Le RN souhaite une dissolution dès que possible - Laurent Jacobelli (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Comment éviter de tels drames migratoires ?
- 2:23RelanceRéponse directe
La fermeté est-elle la réponse à l'immigration ?
- 3:50OuverteRéponse directe
La France doit-elle rétablir ses frontières comme l'Allemagne ?
- 4:46OuverteRéponse directe
La décision de l'Allemagne va-t-elle influencer l'UE ?
- 5:33OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous l'accord d'immigration légale signé par l'Allemagne avec le Kenya ?
- 6:13FerméeRéponse directe
Les visas de travail sont-ils limités dans le temps ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueChiffre
« Des passeurs font fortune, plusieurs milliards de chiffres d'affaires, on estime cet esclavagisme moderne. »
- 1:52Invité politiqueFait
« La France, aujourd'hui, est un anachronisme en Europe. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Nous sommes les seuls à dire à la Terre entière, venez, si vous venez illégalement, on vous donnera de l'argent, on vous soignera, mais jamais on ne vous expulsera. »
- 3:53Invité politiqueFait
« Mais évidemment, nous devons durcir le contrôle aux frontières. »
- 7:16Invité politiqueFait
« La fin du droit du sol, c'est une mesure. Elle peut être prise demain. »
- 7:22Invité politiqueFait
« Le fait que les aides sociales ne soient pas données à ceux qui viennent d'arriver, tout de suite et immédiatement, sans qu'ils aient fait la preuve qu'ils travaillaient. »
- 8:29Invité politiqueFait
« Il faut en revenir aux règles de la Ve République. »
- 8:30Invité politiqueFait
« Nous sommes le premier parti de France, le premier groupe à l'Assemblée nationale. »
- 11:20Invité politiqueFait
« Plus de pouvoir d'achat, plus de sécurité, moins d'immigration et le respect de nos électeurs et de nos valeurs. »
- 13:40Invité politiqueFait
« Tiens, l'abrogation de la réforme des retraites, on le propose le 31 octobre. »
- 13:49Invité politiqueFait
« Nous allons réfléchir sur les peines planchées, notamment pour apporter plus de sécurité. »
- 15:17Invité politiqueFait
« On ne peut pas agir sans majorité. Et nous, nous voulons assumer cette majorité. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli80 %
- Présentateur12 %
- Invité5 %
- ?3 %
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–
Et notre invité politique ce matin, c'est Laurent Jacobelli, bonjour.
– Bonjour à vous. – Merci
beaucoup d'être avec nous.
– Merci pour votre invitation.
– Porte-parole du Rassemblement national. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vessard-Eudon, du groupe EBRAS, les journaux régionaux de l'Est de la France, de votre région. Donc Laurent Jacobelli, bonjour Fabrice.
– Bonjour Ariane, bonjour Laurent Jacobelli. – Bonjour.
–
On va évidemment parler de l'actualité politique du gouvernement Barnier, mais d'abord l'actualité, c'est ce nouveau drame qui a eu lieu dans la Manche la nuit précédente, 8 migrants qui ont trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation, 46 morts depuis le début de l'année dans la Manche. Comment on évite de tels drames
? –
D'abord c'est une horreur, des vies humaines perdues, dans des situations catastrophiques, je pense que ça touche tout le monde et qu'avant de faire une réponse politique, il y a d'abord la réponse humaine d'effroi devant ce qui se passe. L'année dernière, ce sont plus de 3000 êtres humains qui sont morts, alors en Méditerranée, mais c
'est
le même phénomène. C'est le même phénomène, c'est-à-dire que des passeurs font fortune, plusieurs milliards de chiffres d'affaires, on estime cet esclavagisme moderne, font fortune en faisant passer des gens qui sont dans la misère vers l'Europe. Il y a des organisations non gouvernementales qui ont fait finalement du passage des migrants une forme d'industrie, et puis la passivité de femmes et d'hommes politiques qui laissent croire encore à la Terre entière que l'Europe est un El Torado, sans foi ni loi, où on peut arriver sans aucune règle et vivre bien, tout cela est faux.
