JEAN-PHILIPPE TANGUY : « Emmanuel Moulin n'est pas compétent ! » (France 2)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse partielle
Doit-il creuser le déficit pour aider les Français ?
- 0:37RelanceRéponse partielle
Creuser le déficit, même provisoirement, ce n'est pas grave.
- 1:04OuverteRéponse directe
Votre plan, votre façon de baisser le carburant, c'est de baisser la TVA pour tout le monde.
- 1:09OuverteRéponse directe
Est-ce que vous assumez que vous permettez de baisser la TVA, même pour des gens comme vous et moi qui n'en ont pas besoin ?
- 1:47RelanceRéponse directe
Donc on le fait pour tout le monde, même pour ceux qui en ont besoin ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Emmanuel Moulin est désormais gouverneur de la Banque de France. Il n'est pas compétent pour le poste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueChiffre
« La mesure que propose le Rassemblement National, effectivement, baisser de 40 centimes le litre pour les consommateurs, ça représente 16 milliards d'euros par an. »
- 0:22Invité politiqueChiffre
« ça représente 16 milliards d'euros par an. C'est 1% de la dépense publique. »
- 2:25Invité politiqueChiffre
« il était responsable des fameux 40 à 60 milliards d'erreurs de prévision de recettes qu'ont conduit au pire déficit de la Ve République hors crise, 2022, 2023, 2024. »
- 2:31Invité politiqueFait
« qu'ont conduit au pire déficit de la Ve République hors crise, 2022, 2023, 2024. »
- 4:27Invité politiqueChiffre
« il y a quand même 54% des parlementaires qui n'étaient pas d'accord avec la nomination d'Emmanuel Moulin. »
- 5:14Invité politiquePromesse
« le programme est certain, il est sûr. Jordan Bardella l'a présenté encore de cette façon aux dernières élections législatives. »
- 5:30Invité politiqueFait
« il faut trouver les ressources fiscales, il faut trouver les ressources économiques pour financer notre modèle social. »
- 5:52Invité politiqueFait
« ceux qui ont commencé à travailler, par exemple, à 25 ans avec un emploi pérenne, ils doivent aller travailler jusqu'à ne pas avoir de décote. »
- 6:02Invité politiqueChiffre
« Ils doivent travailler 42 ans, donc c'est au-delà de 62 ans. »
- 6:44Invité politiqueFait
« On ne rase pas gratis. Le but de cette réforme est d'augmenter ce qu'on appelle le taux d'emploi, donc les cotisations et donc le financement du système. »
Temps de parole
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Sébastien Lecornu doit annoncer cet après-midi les aides du gouvernement pour les automobilistes. Doit-il creuser le déficit pour aider les Français ?
Vous savez, il est possible de faire beaucoup d'économies dans notre pays. La mesure que propose le Rassemblement National, effectivement, baisser de 40 centimes le litre pour les consommateurs, ça représente 16 milliards d'euros par an. C'est 1% de la dépense publique. On estime que ces économies sont possibles et que le chantage entre le pouvoir d'achat des Français et les comptes publics n'est pas justifié. Et d'ailleurs, vous verrez, même si les mesures ne sont pas prises, il faudra quand même faire beaucoup d'économies, ce que le gouvernement ne fait pas.
Creuser le déficit, même provisoirement, parce que vous allez me dire que vous, vous avez des mesures pour régler le problème. Creuser le déficit, même provisoirement, ce n'est pas grave.
Sincèrement, moi je pense qu'on peut faire des économies très rapidement, je le pense. On les propose, on les assume. D'ailleurs, la gauche nous accuse d'être austéritaire maintenant, parce qu'effectivement, on a un plan d'économie très fort. Donc on a la gauche qui nous accuse de vouloir faire trop d'économies, le gouvernement trop de dépenses, c'est sans doute qu'il y a un chemin de traverse.
Votre plan, votre façon de baisser le carburant, c'est de baisser la TVA pour tout le monde. Est-ce que vous assumez que vous permettez de baisser la TVA, même pour des gens comme vous et moi qui n'en ont pas besoin ? Là, il y a des gens qui vont partir en week-end de Pentecôte. Tout le monde, même le bourgeois, entre guillemets, qui partirait en week-end, pourrait bénéficier, sur fonds publics, sur fonds publics, de baisse de carburant dont il n'en a pas besoin.
