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interviewC à vous· 16 juin 2026 52 min

François Bayrou : “les Français vont regretter Emmanuel Macron” - C à Vous l’Intégrale - 16/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... ... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Emilie sera de retour bientôt.

On l'embrasse. A la une ce soir, un lanceur d'alerte. - F.Bayrou: Je ne crois pas qu'on va rester dans la division.

Un pays dans lequel élus et forces politiques vont continuer à prétendre que le réel n'existe pas...

Nous devons inventer le monde nouveau et le faire à partir de la réalité. - A.-E.Lemoine: Il y a 9 mois, F.Bayrou quittait Matignon où il n'a cessé d'alerter sur la dette.

Une alerte au coeur de son nouvel ouvrage à paraître jeudi. - P.Cohen: Un combat existentiel.

Si on devait résumer ce bouquin en 2 phrases: "La France est au bord du précipice et tout le monde est coupable." - A.-E.Lemoine: Bonsoir, F.Bayrou.

Premier ministre du 13 décembre 2024 au 9 décembre 2025. Merci de votre présence pour évoquer cet abandon de la dette depuis 50 ans en France qui vous obsède, qui vous exaspère et vous rend dingue. Vous revenez sur vos 8 mois à Matignon marqués par l'affaire Bétharram.

Ce n'est pas le livre d'un candidat à l'élection présidentielle. Vous nous expliquerez pourquoi. A la une ce soir, D.Trump à Evian en attendant Versailles. ... - L.Sénéchal: Il a été invité pour un dîner d'Etat demain soir par E.Macron.

Je vous raconte les coulisses de ce G7 où il se passe des tractations diplomatiques en coulisses. - A.-E.Lemoine: Des citoyens enquêtent contre la pédocriminalité. - Quand j'ai appelé le commissariat pour savoir où on en était, malheureusement, les pauvres, ils n'avaient rien.

J'ai décidé que j'allais le retrouver moi-même. J'ai remonté tous les historiques. Ca m'a pris 4 mois.

J'ai pu le géolocaliser. - L.Amar: Les conséquences des ratés judiciaires dans l'affaire Lyhanna.

Des parents se disent prêts à traquer eux-mêmes les agresseurs de leurs enfants. - A.-E.Lemoine: M.Leonardi, J.Cohen et J.-P.Zadi, nos invités après 20h.

Ils prêtent leur voix aux héros de "Toy Story 5". - P.Lescure: L'OEil va faire le tour et la revue de tous les titres qui triomphaient lors de la naissance de chacun de nos invités, à commencer par J.Cohen, dont c'est l'anniversaire aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Il fête ses 46 ans.

Voilà pour le programme. Tout de suite, L'Edito de P.Cohen.

Notre invité n'a pas changé de discours depuis son départ forcé de Matignon il y a 9 mois. - P.Cohen: Il est tombé sur la tête, en alertant sur la dette.

Il publie un cri d'alarme sur la dette. C'est votre 16e livre, le 1er depuis votre alliance avec E.Macron il y a 9 ans.

Selon vous, la France inflige à ses générations les plus jeunes une spoliation silencieuse et inédite dans l'histoire des peuples libres. La classe politique entière est complice de ce silence. - A.-E.Lemoine: Qui est responsable du niveau de la dette? - P.Cohen: Tout le monde.

Elle a grimpé de 30 points. Sous Mitterrand, 15. Le tout sous les encouragements des oppositions qui, à chaque débat budgétaire, réclament des crédits supplémentaires. - A.-E.Lemoine: Où est passé l'argent? - P.Cohen: En écoutant un certain nombre de politiques, on a l'impression que les milliards de la dette, les gouvernants les ont mis dans leurs poches ou jetés par les fenêtres.

Vous dites: "Où est passé l'argent? Chez les Français eux-mêmes." Sur les quelques milliards de déficit de la dernière décennie, 500 sont allés aux budgets sociaux, 250 aux collectivités locales, 250 aux centrales pour les baisses d'impôts ou les aides aux entreprises.

Les gouvernements n'ont été que les exécutants des citoyens électeurs qui, à chaque scrutin, exigeaient plus de dépenses et moins d'impôts. L'Etat ne rembourse jamais le capital. Il réemprunte de la part échue en y ajoutant les nouvelles dépenses non financées.

Ce roulement permanent de la dette génère une mécanique implacable. A mesure que les emprunts anciens contractés à taux très bas arrivent à échéance, ils sont renouvelés au taux actuel plus élevé. La charge des intérêts croît mécaniquement, indépendamment de tout choix politique nouveau. - A.-E.Lemoine: Une charge qui représente la menace immédiate. - P.Cohen: On cite souvent le stock, près de 3500 milliards...

Mais c'est une abstraction que personne ne visualise. La charge, c'est concret et immédiat. 66 milliards d'intérêts annuels versés en 2025, environ 78 milliards cette année, plus de 100 milliards au-delà de 2027.

La croissance annuelle française ne dégage qu'environ 50 milliards par an. La conclusion est arithmétique. La totalité de la croissance et au-delà est désormais captée par les seuls intérêts de la dette. envoyait auprès de ses créanciers, que se passerait-il?

Vous rappelez que la France est en déficit primaire, le plus important de la zone euro. Elle emprunte pour payer des intérêts et boucler ses dépenses quotidiennes. Un arrêt des emprunts entraînerait l'impossibilité de payer des fonctionnaires et des retraites. - A.-E.Lemoine: Comment en sortir? - P.Cohen: C'est là où je vous trouve très sombre, plus sombre qu'à l'accoutumée.

