Roland Lescure, ministre de l'Économie : "Il va falloir faire des efforts dans les dépenses et les recettes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 10 %Défensif 45 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Comment réussir à boucler le budget de l'État sans faire déraper les comptes publics ?
- 0:30OuverteRéponse directe
Cette victoire de l'AFD aux élections régionales en Saxe-Analt. Elle vous inquiète cette victoire ?
- 1:17OuverteRéponse partielle
Où allez-vous chercher les milliards d'économies annoncées ?
- 2:47RelanceRéponse directe
Concrètement, vous allez les chercher où, ces économies ?
- 3:13FerméeÉludée
Est-ce que ça y est, vous avez enfin arrêté le seuil de désindexation des retraites les plus importantes ?
- 4:05RelanceRéponse directe
Mais quel effort ? Est-ce que c'est la désindexation des pensions les plus élevées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12Invité politiqueChiffre
« Si on ne fait rien l'année prochaine, si on ne fait rien, on sera autour de 6% de déficit budgétaire. »
- 2:29Invité politiqueFait
« Il va falloir faire des efforts, j'allais dire, dans toutes les dimensions, dépenses et recettes, dans tous les agents publics. »
- 4:20Invité politiqueFait
« En moyenne, les retraites sont plus élevées que les rémunérations du travail en France. »
- 6:50Invité politiqueFait
« Ça veut dire des taux d'intérêt qui montent de manière très forte. »
- 7:01Invité politiqueFait
« Ça veut dire des crédits à la consommation plus difficiles à avoir, ça veut dire une inflation sans doute qui monte, ça veut dire des crédits immobiliers pour les futurs acheteurs qui vont être plus élevés. »
Temps de parole
- Roland Lescure70 %
- Présentateur24 %
- ?6 %
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RTL Matin, Céline Landreau. 7h44, l'invité d'RTL Matin maintenant.
Il
est face à une équation qui peut sembler impossible et pour laquelle subsistent ce matin de nombreuses inconnues. Comment réussir à boucler le budget de l'État sans faire déraper les comptes publics ? Bonjour Roland Lescure. Bonjour. Ministre de l'Économie, je le rappelle. On va revenir dans un instant à ce dossier épineux du budget. Mais d'abord, l'Europe se réveille ce matin après ce séisme politique en Allemagne. Cette victoire de l'AFD aux élections régionales en Saxe-Analt. Elle vous inquiète cette victoire ?
Bien
sûr qu'elle m'inquiète. C'était malheureusement prévu. Moi j'ai eu l'occasion d'échanger récemment avec des chefs d'entreprise allemands qui étaient extrêmement préoccupés parce qu'elle était un peu inscrite. Bon, ils ratent visiblement la majorité absolue de peu. Mais la probabilité quand même que l'extrême droite, et c'est vraiment de l'extrême droite dur de chez dur, gouverne un land, donc une région allemande, elle est aujourd'hui réelle. Ça montre qu'on a un défi majeur face à une vague populiste qui est mondiale aujourd'hui et face à laquelle on doit résister. Mais ce n
'est
pas facile. Que l'Allemagne,
y compris
l'Allemagne de l'Est, tombe aux mains de l'extrême droite,
c
'est évidemment un signal très très préoccupant.
Y compris en France. On va revenir à la situation française. Justement, il reste trois semaines pour ficeler le projet de loi de finances, le budget 2027. Et la première question qu'on a envie de vous poser ce matin, Roland Lescure, c'est où ?
Où
vous allez chercher les milliards d'économies annoncées ?
Bon,
d'abord, il faut être conscient que l'environnement n
'est
pas facile. Je ne veux surtout pas décaler, je vais répondre à votre question. Mais d'abord, être conscient que la croissance mondiale aujourd'hui est à risque. Les taux d'intérêt sont hausses. On a des taux d'intérêt dans le monde,
en
France, mais aussi ailleurs, aux Etats-Unis et partout ailleurs, qui sont les plus hauts depuis 2008. 2008, c'était la crise financière. Donc, on est aujourd'hui face à une équation macroéconomique mondiale extrêmement risquée. Moi, je rentre des Etats-Unis, j'étais en Caroline du Nord la semaine dernière pour le G20 des ministres des Finances. Les préoccupations sont énormes. Donc, face à cet environnement,
on
fait face, vous le dites, à une équation budgétaire
difficile.
Je rappelle qu'on
a... Vous avez
promis de répondre,
hein ?
