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interviewPublic Sénat· 12 novembre 2024 24 min

Pensions de retraite : Laurent Wauquiez, co-Premier ministre ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

On commence par le plan narcotrafic. Il a été présenté par le gouvernement en fin de semaine et il prend en grande partie les propositions des sénateurs. Alex ?

0:07
Invité

Oui, Bruno Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, et Didier Migaud, le ministre de la Justice, c'était vendredi dernier à Marseille pour annoncer leur plan de lutte contre le narcotrafic qui s'inspire, un plan qui s'inspire effectivement des préconisations de la commission d'enquête du Sénat sur le trafic de drogue, avec d'abord la création d'un parquet national spécialisé dans la lutte contre le crime organisé sur le modèle du parquet national financier. Les crimes en bande organisés pourront être jugés par des cours d'assises spéciales composées uniquement de magistrats professionnels pour éviter que les citoyens jurés ne subissent des pressions.

Le statut de repenti va être renforcé, cela veut dire qu'un criminel ayant collaboré avec la justice pour avoir sa peine réduite. Et puis de nouvelles techniques d'enquête vont aussi être mises en place avec davantage d'opérations d'infiltration. D'ailleurs, les moyens des enquêteurs vont être augmentés, notamment ceux de l'OFAST, l'Office central de lutte anti-stupéfiants.

0:58
Présentateur

Et ce plan, il prévoit aussi de frapper les trafiquants au portefeuille.

1:01
Invité

Oui, avec la création d'une procédure d'injonction pour richesse inexpliquée, ce qui va obliger les trafiquants à justifier tout écart manifeste entre leurs revenus et leur train de vie. La justice pourra aussi geler les avoirs des narcotrafiquants. Et puis pour sensibiliser les consommateurs de drogue, une campagne de communication choc va être diffusée pour montrer que la consommation finance le trafic et donc le crime organisé. La plupart de ces mesures feront partie de la proposition de loi déposée par le sénateur socialiste Jérôme Durin et le sénateur Les Républicains Étienne Blanc qui avait mené cette commission d'enquête sénatoriale.

Et Bruno Rotaillot espère qu'elle sera votée par le Parlement. On l'écoute.

1:39
Patrick Kanner

On a besoin, quand on engage un combat de cette sorte-là, qu'on gagnera bien sûr, d'unité nationale. Combat national, cause nationale, unité nationale. Et je suis très heureux, moi, qu'il y ait un texte de loi qui soit porté par la droite et par la gauche. Et je suis certain, le Sénat c'est un peu plus facile, il y a une majorité. À l'Assemblée, il n'y en a pas. Mais je suis certain qu'à l'Assemblée, ce texte de loi trouvera aussi une très large majorité.

2:09
Invité

Voilà, cette proposition de loi narcotrafic sera examinée au Sénat à partir du 27 janvier.

2:14
Présentateur

Et est-ce qu'avec ces propositions, Didier Migou et Bruno Rotaillot, on visait juste dans la lutte contre le narcotrafic, Laurent Geoffrin ?

2:19
Invité

Oui. Dans mon journal, j'ai fait souvent des papiers pour demander à ce qu'on prenne des mesures, parce qu'il y a une situation d'urgence. Si on ne fait rien, on va se retrouver avec des phénomènes comparables à ceux des cartels en Amérique latine. Ça, j'en suis sûr. Parce qu'une fois que ça s'est installé, la puissance financière des réseaux est énorme. Et donc ils sont capables, par la pression et par la tentation, de corrompre les agents publics. Alors ça se fait un petit peu en France, assez peu.

2:50
Présentateur

Qui a été révélé par le Sénat d'ailleurs, cette corruption de certains fonctionnaires.

2:52
Invité

C'est le risque au concours. Une fois que vous avez une partie des agents des forces publiques, des douanes, de l'administration, qui sont eux-mêmes atteints par la corruption, la répression devient très difficile. Parce que les gens sont au courant des enquêtes et ils échappent à la police. C'est ce qui se passe à chaque fois, on sait bien, en Amérique latine, à grande échelle. On n'est pas encore là, mais on risque ça. Et donc, moi, j'ai toujours pensé qu'il fallait des institutions particulières, notamment à l'image de ce qui se passe en Italie, où il y a un parquet central, où il y a un système d'Europe antique qui est très efficace, qui permet de contenir...