Et on rajoute du malheur au malheur, le malheur de ceux qui risquent leur vie, au final, pour un paradis qui n'existe pas, et le malheur de ceux qui, sur place, vivent cette immigration difficilement, cette immigration illégale, difficilement en matière sociale, en matière financière, en matière identitaire, en matière sécuritaire. Bref, le laxisme généralisé nuit à tout le monde et emmène parfois jusqu'à la mort. Il faut réagir, réagir en disant à la Terre entière, on ne peut pas venir en Europe si on n'a pas le droit de venir. Il faut durcir les règles de l'immigration, il faut durcir les contrôles. La France, aujourd'hui, est un anachronisme en Europe.
Nous sommes les seuls à dire à la Terre entière, venez, si vous venez illégalement, on vous donnera de l'argent,
on
vous soignera, mais jamais on ne vous expulsera. Ce n
'est
plus ce qui se passe en
Allemagne. Les
migrants, pardon, ils cherchaient à aller en Grande-Bretagne. Ils ne veulent pas rester en
France. Vous avez raison, mais ils sont bien
passés en France. C'est-à-dire que, parce que la Grande-Bretagne essaie de donner un signal de fermeté, l'Allemagne va rétablir le contrôle des frontières. La Suède a pris des mesures extrêmement
drastiques. – Mais justement, vous dites, la Grande-Bretagne, elle
donne des signaux de fermeté en matière d'immigration. Les migrants, ils veulent aller en Grande-Bretagne. Est-ce que la fermeté, c'est la réponse ?
–
Mais c'est la seule réponse, la fermeté. On a tout essayé. Le laxisme, la générosité, tous les bons sentiments. Vous savez, tous ceux qui prennent le contrôle des frontières ne sont pas des gens sans cœur. Ce sont des gens qui regardent, comme on le fait en ce moment à l'actualité, ils voient des Français, excusez-moi de parler d'eux, mais c'est eux qui m'intéressent au premier chef, qui ont aujourd'hui du mal à trouver du boulot, à qui on dit on ne peut plus vous soigner, on n'a plus d'argent, qui vivent dans la sécurité, avec pour grande part l'immigration qui est à l'origine de tout cela. Et puis on voit des êtres humains qui meurent pour aller vers l'Europe alors qu
'ils
n'ont pas le droit d'y aller. Tout ça au bénéfice de mafias qui vivent largement et grassement sur la misère humaine. Est
-ce
qu'on va tolérer tout cela longtemps, au nom des bons sentiments ? Évidemment non. Vous savez parfois l'enfer est pavé de bonnes intentions. Le chemin vers une vraie justice est parfois plus délicat, plus difficile, plus courageux. C'est celui que nous voulons emprunter et je le répète, beaucoup de pays d'Europe sont en train de l'emprunter, je citais le Danemark et l'Allemagne, qui sont des pays de gauche. Pas cette gauche qui hurle, pas cette gauche qui veut régulariser les sans-papiers, pas cette gauche en kéfier. Non, non, non. Une gauche qui se dit mais finalement pour protéger nos travailleurs il va falloir aussi qu
'on
protège nos frontières. Et donc,
je
crois que partout en Europe, il y a un mouvement à la fois humain, parce qu'on doit traiter tout cela avec beaucoup d'humanité, mais ferme, parce qu
'on
doit protéger les pays desquels nous sommes élus.
Alors justement, l'Allemagne qui aujourd'hui rétablit ses frontières pour une durée temporaire, est-ce que vous souhaitez que la France en fasse de même ?
Mais évidemment, nous devons durcir le contrôle aux frontières. On ne
va
plus durcir le Ramni. Vous savez, Jordan Bardella et Marine Le Pen sont pour ce que nous appelons la double frontière. C'est-à-dire la frontière européenne avec Frontex, qui soit enfin, enfin, une agence de surveillance des frontières et non pas une maison d'accueil des migrants clandestins et nos frontières nationales. Mais pour être très clair aussi, vous savez, moi je suis élu d'une région frontalière à la frontière du Luxembourg. Et j'ai expliqué pendant ma campagne, on ne
va
pas revenir, mettre des barrières avec des voitures qui bloquent le passage. Ce
que ne
fait
pas l'Allemagne d'ailleurs.