Oui, oui,
on
avait... Non, mais pour donner un peu l'ampleur du mur auquel on fait face, on avait missionné avec David Amiel quatre économistes
pour
avoir de manière indépendante un diagnostic. Si on ne fait rien l'année prochaine, si on ne fait rien, on sera autour de 6% de déficit budgétaire. Donc, ça donne une idée de l'ampleur de la marche.
Et l'objectif, c'est 5
?
L'objectif,
c
'est, j'allais dire, au pire 5. On aimerait être même en dessous de 5
l'année prochaine.
Et donc,
vous
allez les
chercher aussi. Il va
falloir faire des efforts, j'allais dire, dans toutes les dimensions, dépenses et recettes, dans tous les agents publics, que ce soit les collectivités locales, qui vont devoir, évidemment, elles aussi, je dirais, contribuer...
Mais sur le diagnostic, on l'entend, mais l'auditeur qui
vous écoute ce matin, il se demande surtout ce qui va lui en coûter à lui. Concrètement, vous allez les chercher où, ces économies ?
Écoutez, beaucoup dans les dépenses de fonctionnement de l'État, des collectivités locales, pardon, et des administrations de sécurité sociale, tous les agents publics,
on
va essayer de limiter au maximum. Le Premier ministre l
'a
dit, il ne souhaite pas de nouveaux impôts, de nouvelles impôts, de hausse d'impôts supplémentaires. Donc, évidemment, ça veut dire que nos concitoyens vont être directement, plutôt, épargnés. Mais, évidemment,
derrière
chaque dépense
publique... On a parlé
de la désindexation, par exemple, des retraites les plus importantes. Est-ce que ça y est, vous avez enfin arrêté le seuil ? Est-ce qu'on va arrêter d'indexer les pensions
à partir de 2 000,
de 3 000 euros ?
Non, et
puis,
évidemment, je comprends les frustrations que ça peut engendrer, parce que derrière chaque mesure, chacun a son avis, chacun a son idée, du seuil, de ce qu'il faut faire, de ce qu
'il
ne
faut
pas faire.
Oui, mais
à la fin, la décision, c
'est vous qui allez la prendre.
Exactement, et l'idée d'un budget, c'est de présenter, j'allais dire, une maison entière, bien construite, aussi bien construite que possible, vous l'avez dit, d'ici quelques semaines, début octobre au plus tard, et en attendant, on calibre
toutes
les mesures. Alors,
j
'entends les préventions des uns et des autres, par exemple, sur est-ce qu'il faut que les retraités fassent un effort.
J
'ai envie de retourner à la question, est-ce qu'il y
a
des raisons pour que tout le monde fasse des efforts, sauf les retraités,
qui,
pour certains d'entre eux,
en
tout cas, sont dans une situation, je dirais, de revenus relativement favorable. La réponse est évidemment non, il faut tous qu'on fasse...
Mais quel effort ? Est-ce que c'est la désindexation des pensions les plus élevées ? Est-ce que c'est la suppression de l'abattement fiscal de 10
% qui était aussi sur la table ? L'un ou l'autre, en tout cas,
on regarde les deux.
Et l'un ou l'autre ? Il y
aura
forcément quelque chose ? Non,
mais on voit bien que l'un et l'autre ont du sens. Aujourd'hui, vous savez qu'en moyenne, les retraites sont plus élevées que les rémunérations du travail en France. c'est le modèle social, je dirais, à son meilleur, mais qui coûte beaucoup d'argent. Donc la question de savoir si on augmente moins les retraites
que
ce que l'inflation prévoirait. On n'est pas en train de baisser les retraites comme ça a été fait. Non, mais c'est souvent
une baisse de
pouvoir d'achat.
Oui, mais il faut quand même avoir en tête ce que d'autres pays ont eu à faire face à des murs financiers parce qu'ils n'avaient pas
fait
les mesures nécessaires en temps et en heure. Donc on peut dire, ça serait facile pour nous.
Donc les retraités ne seront pas épargnés, mais l'arbitrage n'est pas encore fait. En tout cas, vous n'allez pas le communiquer
ce matin. Vous le savez,
nous, on gouverne pour quelques mois.
Et
dans la foulée, un certain nombre de candidats souhaitent présider la France. Ça serait bien plus facile pour nous de dire, franchement, on laisse la note au suivant. Nous, on souhaite effectivement, je dirais, laisser une note pas trop salée de manière à ce que les suivants puissent gouverner la France.
Et pour ça, vous avez apparemment pas mal d'idées. On a pu lire dans les échos hier que le gouvernement réfléchissait aussi à taxer davantage l'épargne salariale. Est-ce que ça aussi, c'est une piste sur la table ?
