Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 1 février 2024 16 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

“Nous, on aimerait aller jusqu’au bannissement des réseaux sociaux des personnes qui ont harcelé un élu”, réclame Violette Spillebout

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Vous êtes députée du Nord, porte-parole du groupe Renaissance à l'Assemblée.

  • 0:40OuverteRéponse partielle

    Est-ce que Gabriel Attal a cédé devant la FNSEA ?

  • 1:38OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce baptême du feu, il a répondu aux attentes ?

  • 2:39RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'on peut trouver des solutions en quelques jours ?

  • 4:00OuverteRéponse partielle

    Pourquoi ça n'a pas été fait avant et est-ce qu'il n'y a pas un risque que désormais, pour se faire entendre, blocage ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut s'éloigner de Bruxelles pour redorer l'agriculture française ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Gabriel Attal, il a regardé la réalité en face et il a écouté et entendu les agriculteurs. »
  • 1:21Invité politiqueFait
    « nos agriculteurs, ce sont majoritairement des petites entreprises familiales qui souffrent de grandes difficultés de trésorerie, d'application des normes et d'application aussi de ces contraintes écologiques »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « En quelques jours, on peut débloquer des fonds d'urgence. »
  • 3:47Invité politiqueChiffre
    « en France, en Europe, nous n'avons pas l'alternative à cet herbicide qui est le seul qui permet de maintenir la production et donc 7000 emplois dans notre région Hauts-de-France. »
  • 5:26Invité politiqueChiffre
    « c'est l'exportation qui fait vivre beaucoup l'agriculture et les aides aussi de la PAC, 9 milliards d'euros par an. »
  • 7:26Invité politiquePromesse
    « nous, on aimerait même aller jusqu'au bannissement des personnes qui ont harcelé un élu, bannissement des réseaux sociaux imposés aux plateformes. »
  • 8:10Invité politiqueFait
    « pour les élus, eh bien une protection fonctionnelle élargie, c'est-à-dire que si vous avez vos enfants qui sont traumatisés après une attaque au domicile, comme on l'a vu, vous en parlez à Marc-en-Barrel, mais aussi en Bretagne, la mère de Plougrestan qui a vu son véhicule avec elle aussi des freins sectionnés »
  • 12:49Invité politiqueFait
    « Ce sont les frais professionnels des députés. »

Temps de parole

  • Violette Spillebout78 %
  • Présentateur12 %
  • Locuteur non identifié10 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois. Et ce matin, nous recevons Violette Spibout. Bonjour. Bonjour.

0:23
Présentateur

Bonjour, vous êtes députée du Nord, porte-parole du groupe Renaissance à l'Assemblée. Merci d'avoir pris le temps de venir dans ce studio, d'accepter notre invitation au milieu d'une actualité dominée par la gronde des agriculteurs.

0:35
Locuteur non identifié

Oui, Gabriel Attal a fait un certain nombre d'annonces hier, mises en pause du plan de réduction des pesticides. Tac, adressé aussi à l'Agence de sécurité sanitaire. Est-ce que Gabriel Attal a cédé devant la FNSEA ?

0:46
Violette Spillebout

Gabriel Attal, il a regardé la réalité en face et il a écouté et entendu les agriculteurs. Dans tous nos départements, ici dans le Nord, nous avons, les députés, été au-devant de ces agriculteurs pour mieux comprendre les difficultés et puis l'ampleur de la crise qui progressait depuis quelques mois.

Et Gabriel Attal, sur le terrain, au ministère, avec une vingtaine d'heures de négociations avec les différents syndicats, eh bien il a pu mesurer à quel point, finalement, nos agriculteurs, ce sont majoritairement des petites entreprises familiales qui souffrent de grandes difficultés de trésorerie, d'application des normes et d'application aussi de ces contraintes écologiques qui sont nécessaires mais qui, dans la réalité, sont très difficiles encore à appliquer quand il n'y a pas d'autres solutions.

1:35
Présentateur

Mais tout de même, il en a mis du temps, il s'est repris il y a plusieurs fois, Gabriel Attal. Est-ce que ce baptême du feu, il a répondu aux attentes ?