Ce que vous décrivez ressemble à une impasse démocratique. La logique électorale interdit structurellement le redressement. "Aucun candidat ne peut durablement promettre la vérité budgétaire sans en payer le prix politique." Vous évoquez un complot qui ne dit pas son nom, une entente générale du silence entre décideurs qui savent et citoyens dont on préfère préserver l'ignorance.

La menace est pourtant là. C'est un grave conflit de générations, une guerre des âges. Vous dites qu'elle va finir par éclater et réduire à néant cet état d'esprit vieux de plus de 50 ans, résumé par cette plaisanterie: "Pourquoi se préoccuper des générations à venir?

Est-ce qu'elles se sont préoccupées de nous?" - A.-E.Lemoine: Comment sortir de cette impasse démocratique?

Vous faites le constat que dire la vérité, c'est perdre le pouvoir, ne pas réussir à le conquérir. - F.Bayrou: Merci à P.Cohen, il a lu le livre. - A.-E.Lemoine: Il n'est pas le seul. - F.Bayrou: C'est très important.

Ce que vous avez résumé, l'un et l'autre, cette explication de la situation, ça n'a jamais été apporté. Personne n'a jamais expliqué ce que P.Cohen a dit, que je vais répéter: nous n'avons jamais remboursé un euro depuis 50 ans.

Personne ne le sait. Ce que P.Cohen a dit, c'est important. 3500 milliards, c'est 100 milliards par jour dans une année.

Mais c'est abstrait, c'est loin. Ce que les gens pensent...

Je crois qu'ils ont commencé à penser qu'il y avait un problème de dette. Je crois que la campagne que nous avons conduite, que j'ai voulue, a fait que la question de l'endettement est montée dans les enquêtes d'opinion de 40 points. Ca n'arrive jamais. - A.-E.Lemoine: Mais personne jusque-là ne l'a dit.

Pourquoi? - F.Bayrou: On a choisi de mentir tous ensemble.

Vous voyez bien les approches de la campagne présidentielle. Qui parle de ce sujet? Personne. - P.Cohen: La perception a monté.

L'inquiétude a monté. Dans le débat public, le plus souvent, elle est moins associée à l'idée que nous vivons au-dessus de nos moyens, que ceux qui nous gouvernent ont mal géré le pays. - F.Bayrou: Dans le débat politique, c'est la faute de l'autre.

Ce qui a été mis en lumière est très important. Ca n'est plus une menace lointaine. Les gens pensaient: "La dette, ce n'est pas terrible, ce n'est pas bon.

C'est un risque. Il va falloir s'en occuper, mais c'est pour dans longtemps." Or, nous sommes précisément, aujourd'hui, dans la catastrophe.

Je prends un exemple très simple: tout l'impôt sur le revenu que vous payez, pas mal, beaucoup, encore plus, chacun d'entre nous, et tous les gens qui sont autour de nous, si on additionne tout l'impôt sur le revenu payé par tous les contribuables français, on va bientôt ne pas arriver aux intérêts de la dette. 90 milliards...

On va passer à 100 milliards assez vite. C'est une hémorragie. On a créé Une hémorragie sur le pays, une hémorragie de son travail, de son inventivité, de sa capacité de proposer, d'inventer.

Tout ça s'en va, et au-delà chaque année dans la poche de nos créanciers. Quelle est la caractéristique de nos créanciers? Nos créanciers, c'est des gens qui sont extérieurs au pays.

Pour plus de 60 %, les créanciers du pays sont étrangers. Ce n'est pas le cas chez les 2 autres pays qui sont endettés dans le monde: les Etats-Unis et le Japon. La dette du Japon est possédée par les Japonais.

Quand vous rendez des intérêts, c'est à l'intérieur de la famille. La dette américaine, ce sont les institutions financières les plus puissantes du monde, donc c'est pour eux qu'ils travaillent. Nous, nous travaillons pour les voisins ou les lointains, comme je le dis quelque part dans le livre.

Cette menace croissante, qu'on ne peut pas arrêter sans une détermination farouche, qui est signée...

Ces augmentations de chiffres, ce n'est pas les conséquences de décisions que nous prendrons, c'est les conséquences de décisions déjà prises. Personne ne veut en parler. Qu'est-ce qu'on peut faire?

Il y a une réponse. Que les Français eux-mêmes exigent de leurs dirigeants qui s'en occupent...

Ils ont fini par prendre conscience. Mais je suis payé pour savoir que tout le monde voie le début du problème, mais personne ne veut y être associé. La prise de conscience des Français est la clé du redressement le jour où il viendra.

Il n'y a que 2 solutions...

La crise de conscience arrive et on commence le redressement, comme j'avais proposé de le faire. Ce n'a pas été suivi. Ou bien, ça va nous être imposé de l'extérieur dans des conditions dont on n'imagine pas la dureté, que nous connaissons car on les a vues dans les pays voisins.

Pas seulement en Grèce, mais en Italie, en Espagne, au Portugal, en Suède, au Canada...

Tout le monde est passé par là avec les sacrifices que ça impose. - P.Cohen: Les retraites, c'est un épisode décisif dans votre chute, dans votre départ de Matignon.

C'est le conclave sur les retraites, la façon de réformer la réforme Borne. Vous dites que ce conclave a été mis à un souffle d'un accord. Je peux témoigner que les participants ont été à un souffle d'un accord.