Il s'agit de contrôle volant. Exactement. Et c'est ce que nous préconisons aussi.
C
'est-à-dire qu'aujourd'hui, qui on contrôle ? Eh bien vous savez, on a des agents des douanes qui sont vraiment avec très peu de moyens, très efficaces. On va aller contrôler ceux qui font de passage de matériel clandestin ou ceux qui font le passage d'êtres humains. On ne
va
pas contrôler ceux qui vont travailler le matin, gagner de l'argent pour élever leurs enfants. C'est une évidence. Mais
vous pensez que la décision de l'Allemagne va avoir une influence sur le reste de l'Union Européenne ?
Évidemment. Évidemment, mais il y
a
un signal qui est envoyé. Oui, on peut être de gauche et on peut avoir du bon sens. Vous voyez ? Alors je sais
bien... La gauche
française n
'a
pas de bon sens pour vous ?
Mais la gauche française est devenue complètement folle. La gauche française...
Toute la
gauche française
?
Ah bah vous savez, quand vous dînez avec le diable, vous devenez diabolique. Donc moi, qu
'on
ne
m
'explique pas qu'il
y a
des sociodémocrates fréquentables et des extrêmes gauchistes infréquentables. Quand on se fait élire la main dans la main, quand on soutient la main dans la main, on mange à la même gamelle. Donc pour moi, M. Fort, c'est un M. Delogu qui sait lire. Voilà, c'est clair. Donc on ne
va
pas lui tresser des louanges à cette gauche qui a tout raté quand elle était au pouvoir et qui aujourd'hui insulte notre République, insulte des élus, insulte des polices, la police et finalement insulte les Français.
Oui,
pour revenir une seconde sur la question de l'Allemagne, c'est ce même pays qui a signé vendredi un accord avec le Kenya pour le recrutement de 250 000 travailleurs qualifiés ou semi-qualifiés. Comment vous analysez cette décision politique ? D
'abord, c'est une décision d'immigration légale. Donc ce n'est pas exactement le même sujet. Vous savez, une fois encore, on caricature souvent nos positions. Nous ne sommes pas contre l'immigration, nous ne
sommes
pas contre les migrants par principe. Nous sommes contre l'immigration incontrôlée et submersive. Mais par exemple, s'il manque demain 10 000 docteurs, évidemment qu'il faut faire un visa à 10 000 docteurs étrangers pour qu'ils restent en France, par exemple, le temps que nous trouvions des docteurs français. La priorité... Ah, ça veut dire que vous les faites venir et que vous les faites repartir ? Vous savez, les visas de travail, c'est avec une durée limitée. Ce n
'est
pas la nationalité au bout. Et d'ailleurs, beaucoup de gens qui viennent travailler dans un pays, les expatriés, le font à durée limitée. Beaucoup d'expatriés français, par exemple, dans différents pays, ont un contrat pour un certain nombre d'années, tout ça est tout à fait normal. On ne
va
pas redécouvrir ce qui existe déjà. Donc quand ça se fait...
Ça veut dire que ces gens ont travaillé
pendant des années, qu'ils se sont intégrés, après vous leur dites merci d'être venus, au revoir ?
Mais il y a un deal, il y
a
un contrat de départ. Moi, par exemple, vous m'avez dit, on va vous interviewer de 8h à 8h20. Si à 8h20, je reste et je dis, je veux être animateur à Public Sénat, personne ne peut me déloger et en plus je veux un salaire, ça va vous choquer, j'imagine
?
Eh bien, c'est la même chose.
Est-ce qu
'il
faut un ministère de l'Immigration
? Il
existe. Ça s'appelle le ministère de l'Intérieur.
