bien dans nos critères à nous en tout cas et chez les petits viticulteurs c'est exactement généralise pas surtout en général surtout pas et donc il s'agit pas de stigmatiser les grands domaines qui pourtant amène de la robotisation qui amène de l'intensification de l'emploi sur lequel il ya des comités d'entreprise laisser ceux sur lesquels là on a eu une discussion avec les salariés ce qui manque principalement aux salariés de ces régions c'est l'information action logement amis pour les saisonniers l'année dernier entre 150 et 450 euros pour le logement par mois laissé très peu de gens ont saisi leurs droits on fait des pâtes mais les trois accessible aussi aux travailleurs étrangers qu'on voit dans cette déchetterie par exemple absolument parce que nous ne sont pas au courant qu'il ya quelque chose d entre nous on se dope à travail égal salaire égal donc les droits sont égaux le droit français fait que le saisonniers étrangers qui en france a les mêmes droits que le saisonnier local national contre permanent même d'information n'est pas une tâche est rien c'est en fait un domaine viticole d'un propriétaire qui à 30 km de là mais qui n'exploite plus est effectivement qui s'est fait squatter dans ce convoi dans le vie recèle il a essayé de condamner pour ne pas effectivement que les gens puissent organiser ce ce campement il aidé par la mairie d'accord il ya des projets de logements d'accord ce que c'est le mot déchetterie qui employait dans le final ne vous faites bien de le dire jérôme bauduin oui je voulais revenir sur le l'arc de pauvreté parce que c'est là la caricature elle est là dans ce documentaire il ya en fait le territoire viticole girondins y courau quasiment tout le département notamment le blayais le bourget le médoc a par là leleu l'ouest et le sud ouest et le sud avec les landes mais le vignoble le couvre tout le territoire est victime ans ce couloir de pauvreté qui est quand même généré par la métropole bordelaise qui attire énormément salariés et qui attire énormément de d'entreprise dans la métropole faut savoir que l'agir ont fait un million six cent mille habitants est juste la métropole à elle seule fait un million d'habitants quasiment donc ça concentre énormément de pouvoir d'achat de d'économie et évidemment la pauvreté mais les périphériques ailes et alla aux extrémités et c'est évidemment ça se calque sur le territoire sur le la géographie du vignoble girondin qui va jusqu'au nord du blayais le nord de la gironde mais dans ces secteurs là dans ces coins là il n'y a plus d'entreprise ou pratiquement pas d'entreprise qui s'installe on a pas d'entreprise d'autres secteurs d'activités dans le nord du blayais où dans le bourgeais ou qui ont disparu avant soit encore il ya un autre volet qui est abordé dans sims et le volet sanitaire des petites mains de la vigne qui serait donc pauvre mais aussi mal à ne regarder on est une zone très pauvre il ya plus de chômage donc les gens quand ils ont la chance de travailler dans un sur un domaine viticole un château viticole il y reste est donc ils disent rien là le gosse est malade quand j'ai entendu des gens qui travaillent et yquem oui je suis malade mais que soul et moi je suis payé j'ai mon salaire et pas de problème aujourd'hui sont membres la situation est telle que les travailleurs de lijn bon jusqu'à sacrifier leur vie parfois oui ben j'ai eu des salariés viticoles de la gironde dont qu'il me dise effectivement je travaille dans la ville où je travaille chez leclerc on a une concentration économique autour de la vigne sur le croissant qui est détaillé dans le documentaire et est donc je ne peux pas faire autre chose que ça sur l'aspect pesticides bio etc les choses évoluent je ne suis pas certain qu'on soit plus exposée aujourd'hui qu'on était hier sur pour l'histoire de la vigne et que ce soit des grands domaines où des petits il y en a qui font du bio il ya des réductions de pesticides il ya d'ailleurs eu notre charte qui a été signé un peu de temps entre les organisations patronales et syndicales et aussi des associations pour limiter justement parce que en fait c'est choquant parce qu'on est dans le domaine du vivant la vigne c'est vraiment le domaine du vivant le sol la vigne en elle-même et les travailleurs de la vigne ce n'est que du vivant d'ailleurs on aura très peu de