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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 27 mars 2026 24 min

Détroit d'Ormuz, munitions françaises... Alice Rufo dans le "8h30 franceinfo"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Alice Rufo et merci d'être avec nous ce matin sur France info. On va évoquer beaucoup de sujets avec vous. Évidemment, le réarmement de la France avec cette réunion qui s'est tenue à Matignon sur l'économie de guerre.

Hier, vous y étiez. On va parler de la crise énergétique quand même évidemment. Mais d'abord évoquons la cause de cette crise, c'est bien sûr la la guerre au Moyen-Orient et l'actualité de ces dernières heures.

Ce sont ces pourparler indirect entre américain et iraniens. Écoutons Steve Witkof. Je peux vous annoncer aujourd'hui que nous avons présenté une liste de 15 mesures qui constituent le cadre d'un accord de paix.

Celle-ci a été transmise à l'ensemble du gouvernement pakistanais qui agit en tant que médiateur et cela s'est traduit par des messages forts et positifs lors des discussions. Voilà Steve Witkov qui est l'émissaire de Donald Trump notamment pour notamment pour le Moyen-Orient. Alors, on a l'impression côté iranien, la négociation est un petit peu plus complexe.

Et voilà, et c'est l'information de la nuit que Donald Trump recule encore. Il avait donné un ultimatum à l'Iran qui est finalement reporté au 6 avril. Est-ce que on est crédible selon vous quand on menace le lundi et qu'on recule le vendredi ?

Euh je pense qu'il faut quand même se se dire que c'est plutôt mieux s'il y a une voie de sortie politique et des perspectives de négociation. et pas de frappe sur les infrastructures énergétiques, vous savez, qu'on a appelé la semaine dernière un moratoire. Après, euh, il faut il faut trouver un chemin à un moment donné et manifestement les États-Unis le cherchent. tant mieux euh parce que cette crise, on voit bien, a des conséquences quand même très lourdes.

J'ajoute que dans la phase de négociation qui qui est en cours, il faut aussi tenir compte des intérêts des des autres pays parce que cette crise a eu des conséquences sur le monde entier et singulièrement sur les pays du golf. On va en parler bien sûr et donc c'est très important que dans ces négociations chacun puisse bien être associé. Est-ce que quand Donald Trump dit qu'il y a des discussions avec l'Iran, c'est un peu plus compliqué du côté iranien.

Euh est-ce que voilà, on peut faire confiance aux États-Unis ? Vous vous faites confiance alors que Teran dément, voilà, c'est pour parler. On a du mal à y voir clair et de comprendre la stratégie de Washington là-dedans.

Ben, c'est vrai qu'il y a un sujet de lisibilité sur la stratégie dans de Washington depuis le début d'ailleurs de cette guerre dont nous n'étions absolument pas informés, hein, je je vous le dire ici, ni prévenu et donc dont on a on a eu du mal à comprendre les objectifs précis qui ont d'ailleurs changé le régime, les le nucléaire. Bon, ce qui est important pour nous, parce que je ne peux parler que pour nous-mêmes, ce qui est important pour nous, c'est qu'il y ait une désescalade militaire parce qu'on voit bien que l'escalade militaire a des conséquences très lourde et très grave pour la région et au-delà et qu'on arrive à parler des sujets tels que le nucléaire iranien sur lequel, pardon, on a une petite expertise puisque depuis 2003, les Européens ont travaillé sur ce sujet et étaient parvenu à un accord qui avait permis lui de mettre le programme iranien sous sous contrôle. Donc il faut écouter ce que dit aussi le patron de l'Agence internationale pour l'énergie atomique Raphaël Grossi.

Il faut s'appuyer sur l'expertise parce que là la situation est grave et il faut absolument en sortir. Mais qu'on comprenne bien, vous êtes vous optimiste quant à une résolution par les voies diplomatiques de ce conflit. On sait qu'il y a par ailleurs un conseil de l'ONU aujourd'hui aussi une réunion du G7 en région parisienne.

Tout ça peut permettre d'invenser dans le bon sens ? Ah, je crois en la diplomatie de manière générale. Je pense que c'est la diplomatie qui peut nous aider à sortir de la crise.

