Budget : Bruno Retailleau demande au gouvernement d'avoir "le courage de faire un 49.3"
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France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, ce matin nous recevons le président des Républicains, ancien ministre de l'Intérieur, vos questions et réactions chers auditeurs au 0145 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour à vous. Merci d'avoir choisi France Inter pour votre interview de rentrée. Rentrée évidemment marquée par la situation internationale. Les ambitions sans limite de Donald Trump, cette veillée d'armes en France avant la prochaine campagne présidentielle et votre éventuelle candidature. Mais on va commencer Bruno Retailleau par la colère des agriculteurs.
Il y a des tracteurs ce matin dans Paris sous la tour Eiffel, notamment contre cet accord avec le Mercosur qui devrait être signé en début de semaine prochaine. Vous êtes contre comme l'intégralité de la classe politique. Qu'est-ce que vous auriez fait différemment si vous étiez aux responsabilités pour éviter que la France ne soit mise en minorité et ne puisse pas s'y opposer puisque c'est le cas aujourd'hui ?
Eh bien je n'aurais pas affaibli d'abord les agriculteurs et l'agriculture française puisque cette année, l'année qui vient de se passer, de s'écouler 2025, c'est la première année où la France, qui traditionnellement avait un excédent de sa balance commerciale, était une puissance agricole, y compris mondiale. Nous avons été longtemps la deuxième nation agricole après les Etats-Unis. Eh bien nous sommes désormais au cinquième, sixième rang et nous sommes désormais dépendants. Nous avons abdiqué, abandonné notre souveraineté alimentaire et nous l'avons abandonné par deux processus. Un processus intérieur, un processus extérieur.
C'est-à-dire que l'Europe, en réalité, nous a abandonnés à une concurrence sauvage et a fait que, en réalité, nous importions des molécules et des pratiques, depuis nos importations, des pratiques et des molécules que nous interdisons en France. Donc une très forte libéralisation en termes de libre-échange. Et à l'intérieur, c'est l'inverse, une sur-réglementation. Eh bien cette double mâchoire interne-externe a broyé l'agriculture, il fallait faire l'inverse, se protéger à l'extérieur et libérer notamment en termes de charges et de surnormes. Je parle des surtranspositions européennes au niveau intérieur.
Bruno Retailleau, il y a ce tableau de l'agriculture que vous faites, mais la question très précise, et on va parler bien sûr de la mobilisation des agriculteurs, des tracteurs, mais la question très précise de savoir comment vous auriez pu faire en sorte que la France, si vous étiez au pouvoir, puisse réussir à s'opposer à ce Mercosur, puisque là, on voit bien que la difficulté, c'est que la France n'est pas en capacité d'obtenir une minorité de blocage. Vous dites, on est contre. Vous menacez même d'une motion de censure si d'aventure Emmanuel Macron décidait de voter favorablement, de voter pour ce Mercosur. Qu'est-ce que vous auriez fait différemment ?
Là, il y a une forme d'impuissance de la France. Absolument. Vous savez d'où vient cette impuissance ? Je vais vous la résumer en une phrase, en Europe. Parce que moi, j'ai fait des conseils européens, des ministres de l'Intérieur, et j'ai vu devant moi le regard de mes collègues, ministres de l'Intérieur, le regard qu'ils posaient sur mon pays, pays que j'aime, la France. Cette phrase, c'est un État qui ne tient pas ses comptes, est un État qui ne tient pas son rang, qui perd sa puissance. Vous n'êtes pas respecté. Regardez ce qui se passe avec Madame Mélanie. Madame Mélanie, en réalité, impose à l'Europe un certain nombre de ses transactions. Elle l'a fait là.
Elle s'est révélée d'abord contre le Mercosur. Elle a obtenu en matière de politique agricole des contreparties financières. Elle a été écoutée de Madame Ursula von der Leyen. La France, malheureusement, a perdu son influence. Et nous l'avons perdue, parce que nous avons fait le coup trop de fois, au niveau européen. On a indiqué que, bien entendu, on serait bons élèves, qu'on reviendrait au-dessous des 3% de déficit budgétaire. Et aujourd'hui, on a le pire déficit budgétaire de l'euro. Et on menace, d'ailleurs. C'est une menace systémique vis-à-vis de l'euro. Donc, c'est la faiblesse de la France, la pagaille intérieure... Je le pense. ...qui plombe, selon vous, l'agriculture française.