Oui, parce qu'il faut une mesure simple, compréhensible, applicable immédiatement. Et vous savez très bien qu'il y a des mesures dans le programme du Rassemblement National d'équité fiscale pour rattraper ces petits avantages. Mais vous savez, ce n'est pas grand-chose, effectivement, pour les plus privilégiés. C'est beaucoup pour les classes moyennes. Et dès que vous mettez des critères, plus personne ne comprend rien. C'est la machine à gaz, l'usine à gaz, pardon.
Donc on le fait pour tout le monde, même pour ceux qui en ont besoin ?
Absolument, mais on l'a toujours assumé. Et il y a d'autres mesures d'équité fiscale. Mais là, la société française a besoin d'air. Elle a besoin de pouvoir respirer parce que vous parliez, à juste titre, du déficit. Si on rentre en récession à cause d'une baisse de la consommation, mais aussi d'anticipation de la crise, les conséquences pour les recettes fiscales et pour le déficit seront pires que la mesure de TVA qu'on propose.
Emmanuel Moulin est désormais gouverneur de la Banque de France. Il n'est pas compétent pour le poste ?
Non, sincèrement, je ne pense pas. Il n'est pas compétent ? Non, non, non, sincèrement, je ne pense pas. Parce que quand il était à des postes de responsabilité, notamment la direction du Trésor, qui a un rôle très important pour la prévision du déficit, il était responsable des fameux 40 à 60 milliards d'erreurs de prévision de recettes qu'ont conduit au pire déficit de la Ve République hors crise, 2022, 2023, 2024.
Est-ce que, selon vous, Emmanuel Macron l'a proposé à ce poste pour vous empêcher de gouverner ou d'appliquer votre programme si par hasard vous deviez gagner les élections ?
C'est possible, c'est un peu ce qu'on se dit dans les couloirs de l'Assemblée nationale ou dans les rédactions à Paris.
Il aurait ce pouvoir ? Parce que j'ai regardé les textes, si on vous prête l'envie d'aller à Bercy, si par hasard vous gagnez.
Ah bon, par exemple, l'envie, non, non, non, non, il paraît que, voilà, mais...
Le gouverneur propose des taux d'intérêt, c'est le gouvernement qui décide. En quoi le gouverneur de la Banque de France peut empêcher un gouvernement élu de gouverner ?
C'est surtout le verrouillage des institutions qui nous inquiète, M. Borchlein. C'est-à-dire qu'on a eu la Cour des comptes, Mme de Montchalin, très proche et ministre sortante, a été à la Cour des comptes alors qu'elle est très jeune et qu'elle n'avait pas les compétences et l'indépendance requises. Au Conseil d'État, encore un très proche d'Emmanuel Macron, qui a les compétences requises mais qui a un parcours de non-indépendance assez inquiétant. Et maintenant la Banque de France, qui a quand même des responsabilités sur la prévision, sur l'analyse, sur l'accompagnement des entreprises sur le terrain et des ménages.
Mais ça n'empêche pas de gouverner ?
Non, mais c'est un verrouillage des institutions et surtout, c'est une voie à Bruxelles. Et vous savez à quel point notre programme a aussi des enjeux de rapports de force, de renégociations d'un certain nombre de normes ou de réglementations européennes. Et la voie de la France à Francfort, à la Banque Centrale Européenne, elle sera portée par M. Moulin, donc un très proche d'Emmanuel Macron. Et là, ça pose un problème parce qu'il peut porter une voie politique puisque pour le coup, la politique monétaire, elle a des fortes implications sur la politique économique et sur l'état économique de notre société. Et là, c'est inquiétant par rapport à la nomination de M. Moulin.
Alors, c'est vrai qu'on est très loin des préoccupations sur le carburant. Mais nous, on voulait alerter les Françaises et les Français. Et puis, excusez-moi d'un point de vue démocratique, certes, la Constitution a été respectée hier. Enfin, il y a quand même 54% des parlementaires qui n'étaient pas d'accord avec la nomination d'Emmanuel Moulin. Certes, ça n'empêchait pas Emmanuel Macron de le nommer. C'est la Constitution. Par contre, Emmanuel Moulin aurait pu se dire que comme il était en minorité, il n'aurait peut-être dû pas accepter le poste. Ça pose quand même un problème de morale, d'éthique publique.