Euh maintenant, être optimiste, ce serait ce serait être naïve. Je pense que la situation est est très grave. Être pessimiste, ce serait être abandonner le combat euh pour essayer d'en sortir.

Donc, c'est pas une question d'optimisme ou de pessimisme. C'est une question de volonté. Il faut vraiment poser de tout notre poids pour que pour que cette escalade militaire cesse et qu'on arrive à trouver une une issue à à cette guerre.

Vous avez évoqué tout récemment la perspective d'un conflit long. Là, quand vous voyez l'attitude de Donald Trump, alors il est déjà long effectivement, on arrive à 28 jours, bientôt un mois. Euh quand vous voyez l'attitude de de Donald Trump, est-ce que vous avez l'impression qu'une sortie de crise s'esquisse ou est-ce que dans tous les cas ça ne pourra pas se faire ?

Je rappelle que vous avez une expérience aussi de diplomatie. Est-ce que ça ne pourra pas se faire de toute façon en quelques jours ? C'est forcément encore au moins plusieurs semaines.

Non, je je je préfère répondre très honnêtement. Je pense qu'on n'est pas au bout euh loin de là et que les le conflit va durer du fait de ces conséquences. Il y en a il y en a beaucoup, il y en a partout.

Maintenant, de quel sujet on parle ? Si on parle d'ormous, de toute façon, ça ne peut pas se régler en 24 heures. C'est pas vrai.

Enfin voilà, il faut préparer les choses. C'est d'ailleurs ce à quoi on travaille nous. Il y a des conséquences au Liban, il y a des conséquences dans la région, il y a évidemment la question nucléaire, il y a la question des missiles qui va pas se régler du jour au lendemain.

Donc ça va ça va être compliqué, ça va être long. Mais oui, pour vous répondre très clairement, j'ai une expérience diplomatique en effet. Il y a un G7 aujourd'hui.

Je pense que la diplomatie doit vraiment reprendre ses droits. Euh nous, on fait ce qu'on ce qu'on doit faire en terme de posture militaire, d'accompagnement de nos partenaires. On fait ce qu'on doit faire mais c'est à la diplomatie de reprendre ses droits.

Et comment nous Européens, nous devons justement réagir. Vous avez évoqué ce G7 aujourd'hui qui se tient près de Rambouiller. Marco Rubio sera présent chef de la diplomatie américaine et on voit bien que ce qui les Américains ne cessent de critiquer notre manque d'implication notamment pour débloquer le D3 d'Ormouse.

C'est est-ce que c'est une forme de chantage ou est-ce que malgré tout faut qu'on réagisse ? Non mais on réagit sur le D3 d'Ormous mais à nos conditions et à ces déclarations quand on dit voilà les les Européens finalement sont pas suffisamment impliqués. Il y a une apathie euh de de ça dépend parce qu'en fait ça dépend de quel est l'objectif que vous fixez à ce à quoi vous demandez de participer.

Si les États-Unis nous demande de participer à la réouverture de vive force du D3 d'Ormous, je crois que la réponse a été claire de notre côté. Quand on dit de vive force, c'est-à-dire y aller et participer participer à l'offensive. Bah oui.

Non, on ne participe pas. D'ailleurs, on n'a pas été associé à cette guerre. On l'a pas choisi, on en a pas été informé, on n'y participe pas.

Donc si s'il s'agit de nous demander de participer à la guerre de manière offensive comme les Américains le font, non évidemment. Après ça entre rien faire, il y a une énorme marge. Et ce qu'on fait et le chef d'étatmajor des armées hier encore a réuni ses homologues pour préparer justement la leur reprise de la liberté de circulation dans le trit d'Ormous.

C'est pas par des opérations militaires offensives euh qu'elles soit côté iranien d'ailleurs ou côté américain qu'on qu'on rétablit une liberté de circulation maritime. De façon très concrète, si on vient justement sur le sujet du D3 d'ormous, qu'est-ce qui ferait que la France se dirait euh là ça y est, on peut aller participer à la sécurisation des trois d'ormous ? C'est quoi ?