Donc, vous soutenez les agriculteurs, y compris du point de vue du maintien de l'ordre. Ce matin, il y a des tracteurs dans Paris. Il y a une autoroute, l'autoroute A13, qui est bloquée, malgré l'interdiction des manifestations. Vous qui étiez ministre de l'Intérieur, vous auriez laissé faire ? Vous avez... J'en parlais avec Benjamin Duhamel juste avant d'entrer dans le studio. Je me suis retrouvé dans cette circonstance-là, au mois de juin, lorsqu'il y a eu le premier foyer en Savoie. De dermatose ? De dermatose. Et on m'avait demandé d'intervenir. J'avais refusé. J'avais, évidemment, mobilisé un escadron de gendarmes mobiles, mais j'avais demandé à la préfète de discuter.
Et après cinq jours de discussion, cinq ou six jours de discussion, nous n'avions pas eu à mobiliser la force, parce que la concertation avait eu ses fruits. Voilà. Les images, évidemment, ont choqué les Français, ces images du Centaure, d'un engin blindé qui avançait en rejetant les voitures, un hélicoptère, des forces très mobilisées. Non, je pense que... D'ailleurs... Et donc, ce matin, il faut laisser les tracteurs
continuer de rentrer dans Paris,
éventuellement bloquer un certain nombre d'axes routiers ? En termes de maintien de l'ordre, je fais confiance, il y a à Paris un excellent préfet de police. Il s'appelle Patrice Faure. J'imagine qu'il y a eu une négociation avec la coordination rurale pour dire, écoutez, quelques tracteurs peuvent entrer, mais à une stricte condition, pas de menaces sur les lieux de pouvoir, un comportement, etc.
Donc, quand on est Bruno Retailleau et qu'on martèle l'ordre, l'ordre, l'ordre, il y a une sorte de dérogation quand il s'agit d'agriculteurs qui vont à l'encontre d'arrêter...
Non, mais vous me comprenez mal. J'avais d'ailleurs opposé une force, y compris à la coordination rurale, quand il voulait faire entrer des centaines de tracteurs sur Paris et qu'il avait menacé, d'ailleurs, en utilisant le terme de bleu. Le bleu, c'est la gendarmerie, en disant qu'ils pourraient avoir des bleus sur leur corps. Ça, je n'avais pas toléré, j'avais bloqué. Mais encore une fois, on n'est pas obligé d'employer la force pour faire respecter l'ordre. Je pense d'ailleurs que l'autorité, précisément, consiste à ne pas la crier sur les toits, mais à la faire appliquer, pas nécessairement par la force. C'est ça, d'ailleurs, la vraie autorité.
La vraie autorité, elle est calme, elle est tranquille, elle s'assume. Bruno Retailleau, vous avez prévenu que si Emmanuel Macron votait le Mercosur, ça va se faire là, en fin de semaine, il s'exposerait à une censure de votre part. Qu'est-ce que vous lui demandez de voter contre ? Est-ce qu'il peut s'abstenir ? Mes termes sont les suivants, que le gouvernement prendrait le risque d'une censure. Ce que je demande à Emmanuel Macron, c'est s'il n'obtient pas suffisamment, je pense qu'il obtiendra un certain nombre facialement, en tout cas, de garanties qui seront de fausses garanties, de fausses garanties pour le secteur agricole, mais il prendrait le risque d'une censure.
Et je souhaite qu'il vote contre. Donc vous seriez prêt à faire tomber le gouvernement sur le Mercosur ? J'ai croisé au Sénat hier le Premier ministre, je lui ai dit en disant j'espère que le Président de République, demain, donc vendredi, ne votera pas pour.
