Art First Galerie : Rendre l´art accessible avec Selma Naguib
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Questions et réponses
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- 2:00OuverteRéponse directe
Comment transcrivez-vous cette philosophie aujourd'hui au quotidien dans cet espace ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Parlez-nous de cette relation que vous avez avec vos artistes.
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment se fait la première décision de choisir un artiste à exposer ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Quel moment préférez-vous dans tout le processus ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Quels sont les défis et challenges auxquels vous devez faire face ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Selma NaguibFait
« C'est une galerie d'art itinérante. »
- 5:00Selma NaguibFait
« On a commencé avec la scène émergente marocaine. »
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Mesdames et messieurs, bonjour et bienvenue dans l'invité culture. Mon invité aujourd'hui tiss un dialogue invisible mais puissant entre la toile et le regard, entre l'artiste et l'émotion pure. Être galeriste pour elle, c'est d'abord savoir écouter, écouter le murmure de la matière, le doute qui s'entre sur la toile et cette urgence de créer qui anime les artistes qu'elle accompagne.
Sous son regard complice, espace d'exposition devient une page blanche où les volumes et des couleurs s'agencent comme les mots d'un poème en devenir. Elle est cette passeuse essentielle qui transforme l'éphémère d'une exposition en une empreinte durable. dans nos mémoires.
Selma Nive, bonjour à vous. C'est un plaisir de vous avoir avec nous aujourd'hui. Bonjour Mariam, merci pour l'invitation.
Vous êtes galeriste, curatrice également condatrice de la galerie Artf et justement on va en parler de votre galerie qui se distingue par sa volonté, on va dire, de décloisonner l'art contemporain. Comment transcrivez-vous cette philosophie aujourd'hui au quotidien justement dans cet espace ? 19e donc ben Art first galerie est né vraiment d'une volonté d'accompagner les artistes marocains d'abord donc avec Simedami associé on a décidé de de fonder cette galerie en 2020 et donc en fait le le point fort en tout cas de cette galerie d'art déjà c'est que c'est une galerie d'art itinérante.
Donc on est allé sur un modèle économique un peu différent des galeries qu'on peut voir sur la place et surtout on a commencé avec la scène émergente marocaine. On accompagné les jeunes artistes notamment dans la photographie, dans la peinture, dans la sculpture aussi. Et puis on est allé ensuite vers des artistes un peu plus confirmés.
On continue d'accompagner bien sûr les artistes émergents puisque c'est un peu on va dire notre ligne conductrice mais on accompagne aussi des artistes confirmés de de la scène marocaine de la scène africaine de manière générale. Euh donc par exemple actuellement nous avons une exposition de l'artiste soumis à Jalel, une rétrospective qui revient sur 25 ans de carrière donc on en est très fier. On a également euh travaillé sur une collection particulière de l'artiste Fatna Bouri et on continue d'accompagner des artistes qui nous sont chers comme Raja Atlasie par exemple qui n'avait pas exposé depuis un certain nombre d'années qui est revenu avec un nouveau travail et donc on est très heureux d'avoir vraiment été dans les dans les prémises finalement de cette de ce travail là.
Euh je dirais que aujourd'hui, on est là surtout pour accompagner euh d'abord nos artistes euh de les accompagner aussi en atelier euh que ce soit bien sûr dans le processus euh de création mais puis ensuite bien sûr de pouvoir les exposer euh en partenariat avec des institutions, donc pas seulement que au niveau de Artf, mais en collaboration avec des des fondations et des institutions pour pouvoir vraiment leur donner la place qu'il mérite. puisque vous parlez justement d'accompagnement des artistes, ben un galerie, c'est un petit peu l'essence de son travail et ça passe par une certaine relation qui se crée un climat de confiance également. Parlez-nous un petit peu de cette relation que vous avez avec vos artistes.
Mais effectivement, c'est d'abord une relation de confiance. Donc accompagner un artiste ça vraiment sur le long terme. On commence déjà par instaurer un climat de confiance, se sentir à l'aise parce que c'est important que que l'artiste soit aussi à l'aise avec son galerie est qu'il a envie de collaborer avec lui et d'obtenir aussi tous les conseils possibles.