1:42
Violette Spillebout

Je crois que c'est la méthode de Gabriel Attal. La méthode de Gabriel Attal, c'est s'il faut prendre quelques jours de plus pour voir tout le monde, pour aller sur le terrain, pour entendre les différents syndicats, pour comprendre les différences entre toutes les filières agricoles qui ont des problématiques différentes. Si on parle d'un éleveur, de quelqu'un qui fait du lait, ce n'est pas la même chose que dans le Nord, ceux qui font des endives ou de la chicorée. Les problématiques ne sont pas les mêmes. On a des problématiques de normes européennes qui sont très différentes selon les filières.

Et puis, on s'attaque globalement aussi au rapport avec les industriels, au sujet du prix, au sujet de l'application de la loi EGalim. Et tout ça, pour prendre les bonnes mesures, les mesures qui puissent soulager les agriculteurs français, il fallait prendre ces quelques jours de discussion.

2:29
Locuteur non identifié

Vous dites quelques jours. Pourtant, mardi, à ce micro, on avait une bergère. On a invité la matinale. Elle nous disait qu'on ne va pas changer en quelques semaines un système qui ne trouve pas de solution depuis 50 ans. Est-ce qu'on peut trouver des solutions en quelques jours ?

2:42
Violette Spillebout

En quelques jours, on peut débloquer des fonds d'urgence. Je crois que c'était une partie des mesures qui étaient attendues, notamment pour les grandes difficultés de trésorerie, de ces aides qui étaient attendues, les aides de la PAC, des réductions d'impôts qui n'étaient pas arrivées, des aides aussi pour ceux qui avaient vécu des intempéries, la tempête siarant, des inondations, et qui ne voyaient pas arriver des aides pour reconstruire une serre ou pour, par exemple, rembourser des frais de vétérinaire pour les vaches qui étaient malades de cette maladie hémorragique.

Tous ces fonds d'urgence, ceux pour aider les agriculteurs et ceux aussi pour booster la recherche, ils étaient nécessaires. Après, sur le fond, il l'a bien dit, et le président de la République, en sortant de la Commission européenne, l'a dit aussi, il y a un travail de fond qui doit continuer, c'est-à-dire trouver toutes les solutions pour remplacer les herbicides. Et on sait que parfois, ce n'est pas simple. La recherche, malgré toute l'aide qu'on lui apporte, ne va pas assez vite pour avoir des vraies alternatives qui permettent de maintenir une production chez nos agriculteurs.

Je le vois ici dans le Nord, la chicorée, l'endive, c'est l'interdiction d'un herbicide qui s'appelle le bonallant. Et pour l'instant, en France, en Europe, nous n'avons pas l'alternative à cet herbicide qui est le seul qui permet de maintenir la production et donc 7000 emplois dans notre région Hauts-de-France.

3:56
Présentateur

Vous l'avez dit, sur le fond, ce n'est pas simple, c'est compliqué, mais sur la forme, bloquer, forcer, menacer pour être écouté, vous voyez le message finalement, pourquoi ça n'a pas été fait avant et est-ce qu'il n'y a pas un risque que désormais, pour se faire entendre, blocage ?

4:12
Violette Spillebout

Il y a eu, je crois, une convergence de crises qui touchent les différents secteurs de l'agriculture, la non-application de la loi EGalim, les problématiques de l'inflation, la guerre en Ukraine qui a ouvert plus fortement les frontières à des produits concurrents à bas prix, tout ça conjugué avec des choses, vous avez raison, qui étaient déjà signalées, soit par les députés, soit au ministère de l'Agriculture. Pourquoi il a fallu en arriver là pour que ça bouge ? Mais vous savez, changer les règles européennes, établir un rapport de force, ce n'est pas simple.

On le voit aujourd'hui, on a réussi, Gabriel Attal a réussi à faire, on va dire, annuler temporairement les 4% de gaz cher, en réunissant autour de lui 22 pays européens pour obtenir de l'Europe finalement un moratoire, un ralentissement de ces mesures qui sont nécessaires à la biodiversité française.

5:05
Présentateur

Mais est-ce qu'il faut s'éloigner de Bruxelles pour redorer l'agriculture française ? Est-ce que si Bruxelles ne bouge pas, ça vaut le coup de prendre du recul avec Bruxelles ?