Mais vous souhaitez un vote contre et vous menacez d'une éventuelle censure s'il vote pour, s'il s'abstient. Est-ce qu'une abstention de la France justifierait de contribuer à faire tomber le gouvernement ?
Non. Un vote positif de la France, évidemment, ce serait une sorte d'acte d'agression. Parce qu'encore une fois, ce qui se joue, c'est la puissance agricole française. Il faut que vos éditeurs comprennent bien qu'il se joue aussi la souveraineté, l'indépendance alimentaire. Les Américains, les Russes, ont compris d'ailleurs que dans ce monde chaotique et brutal qui est en train d'advenir, l'arme alimentaire était une arme et que nous devons nous en saisir. En tout cas, ne pas abandonner nos agriculteurs qui sont essentiels pour la vie de la nation. Sur cette question de la souveraineté,
c'est intéressant parce que je suis allé retrouver ce que vous disiez comme sénateur sur la question du CETA, le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union Européenne. Je vois que ça vous fait sourire. Vous disiez, on n'est plus à l'époque de la mondialisation heureuse et vous vous y étiez opposé comme président des sénateurs LR. Bilan des courses et notamment l'Institut Montaigne, j'invite nos auditeurs à regarder, a fait un bilan de ce traité de libre-échange. Balance commerciale favorable à la France, y compris dans le domaine agricole. Quasiment pas d'importation de viande canadienne, contrairement à ce qui était craint. Vous vous êtes trompé sur le CETA.
Qu'est-ce qui nous dit que vous ne vous trompez pas sur le Mercosur et qu'à la fin, ce ne serait pas favorable
à l'agriculture française ? CETA et Mercosur. Le Mercosur a été négocié il y a plus de 20 ans. 20-25 ans. Et ça fait partie des queues communes de ces accords qui sont des vieux accords de libre-échange qui sont datés parce que ce sont des accords qui adviennent dans un monde qui n'était pas du tout le même et c'était des accords en réalité fourre-tout. Eh bien, aujourd'hui, il faut des accords sectoriels. Il est hors de question d'échanger les poulets contre les voitures allemandes.
Donc, quand la filière viticole, quand la filière laitière dit nous, on pourrait bénéficier du Mercosur, ça vous balayez ça d'envers demain ?
Non, parce qu'il faut voir l'ensemble du sujet. Et on n'est pas au bout de nos peines tout simplement parce que le Canada, pour l'instant, n'a pas pu se mettre à jour d'un certain nombre de normes, etc. Mais attendons quelques années. Bruno Retailleau, il faut évidemment qu'on parle des Etats-Unis, de l'intervention américaine au Venezuela. Vous ne l'avez pas clairement condamné, même si pour vous, je vous cite, la souveraineté du peuple vénézuélien est sacrée et qu'une ingérence unilatérale ouvrirait la porte à un nouveau chaos. Voilà ce que vous avez dit après le coup de force de Donald Trump. Est-ce que vous pouvez préciser votre position ? Est-ce que c'est une condamnation claire ?
Moi, je me suis réjoui du départ d'un dictateur qui a opprimé son peuple, qui a fait qu'un tiers de la population quasiment 8 millions, vous vous rendez compte, ont quitté le Venezuela. Venezuela, un des pays les plus riches d'Amérique latine, très bien doté en termes de pétrole, de gaz naturel, était appauvri. C'est un président de République qui ne l'était pas vraiment. D'ailleurs, la communauté internationale ne l'a pas reconnu comme telle. Il y a dans le droit international seulement deux cas d'intervention légale par la force. Soit une décision du Conseil de sécurité des Nations Unies, soit l'article 51 de légitime défense.
Je considère que les Américains étaient fondés à exciper de cet article 51 en termes de narcotrafic. Donc, c'était de la légitime défense
d'enlever le président du Venezuela.