Qui a fait échouer ce conclave? - F.Bayrou: Une partie du patronat.

C'est la réponse factuelle. Dire que le Medef, sous la pression d'une partie des puissances à l'intérieur du Medef... - P.Cohen: Les métallurgies... - F.Bayrou: Par exemple.

Ils ont décidé qu'il n'y aurait pas d'accord. Vous vous rendez compte? Un jour, les historiens diront que c'est fou.

Voilà un pays qui se déchire sur la réforme des retraites depuis 20 ans. Nous avons inventé, proposé, mis en place, avec les syndicats réformistes, qui ont été très courageux dans cette affaire, et avec les représentants des entreprises, cette instance qui était originale et n'avait jamais existé. Elle a permis, fait inouï et inimaginable, que les syndicats réformistes disent: "Banco, on est prêts à accepter les 64 ans, à condition qu'il y ait reconnaissance de la pénibilité." On y était.

Les critères étaient établis. Il suffisait de trouver le mécanisme pour que chacun qui dût être associé le soit. Et puis, il a été décidé par ceux qui étaient les plus intéressés...

Les entreprises vont devoir payer le prix de tout ça...

Il a été décidé que non, on ne ferait pas d'accord. Pas parce que l'accord était mauvais, mais parce qu'on ne voulait pas d'accord. - A.-E.Lemoine: Pour vous nuire? - P.Cohen: Ils pensaient que l'accord était mauvais.

Introduire des clauses de pénibilité, ça rendait le système très compliqué. - F.Bayrou: Excusez-moi, P.Cohen...

Les clauses de pénibilité étaient acceptées par tout le monde. Comme vous avez dit tout à l'heure, c'est estomaquant. C'est inimaginable.

Les clauses, c'était réintroduire le port de charges lourdes. On réintroduisait les emplois soumis à des vibrations, les hautes températures...

Tout ça était acté. - A.-E.Lemoine: Vous n'auriez jamais accepté de faire ce qu'a fait S.Lecornu, suspendre la réforme des retraites, au nom de la stabilité gouvernementale? - F.Bayrou: S.Lecornu le sait bien, je lui ai dit à 10 reprises.

Je pense que c'était le pire des services qu'on puisse rendre à la nation. Reculer sur ce qui est vital, ce n'est pas une bonne affaire pour un pays. Cet abandon, moi, je n'aurais jamais accepté.

La preuve avait été apportée. Quand je suis rentré au gouvernement et que j'ai fait ma déclaration de politique générale, j'ai énoncé à la tribune ce que le conclave serait et ce que le conclave a été. Ceux qui ne voulaient pas d'un accord sont partis sous un prétexte forcé.

Qu'il y ait, dans la société française, des syndicats majoritaires qui acceptent cet effort général pour qu'on puisse trouver un jour un équilibre sur les retraites, d'une certaine manière, c'était incroyablement encourageant. C'est incroyablement désespérant qu'on l'ait fait échouer. - A.-E.Lemoine: La dette s'est aggravée sur les 2 quinquennats d'E.Macron, que vous avez soutenu dès 2017.

Vous continuez à soutenir E.Macron. "Il est à la hauteur." Pourtant, vous le reconnaissez, il agace, il révulse.

Votre explication tient en un acronyme: IVMB. Ca veut dire quoi? - F.Bayrou: Je me suis interrogé pour savoir pourquoi, au fond, il y avait tellement d'agacement, de gens considérés comme insupportables...

Je pense que c'est parce qu'il est "trop". Il est apparu trop jeune, trop doué, maîtrisant trop les dossiers, passant trop les obstacles...

Il lui a manqué sa dimension...

Je dis ce que je vois tous les jours...

Quand il fait des choses formidables à l'international, les gens ne le reconnaissent que par force. Je dis: "Il va nous baiser..." C'est une expression que je n'aurais pas dû utiliser...

Ceux qui sont révulsés par lui, ils ont le sentiment qu'il surprend leur jugement, qu'il les force. Ils n'ont pas envie d'être forcés. J'ai vu ça 10 fois dans l'histoire. - A.-E.Lemoine: Vous dites que les Français vont le regretter? - F.Bayrou: Je suis persuadé de ça.

Je l'ai vu pour F.Mitterrand. Dieu sait qu'il a été détesté.

Je l'ai vu pour Barre. C'était inimaginable. Même pour F.Hollande...

Je l'ai vu pour Chirac. La réconciliation entre les Français et Chirac... - P.Cohen: On oublie qu'il a été un président très impopulaire... - F.Bayrou: Il se trouve que le temps, et Dieu sait qu'il a du temps...

Il quittera l'Elysée à 48 ans...

Vous vous rendez compte? Après 10 ans d'exercice, il aura sans cesse montré quelque chose qui est pour moi essentiel: comme président de la République française, personne ne pouvait jouer le rôle qu'il joue à sa place. Qui y a-t-il d'autre comme leaders en Europe?

Vous vous rendez compte qu'il n'y en a pas. Il ne peut pas y en avoir. La situation de la France historique et géographique, politique, est vitale pour la structure, pour la solidité de l'Europe. - A.-E.Lemoine: Mais il ne peut pas se représenter.

Qui pour lui succéder? Il y a une trentaine de candidats déclarés ou sur le point de se déclarer... - F.Bayrou: C'est l'académie des menteurs!

Presque tous les candidats, pour l'instant, sans exception, prétendent qu'ils vont réaliser, faire ce qu'il faut, des réformes, trouver l'argent...