Quand vous êtes mis en minorité au Parlement, la moindre des choses, ce serait de partir quand même.
On a du mal à savoir ce que vous proposez sur les retraites. Dans votre programme, l'âge légal, c'est le retour à 62 ans. Jordan Bardella a dit, nous examinons le système. Ceux qui ont commencé à travailler plus tard doivent être tenus responsables. C'est ce qu'il a dit. Le Rassemblement National envisage-t-il qu'il y ait dans son programme un report de l'âge légal au-delà de 62 ans ?
Non, je ne crois pas. Vous ne croyez pas où vous êtes sûr ? Je ne crois pas. Aujourd'hui, le programme est certain, il est sûr. Jordan Bardella l'a présenté encore de cette façon aux dernières élections législatives. Je n'ai aucune raison de croire l'inverse. Ce que Jordan Bardella a voulu dire, je pense, et ce qu'il nous a expliqué dans l'accompagnement de cette interview, c'est qu'il faut donner les moyens de cette réforme. Il faut trouver les ressources fiscales, il faut trouver les ressources économiques pour financer notre modèle social.
Et ça applique, pour faire suite à votre question, effectivement, que ceux qui travaillent tard, que ceux qui ont commencé à travailler tard, ceux qui ont fait, vous parlez de vous et de moi, qui ont fait des études, qui ont eu la chance de faire des études, qui ont pu commencer à travailler plus tard que des métiers plus difficiles, contribuent pour permettre à ceux qui ont travaillé tôt et qui ont des métiers difficiles de partir avant 62 ans.
Contribuer, ça peut être de travailler au-delà de 62 ans.
De toute façon, ceux qui ont commencé à travailler, par exemple, à 25 ans avec un emploi pérenne, ils doivent aller travailler jusqu'à ne pas avoir de décote. Ils doivent travailler 42 ans, donc c'est au-delà de 62 ans.
Dans maintenant à peu près 45 jours, on saura qui est votre candidat. Si Jordan Bardella devait être votre candidat, vous excluez qu'il revienne sur cet aspect du programme qui veut que l'âge légal est à 62 ans.
Mais il a toujours pris l'engagement.
Je ne vous sens pas très sûr quand même.
Mais non, mais parce que je réponds à votre question dans le sens où je ne vais pas faire de la langue de bois. Donc, vous me posez une question, je réponds à la question avec les informations que j'ai, dont je dispose. Et Jordan Bardella a toujours présenté ce programme. Et je crois qu'il y a une mauvaise interprétation de son interview, dans le sens où ce n'était pas une remise en cause des 62 ans. C'était une analyse pour montrer qu'il fallait le financer. Mais ça, le programme de Marine Le Pen et Jordan Bardella, il a toujours été très clair. On ne rase pas gratis.
Le but de cette réforme est d'augmenter ce qu'on appelle le taux d'emploi, donc les cotisations et donc le financement du système. Et ce qui est certain, M. Borklein, c'est que, de toute façon, si on n'augmente pas le taux d'emploi et la productivité dans notre pays, aucune réforme des retraites, aucune promesse électorale ne pourra être tenue. Et les Français en auront pas pour leur argent.
Très rapidement, on dit 10 secondes dans l'oreillette, ici même Emmanuel Grégoire a demandé à Patrick Bruel de renoncer à chanter à Paris. Les uns après les autres, les maires des différentes villes ont dit à peu près la même chose. « Souhaitez-vous que les maires des désormais plus nombreuses villes RN, eux aussi, renoncent à faire venir Patrick Bruel ? »
C'est très compliqué parce que, comment dire, c'est une condamnation par avance. Il y a la présomption d'innocence, il faut écouter les victimes, il faut les respecter. Moi, je comprends comment dire...
Est-ce que vous avez envie qu'ils chantent dans une ville dirigée par le RN ?
Moi, à titre personnel, je n'ai pas spécialement envie, mais la présomption d'innocence fait qu'on ne peut pas politiquement condamner une personne qui n'a pas eu son procès, qui n'a pas pu se défendre. C'est quand même, c'est très compliqué.
Jean-Philippe Tanguy, invité des 4V, bonne journée à tous.
Jean-Philippe Tanguy