Alors, il ne faut pas croire que ça va se faire du jour au lendemain. C'est très long. Il y a la lutte contre le trafic de drogue. C'est extrêmement long parce qu'il y a une demande permanente. La demande est forte. On sait bien, en France, on a le record des consommateurs.

3:39
Présentateur

– Mais ça veut dire que quand Bruno Rosario parle de mexicanisation, pour vous, il ne va pas trop loin ?

3:44
Invité

– Non, il a raison. Enfin, on n'y est pas encore, mais c'est un risque. Et je voudrais ajouter une chose. Il faut répéter systématiquement que les consommateurs ont une responsabilité. Vous savez, il y a des associations de philosophie écologique, souvent, qui s'attachent à la traçabilité des produits. C'est un poule vert qui a été fait avec du travail des enfants, par exemple. La traçabilité de la cocaïne, de l'héroïne et même du cannabis, c'est quoi ? C'est la torture, l'exécution sommaire, la mise en coupe réglée de quartier entier. C'est ça, la traçabilité des produits.

Donc les consommateurs, notamment dans les classes dirigeantes, les milieux créatifs, publicitaires, journalistiques, où il y a un frisson de l'interdit et puis il y a cette addiction qui se répand. Je pense que là, il y a des lois contre ça. Il faut les appliquer. – Yves ? – Oui, alors j'ai envie de dire, enfin, quand on découvre l'arsenal qui a été dévoilé par le gouvernement vendredi dernier, moi j'ai découvert qu'en fait, on était complètement démunis sur le plan de la répression, contre la corruption, contre le trafic, avec des peines qui n'existaient pas.

Mais c'est incroyable, alors que c'est quand même un fléau aujourd'hui qui touche à la fois, pas uniquement les grandes villes, mais aussi les campagnes de plus en plus, qui touche de plus en plus de mineurs. Regardez le nombre de mineurs tombés au champ de bataille, j'ai envie de dire, de la drogue ces dernières années, y compris encore un petit de 5 ans, je crois, qui est entre la vie et la mort. Alors, qui était impliqué parce que son père était impliqué dans un trafic de drogue. Et puis aussi, le fait qu'il y a une... C'est l'État qui est défié aujourd'hui. C'est l'État, c'est un État qui est défié par des gangs, des cartels, contre lesquels il faut absolument lutter.

Et puis alors, moi je suis d'accord pour dire que il y a un travail à faire vis-à-vis des consommateurs, parce que les consommateurs, ce ne sont pas uniquement justement les gens des quartiers, les cités, c'est aussi le petit bourgeois qui va se fournir et qui d'une certaine façon, eh bien, l'image, elle est juste. Quand vous allez acheter une dose de drogue ou une dose de hachiche, eh bien, vous contribuez à alimenter des bandes et à vous encourager, si vous voulez, un trafic criminel qui est tout à fait dangereux. Donc, il faut absolument que ça se mette en place.

Et ce qui est intéressant et heureux aussi, c'est de voir que et gauche et droite ont le même constat et marchent d'un même pied pour essayer de lutter contre un fléau. Alors, le mot de mexicanisation, évidemment, quand on prend les statistiques, on est très loin de ce qui se passe au Mexique, mais si on ne fait rien, on va y arriver. – Et du point de vue de la gauche, parce qu'une partie de la gauche dit, mais ce n'est pas la répression, c'est la prévention. Bien sûr, il faut faire de la prévention, il ne faut pas faire que de la répression, mais il faut de la répression. Et qui sont les victimes statistiquement collatérales de tout ça ? C'est les quartiers populaires.