Ca ne se passera pas comme ça. - P.Cohen: Un peu moins E.Philippe, qui a un discours de l'effort? - F.Bayrou: Il a raison de parler de l'effort.

Ca ne peut qu'aller dans le bon sens. Si vous avancez un peu, vous voyez une situation que, tous les trois, vous connaissez parfaitement. On est probablement le pays qui dépense le plus pour sa santé.

Regardez l'état des hôpitaux. Pas de tous...

L'hôpital de Pau, on l'a refait en entier. Il y en a des très bien. Quand vous regardez les grands hôpitaux parisiens, nombre d'hôpitaux parisiens, quand vous voyez l'état des urgences, avec ces femmes, ces hommes, ces enfants dans les couloirs, sur des brancards...

On est dingues! Ca prouve que notre organisation est mauvaise. La centralisation excessive dont vous parlez souvent, qui fait que tout dépend d'une décision au sommet...

Le sommet, ça ne marche pas. Il faut qu'on réinvente quelque chose qui soit proche du terrain pour la reconstruction. C'est vrai aussi pour l'éducation.

Vous vous rendez compte, la situation de l'éducation? - A.-E.Lemoine: Vous espérez une candidature que vous aurez envie de soutenir mais qui n'existe pas encore? - F.Bayrou: Non.

J'espère d'abord la prise de conscience du pays. Tout le reste est secondaire. Les politiques suivent le pays.

On croit que c'est eux qui commandent, mais il n'y a pas de phrase plus juste dans la Constitution que cette phrase que vous pouvez citer: "Le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple." Or, on croit que c'est une théorie politique, mais ce n'est pas vrai. Les hommes politiques vivent avec les sondages. - A.-E.Lemoine: Qui placent le RN en tête. - F.Bayrou: Les médias vivent aussi avec les sondages, n'est-ce pas?

La raison pour laquelle j'ai dit que je ne serai pas candidat à l'élection, c'est pourquoi? Si j'écris ce livre qui dit des choses si lourdes et graves pour l'avenir...

Si je suis candidat en même temps, les gens vont dire: "Il écrit pour lui-même." Ce que j'ai appelé le TPMG, "tout pour ma gueule". En vérité, c'est vrai.

Quand vous êtes candidat, vous avez le regard fixé sur les sondages. Quand vous êtes candidat, vos collaborateurs viennent vous voir en disant: "L'Ifop commence sur le terrain vendredi. Jeudi, il faudrait que tu dises quelque chose sur les faits divers pour que ça fasse monter ta cote.

On espère que les 2 points que vous prendrez là permettront d'enchaîner sur d'autres points." Le fait que je choisisse de ne pas être parmi les dizaines de candidats qui sortent tous les jours, mais qu'au contraire, je veuille rester sur l'essentiel...

Je crois que c'est un gage de vérité. - P.Lescure: Le 22 mars dernier, au 2d tour des élections municipales, vous avez perdu la mairie de Pau de 344 suffrages. "C'était un coup dur", écrivez-vous dans ce livre pour évoquer la défaite.

Vous pourriez de nouveau être candidat à la mairie de Pau, ou votre engagement est ailleurs? - F.Bayrou: S'il y avait des élections, on se poserait la question.

Mais il n'y a pas d'élections municipales tout de suite. J'ai perdu pour une raison très simple. L'extrême droite, le RN, a bloqué 15 % de voix...

La candidate a dit: "Je suis la seule liste de droite." L'extrême gauche s'est ralliée à la liste de gauche. Ca a fait 3 voix par bureau de vote.

Ca a suffi. Ca a un avantage formidable, ça m'a rendu du temps pour écrire des livres. - A.-E.Lemoine: "Alerte sur la France", ce sera disponible jeudi.

Restez avec nous. La Story de L.Amar. ... - Il faut pas appeler la police s'il y a un problème. - Le justice ne fera jamais son travail comme toi tu estimes que le travail doit être fait. - L'affaire de la petite Lyhanna de 11 ans, c'est la preuve que si vous comptez sur la justice, vous allez dire "bye bye" à vos enfants. - L.Amar: Des parents prêts à se faire justice soi-même.

Des parents dont les enfants ont été agressés, physiquement ou sexuellement. Ils préfèrent enquêter dans leur coin pour éviter les dysfonctionnements apparus dans l'affaire Lyhanna. C'est le cas de ce père de famille.

Sa fille de 11 ans recevait des messages d'un homme sur Snapchat. Il l'a signalé, mais l'enquête a traîné. - Quand j'ai appelé le commissariat pour savoir où on en était, malheureusement, les pauvres, ils n'avaient rien.

J'ai décidé que j'allais le retrouver moi-même. Il a fait plusieurs profils. J'ai regardé toutes les photos et remonté l'historique.

Ca m'a pris 4 mois. Je n'ai pas trouvé son adresse tout de suite. J'avais le téléphone en main...

D'un coup, il a activé sa géolocalisation. Je suis allé voir l'OPJ pour tout lui donner. Leur réaction: "Comment tu as fait?" "Je l'ai retrouvé, c'est tout." - L.Sénéchal: L'homme qui s'adressait à sa fille a été condamné à un an de prison avec sursis, mais il aurait été persuadé que ça n'aurait pas suffi sans son intervention. - En l'espace de 8 minutes, et avec Google, son identité a pu être trouvée, son lieu de travail a pu être trouvé...