robotisation à notre sens dans la vigne demain de mécanisation parce que de toute façon c'est la main de l'homme qui fait la différence est qu'on aura encore besoin de la main de l'homme dans dans l'avenir donc il ya des réductions sur les pesticides il ya et d'ailleurs je pense qu'il ya une prise de conscience des viticulteurs que si je nuis à monsols avec utilisation de produits jeu nuit à la qualité du vin la qualité de ma vigne et donc la durabilité de l'écologie à cette conscience là oui effectivement je crois que ce débat sur le sanitaire est un peu différent mais pourtant il revient au coeur du documentaire qui a fait écho de cash investigations et au bordeaux bashing qu'on connaît heureusement depuis quelques années comme je vous le disais le vignoble a amorcé considérablement sa mutation vers le bio la haute valeur environnementale c'est aujourd'hui le premier vignoble au bio de france il n'en reste pas moins que l'agriculture en général la viticulture bien sûr mais l'agriculture en général c'est difficile et c'est constant il faut être constamment sur le domaine sur les propriétés et on l'a bien vu pendant la coved les agriculteurs étaient ceux qui faisait partie de cette première ligne parce que ils ne peuvent pas amener de la vigne elle pousse en permanence et il faut effectivement la rogne et il faut il ya plein de travail à faire et c'est vrai c'est le premier employeur de la gironde parce qu'on voit et c'est dit dans le documentaire des maires de vigne oui c'est la base de l'économie girondine c'est cette viticulture donc aujourd'hui la filière se mobilisent pour essayer dans tous les domaines d'avancé donc sur l'environnemental mais sur la formation parce que cette main d'oeuvre locale ils ont envie effectivement de retrouver ses salariés au local donc le sauternais ce qu'on en parlait c'est là où il ya la plus grosse crise aujourd'hui le sauternes plus personne n'en boas kazire donc c'est très très compliqué pour le sauternais eh bien ils ont fait appel à ha qui forment en quelques semaines pour arriver à faire en sorte que les salariés non qualifiés puisse arriver à avoir des qualifications et puisse avoir un travail diversifié non pas qu à la vigne mais auch et effectivement ils sont ils ont mis en place un groupement d'employeurs pour justement que ces salariés deviennent salariés à temps plein sur des châteaux différents certes mais il est un salaire à temps complet voilà il ya quand même beaucoup de choses qui sont faits et quand vous parliez du logement tout à l'heure sur les collectivités locales alors la filière ne veut pas être en reste elle veut elle veut participer financièrement mais par exemple le libournais c'est l'ouverture d'une maison des saisonniers qui vient de se faire avec 87 studette donc 140 as à peu près mais 15 euros la nuit voilà il ya quand même des choses c'est vrai que les gens il faut qu'ils arrivent à assumer et des campings qui ferment parce qu'il ya eu des dégradations de matériel donc c'est pas toujours voilà c'est fait sur blanc d'un côté ou de l'autre jérôme bauduin ouais je voulais revenir l'histoire des pesticides parce que qu'on le veuille ou non les deux sont liés enfin on est sûrs et sains et saisonniers que l'on emploie ces deux segments du travail à la vigne c'est à dire il manipule le végétal juste après des traitements il n'y a pas que la vendange mais quand on fait [Musique] différent les feuillages des choses comme ça c'est en plein milieu de la saison et effectivement ils sont en contact direct avec des pesticides qui ont été mis sur les lignes alors effectivement on a beaucoup moins d' usage de pesticides qu'auparavant moi j'ai travaillé à la vigne il ya 30 ans et je peux vous dire que dosage de pesticides qu'on utilisait il ya une trentaine d'années sont infiniment supérieur à ce qu'on a aujourd'hui et c'était des produits beaucoup plus dangereux mais il n'en demeure pas moins que la toxicité des produits qu'on m'utilise est toujours réelle par ailleurs on nous met un label qui s'appelle achevé eux qui effectivement temps à vouloir à a amené la viticulture vers des normes environnementales plus respectueuse mais par exemple ce label hpe n'interdit pas l'usagé des cmr c'est à dire des produits qui sont cancérigènes mutagènes et reprotoxiques ce type de label la balle ça serait déjà d'interdire