C'est que les frappes s'arrêtent ? C'est qu'il y a un accord de cesser le feu ? C'est qu'il y a des discussions avec les Iraniens ?

C'est que les Iraniens donnent une forme d'accord ? Quel serait les Oui, c'est exactement, vous le dites très bien, c'est il faut qu'il y ait une baisse sensible des tensions parce que il faut que le trafic reprenne. Le le trafic peut pas reprendre dans une situation d'escalade militaire telle.

Donc il faut qu'il y ait une baisse des tensions. Il faut faire un un bilan clair de la situation sur la sécur la possibilité ce qu'il faut sécuriser dans le D3 et puis il faut évidemment que ça soit le plus large possible et qu'il y ait des situ des systèmes de de ce qu'on appelle de déconfliction y compris avec les Iraniens. Euh voilà, c'est ça qu'il faut comme chacun comprenne quand vous parlez là de de déconfli d'ormous de façon concrète.

De façon concrète, ça veut dire qu'il y ait des canaux en fait de de discussion. Encore une fois, quand vous faites par exemple, on peut imaginer des des systèmes d'escorte. Voilà.

Euh l'escorte, c'est pas fait pour aller débloquer quelque chose de manière offensive, c'est fait pour protéger une circul. C'est c'est de la protection. Et donc, en fait, c'est pour rassurer et protéger et permettre la reprise du trafic civil.

Euh donc en fait c'est ça et dans ces cas-là vous avez quand même besoin de de vous assurer de la baisse des tensions pour ne pas repartir dans une situation profit. C'est ce que vous nous dites de discuter avec les uns et les autres de voir quel est l'état des tensions et ensuite d'avancer. Oui, c'est exactement ça.

Il faut que la situation devienne plus calme et il faut surtout travailler dans le temps comme on le fait avec beaucoup de partenaires. Je crois que le chef d'étatmajor des armées en a réuni plus de 30 hier. Il faut travailler avec les pays d'Asie pacifique qui sont très directement impliqués.

Le président de la République ira dans la région la semaine prochaine. Je pense qu'il en parlera. Je suis même sûr qu'il en parlera avec ses homologues.

Je crois qu'il ira faire une tournée asiatique. C'est là où le les conséquences voilà notamment au Japon, c'est là où les conséquences sont les plus dures à l'échelle internationale et je pense que c'est dans l'intérêt aussi des pays de nos partenaires d'Asie Pacifique que le trafic dans le D3 d'Ormous reprennent. Donc il faut en parler à des conditions qui sont celles de cette mission et qui sont pas forcément et qui ne sont pas celles opération offensive telle que la conduit euh les États-Unis.

Alors le gouvernement euh fait savoir que la France euh tient un rôle défensif dans la région. On sait qu'il y a le porte-avion Charles de Gaulle qui est déployé en Méditerranée orientale. Est-ce que vous nous confirmez ce matin que euh le porte-avion est toujours présent en Méditerranée orientale et peut-être nous préciser le rôle précisément de ces derniers jours dans la région ?

Oui, je peux vous préciser le dispositif dans la région parce qu'en fait il est il est il vise non voilà c'est ça le porteavion le Charles de Gaul qu'on qu'on voit là à l'écran, il est en Méditerranée orientale dans un dans un dispositif de réassurance de nos partenaires en particulier européens. Par ailleurs, le Charles de Gaul, c'est une capacité unique unique d'appréciation de situation sur zone complètement souveraine. C'est-à-dire que vous avez une possibilité de de comprendre la situation, de comprendre ce qui se joue.

C'est pour surveiller principalement. C'est pour surveiller, c'est pour réassurer, c'est pour apporter. Vous savez qu'à Chypre, il y a eu des difficultés, il y a c'est un dispositif complet qui permet de réassurer nos partenaires en Europe en Méditerranée orientale.

Après, vous avez des frégates dans la mission Aspides qui elle protège le trafic maritime en mer rouge. C'est plus voilà, c'est et ensuite voilà, vous avez des dispositifs dans les pays du golf. Il faut bien séparer les variables qui font de la protection de nos partenaires du golf et vous avez des forces au sud de Liban.