Vous avez un papa, une association sans moyens où on arrive à trouver. Il arrive fréquemment que nos signalements permettent d'approuver la parole des victimes. Il y a eu récemment un procès. 4 ans de prison ferme.

Des victimes se sont manifestées. On est arrivés avec un signalement. Les paroles de ces victimes ont été entendues. - L.Amar: Il y a ceux qui aident les parents et ceux que les parents veulent aider.

Les associations de parents proposent leur concours bénévole pour débusquer les agresseurs sexuels. J.Barella a été visé par 8 plaintes ou signalements avant de s'en prendre à la jeune Lyhanna, 11 ans.

Florian est à la tête d'un groupe qui a permis de confondre et faire tomber plus de 170 pédocriminels en 7 ans. Il est de plus en plus sollicité. - On était à 5-6 messages par jour, avant.

Maintenant, 40 ou 50. Des gens nous disent qu'ils ont un doute sur un profil qui discute avec leurs enfants. Hier soir, j'étais en discussion avec une jeune fille qui me demandait si le fait qu'une personne de 26 ans lui envoie son sexe alors qu'elle n'a que 17 ans pose un souci de loi.

La personne lui disait l'inverse. Les gens disent: "On veut venir vous aider. Comment faire?" - L.Amar: Ces enquêtes citoyennes sont vues d'un mauvais oeil par les policiers.

D'abord parce qu'elles ne sont pas toujours légales. Ensuite parce qu'elles peuvent entraver les investigations en cours, mais surtout, parce qu'elles les renvoient à leur propre incapacité à traiter tous les dossiers, à leur manque de moyens, comme l'explique ce syndicaliste. - Ca ne va jamais assez vite, dans l'esprit des concitoyens, et on peut le comprendre.

Quand vous avez 70 000 dossiers dans les tiroirs qui ne peuvent pas avancer... - Oui, il nous faut des moyens.

Un policier qui gère un service judiciaire avec 200 à 400 dossiers en attente...

Ces dossiers, ce n'est pas que du papier. Ce sont des plaintes derrière, des victimes. Ce n'est pas normal. - L.Amar: Est-ce qu'à l'inverse de ce qu'avait dit E.Macron au moment de l'affaire Lyhanna, la justice et la police font face à un problème de moyens? - F.Bayrou: C'est évident que ces situations appellent à des moyens.

Si on avait de l'argent, on pourrait sans doute faire mieux. Mais la question qui est posée, c'est que l'ensemble des réformes exigeant des moyens, si nous ne résolvons pas cette question qui est posée de la submersion par la dette, de la montée de la marée, des vagues qui viennent confisquer l'argent de tous les Français, tout le travail des Français, pour les donner à nos créanciers...

La vérité, c'est qu'on ne les trouvera pas. 2e chose: il y a des problèmes de réorganisation complète, dans l'affaire Lyhanna. 9 mois pour traiter une plainte circonstanciée, précise.

Il n'est pas vrai que ce soit un problème de moyens. Il y a des problèmes de transmission, d'organisation sur place, des problèmes entre parquets, entre parquets et gendarmeries...

Je ne sais pas. Je ne connais pas. Mais il n'est pas vrai que ces 9 mois soient la conséquence mécanique de tel ou tel manque.

Ca ne suffit pas de se défausser, ou en tout cas de focaliser tout sur les moyens. Je l'ai dit sur la police, je le dis sur la justice, sur l'hôpital, sur l'école. On ne va pas pouvoir en rester à la complainte des moyens.

Il va falloir qu'on pose plus profondément le problème de la manière dont notre pays, notre Etat fonctionne. La réalité...

On est le pays qui a le plus de dépense publique de tous les autres. - A.-E.Lemoine: Moins de magistrats que nos voisins européens. - F.Bayrou: Ce qu'on compte comme magistrats en France a une plus large gamme d'intervention que ce qu'on compte comme magistrats dans les pays semblables au nôtre. - A.-E.Lemoine: Vous revenez dans cet ouvrage sur l'affaire Bétharram.

Vous parlez de manipulation, de procès médiatique. Vous avez été entendu par une commission d'enquête parlementaire, 5 heures d'audition avec des députés "venus pour la curée, l'exécution finale". Une audition qui vous interpelle sur le rôle de cette audition parlementaire? - F.Bayrou: Il y a plusieurs questions.

Bétharram, c'est un drame humain dans un petit collège. Il y en a des dizaines comme ça. Comme j'étais Premier ministre, forcément, il faut une focalisation. - A.-E.Lemoine: Un drame qui a abouti à une loi, la loi Bétharram, votée à l'unanimité. - F.Bayrou: On verra si ça change quelque chose.

J'ai passé des heures avec ces garçons. J'ai vu dans leurs pleurs, dans leur souffrance, ce qu'une vie, ce qui était emporté d'une vie dans ce genre de drame. Ce que j'avais en face de moi, c'était des hommes, mais je voyais des petits garçons à l'intérieur, les poings crispés, qui n'étaient pas ceux des adultes mais ceux des enfants qui se sentaient abandonnés.

Ca, c'est l'affaire Bétharram. Après, il y a une manipulation politique montée par LFI qui a abouti, après 3 mois d'incessantes mises en accusation, au fait que j'ai pu faire, en 3 mois...