C'est dans les quartiers populaires que ça se passe, le pouvoir des narcos. Ce n'est pas dans le 16e arrondissement que vous avez des problèmes ou dans un quartier autour du Sénat. Ce n'est pas là que ça se passe. Ça se passe dans les quartiers défavorisés, pauvres. Et puis c'est les populations fragiles qui sont les victimes de tout ça. Donc c'est une mesure sociale en même temps.

7:16
Présentateur

– Donc maintenir la répression.

7:19
Invité

– À croître les moyens de lutte contre les trafiquants, contre les grands trafiquants et les petits.

7:27
Présentateur

– On va passer à un autre sujet d'actualité, c'est la question des retraites et de la revalorisation des pensions de retraite, puisque le gouvernement avait envisagé de décaler cette revalorisation de 6 mois. Finalement, ça ne se passera pas comme ça. Et c'est Laurent Wauquiez qui l'a annoncé hier au 20h de TF1. – La première chose, c'est qu'il y aura bien une revalorisation des retraites dès le 1er janvier pour toutes les retraites. Elle sera à peu près de la moitié de l'inflation, mais elle concernera tous les retraités.

La deuxième chose ensuite, c'est qu'au 1er juillet, il y aura une deuxième revalorisation, cette fois-ci pour les retraites les plus modestes, avec un objectif, c'est de les protéger intégralement de l'inflation, une sorte de bouclier anti-inflation. On a essayé de prendre un seuil qui soit objectif. Et donc ce qu'on a choisi, c'est le SMIC. Toutes les retraites en dessous du SMIC seront intégralement protégées de pertes de pouvoir d'achat. – D'abord sur la forme, c'est Laurent Wauquiez qui fait ce type d'annonce, ça ne donne pas un peu le sentiment qu'il est co-premier ministre ?

8:23
Invité

– Je n'avais pas compris qu'il était entré au gouvernement, oui, ça c'est vrai qu'il touche un peu fort de café. Bon, Laurent Wauquiez, on le connaît, il a de grandes ambitions, les dents qui rayent le parquet, comme on dit. Et je trouve ça absolument hallucinant, pour vous dire la vérité. Je ne comprends pas comment c'est possible. Il paraît qu'il a déjà fait, par le passé, du temps de Sarkozy, je crois. – Oui, pour l'usine Lejabi. – Pour l'usine Lejabi, ce que Sarkozy, d'ailleurs, n'a pas oublié, puisque c'est le lieu d'être mis à l'écart pendant quelques temps. Donc je trouve ça assez étonnant que Michel Barnier ait pu accepter que ça soit…

Alors je ne sais pas s'il est au courant d'ailleurs, Michel Barnier. Bon, ça c'est sur le… – Il a appris à la télévision, sur la forme. – Sur le fond, c'est un sujet extrêmement délicat, les retraites. Et ce n'est pas étonnant d'ailleurs que ça soit, d'une certaine façon, pour essayer de le défendre, la droite qui l'annonce, parce qu'évidemment que Wauquiez a des ambitions pour 2027, ce qui n'est pas le cas, je pense, de Michel Barnier. Or, Michel Barnier sait très bien qu'en touchant les retraités, vous touchez une catégorie de la population qui vote, qui vote plutôt à droite d'ailleurs.

Et donc, bon, c'est pour ça que Laurent Wauquiez s'est empressé d'aller annoncer cette heureuse nouvelle pour eux. Cela dit, ce qu'il faut ajouter, c'est que c'est la moitié de l'inflation, ce n'est pas uniquement le rattrapage complet, il faut quand même le dire, sur six mois, et à partir du 1er juillet aussi. Donc, c'est assez… – Il y aura l'autre moitié, mais uniquement pour ceux qui sont jugés. – Un correctif, c'est vrai qu'il commençait à faire, s'il n'y avait pas eu ce correctif, qu'il commençait à faire pas mal de bruit et qui aurait pu être très gênant pour le gouvernement.

10:21
Présentateur

– Laurent Geoffrin, les deux, sur la forme et sur le fond ?