Mais est-ce que pardonnez-moi, est-ce que le le Charles de Gaul, on sait que c'est souvent un outil diplomatique le Charles de Gaulle, c'est aussi un outil militaire. Alors, a-t-il eu un usage militaire à ce stade ? Ah, par définition, c'est un la le Charles de Gaul est un moyen militaire, il est accompagné de très nombreuses frégates.

Et vous savez, le signalement stratégique du fait d'avoir un moyen militaire comme le Charles de Gaul sur place est une réassurance très forte au demandant. C'est pour ça que c'est salué par nos partenaires européens. Donc il reste présent dans la zone jusqu'à ce que euh voilà le le jusqu'au terme du conflit, il reste présent dans la zone jusqu'à ce que le chef des armées euh décide décide de de le de le faire aller ailleurs ou qu'il bouge.

Mais là, il est dans la zone, il est sur zone et je pense que c'est très important pour aller la réassurance de nos partenaires. Et j'ajoute que c'est vrai que la France, pardon de le dire comme ça, mais c'est vrai que la France c'est le seul pays capable de de faire ce niveau de réassurance en mer, en Méditerranée, au niveau européen. Donc, il faut jouer notre rôle et le le porte-avion nous permet de le jouer.

Alors, si on prend la carte Alice Ruffao, vous l'avez évoqué, il y a la Méditerranée orientale avec le groupe aéronaval avec notamment le Charles de Gaulle, la mission qui est en mer rouge et aussi effectivement nos bases qui sont euh du côté des pays du Golf. On rappelle que la France a des accords de défense avec le Kuwait, avec le Qatar, c'est encore plus vrai, je crois, avec euh avec les Émirats. Nos forces sont intervenues pour faire quoi ?

Euh, on imagine la sécurisation de l'espace aérien. Est-ce que les interventions étaient très régulières ces derniers jours ? Oui, elles étaient régulières et elles étaient efficaces et c'est concrètement pour vous répondre des interceptions de drone, de missiles, de moyens qui arrivent pour menacer la sécurité des partenaires du golf avec nos rafales, donc avec les moyens dont on dispose sur place.

J'ajoute qu'on est en train de travailler, j'imagine qu'on va y venir, mais c'est sur à à développer des systèmes d'interception qui sont parfois moins coûteux parce qu'on voit bien qu'on est quand même dans une situation de de guerre où dans la région et ailleurs en Ukraine où la masse compte avec effectivement le coût que peut représenter un une interception par des moyens traditionnels versus le prix d'un Absolument. On a on a des missiles qui sont qui sont chers pour intercepter des des moyens qui sont pas chers. Bon, ça c'est ce qu'on a vu en Ukraine avec les drones shaed iraniens.

Voilà. Donc quand on disait que l'Iran soutenait la Russie et réciproquement, j'ai entendu le ministre des affaires étrangères russes hier soir enfin bon voilà, il y a quand même un partenariat russo-iran qui est très fort et qui se matérialise notamment dans les drones chaen qu'il faut pouvoir intercepter. D'ailleurs, on a des solutions technologiques pour le faire, notamment avec des entreprises françaises dont il faut accélérer la production en masse parce qu'on voit bien qu'il y a un rapport coût efficacité important dans cette guerre.

Et ben ça tombe bien, on va en parler dans quelques minutes. Encore quelques questions sur l'Iran. On parlera donc également de l'économie de guerre.

C'est juste après l'info en une minute. Il est 9h mo et voici Dian Ferchit. La méthode paix affirme le premier ministre Sébastien Lecorn alors que le déficit public est plus bas que prévu pour l'an dernier.

Il s'établit à 5,1 % du PIB. La dette publique moins élevée également, elle repasse sous la barre des 3500 milliards d'euros des recettes qui se sont accélérées du fait de la hausse des impôts. Ils sont soupçonnés d'avoir facturé des soins fictifs à l'assurance maladie. 7 suspect en examen pour notamment escrequer en bande organiser 58 millions d'euros détournés au total.

L'un des suspects est en détention provisoire, les autres sont placés sous contrôle judiciaire. Une nouvelle fois, Donald Trump repousse son ultimatum posé à l'Iran en vue de la réouverture du D3 d'Ormous. Le président américain menace de viser les centrales électriques iraniennes et il donne donc 10 jours de plus à Tran.

