« Croyons en nous » | Édouard Philippe dans L’Heure de vérité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 62 %Attaque 20 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:25OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez assez solide pour présider la France dans ces circonstances ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous pousse à y aller ? C'est quoi, c'est l'obsession du pouvoir ?
- 5:41RelanceRéponse partielle
Vous avez dit du sang et des larmes, vous étiez un peu revenu sur cette formule, en tout cas des efforts.
- 6:50OuverteRéponse directe
Quoi, qu'est-ce que vous leur proposez sur le pouvoir d'achat ?
- 11:26RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous allez offrir à ces deux foyers pour qu'ils puissent augmenter leur pouvoir d'achat ?
- 13:20RelanceRéponse directe
Et donc vous restez... Enfin, je crois. Mais qu'est-ce que vous faites pour cette personne-là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:41Édouard PhilippeFait
« Je n'ai jamais dit du sang et des larmes, mais j'ai dit un peu de sueur. »
- 7:30Édouard PhilippeFait
« Le « travailler plus pour gagner plus ». Ce n'est pas moi qui ai inventé cette formule. »
- 8:12Édouard PhilippeChiffre
« Travailler deux heures de plus par semaine, c'est 1 000 euros de plus par an. »
- 9:26Édouard PhilippeChiffre
« Une allocation familiale unique, qui permet de verser 350 euros dès le premier enfant. »
- 10:03Édouard PhilippeChiffre
« Les 4e, 5e, 6e déciles et peut-être le début du 7e. »
- 10:45Édouard PhilippePromesse
« La possibilité d'obtenir un prêt à taux zéro pour les familles qui, ayant un enfant, doivent changer d'appartement. »
- 15:37Édouard PhilippeChiffre
« 25 %, c'est les personnes de 61 ans qui ne sont ni en emploi ni à la retraite. »
- 18:13Édouard PhilippeChiffre
« On chiffre à 30 milliards les économies. »
- 22:00Édouard PhilippePromesse
« Mon objectif, c'est en effet de faire rentrer les comptes de la France dans l'ordre. »
- 23:13Édouard PhilippeChiffre
« 750 000 départs à la retraite dans la fonction publique dans les 5 ans. »
- 23:52Édouard PhilippePromesse
« Je propose qu'on ne les renouvelle que pour 2 sur 3. »
- 26:49Édouard PhilippeFait
« Il y a un tiers des salariés qui ne seront pas concernés par cet âge de 65 ans. »
- 33:26Édouard PhilippeFait
« Un président de la République vit en permanence avec l'idée qu'il va parfois devoir commander à des Français d'aller se battre et peut-être d'y risquer leur vie. »
- 51:48Fait
« Le 7 octobre a été une opération terroriste, guerrière, qui a été le plus grand pogrom qu'on ait connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale. »
- 51:48Chiffre
« 51 ressortissants français sont morts le jour du 7 octobre. »
- 55:24Fait
« Ce n'est pas du tout un sujet secondaire. C'est un sujet sérieux. C'est un sujet vécu par les Français. »
- 56:06Chiffre
« Je pense qu'il faut qu'on revienne dans les purs de ce qui existait avant 2010, c'est-à-dire largement inférieur à 200 000. Donc moitié moins. »
- 58:46Fait
« Il faut donc admettre que l'immigration est trop importante. »
- 1:01:28Fait
« On n'est pas sérieux dans notre façon d'instruire et d'envisager le droit d'asile en France. »
- 1:02:43Chiffre
« C'est les Afghans, c'est 80 % d'hommes. »
- 1:03:25Fait
« J'ai été, je crois, un des premiers à dire que lorsque des traités anciens réglant la question de l'entrée et du séjour des étrangers en France n'étaient plus satisfaisants, il fallait les dénoncer. »
- 1:09:13Fait
« Ce qui est ce que... j'ai du mal à imaginer que quiconque puisse douter que la France a des racines judéo-chrétiennes. »
- 1:11:16Fait
« Je pense à l'islamisme. C'est-à-dire à ce courant qui veut imposer des règles issues de la religion à la vie civile en France. »
- 1:13:36Fait
« Notre pays n'est pas suffisamment préparé à la transformation climatique rapide et de plus en plus rapide qui vient. »
- 1:14:13Fait
« On doit adapter notre bâti, c'est comme ça, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. »
- 1:40:22Fait
« Moi, je fais 8 heures par jour, 700 euros de retraite. Et vous combien ? Vous pouvez changer nos fiches de paye ? »
- 1:43:59Fait
« Je me présente à l'élection présidentielle. Vous pensez que c'est une primaire qui me fait peur ? »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans le tout premier numéro de l'Heure de Vérité. Comment incarner le renouveau quand on a été Premier ministre d'Emmanuel Macron ? Comment casser une image d'homme du système quand on en est le produit ? Comment redresser un pays surendetté, fracturé, où les conflits sociaux tournent aux affrontements ? Pour Édouard Philippe, c'est l'Heure de Vérité.
Bienvenue à l'Heure de Vérité. Bienvenue à l'Heure de Vérité. Je vous laisse vous installer. Est-ce que c'est vrai que vous chantez le générique de l'Heure de Vérité depuis une semaine ? Non mais cette musique des Wings, je la connais depuis longtemps, je l'aime beaucoup. Et alors elle est un petit peu obsédante, quoi. Donc oui en effet je la sifflote depuis... depuis quelques jours. Et quand vous étiez petit, vous refaisiez les émissions, vous jouiez le journaliste et l'homme politique en allant à l'école. Oui, ça m'est arrivé, oui. Quand j'étais lycéen, je me souviens assez précisément avoir écouté des heures de vérité, enfin, regarder des heures de vérité. Et le lendemain, en allant au lycée à pied, me refaire les questions.
Et imaginer les réponses qui devaient être croquignolettes, si vous me passez l'expression. Aujourd'hui, c'est votre tour. Et voilà, aujourd'hui, c'est mon tour. À ce stade de la campagne, vous imaginez bien que les Français attendent de vous ce soir. La vérité, naturellement, mais aussi peut-être un récit, un projet pour la France. Vous allez répondre ce soir aux questions de Maryse Burgot. Maryse Burgot, grand reporter à France Télévisions. À ses côtés, Benjamin Duhamel, journaliste sur France Inter et sur France Télévisions, présentateur de Franjeu sur France 2. Eugénie Bastier, journaliste au Figaro. L'économiste Thomas Porcher, qu'on entend sur Radio Nova. Et puis Neïla Latrous, qui est rédactrice en chef politique de...
Ils sont ce que le créateur de l'émission, François-Henri de Virieu, à qui nous rendons hommage ce soir. appelait l'horloge humaine. Voilà, ils auront 12 minutes chacun pour vous interroger. Ce soir, on ne pourra pas évoquer l'ensemble des sujets. Édouard Philippe, il y a quelque chose qui m'a un peu étonné. Lorsque vous êtes arrivé à Matignon, vous avez raconté que vous aviez les jetons. Vous avez raconté que vous avez perdu 6 kilos en 15 jours, que vous étiez tenaillé par le stress, par la pression avant. La France aujourd'hui, c'est un chaudron. La France, c'est brutal. Je sais que vous êtes venu avec votre coach de boxe ce soir, mais est-ce que vous pensez assez solide pour présider la France dans ces circonstances ? Moi, je fais partie des gens qui pensent que prendre la mesure d'une
grande responsabilité avant de commencer à l'exercer, c'est normal et que c'est sain de le reconnaître. Les acteurs, avant de monter sur scène, ils ont le trac. Et vous savez ce qu'on leur dit quand ils n'ont pas le trac ? On leur dit que ça viendra avec le talent. Donc moi, j'avoue bien humblement... Avant de prendre des responsabilités extrêmement importantes, je suis impressionné par la tâche. Et une fois que je commence, je suis dedans. C'est le cas pour la présidence de la République donc ? Bien sûr. Et qui pourrait imaginer occuper ses fonctions sans avoir un moment de vertige ? Ceux qui m'inquiètent, c'est ceux qui ne ressentent pas ça. Ceux qui m'inquiètent, c'est ceux qui vous disent « Mais bien entendu, la présidence de la République,
en plus le moment est tranquille, l'époque est facile. » Non, ça c'est inquiétant. Donc bien sûr, j'ai réfléchi à ce que ça voulait dire d'exercer le pouvoir et... Et je crois avoir pris la mesure de ce que ça représente. Il y a peut-être des gens qui vous regardent ce soir et qui se disent, au fond, quel que soit le président qui arrivera... à l'Élysée en mai prochain, il aura un pays fracturé, je le disais en débutant cette émission, un pays surendetté, une situation économique extrêmement périlleuse, un monde dangereux, on en parlera tout à l'heure d'ailleurs avec Maryse Burgot. Franchement, qu'est-ce qui vous pousse à y aller ? C'est quoi, c'est l'obsession du pouvoir ? Non, c'est faire grandir la France, c'est justement la sortir de cette mauvaise passe.
C'est la rendre plus puissante parce que nous en avons besoin pour nos enfants, c'est la rendre plus confiante en elle-même parce que dès lors qu'elle est confiante en elle-même, elle peut tout faire et puis c'est la rendre plus fière. Je sais que ces mots il faut les manier avec attention parce que derrière l'idée de fierté parfois il y a une forme d'arrogance. Mais moi je suis fier d'être français. Il y a une fierté d'être français, il y a une fierté d'aimer son pays, d'aimer son art de vivre, d'aimer ses paysages, d'aimer son identité, d'aimer son histoire, sa culture, ce que nous sommes profondément avec toute notre diversité et probablement quelques défauts. Mais néanmoins de savoir qu'être français ça représente quelque chose de particulier. Et...
Et ma conviction, et je vais vous dire, je l'ai vécu au Havre, ma conviction, c'est que quand on redonne une fierté à une ville ou à un pays et une confiance dans ceux qui y vivent, on peut faire de très grandes choses. Et je suis confiant que la France... Il va falloir faire de très grandes choses. Et absolument certain que la France peut faire de très grandes choses. Parce que les enjeux sont énormes, évidemment. Et on va en parler. C'est sûr que l'époque n'est pas facile. On va parler dans un instant de la colère des lycéens. La priorité des Français aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat. Ils sont... frappés, vous le savez bien, par la hausse des prix des carburants, par l'inflation, ils galèrent en gros. Vous, vous leur promettez à ce stade
de la campagne, vous avez dit du sang et des larmes, vous étiez un peu revenu sur cette formule, en tout cas des efforts. Je n'ai jamais dit du sang et des larmes, mais j'ai dit un peu de sueur. Vous avez dit des efforts. Oui, des efforts, parce que je suis convaincu que si on veut s'en sortir, il va falloir qu'on travaille tous un peu plus. Je suis convaincu que l'argent magique n'existe pas. Je suis convaincu que compte tenu du taux de prélèvement obligatoire en France, augmenter les impôts, ça ne marchera pas. Ce que nous devons faire tous, dans la mesure de nos moyens et de façon juste, c'est travailler un peu plus. Et c'est comme ça qu'on réglera les problèmes du pays et comme ça qu'on améliorera le pouvoir d'achat des Français. Mais Édouard Philippe, pour être élu,
il faut embarquer le pays, il faut lui faire envie, il faut se rendre désirable. Est-ce qu'il ne faut pas à un moment donné un petit goût de sucré, un peu de miel dans une campagne ? Mais bien entendu. Mais le miel, ce n'est pas dire des choses qui n'existent pas. Le miel, ce n'est pas faire des promesses qui sont inconsidérées et qu'on sait ne pas pouvoir tenir. Pardon, mais ça ne marche pas. Si, ça marche pour se faire élire parfois. Peut-être, mais moi je ne vais pas faire comme ça. Je ne sais pas faire comme ça, je vais faire comme j'ai fait au Havre, c'est-à-dire dire exactement ce que je veux faire, dire comment je veux le faire, et ensuite laisser les Français décider, parce qu'une démocratie, c'est ça. C'est un débat public, dont on espère
qu'il sera à la hauteur des enjeux, et des Français qui décident à la fin, après avoir entendu les arguments, et compte tenu de leur envie de sauver le pays. Alors quoi, qu'est-ce que vous leur proposez ? Sur le pouvoir d'achat, typiquement ? Je leur propose de ne pas raconter de craques et de travailler en effet un peu plus. Tout le monde en France vit dans un contexte où le pouvoir d'achat est un problème extrêmement oppressant. Et il faut le mesurer et il ne faut pas le nier et c'est un fait. Moi, ce que je propose aux Français, c'est d'abord de faire en sorte qu'en travaillant un peu plus, on gagne nettement plus. Le « travailler plus pour gagner plus ». Ce n'est pas moi qui ai inventé cette formule. Non, c'est Nicolas Sarkozy.
Oui, mais elle est bonne. Elle est bonne et c'est surtout la bonne solution. Et donc ce que je propose, c'est de faire en sorte que dans l'entreprise, on offre la liberté à l'entreprise d'organiser un travail supplémentaire, de faire en sorte de travailler un peu plus longtemps. Et ce que je souhaite, c'est que dès lors que dans une entreprise, après une discussion au sein de l'entreprise, on décide de travailler plus longtemps, alors la totalité de ce qui est produit, des heures de travail, soit progressivement dégagée des cotisations sociales et de l'impôt sur le revenu. En fait, l'idée c'est de dire, si vous travaillez plus longtemps, le salarié va gagner plus parce qu'il n'y aura plus de cotisations sociales sur ce qu'il fait et l'entreprise va pouvoir disposer d'un coût du travail
qui sera un peu moins élevé, tout le monde y gagnera. On travaillera plus ? Ah, c'est pas négligeable. Pour quelqu'un qui est au SMIC, travailler par exemple dans ce cadre, deux heures de plus par semaine. C'est un effort, c'est vrai, c'est un effort. Mais travailler deux heures de plus par semaine, c'est 1 000 euros de plus par an. C'est pas négligeable. Quand on est au SMIC, 1 000 euros de plus par an, c'est pas négligeable. Et moi je suis convaincu que toutes les autres formules qu'on raconte à l'envi aux Français, elles ne marchent pas. Nous allons devoir travailler un peu plus longtemps. Et ceux qui travaillent pourront gagner un peu plus en travaillant un peu plus. Ça c'est la première chose. Il y a une deuxième catégorie de Français, si j'ose dire, qu'il faut aider particulièrement.
Ce sont les familles. On a... en France un énorme problème avec notre démographie. C'est pas l'État qui décide quand est-ce qu'on fait des enfants. J'ai jamais aimé l'expression « réarmement démographique » parce que c'est pas une... Et par d'autres, parce que ça n'est pas une décision publique. Ce sont des hommes et des femmes qui décident de faire des enfants. Et ils décident parce qu'ils ont envie de les faire. Ce qu'il faut, c'est les aider, quand ils ont envie de le faire, à pouvoir le faire dans de bonnes conditions. Et je propose deux choses. La première, c'est de revoir totalement le système des allocations familiales. Notre politique familiale n'est plus adaptée. Moi, ce que je crois, c'est qu'il faut aider les familles, y compris les
familles monoparentales, bien entendu, dès le premier enfant. Aujourd'hui, on les aide beaucoup, mais à partir du deuxième, et encore plus à partir du troisième. Je pense qu'il faut aider, avec une allocation familiale entièrement revue, toutes les familles à partir du premier enfant. Une allocation familiale unique, qui permet de verser 350 euros dès le premier enfant. C'est assez différent de ce qui existe aujourd'hui, et qui est ensuite dégressif avec le revenu. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est d'accompagner les familles qui travaillent et qui font un enfant, puis un deuxième, puis un troisième, s'ils le souhaitent. En faisant en sorte d'obtenir une réduction d'impôt d'environ 3 000 euros, ce qui permet aux classes moyennes qui travaillent de ne pas
payer d'impôt sur le revenu pendant les trois années qui suivront la naissance d'un enfant. Exonération d'impôt dans les trois premières années de la naissance d'un enfant pour les classes moyennes. C'est qui les classes moyennes ? Ça commence où, ça s'arrête où ? Pardon d'utiliser ce terme.
Les 4e, 5e, 6e déciles et peut-être le début du 7e. Donc ça veut dire les classes moyennes qui payent l'impôt sur le revenu, c'est vrai, qui payent l'impôt sur le revenu, qui en général payent moins de 2 500 à 3 000 euros d'impôt sur le revenu, et bien celles-là, on les aide en créant...