Je n'avais aucun élément de tout ça. On a pu faire la preuve que tout était faux. C'était tellement faux que la commission d'enquête parlementaire, composée majoritairement d'opposants, et qui, majoritairement, avait l'intention au début de mettre un terme au gouvernement en me dénonçant comme faux témoin ou je ne sais pas quoi... - P.Cohen: Il y avait une corapporteure de la majorité. - F.Bayrou: Ils ont refusé, les parlementaires, de suivre le député Vannier qui faisait l'accusateur faux sur ce sujet.

Il y a un 3e problème que vous avez raison de suggérer: une commission d'enquête parlementaire. Ca a des pouvoirs considérables, mais quand vous êtes accusé, vous ne pouvez pas vous défendre. Vous n'avez pas d'avocat.

Vous n'avez pas le droit de demander qu'on examine des documents. Vous n'avez pas le droit de citer des témoins. Vous êtes sans défense.

Dans la commission d'enquête qui vous était consacrée, vous avez pu voir que la situation n'est pas équitable. Vous êtes ciblé, jour après jour, et sur tous les réseaux sociaux. Moi, c'était dans tous les journaux, toutes les émissions de télévision.

Il y a là quelque chose à quoi il faut réfléchir. On peut pas avoir des commissions d'enquête parlementaire qui soient si déséquilibrées au profit de parlementaires qui ont intérêt à porter l'accusation. - A.-E.Lemoine: "Alerte sur la France qui vient", ce sera disponible.

Dernières tractations pour l'ultime G7 d'E.Macron. - L.Sénéchal: Dans un an, il ne sera plus président.

Quoi de mieux qu'une victoire diplomatique pour finir en beauté? Pourquoi pas du côté ukrainien? Il a eu un geste pour V.Zelensky, invité en marge de ce G7, en allant l'accueillir au bout du parc de l'hôtel à Evian et en l'accompagnant.

On apprend qu'un navire de guerre russe a tiré des coups de semonce près d'un bateau britannique civile la nuit dernière dans la Manche. Le Royaume-Uni ouvre une enquête sur l'Ukraine. Rien ne se fera sans l'aval de D.Trump, qui a appelé V.Poutine en amont du G7.

D.Trump est même arrivé avec un message pour le dictateur russe: "Maintenant que les vannes sont en train de se rouvrir dans le détroit d'Ormuz, celles du pétrole russe pourraient bien se refermer." ... - L.Sénéchal: Tout le monde cherche à flatter D.Trump.

F.Merz lui a offert un maillot de l'équipe nationale floqué Trump numéro 47, comme c'est le 47e président des Etats-Unis. E.Macron l'invite pour dîner demain au château de Versailles.

Trump n'y est pas insensible. ... - L.Sénéchal: Trump est très content.

Il avait déjà été reçu dans un lieu d'exception, au 1er étage de la tour Eiffel, avec E.Macron, B.Macron et M.Trump.

Est-ce que vous savez que sur les réseaux sociaux du président de la République, ils ont ajouté des musiques personnalisées pour accompagner l'arrivée de chaque dirigeant du G7? C'est les équipes réseaux d'E.Macron qui ont ajouté ces musiques. "Felicità", d'Al Bano et Romina Power. "J'irai où tu iras", de C.Dion.

Thème de "James Bond". Est-ce qu'il faut dérouler le tapis rouge comme ça à D.Trump, lui qui menace de taxer nos vins à 100 % sur les droits de douane?

Est-ce que c'est utile et efficace? - F.Bayrou: Babeth a donné...

Je crois que c'est elle. Elle avait donné tout à l'heure la réponse. Vous avez dit que c'était inimaginable d'obtenir un accord sur l'Ukraine sans l'aval... - L.Sénéchal: C'est moi qui l'ai dit! - F.Bayrou: Encore mieux.

C'est toujours comme ça. Vous inventez quelque chose et quelqu'un d'autre en profite. Cette certitude a fait qu'en diplomatie, on fait des gestes pour que son interlocuteur ait plutôt envie de participer positivement que négativement.

Est-ce que c'est toujours enthousiasmant? Peut-être vous devinerez que ma réponse n'est pas certaine. Peut-être que vous vous souviendrez... - L.Sénéchal: Nécessaire mais pas suffisant. - F.Bayrou: En tant que Premier ministre, j'ai pris position avec vigueur contre l'accord douanier que madame von der Leyen avait signé.

Ce n'était pas très diplomatique et très habituel de la part d'un chef de gouvernement français. - L.Sénéchal: Ca a été validé par les parlementaires européens. - F.Bayrou: Hélas.

Pas par tous! Il suffit de regarder ceux qui n'ont pas voté pour. On trouvera peut-être une cohérence dans tout ça. - A.-E.Lemoine: Vous avez confirmé que vous ne serez pas candidat à la présidentielle.

Vous n'ajoutez pas votre nom à une longue liste déjà existante. - L.Sénéchal: "L'Obs" comptait la semaine dernière 25 candidatures officielles.

Vous parliez de "TPMG". Y.Braun-Pivet regrettait un "club des machos".

Il n'y a quasiment que des hommes. Les femmes sont sous-représentées en politique. Selon le dernier index Oxfam, seulement 28 % des postes sont occupés par des femmes.

Ca recule au niveau local. Il n'y a quasiment que des hommes qui ont occupé l'hôtel Matignon. - F.Bayrou: Il y a E.Borne. - L.Sénéchal: E.Borne et E.Cresson sont les 2 exceptions. 2 femmes se sont déjà qualifiées pour le 2d tour: M.Le Pen, et S.Royal en 2007.