Est
-ce que vous le confirmez ?
Non,
mais j'entends bien, ça fait partie des pistes qu'on regarde, comme d'autres. Il n'y a rien d'acquis aujourd'hui. Mais j'entends bien que, et c'est pour ça que je suis un peu gêné par ces mesures, ou ces idées de mesures qui sont égrenées les unes après les autres. Derrière chaque mesure, il y
a
une bonne raison de ne pas la faire. Mais la réalité, c'est que si on ne fait rien,
on
va dans le mur. Donc moi, je souhaite pouvoir présenter un budget global, équilibré.
Je
dirais aussi juste que possible. Et j'entends bien chez tes rapporteurs généraux de la loi Pacte, quand j'entends Bruno Le Maire dire qu'il ne
faut
pas faire ça, je l'entends. Mais si on ne fait rien, on va dans le mur. Et moi, je souhaite que la France reste sur les rails de la croissance et de la soutenabilité budgétaire. C'est ma responsabilité.
Enfin, ce budget, il faut qu'il soit adopté. Pour ça, les insoumis, les écologistes, les socialistes menacent déjà de censure. Le RN laisse pour l'instant planer le doute. Il existe vraiment le chemin de crête pour essayer de le faire passer, ce budget ?
Vous y croyez
? J
'allais dire, ça ne dépend pas de moi. Mais je les appelle à leur responsabilité. C'est facile aujourd'hui de dire, franchement, ce budget,
il
ne me plaît pas, je le censure. C'est plus compliqué de dire, ce budget, puisque je veux présider la France, je vais peut-être en hériter. Je serai capable de le corriger. Parce qu'on sait bien qu'un président qui arrive avec un nouvel gouvernement peut corriger le budget adopté. L'alternative,
parce
qu'il se refile toute la responsabilité les uns les autres en disant, moi, je vais censurer,
on
verra si les autres le font, c'est qu'on n
'a
pas de budget. Et si on n'a pas de budget, là, le mur, on le frappera et on le frappera fort. Pour
les gens qui nous écoutent, ça veut dire quoi, pas de budget, concrètement, dans leur vie, demain ?
Ça veut dire des taux d'intérêt qui montent de manière très forte. Parce qu'aujourd'hui, on est regardé par les marchés financiers qui disent, franchement, on a un gouvernement qui...
Et des taux d'intérêt qui montent, pardon, mais dans ma vie,
ça
change quoi
?
Ça veut dire des crédits à la consommation plus difficiles à avoir, ça veut dire une inflation sans doute qui monte, ça veut dire des crédits immobiliers pour les futurs acheteurs qui vont être plus élevés, ça veut dire, malheureusement, le taux du découvert qui peut monter. De manière très concrète, si...
J
'ai entendu que certains veulent annuler la dette, si on perd la confiance de ceux qui nous prêtent pour faire tomber la France, la France ne tournera plus.
Et
on l'a vu, je ne
veux
pas donner l'impression que j'affole sans raison.
On
l'a vu en Grèce, on l'a vu en Espagne, on l'a vu en Portugal. Quand les prêteurs perdent confiance, les efforts qu'on doit faire sont là des vrais sacrifices. Alors, vous parlez de
sacrifices, on vient de parler du budget 2027, il y a le 2026 à boucler, vous avez annoncé un milliard d'aides supplémentaires pour les agriculteurs. Vous allez les trouver où ? Qui va se sacrifier pour les agriculteurs ?
Alors, là, on n'est pas dans le sacrifice, on est dans la réduction des dépenses de tous les ministères, en gros, à du concurrence, qui vont devoir contribuer. Pourquoi
?
Parce que, un, l'agriculture a pris un choc énorme cette année, la production agricole
va baisser. D'accord, mais qui
va payer pour les agriculteurs
?
Vous sabrez quoi ? C'est une prison qui ne
va
pas... un chantier qui ne
va
pas être lancé tout de
suite ? On va
devoir faire des efforts dans tous les ministères et chaque ministère va devoir nous faire des propositions pour dire, effectivement, on contribue tous
à
l'appui d'une profession qui a souffert de manière historique cet été. Donc, chaque ministère va devoir faire un petit effort. Un milliard, c'est beaucoup. Un milliard sur le budget de l'État,
qui représente
des centaines de milliards d'euros, évidemment, c'est beaucoup moins.
Roland Liscure, vous restez avec nous. Philippe Cavrive, hier, arrive dans un instant.
Bonne journée
sur
RTL.
Roland Lescure