Et j'ajoute une dernière chose, parce que j'avais proposé cela dans le débat public l'année dernière, pour aider les familles... Ça a été inscrit dans le budget cette année, je m'en réjouis. La possibilité d'obtenir un prêt à taux zéro pour les familles qui, ayant un enfant, doivent changer d'appartement et décident de pouvoir acheter un appartement. Alors évidemment, là aussi, c'est quelque chose qui accompagne la famille lorsqu'elle s'agrandit. Et je ne crois pas qu'on puisse faire... Encore une fois, je ne crois pas qu'on puisse distribuer le pouvoir d'achat. Et d'ailleurs, les Français le savent très bien. En revanche, je pense qu'on peut dire, pour ceux qui travaillent... et qui ont besoin que leur travail paye, parce que le travail ne paye pas assez en France.
Et pour les familles, parce que notre nation a besoin d'accompagner ceux qui font des enfants, ces trois mesures, elles permettent d'obtenir un effet qui est un effet réel. Eh bien vous allez continuer à en parler avec Thomas Porcher. Thomas Porcher, bonsoir. Vous êtes économiste, professeur à la Paris School of Business. On vous entend sur Radio Nova, qui appartient à Mathieu Pigasse. Vous êtes membre des Économistes atterrés, un collectif classé à gauche. À gauche, ça vous va ? Oui, très bien, parfait. Bonsoir Édouard Philippe. Bonsoir. Alors, on a très bien compris la philosophie de votre programme économique, c'est de faire en sorte que les Français travaillent plus, et c'est de redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes,
notamment via des baisses d'impôts sur le revenu quand ils ont un enfant. Alors moi je vais vous montrer deux foyers, je vais vous expliquer ces deux foyers, ils vont apparaître sur l'infographie, et puis après je vous poserai une question. Là on a un célibataire sans enfant qui gagne 1 550 euros net par mois, donc au-dessus du SMIC. Puis on a un couple marié avec un enfant, qui est à 3 300 euros net par mois. Ces deux foyers ne payent pas d'impôt sur le revenu. Le deuxième avec un enfant ne paye pas d'impôt sur le revenu. Donc la mesure que vous proposez ne les concerne pas. Qu'est-ce que vous allez offrir à ces deux foyers pour qu'ils puissent augmenter leur pouvoir d'achat ? Une allocation familiale unique, dont j'ai évoqué l'existence dès le premier enfant.
Aujourd'hui, le couple marié avec un enfant, au premier enfant, ses allocations familiales, c'est zéro ou quasiment zéro. 350 euros par mois dès le premier enfant. Je pense que c'est assez utile et assez important et que ça accompagne l'arrivée d'un enfant, quel que soit d'ailleurs le niveau de revenu. Et pour le premier, qui est légèrement au-dessus du SMIC, qui ne paye pas l'impôt sur le revenu ? 350 euros dans le cadre d'une allocation. En réalité, l'allocation que je propose, elle reprend un certain nombre d'heures et elle est dégressive avec le revenu. Donc quand vous aurez... un couple marié qui gagne 10 000 euros par mois, l'allocation sera très légère. Et quand vous n'avez pas d'enfant ? Quand vous n'avez pas d'enfant, vous ne touchez pas d'allocation familiale, M. Porcher.
Et donc vous restez... Enfin, je crois. Mais qu'est-ce que vous faites pour cette personne-là, à 1 550 euros, au-dessus du SMIC, qui est impactée par l'inflation et la hausse des prix du carburant ? Et bien là, c'est la solution du travail. Du travail, donc des heures supplémentaires. C'est la solution du travail, d'un travail un peu plus long, c'est vrai, je le reconnais, c'est un effort, mais d'un travail qui paie beaucoup plus dès lors qu'on travaille un peu plus longtemps, puisqu'il n'y a plus de cotisation, ni pour l'entreprise, ni pour le salarié. Alors c'est assez intéressant, allons sur les heures supplémentaires. Ça a été mis en place par Sarkozy, ça a été mis en place aussi par vous en 2019, vous avez retiré un certain
nombre de cotisations sociales et vous avez défiscalisé en grande partie déjà les heures supplémentaires. Et il y a un certain nombre d'études, y compris reprises par le Cercle des économistes, qui est plutôt un centre d'économistes, on va dire, non politique, on peut dire ça, ils vous invitent souvent d'ailleurs, qui eux ont dit que les heures supplémentaires avaient surtout, alors déjà, n'avaient pas entraîné... une augmentation du volume d'heures, ça n'avait pas été une incitation à faire plus d'heures supplémentaires. Et la deuxième chose, c'est que ça avait profité surtout aux cadres et aux professions intermédiaires. Donc moi, quand je vois cette personne qui est seule, qui ne va pas bénéficier finalement d'aide du pouvoir d'achat et des heures supplémentaires...
C'est vous qui dites qu'elle ne va pas bénéficier d'aide du pouvoir d'achat. Si elle travaille plus longtemps, je vous l'ai dit, au niveau du SMIC, c'est 1 000 euros par an. Vous pouvez dire que c'est rien, moi je considère que c'est pas rien. Et je suis sûr qu'elle ne considérera pas que c'est rien. Après, on a un passif, on peut regarder un peu ce qu'ont donné les défiscalisations d'heures supplémentaires. Et on voit que les revenus modestes, eux, n'ont pas augmenté. Je vous le dis, ça a profité aux cadres. Est-ce que vous permettez, M. Porcher, de vous dire que ce que j'ai indiqué, pardon de rentrer dans la technique, mais vous m'y invitez, c'est à la fois une défiscalisation... Évidemment, pour une défiscalisation,
il faut payer l'impôt sur le revenu. Quand on ne paye pas d'impôt sur le revenu, ça n'aide pas beaucoup. C'est aussi, entre guillemets, une désocialisation. C'est-à-dire que les cotisations sociales ne sont plus versées. Donc la différence entre le revenu net et le revenu brut, elle disparaît. Et là, évidemment, c'est extrêmement précieux. Mais c'est déjà le cas en grande partie. Je vous dis mon système au niveau du SMIC, 1 000 euros par an. Très bien. Je voudrais aller sur les retraites maintenant, parce qu'il faut travailler plus longtemps. Dans la vie, vous avez présenté votre réforme des retraites, âge de départ à la retraite 65 ans, 45 annuités. Là, vous avez ce chiffre de 25 %. 25 %, c'est les personnes de 61 ans qui
ne sont ni en emploi ni à la retraite. Donc, ils sont dans ce couloir de précarité. En reportant l'âge de départ à la retraite, vous augmentez ce couloir de précarité. Qu'est-ce que vous dites à ces gens-là ? D'abord, ce que vous dites, je crois que ça n'est pas vrai. C'est le COR qui le dit. Non, non, mais permettez-moi juste de répondre. Conseil d'orientation des retraites, pardon. Permettez-moi juste de répondre. Il est certain, ça s'est observé dans tous les pays, il est certain que lorsque l'on décale l'âge de la retraite, l'âge moyen de départ à la retraite, il augmente. C'est d'ailleurs accessoirement ce qui se passe en France. Et vous le savez. Et vous le savez. L'âge moyen de départ à la retraite est aujourd'hui plus tard que ce qui
prévalait il y a cinq ans, parce que l'âge de départ a été augmenté. Ça se mesure très bien, je suis sûr que vous connaissez les chiffres. Donc là, à 60… Attendez, attendez, si vous me permettez, je termine, parce que c'est important. Donc moi, je considère que si on veut équilibrer le système des retraites, et si on veut préparer la retraite de ceux qui travaillent aujourd'hui, ce qui me paraît au moins aussi important, on doit équilibrer le système en travaillant, c'est vrai, un peu plus longtemps, et mettre en place un système de capitalisation. Il y a des choses qu'on doit faire pour que ce soit possible. Et il y a notamment un effort très important qu'on doit fournir sur la capacité pour les personnes qui vieillissent de rester dans l'emploi.
Il y a une chose que la France... C'est un des problèmes, parce que quand ils souffrent mal, ils ont du mal à retrouver un emploi. Vous avez raison, et il y a une chose que la France fait très mal. C'est l'accompagnement des seniors ou de ceux qui vont devenir seniors, je ne suis pas sûr d'adorer le terme, et depuis que j'ai 55 ans, je suis certain de ne pas beaucoup l'aimer, mais de ceux qui vieillissent pour s'adapter, soit à de nouveaux métiers. Et juste, je pense que les Français, que la France en général, n'est ni plus bête, ni moins agile que d'autres pays. Et ce que j'observe... c'est que dans des pays qui ont repoussé, parfois plus tard que la France, l'âge de départ à la retraite, on a concentré les moyens de la
formation sur les personnes qui vieillissent. Et ça a donné d'excellents résultats. Je crois, M. Porcher, qu'on peut le faire. Et ça fait partie de la réforme que j'ai présentée. Quelqu'un en ange, on rentre.
Si on fait toutes les annuités que vous voulez... Quand on a fait des études ? Voilà, quand on a... Non, c'est la moyenne, c'est la moyenne, globalement. 22 ans en moyenne. Voilà. Quand on a fait toutes vos annuités, pour avoir une retraite complète, il faut arriver à 67 ans. Donc si on part à 65 ans, on n'a pas une retraite complète. Et là, on parle d'un parcours où il n'y a aucune embûche. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de chômage, même de chômage frictionnel, il n'y a rien. Donc on a l'impression quand même que votre réforme des retraites, elle a pour but, en fait, que les gens arrivent finalement à l'âge de départ à la retraite avec des pensions qui ne soient pas complètes, en réalité. Pas du tout. Le but, c'est quand même de faire des économies.
C'est même totalement l'inverse. Pas du tout. Pas du tout. On chiffre à 30 milliards les économies. Pas du tout. C'est ce que vous pensez ? Ah bon, d'accord. Mon objectif, ce n'est pas de faire en sorte que les gens partent avec des retraites plus faibles. Mon objectif, c'est de garantir les retraites. Et pour garantir les retraites, je n'invente pas une idée saugrenue, je ne suis pas économiste. Je n'ai pas la capacité d'inventer des idées aussi facilement que vous. Je regarde ce qui marche ailleurs. Je reconnais que ce n'est pas très inventif, mais je regarde ce qui marche ailleurs. Tous les pays d'Europe, et vous le savez, tous les pays d'Europe, avec un système par répartition, face à ce choc démographique que nous sommes en train de vivre, ont répondu de la même façon,
avec des petits bémols, mais de la même façon en travaillant plus longtemps. Et donc l'idée, c'est de travailler un peu plus longtemps, M. Porcher, pour faire en sorte que les pensions d'aujourd'hui soient versées et que les pensions de demain puissent être versées. Avec comme résultat, par exemple en Allemagne, trois fois plus de pauvres retraités qu'en France. Parce que leur système est différent, parce que leur système est différent et qu'il est objectivement moins généreux. Mais pour l'équilibrer, ils ont choisi le même niveau, c'est-à-dire de travailler... un petit peu plus longtemps. Et ça ne me choque pas, M. Porcher. Peut-être que ça ne me choque pas parce que, voyez-vous, vous, M. Porcher, je ne connais pas la nature de votre travail de tous les jours,
mais je comprends que vous l'aimez, que vous vous organisez relativement librement et que vous pourrez travailler jusqu'à 67 ans, sauf si, pour des raisons de santé ou pour des raisons de pénibilité que je ne saisis pas pour l'instant. Je ne suis pas sûr que ma retraite soit pleine même si je vais jusqu'à 67 ans. Eh bien moi, je vous le garantis. C'est bien ça le sujet. Je n'aurai pas toutes mes annuités avec votre système. Mais pardon, si vous n'avez pas toutes vos annuités avec mon système, vous ne les aurez pas non plus avec le système actuel. Parce que des gens qui travaillent jusqu'à 67 ans aujourd'hui... Mais avec vous, ma retraite sera plus faible qu'avec le système actuel. Non, non, pas du tout. Ah mais si. Ah mais pas du tout. Ah mais si, si, si, tout à fait.
Pas du tout. Pas du tout parce que vous pourrez bénéficier en plus d'un deuxième moteur pour financer votre retraite. Que la capitalisation. Que la capitalisation. Qu'on va les mettre progressivement. Obligatoire, qu'on va mettre en place progressivement et qui ne vous coûtera pas plus cher. Alors, j'ai... Et donc, non, attendez, M. Porcher, parce que... Il est... Il doit être... 9 h moins 10. J'aimerais avoir une dernière question qui est importante. Je vais vous laisser la poser. C'est sûr que Mme Burgot sait. Il est 9 h moins 10, on a capitalisation, répartition, c'est assez technique. J'aimerais que ça dure plus longtemps mais voilà. Mais pourquoi est-ce que je propose ça ? Pas pour le plaisir d'ennuyer le monde. Je propose ça parce que justement,
après une vie de travail, il faut pouvoir garantir la retraite à ceux qui la prennent. C'est pas un petit sujet. Et c'est pas un sujet de comptabilité. Parce que vous savez qu'il y a une grosse partie des gens qui meurent avant la retraite. On a gagné 8 ans d'espérance de vie depuis 1982. En 1982, l'âge de départ à la retraite, c'était 65 ans. Aujourd'hui, on a 8 années. Je ne propose pas quelque chose qu'on n'a jamais connu. Je dis juste qu'on doit pouvoir faire comme les pays autour de nous, de façon à garantir les retraites d'aujourd'hui et de donner des perspectives à ceux qui travaillent aujourd'hui, à ceux qui ont 30 ou 40 ans. Et vous en connaissez autour de vous qui vous disent, d'ailleurs vous venez de le dire, qui vous disent,
moi je travaille, je travaille mais je n'aurai pas de retraite. Et bien moi je vous la garantis avec ce système, avec la capitalisation et avec le système, je vous garantis une retraite. Et comme vous êtes un homme de gauche et que vous êtes justement attentif à cela, vous devriez être heureux qu'on sauve le système par répartition parce qu'il est juste. Oui il est juste mais avec vous il sera moins juste. Ah je crois pas, je pense qu'il sera garanti. J'ai terminé sur... on pourrait rester très longtemps et c'est intéressant mais... Sur le budget, vous savez que la question budgétaire remonte dans les préoccupations des Français. J'ai lu que votre programme... Si vous êtes élu président de la République, c'est que, à la fin de votre
mandat, le déficit soit à 2 %. Si le déficit arrive à 2 % à la fin de votre mandat, ça suppose une économie de 90 milliards, grosso modo, par an. Là, quand je vois finalement les économies que vous allez faire, effectivement, sur le système de retraite, on n'est pas d'accord. Moi, j'avais entendu 30 milliards, mais c'est peut-être moins. Mais le reste...
Des baisses de recettes avec votre réforme sur l'impôt sur le revenu. Vous voulez augmenter les professeurs, je ne sais pas encore de combien, mais si vous les augmentez de 20 % ça fait quand même une certaine enveloppe. Des besoins en plus pour la défense, vous l'avez dit. Vous allez avoir une part fiscale entière pour le deuxième enfant qui va baisser les impôts sur le revenu. Donc où est-ce que vous allez trouver l'argent ? On est à 6 mois du premier tour. Je pense que les Français veulent aujourd'hui avoir des cadrages précis. Où allez-vous trouver les 50-60 milliards restants ? Et même peut-être plus avec les cadeaux fiscaux que vous allez faire. Mon objectif, c'est en effet de faire rentrer les comptes de la France dans l'ordre.
Ça sera 2 et pas 2,1, vous n'allez pas me croire. Et vous aurez raison. Ce que je veux, c'est que ce soit significativement dans les clous. Parce que je pense qu'il faut remettre nos comptes en ordre. Pour le faire, il faut regarder quelles sont les grandes masses de la dépense publique. Savoir qu'il y a des endroits sur lesquels on va devoir dépenser plus et savoir quelles sont les grandes masses de la dépense publique. Moi ce que je propose, c'est de consacrer 50 % de l'effort sur la plus grande masse de la dépense publique, c'est-à-dire les dépenses sociales. Et je fais un certain nombre de propositions. Vous avez évoqué la réforme des retraites, c'est en effet une proposition. Mais il y en a d'autres. En matière d'assurance chômage, je propose qu'on réduise la durée
d'indemnisation du chômage. D'un an ? Non, pas d'un an. On la ramène de 18 à 12 mois, exactement comme le font nos amis allemands. Je propose qu'on réduise, ou en tout cas qu'on contraigne l'évolution des dépenses de santé, c'est déjà le cas, et qu'on y fasse attention, parce que sinon on est embarqué dans une augmentation perpétuelle de la dépense sociale qui, littéralement, est en train de ruiner nos finances. Donc 50 % de l'effort, vous m'avez demandé d'être précis, j'essaie d'être précis : 50 % d'effort sur la dépense sociale, un quart de l'effort sur l'État et les collectivités territoriales, avec un certain nombre de mesures, soit de réorganisation, et honnêtement il y a de la marge. Mais quoi ? Je vais vous donner un exemple.