Les discussions se passent bien selon le président américain et ce matin, l'Iran a visé des cibles militaires et énergétiques en Israël et dans le Golf. Le principal portit a été touché par des drones. Le bon début des Bleus à 2 mois de la Coupe du monde de foot.

L'équipe de France s'est imposée 2 à 1 face au Brésil près de Boston pour le premier match amical de sa tournée américaine. Des Bleus qui affronteront la Colombie dimanche à Washington avant de rentrer en France. France info, le 830 France info.

Adrien Bec Mathilde Sirot. De retour sur le plateau du 830 de France ce matin avec notre invité Alice Ruf, ministre délégué aux armées. On évoque avec vous dans le détail la situation au Moyen-Orient.

On va venir bien sûr à la question de nos capacités militaires à nous français. Mais d'abord un mot sur la mort de l'aduden chef Arnaud Frion. C'était il y a quelques semaines en Irak tué par des milices pro Iran.

Pourquoi est-ce que la France a fait le choix de ne pas riposter ? le major Arnaud Frion à qui euh je rends hommage encore une fois aujourd'hui euh était engagé dans une mission de lutte contre le terrorisme en Irak. Le fait d'avoir ciblé des forces françaises engagées dans la lutte contre le terrorisme est une erreur majeure et c'est extrêmement grave et impardonnable.

C'est aux demeurance que le président de la République a dit directement au président iranien. Euh la réponse qui a été apportée par la France, c'est ça, c'est de dire que c'est absolument inacceptable. Et je je vous savez le le major Arnaud Frion comme ses frères d'armes se bat pour nous pour notre sécurité.

Il faut continuer de lutter contre le terrorisme, c'est le plus important. C'est pour ça qu'il est qu'il est qu'il est mort pour la France, pour notre sécurité. Et nos soldats quand ils sont engagés dans la région, dans la lutte contre le terrorisme, il faut être fidèle à leur vocation, à leur mission, à leur engagement.

Il faut continuer de lutter contre le terrorisme. Est-ce qu'on a formellement identifié quels étaient les les auteurs de de de ce de ce drame ? Est-ce que on sait quel était vraiment on a dit que c'était une milice proiran ?

Vous avez des détails à nous communiquer ? On a les détails. Il y a du du c'est un travail de renseignement qui est en cours.

Ça a été revendiqué. Euh les milices pro iraniennes en Irak ont un une déstabilisation, un rôle de déstabilisateur majeur. J'ajoute que l'escalade militaire en fait partout dans la région n' ne va pas dans le sens de la stabilisation en Irak à laquelle on a tant travaillé, y compris en en s'engageant comme c'est le cas dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Donc on voit bien les conséquences de cette guerre et l'extrême déstabilisation régionale [grognement] qui doit quand même nous nous amener à recentrer nos intérêts. nos intérêts, c'est de stabiliser la région, de lutter contre le terrorisme et c'est pour ça que nos forces sont engagées. Nos intérêts qui posent bien sûr la question des moyens et justement de nos capacités militaires dans le détail.

On imagine que c'est une information bien sûr assez sensible, mais on vous pose quand même la question, est-ce que aujourd'hui en France en terme de munition, nous sommes à sec ? Non, je peux pas je peux pas dire ça. Euh il y a eu un euh on on découvre pas euh le sujet euh des munitions.

Les lois de programmation militaire successives et singulièrement celle de 2023 plus l'accélération, le lancement par le premier ministre du chantier de l'économie de guerre qui porte sur la production il y a quelques années produisent des résultats. C'est long pour ce qui concerne les munitions complexes. On commence à avoir des premiers résultats.

Maintenant, très honnêtement, toutes les évolutions des conflits qu'on voit en Ukraine et au Moyen-Orient nous conduisent à à accélérer. Il faut absolument aller plus vite sur la production. Mais alors, justement pour bien comprendre parce que c'est l'urgence des des munitions, c'est c'est ces ces informations qu'on avait eu au moment du début de la guerre en Ukraine selon lesquelles la France tiendrait pour une guerre de haute intensité quelques jours en terme de de munition.