10:24
Invité

– Sur la forme, c'est un peu extravagant, c'est vrai que normalement, c'est le gouvernement qui annonce les mesures. Mais enfin, ça veut dire aussi que le pouvoir est passé largement au Parlement, c'est le symbole de ça. Mais bon, ça c'est un peu anecdotique. Ce qui me frappe, c'est que Wauquiez découvre la Lune parce que ça a déjà été fait, le gel des retraites, il est fait sous la gauche, sous Hollande et Sapin. Et qu'est-ce qu'ils avaient fait ? Ils avaient dit, les petites retraites, on n'y touche pas. Donc, voilà, la source d'inspiration de Laurent Wauquiez, c'est la politique de la gauche. Donc, je trouve ça très bien.

Moi, je ne savais pas qu'il était passé au NFP directement, mais il va dans le bon sens, en tout cas, c'est bien. Parce qu'à la fois, c'est vrai qu'il faut faire des efforts, mais d'ailleurs, je trouve que l'opinion devrait se rendre compte d'une chose. On dit, les retraités sont des nantis. Ils ont un niveau de vie supérieur à ceux des actifs. Alors, en moyenne, c'est vrai. Mais si je comprends bien, il y a beaucoup de retraites qui sont inférieures au SMIC. Et ça ne m'étonne pas, parce que moi, j'en connais des femmes, en général, qui touchent 800, 900 euros par mois. C'est-à-dire, on me dira, oui, mais ils sont propriétaires de l'appartement. Ce n'est pas toujours le cas.

Et puis, ce n'est pas des grands appartements. Et donc, c'est un niveau de vie très, très bas. C'est difficile. Et donc, le simple fait de perdre 2 ou 3 % à cause de l'inflation, ça compte pour ces gens-là.

11:44
Présentateur

– Mais est-ce que… Alors, je l'ai passé à gauche, vous dites, mais est-ce qu'ils ne se renient pas… – Non, c'est vrai que…

11:48
Invité

– Non, mais est-ce qu'ils ne se renient pas un peu, quand même, le renvoquer ?

11:51
Présentateur

Parce que quand ils étaient dans l'opposition, les LR, ils se sont toujours fait les défenseurs des retraités, des classes moyennes et des retraités. Or, là, les retraités des classes moyennes, finalement, ils ne seront revalorisés que de la moitié de l'inflation. Est-ce que ce n'est pas un peu les perdants de cette mesure ? Et est-ce que, du coup, il n'y a pas le discours des LR dans l'opposition et le discours des LR quand ils ont les manettes ?

12:07
Invité

– Mais si, parce qu'évidemment, ils passent leur temps à dire qu'on dépense trop. Et puis, quand on fait des économies, ils disent, « Non, non, non, surtout pas, attendez, il faut prendre des mesures, etc. » Ce qui prouve que ce n'est pas si simple de faire des économies. Là aussi, je constate que, dans le précédent quinquennat de gauche, le déficit budgétaire a été contenu. Il a été ramené, il a été raboté lentement, mais enfin, il a quand même été contenu. Et là, on a un gouvernement en droite ou centre droit, et alors, hop, c'est l'explosion totale. Je sais bien qu'il y a eu le Covid, qu'il y a eu les gilets jaunes, etc.

Mais même les gilets jaunes, d'ailleurs, est-ce que les gilets jaunes, ce n'est pas une réaction aussi à la maladresse du gouvernement de l'époque ? Il faudrait regarder ça. En tout cas, quand la gauche est là, les finances sont mieux gérées et en plus, on fait attention aux questions sociales. – Ah, c'est un plaisir aïe, ça. – Oui, ça, ça, on se le rend compte. – Non, non, mais c'est vrai qu'il y a eu… – Vous êtes d'accord avec moi, là-dessus ? – Non, non, mais je suis d'accord pour dire qu'entre 2012 et 2017, effectivement, ça a été contenu. Enfin, contenu, pas vraiment, mais ça a été moins pire qu'aujourd'hui.

13:07
Présentateur

– Vous n'êtes plus progé 3% qu'aujourd'hui.