Combien de postes de fonctionnaires vous supprimez par exemple parce que là il faut dire un chiffre. Mais je vais vous le donner. Vous êtes impatient ? Je suis impatient, j'ai envie de savoir. Je vous comprends. Premièrement, des réorganisations, des réorganisations de structure. Je suis maire du Havre. Si je veux faire une opération de rénovation urbaine, je dois me tourner, s'agissant d'agences de l'État, vers au moins quatre interlocuteurs. L'ANRU, c'est une structure qui fait bien son travail. L'ANRU. Je vais peut-être devoir aller voir l'ADEME, parce qu'il y a certainement des rénovations urbaines que je vais faire qui vont me permettre de mieux adapter mon bâti ou mes espaces publics à la transformation climatique. Le
Cerema, très bel organisme qui fait de l'ingénierie, l'Agence nationale des collectivités territoriales, à l'ANCT. Et ça vaut le coup de supprimer ces agences ? Je ne fais que les réorganiser. On n'a pas besoin de quatre agences, on a besoin d'une agence, et qui n'a pas besoin de tous les services à la place. Donc je réorganise, en fait. Je ne suis pas très loin d'avance d'accord. Réorganiser, un mot simple qui ne vexe personne, et ensuite, après, c'est non, parce que quand on dit la réorganisation, ça compte, et... pardon, mais moi, je suis maire d'une ville. Quand il s'agit de faire des économies, je réorganise mes services. Une entreprise, quand elle doit faire des économies, elle réorganise ses services. C'est la vie des organisations, c'est normal. Combien de postes on supprime à peu
près à la louche ? 120 000, 200 000 ? On aura 750 000 départs à la retraite dans la fonction publique dans les 5 ans. 750 000. C'est pas négligeable. C'est pas des gens qu'on va virer, qu'on va supprimer : 750 000 départs à la retraite. Je propose qu'on ne les renouvelle que pour 2 sur 3. 2 sur 3, ça permet en réorganisant de continuer à offrir un service public de qualité parce que c'est indispensable et que j'y suis attaché, mais de réduire un peu la dépense. Service public avec moins, c'est toujours... De meilleure qualité avec moins. Je ne suis pas sûr, mais bon, c'est une autre question. On va s'arrêter là. C'est dommage. C'était très agréable.
Mais il y a d'autres sujets à aborder. Merci beaucoup Thomas Porcher. J'ai beaucoup aimé cette discussion, mais ça m'a fait penser à tout un tas d'autres discussions qui ressemblent à celles-ci. On supprimera des postes de fonctionnaires, on baissera dans la dépense publique, et je pense que les gens qui vous regardent ce soir se rendent compte que ça se passe globalement, systématiquement, toujours de cette manière-là, en campagne électorale, et qu'on arrive aux responsabilités, c'est un peu plus compliqué. Comment vous allez faire ? C'est compliqué. Typiquement sur la réforme des retraites. Je vais vous dire, plus on a d'expérience, plus on sait que c'est compliqué. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire. On peut faire des choses.
Si on a un mandat clair du peuple, c'est plus facile que si on n'a pas un mandat clair. Comment ? La réforme des retraites. Typiquement, on a vu que ce que ça avait donné pour la réforme Borne, ça avait été brutal, ça a été passé au 49.3, il y a eu une colère sociale. Comment vous passez cette réforme des retraites ? D'ailleurs, je note que vous êtes passé de 67 à 65. Mais peu importe, comment vous la passez ? Pardon, Madame Roux. Vous dites en incidente que je suis passé de 67 à 65. C'est pas vrai ? Non. Il y a l'âge de la décote qui reste à 67 ans et il y a une durée à 65 ans et ça correspond toujours à ce que j'ai dit. Équilibrer le système de répartition en travaillant plus longtemps, prendre en compte la réalité des métiers.
Il y a un tiers, je le dis à M. Porcher en me retournant, il y a un tiers des salariés qui ne seront pas concernés par cet âge de 65 ans. Ceux qui ont un métier difficile, ceux qui sont dans une relation compliquée avec le travail, ceux qui ont... une vie marquée par le travail. Cela, évidemment, ils ne seront pas concernés par les 65 ans. Comment vous passez cette retraite ? Est-ce que vous faites un référendum, comme vous l'aviez évoqué un temps ? Moi, je pense que si on veut faire les choses, après les trois années que nous aurons passées d'indécision liée à l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, il faudra aller vite. Et je proposerai, après l'élection, après la nomination d'un gouvernement, après la dissolution, et donc
l'élection d'un nouveau Parlement, dans lequel il faudra obtenir une majorité absolue. Ce qui est un autre sujet, oui. Ce qui est un autre sujet, et j'espère que parmi vos horloges humaines, on aura l'occasion d'en parler. Et ensuite je proposerai, dès le mois de juillet, c'est-à-dire dès le début de la session extraordinaire du Parlement, l'examen d'une vingtaine d'ordonnances, parce que je pense que nous devons aller vite. Ces ordonnances, elles ont été rédigées entre janvier et juin, pas simplement par des gens qui m'accompagnent, mais en associant... Tous ceux qui, à l'intérieur de l'espace politique de la droite et du centre, veulent s'associer à ce travail de façon à pouvoir très vite soumettre au Parlement ces ordonnances, afin qu'elles rentrent en
vigueur dès l'automne et de pouvoir cesser cet état d'indécision, d'indétermination dans lequel vit le pays depuis au moins 2024. Mon objectif, c'est que ce pays soit commandé et gouverné. Il en a besoin, on a besoin de remettre de l'ordre, et on a besoin d'avancer. On peut passer une réforme des retraites par ordonnance ? Je vous ai dit qu'il y aurait une vingtaine de textes. Je vous ai dit que je m'engage sur cette réforme des retraites. Et je vous ai dit aussi, pardon, je ne vous l'ai pas dit parce que comme on est passé vite, je n'ai pas eu le temps de tout dire. Mais je vous ai dit qu'il y avait une partie des questions sur l'organisation de cette réforme des retraites qui seraient soumises à discussion. Et qui sera soumise à discussion des
partenaires sociaux. Parce que cette réforme, je ne la fais pas contre les partenaires sociaux, je vais la faire avec les partenaires sociaux. En leur faisant confiance à la fois sur la détermination du tiers des salariés, qui n'est pas concerné par l'âge de départ de 65 ans, et ensuite en leur confiant la gestion du système une fois qu'il est remis à l'équilibre. Mais comment vous intégrez les Français ? Ça peut apparaître brutal de fonctionner comme ça. Comment est-ce que vous intégrerez ce pays ? Et vous le savez, Édouard Philippe, vous avez connu la colère sociale, les 80 km/h, j'imagine que vous en parlez encore, les gilets jaunes, quand les jeunes se mobilisent par exemple, pour dénoncer leurs conditions d'apprentissage. Votre première réaction, ça a été de
retenir qu'il disait que la cantine c'était pas bon et qu'il ne devait pas se plaindre parce qu'il travaille de 8 h 30 à 17 h. Est-ce que c'est... Tout ce que vous avez à leur dire, à la jeunesse ? Non, pas du tout. C'est pas un peu brutal comme réaction ? Un peu méprisant ? J'ai aucune envie d'être brutal avec les lycéens, j'en ai à la maison. J'ai aucune envie d'être brutal avec les lycéens. Je dis trois choses sur ce que nous vivons en ce moment. D'abord, qu'il faut être lucide sur ce qui s'est passé. Il y a dans le pays des forces politiques qui ont mobilisé, accentué, et à mon avis instrumentalisé ce mouvement. C'est La France insoumise et un certain nombre de partis ou d'organisations qui gravitent autour de La France insoumise.
et il faut être lucide et il faut le savoir. Deuxièmement, qu'il y a à l'occasion de ce mouvement des violences, des dégradations, des excès, des outrances et des gestes qui sont inacceptables, et qu'il faut le dire, et qu'il faut aller chercher la responsabilité de ceux qui les commettent. Ça c'est la deuxième chose. Et ensuite je dis que dans les revendications des lycéens, il y en a quelques-unes qui me paraissent parfois secondaires, mais il y en a d'autres qui sont extrêmement fondées, légitimes et importantes à prendre en compte. Je peux vous dire celle que je crois essentielle, la question de l'orientation.
Notre système ne place pas, me semble-t-il, les élèves en fin de collège et encore moins les élèves du lycée dans une bonne situation pour s'orienter sur l'ensemble des formations qui sont possibles. Lorsque Parcoursup a été inventé pour corriger... des problèmes extrêmement graves auparavant. On avait imaginé, peut-être vous en souvenez-vous, que deux professeurs principaux seraient affectés à chaque classe de terminale pour accompagner les élèves dans leur orientation. Je pense que ce système, malheureusement je le constate, ne marche pas. Parce que je ne suis pas sûr que l'orientation puisse seulement relever du contact et de l'échange avec les professeurs. Je pense qu'il faut aller beaucoup plus large pour éclairer les élèves sur les prérequis nécessaires et sur
les orientations possibles. Là-dessus, lorsqu'ils disent Parcoursup c'est stressant, mais ils ont raison. C'est stressant et ça ne marche pas comme ça devrait. Deuxième sujet sur lequel ils ont parfaitement raison, la santé à l'école. J'ai entendu beaucoup de gens dire, on est une génération qui a souffert du confinement et du Covid, on est une génération qui est inquiète et il faut entendre cette inquiétude, elle est réelle. Et je vais vous dire, elle est fondée. Attendez, vous m'avez dit, je voudrais juste vous répondre et on va prendre un petit peu de temps, c'est pas grave, vous allez voir. À mon avis, c'est utile de prendre ce temps sur cette question en ce moment. Non, vraiment, je crois. Je voulais vous relancer, mais allez-y, vous vous autolancez.
Deuxième sujet : la question de la santé dans les établissements scolaires. Objectivement, on n'est pas bon, et nos enfants ont besoin, si j'ose dire, de tiers de confiance, de pouvoir aller se confier, de pouvoir aller interroger, d'avoir accès parfois à des soins, en tout cas à des conseils, à de la détection en matière de santé mentale. C'est pas un petit sujet, c'est même un sujet dont on sait que l'importance est de plus en plus grande. Eh bien, quand ils dénoncent ça, ils ont raison, ils ont raison. Et leur inquiétude ou leur insatisfaction vis-à-vis du lycée et plus généralement vis-à-vis de l'avenir qui leur est proposé, elle est légitime. C'était là où je voulais en venir. Elle est légitime et ça je la comprends très bien.
L'écologie, on va en dire un mot, on pourrait parler de l'intelligence artificielle. J'espère qu'on ne va pas en dire un mot. Mais aussi l'état du monde et la situation géopolitique mondiale. On va discuter maintenant, vous allez discuter maintenant avec Maryse Burgot. Maryse Burgot, que vous connaissez bien, parce qu'on la voit sur le terrain. Depuis plus de 30 ans, vous avez couvert à peu près toutes les guerres. Bienvenue Maryse. Bonsoir. Bonsoir Édouard Philippe. Bonsoir Madame. Mon métier consiste en effet à raconter les hommes sur les zones de guerre et leurs souffrances. Vous Édouard Philippe, si vous êtes élu président, vous serez chef des armées. Et vous connaissez très certainement cette phrase de notre actuel chef d'état-major des armées.
Qui s'inquiète de notre pays ? Est-il prêt à accepter de perdre ses enfants ? Alors, je voulais vous commencer par cette question très personnelle, Édouard Philippe. Avez-vous réfléchi, beaucoup pensé à cette question vertigineuse en fait, de l'envoi de soldats français sur une zone de guerre ? C'est tout à fait possible dans le monde dans lequel on est aujourd'hui. Engager la vie d'hommes et de femmes, y pensez-vous ? Et comment y pensez-vous ? Mais malheureusement, bien sûr qu'il faut y penser. Ne pas y penser, c'est ne pas comprendre ce que c'est que le mandat de président de la République. Un président de la République vit en permanence avec l'idée qu'il va parfois devoir commander à des
Français d'aller se battre et peut-être d'y risquer leur vie. Cette question, elle est permanente dans l'exercice du pouvoir. Elle n'est pas accessoire, elle n'est pas secondaire, elle est centrale et elle est permanente. Et lorsque j'étais Premier ministre, j'ai vu... J'ai rencontré des femmes, des mères, des pères.
et par le gouvernement. Cette réalité-là, je la mesure. Je l'avais touchée un peu du doigt, mais dans des conditions bien différentes au moment de mon service militaire, parce que les militaires d'active, à l'époque, il y avait la distinction, nous racontaient cela, cette menace et ce risque. Donc je la prends très au sérieux. Mais ce que dit le chef d'état-major existe déjà. Des soldats français qui meurent parce qu'ils exécutent la mission qu'on leur a demandée. Il y en a beaucoup, énormément. Ce sont nos enfants, ce sont de jeunes Français. Donc cette question, elle est évidemment centrale, bien entendu. Je vous pose cette question parce que vous avez dit dans un podcast que vos
mains avaient tremblé alors que vous étiez Premier ministre et que vous passiez devant les Invalides, qui est le symbole de l'honneur que l'on peut porter à nos soldats morts pour la France. Là, il faudra que vos mains ne tremblent pas. Madame Burgot, vous êtes une journaliste rigoureuse et je ne peux pas croire que vous disiez ce que vous venez de dire. Non, j'ai écouté le podcast dans lequel vous dites... Attendez, attendez, je me permets. En pensant aux pompiers, aux pompiers qui auraient pu... Le lendemain, Madame Burgot, vous avez oublié de dire le lendemain. Oui. Le 15 avril 2019. Oui, le lendemain. C'est vrai. Vous avez remarqué que c'était quand même un petit peu important. Le lendemain du 15 avril. Oui. Lorsque le président de la République
et le Premier ministre que j'étais, qui assumait la responsabilité politique de cette décision, Nous avons... décidé, et le président de la République a pris cette décision, et c'était une bonne décision d'envoyer des militaires, en l'occurrence des pompiers et sapeurs-pompiers de Paris, sauver une cathédrale, en prenant un risque qui était un risque très élevé, risque dont le général qui commandait les opérations avait indiqué au président qu'il pouvait le prendre techniquement, mais qui restait un risque extrêmement élevé. Bon, le lendemain, pas sur le moment. Le lendemain, quand je me suis dit qu'il aurait pu se passer un drame, à ce moment-là, j'ai une forme de vertige. Mais ce n'est pas du tout la même chose que trembler au moment de prendre la décision. Et croyez-moi, Mme Burgot,
quand il s'agit de prendre une décision, j'ai beaucoup de défauts, mais je ne tremble pas. Donc on est dans un contexte de guerre dont on dit qu'elle est hybride. En fait, on peut presque parler de guerre maintenant, quand on voit ce qui s'est par exemple passé à Leipzig en Allemagne, s'il y avait eu six drones. dont le commanditaire Erus avait explosé, il y aurait eu... Si c'était un acte de guerre. Oui, si c'était un acte de guerre, il y aurait eu beaucoup de morts. Je voulais vous demander quelle serait, vous, votre ligne rouge à l'égard de Vladimir Poutine et est-ce que vous pouvez la définir, votre ligne rouge, et s'il la franchissait, cette ligne rouge que vous pourriez déterminer pour nous et pour les Français, quel moyen de pression auriez-vous après ? Sur Vladimir Poutine ?