C'était c'était il y a c'était il y a 4 ans euh que ces informations ont été données avec euh l'idée que il fallait donc se réarmer. Sébastien Lecornu annonce 8 milliards et demi d'euros une nouvelle fois. En plus supplémentaire en plus en plus en plus par effectivement euh est-ce que euh on a réussi à reconstituer un peu des stocks quand même ces dernières années et pourquoi dites-vous que c'est si long ?

Est-ce que c'est long de produire des munitions notamment quand elles sont complexes parce qu'on a un très haut niveau de technologie, ce qui nous permet d'être très efficace aussi sur le champ de bataille. Voilà, maintenant on voit bien qu'il faut à la fois gagner euh la supériorité technologique comme on dit sur un champ de bataille. Et donc ça ça c'est vrai que ça prend un peu de temps pour produire et puis il faut avoir de la masse.

La masse ça passe par l'accélération de la production de tous les types de munitions et ça passe aussi par l'investissement dans des munitions à bas coup produites en grande quantité et si possible sans dépendre trop de l'extérieur. C'est exactement le sens de ce qui a été lancé hier. Est-ce que toutes nos munitions soient achetées en France aujourd'hui ou pas toutes ?

à nous avons une grande souveraineté sur la production de munitions. Ce qui a été fait ces dernières années, ce qui va être accéléré euh là euh récemment, c'est aussi de pouvoir relocaliser en France des chaînes de production. Je vais vous donner un exemple très concret.

Euh avant la guerre en Ukraine, on ne faisait plus forcément on avait plus investi sur la filière poudre et explosif. Bon, on a vu le rôle de des obus, vous vous souvenez de on en parlait beaucoup sur les plateaux des obus de 155 mm en Ukraine qui manquait qu'on avait besoin d'apporter. Bon ben, on a relancé des sites de production en France.

C'est de la souveraineté euh industrielle à reconstruire. Nous, on veut pas la reconstruire uniquement au niveau national, on veut la reconstruire au niveau européen, mais il faut accélérer cet agenda de souveraineté parce qu'on voit bien que dépendre des autres dans la situation actuelle est intenable. Comment on fait pour accélérer ?

Parce qu'on voit bien que c'est la défense, les armées, le seul domaine qui bénéficie d'autant d'investissements publics dans une dans une ampleur vraiment très importante. On sait que Renault par exemple s'est adapté, produit maintenant des drones. Mais pourquoi est-ce que est-ce que est-ce que vous regrettez que les industriels mettent du temps finalement à s'adapter, à changer leur leurs habitudes et aussi leur leur production ?

Alors, ça dépend, il y en a quand même beaucoup qui ont accéléré leur cadence de production euh et ça, je salue ces efforts là. C'était tout ce qui a été mené, engagé dans le dans le dans le premier étage, si je puis dire ainsi, de de l'économie de guerre lancée par Sébastien Lecornu. Maintenant, il faut effectivement aller plus vite.

Alors, il y a de la réticence parfois à prendre des risques au sens où vous voyez quand vous lancez une chaîne de production ou que quand vous accélérez votre production, vous dites "Mais comment je vais la vendre ?" pour expliquer très simplement. Voilà.

Donc, il faut de la visibilité sur les commandes. Bon, en l'espèce, les annonces qui sont faites sur les augmentations budgétaires permettent de donner de la visibilité. Plus, il y a une annonce qui a été faite sur un dispositif qui s'appelle France Munition qui sera détaillé dans les prochains jours, qui permet justement de massifier la commande, donc de donner de la visibilité aux entreprise.

Et évidemment qu'il faut que les entreprises accélèrent et puis il faut aussi développer des filières qui sont très actives, très fortes. que pense notamment à la question des drones et des interceptions où vous avez des des pépites des des leaders français qui eux se ont investi de longues dates y compris et c'est très intéressant en partenariat avec les Ukrainiens sur la production leader en la matière aujourd'hui. Oui.