Je pense qu'il n'était pas président, il n'a pas été reconnu président. Vous avez raison. titre, il n'était pas protégé. Les résultats de 2024 n'étaient pas connus. À deux reprises. À deux reprises. 2018, il a fraudé. 2018, 2024. Et donc, il était sous un mandat, notamment un mandat américain. Et c'est un individu et non pas un président. Vous soutenez l'intervention de Donald Trump. En revanche, ce que j'ai dit en parlant de la souveraineté sacrée du peuple, c'est que les Etats-Unis ne doivent pas franchir une barrière qui est celle de la souveraineté du peuple vénézuélien. Le pétrole, les minerais appartiennent et la démocratie, c'est l'avenir des Vénézuéliens et certainement pas de M.
Trump. C'est très important ce que vous dites est en train de s'accaparer. Il n'y a pas d'entrave au droit international ? En tout cas, c'est discutable et croyez-moi, moi je l'ai bien vu comme ministre intérieur, on a deux guerres sur le territoire français qui nous sont menées. Le narcotrafic et l'islamisme. M. Maduro est l'allié des narcotrafiquants et des islamistes. Du Hezbollah et du Hamas. Pour moi, ça suffit à montrer et à fonder les bases d'une intervention sur l'article 51 de la légitime défense.
Bruno Retailleau, vous êtes patron des républicains de ce qu'on appelle encore la famille gaulliste. Ça veut dire que la ligne de Dominique de Villepin en 2003 qui dit non à l'intervention en Irak la ligne aussi qui était celle de Jacques Chirac tout ça s'est terminé puisque Dominique de Villepin et d'ailleurs à votre place c'était il y a deux jours dans ce même studio condamné très clairement l'entorse au droit international commise par Donald Trump. Ça c'était avant cette ligne diplomatique ?
Non, je suis en train de vous dire que le droit international on lui fait dire beaucoup de choses et que les invocations conduisent bien souvent à l'impuissance. Voilà. Et pour ce qui concerne l'Irak j'étais sur la ligne de Jacques Chirac à l'époque bien qu'il s'agisse à l'époque vous vous souvenez c'était un mandat du conseil de sécurité mais il s'est avéré que les preuves étaient fausses et on a bien vu l'enlisement. D'ailleurs il y avait une différence ça a été une vraie guerre c'était une guerre d'occupation qui a fait vraiment des dizaines de milliers de morts c'était le cas d'état très différent.
Donc c'est la loi du plus fort qui s'impose ça veut dire que demain si Donald Trump décide d'annexer le Groenland au fond vous aurez dit ce matin sur France Inter bon le droit international on lui fait dire à peu près ce qu'on veut donc on ne fixe plus de limites à Donald Trump.
Ce n'est pas du tout ce que je vous dis là à ce que je sache le Danemark est une démocratie les institutions danoises sont des institutions légitimes par conséquent le droit international ne permet pas de toucher précisément au Groenland et prenons acte que dans le monde qui est en train d'advenir qui est un monde brutal où malheureusement la force prime souvent le droit et bien il faut que nous puissions nous réarmer et que le rapport de force est désormais et je m'en suis plaint d'ailleurs j'ai eu à m'en plainte comme ministre dans les rapports entre la France et l'Algérie j'ai bien vu qu'on ménageait que la France voulait ménager un état un régime non pas un état d'ailleurs un régime algérien qui l'humiliait qui nous humiliait en permanence et à quoi tout cela a abouti est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui il y a plus de reprises OQTF l'Algérie vient de criminaliser veut criminaliser on peut vouloir
que les OQTF soient exécutés sans pour autant considérer qu'une intervention dans un pays autre quand on est les Etats-Unis est conforme aux droits