La seule chose qui doit guider le chef de l'État, c'est l'intérêt de la France. C'est la sécurité des Français et c'est l'intérêt de la France. Bon, face à Vladimir Poutine qui teste de façon systématique les lignes ou les frontières et les intérêts, si vous définissez une ligne rouge... De façon très précise, en disant si vous franchissez cet endroit, vous savez qu'il va venir vous provoquer. Je ne veux pas la guerre avec la Russie. Et la Russie, je le crois, ne veut pas la guerre avec l'OTAN. Et d'ailleurs j'observe que depuis le début de l'opération russe, de la guerre et de l'agression russe menée en Ukraine, les Russes ont testé nos frontières, ont testé nos intérêts, ont testé nos systèmes de défense, mais ils n'ont pas franchi la limite
qui impliquerait une confrontation directe avec l'OTAN, heureusement. L'OTAN ne veut pas non plus rentrer dans cette position. Et moi je ne veux pas faire la guerre à la Russie, mais je veux défendre les intérêts de la France. Et je juge qu'aider l'Ukraine dans sa défense, pour sa souveraineté, contre l'agression russe, c'est aider les intérêts de la France, parce que ça nous permet d'éviter que la Russie fasse peser sur nous une pression et une désunion qui seraient dans son intérêt, pas dans le nôtre. On entend bien en ce moment, Édouard Philippe, cette petite musique à propos de l'Ukraine, de Français qui ont les difficultés dont on parlait à l'instant et qui disent : « Mais cessons d'aider l'Ukraine. » Comment convaincre les Français que
c'est finalement fondamental ? Qu'est-ce qu'on peut leur dire ? D'abord, il faut les écouter. Et je comprends très bien que lorsqu'on a du mal à boucler ses fins de mois, quand on voit des services publics qui ne fonctionnent pas comme ils devraient, on se dise : « Je préfère les Ardennes plutôt que l'Ukraine. » Ce n'est pas du tout un discours que je prends de haut, au contraire. Mais je pense que ce n'est pas parce qu'il est tenu qu'il est vrai, ou plus exactement qu'il faut s'arrêter là. Et moi je dis à ceux que je rencontre qu'on n'aide pas l'Ukraine parce que c'est bien, on n'aide pas l'Ukraine parce que l'Ukraine est notre amie, on aide l'Ukraine parce que c'est une démocratie imparfaite, mais attaquée par un agresseur extérieur,
et surtout parce que c'est notre intérêt. Je pense qu'il faut bien rappeler que le seul élément décisif de la conduite de la politique extérieure, c'est l'intérêt de la France. Ce n'est pas l'amitié, ce n'est pas la sympathie, ce n'est même pas l'admiration, c'est l'intérêt de la France. Et je crois que l'intérêt de la France et de l'Europe, c'est se montrer unis dans l'accompagnement à l'Ukraine pour garantir sa sécurité. Pas dans la guerre avec la Russie. Vous parlez de l'Europe, vous avez dans la salle Nathalie Loiseau, l'un de vos soutiens, qui parle de la diplomatie du pet de lapin, à propos de l'Europe. Je reconnais la substance de la formule. Voilà, diplomatie du pet de lapin.
Comment est-ce que vous, président, vous réussissez à influencer et à faire que nous, les Français, qui ne sommes pas forcément en bonne posture du point de vue de notre budget, ayons un poids en Europe ? pour compter et pour faire que nous n'ayons plus cette diplomatie du pet de lapin ? C'est une très bonne question et je voudrais vous répondre en deux temps. La première chose, c'est qu'une partie importante de notre capacité à peser dans le débat européen et en tout cas à peser sur la sécurité de l'Europe et sur notre sécurité, c'est la constance des choix que nous avons effectués depuis maintenant plus de 60 ans. C'est le fait que la France se soit dotée d'une défense souveraine, d'une dissuasion nucléaire souveraine. Qu'elle ait modernisé cet instrument
de défense et qu'elle ait une armée, en qui j'ai totale confiance, qui sache à tout moment, quel que soit le niveau de menace, protéger la souveraineté du pays. Ça, c'est un exemple de constance exceptionnelle dans les 60 dernières années et c'est un actif extraordinaire. Ensuite, il y a une deuxième chose. Il y a notre capacité à influer en Europe. Notre capacité à faire en sorte que nos partenaires européens aillent dans le même sens que nous ou dans le sens qui nous paraît le plus adapté. Et là on est trop faible. Pourquoi est-ce que nous sommes trop faibles ? À chaque fois que je rencontre un chef de gouvernement, soit en place, soit qui a été en place dans les années précédentes, et que je lui parle de ce qu'il conviendrait de faire en Europe, à chaque fois leur
réponse, parce que nous sommes en tête à tête et qu'elle n'est pas forcément la réponse diplomatique, à chaque fois la réponse est la suivante.
Vous autres les Français, vous êtes importants pour l'Europe. Vous comptez pour l'Europe. Vous êtes un des pays fondateurs de l'Europe. Vous avez votre force de dissuasion. Et vous êtes incapable de régler les problèmes que nous avons réglés. Vous voulez que je vous dise où est la clé de l'influence française en Europe et dans le monde ? Elle est dans notre prospérité. Elle est dans notre capacité à être plus fort chez nous. Et ça n'est pas neuf. Pour être puissant à l'extérieur et pour être capable de défendre nos intérêts à l'extérieur, il faut que nous n'ayons pas simplement la force morale qu'évoquait le chef d'état-major. Elle compte, elle est indispensable. Et tout le monde sait... Quand on s'intéresse aux questions de défense, que cette force morale, elle est décisive.
Mais il faut aussi qu'on ait la prospérité économique, la stabilité sociale, qui nous permet de défendre nos intérêts. Et c'est aussi pour ça que je veux régler les problèmes financiers qui se posent au pays. Parce qu'ils sont la condition d'une plus grande influence et d'une meilleure défense de nos intérêts. Bien compris, Édouard Philippe. Je voudrais maintenant vous montrer une photo. C'était en 2019, vous êtes alors Premier ministre et vous recevez Dmitri Medvedev au Havre. Au Havre, absolument. Absolument, chez vous. Alors, j'avais choisi de l'accueillir au Havre parce que Dmitri Medvedev est originaire de Saint-Pétersbourg et que lorsque le Havre était une ville communiste, elle avait décidé de se jumeler avec Leningrad.
Absolument, mais vos opposants vous reprochent un peu cette photo à ce moment-là, en fait, et de l'avoir reçue. À ce moment-là, Emmanuel Macron est dans cette démarche de vouloir continuer à parler, dialoguer avec Vladimir Poutine. Est-ce qu'avec le recul quand même, quand vous voyez cette photo, vous ne vous dites pas que c'était une erreur ? Ah pas du tout. Du tout ? Ah pas du tout. On est en 2019. On n'a pas perdu de temps en essayant de dialoguer avec Vladimir Poutine. On est en 2019. La Russie a déjà annexé la Crimée. Elle est entrée en Crimée, ça ne m'a pas échappé. Elle est entrée dans le Donbass, ça ne m'a pas échappé. Très bien. Enfin, elle n'est pas... La Russie qui a livré la guerre d'agression à l'Ukraine que nous connaissons aujourd'hui.
En 2019, la politique étrangère de la France, c'est toujours de discuter avec la Russie. Moi, je reçois mon homologue, le Premier ministre Medvedev, et je discute. Pas pour faire ami-ami, pour évoquer des sujets qui sont des sujets d'intérêt commun ou de divergence. Et la diplomatie, c'est parler avec des États. Un jour, nous reparlerons avec la Russie. La Russie ne va pas changer d'adresse. La Russie va rester là où elle est. Et la sécurité de l'Europe aura toujours à voir avec la sécurité de la Russie. Et j'espère qu'un jour, nous pourrons garantir à la fois la sécurité de l'Europe et la sécurité de la Russie en ayant des relations plus stables. Ce que je constate, c'est que du fait des décisions de la Russie... d'agresser l'Ukraine, de ne respecter
aucune règle du droit international en la matière, nous sommes dans une situation où nous ne parlons plus guerre, c'est vrai. Permettez-vous qu'on parle un petit peu de Donald Trump ? Je vais vous montrer là aussi une photo. Donald Trump qui reçoit Vladimir Poutine en Alaska. J'y étais, la presse internationale médusée. Vous n'êtes pas sur la photo. Je n'y suis pas, non, mais après vous avez Donald Trump qui reçoit cette fois Vladimir Poutine à Washington. On a là notre allié qui reçoit Xi Jinping, le leader chinois, Donald Trump avec deux impérialistes, Donald Trump qui est encore notre allié.
Comment est-ce que vous allez parler à cet homme si vous êtes président ? Vous qui dites dans votre livre qu'il est d'une brutalité extrême, comment est-ce qu'on gagne ? Vous l'avez écrit dans votre livre, comment est-ce qu'on gagne le rapport de force ? avec Donald Trump ? Je pense qu'on ne surprend personne quand on dit que Donald Trump est d'une brutalité extrême. Il est dans les mots, il est dans les décisions, il est d'ailleurs manifestement aussi dans sa vie. Donc oui, il est d'une brutalité extrême. Comment on gagne le rapport de force avec lui ? D'abord, on se rappelle toujours qu'en matière de relations internationales, c'est l'intérêt des États qui comptent, et c'est la relation de l'État à l'État qui compte. Donald Trump, il est président des
États-Unis parce qu'il a été élu par les Américains. Il est donc l'autorité politique en charge des affaires. américaine. On discute avec lui, parce que la France et les États-Unis, même si leurs relations sont compliquées aujourd'hui, entretiennent depuis très longtemps, depuis deux siècles, depuis plus de deux siècles, une relation particulière. Alliés, c'est toujours notre allié, puisque nous sommes encore membres d'une alliance militaire extrêmement importante, la plus grande alliance du monde, puisque nous avons encore des liens importants dans plein de domaines. Mais reconnaissons qu'en effet la relation avec les États-Unis s'est dégradée, et elle s'est dégradée parce que le président américain, à propos du Groenland, à propos des relations commerciales entre l'Europe
et les États-Unis, à propos même de l'attitude qu'il convenait d'avoir dans le soutien à l'Ukraine, a pris des décisions dont le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elles ont été peu appréciées, peu comprises par ses alliés européens. Alors la France, elle a toujours eu une relation, non pas, je crois, assez particulière avec les États-Unis, d'à la fois grande connaissance, grande confiance, et en même temps... il y a toujours eu en France depuis le général de Gaulle, mais même à certains égards avant, une volonté de ne pas se laisser absorber dans l'Empire américain. Je pense que beaucoup de nos partenaires européens aujourd'hui se disent que cette attitude de la France, cette exigence de la France, elle était fondée. Et croyez-moi, je la partage et je
pense que même si les États-Unis sont un pays allié, nous avons notre mot à dire, notre façon de faire, notre souveraineté et que nous devons les défendre. Et peut-être un dernier mot, Madame Burgot ? Parce que je trouve que l'Europe n'est pas assez ferme en la matière. J'ai été très frappé de la différence, pour le dire rapidement, entre Mme von der Leyen, qui est allée à Canossa, piteusement signer un traité commercial avec M. Trump, et le Premier ministre canadien, qui lui, alors même qu'il est plus proche, alors même qu'il a probablement... C'est votre modèle, Mark Carney ? Vous seriez Mark Carney ? Ce n'est pas mon modèle. Quand vous voulez être président de la République française, vous ne choisissez pas des modèles. Vous êtes vous-même.
Sinon, vous avez un problème. Mais je dis que dans la façon qu'il a d'envisager sa relation avec le président de l'Asie et de défendre l'intérêt de son pays, j'ai été impressionné. Je vais vous montrer un dernier chiffre si vous voulez bien.
Ce sont les échanges commerciaux entre l'Union européenne et Israël, 43 milliards d'euros. Alors Israël vient de commémorer les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas. Et il y a eu après ces représailles de l'État d'Israël contre les territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Est-ce que vous croyez que pour essayer d'avoir une certaine influence sur Benyamin Netanyahou, sur lequel même Donald Trump n'a pas d'influence visiblement, est-ce qu'on pourrait imaginer par exemple que vous poussiez pour que l'Europe dénonce cet accord d'association ? D'abord il ne vous a pas échappé qu'il y a déjà un certain nombre de règles qui s'appliquent. notamment pour l'interdiction de
commercialiser en Europe des produits qui sont fabriqués dans les colonies. Ça existe. C'est très peu. C'est 1 % de cette somme. Ce n'est pas l'essentiel de la production. Mais ça existe. Et je considère que ça doit exister. Parce qu'en effet, c'est une façon pour l'Europe de dire ça, ça n'est pas acceptable. Parce que vous faites dans les colonies, ça n'est pas acceptable. Et ça, ça n'aurait pas plus de poids. C'est la position de la France et c'est la position de l'Europe. Et je pense que c'est une bonne position. Oui. Est-ce que vous voulez qu'on aille au-delà ? Je pense qu'avec Israël, qui est un pays qui a le droit à sa sécurité, qui est un pays ami de la France, nous avons des désaccords majeurs en ce moment. Il faut les assumer. Nous avons un désaccord majeur avec la
politique menée par le Premier ministre israélien. La France le dit et Israël le dit. Est-ce que parce que nous avons un désaccord majeur, nous devons cesser toute relation, y compris commerciale ? Je n'en suis pas sûr. Je n'en suis pas sûr parce que le jour où nous aurons cessé toute relation, nous n'aurons par définition plus aucun moyen de peser dans la discussion qui, je l'espère, Et plus vite, le plus vite sera le mieux, permettra de rétablir la paix dans cette région du monde où on ne voit pas très bien comment elle va se dessiner. Mais oui, comment on sort de cette ornière ? On veut la sécurité de l'État d'Israël et on veut un État palestinien. Vous êtes pour une solution à deux États. Comment on sort de cette ornière ? C'est la solution...
Vous, Président, qu'est-ce que vous préconisez ? C'est la solution constante, prônée par la France, celle des deux États. Un État palestinien, un État israélien. Ce que j'observe et que je déplore... Mais il faut avoir la lucidité de le reconnaître. C'est que cette solution, aujourd'hui, dans les états-majors, au gouvernement israélien, probablement dans l'état-major de ceux qui gouvernent encore la bande de Gaza, personne n'en veut. Et donc, je ne crois pas que ce soit la France à elle seule qui trouvera la solution. Je pense qu'elle pourra aider le moment venu. Je pense qu'elle doit aider le moment venu. Je pense que la politique extérieure de la France, à cet endroit, c'est une politique qui permettra à ceux qui sont de bonne volonté de
pouvoir se retrouver. Et c'est comme ça que je l'envisage. Merci beaucoup, Maryse Burgot. Une question de téléspectateur sur ce sujet, il s'appelle Esiode, il a 75 ans. Il nous dit, est-ce qu'avec vous, la France s'engagera plus fermement pour faire cesser les massacres au Liban, en Cisjordanie et à Gaza ? La politique de la France dans cette région, ça doit être une politique qui permet à chaque État de vivre en paix souverainement. C'est évidemment le cas s'agissant du Liban. C'est évidemment le cas s'agissant d'Israël et ça devrait être le cas s'agissant de l'État de Palestine.
Reconnaissons, peut-être avec un peu d'humilité et peut-être avec un peu de regret, que nous allons avoir une forme de... qui
essaie de garantir leur souveraineté. Comme nous le faisons au Liban, me paraît aller dans la bonne direction. Mais sur Gaza, il y a beaucoup de Français qui vous regardent ce soir et qui trouvent que ce qui se passe à Gaza est insupportable. Les dirigeants européens sont impuissants sur ce qui se passe à Gaza. Vous, Président, ça changerait quoi ? Qu'est-ce que vous auriez fait de différemment ? D'abord, je pense qu'il faut dire ce qui se passe là-bas. C'est un génocide ? Le 7 octobre a été une opération terroriste, guerrière, qui a été le plus grand pogrom qu'on ait connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Je voudrais juste rappeler, parce qu'hier j'ai été saluer les victimes, que 51 ressortissants français sont morts le jour du 7 octobre. Ça n'est pas rien.
Et que la barbarie, la violence
à cet acte scandaleux est un carnage effroyable. Est-ce que Madame Roux, on peut dire les deux choses ? Dire que ce qu'a subi Israël le 7 octobre est inacceptable et que le carnage occasionné par la réaction d'Israël est également inacceptable. Est-ce qu'on peut, alors même que le sujet est éruptif et suscite, et on le comprend, une émotion considérable et une colère parfois considérable, est-ce qu'on peut admettre ces deux vérités qui sont également vraies ? Vous dites carnage, il y en a qui disent génocide. Moi je dis carnage parce que je ne crois pas que ce soit un génocide. Ça n'enlève rien au carnage effroyable qu'on constate.
Effroyable. C'était une faute morale de la part du président de la République de ne pas aller justement à la marche contre l'antisémitisme ? Non, c'était sa décision. Moi j'y étais, j'étais heureux d'y être.