Donc il ne
faut
pas un ministère spécifique
? Il
ne faudra pas échapper que je ne
suis
pas au gouvernement et je ne suis pas Premier ministre. Il s'organise exactement comme il veut. Mais en tout cas, normalement, on peut prendre des mesures sur l'immigration avec un ministère de l'Intérieur. Vous savez, nous, on préconise un certain nombre de mesures. On n
'a
jamais prononcé le mot de ministère d'immigration. La fin du droit du sol, c'est une mesure. Elle peut être prise demain. Le fait que les aides sociales ne soient pas données à ceux qui viennent d'arriver, tout de suite et immédiatement, sans qu'ils aient fait la preuve qu'ils travaillaient et qu'ils en avaient besoin, ça paraît être assez logique. Aussi, renvoyer les gens qui sont clandestins, c'est-à
-dire
qui ont violé nos lois dans leur pays d'origine, ça aussi, ça peut être mis en place sans ministère de l'Immigration. La dernière fois qu'on a eu un ministère de l'Immigration, c'était sous Nicolas Sarkozy. C'est l'homme qui a appuyé sur le bouton du déclenchement de l'immigration submersie. Et vous voyez comme quoi les mots et les actes sont parfois deux choses très différentes.
On va parler de Michel Barnier qui doit annoncer cette semaine son nouveau gouvernement. Hier, François Bayrou a mis en garde contre le poids des Républicains. Dans ce gouvernement, ça ne marcherait pas, dit-il. Est-ce que vous partagez cette analyse ?
On vit une époque complètement folle. On vit une époque où l'extrême-gauche a fait élire des députés de droite, où des députés macronistes se sont retirés pour des députés aux propos flirtants avec l'antisémitisme et le communisme le plus crasse. Oui, tout cela est quand même assez étonnant. Et donc on se retrouve avec un parti aujourd'hui qui représente 6% des Français et qui va faire le gouvernement, c'est les Républicains. Alors les Républicains, on leur a donné une pochette de surprises. Ils ont ouvert, ils ne savaient pas ce qu'ils allaient trouver. Ils ont trouvé le poste de Premier ministre. Enfin, c'est une démocratie farfelue qu'on est en train de nous dessiner.
Il faut en revenir aux règles de la Ve République. Vous savez, nous, nous sommes le premier parti de France, le premier groupe à l'Assemblée nationale. Alors oui, nous ne participerons pas à ce gouvernement parce que nous ne sommes pas d'accord avec la politique que ce fameux maintenant parti unique, on peut l'appeler comme ça, mène depuis 40 ans, mais nous allons être une opposition influente.
Mais pardon, ça veut dire
que même si c'est un gouvernement en majorité à l'air, vous ne le censurez pas
? Mais
une fois encore, nous avons donné des règles.
Ces
règles, c'est si on a un gouvernement qui ne nuit pas au pouvoir d'achat des Français, qui améliore la sécurité, lutte contre l'immigration, alors il n'y aura pas de censure automatique. Mais nous sommes des députés.
Donc
c'est le fond plus que les personnes pour vous
?
Évidemment. Sauf que des personnes incarnent une politique. Si demain, on se retrouve à la justice avec M. Dupond-Moretti, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va encore livrer des PlayStation aux prisonniers, qu'on va encore construire des piscines au milieu gonflable, au milieu des prisons plutôt que des places de prison, et que ça va être la prime aux voyous et l'insulte aux victimes. – Et là, il y aurait
censure ? –
Évidemment qu'on va réfléchir. Si on a... Non mais il faut être clair.
– Donc ça veut dire
que si Éric Dupond-Moretti est au gouvernement,
il y aura
censure ? – Vous réfléchirez à une censure ?
–
On ne va pas rentrer dans une logique binaire. On laisse l'analyse de courte vue à l'extrême gauche et à l'extrême centre. Nous, on va être pragmatiques. On ne
va
pas rajouter
du chaos au chaos. – C'est qui l'extrême centre
? – La Macronie. On ne
va
pas rajouter du chaos au chaos. On va regarder au cas par cas ce qui se passe. On jouera notre rôle d'opposition de manière ferme, résolue, mais responsable. L'idée, ce n
'est
pas qu'à la fin, on casse la Vème République. Une fois encore, on laisse ce projet à d'autres. Mais une fois encore, je le répète, si dans le budget, qui sera finalement l'étape cruciale, on voit que la tentation de la taxe et de l'impôt, la tentation du laxisme, la tentation de l'attente et disant que les prochains feront le boulot, alors évidemment, ça ne
sent
pas bon pour M.