13:09
Invité

– Oui, oui, beaucoup moins pire. Mais c'est vrai qu'il y a eu les gilets jaunes, les gilets jaunes dont l'explosion est due à une mesure qui avait été quand même décidée par Ségolène Royal, il ne faut pas l'oublier, sur l'éco-taxe finalement. Et puis, il y a eu ce Covid, où là, il y a probablement un travail d'enquête à faire pour savoir si c'était bien raisonnable de dépenser autant. Je rappelle quand même qu'à l'époque, y compris la droite, était favorable à ce qu'on dépense autant. Et que la droite a même poussé à la roue. – Il y a un député qui a fait le compte des demandes de la droite à l'époque, c'est 150 milliards de plus.

– Incroyable, et c'est vrai qu'à l'époque, les chefs d'entreprise, y compris les petits, enfin les chefs de petites entreprises, étaient demandeurs. Et se félicitaient que le gouvernement soit aussi présent pour soutenir l'activité, ce qui n'était pas le cas dans d'autres pays qui avaient d'ailleurs les mêmes problèmes financiers que nous. Bon, aujourd'hui on se réveille, tout le monde crie au scandale, mais on a tous une responsabilité collective, même si le gouvernement, on a une supplémentaire. Enfin, le gouvernement, l'équipe dirigeante de l'époque. Mais pour ce qui est des retraites, moi, je suis d'accord pour dire que c'est toujours pareil.

Si on fait de la micro-économie, on va toujours trouver des personnes qui ont du mal à boucler leur fin de mois, notamment quand ils sont retraités. Mais si on regarde bien en macro-économie, c'est quand même les couches les plus âgées de la population qui ont le mieux vécu ces dernières années. Parce qu'on a été assez généreux pour eux, pour elles, contrairement aux jeunes qui ont souvent beaucoup de problèmes pour entrer dans la vie active, qui connaissent des difficultés pour se loger, pour se nourrir, pour vivre. Et c'est vrai que moi, je trouvais que de...

Évidemment, en mettant les petites retraites de côté, en demandant un effort au plus ancien, qui était temporaire, on sait qu'en France, c'est rarement... Souvent, c'est le temporaire dur. Le temporaire permanent. – Oui, mais ça ne me paraissait pas être tout à fait scandaleux. Bon, je pense qu'effectivement, peut-être que... Enfin, sans doute, même électoralement, ce n'était pas payant.

15:28
Présentateur

– On va passer au dernier thème de ce club, et c'est le match France-Israël, match de foot qui aura lieu jeudi, mais qui prend une tournure politique dans le contexte actuel. On va écouter ce qu'en disait Patrick Kanner, ancien ministre des Sports et actuel président du groupe socialiste au Sénat. Il était notre invité il y a quelques minutes.

15:45
Invité

– C'est important d'y être, parce qu'il ne faut pas tout mélanger. Et ce qui s'est passé à Amsterdam, il y a quelques jours, totalement indigne, dangereux, et quand je vois certaines réactions du monde politique français, notamment une députée, les filles d'Ille-et-Vilaine, disant « mais bon, finalement, ils l'ont bien cherché, parce qu'ils ont eu, par certains hooligans qu'on connaît bien, du Machiavelli de Tel Aviv, membre du Bétard, qui est une formation d'extrême droite en Israël. » Il y a eu des provocations, c'est évident. Mais on a voulu casser du juif.

16:21
Présentateur

– Voilà, et la lutte contre l'antisémitisme qui ravive une fois de plus les divisions à gauche.

16:27
Invité

– Oui, parce que les filles se comportent de manière indigne, il faut dire les choses. Et les socialistes ont raison de s'en distinguer. Parce qu'effectivement, il y a eu des provocations honteuses de la part de ces supporters israéliens, racistes, etc. Mais il y a un décalage dans le temps, d'abord, et il y a une organisation qui tend à montrer que ce n'est pas que ça, ce n'est pas seulement une réaction épidermique à ces provocations. Et si c'était organisé, on a quand même beaucoup de doutes là-dessus. Et puis ça correspond à une montée générale de l'antisémitisme en Europe. Alors c'est vrai que c'est facilité, ou c'est favorisé par le comportement de l'armée israélienne, ça c'est vrai.