C'est tout ? Oui, c'est tout. C'était sa liberté quand on est chef de l'État sur un sujet comme celui-ci ? C'était sa liberté de décider de ne pas y aller ? C'était son choix, il s'en est expliqué. Voilà. Moi j'y étais et j'étais heureux de l'être, même si j'aurais préféré que le moment soit moins poignant et moins triste. Vous allez discuter maintenant avec Eugénie Bastier, rédactrice en chef adjointe au Figaro. Eugénie, vous avez des convictions conservatrices et vous les défendez dans un livre qui vient de paraître, Le Rouge et le Blanc, chez Gallimard. Vous vous décrivez comme une jeune femme profondément de droite. Ça me va. Bonsoir Édouard Philippe. Bonsoir. Vous venez de parler d'économie, vous venez de parler de géopolitique.
C'est des sujets sur lesquels on vous sent assez à l'aise, vous avez bien travaillé ces sujets, mais il y a un sujet sur lequel on vous entend moins, vous êtes plus discret, mais qui préoccupe les Français aussi, et surtout les Français de droite, c'est la question de l'immigration. J'ai lu par exemple votre livre sur Matignon, Impressions et lignes claires, et dedans il n'y avait pas un mot, pas une phrase sur la question de l'immigration, alors que vous racontez votre expérience de trois ans Premier ministre. Dans votre dernier livre, vous accordez quelques pages... Il n'y avait pas non plus un sujet sur la santé. Si, vous parlez du Covid par exemple, c'est la santé. Ah oui, c'est vrai. Oui, vous parlez du Covid.
Ça avait marqué un peu tout le monde, mais je ne parlais pas du système de santé. Mais dans votre dernier livre, par exemple, vous parlez un petit peu d'immigration, mais vous dites, c'est pour nous dire que nous sommes un pays vieillissant et que nous avons besoin d'immigration. Donc j'ai envie de vous poser une question. Est-ce que vous considérez que ce sujet de l'immigration est un sujet secondaire ou est-ce que c'est un chantier prioritaire pour le prochain président ? Non, ce n'est pas du tout un sujet secondaire. C'est un sujet sérieux. C'est un sujet vécu par les Français.
Je pense qu'il y a beaucoup de Français de gauche, et puis il y a de Français du centre, et puis peut-être de Français d'ailleurs, qui ne se reconnaissent pas exactement dans ces catégories, qui pensent que c'est un sujet important. C'est évidemment un sujet très important.
Qu'est-ce que vous proposez alors sur ce sujet ? D'abord, je pense qu'il faut reconnaître que notre politique d'intégration ne fonctionne pas, et qu'un certain nombre de nos services publics sont saturés par une immigration qui est aujourd'hui trop importante. Il faut donc admettre que l'immigration est trop importante. Il y a des gens qui le contestent, moi je le crois, et se fixer des objectifs pour la maîtriser. Ce n'est pas du tout scandaleux qu'un État maîtrise l'immigration. C'est même parfaitement légitime. Il me paraît parfaitement légitime que la France décide qui a le droit ou pas le droit de résider régulièrement sur son territoire. Quels étrangers peuvent venir ? Je pense qu'il faut revenir à cette logique profonde. Alors je propose plusieurs choses.
La première chose, c'est de réduire. très sensiblement le nombre de titres de séjour délivrés chaque année pour des étrangers qui veulent s'installer en France. Alors peut-être qu'on peut regarder d'abord les chiffres, parce qu'en 2025, on parle de 380 000 titres de séjour délivrés, c'est un record historique. Alors pour vous, quel chiffre serait acceptable ? Je pense qu'il faut qu'on revienne dans les purs de ce qui existait avant 2010, c'est-à-dire largement inférieur à 200 000. Donc moitié moins. On doit diviser par deux les migrations légales aujourd'hui. Mais j'observe, et je l'assume, que réduire par deux l'immigration légale, ça ne veut pas dire la ramener à zéro. Parce que je crois en effet que nous aurons besoin, en la maîtrisant, en choisissant qui nous admettons sur
le territoire national, d'une immigration de travail, parce que je constate qu'aujourd'hui, dans l'agriculture, dans le domaine de la santé, dans la restauration... Aujourd'hui l'immigration de travail c'est combien en France ? 13 % c'est très peu. Oui. Donc il faut l'augmenter cette part-là. Non mais on va continuer à en avoir besoin. On va continuer à avoir besoin de dizaines de milliers de personnes qui viennent travailler en France, qui créent de la richesse. Je n'ai jamais vu personne, j'ai vu beaucoup de gens me dire qu'il ne fallait plus d'immigration. Je n'ai jamais rencontré quiconque me disant : « Surtout, débarrassons-nous des médecins, des infirmiers, des aides-soignants qui travaillent dans les hôpitaux français et dont nous avons besoin. »
Nous continuerons à en avoir besoin. Assumons-le, Horizons. Première chose. Deuxième chose. Nous allons continuer à avoir besoin d'étudiants. Parce que venir étudier en France, c'est une bonne chose. Et nous avons besoin d'attirer des talents, de les former pour créer de l'influence, pour créer du rayonnement, pour venir ensuite, le cas échéant, travailler en France si nous le souhaitons. On ne doit pas être naïf. Il faut vérifier qu'ils ont bien les moyens de venir étudier en France, qu'ils effectuent... Ça n'est pas le cas aujourd'hui. Mais c'est pour ça qu'il faut le faire. La stratégie Bienvenue en France, c'est vous qui l'avez lancée en 2018. Et c'est la première filière d'immigration aujourd'hui. Et la moitié de ces étudiants viennent
d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne. Et Madame Bastier... Il ne vous aura pas échappé que j'ai aussi, en créant cette, proposé et fait en sorte que l'inscription des élèves étrangers extra-européens dans les universités françaises, les droits d'inscription, soient très largement relevés. Ça ne vous a pas échappé ? Oui, ça n'a pas été le cas jusqu'à ce que... Parce qu'un certain nombre d'établissements universitaires n'ont pas voulu le faire. N'ont pas voulu le faire. Et je pense qu'il faut le faire. Je pense que c'est indispensable. Donc, contrôler l'immigration étudiante... Bien entendu. Mais nous allons continuer à attirer, et nous avons intérêt à continuer à attirer des talents en France. Ce à quoi il faut mettre un terme, c'est pour ça que je propose pendant
la durée du quinquennat, un moratoire, c'est l'immigration qui résulte de choix qui ne sont pas des choix de la France, mais qui sont des choix individuels. L'asile, par exemple.
Là, nous devons très fortement réduire l'accès des étrangers qui veulent s'installer en France à ce titre. Alors, ce n'est pas totalement simple. Oui, ce n'est pas simple. Mais il faut le faire. Et il y a des moyens de le faire. On peut faire des protocoles additionnels à la Convention européenne des droits de l'homme. Il y a un certain nombre de pays européens qui ont envie qu'on s'engage dans cette voie. On peut, j'en suis sérieux, imaginer que pendant une période, il n'y a plus de droit où on décide que les personnes qui s'installent en France régulièrement pour travailler, renoncent à l'exercice de ce droit à faire venir... Vous savez que ce sera bloqué par le Conseil constitutionnel ? Le Conseil constitutionnel a dit dans ses décisions que le droit à une vie
familiale normale était dans la Constitution. Vous ne pourrez pas le faire si vous ne changez pas la Constitution. Le droit à mener une vie familiale normale, il est prévu par la Cour européenne des droits de l'homme, puis bien par la Convention européenne des droits de l'homme, et je suis certain qu'un protocole additionnel, discuté avec les autres États, permet de modifier ce texte, ou plus exactement, de faire en sorte qu'il soit interprété exactement comme il a été imaginé au moment où il a été signé. C'est l'interprétation des juges. Vous pensez que les juges du Conseil constitutionnel ne vous censureront pas ? Je suis certain que des dispositions de ce type moratoire peuvent passer. Et je suis certain qu'à la fin, le peuple souverain... peut décider. Donc on prend un référendum ?
Le peuple souverain, c'est la Constitution qui peut décider. À la fin, en France et en démocratie, c'est toujours le peuple qui a le dernier mot. Le référendum sur l'immigration pour vous, c'est pas une solution ? Et c'est très sain ainsi. Mais non, c'est parce que je comprends mal ceux qui disent qu'il faut commencer par entrer dans le sujet par un référendum. Un référendum sur l'immigration. Vous allez bien proposer un sur les retraites et sur la règle d'or budgétaire, pourquoi pas sur l'immigration ? Oui, mais parce que je crois que le référendum sur l'immigration, il n'est pas prévu dans l'article 11 de la Constitution. Certains proposent de changer la Constitution pour le permettre. Donc, vous voulez changer la Constitution pour ensuite...
Je trouve ça très long. Vous pensez que ça va plus vite de faire un protocole qui peut être censuré par le Conseil constitutionnel ? Non, le protocole, il ne peut pas être censuré par le Conseil constitutionnel, et je pense que ce sera plus rapide et plus efficace de faire comme je propose. Mais à la fin... Le peuple est souverain en France. Et s'il faut modifier la Constitution, le peuple peut, dans le respect des dispositions de la Constitution, c'est-à-dire de l'article 89, modifier la Constitution. Ça, ça me paraît parfaitement évident. Et qu'est-ce que vous faites de la question de l'asile ? J'y viens. Parce qu'il y a la question de l'asile, puis ensuite il y a la question du retour. Et je voudrais insister sur cette question. Sur la question de l'asile, on voit d'abord que l'asile,
c'est quelque chose auquel, en France, on est attaché à bon droit. Je suis... Sauf qu'il a explosé pendant les dix dernières années. Oui, j'y viens. Mais je suis persuadé que vous-même, qui êtes partisan de mesures énergiques, et vous avez raison, moi aussi, êtes attaché au principe du droit d'asile. On est tous attachés au principe, mais on ne peut pas l'ouvrir au monde entier. Il est aujourd'hui dévoyé. Il est aujourd'hui dévoyé. Il faut donc contrôler la façon dont sont instruites et déposées les demandes d'asile. Savez-vous combien il y a de pays sûrs en France ? C'est-à-dire de pays qui sont qualifiés comme sûrs, ce qui justifie qu'on n'attribue pas un droit d'asile à quelqu'un qui est ressortissant de ce pays. Très peu. Trois. Trois, je crois.
Je crois qu'il y en a sept au niveau européen. Mais ce n'est pas sérieux. On n'est pas sérieux dans notre façon d'instruire et d'envisager le droit d'asile en France. Et c'est désastreux parce que ça crée des gens qui restent sur le territoire longtemps pendant l'instruction et qu'ensuite on a du mal à renvoyer chez eux. Et c'est désastreux parce que ceux qui, normalement, devraient bénéficier du droit d'asile, ne sont pas traités comme ils le doivent. Et quelle est la première nationalité qui obtient l'asile en France ? Vous le savez ? Je n'ai pas regardé les chiffres, pardon, je devrais le savoir. C'est les Afghans, c'est 80 % d'hommes. Est-ce que, par exemple, vous assumez de dire : « Demain, on n'accueille plus d'Afghans en France » ?
Je pense que si on arrivait à dire qu'au niveau européen, parce qu'il vaut mieux le faire au niveau européen, Ça va être long là aussi. Oui mais si on ne le fait pas, vous savez très bien qu'il y a des stratégies de contournement. Vous me dites que ça va être long, mais tout à l'heure vous me disiez que ce n'était pas un référendum et je vous dis que c'est très long. Je pense qu'il faut qu'en effet on s'entende avec les pays européens, qu'on définisse une liste de pays sûrs, ce qui fera baisser la pression parce qu'on dira : lorsque vous êtes un pays sûr, vous n'avez pas vocation à avoir le droit d'asile. C'est comme ça, parce que le pays est sûr et je pense que déjà on fera baisser considérablement la pression. Et puis il y a un dernier sujet parce
que vous avez dit que je parlais peu des questions d'immigration. J'ai fait une proposition,
je suis très favorable, mais surtout qui tient à la capacité que nous avons engagée lorsque c'est nécessaire, un bras de fer avec des États qui ne respectent pas le droit international et qui compromettent notre capacité à maîtriser l'immigration. J'ai été, je crois, un des premiers à dire que lorsque des traités anciens réglant la question de l'entrée et du séjour des étrangers en France n'étaient plus satisfaisants, il fallait les dénoncer. Et j'ai dit... Vous parlez du traité avec l'Algérie en 1976. Non, pas du tout parce que j'aurais une querelle avec l'Algérie, non, pas du tout parce que j'aurais une méfiance avec quiconque, mais parce que je considère que les relations diplomatiques aujourd'hui… Donc vous, président, vous déchirez ce traité ? Je le dénonce et je rétablis la
relation en matière de droit à l'entrée et au séjour des étrangers algériens en France au droit commun. Je ne considère pas qu'il y ait dans la relation entre la France et l'Algérie aujourd'hui quoi que ce soit qui justifie des stipulations particulières et plus favorables pour les Algériens. Vous savez probablement qu'un Algérien... Pourquoi Emmanuel Macron ne l'a pas fait, selon vous ? Parce que sa politique vis-à-vis de l'Algérie n'est pas la mienne. Sa politique vis-à-vis de l'Algérie... Parce que beaucoup de présidents de la République française, et pas simplement Emmanuel Macron, dans le passé ont considéré que pour normaliser la relation avec l'Algérie, il fallait au fond faire des gestes, donner des gages, donner des assurances, créer des dispositions parfois plus favorables.
Il était trop faible. Je pense que... ils n'ont rien obtenu ce faisant et que ça n'est pas la voie à suivre dans notre relation diplomatique avec l'Algérie. Mais Nicolas Sarkozy, en 2007, s'était engagé sur le même chemin. Je vous rappelle qu'il avait pris des décisions dès 2007 qui étaient très favorables pour les étrangers algériens en matière de séjour sur le territoire national, notamment pour ceux qui terminaient leurs études. Je suis sûr que vous le savez. Donc je pense qu'il faut qu'on change notre façon de traiter avec l'Algérie, qui est un grand pays, qui est un pays souverain, qu'on respecte, mais dont on ne peut pas accepter qu'il soit lié à la France par des dispositions plus favorables, alors que nous n'arrivons
pas à nous entendre sur la reprise par les Algériens de ressortissants algériens dans le pays. C'est une décision majeure. Mais je voudrais parler sur la question de l'identité. Puisqu'il y a 10 ans, vous étiez avec Alain Juppé pour la primaire de la droite, et vous aviez ce slogan qui était « l'identité heureuse ». Quand vous regardez les dix dernières années, quand vous voyez effectivement les épisodes où des banlieues qui s'embrasent, des professeurs qui ont été menacés, insultés, parfois même assassinés parce qu'ils ont enseigné la liberté d'expression, quand vous voyez des quartiers livrés entièrement aux trafiquants de drogue, quand vous voyez la religion islamique qui parfois fait de la pression sur les enseignants ou sur les
femmes pour qu'elles se voilent, quand vous voyez la montée de l'antisémitisme dans notre pays... Est-ce que vous jugez que cette expression d'identité heureuse, elle est encore adaptée pour décrire ce qui se passe dans notre pays ? D'abord, vous ne songez pas à mettre sur la responsabilité d'Alain Juppé tout ce que vous venez de dire. Et la question n'est pas de savoir. Non, non, je parle de l'identité française aujourd'hui. Vous comme moi, nous pensons qu'il y a une forme d'identité française, qu'elle est marquée par la diversité. Elle est heureuse. Très forte.
C'est un sujet important. Bien sûr. Braudel disait que « la France se nomme diversité ». Premier chapitre de l'identité de la France. Vous connaissez ce livre extraordinaire. Et on ne peut pas reprocher à Braudel de ne pas aimer la France et de ne pas connaître son identité. Donc, la France, elle a une identité. Elle a un art de vivre. Elle a des règles. Elle a une histoire. Elle a une culture. Elle a des paysages. Elle a des alexandrins. Elle a une littérature. Elle a des chansons. Elle a des plats. Elle a une façon de vivre. La France, c'est ce pays où on est autour de la table, en famille ou avec des amis, et on s'engueule autour de la politique. Vous connaissez ça, moi aussi. Il y a plein de pays où on ne parle pas de politique.