5:13
Violette Spillebout

Il faut garder notre collaboration avec les autres pays européens et l'Europe est nécessaire pour l'agriculture. Les premiers qui le savent, ce sont les agriculteurs. Vous savez, dans de nombreuses filières, qu'elles soient des micro-filières ou des grandes filières, c'est l'exportation qui fait vivre beaucoup l'agriculture et les aides aussi de la PAC, 9 milliards d'euros par an. Quand je dis les exportations, c'est que chez nous, à Lille, dans le Nord, dans le Pas-de-Calais, c'est beaucoup d'agriculteurs qui ont des petites exploitations de quelques hectares et qui exportent 70% de leur production dans les pays européens.

Donc nous avons plus que jamais besoin d'une Europe, mais d'une Europe qui fonctionne de la même façon pour tous les pays. Finalement, les agriculteurs, ce qu'ils nous reprochent, et ils ont raison, c'est quand les règles sont différentes selon les pays, quand on importe finalement des cerises ou des tomates qui ne respectent pas les mêmes règles que pour l'agriculture française.

6:02
Locuteur non identifié

Nous sommes avec Violette Spiebout, députée du Nord de la France, porte-parole du groupe Renaissance à l'Assemblée. Tout autre sujet, Violette Spiebout, vous avez fait des annonces le week-end dernier dans le JDD, une série de mesures pour mieux protéger les élus locaux, car les violences contre les élus locaux se multiplient.

6:18
Présentateur

Il y a une semaine, le maire de Marc-en-Barol, s'étend en métropole lilloise, a porté plainte à Bernard Gérard pour avoir retrouvé il y a quelques temps le système de freinage de l'ABS de sa voiture. sectionné. Vous êtes rapporteur d'un texte de loi sur la violence faite aux élus. Comment on renforce la sécurité des élus locaux ?

6:36
Violette Spillebout

Il faut absolument aller plus loin sur des mesures qui existent déjà aujourd'hui, de protection fonctionnelle, d'aggravation des peines, parce qu'on le voit, les violences se multiplient partout en France, que ce soit des incivilités, des injures, des outrages, du harcèlement en ligne. Beaucoup d'élus aujourd'hui sont face à des habitants, des groupes d'habitants ou des personnes anonymes sur les réseaux sociaux et n'en peuvent plus, ont un épuisement parce qu'ils se consacrent à leurs concitoyens et ils se sentent vraiment menacés, harcelés.

7:04
Présentateur

On ne peut pas brider les réseaux sociaux.

7:05
Violette Spillebout

Et puis, bien sûr que si, on peut. C'est difficile, vous avez raison, mais on y travaille, on est nombreux à y travailler. Donc il faut renforcer non seulement les sanctions, c'est le pacte judiciaire qu'il y a dans cette proposition de loi sur les violences, aggravation des sanctions, travaux d'intérêt général quand il y a une injure publique ou un outrage, aggravation des sanctions sur le harcèlement. Et puis nous, on aimerait même aller jusqu'au bannissement des personnes qui ont harcelé un élu, bannissement des réseaux sociaux imposés aux plateformes.

Et puis, aggravation aussi des peines sur tout ce qui est révélations sur la vie privée, rumeurs, ce qui peut pourrir la vie d'un élu dans des grandes communes, comme moi j'ai pu vivre à Lille, mais aussi dans des petites communes où tout le monde se connaît. Et très vite, quand il y a une rumeur, une fausse information, eh bien l'élu et sa famille sont menacés. Donc aggravation et puis aussi meilleure protection, protection des candidats. On met en place un pacte de protection des candidats aux élections municipales, par exemple en 2026. Ils pourront avoir de la vidéoprotection sur leur local de campagne ou un agent de sécurité s'ils étaient menacés, bien sûr, c'est pas le cas partout.

Et puis pour les élus, eh bien une protection fonctionnelle élargie, c'est-à-dire que si vous avez vos enfants qui sont traumatisés après une attaque au domicile, comme on l'a vu, vous en parlez à Marc-en-Barrel, mais aussi en Bretagne, la mère de Plougrestan qui a vu son véhicule avec elle aussi des freins sectionnés, ou le maire de Laële-Rose pendant les émeutes, dont la femme et les enfants ont dû fuir le domicile suite à une attaque au cocktail Molotov. Dans toutes ces situations-là, la famille doit être protégée dans la durée et suivie. Si par exemple il y a un suivi psychologique, ils doivent pouvoir être pris en charge.

8:43
Locuteur non identifié

Cette violence, elle n'est quand même pas un peu inquiétante ? C'est le symbole d'une démocratie malade ? On s'en prend aux élus ?