ce type de produits qui sont du flux toxique qu'on utilise en vite qu'on n'a pas toujours le produit de substitution c'est à dire interdire c'est bien mais il faut aussi qu'on puisse avoir le produit qui empêchent certaines maladies donc d'où la demande de nuances que vous faites effectivement voilà il ya énormément d'investissements dans la recherche parce qu'on a besoin de cette recherche on a besoin de trouver des produits en adéquation avec et en santé et en prospective sur ces sujets plan ecophyto les labels d'ailleurs à la cfdt on a sorti un label qui s'appelle du social dans mon assiette mais ça pourrait être du social dans mon verre oui c'est une idée c'est que les certifications effectivement elles doivent évoluer évoluer dans le bon sens quand on regarde aujourd'hui on a toutes les méthodes et tous les produits de substitution c'est une volonté politique de ne pas passer par les produits actuels que l'on utilise deuxième point je pense qu'il ya un risque réputationnel sur la vigne mais pas que mais essentiellement sur la vigne les grands crus et c'est à la fois sur l'utilisation de produits pesticides donc il faut absolument changer de méthode et aussi sur les certifications sociales associées j'ai travaillé avec la fnab et la fédération nationale des agriculteurs bio on a créé dans leur certification bio avec leur label une brique sociale qui donne l'information le contrat de travail fdt à tout un tas de détails l'expression des salariés sur la stratégie de l'entreprise etc et on a on a avec cinq six critères créer une brique social qui est tout à fait écoutable par le consommateur et quand on a des 20 à 60 80 % à l'export je pense qu'on a tout à fait intérêt à être vertueux sur les deux sujets c'est intéressant si vous avez tous fait référence aussi un peu au passé à une histoire de la vigne et dans le film il ya aussi ce petit air de c'était mieux avant c'est aussi là dessus je voudrais vous entends dans les années 2000 on donc a priori passer d'un modèle avec des exploitations familiales presque ancestrale à une arrivée massive de grands groupes dotés de moyens puissants mais plus distants écoutez quand j'ai rencontré des travailleurs de la vigne qui aujourd'hui sont à la retraite ils ont des souvenirs assez précis de voix le propriétaire du château embaucher leur mère pour par exemple garder les enfants faire la cuisine c'est à dire que le propriétaire s'est intéressée quand même à ce qui se passait sur le terrain il venait il garder ça faisait une société ça faisait du lien petit à petit ce paternalisme s'est effacée et ce lien il n'existe plus aujourd'hui c'est des univers qui se côtoient et qui ne se croisent jamais finalement c'est encore un autre volet du problème elle intéressante cette question du lien je voudrais qu'il n'existe plus ce lien non je serai je ne suis pas aussi radicale non roger j'ai vu vraiment même d'aider parmi les grandes familles qui sont là enfin je pense je pense à la famille qui possède haut-brion depuis 1932 le groupe clarence dillon qui possèdent ce château chaque année là par exemple la fête des vendanges et très joyeuse ce sont des travailleurs qui reviennent qui reviennent tout le temps pour les vendanges il ya vraiment un lien très fort historique des parents enfants de vendangeurs qui viennent et qui se transmettent cette on a cet ouvrier viticole un qui dit aujourd'hui l'ouvrier n'est plus un ouvrier c'est un instrument oui alors c'est tellement le cas que après d'un côté on voit de plus en plus de robots dans la vigne il ya une robotisation qui arrive d'ailleurs on a dit c'est vrai qu'il ya tellement d'accidents avec les tractoristes ils sont tellement difficiles à recruter que c'est ce qu'on va devoir de plus en plus ça fait 2 la fin de la période sanitaire que vient de traverser en plus à accélérer les recherches et les mises au point de nouveaux robots et depuis un an en effet on voit se multiplier les robots dans la est ce que ces grands groupes cette arrivée massive de grands groupes un peu comme des bulldozer sont en train d'écraser la filière et de mettre fin aux petits viticulteurs oui non non non je crois que les deux modèles coexistent existeront nous nous ce qu'on voit enfin par rapport au documentaire c'est que ça il ya du progrès social depuis les époques voilà enfin je veux dire autant les