Et ça il faut qu'on y aille à fond. À quelle échéance est-ce que vous estimez que la France sera dotée correctement ? je dis pas qu'elle ne l'est pas aujourd'hui, mais qu'elle sera dotée, voilà, sera capable de faire face vraiment à à un conflit potentiel en terme de munition, en terme de de de réarmement, on va dire.

Alors, par définition, notre pays est prêt à faire face à la conflictualité qui s'oppose à lui. La preuve, avec plein de plein de strates par Mais la preuve, vous savez, il y a plein de pays qui font plein d'annonces. Il y a peu de pays qui sont capables de déployer ce qu'on a déployé dans la dans les dernières semaines pour assurer la sécurité à personne.

Non, mais je veux dire tout ça montre quand même que c'est aussi une stratégie à mener, c'est aussi du long terme, c'est aussi une stratégie de souveraineté. Mais est-ce que l'horizon 2030 par exemple ça bien sûr, on aura doublé la la mais je peux pas, vous voyez, je peux pas laisser sans coder le débat en prêt ou pas prêt parce que en fait par définition la France part ses lois de programmation militaire parce que nous avons la dissuasion nucléaire est un pays qui sait faire une stratégie. Donc s'il faut quand même rassurer sur ce sur ce planl.

Par contre juste un point, excusez-moi parce que j'ai pas répondu à votre question. Les industries duales comme on dit, vous citez l'exemple de Renault, c'est un bon exemple. Il faut absolument développer ça parce que au fond, on voit que dans la conflictualité contemporaine telle qu'elle se déploie, il y a beaucoup de dualité.

J'ajoute que ça peut être dualité, ça veut dire civile et militaire. Ça peut être très important parce que c'est aussi important pour les Français qu'ils sachent que l'effort qui est fait pour leur sécurité sont fait par l'ensemble du tissu productif. et j'ajoute que c'est un investissement la défense dans le tissu productif.

Donc c'est très important d'engager les industries civiles aussi. Alors justement, on parlait de notre porte-avion Charles de Gaulle, on sait qu'il était il y a une douzaine de jours au nord-ouest de Chypre. Alors pourquoi on le sait ?

Parce qu'il a été localisé grâce à l'utilisation par un militaire de vousz fait voilà. Non, ça c'est M de la ministre de l'application de sport Strava pour qui est utilisé pour aller courir notamment et qui a permis en fait de localiser le porte-avion. Est-ce que ça y est, nos militaires n'ont plus le droit de de de courir avec leur téléphone portable avec quelques dispositifs de sécurité à prendre en la matière ?

Donc dans ces cas-là, c'est une responsabilité du commandement. C'est comme ça que ça se passe dans les armées et les mesures seront prises. Il faut pas que ça se produise.

Est-ce que quand même tout cela ne dit pas la la faiblesse quelquefois des protocoles de sécurité qui peuvent avoir été faits peut-être il y a plusieurs années avec voilà ces outils, les téléphones qui peuvent nous suivre partout, y compris voilà des applications de sport et cetera. Est-ce qu'il faut pas tout revoir un petit peu de fond en comble ? Oui, il faut s'adapter à cette nouvelle donne.

Les armées d'ailleurs le font. Vous savez, on a des dispositifs aussi de sécurité interne qui sont, je vous cache pas, assez rigoureux en terme bah ça arrive, le risque zéro n'existe pas. Voilà, dans ces cas-là, il faut prendre des dispositifs et c'est vraiment au commandement de le faire.

Maintenant, je vous rassure, nos dispositifs de sécurité militaire sont très sérieux et très solides, mais effectivement, ça peut arriver ce type d'incident et dans ces cas-là, il faut prendre des mesures adéquates. Est-ce qu'à un moment ou l'autre le Charles de Gaul a été mis en risque ? Non.

Non. Et d'ailleurs, vous savez, il y a quelques semaines avant qu'il aille en Méditerranée, j'étais j'étais sur le Charles de Gaulle et il y a un drone qui est passé à 14 km et on avait l'impression que que c'était un danger. C'est pas c'est pas vrai.

Faut faut quand même rassurer les dispositifs de sécurité, de protection de force. dispositif comme le Charles de Gaulle sont d'une robustesse absolue.