Barri. –
Sur l'immigration, si vous aviez Laurent Wauquiez, au ministère de
l
'Intérieur, vous
réagiriez comment ? – Et une fois encore,
on n'est pas l'agence d'intérim de la Macronie.
–
Non mais
vous ne voulez pas parler
des noms, mais vous en citez quand même. Là, je vous en cite un qui est quand même un adversaire du Rassemblement national
et qui veut
récupérer les électeurs qui sont partis chez vous.
– Bon courage à lui. Ça va être compliqué lorsqu'on change d'avis toutes les deux semaines. Lorsqu'on dit le lundi, je n'irai jamais dans ce gouvernement et le mardi, on se met à genoux pour avoir un poste, c'est sûr qu'on envoie un signal que nos électeurs, je pense, ne recevront pas, en tout cas pas de manière positive. Mais une fois encore, on ne
va
pas faire des procès à M. X et Mme Y. C'est quoi la feuille de route ? Quel est le projet du gouvernement Barri ? Mais effectivement, votre question, elle sous-tend quelque chose, c'est que la censure, ce n
'est
pas la censure d'un homme, c'est la censure d'un gouvernement. Et que si dans ce gouvernement, il y a des gens qui parlent beaucoup, mais qui font peu, des gens qui proposent de continuer cette politique qui fait tant de mal aux Français, je le dis à nos 11 millions d'électeurs et à tous les Français, nous serons là, le Rassemblement national dirigé par Marine Le Pen à l'Assemblée nationale jouera son rôle, plus de pouvoir d'achat, plus de sécurité, moins d'immigration et le respect de nos électeurs et de nos valeurs. Voilà ce que nous défendrons et nous le défendrons avec tous les moyens possibles,
en faisant des
propositions de loi ou parfois en votant la censure.
Est-ce que si le budget correspond à ce que vous souhaitez, vous pourriez voter ce budget
? – On
est vraiment là dans des hypothèses d'école. Je ne peux pas croire qu'il y ait un
tel
big bang politique chez les LR quand même. On ne fait pas d'un âme à cheval de course du jour au lendemain.
Est
-ce que vous croyez que le budget va être réorienté ? Est-ce que vous croyez que les 54 milliards qui sont dépensés par an, selon contribuables et associés, pour l'immigration, vont être réaffectés ailleurs ? Est-ce que vous croyez qu'il y aura la fin de l'aide médicale d'État pour les clandestins ? Est-ce que vous croyez qu'on arrêtera de ponctionner les classes moyennes pour payer tous ceux qui sont les profiteurs du haut comme les profiteurs du bas ? Moi, j'ai du mal à y croire. –
Pardon, mais ce que vous dites, c'est quand même pas très éloigné de la ligne des Républicains.
–
Ah non, vous faites une erreur. C'est pas éloigné de ce que disent les Républicains avant les élections, mais c'est très éloigné de ce que font les Républicains après les élections. Or, on est dans la deuxième hypothèse là. Donc une fois encore, on verra bien le budget. Moi, l'engagement que je tiens ici…
– Mais vous n
'excliez pas de le voter ?
– C
'est très peu probable pour vous répondre.
–
Donc a priori… – Par définition, vous savez, nous sommes dans l
'opposition.
–
Mais c'est pour ça. Un
budget…
– Non, mais d'où ce besoin de tarification
? Est-ce que vous
dites, quel que soit le budget, on ne le votera pas parce qu'on est dans l'opposition
? – Non, vous ne cherchez pas. – Ou est-ce que
vous dites, selon ce qu'il
y
a dans
le
budget, on pourrait le voter ? Nous sommes responsables et pas bornés. Mais il y
a
quand même une règle dans notre République et le travail parlementaire. Le budget, c'est la transcription en chiffres d'une politique. Est-ce que nous sommes d'accord avec la politique qui associerait la droite de la gauche, le centre du centre et le gauche de la droite demain ? C'est quand même extrêmement peu probable puisque nous les combattons depuis des années parce qu'ils emmènent la France dans le mur. Donc je n
'ai
pas vu ce budget, donc je ne
peux
pas vous répondre de manière formelle. La probabilité qu'on vote ce budget est quand même quasi nulle.