8:49
Violette Spillebout

Ça nous pose effectivement question d'abord sur le pouvoir d'agir du politique et du maire en particulier. C'est une des préoccupations que j'ai eues dans la mission d'information avec mon collègue Sébastien Jumel. Ce pouvoir d'agir du maire, ce pouvoir de décider, il est conféré par l'élection. Il faut que les gens aillent voter, choisissent un projet politique.

9:08
Locuteur non identifié

Il y a un sujet aussi d'image des politiques. Ça révèle une désaffection profonde ancrée des politiques.

9:13
Violette Spillebout

Un mépris, un manque de confiance. Heureusement, ce n'est pas le cas partout. Moi, ce que j'ai vécu à Lille pendant la campagne municipale et depuis ce que je suis élue, c'est plutôt des attaques de groupuscules violents, extrémistes, qui veulent faire passer leurs idées par des démonstrations de force, comme le mur qui a été érigé devant mon domicile. Tout ça, c'est pour impressionner, menacer, mettre des pressions politiques. Après, on le voit, beaucoup d'habitants, heureusement, continuent d'avoir confiance en leur maire. Les élus locaux sont ceux qui sont le plus aimés par les Français. Il faut qu'on continue de protéger ces élus, de protéger leur image.

Parce qu'il ne faut pas oublier que dans toutes les communes, quelle que soit la taille, c'est un vrai sacrifice avec la vie personnelle et professionnelle.

9:53
Présentateur

Vous vous attaquez aux conséquences. C'est ce qu'on comprend avec cet arsenal. Est-ce qu'on s'est réfléchi aux causes, tout de même de manière un peu plus large ?

9:59
Violette Spillebout

Oui, les causes et la façon d'agir, c'est à mon avis, dès l'éducation, c'est à l'école, c'est avec la parentalité. Ça fait partie d'ailleurs des mesures que Gabriel Attal a annoncées dans sa déclaration de politique générale. C'est rétablir l'autorité à l'école, accompagner la moindre incivilité d'une sanction extrêmement rapide, ces travaux d'intérêt éducatif. C'est l'expérimentation sur l'uniforme à l'école. C'est tout ce qui est le respect des règles. Quelque part, on repart au basique. On a un pays, une nation qu'on doit respecter. Si on doit respecter ses élus, on doit en premier chef, dès qu'on est petit, à l'école, en communauté, apprendre les règles du vivre ensemble.

Ça me paraît être là, attaquer à la racine les raisons des incivilités.

10:42
Présentateur

Le texte de loi que vous portez semble donc répondre effectivement à des attentes d'élus, de maires, mais une grande partie tout de même des élus. Alors je rappelle que 1300 maires ont démissionné depuis les élections de 2020. Une grande proportion dénonce un étranglement budgétaire qui n'est pas résolu aujourd'hui.

10:58
Violette Spillebout

Alors c'est le sujet de la dotation globale des collectivités territoriales et vous avez

11:01
Présentateur

raison. Est-ce que vous n'allez pas masquer avec justement votre texte ces réalités ?

11:06
Violette Spillebout

Alors il ne faut pas les masquer parce qu'il y a des villes qui se portent bien, mais il y a aussi beaucoup de communes où les élus, par exemple, ne s'octroient pas les indemnités auxquelles ils ont droit parce que le budget de la commune est trop serré. Donc il y a des réalités. C'est compensé lorsqu'il y a des villes qui ont plus de difficultés avec des quartiers politiques de la ville où il y a plus de besoins sociaux ou dans des territoires ruraux par des dotations particulières. Il y a eu une augmentation des dotations aux collectivités territoriales au dernier projet de budget. Il y a des compensations aussi quand il y a eu les hausses des coûts de l'énergie.

Donc l'État est très attentif à ce dialogue avec les collectivités territoriales. Mais on a quand même ce sujet de l'organisation, de la décentralisation des pouvoirs, des superpositions de couches de décisions, ce qui pose d'ailleurs problème à nos agriculteurs, les normes qui s'empilent. Et là-dessus, on a un autre collègue, Éric Wörst, qui est député dans notre région. Et le président de la République lui a confié une mission sur la décentralisation qui arrive dans le même calendrier que nos propositions de loi sur les élus.