non mais on peut vouloir quand même que les droits internationaux fondés sur la réciprocité soient appliqués alors là il y a un accord de 94 entre l'Algérie et la France qui dit qu'on doit reprendre les OQTF donc quand il n'y a pas de réciprocité sur le Groenland non mais attendez c'est important ce que vous dites il y a un accord de 94 qui stipule entre l'Algérie et la France que les ressortissants doivent être repris quand il n'y a pas cette réciprocité pourquoi est-ce que nous on applique l'accord de 68 on doit dénoncer on doit installer un rapport de force seul contre la protection des intérêts de la France un état pardon ça n'est pas une ONG voilà un état protège ces ressortissants contre des menaces extérieures pour conclure sur le Groenland Bruno Retailleau que peut l'Europe et que doit faire l'Europe face aux velléités de Donald Trump l'Europe doit se réarmer il y a un réarmement l'Europe a tout fait l'Europe est née de la paix pour la paix par la paix si j'ose dire et l'Europe a tout fait pour évacuer ce qu'est la puissance en fait la puissance ne réside pas dans une construction technocratique la puissance réside dans les nations le seul moyen d'avancer en Europe demain on le voit d'ailleurs sur l'Ukraine et ailleurs la coalition des volontaires c'est pas l'Union Européenne l'Union Européenne en fait partie mais il y a l'Australie il y a le Canada c'est à dire qu'il faut qu'on soit capable entre les nations européennes qui veulent vraiment se défendre et qui ont ce souci de la souveraineté s'allier pour développer des projets de programme mais là il y a urgence en l'occurrence il y a une urgence évidemment et le réarmement il est militaire il est industriel mais il est aussi mental est-ce que demain nous voulons protéger ce que nous sommes la culture la civilisation européenne c'est pour ça qu'un peuple se bat c'est pour ça que les Ukrainiens se battent par exemple
Bruno Rutaillot parlons si vous le voulez bien de la situation intérieure et des débats qui se poursuivent autour du budget alors que le gouvernement tente de trouver un compromis il y a quelques instants la ministre du budget Amélie de Montchalin n'exclut rien je cite qu'il puisse donner un budget à la fin aux français ce qui veut donc clairement dire qu'elle ouvre la porte à l'adoption du budget par le biais du 49-3 c'est inévitable et vous soutenez cette démarche ?
il n'y a pas d'autre solution je le dis depuis des mois je le dis depuis des mois le gouvernement doit prendre ses responsabilités l'article 20 de la constitution c'est le gouvernement qui détermine qui conduit la politique de la nation et il n'y aura pas de vote notamment des socialistes quelles que soient les concisions qui pourraient lui faire pourquoi ?
parce que un budget ce n'est pas seulement des chiffres c'est une ligne de démarcation entre l'opposition et la majorité les socialistes ne voteront jamais un budget quelles que soient les concessions ou les renoncements et pourtant il y en a eu de nombreux dans le cadre du PDFSS mais sur le budget jamais ils ne voteront par conséquent il faut que le gouvernement arrête de faire des transactions avec le parti socialiste engage le 49-3 pour que la France ait un budget rapidement mais pas n'importe quel budget ça ne sert à rien d'avoir un mauvais budget si ce budget là accroît les dépenses publiques et accroît la fiscalisation notamment de l'économie française
mais vous le laisserez passer ce budget ou vous vous censurez parce que là moi j'entends une sorte de paradoxe vous protestez et pour le coup pour une fois vous êtes d'accord avec Laurent Wauquiez le patron des députés les républicains pour refuser toute hausse d'impôts et en même temps vous dites il faut un 49-3 et donc même s'il y a des hausses d'impôts il y a une grande différence
il y a une grande différence non non il y a une très grande différence Benjamin Duhamel c'est que c'est le texte du Sénat qui est arrivé c'est le texte du Sénat où on a réussi à faire des milliards d'économies et où on a baissé significativement pour un peu plus de 8 milliards les impôts donc ça n'a plus rien à voir avec la copie initiale qui avait été celle du gouvernement
mais est-ce que s'il y a des hausses d'impôts sur les entreprises est-ce que vous vous poserez la question de censurer le gouvernement s'il y avait un 49-3 ?