Mais c'est préexistant. Et là aussi, dans mon journal, on a rendu compte de l'étude menée par Dominique Régnier. Oui, qui c'est ? C'est un politologue qui a une fondation, c'est le Fondapol. Il y a un sondage sur les réactions diverses des Français à la question de l'antisémitisme. On s'aperçoit que ça monte, que le nombre d'agressions n'a cessé d'augmenter, et que les attitudes évoluent. Et là, pour mettre les pieds dans le plat, les jeunes sont touchés, et notamment les jeunes musulmans. Donc là, il faut dire les choses. C'est un problème. Et là, les filles, évidemment, ils ne parlent pas de ça, parce qu'ils sont en train de faire du clientélisme avec les populations des quartiers.

Donc ils ont un côté, l'antisémitisme, c'est résiduel, comme disait Mélenchon. Mais il est fou. Historiquement, c'est la gauche qui a... Enfin, une grande partie de la gauche, en tout cas, historiquement, sur un siècle ou sur un siècle et demi, qui a mené la lutte pour nos compatriotes juifs. Depuis l'affaire Dreyfus, c'est comme ça. Et rompre avec cette tradition-là, c'est une erreur tragique. Ça n'empêche pas de critiquer de manière extrêmement vive le comportement du gouvernement Netanyahou. Mais l'un va avec l'autre. C'est-à-dire qu'on peut s'autoriser à critiquer la politique d'Israël, mais il faut être impeccable sur la défense de nos compatriotes juifs.

Si on mélange les deux, on sort de la gauche, on n'est plus à gauche.

18:39
Présentateur

– Et Patrick Caner qui demandait d'ailleurs plus de fermeté de la part de la direction du PS dans la condamnation de certains propos de la France insoumise.

18:46
Invité

– Oui, oui, bien sûr, il a tout à fait raison, c'est tout à fait inadmissible. – Alors c'est très bien que le ministre de l'Intérieur ait dit qu'il fallait absolument que ce match ait lieu. Parce qu'il y avait aussi des voix qui commençaient à dire qu'il fallait battre retraite en pleine campagne. Surtout pas, il faut au contraire maintenir ce match. C'est un véritable problème, la montée de l'antisémitisme, qui est une espèce de judéophobie, effectivement, qui se répand dans une partie de la population. Et l'antisémitisme a changé de visage.

Je ne dis pas que celui d'extrême droite a disparu complètement, mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a une grande partie de la population, issue de l'immigration pour beaucoup, qui est dans une culture musulmane, intégriste souvent, et qui, eh bien, relaie des messages et entretient cette espèce de haine du juif qui est absolument détestable.

C'est pas nouveau, on n'a pas attendu l'affaire de Gaza, enfin l'affaire de Gaza, je dirais, le 7 octobre 2023, pour que ça existe, ça a existé avant, il y a eu des faits divers, absolument antisémites, absolument odieux, Ilan Halimi, Mme Knoll, enfin bon, il y a eu, on sait tout ça, l'antisémitisme, on ne le découvre pas, c'est quelque chose qui, malheureusement, est permanent, mais avec des accès de fièvre, et qu'on est en train de connaître aujourd'hui.

20:20
Présentateur

Merci à tous les deux, on regarde ce qu'il y a à la une de la presse régionale avant de se quitter. Et Alex, on commence avec l'incendie du marché de Noël de Barcares dans les Pyrénées-Orientales.

20:36
Invité

Oui, c'est à la une de l'indépendant catalan, un incendie s'est propagé au cœur du village de Noël de Barcares dans la nuit de dimanche à lundi. Les flammes ont causé d'importants dégâts impressionnants, détruit totalement cette chalet, un cynisme qui retarde l'inauguration de l'événement qui, l'an dernier, a quand même accueilli 1,5 million de visiteurs.

20:54
Présentateur

Le retour de la colère agricole, c'est à la une de plusieurs de nos journaux régionaux.