Moi ça me fait plaisir quand je me retrouve en atelier et que l'artiste me demande de le conseiller, de le guider, de l'accompagner. Alors bien sûr, le dernier mot revient à l'artiste et je ne supporte pas euh donner des directives à un artiste ou lui dire voilà ce qui fonctionne euh voilà ce qui est bon pour le marché de l'art. Moi, je pense que ce n'est pas la bonne méthode.
Ça c'est quelque chose qui peut vraiment au contraire casser l'artiste dans son élan, ne pas le mettre à l'aise. C'est au contraire l'écouter. On est beaucoup dans l'écoute et puis ensuite moi ça me fait plaisir de travailler avec des artistes qui qui ont envie de donner en fait, qui ont envie de transmettre.
Euh on n'est pas là seulement pour vendre, mais on est là aussi pour euh euh ben justement accompagner les visiteurs aussi qui des pas seulement les collectionneurs mais il y a des passionnés qui sont là qui ont envie d'apprendre sur l'art marocain, qui ont envie de connaître nos artistes et nous c'est ça en fait c'est vraiment de mettre les artistes en confiance. Alors, il y en a qui sont pas toujours prêts à exposer, qui ont qui ont cette peur ou qui ont cette crainte. Surtout les artistes émergents, j'imagine surtout les artistes émergents.
Et donc, on est là souvent pour leur donner aussi un premier souffle. H, on a monté en tout cas une le premier solo show à Casablanca de l'artiste Nordim il y a quelques mois au American Art Center. Alors, c'est un artiste que j'ai que je côtoie depuis quelques depuis un certain nombre d'années que j'ai vu évoluer, que j'ai vu dans des expositions collectives, mais j'ai toujours voulu vu en lui vraiment un artiste excellent avec un devenir incroyable.
C'est un artiste qui touche la matière, qui travaille vraiment exclusivement sur la matière. Donc, il y a quasiment pas de peinture dans son travail. On est vraiment dans l'organique, on est dans le dans la chabon et ça m'intéresse beaucoup de voir aussi les artiste surpasser, aller vraiment vers autre chose, nous proposer de l'innovation, de la recherche.
Les artistes qui sont dans la recherche et lorsque je suis allée en atelier que j'ai vu toute la recherche derrière son travail, ses croquis, ses travails de recherche autour de la matière, c'est incroyable. C'est incroyable en fait. On a envie d'exposer ça.
On a envie de montrer au public marocain, aux collectionneurs, aux institutions, aux passionnés, voilà ce qu'on est capable de faire, voilà ce que nos artistes font. Hm hm. Et en tant que marocaine, j'ai une envie de mettre en avant mon notre identité, notre patrimoine.
Euh je vous ai entendu le dire, vous adorez les cafetan, vous adorez la musique, vous adorez un petit peu tout tout ben tout ce qui est lié à cette à ce patrimoine riche qui est le nôtre. Exement. Euh et justement toujours pour rester dans cette continuité de la relation avec l'artiste, le travail en atelier, les prémisses avant exposition, comment déjà cette première décision, celle de choisir un artiste à exposer se fait ?
Bon, déjà je fonctionne déjà je fonctionne au coup de cœur, c'està-dire vraiment je me fie à mon regard artistique. Bon, je suis pas ça fait pas 20 ans que je suis dans le domaine mais c'est vrai que je viens d'un autre domaine. Et ce métier, je le fais d'abord par passion et par amour.
Donc je me fie déjà à mon instinct. Je suis quelqu'un qui voyage énormément, qui qui contemple beaucoup de de foire d'art, de bienénal. Je je reviens de la bienénale de Venise.
Euh je suis quelqu'un qui qui on va dire qui côtoie beaucoup beaucoup d'événements artistiques, beaucoup d'ateliers à l'international aussi, ce qui permet un peu déguiser mon regard. Déjà, je me documente énormément. Et puis la deuxième des choses, bien sûr, on regarde le parcours de l'artiste.
Alors, si l'artiste bien sûr a fait partie de de quand il s'agit d'un artiste confirmé, s'il a fait partie de de collection marocaines, internationales, son parcours, ses expositions. Hm hm. Mais euh le le travail avec un artiste, c'est déjà le travail de confiance, c'est déjà euh se fier à à son regard et euh et surtout euh ce que ce que je regarde finalement, c'est ce que l'artiste a envie de nous transmettre.