je crois qu'on ne doit rien abandonner et je crois qu'on doit laisser les choses ouvertes tout va dépendre de la copie donc vous n'excluz pas de censurer le gouvernement si la copie ne vous convenait pas on ne doit jamais a priori on ne doit jamais ne rien exclure je demande au gouvernement d'avoir le courage de faire un 49-3 pour un budget qui serve l'économie française écoutez la situation est catastrophique aujourd'hui on est la lanterne rouge de l'Europe on a commencé cette discussion par ce constat-là un pays qui ne tient pas ses comptes est un pays qui ne tient pas son rang on en est là les faillites sont en train d'exploser le chômage est en train d'augmenter et donc n'accroissons pas les maux de l'économie française il faut moins d'impôts et il faut moins de dépenses publiques vous avez justement Bruno Retailleau présenté hier vos propositions économiques sur le thème la fête est finie fin des 35 heures plafonnement des aides sociales réforme de l'assurance chômage c'est quoi Bruno Retailleau c'est François Fillon 2017 non vous voyez c'est pas du sang et des larmes le grand problème de l'économie française aujourd'hui c'est que les mauvaises décisions notamment de la gauche la retraite à 60 ans les 35 heures ont appauvri les français il y a un sondage malheureusement peu qu'était un sondage sur un gros échantillon qui montre que il y a un français sur 10 qui ne mange pas à sa faim il y a un français sur 6 qui ne se soigne pas comme il devrait se soigner à la fin de l'année on a vu que pour la première fois depuis un siècle le niveau de vie des italiens avait doublé le niveau de vie des français il y a un appauvrissement ce que je propose c'est de mettre plus de travail mais un travail qui paie et j'ai fait une proposition pour qu'il y ait plus d'un 13ème mois pour les salariés français que le travail paye plus comment ?
avec un seuil cotisation zéro c'est-à-dire qu'à partir d'un certain nombre d'heures effectuées il y ait zéro impôt sur le revenu sur ces heures-là c'est le cas déjà sur les heures supplémentaires mais qu'il y ait zéro cotisation pour l'employé le salarié et l'employeur ça fait de la compétitivité moins 35% plus 35% de compétitivité pour l'employeur l'entreprise et ça fait aussi plus d'un 13ème mois pour le salarié ça c'est du concret c'est pas du sang et des larmes
ça c'est du concret et juste avant d'aller au standard puisqu'il y a visiblement quelqu'un qui partage ou partageait vos idées qui veut vous interpeller un point très précis sur ce que vous avez dit vous dites vouloir lutter contre l'assistanat et vous prenez l'exemple d'individus qui sans travailler toucheraient 1,5 SMIC c'est-à-dire 1700 euros et même davantage il faut que vous nous expliquiez le calcul qui permettrait à quelqu'un qui ne travaille pas de toucher plus de 1700 euros parce que là quand on fait les comptes entre le RSA et d'autres par exemple les aides de logement on n'arrive jamais à 1700 euros
je vous renvoie justement on a un QR code dans le petit fascicule que j'ai remis d'ailleurs aux journalistes lorsque j'ai présenté à la conférence de presse et tout est documenté et nous sommes partis de constats précis simplement il faut faire l'addition aujourd'hui dans le système français vous avez des aides en espèces monétaires et vous avez des aides qui sont aussi en nature et bien vous voyez que quelqu'un qui ne travaille pas et qui ne bénéficie pas d'allocations de chômage ne peut pas toucher 1,5 SMIC et bien on est parti pour un couple avec deux enfants on est parti de cas très concrets on va prendre la question d'Alain au standard qui est un de vos électeurs bonjour et bienvenue Alain
oui bonjour monsieur Rotaillot bonjour Alain je vous interpelle en fait parce que j'ai toujours voté à droite à droite républicaine et bon ces derniers temps j'ai plutôt voté pour le bloc central bien évidemment dont vous avez à un moment fait partie et moi j'avais un peu d'espoir que cette droite républicaine elle revienne et elle a besoin de revenir d'ailleurs comme la gauche républicaine elle a besoin de revenir pour qu'il y ait deux blocs en fait et qu'on n'ait plus le choix entre LFI enfin les extrêmes d'un côté et un parti de l'autre moi je suis assez perturbé en fait comme beaucoup d'électeurs de la droite républicaine par vos positions par rapport au RN en fait j'aimerais avoir une position claire de votre part quand on a au second tour un candidat du PS contre un candidat du RN on ne peut pas entendre quelqu'un dire moi je suis pour le candidat de la droite ça ne veut rien dire en fait il faut être très clair je suis d'accord avec vous pour dire qu'on n'est pas ni un candidat LFI ni un candidat RN enfin en tout cas pas un candidat LFI c'est sûr mais aussi j'aimerais entendre de votre part pas un candidat RN ou reconquête c'est inacceptable moi je ne peux pas voter pour des gens qui pourraient quelques mois plus tard après une élection s'allier avec l'extrême droite