organisations patronales que c'est quand même une convention collective nationale et je suis pas certain que le paternalisme au paiement fait état était plus vertueux en terme de conditions de vie que ce qu'on voit aujourd'hui nous c'est parce qu'on constate en tout cas que ce soit dans les grands domaines où dans les plus petits domaines les joues dit les grands domaines et le lien c'est le management s'est pas tellement les actionnaires c'est le mage menthe d'ailleurs je pense que le vignoble se rend dans un moins bon état silva avait pas eu des investissements lourds d'autres sociétés pour maintenir certains certains vignobles avec leurs moyens a pressé c'est tout ce qu'on en fait ce qu'on va en faire et la raison d'être ou la mission même de l'entreprise politique jérôme bauduin et ensuite vous nathalie delaître je voulais revenir cette histoire de c'était mieux avant pour avoir vu quand même beaucoup de plus classe et il ya plus de vingt ans où il y avait des logements pour les ouvriers qui étaient en terre battue qui était dans une crème des situations quand même qu'ils étaient sanitaire qui était vraiment déplorable et pourtant c'était des propriétés familiales et racheter après par des grands groupes qui ont mis aux normes ces logements pour en faire des vrais logements pour les saisonniers ou les étudiants ou les personnes qui venaient travailler temporairement sur le sur les vignobles la situation est elle est contrastée et d'ailleurs il ya 25 ans quand je discutais avec des propriétaires et je voyais leur comportement avec leurs ouvriers il y avait une dimension très féodal moi qui me rebute est quand même donc et c'était pas très sain c'est à dire que la personne étaient corvéables à merci et on utilise l épouse ont utilisé les enfants le dimanche ce qui c'est quand même ça a quand même un peu disparu enfin il faut remettre un peu les choses à leur place je pense qu'effectivement les investisseurs des grands arrivé sur les dans le médoc notamment où il ya des très grandes propriétés ont normalisé les relations de travail en revanche et c'est là la différence c'est à dire que ils ont fait appel à plus en plus de prestataires extérieurs et c'est ça qui crée la distance entre le les propriétaires ou les les dirigeants des domaines et ses saisonniers et cette relation un peu ambigu et une nouvelle j'étais alors effectivement je crois que quand on parlait tout à l'heure de des gilets jaunes ce sentiment c'est l isolement je crois que ce qui a été manifestée dans le documentaire c'est ce sentiment d'isolement mais que qu'on connaît en france entière les gens se retrouvent face à leur écran enfin le lien social tout le monde nous en a parlé même les étudiants et d'ailleurs c'est vrai que ce côté festif qui est toujours là et quand ce ne sont pas les grandes familles qui sont là il ya toujours le management ce directeur qui organise en tout cas les propriétés familiales continue à le faire et ça se passe mais c'est vrai qu'il ya un côté moins festif parce qu'on a perdu nos étudiants par exemple avant les étudiants et c'est quelque chose qui leur manque aujourd'hui dans leur pouvoir d'achat parce que tous sont tous se souvenir d'avoir fait les vendanges mais la fac elle commencé mi octobre aujourd'hui la fac elle démarre début septembre donc mi-septembre donc saisi dire on ne les a plus comme un dogme mais aussi pour pour créer ce lien pour créer aussi cette mixité sociale et c'est vrai qu'on manque de mixité sociale dans dans ses propriétés plus générale finalement c'est un phénomène les coupes les effets des nationales c'est un phénomène bien plus générale on a eu on a eu très peu de gilet jaune dans la sociologie agricole nous on l'a constaté que ce soit dans la viticulture en gironde mais dans l'agriculture en général d'aider des militants qui sont sur le terrain qui ont vu très très peu de salariés s'associer au mouvement en tout cas au départ sur les premiers sujets mais n'ont pas accroché derrière c'est un pur constat je stigmatise personne bien au contraire mais chacun à occasion de s'exprimer mais ça n'a pas été dans la sociologie à la fois dans les vignobles à la fois dans l'agriculture en général et ainsi on doit ce s'arrêter sur une idée peut-être et vous allez me dire ce que vous en pensez laure gasparotto un nouveau label qui tournerait