En France, on parle de politique. C'est un pays où on passe des heures à table. Il y a plein de pays où on ne passe pas d'heures à table. C'est ça, la France. C'est tout ça, la France. Mais c'est tout ça, la France. C'est un pays extraordinaire. C'est un pays qui a eu une gloire passée exceptionnelle et des heures sombres. Et il faut les regarder en face, toutes les deux. Toutes les deux. C'est un pays qui a une identité, bien sûr. Moi, je... J'aime la France. Je connais cette identité. Elle veut dire quelque chose pour moi. Et peut-être que d'autres Français ont une image un peu différente de ce que c'est qu'être Français et de ce que c'est que l'identité de la France. Ce que je vous dis...
Et ce qui incombe, ce n'est pas de regarder la France dans le rétroviseur. La France, elle n'est pas grande parce qu'on la regarde dans le rétroviseur. C'est de construire un projet pour les Français. C'est de faire en sorte que notre pays soit...
...a créé, qui est exceptionnel, une culture créatrice qui a réussi à défendre son industrie du cinéma, qui a réussi à défendre son industrie de la création, beaucoup plus que d'autres États européens, et dont on doit être fier. À parler de fractures identitaires en France, qui sont quand même profondes, on le reconnaissait aujourd'hui, on a un conseil que la culture ne va pas réparer les fractures. Je vais, j'ai dit à ce qu'il faut, vous pensez que la culture va pas ? Je pense, alors la maison, je vois les récits majeurement ça ne suffira pas à réparer. Pas simplement l'industrie, c'est la culture et le cas, ils ont profondément de la commune, le projet commun. La France, c'est quoi ? C'est le plébiscite quotidien d'Ernest Renan. C'est la
capacité que nous avons ensemble à nous dire que nous avons des choses à partager. Et vous avez raison, cette identité aujourd'hui, elle est fracturée à bien des égards. On vit dans une société où les gens se regardent, se méfient. Mais il y a aussi des moments extraordinaires où on partage quelque chose. Donc moi ce que je veux vous dire, c'est que cette identité, il faut la défendre et il faut la projeter dans l'avenir. Et qu'il faut être confiant dans notre capacité à la projeter dans l'avenir. Il faut avoir l'identité fière. L'identité fière plutôt que... identité heureuse. L'identité fière, et vous voyez très bien ce que je veux dire. Merci, merci à toi, Eugénie Bastier, on voit votre fougue quand vous parlez de l'identité, on parle de la France. Je vais regarder ça de loin quand vous
entendez Bruno Retailleau dire, pour que les choses soient bien claires, il faut inscrire les racines judéo-chrétiennes dans la Constitution. Est-ce qu'il faut aller jusque-là pour se souvenir de qui on est ? Ce qui est ce que... j'ai du mal à imaginer que quiconque puisse douter que la France a des racines judéo-chrétiennes. C'est notre histoire. C'est un fait. Bien sûr que nous avons des racines judéo-chrétiennes. Il suffit de se promener en France, de parcourir le pays pour voir qu'il y a des églises, il y a une culture qui a été très fortement marquée par le lien avec la religion, qui n'a pas toujours été facile, qui n'a pas toujours été facile entre les religions. On l'oublie parfois, parce que parfois on oublie notre histoire. Mais bien sûr que la France a des
racines judéo-chrétiennes. Et qu'est-ce que ça change opérationnellement de le mettre dans la Constitution ? On peut mettre beaucoup de choses de notre passé qui sont évidentes. Mais est-ce que vraiment ça change quelque chose dans la Constitution ? D'autant que la France a des racines judéo-chrétiennes. Mais que la République est laïque. La République est laïque. Ça c'est dans la Constitution. La République est laïque. Ce qui veut dire qu'elle est neutre en matière de religion. Et que la totalité des agents publics, la totalité des autorités publiques doit être neutre à l'égard de la religion, à l'égard de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas. Et qu'ensuite, parfois, quand ses fonctions lui conduisaient, il ne communiait pas parce qu'il ne voulait pas, alors même que ses
convictions étaient connues de tous, montrer qu'en sa qualité de chef de l'État, il avait une relation particulière avec une religion. Et vous, vous feriez quoi ? Moi, j'étais à la messe. D'accord, en tant que président. Et j'ai été à la messe, et le lundi d'avant, j'avais été dans un office, dans une synagogue, et quand on m'invite dans une mosquée, j'y vais, et à chaque fois, je respecte les règles qui prévalent, parce que je respecte la liberté religieuse. Mais je dis que l'État et les autorités publiques doivent être d'une neutralité totale. Respecter la liberté religieuse, mais d'une neutralité totale. Et je dis également, parce que, une fois qu'on a dit et qu'on a rappelé ce que c'est...
L'exigence extrêmement ferme que ceux qui, au nom d'une religion, veulent remettre en cause les règles de la République ne gagneront pas, et n'ont pas leur place dans notre pays. Lorsqu'au nom d'une religion, on veut mettre en cause les règles de la République... Vous pensez à quoi ? Je pense à l'islamisme. C'est-à-dire à ce courant qui veut imposer des règles issues de la religion. à la vie civile en France. Ça, c'est inacceptable. Il y a en France un certain nombre d'organisations politiques qui s'inspirent des frères musulmans ou qui sont affiliées aux frères musulmans. La France, Gérald Darmanin, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, avait commandé un rapport sur ce sujet, qui a été rendu public.
Au niveau européen, pas plus tard que peut-être aujourd'hui ou hier, une réglementation invitant à interdire la possibilité pour des fonds européens d'être attribués à des organisations affiliées aux frères musulmans, a été adoptée. Je vois Nathalie Loiseau en face de moi, elle a contribué à cette opération. Et elle a mille fois raison. Elle n'était pas seule, mais elle a contribué à cette opération. Elle a mille fois raison. Donc on doit être d'une intransigeance complète avec ceux qui veulent utiliser les règles de la République pour les dévoyer en les soumettant à l'autorité religieuse. Et ça, ça n'a rien à voir avec l'attachement à la laïcité. C'est quelque chose qui est indispensable. C'est... Et une fois qu'on a dit ça, qu'on reconnaît l'existence historique
de racines judéo-chrétiennes, qu'on rappelle la nature profondément laïque de la République, qu'on dit l'intransigeance qu'on a avec celles et ceux qui veulent dévoyer une religion ou imposer des règles religieuses à la République, il me semble qu'on a un peu défini l'identité de la France aussi. Certains défendent une autre France, la nouvelle France, dans cette campagne présidentielle, sans transition aucune. À l'heure des feux de forêt, c'est une question de téléspectateurs. En effet. À l'heure des feux de forêt, des canicules, de la fonte des glaciers, comment faire de l'écologie un sujet prioritaire ? Et l'intéressante, c'est cette question de Jeanne Picard, parce qu'elle a 24 ans. Et elle dit : « Nous, citoyens, nous ne pouvons agir seuls. Quelles mesures concrètes proposez-vous ? »
Hors du nucléaire, sous-entendu. À 24 ans, elle vous dit, peut-être qu'elle nous dit à tous : « Vous n'avez pas suffisamment fait. »
Elle n'a pas tort. Parce que notre pays n'est pas suffisamment préparé à la transformation climatique rapide et de plus en plus rapide qui vient. De fait, nous devons nous adapter, nous devons lutter contre le phénomène, c'est-à-dire décarboner au maximum notre vie, mais nous devons surtout adapter notre pays à une transformation climatique qui est là. Les épisodes de canicule ont marqué les esprits à juste titre. Au Havre, au mois de mai, on n'avait jamais vu ça. Il y avait des températures dans les salles de classe. Vous savez, au Havre, c'est la Normandie. En Normandie... Il peut arriver qu'il pleuve et il peut arriver que les hivers soient frais, c'est vrai. Et donc pendant très longtemps, les architectes, intelligemment,
ont choisi d'organiser des grandes baies vitrées vers le sud pour capter le maximum de lumière et on les comprend. Sauf qu'aujourd'hui, ce qui faisait l'intelligence d'un bâtiment fait sa malédiction. Donc on doit adapter notre bâti, c'est comme ça, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. On doit adapter notre territoire, on doit adapter parfois notre économie. Cette question, je le dis, il y a dans la salle Christophe Béchut, qui a été ministre en la matière et qui avait insisté, je crois, un des premiers à avoir insisté avec autant d'acuité sur la nécessité d'adapter notre pays à une réalité qui est là. Ça coûte cher. Oui, bien sûr que ça coûte cher. Et bien sûr que ça va se faire dans le temps. Mais si on commence tôt, on a plus de chances d'arriver au bout.
Justement, on n'a pas commencé assez tôt. C'est ça qu'elle vous dit dans sa question. On a commencé, il y a plein de choses qui ont été faites. On ne va pas assez vite parce que le phénomène s'accélère. Mais je ne veux pas... Il y a énormément d'argent qui a été engagé dans la rénovation d'un certain nombre de logements, dans la rénovation d'un certain nombre d'équipements. Donc on fait des choses, mais on doit aller plus loin. On doit changer notre façon d'utiliser l'eau, de la stocker, de la réutiliser. On n'est pas très en avance. En Espagne, en Italie, on réutilise beaucoup plus l'eau qu'en France. On doit changer notre façon de l'utiliser, de la stocker. Il y a plein de gens qui disent que ce n'est pas raisonnable. Mais ce n'est pas raisonnable de
laisser partir à vau-l'eau, si j'ose dire, l'afflux d'eau dans les moments où il pleut énormément. On doit donc mieux la stocker. C'est les retenues collinaires, c'est les mares. On doit développer un peu partout. On a d'énormes efforts à faire en matière de transformation. J'ai eu l'occasion de faire un discours pas très loin d'Angers, sur ce sujet. J'espère que la campagne va nous permettre de rentrer dans le détail de ces propositions. J'en ai beaucoup en adaptation humaine, en formation. On en reparlera dans la suite de la campagne. J'espère. Vous allez accueillir maintenant Neïla Latrous. Neila, rédactrice en chef politique de France. Vous entendez Édouard Philippe parler avec ferveur il y a quelques instants de République et de France.
Dans le triptyque, on va parler d'égalité. Vous montrez ces images des marches de fierté, il y a eu celle samedi à Paris, mais en fait depuis l'été il y en a un peu partout sur tout le territoire. J'ai choisi un extrait plus précisément d'un reportage de France 3 Pays de la Loire, regardez.
Au Mans, le local de l'association Homogène a été vandalisé à trois reprises cette année. Pour sa présidente, la vigilance est de rigueur. Entre la création de l'association il y a 30 ans et aujourd'hui, heureusement on a fait du progrès. mais on commence à voir que si on reste sur nos acquis, on peut le perdre. Le harcèlement envers toute la communauté LGBTQIA+, c'est toujours d'actualité. Le fait qu'on ait besoin de cette journée-là montre que c'est encore vraiment une nécessité. C'est encore un problème aujourd'hui pour plein de gens de ne pas être hétérosexuels. Question toute simple pour commencer. Est-ce que vous-même, vous vous êtes déjà rendu dans une marche des fiertés ? Je ne me suis jamais rendu dans une marche des fiertés, mais je suis
absolument convaincu que se battre pour l'égalité des droits et pour la lutte contre les discriminations, quelle qu'elle soit, est un combat juste, légitime et indispensable dans une République. En tant que maire du Havre, par exemple, il y a des marches des fiertés au Havre ? Vous ne vous êtes jamais rendu vers un rassemblement ? Oui, mais j'ai surtout l'occasion de travailler avec un certain nombre d'associations qui accompagnent celles et ceux, parce qu'ils ont révélé leur homosexualité et que leur famille l'a très mal pris, ne l'a pas compris. Ou les ont rejetés, comment est-ce qu'on fait pour les accompagner, pour les aider ? Donc je considère que, encore une fois, l'égalité des droits, ce n'est pas un vain mot dans une République. Que la lutte contre les
discriminations, quelle qu'elle soit, ce n'est pas un vain mot dans une République. Et que c'est une des conditions du pacte social, que c'est une des conditions de notre identité. Est-ce que l'une des conditions de l'égalité, ce n'est pas notamment des nouveaux droits dans ces cortèges ? On entend une revendication qui est portée pour les pères qui veulent devenir parents, de pouvoir utiliser une mère porteuse. En somme... La gestation pour autrui. Vous, Président, est-ce que la GPA est autorisée ? Moi, je suis contre la GPA. Je peux entendre parfaitement qu'il y ait des gens qui invitent à mettre ce sujet sur la table pendant la campagne, mais je suis contre. Pour quelle raison ? Je suis contre parce que je pense qu'elle est un élément qui amène assez
immanquablement, c'est d'ailleurs assez intéressant parce que j'entends cet argument à droite et à gauche, qu'elle emmène assez immanquablement à une forme de marchandisation, à laquelle moi je suis opposé. Alors que certains proposent une GPA éthique en disant précisément qu'on évite la marchandisation des corps des femmes. Moi vous me posez la question, il n'est jamais impossible d'évoluer, il m'est arrivé d'évoluer dans le passé sur un certain nombre de sujets, comme d'ailleurs beaucoup de Français, mais sur la question de la GPA, ça fait longtemps que je suis contre, et je le suis encore, et je pense que je vais l'être encore assez longtemps. Et vous avez raison de dire que vous avez évolué sur un certain nombre de sujets, puisque si l'on prend...
toujours dans l'égalité des droits pour les personnes homosexuelles, le mariage pour tous, 2013, vous faites partie des députés de droite qui s'abstiennent à ce moment-là. Il y a une grande partie quand même des députés de l'UMP qui votent contre. On est 5 sur 200. Il y en a quelques-uns qui votent pour. Franck Riester, pour ne pas le citer, et vous faites partie de ceux qui s'abstiennent. Et ce qui est intéressant, c'est ce que vous écrivez à ce moment-là, vous dites « Voter oui viendrait encourager le gouvernement à poursuivre sur une voie dont il a déjà indiqué qu'elle le conduirait jusqu'à la PMA ». La procréation médicalement assistée. Vous êtes le premier ministre qui, dans la loi bioéthique... Mais donc qu'est-ce qui vous empêche
d'évoluer sur la GPA ? Je n'étais pas opposé au mariage entre personnes de même sexe. Absolument pas opposé. J'ai d'ailleurs célébré le premier qui s'est fait au Havre. Et j'en conserve un excellent souvenir. Et j'étais à l'époque très réservé sur la PMA.
Je suis Horizons, c'est une position commune que nous avions en fait. Qui était ministre à l'époque. Absolument. Non, pas du tout. C'était en 2013. C'était en 2013, vous avez raison, elle n'était plus ministre. Absolument. Et à l'époque, je considérais que la PMA était quelque chose qui me paraissait être une étape, quelque chose qui était... J'étais opposé à ça. Mais donc ça veut dire que vous pouvez aussi évoluer sur la gestation pour autrui, c'est ce que j'entends. Oui, mais vous m'avez aussi entendu vous dire que j'ai évolué sur la PMA, je sais très bien l'expliquer d'ailleurs, et que la GPA ne me paraît pas devoir entrer en vigueur. Je suis opposé à la GPA et je n'ai pas changé d'avis sur la GPA depuis que la question m'a été posée et depuis la première fois que j'ai réfléchi à
cette question il y a dix ans. Je pense que c'est une étape à laquelle je n'ai pas envie d'accéder, je n'en veux pas. Voilà, j'ai le droit de le dire. Vous avez le droit de le dire. Bah oui. Et vous avez le droit d'évoquer ce texte. où vous écrivez également : « Un enfant peut être élevé et bien élevé par un couple homosexuel. » Vous l'écrivez aussi dans cette phrase-là. On sait aujourd'hui qu'il y a un certain nombre de pères qui font des GPA à l'étranger et qui, lorsqu'ils reviennent en France, peuvent faire reconnaître leur enfant, mais en passant par un parcours juridique. Est-ce qu'il faut l'autoriser par la loi ? Est-ce qu'il faut leur simplifier, en quelque sorte, les démarches lorsqu'ils reviennent avec un enfant, avec leur compagnon, depuis l'étranger, et qu'ils sont parents ?