Merci Alain pour votre question De même que je ne pourrais pas voter Alain pour un candidat qui pourrait s'allier avec LFI et le week-end où j'ai fait la déclaration je vous rappelle que le parti socialiste soutenait un candidat LFI aux législatives dans la circonscription ibérique notamment de l'Espagne pour les français établis à l'étranger
Est-ce que vous renvoyez Dosado à LFI est-ce que vous êtes capable de dire comme le font Xavier Bertrand Valérie Pécresse ce sera jamais la France insuline mais ce sera jamais non plus le Rassemblement National J'ai dit
et je répète ce que j'ai dit ça ne sera jamais LFI je fais une distinction entre LFI et LRM qui ouvre la porte très clairement au RN et à reconquête je pense que LFI n'est plus dans l'arc républicain et en revanche je n'ai pas donné de consigne pour le vote RN j'ai dit simplement liberté de vote Un mot Bruno Retailleau
sur vos ambitions il faut dire que depuis quelques semaines vous vivez une situation difficile vous avez baissé dans les sondages depuis votre départ du ministère de l'Intérieur qui a parfois été mal compris notamment par vos sympathisants Croyez-moi chaque jour je justifie mon départ
chaque jour je justifie un gouvernement
qui renonce pour faire une politique de gauche heureusement que je ne suis plus dans ce gouvernement j'aurais trompé mes électeurs termine juste ma question votre ancien ami Philippe Devilliers disait de vous il y a quelques semaines Bruno restera dans l'histoire comme une comète qui passe est-ce que vous êtes encore en capacité de de jouer les premiers rôles à droite et puisque 2026 va marquer le lancement de la campagne présidentielle est-ce que le chemin de votre réflexion pour être candidat est en train d'avancer ça vous fait sourire là encore une fois parce que
vous avez cette obsession en tout cas j'ai une conviction c'est qu'il faut qu'il y ait un candidat LR à l'élection présidentielle et je pense moi que nous sommes bien placés à la fois pour répondre aux aspirations des français ce que veulent concrètement les français vous savez la France elle n'est pas à gauche aujourd'hui elle est à droite et on a les solutions pour relever la France trois choses deux choses c'est nous qui avons sur le plan économique Marine Le Pen elle est social étatiste moi je pense que le mal de l'économie française c'est justement le social étatisme il faut en sortir et nous avons nous faisons les propositions justement pour créer des revenus du pouvoir d'achat par le travail et deuxième élément ce qui est l'angle mort notamment de la gauche mais aussi du macronisme c'est le régalien l'autorité la fermeté l'immigration qui je le répète n'est pas une chance pour la France parce qu'elle est totalement immétrisée et je pense que sur l'économie c'est-à-dire le sérieux budgétaire aussi mais aussi sur le régalien c'est nous qui avant qu'est-ce qui pourrait vous empêcher
d'être candidat Bruno il n'y a pas d'obsession il y a juste une forme de clarté vis-à-vis de nos auditeurs qu'est-ce qui pourrait vous empêcher d'être candidat cette clarté elle arrivera
le moment de la carter arrivera et donc ça avance ça progresse la réflexion en tout cas ce qui progresse c'est les idées c'est le projet la première brique a été posée hier pour que le travail paye plus et pour décourager l'assistanat je porte moi les aspirations de ce que j'appelle la France des honnêtes gens qu'on a marre de toujours payer de toujours cotiser de payer ses impôts et bien je pense que demain il y aura d'autres propositions les briques après briques voyez ça fera une maison merci Bruno Retailleau d'avoir été au micro d'Inter ce matin la revue de presse à suivre
Bruno Retailleau