Hm hm. Alors, quand on est dans dans l'art abstrait, c'est pas la même chose que dans le figuratif. quand on est dans la photographie, c'est encore autre chose.
Finalement, chaque chaque domaine est très différent et et c'est d'abord une relation de de d'amitié, une relation de de de confiance qui naît et qui finalement s'alimente de jour en jour. Et finalement, c'est pas un une seule visite en atelier. H h, c'est plusieurs visites, c'est plusieurs échanges de comprendre aussi leur recherche aussi.
Quels sont ces moments que vous préférez justement qui qui soi en off derrière la magie de ces vernissages et de ces espaces une fois qu'ils sont exposés, l'ombre de l'atelier justement. Quel moment préférez-vous dans tout le processus finalement ? Alors déjà, c'est la première rencontre, elle est toujours très spéciale quand vous rentrez en atelier.
Il y a peut-être des choses que vous avez vu lors d'exposition ou dans le portfolio que vous a transmis l'artiste et cetera, mais quand vous arrivez en atelier, il y a des choses que vous découvrez. Donc il y a toujours cette magie du premier regard, cette magie de la découverte. Et donc c'est comme quand vous vous rendez en musée et que vous voyez une œuvre pour la première fois.
C'est exactement la même magie qui s'opère en en atelier. Et puis je dirais quand on commence à travailler, quand vous découvrez finalement il y a un moment où vous laissez l'artiste travailler. Alors ça peut durer plusieurs plusieurs mois, ça peut durer plusieurs années.
Et quand vous vous regardez au bout d'un certain nombre de pour d'un certain temps, quand vous commencez à découvrir finalement ce que va être le travail exposé. Hm hm. Et là, bon, il y a forcément un échange qui se crée avec l'artiste, mais on commence à avoir finalement le résultat de de l'exposition qui va naître.
Et donc après bien sûr le travail curatorial commence, les recherches commencent mais une profondeur des liens également j'imagine profondeur dans la relation suite à ces nombreuses années euh exement et toutes ces années finalement quand quand on expose à un artiste finalement c'est toutes toutes les années aussi de de recherche et de travail qui sont derrière et c'est comment aussi recouper finalement tout tout cela avec mon propre travail de recherche. Donc là, vous rentrez souvent, j'aime beaucoup associer mon travail de recherche avec la littérature, avec la poésie, aller voir aussi ce qu'on fait d'autres artistes dans le même, on va dire, dans le même univers, essayer de de comprendre aussi où l'artiste veut veut nous emmener. Alors, l'écouter, c'est essentiel, ça peut durer des heures et ce moment aussi est très important pour moi parce que c'est un moment où on apprend beaucoup de choses.
Donc je je prends note, je prends note au fur et à mesure et et c'est peut-être le moment le plus le plus important, le moment où vous êtes à l'écoute de l'artiste, vous ne faites que l'écouter, que la phase de recherche vient après finalement. Et c'est ce qui définit un petit peu l'âme, on va dire qu' aura cette exposition que vous préparez, j'imagine tout à fait. Alors, on a travaillé sur des expositions collectives, c'est très différent.
On a travaillé sur la femme en Afrique, sur l'identité féminine en Afrique. Là, c'était super parce qu'on a eu 25 artistes qui ont pris part au process. Euh et mais c'est très différent quand vous travaillez sur un sur un solo show comme on l'a fait avec Souia Gelel qu'on expose dernièrement sur l'art textile et l'art textile nous emmène encore vers vers des recherches assez incroyables avec Raja Atlasie aussi.
On a travaillé sur l'âme, on a travaillé sur l'universel, sur le noir, le noir absolu. Donc ça vous emmène dans des recherches qui sont qui sont assez assez incroyables. Et finalement j'en j'magasine tout ça et et puis c'est assez riche en fait finalement.
C'est très riche même pour nous dans la galerie de de pouvoir justement être en contact d'artistes d'univers complètement différents. Ça forge l'identité de la galerie. On est très fier on est très fier aujourd'hui d'accompagner tous ces artisteslà et bon il y en a beaucoup.