Il y a une règle très simple, c'est qu'on ne peut pas faire reposer sur un enfant, les conditions dans lesquelles il est arrivé, ça vraiment c'est inacceptable. Les gens qui me disent qu'il n'y a qu'à faire en sorte qu'il ne puisse pas être reconnu, ce n'est pas possible. L'enfant il est là. Après moi je considère que le droit français ne doit pas faire une place à la possibilité en France de pratiquer la GPA. Il y a des gens qui ne sont pas d'accord, je ne dis pas que ça ne fait pas un bon débat public, mais vous voulez ma position, je vous la donne, et je vous la donne clairement je crois. Très bien. Il peut y avoir des Français qui décident de procéder à une GPA à l'extérieur. Je considère que s'ils ont le droit de le faire à l'extérieur, qu'ils le
fassent, mais je ne peux pas leur interdire. Mais je ne crois pas que, compte tenu de ce que j'ai compris de la GPA, elle ait sa place dans notre droit. Je pense qu'elle représente quelque chose qui va trop loin, quelque chose qui représente une marchandisation du corps, quelque chose qui me paraît contraire à un certain nombre de valeurs qui sont... Je ne crois pas des valeurs humanistes.
Je ne me vois pas favoriser l'installation d'un régime juridique qui organiserait la grossesse et le don nécessaire, et parfois pas simplement le don nécessaire, de l'enfant d'une femme qui vient d'accoucher. Et vous avez été très clair sur ce point. Je continue de tirer ce fil de l'égalité des droits nouveaux, Édouard Philippe, puisqu'il y a en ce moment ce texte sur les violences sexistes et sexuelles qui est examiné à l'Assemblée nationale. Il s'accompagne d'un certain nombre de manifestations, là aussi dans toute la France. Je vous propose d'écouter cette femme dans l'un des cortèges. Témoignage assez fort.
Moi je suis musicienne, je joue à l'étranger beaucoup et j'ai honte de la France depuis tellement longtemps sur ce sujet. C'est pas possible. Les miens ils sont grands, ils ont 20 ans, mais on peut pas avoir peur d'aller à l'école, on peut pas avoir peur quand on sort à 22 h. Je peux pas dire à ma fille : « T'habille pas comme ça. » Je peux pas lui dire : « Ne bois pas un verre avec des copains. » Enfin, on est arrivé à un truc, là. C'est pas possible. Je crois savoir, Édouard Philippe, que vous êtes vous-même papa d'une jeune fille, qui est peut-être aujourd'hui en âge de sortir et de vivre le vécu que décrit cette maman. Est-ce que vous avez peur pour elle, comme le décrit cette femme que l'on vient d'entendre ? Je vous le confirme.
Je suis en effet père de deux garçons et d'une fille, et comme tous les parents, je suis inquiet pour mes enfants. Et si vous arrivez à me montrer des parents qui ne sont pas inquiets fondamentalement pour leurs enfants, je leur dis que je suis à fond. Mais plus particulièrement pour votre fille ? Pour mes garçons et pour ma fille. Est-ce que vous faites votre, par exemple ? Et évidemment, je sais le risque que peut représenter... Je sais parfaitement, madame. Le risque que peut représenter pour une jeune fille une soirée où il y a de l'alcool, où des gens peuvent s'inviter. Je le sais parfaitement et je ne prends pas du tout ça à la légère. Pas du tout. Ça vous a rendu féministe d'avoir une fille qui peut être confrontée à ce genre de danger aujourd'hui ? On gagne toujours à écouter ses
proches, sa femme, sa mère, sa fille, et de ce point de vue là, j'ai beaucoup appris, beaucoup appris. Vous dites : « J'ai la foi du nouveau converti. » Je vous disais tout à l'heure que sur les sujets de société on peut évoluer. Moi sur cette question que je...
que je ne prenais pas suffisamment au sérieux lorsque j'étais adolescent ou lorsque j'étais jeune adulte, et peut-être même un peu après, je me suis rendu compte, mais c'est aussi à ça que sert le débat public, c'est aussi à ça que servent les échanges, qu'en effet il y avait des discriminations, qu'en effet il y avait des menaces, qu'en effet il y avait des charges mentales, qu'en effet c'était très compliqué de concilier. Vous avez même changé plus récemment, je vous entendais dire en mai dernier que par exemple au moment... des plaintes contre Patrick Bruel, vous, vous seriez gêné d'aller à l'un de ses concerts. Oui, j'ai dit que... Là encore, j'ai replongé dans les archives, et sur le cinéaste Roman Polanski, qui était à peu près dans la
même situation, au parallélisme des formes, lui aussi accusé par plusieurs femmes, en 2019, Premier ministre, vous avez dit : « Bon, il n'y a pas de problème, allez voir. » Vous n'avez pas dit : « Il n'y a pas de problème. » Vous avez dit : « J'irai voir le film J'accuse, et j'irai avec mes enfants. » Et j'y étais. Et c'était une erreur ? Non. J'ai choisi de le faire. Attendez, est-ce qu'on peut accepter la liberté individuelle ? Non mais quand on évolue, on peut dire, je me suis trompé à un moment. Eh bien écoutez, j'ai été heureux d'aller voir ce film. J'ai trouvé que c'était un beau film. Ça ne veut pas dire que parce que j'ai été voir ce film qui est un beau film, je dis qu'il n'y a pas de problème dans le comportement de tel ou tel. Il m'arrive de lire Céline et de
trouver que c'est un romancier extraordinaire. Ça n'empêche pas que humainement, le type est un abominable type. Mais est-ce qu'il faut arrêter de lire Céline ? Vous n'avez jamais dit ? C'est vous qui avez dit les concerts de Patrick Bruel, je n'irai pas. Je n'irai pas. Mais encore une fois, les Français sont responsables. Ils peuvent très bien décider
individuellement ce qu'ils font et ce qu'ils ne font pas. Et j'ai la même liberté que tous les Français en la matière. Juste, est-ce qu'il y a une avancée pour la cause des femmes que vous souhaitez porter comme président ? Si vous êtes élu. Je pense que tout ce qui permet cette lutte contre les violences, tout ce qui permet la meilleure orientation, tout ce qui permet l'émancipation, tout ce qui permet à ces jeunes femmes qui veulent réussir à l'école, qui veulent réussir par leur travail, tout ce qui leur permet d'oser, de ne pas être écrasées par des conventions, par des regards suspicieux, par des pressions ou par des
autolimitations, tout ça est incroyablement utile. C'est vrai beaucoup pour les jeunes filles, et en vérité c'est vrai pour tous les jeunes. Merci beaucoup Neïla Latrous, on se retrouve dans une vingtaine de minutes pour le débrief de l'émission. Je voudrais juste revenir sur ce que vous venez de dire, à quel moment elle s'opère la sensibilisation, la mue sur ces sujets-là ? C'était il y a trois semaines, c'était il y a cinq ans, c'était justement avec… Je fais partie des gens... Et je pense qu'on est beaucoup comme ça, et j'espère qu'on est beaucoup comme ça, parce que c'est formidable, qui parlent avec leurs enfants, et qui écoutent ce qu'ils ont à dire, et qui apprennent aussi avec leurs enfants. Voilà. Je ne cherche pas à m'en excuser, je m'en honore, parce que c'est une
joie d'avoir ces trois enfants, qui m'étonnent, qui me rendent fier, que parfois je ne comprends pas toujours, c'est vrai. mais qui dans l'ensemble m'étonnent favorablement et me rendent fier. Et qui parfois contestent un certain nombre de choses. Eh bien c'est très bien, on discute et parfois ils me convainquent. Ça arrive, ben oui. Et j'en suis fier. Pourquoi ils ne sont pas là ? Et j'en suis fier. Pourquoi ils ne sont pas là Édouard Philippe ? Pourquoi votre épouse n'est pas là ? Pourquoi vous n'arrivez pas ce soir au fond avec ceux que vous allez peut-être devoir présenter le moment venu aux Français ? Parce que c'est ma vie privée, ma vie privée me concerne moi. Et que je peux parler de mes enfants mais qu'ils ne sont pas associés à ma vie politique. Ils ne le seront pas ?
Vous ne serez pas en famille à l'Élysée ? Aussi longtemps que je... D'abord, je ne compte pas y vivre si j'y suis élu. Ah bon ? Vous vivrez où ? Chez moi, comme je faisais quand j'étais à Matignon. Il m'arrivait de dormir à Matignon, bien entendu. Mais je rentrais chez moi, parce que je pense que c'est là qu'on a ses forces de rappel. Voilà, bon. Il y a des présidents qui l'ont fait, d'autres qui ne l'ont pas fait. Je ne critique personne en disant ça. Mais moi, je considère... Donc on ne verra pas vos proches ? Écoutez, quand on est élu président de la République, le conjoint... est évidemment partie à ces opérations. Mais je préfère que mes enfants ne fassent pas partie et ne soient pas exposés à la vie politique. Je ne les ai jamais, entre guillemets,
présentés ou utilisés. Et j'entends bien que ça continue. Et d'ailleurs, Madame Roux, si je peux me permettre, c'est une position qui m'a l'air partagée par quasiment tous les candidats à cette élection présidentielle. Et j'aimerais que vous le remarquiez. Il y a un petit changement, c'est ça que vous laissez ? Il y a beaucoup de candidats qui sont... Exactement dans cette situation d'être marié, d'avoir des enfants et qui ne veulent pas associer leurs conjoints et leurs enfants à l'exposition médiatique d'une campagne présidentielle. Parce que c'est très brutal. Et je respecte ça. Parce que c'est très brutal. Parce que c'est sans doute très brutal et puis parce qu'ils n'en ont pas envie, on a le droit de respecter ça aussi.
Vous êtes venu ce soir accompagné par Estelle Mendy, elle vous soutient, elle est Miss Normandie, comme vous elle est atteinte de vitiligo. Je rappelle pour les gens qui nous regardent, maladie auto-immune qui conduit à la dépigmentation de la peau. Vous avez eu en plus vous l'alopécie. Oui, oui, moi c'était bien. Vous vous êtes déjà exprimé sur cette épreuve ? Parce que je pense que ça en était une. Qu'est-ce que ça a changé précisément dans votre caractère ?
Estelle est née au Havre et elle a commencé à être atteinte par cette maladie vitiligo quand elle était encore enfant.
Pour Estelle, ça se voit beaucoup plus que pour moi. Moi, c'est arrivé beaucoup plus tard. Pour Estelle, ça se voit beaucoup. Imaginez la réaction pour elle et pour tous les enfants qui l'entouraient, pas seulement les enfants qui l'entouraient, vers 12 ou 13 ans. Lorsque cette maladie attaque, qu'est-ce qu'elle nous montre Estelle ? Pardon, je parle d'Estelle alors qu'elle est là et j'espère qu'elle ne m'en veut pas. Ça nous montre qu'elle est aujourd'hui une femme forte, belle, et qu'elle a réussi à surmonter l'immense difficulté qu'on peut ressentir dans le regard des autres lorsque l'on est regardé comme malade ou différent. Vous parlez d'elle mais vous parlez de vous. Cette difficulté.
Il y a beaucoup de Français qui la vivent. Des femmes qui sont atteintes d'un cancer et qui perdent leurs cheveux. Parce que la chimiothérapie les condamne à perdre leur... Et les regards changent, immanquablement, toujours. Les regards ont changé sur vous, Édouard Philippe. C'est ça que je comprends dans ce que vous êtes en train de nous raconter. Bien sûr, il y a eu ce moment où ils ont changé. Moi, j'ai eu la chance qu'ils changent quand j'avais 50 ans, à un moment où je m'étais construit. Et c'était beaucoup plus facile pour moi que pour beaucoup d'autres. Mais ça m'a permis de comprendre ce que vivaient beaucoup beaucoup de Françaises. Mais ça vous a endurci ? Qu'est-ce que ça a changé ? Ça ne m'a pas forcément endurci, parce que je crois que j'étais déjà
pas mal endurci avant. Ça m'a peut-être au contraire permis de comprendre des choses que je ne saisissais pas jusqu'à présent. Une question très rapide, on est encore dans une affaire de tempérament. Souvent les présidents ils prennent le contre-pied de leurs prédécesseurs. On a eu le président normal qui est arrivé après l'hyper-président. Jupiter, qui est arrivé après le président normal, comment vous la voyez, vous, cette fonction présidentielle ? Alors d'abord, moi, je vais vous dire, je vais être moi-même. Oui ? Oui. C'est ce qu'il disait sans doute aussi ? Peut-être. Mais en tout cas, moi, je vais être moi-même. Je vais pas me positionner par rapport à quelqu'un d'autre ou par rapport à un modèle. Non, pas du tout solitaire. Ça veut dire quoi ? Pas du tout un homme solitaire,
mais je vais être moi-même. Et je vais faire une lecture des institutions qui me paraît la seule qui peut prévaloir, qui est un peu différente. C'est vrai, pour le coup, de quelques-uns de mes prédécesseurs. Alors moi je considère qu'un président... Il doit présider et ne pas chercher à gouverner. Je pense qu'un président, ça doit incarner le pays. Je pense qu'un président, ça doit diriger la diplomatie française, dire quelle est la direction. Ça doit être le chef des armées. Ça doit nommer aux emplois civils et militaires. Ça ne doit pas vouloir gouverner. Un président de la République, il doit se concentrer sur ce que la Constitution de la Ve République a confié en propre et en seul à celui qui est la clé de voûte des institutions. Avec Benjamin Duhamel, Benjamin
Duhamel, journaliste politique à France Inter et sur France Télévisions. Et Benjamin Duhamel, vous avez écouté de manière très attentive ce qui s'est dit depuis le début de l'émission. Absolument. Bonsoir Édouard Philippe. Bonsoir. J'ai effectivement écouté très attentivement les échanges que vous avez pu avoir avec les uns et les autres. J'ai des questions politiques à vous poser sur votre candidature, sa dynamique ou pas. Mais juste avant, un point précis de clarification sur ce que vous avez pu dire et un point sur la tonalité qui a été la vôtre depuis le début de cette émission. D'abord... Sur un point de clarification, je voudrais qu'on parle des retraites. Vous en avez parlé longuement avec Thomas Porcher, c'était intéressant. Je n'ai pas tout à fait compris la
façon dont vous souhaitiez faire passer cette réforme des retraites que vous avez présentée. Vous avez évoqué une vingtaine d'ordonnances que vous êtes en train de préparer, d'écrire. Il s'avère qu'en mars 2025, dans un meeting, c'était même à Lille, vous aviez pris l'engagement de consulter les Français par référendum sur les retraites. La question est extrêmement simple. Est-ce que, en parlant des ordonnances avec Thomas Porcher, vous renoncez à consulter les Français par référendum sur cette question. Je répondrai à cette question plus tard. Je le ferai, mais je répondrai à cette question plus tard. Pourquoi ? Parce que le contenu du texte me paraît plus important encore à ce stade que la façon dont il sera discuté et adopté.
Vous savez, et Caroline l'évoquait, à quel point la réforme d'Élisabeth Borne avait mis des gens dans la rue. Simplement, cette émission, elle s'appelle L'Heure de Vérité, Édouard Philippe. Oui, je vous dis les choses en vérité. Dire la vérité aux Français, c'est leur dire. De quelle manière ils seront consultés sur une réforme qui est sans doute l'une des principales réformes que vous défendez ? Et je le dirai le moment venu, mais de la même façon que pendant longtemps j'ai concentré mon propos pour expliquer que la solution que je proposais c'était de travailler plus longtemps, sans donner les détails de cette réforme, parce que je voulais livrer le combat politique, consistant à dire qu'il faudra en effet travailler un peu plus longtemps. Aujourd'hui ce que je veux c'est
expliquer ma proposition, pas simplement expliquer ma proposition puis ensuite en venir à la technique pour savoir comment est-ce qu'on l'adopte. Expliquer ma proposition et concentrer la discussion sur les propositions que je fais en matière de retraite. Ça me paraît important. Est-ce qu'il faudra l'adopter par une discussion devant le Parlement ou par référendum ? On verra en fonction de la campagne et le moment venu je répondrai à cette question. S'il y a une forme de pusillanimité de votre part sur la question des retraites, est-ce que c'est parce que vous avez peur éventuellement du regard des Français qui au fond bloquerait votre quinquennat si dès les premiers jours de ce quinquennat vous décidiez de les consulter directement ?
Vous avez employé un mot savant, pusillanimité, qui ne me paraît pas exactement correspondre à mon caractère. Je suis celui qui, en matière de retraite, propose la réforme la plus ambitieuse et je le sais, une réforme qui n'est pas populaire. Alors votre pusillanimité, si je peux me permettre, elle ne me paraît pas exactement illustrée par l'ambition que je porte. On vous reposera donc la question pour savoir si oui ou non vous consulterez directement les Français. Mais vous parlez du mot que je viens d'employer et ça me permet d'avancer sur la deuxième question que je souhaite vous poser qui est une... sensation assez générale dans les échanges que vous avez pu avoir, qui étaient, voilà, là encore avec de vraies propositions que vous avez avancées.