Il y a vraiment un travail aujourd'hui sur à la fois les élus locaux, leur statut, leur pouvoir d'agir et les collectivités territoriales pour que ça se passe mieux et qu'elles aient plus d'efficacité dans

12:19
Locuteur non identifié

leurs actions. Et pour autant en parler, la désaffection des Français pour leur politique, le Bureau de l'Assemblée nationale a décidé la semaine dernière d'augmenter de 305 euros l'avance des frais de mandat des députés. Concrètement, ça permet de payer les transports, les téléphones, la permanence locale en pleine crise des agriculteurs. Alors que les Français montrent leur désaffection pour leur politique, c'est un mauvais timing ?

12:38
Violette Spillebout

— Je comprends. Je comprends quand on lit cette information rapidement dans les médias qu'on ne comprenne pas le timing, mais même parfois le font. Une augmentation de frais. Les gens ne voient pas la différence entre frais et salaire. Ce sont les frais professionnels.

12:52
Locuteur non identifié

— 305 euros, c'est 6 000 euros par an.

12:54
Violette Spillebout

— Oui. Et ce sont les frais professionnels des députés. Donc moi, je peux tout à fait comprendre qu'on soit ému et pas d'accord. C'est une décision qui était prévue de façon assez ancienne d'alignement sur les coûts, en fait, d'augmentation de l'inflation, qui a été décidée à l'unanimité du Bureau de l'Assemblée nationale. Tous les groupes politiques, la gauche, la droite, les extrêmes, tous ont voté pour cette décision parce que ces frais, ce n'est pas seulement pour nos propres frais. C'est aussi les frais de déplacement des collaborateurs. Ce sont, par exemple, quand on prend un stagiaire. Moi, si je prends un stagiaire, je l'indemnise 600 ou 700 euros par mois.

Si c'est un stage de fin d'étude, c'est sur mes frais de mandat. Donc vous savez, ce sont les augmentations du coût de la vie. Mais je partage. Je partage ce fait que c'est jamais le bon moment pour augmenter des élus. C'est toujours mal perçu. Pourtant, vous le savez, comme beaucoup d'élus locaux, on est sur le terrain et on a des frais comme tous les élus locaux.

13:46
Présentateur

On vous a entendu, je laisse Billoud, prendre la défense d'Amélie Oudea-Castera. Tout de même, il y a les faits. Ce n'est pas une cabale. C'est du factuel. Elle a connu, en plus, hier, sa première grève en tant que ministre de l'Éducation. Est-ce que c'est une erreur d'avoir cumulé le ministère de l'Éducation avec le sport ? Est-ce qu'elle n'aurait pas dû rester au sport ?

14:04
Violette Spillebout

C'est un grand ministère. Mais il y a une vraie cohérence à avoir, comme chez nous, à la Commission des Affaires Culturelles, Sport et Éducation, toutes ces politiques qui soient réunies dans un grand pôle qui a une cohérence pour l'éducation et pour l'accompagnement des politiques sportives et éducatives dans notre pays. Bien sûr, elle a sa place. D'abord, elle a fait ses preuves en tant que ministre des Sports. Et le soutien que lui ont apporté l'ensemble des fédérations sportives montre le professionnalisme et l'engagement sans faille qu'elle a su démontrer. Et puis, l'efficacité de la préparation des JO 2024 qui vont tous nous toucher dans nos territoires.

Après, il y a finalement un dérapage de la communication vers sa vie privée où elle s'est sentie attaquée. Vous savez, quand on est élu, quand on est attaqué sur des choix que l'on a fait ou que l'on fait dans sa vie privée, l'émotion prend le dessus. Et ce n'est pas facile d'avoir finalement un dialogue serein dans l'hystérisation, qu'elle soit sur les réseaux sociaux ou médiatiques de certaines problématiques. Donc, moi, je souhaite vraiment qu'on fasse confiance à la réalité de ce qu'elle fera en tant que ministre de l'Éducation. Je crois qu'elle a commencé toutes les rencontres sur le terrain avec les syndicats. Et il faut faire confiance au sujet de fond. C'est ça, la politique.

C'est la complexité, le fond, la décision. Et c'est une femme qui s'est décidée.

15:29
Présentateur

Violette Speedboot, rapporteur du texte sur la violence aux élus et qui publie un livre en ce moment qui sort en ce moment et qui s'appelle L'Autre Mur.

15:39
Locuteur non identifié

Merci beaucoup, Michel Picard. Et merci beaucoup, Violette Speedboot. Je rappelle que vous êtes également porte-parole du groupe Renaissance à l'Assemblée.