On est aujourd'hui sur une quinzaine d'artistes qu'on accompagne au sein de au sein de la galerie et on va pas s'arrêter là. Et donc voilà, on a un solo show qui arrive en septembre d'une jeune artiste euh issue de l'école des beaux de Casa à qui on offre finalement le premier Solo Show. H donc c'est aussi pour nous un défi, un challenge.
Euh donc beaucoup d'allers-retour, un atelier et euh et donc c'est très intéressant pour nous et je pense que c'est ce qui fait euh et puis aujourd'hui la nouveauté c'est que on lance notre résidence d'artiste au sein de nos locaux et euh donc on pourra justement avec euh euh donc le studio 53 avec Nabil Bya et Mohammed Salam et donc on va pouvoir aussi accompagner des artistes dans le cadre de résidence et les suivre au quotidien aussi et donner la chance à des artistes qui ne sont pas de Casablanca, pouvoir venir avoir un atelier au centre-ville de Casa et être associé à des artistes internationaux qui intégreront la résidence à partir du mois de septembre. Donc voilà, en tout cas à travers vous, on découvre ce beau métier de galeriste et puis cette passion qui les anime également. Mais j'imagine aussi qu'au quotidien, ce n'est pas toujours facile qu'il y a certaines difficultés, certains défis, des challenges auxquels vous devez faire face et j'aimerais que vous nous parliez un petit peu de cela.
Alors les défis, bon c'est vrai que bon quand il s'agit de de production, il y a toujours le défi du financement. Donc ben les on essaie de s de s'entraider un peu avec les artistes mais nous on est une jeune galerie et effectivement il y a toujours ce défi du financement. Donc cette année, on a on a fait appel au ministère de la culture au niveau de de du programme de subvention.
Donc on est très heureux d'annoncer qu'on a été sélectionné en tout cas pour un programme de résidence autour des écologies de l'art qu'on a envie de monter et donc on a pu justement avoir cette chance mais les années précédentes non on n' pas eu cette chance là et c'est vrai que ce qu'on essaie de faire c'est aussi d'avoir l'accompagnement d'institution d'institution publique et privée c'est très important il y a aujourd'in c'est vraiment exactement c'est vraiment le point d'ailleurs qu'on est discuté aujourd'hui dans le cadre de la Fédération des industries créatives et cult culturel à 6P à Rab. Voilà, le point central qui revient, c'est vraiment l'aide au l'aide au financement. Alors, bien sûr, il y a des programmes d'accompagnement avec l'Union européenne, avec la Waloni, Bruxelles et cetera, mais bon, c'est vrai que c'est pas toujours évident d'obtenir ces financements là, mais aujourd'hui, on a envie d'aller sur par exemple sur un un festival d'art qui va nécessiter un certain financement.
Donc, on est en train de travailler dessus. Mais même les expositions à notre échelle individuelle et collective nécessite souvent en tout cas un un un financement. Donc on essaie aujourd'hui, le point fort aussi de la galerie, j'en ai pas parlé, c'est de proposer des programmes aussi pour les institution.
H on a travaillé par exemple pendant 3 ans sur le le le DS le concours DS automobile. On a quasiment travaillé sur les trois édition du concours. Ça par exemple, c'est des choses dont on est très très fier puisque comment l'entreprise aujourd'hui arrive à intégrer l'art finalement dans son process et qui devient vraiment finalement l'ADN de sa marque.
Nous ça nous fait très plaisir. On a envie de continuer de faire ça avec des grandes marques marocaines parce que les institutions doivent prendre part justement finalement à aux production d'œuvres d'art et peut-être même constituer leur propre collection. Donc ça c'est important.
On a envie de travailler sur des sur des sur des collections sur des constitutions de collection pas seulement pour des collectionnaires privés mais aussi pour des pour des institution privé et publique. On vous souhaite en tout cas plein de succès pour cette démarche. Dans cette démarche.
Merci à vous Sal. C'était un plaisir de vous avoir comme invité aujourd'hui. Merci.
Merci beaucoup. Merci Marianne. C'est la fin de l'invité culture pour aujourd'hui.