Si elle n'a pas battu N.Sarkozy, ce serait en partie de votre faute, F.Bayrou. - S.Royal: Bayrou me lâche. - Pourquoi? - S.Royal: Parce que je suis une femme. "Je ne pouvais pas être le numéro 2 d'une femme." Vous vous rendez compte? - Ca vous a pénalisée, le fait d'être une femme? - S.Royal: Enormément. - L.Sénéchal: J'imagine que vous n'avez pas la même lecture. - F.Bayrou: Non.

Quand j'entends des mensonges éhontés, l'idée que j'aurais pu dire à S.Royal que c'est parce que c'était une femme que je ne l'ai pas soutenue, c'est une idée incroyable...

Que quelqu'un puisse...

Ca n'étonnera aucun de ceux qui connaissent S.Royal, mais quand même, c'est saisissant. J'ai pas soutenu S.Royal parce que je pensais qu'elle serait une mauvaise présidente de la République.

Je n'ai pourtant pas voté pour N.Sarkozy. J'étais en confrontation avec lui.

Tout le monde sait ça. Simplement, S.Royal dit: "Il m'a lâchée." Il aurait fallu que je la tienne, avant de la lâcher! - P.Cohen: Vous ne l'avez pas soutenue... - F.Bayrou: Non.

Franchement, entendre ce genre de déclaration... - P.Cohen: Vous aviez accepté de débattre à RMC. - F.Bayrou: Oui, et à BFM.

A la veille d'un 2e tour, un débat entre le 2e et le 3e pouvait être utile pour montrer les plus et les moins. En tout cas, ce que je sais, c'est que la situation...

Une phrase comme celle-là, ça prouve que je ne me suis pas trompé en ne la soutenant pas. - A.-E.Lemoine: Juste après "C à vous", c'est l'événement: l'entrée en lice de la France dans le Mondial. - L.Sénéchal: France-Sénégal ce soir.

Je ne sais pas dans quel état sont nos Bleus, mais les supporters français sont déjà à fond. C'était hier soir à Times Square, avec des traditions bien françaises pour les découvrir. Entre autres, le paquito.

Vous connaissez, F.Bayrou? Il n'y a pas eu de queue leu-leu, en revanche.

Il faudrait des cours de langue pour les commentateurs anglo-saxons. Ils ont du mal à prononcer les noms de nos joueurs. - L.Sénéchal: Pour les aider, nos Bleus ont fait une vidéo dans laquelle ils prononcent leur propre nom. - N.Kanté. - W.Saliba. - J.Koundé. - M.Maignan. - D.Doué. - L.Sénéchal: Il y en a 2 qui n'ont pas bien compris Le concept: R.Cherki et M.Thuram.

Ils prononcent avec un accent anglais. Rires. Le plus connu de nos Bleus, c'est le capitaine, K.Mbappé.

Il a pu montrer ses talents méconnus auprès d'une émission phare aux Etats-Unis, le "Carpool Karaoke", de James Gordon. ...

Rires. - A.-E.Lemoine: Salut, H.Mathoux.

H.Mathoux prononce son nom à l'anglaise. Présentateur du "Canal Football Club", sur Canal+.

Ca vous étonne, de voir K.Mbappé dans une voiture américaine? - H.Mathoux: Plus rien ne m'étonne.

Il sait tout faire. - A.-E.Lemoine: On se dit qu'il est hyper détendu.

On ne sait pas dans quel état d'esprit il est. C'est pas rien, une entrée en lice, surtout face au Sénégal. Ca ne rappelle pas que des bons souvenirs.

Mondial 2002, match d'ouverture, défaite. - H.Mathoux: On a raison d'en parler.

D.Deschamps rappelait que 95 % des joueurs...

Il y en a que 2 qui étaient nés, à l'époque de cette défaite. Il n'y a pas de lien. En revanche, même si ce sont tous des joueurs habitués aux grands matchs, une entrée en Coupe du monde, c'est autre chose.

Le décorum est différent. Les stades américains sont un peu spéciaux. C'est un match dont on parle depuis 6 mois.

C'est rare qu'on parle d'un match 6 mois avant qu'il arrive! Il y a une pression inhérente à ce type d'événement. On est en mondovision.

Toutes les nations entrent sur la scène une par une. On représente un pays. On sait que le monde entier regarde. - A.-E.Lemoine: On se moquait des journalistes anglo-saxons qui ont du mal à prononcer les noms des joueurs de l'équipe de France, mais ici, en France, tout le monde n'est pas au point. - L.Sénéchal: Vous savez qui est le capitaine de l'équipe de France? - F.Bayrou: Kylian. - L.Sénéchal: Qui est dans les buts? - F.Bayrou: Euh... - L.Sénéchal: M.Maignan.

Vous en connaissez au moins un, sur ces 4 joueurs? - F.Bayrou: A.Tchouaméni? - L.Sénéchal: Non. - A.-E.Lemoine: O.Dembélé! - L.Sénéchal: Bravo.

Vous êtes loin d'être le seul à avoir du mal. Les députés ne sont pas les meilleurs. - Vous connaissez pas mal l'équipe de France? - J.Odoul: Bien sûr.

Dembélé. - Facile, on enchaîne. - J.Odoul: Je n'ai plus en tête. - E.Coquerel: Ca, c'est Lacroix. - Vous êtes sûr?

Ce n'est pas lui. - Je ne retrouve pas son nom tout de suite...

Il faut que j'y aille. Je suis à la bourre. ...