justement autour des conditions sociales des travailleurs est ce que ça c'est une idée d'avenir à laquelle elle est proposée à la fin du documentaire we human being oui je pense que l'humain en plus on dit le vin c'est convivial c'est cesser ce qui favorise les relations quand on voit un verre de vin c'est vrai que dès la création de ce verre de vin ou devrait on devrait encourager ce lien social serait ce que pour sensibiliser le consommateur c'est un cantique boissons vins qu'il pense à ceux qui ont moins les yeux ouverts le vin en faisant des vendanges en tant qu'étudiante et ça m'a permis de rencontrer des gens que je n'aurais jamais rencontrés autrement parce qu'en effet il ya cette mixité qui fait qu' il ya des québécois qui viennent d des retraités il ya une mixité générationnelle social extrêmement intéressante et aujourd'hui on est de plus en plus dans des clans qui fait qu'on n'ait plus mélangé on sait plus comprendre l'autre parce qu'à aucun moment on a pu vivre ensemble et ses vendanges en fait si on peut toujours les poursuivre elle permettrait à un moment donné de de comprendre l'autre et ce serait un label très intéressant si jean beaudoin votre point de vue rapidement sur ce label moi je trouve que je suis mené une vraie avancée mais il faudrait qu aujourd'hui la laverai la vraie problématique je pense qu'elle est du côté des saisonniers et une meilleure protection des saisonniers serait la bienvenue c'est vraiment là le d'ailleurs on le voit bien dans le documentaire elle met le point sur sur quelque chose c'est la précarité la paupérisation des travailleurs saisonniers et malheureusement quand on voit la charte qui a été établie pas de main d'oeuvre de ceux de sociétés étrangères le problème c'est que les la main de la société étrangère elle est fournie à des prestataires de services girondins qui s'en empare et évidemment ont disculpé l'entreprise étrangère dans cette dans cette histoire ces espèces de chênes les eta il ya des entreprises de travaux agricoles qui sont les prestataires qui augmente ses plus de 30 % ils ont une convention collective nationale ce qui est critiquable c'est les prestataires de main d'oeuvre étrangers qui ont des sièges sociaux en france etc et qui font du trafic de péruviens du sud afrique et etc etc ceux là sont à bannir et à interdire il ya quand même une responsabilité des politiques publiques lorsque vous financer le travail rémunéré à 1,2 smig par des exonérations de charges sociales et à 1,6 smic par des exonérations fillon vous créez des trappes à bas salaires les premiers qui sont intacts et se sont laissés zoning or il ya une classification aujourd'hui c'est pas parce que je suis saisonniers que j'ai pas des compétences et on classifie aujourd'hui plus d emplois mais des compétences aux emplois demandés et vous êtes sorti dans et des deux labels qui devait conclure se trouve ça intéressant d'autres manières aujourd'hui la filière elle a effectivement envie de progresser dans tous les domaines je crois que le progrès social est au coeur de ses préoccupations depuis depuis longtemps mais comme on le disait tout à l'heure c'est vrai que c'est un produit rêve un produit plaisir n'a vendu que ça jusqu'à maintenant on n'a parlé que ça que de ça et aujourd'hui la réalité c'est qu'on a de moins en moins consommateurs donc il faut qu'on arrive à réconcilier le vent qui fait partie de notre patrimoine et de notre culture avec les consommateurs qu'on les rassure donc bien sûr tous les labels sont les bienvenus on voit les difficultés aujourd'hui un cause de l'aco vide à cause de l'inflation la chute de 2 de la consommation du vin est vertigineuse et ce sont tous ces emplois qui seront menacés demain donc le mot de la fin c'est buvait du vin avec modération évidemment merci à tous les cas très d'avoir participé à cet échange merci à vous de nous avoir suivis je vous rappelle donc le titre du livre dont est tiré le documentaire que l'on a tous vus ensemble ce livre d'ixelles de la porte les raisons de la misère dont vous parliez tout à l'heure aux éditions du rouergue et puis si vous avez manqué une partie de l'émission si vous souhaitez la revoir sachez qu'elle est disponible en replay sur notre site publicsenat.fr ou sur notre chaîne youtube à très bientôt sur public sénat [Musique] [Musique]
Nathalie Delattre