20:57
Invité

Ah oui, c'est le sujet le plus présent aujourd'hui. À la une de la presse régionale, les agriculteurs pris à la gorge, titre Le Républicain Lorrain. La colère couvre toujours, estime le journal La Voix du Nord. Pourquoi la grogne monte dans les champs ? Interroge le Télégramme. De nombreuses exploitations agricoles font face à des problèmes de trésorerie actuellement et dénoncent une réglementation encore trop complexe.

Dans une interview au journal Le Républicain Lorrain, le sénateur Les Républicains, Daniel Grémillet, estime que l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays d'Amérique du Sud va signer, je cite, « la mise à mort de nos agriculteurs français en les confrontant à une concurrence déloyale ».

21:32
Présentateur

Les retraités pourraient aussi exprimer leur colère face à l'effort budgétaire demandé par le gouvernement.

21:36
Invité

Eh oui, on le rappelle, dans le budget 2025, le gouvernement prévoyait de geler toutes les pensions de retraite les six premiers mois de l'année 2025 avant de les revaloriser au niveau de l'inflation en juillet. Une mesure qui a provoqué la fronde des retraités. Et donc, le gouvernement va changer de braquet. C'est ce qu'a annoncé hier Laurent Wauquiez, le patron des députés Les Républicains. En janvier, toutes les pensions de retraite seront revalorisées, mais à hauteur de la moitié de l'inflation. En juillet, les pensions en dessous du SMIC seront revalorisées au niveau de l'inflation. Cela veut dire que les retraités de la classe moyenne vont quand même faire un effort financier.

D'ailleurs, West France se demande qui sont ces 17 millions de retraités français. Et bien, ils perçoivent en moyenne 1 512 euros nets mensuels et 10% d'entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 1 216 euros par mois.

22:23
Présentateur

Quel bilan pour l'ouverture à la concurrence du train en France ?

22:26
Invité

C'est la question posée par le journal Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Cela fait six ans que le rail français a été ouvert à la concurrence et le secteur n'a pas vraiment été bouleversé. Seuls deux acteurs sont venus faire de la concurrence à SNCF Voyageurs. L'italien Trenitalia sur la ligne Paris-Lyon et l'espagnol Renfe sur les axes Lyon-Barcelone et Marseille-Madrid. Et cette ouverture à la concurrence a fait baisser les prix sur ces lignes, par exemple, moins 10% sur le Paris-Lyon.

22:49
Présentateur

Fini la cigarette ?

22:50
Invité

Oui, en tout cas fini pour ce mois-ci, puisque c'est le mois sans tabac, l'opération annuelle qui doit sensibiliser au danger du tabagisme, même si les résultats de cette opération sont incertains. Le tabac connaît toujours un nombre de consommateurs important, malgré la hausse des prix. Et le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France, avec 75 000 décès par an.

23:12
Présentateur

Merci Alex. La une du Figaro-Yves. Fiscalité, les entreprises anticipent déjà le choc.

23:17
Invité

Oui, mais l'heure est grave, parce qu'effectivement il y a énormément d'augmentation de taxes en tous les domaines. Mais on ne sait pas d'ailleurs si elles vont être maintenues, parce que la discussion du budget est bourrement compliquée. Mais vous savez, on parle souvent d'insécurité. Mais il y a l'insécurité fiscale. Les chefs d'entreprise notamment ne savent pas à quelle source ils vont être mangés.

23:41
Présentateur

Et c'est à lire ce matin dans le Figaro. Merci beaucoup, Écate.

23:43
Invité

Et dans le journal.info, qui est mon journal.

23:46
Présentateur

Eh bien, on en parle. Allez, petit mot. Il y a cinq secondes, Laurent Joffrin.

23:48
Invité

Il y a un papier très intéressant d'une journaliste, qui s'appelle Sylvie Pierre-Brossolette, sur la montée de l'antisémitisme, justement.

23:56
Présentateur

Eh bien, c'est à lire dans votre journal. Merci Laurent Joffrin. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis à 18h. Vous avez rendez-vous avec Thomas Huck pour Sens Public. On se retrouve demain. Très bonne journée.