Rires. - L.Sénéchal: La réponse? - H.Mathoux: C'est le 3e gardien, R.Risser.

Il y a M.Akliouche, O.Dembélé et L.Digne.

La véritable star de ce Mondial, c'est K.Mbappé. - A.-E.Lemoine: Il y aura 3000 supporters français dans l'enceinte du stade pour supporter les Bleus.

Ce n'est pas beaucoup, mais les billets sont quasiment inabordables. Ca fait hurler. - L.Sénéchal: Jusqu'à 1000 dollars pour assister à France-Sénégal sur les sites de revente. - P.Cohen: Pour un 1er tour... - L.Sénéchal: Le trajet vers le stade, c'est un casse-tête avec des prix décuplés.

C'est un peu le RER local. D'habitude, c'est 13 dollars l'aller-retour. C'est monté à 150 dollars spécialement pour la Coupe du monde. - H.Mathoux: La Fifa, qui passe son temps à donner des leçons, à mettre des cahiers des charges extrêmement difficiles à gérer, même pour les Etats...

Soi-disant, elle ne veut pas d'argent public, mais elle veut bien que l'Etat construise des routes, etc. Là, elle ne défend pas les gens, l'accès aux peuples...

On ne parle pas des visas. Jamais on a vu une Coupe du monde dans ces conditions. On a eu le Qatar, la Russie...

Là, c'est la pire des Coupes du monde en ce qui concerne l'accueil... - F.Bayrou: En ce qui concerne l'arbitre? - H.Mathoux: Oui, l'arbitre somalien qui n'a pas eu de visa.

Or, il est reconnu internationalement. La Fifa pouvait très bien lui proposer d'arbitrer au Mexique ou au Canada. Elle ne l'a pas fait. - A.-E.Lemoine: Et il y a la situation de l'équipe d'Iran qui est particulière. - L.Sénéchal: C'était hier, l'entrée en lice de l'Iran.

Match nul, 2-2, contre la Nouvelle-Zélande. Aux abords du stade, c'est assez cocasse...

Des opposants au régime. Ils brandissent un drapeau, un peu iranien contre iranien, drapeau contre drapeau. Il y a celui de l'ancienne monarchie, du shah d'Iran, renversée en 79, et à droite, le drapeau de la République islamique.

Il a été copieusement hué. Quant aux joueurs, chaque match est un parcours du combattant. Ils doivent quitter le Mexique pour se rendre aux Etats-Unis, mais juste le temps du match.

Ca, c'est leur bus quand ils sont rentrés à Los Angeles. Les officiels iraniens de la fédération et une partie du staff sont confinés au Mexique. Ils ont pu voir le match depuis le Mexique.

Ils n'ont pas le droit de franchir la frontière. Les joueurs ont dû rentrer juste après le match alors qu'ils vont rejouer dans 2 jours dans la même ville, à Los Angeles. Le sélectionneur iranien parle d'un désastre logistique, de l'équipe la plus opprimée de l'histoire.

Il a raison? Est-ce que ça ne fausse pas la compétition? - H.Mathoux: L'ancien drapeau de l'époque du shah est même interdit dans le stade.

On peut comprendre qu'on ne fasse pas de revendication...

C'est un miracle que l'Iran soit là. Il y a potentiellement un match Etats-Unis/Iran. Les 2 groupes vont se croiser.

Ca dépend des positions des uns et des autres...

Ce qui me frappe, au-delà de ça...

Il y a une énorme diaspora iranienne à Los Angeles. On se posait la question de savoir si le public allait soutenir l'équipe. Mais ils l'ont soutenue.

C'est une constante, dans le sport. Déjà, c'est difficile de dire que l'équipe d'Iran est un suppôt du régime. Les joueurs ne peuvent pas donner leur opinion.

On n'est pas sûrs du tout qu'ils soient supporters du régime. Quand la compétition commence, des Iraniens, des gens nés aux Etats-Unis d'origine iranienne, qui n'ont jamais eu la chance de voir l'équipe de leur pays jouer, quand le match commence, ils ont envie de la soutenir. A l'époque où Berlusconi était Premier ministre, président de l'AC Milan, il y avait des supporters communistes qui, quand l'AC Milan jouait, ils étaient pour l'AC Milan.

Il y a un moment donné où le sport prend le dessus. - A.-E.Lemoine: Il nous reste quelques secondes pour parler des matchs suivis au milieu de la nuit en Europe. - L.Sénéchal: En Ecosse, quand ils ont célébré leur retour dans un Mondial après 28 ans...

R.Stewart a annulé un concert pour se rendre au match. 28 ans d'absence...

C'était la fête toute la nuit, jusqu'à l'aube. Il était 6h à la fin du match. Ils ont eu le droit à un jour férié.

Juste une image du Japon, pour vous montrer comment ils célèbrent un bon match nul face aux Pays-Bas...

Ils se sont rendus au fameux carrefour Shibuya à Tokyo. Au bout de quelques secondes seulement, avec un simple coup de sifflet des policiers, ils se sont dispersés. Ils ont fait la fête juste le temps du feu rouge. - P.Cohen: Le 2e match de l'équipe de France, ce sera vendredi 26 à 23h. - L.Sénéchal: Contre l'Irak. - H.Mathoux: Première victoire de l'Ecosse de l'histoire.

Il y a eu des débats là-dessus sur le fait qu'il y ait 48 équipes. - A.-E.Lemoine: Le Cap-Vert qui a résisté face à l'Espagne!

Admirable.