Vous avez parlé sur l'économie, de la question des allocations familiales, de la question de l'impôt sur le revenu. Vous avez parlé avec Eugénie Bastier de la question de l'immigration, qui sont au fond des mesures d'ordre technique. Et c'est la question que Caroline vous posait au début de cet entretien, savoir quelle était votre vision. Savoir si au fond, quand on est candidat à l'élection présidentielle, il ne faut pas vendre une forme de rêve. C'était le « changer la vie » de François Mitterrand, c'était la révolution que promettait Emmanuel Macron. Est-ce qu'on peut, comme on disait en mai 68 : « On ne tombe pas amoureux d'un taux de croissance. » Quelle est votre vision au-delà des mesures techniques ? Monsieur Duhamel, j'ai probablement
commis une erreur majeure, c'est que j'ai essayé de répondre aux questions qu'on me posait. Je sais que pour une émission qui s'appelle L'Heure de Vérité, répondre aux questions qu'on vous pose peut sembler troublant, je le sais. Néanmoins, c'est le parti que j'ai adopté dans la conduite de la discussion. J'ai essayé de répondre aux questions qu'on me posait. Vous me demandez ce que je veux faire du pays. C'est très simple, et je l'ai évoqué. Lui redonner sa puissance. Pas parce que je considère que la France doit être puissante pour conquérir le monde. Parce que nous avons besoin de cette puissance dans un monde dangereux. Donc cette puissance, je l'assume. Comment est-ce qu'on fait pour restaurer la puissance française ? À mon avis, on se concentre sur trois priorités.
La première, c'est l'école. Parce que la puissance, ça passe par l'intelligence. Par l'intelligence collective, par la bonne formation, par la bonne compétence. Donc on met le paquet sur l'école. Je dis en permanence que ma première priorité, c'est l'école et c'est l'éducation. La deuxième priorité, c'est rendre au pays sa prospérité. Je l'ai indiqué tout à l'heure, et je suis sûr que vous l'avez entendu, qu'on ne pouvait pas défendre nos intérêts, qu'on ne pouvait pas être puissant si on n'était pas prospère. Il faut donc qu'on rétablisse la prospérité française, et toutes les propositions que j'ai formulées visent à rétablir la prospérité française. La troisième, c'est la question de l'ordre, qui passe notamment par une réforme ambitieuse en matière de justice. Puissance, confiance.
Notre pays doit reprendre confiance en lui. Vous savez, ce que je dis en permanence à tous les gens que je croise, c'est « Croyons en nous ». Nous avons tout ce qu'il faut pour rétablir le pays. Et la troisième chose, c'est la fierté, et je l'ai indiqué aussi. Nous devons rendre à ce pays, à nos concitoyens, des raisons de croire à la fierté française. Vous avez effectivement évoqué, Édouard Philippe, la fierté, mais vous avez aussi, et là encore c'est un de vos mantras, vous dites « Moi, je dis la vérité », même si ce n'est pas forcément agréable à entendre. Pardon, je me permets de dire, je dis ce que je crois, ce que je pense et ce que je propose. Absolument, et il y a, Édouard Philippe... dans l'histoire de la Ve République,
et d'ailleurs un certain nombre sont venus dans cette émission de L'Heure de Vérité, des candidats ou des presque candidats qui ont là aussi eu comme mantra de dire la vérité. Vous avez eu Raymond Barre en 88, on va voir d'ailleurs leurs photos apparaître, vous avez eu Jacques Delors qui lui n'a pas été candidat, vous avez Édouard Balladur. Il y a un point commun entre ces trois personnalités qui disaient la vérité, c'est qu'ils n'ont pas été élus président de la République. Est-ce que, là encore, on peut être élu président de la République sans faire rêver les Français ? Pardon, mais je... Vous avez le sentiment de faire rêver les Français ? de susciter cet enthousiasme. Mais M. Duhamel, je dis ce à quoi j'aspire. La puissance, la confiance, la fierté. Je dis que l'identité française,
elle existe et qu'on doit continuer à la défendre. Et qu'on a encore des choses à raconter au monde. Je dis que je veux une France plus prospère pour mes enfants. Et pour tous les enfants de France. Quand je dis ça, je pense que... Vous n'avez pas le sentiment de ressembler à ces trois personnalités ? Pour qui j'ai beaucoup de respect tous les trois. D'ailleurs, quelles que soient leurs orientations politiques, elles sont toutes les trois différentes. Vous voyez, j'ai plutôt du respect pour chacun d'entre eux. Mais si la part de rêve que vous appelez de vos vœux consiste à faire prendre des vessies pour des lanternes aux Français dans le moment que nous vivons, alors ce ne sera pas moi. On vit un moment sérieux, M. Duhamel.
très sérieux, on vit un moment dangereux. Et moi, je pense qu'il faut prendre les Français au sérieux et leur dire sérieusement ce qu'on veut faire. Et je préfère faire comme ça. Et vous savez quoi ? J'ai toujours fait comme ça. J'ai été élu maire du Havre, et réélu, et re-réélu, en faisant exactement ça. Pas en racontant n'importe quoi. Pas en disant : « Vous allez avoir les transports gratuits, vous allez avoir tout. » Absolument, et c'est effectivement ce qui a été en quelque sorte... En faisant confiance au bon sens. et au sérieux des Français. Il existe. C'est apparu comme étant constitutif de votre identité politique. Et quand je ne sais pas, je ne sais pas. Les Français vous ont découvert quand vous avez été nommé à Matignon en 2017. Et depuis lors, il y a un trait de
caractère qui vous colle à la peau. On dit, certains disent que vous êtes raide, d'autres disent que vous êtes arrogant. Peut-être que cela date de quand vous avez affronté le mouvement des gilets jaunes. Je voudrais qu'on regarde une archive. On est en février 2019 et vous êtes en déplacement dans le Finistère. Moi, je fais 8 heures par jour, 700 euros de retraite. Et vous combien ? Vous pouvez changer nos fiches de paye ? Vous travaillez ? Ben oui mais nous, moi aussi. Et j'ai 73 ans, je fais encore du ménage. Pour pouvoir vivre. Non c'est vrai. Vous méritez votre salaire peut-être. Mais nous aussi. Voilà, face à un gilet jaune, il y a cet échange qui est assez vif. Et vous dites : « Moi, je travaille aussi. » À celui qui vous dit qu'il touche 700 euros de retraite par mois.
Est-ce Édouard Philippe... dans un moment qui est tendu, c'est un échange parfaitement respectueux des deux côtés. Vous n'avez pas le sentiment que cet échange y montre peut-être une difficulté à montrer une forme d'empathie vis-à-vis des Français ? Est-ce que vous pensez qu'on peut être élu et réélu maire du Havre sans empathie pour la réalité de ce que vivent les gens ? Vous pensez vraiment ça ? Sur ce plateau, il y a un certain nombre de maires, maires de Reims. Vous pensez que vous pouvez... Mais pourquoi ça revient alors, Édouard Philippe ? C'est un faux procès qu'on vous fait, ce procès en raideur, ce procès en arrogance ? J'ai sans doute plein de défauts, et j'espère avoir quelques qualités.
Mais ce que je ne fais pas, c'est raconter des craques. Je ne fais pas ça. Donc je dis aux Français, quand je les croise, quand je les rencontre, et je les rencontre tous les jours, ce que je crois, ce que je pense, je le fais avec mes mots. Quand il n'y a pas de caméra et que je suis chez moi, eh bien j'aime rigoler avec mes potes. Donc je suis comme je suis et je ne changerai pas, même si je suis candidat à l'élection présidentielle. Et je vais vous dire, dans le moment que nous vivons, je ne suis pas sûr que la France ait intérêt à choisir un bon pote, vous voyez, un type rond, un type sympa, qui va vous raconter ce que vous avez envie d'entendre, parce que ça fait du bien. Je pense qu'on a besoin d'un président qui commande en ce moment. Alors, Édouard Philippe, sur la
politique, il y a deux questions essentielles à vous poser. La première, vous auriez pu arriver à cette émission, L'Heure de Vérité, comme le candidat naturel de votre camp. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle depuis deux ans. Vous avez noué cette relation avec les Français quand vous étiez à Matignon. Or, si vous êtes le favori des sondages dans votre espace, vous avez deux concurrents qui s'appellent Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas candidat naturel de votre camp aujourd'hui, en octobre 2026 ? C'est parce que la campagne commence et que vous ne pouvez pas interdire à un certain nombre de gens qui ont des choses à dire et qui sont légitimes à les dire et qui ont envie de présenter leur candidature aux Français.
Pourquoi voudriez-vous que moi je dise à Bruno Retailleau d'un côté, à Gabriel Attal ou d'ailleurs à d'autres : « Vous n'avez pas le droit de vous présenter. » S'ils se présentent, c'est qu'ils ont un doute sur votre capacité à rassembler. S'ils se présentent, c'est qu'ils ont des choses à dire aux Français. Et puis les Français, ne vous inquiétez pas, ils vont les écouter et puis ils vont choisir. C'est comme ça que ça marche une campagne, vous savez. C'est comme ça que ça marche. Voilà, c'est très bien. Et moi je fais confiance à cette campagne. Je suis heureux de la faire, j'aime ça. Et donc je considère que ce débat public qui s'engage, il permet d'entendre, de voir, de jauger, de mesurer.
Au meeting de lancement de campagne en juillet dernier, vous avez parlé de vos enfants. Et vous avez dit : « Je veux à tout prix, en quelque sorte, éviter qu'ils soient confrontés aux deux impasses. » Donc, comprenez, un second tour, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Si on est cohérent et qu'on veut éviter ces deux impasses, est-ce qu'on ne doit pas accepter une primaire ? Pour qu'à un moment donné, à la fin, il y ait...
Je me présente à l'élection présidentielle. Vous pensez que c'est une primaire qui me fait peur ? Vous vous rendez compte de ce qu'on disait tout à l'heure sur les responsabilités d'un président de la République ? Je ne dis à personne qu'ils ont peur d'une primaire et ce n'est pas pour ça que je considère que ça n'est pas le bon instrument. J'ai vu ce que donnait, notamment sur vos plateaux, la primaire organisée par la gauche. Et j'ai vu d'ailleurs qu'un certain nombre de... Un potentiel candidat à gauche n'avait pas envie d'y participer en espérant y arriver après.
Oui, entre autres. Même pas sûr que ce soit le seul. Est-ce que ce n'est pas la meilleure technique par contre pour qu'il n'y ait qu'un seul candidat et qu'à la fin, ce candidat ait une chance d'accéder ? Je ne crois pas et pour une raison assez simple. Parce que personne ne parle de la même chose quand on parle de cette primaire. Certains disent, c'est le cas de M. Attal, qu'il faut aller de la gauche à la droite. Il y a plein de gens qui n'ont pas envie de dire que la gauche et la droite, c'est la même chose. qui vont travailler ensemble. Certains disent jusqu'à 13 à droite au centre. Certains disent qu'il faut la faire très tôt et d'autres disent qu'il faut la faire très tard. Et certains, et je pense que c'est ce qui est probablement le plus
extraordinaire, disent « Je veux bien qu'on organise une primaire, mais si par extraordinaire je la perds, il est hors de question que je m'engage à soutenir celui qui l'aura gagné. » Enfin, de quoi parlons-nous ? Donc là-dessus, vous ne changerez pas d'avis ? Bien sûr que non. Il n'y aura pas de primaire. Mais il y a en revanche... une vraie nécessité de se parler et de se rassembler. La dernière fois que vous avez essayé de parler, on vous a claqué la porte au nez, Édouard Philippe. Ça c'est une péripétie de campagne, moi je ne cesserai pas de proposer à des personnalités politiques qui ne sont pas des adversaires, qui peuvent être des concurrents, et qui sont des gens avec qui je peux travailler, et pour qui j'ai de l'estime,
Bruno Retailleau, Gabriel Attal, David Lisnard, des gens pour qui j'ai de l'estime, je ne cesserai pas… je ne cesserai pas de leur proposer de se parler et de réfléchir ensemble à la façon dont après l'élection présidentielle nous serons capables de construire une majorité absolue. Parce que je vois bien que tout le monde s'excite sur l'élection présidentielle. Enfin, tous les engagements que nous prenons à l'élection présidentielle seront insusceptibles d'être mis en œuvre. Si après l'élection présidentielle, nous ne sommes pas capables de construire un socle politique suffisamment large avec une majorité permettant de gouverner. Pour terminer, Édouard Philippe, et je vais vous demander de répondre rapidement puisqu'on est pris par le temps. Je vais prendre mon temps.
Vous savez qu'il y a une question qui est posée à tous les candidats pour tenter de comprendre comment ils se positionnent, qui est de savoir pourquoi. Parce que depuis plusieurs années, en y consacrant beaucoup de temps et beaucoup d'énergie, et en y consacrant dans les semaines et les mois qui viennent beaucoup de temps et beaucoup d'énergie...
Est-ce que ça veut donc dire qu'au fond vous considérez que le pire risque, c'est davantage Marine Le Pen que Jean-Luc Mélenchon ? Non, j'ai dit en 2024, et j'ai d'ailleurs été un des premiers à le dire dans ce qui est convenu de s'appeler le bloc central, qu'entre LFI et le RN, au moment des législatives, je ne voulais pas choisir. Donc vous les renvoyez dos à dos ? Je ne voulais pas choisir. Je considère que l'utilisation d'un certain nombre... Je n'ai aucune envie de choisir entre eux. Mais monsieur Duhamel, ne vous trompez pas. Tout ce que je fais en ce moment, toutes les initiatives que j'ai prises et que je vais continuer à prendre, toutes les propositions que je formule,
l'obligation de devoir choisir entre deux partis et deux candidats qui devraient être utiles. qu'on n'a pas vu en France depuis longtemps et qu'on n'a pas envie de voir. Et donc je propose ce chemin d'un rassemblement de la droite et du centre, et peut-être le moment venu au-delà, pour créer les... Peut-être au-delà, ça veut dire peut-être à gauche ? Peut-être le moment venu, mais en tout cas le rassemblement de la droite et du centre, qui permet de créer un socle politique stable et de mettre en œuvre les réformes que j'ai proposées. Alors,
un mot. Très vite, très court, il faut qu'on aille signer le livre d'or. Les Français, un Français sur deux, veulent renverser la table, ils veulent la rupture. Qu'est-ce qu'il y a qui peut incarner la rupture chez vous, Édouard Philippe ?
Vous dites que beaucoup de Français veulent renverser la table. Je trouve que les Français sont souvent des révolutionnaires conservateurs. Ils veulent à la fois renverser la table, mais ils veulent aussi conserver un certain nombre de choses auxquelles ils sont attachés.
J'ai observé ça et peut-être que vous l'avez d'ailleurs observé déjà. Peut-être que nos concitoyens l'observent dans leur vie quotidienne ou dans les discussions qu'ils peuvent avoir avec leurs amis ou leur famille. Donc moi, mon objectif, ça n'est pas de vendre une marque. Mon objectif, c'est de corriger ce qui doit l'être. De dire clairement où je veux aller. Il y aura des différences et des différences manifestes. Avec ce qui a été fait jusque-là ? Dans la direction, dans les équipes. Dans les hommes et les femmes qui seront appelés à le faire, il y aura des différences extrêmement nettes, croyez-moi. Et ce qui m'intéresse, encore une fois, c'est ce qu'on fait de notre pays dans une période extrêmement dangereuse. Merci beaucoup Benjamin. Merci.
Et on va signer le livre d'or. On ne le signe pas ici, on le signe en bas. Non, on ne le signe pas ici, ça c'est le livre d'or de l'époque. C'est l'original. Alors, résistons tous, c'est l'original. Vous me suivez ? Je vous suis. Je tombe sur celui de Valéry Giscard d'Estaing. Alors, on a un peu revisité la séquence. Vous n'avez pas signé le livre d'or, mais vous allez signer le décor de l'émission. Vous êtes le premier, Édouard Philippe. Et bien sûr que ça va rester. Pour les autres. Allez-y. J'imagine que vous avez réfléchi à ce que vous avez à nous dire.
Est-ce que vous pouvez lire ce que vous êtes en train d'écrire ?
Merci beaucoup. Merci l'émission continue on va revoir les meilleurs moments de cette émission et on se retrouve après pour le débriefing.
Édouard Philippe