– Est-ce que quand même, il n
'y a
pas un peu une ambiguïté dans la ligne du Rassemblement
national ?
–
Non, mais
on a l'impression que vous ne votez pas la censure parce que vous ne voulez pas apparaître comme responsable d'un blocage institutionnel. Mais d'un autre côté, vous affirmez être dans l'opposition pour ne pas apparaître comme comptable du bilan de Michel Barnier.
– Nous sommes une opposition responsable et résolue. Résolue, ça veut dire quoi ? Je vais le répéter, c'est que nous allons faire avancer nos idées. Nous allons faire des propositions de loi. Tiens, l'abrogation de la réforme des retraites, on le propose le 31 octobre. Donc on verra bien si la gauche qui hurle est aussi la gauche qui agit et qui le vote. Et ça, voilà, c'est concret. Nous allons réfléchir sur les peines planchées, notamment pour apporter plus de sécurité, pour faire en sorte que les policiers, les gendarmes, tous ceux qui représentent l'État soient protégés et que les voyous soient condamnés. On va faire des propositions, c'est notre travail d'opposition.
Mais notre travail d'opposition, c'est aussi de mettre des lignes rouges. Si le gouvernement les franchit, nous leur dirons, nous sommes le premier parti de France, le premier groupe à l'Assemblée nationale, il y a 11 millions d'électeurs qui n'en veulent pas. Alors merci, au revoir, faites vos valises. C'est très clair. Vous savez, nous, on a une toute carte sur table au début. Il y en a qui font dans les arrières couloirs des tractations, qui disent sur votre plateau, je ne veux pas être ministre, mais qui derrière appellent pour l'être. Nous, on ne joue pas là-dessus. Dès le début, on a donné nos conditions. Le premier ministre les a. On joue franc jeu.
Vous avez dit ce week-end, le Rassemblement national a dit ce week-end à être préparé, se préparer pour de nouvelles législatives. Est-ce que vous allez les provoquer
?
Nous la souhaitons, voilà, cette législative anticipée. Pourquoi ? Parce qu
'on
ne
va
pas continuer comme ça longtemps, avec une majorité introuvable, une majorité qui changera tous les 4 matins, selon qui est ministre et qui ne
l
'est pas, avec une gauche qui refuse de faire
un travail par le gouvernement. Oui, mais est-ce
que c'est vous qui allez les provoquer ? Est-ce qu'en juin prochain, quand des nouvelles législatives seront possibles, il y aura forcément une censure du gouvernement Barnier de
la part des Rennes ? Mais vous savez que
même s'il
y a
censure, il n'y
a
pas forcément de dissolution. Donc le seul qui peut le provoquer, c'est le président de la République. Entre deux cérémonies, deux danses sportives, peut-être trouvera-t-il le temps de réfléchir à la France. Mais nous, ce que nous voulons effectivement, ce que nous souhaitons, c'est qu'il y ait des législatives pour qu'il y ait enfin une majorité en France. On ne
peut
pas agir sans majorité. Et nous, nous voulons assumer cette majorité. Je vous le dis parce que la France va mal. La France va mal, nous sommes face au mur de la dette. Chaque jour, des mamans ont peur d'emmener leurs enfants à l'école, de peur d'être agressés ou que leurs enfants soient agressés. Chaque jour, chaque jour, l'immigration clandestine nous coûte une fortune, nous met en danger de manière sécuritaire. Il va falloir agir et agir vite. Pour ça, il faut une majorité. Et nous voulons incarner cette nouvelle majorité. Et il semblerait que les Français le souhaitent aussi. Vous savez, moi j'ai vu l'Institut Jean Jaurès. Bon, je ne
vais pas
vous dire que ce n
'est
pas forcément des amis. Ils disent qu'aujourd'hui, les gens qui votent l'Assemblée nationale le font par adhésion. Et le font même plus que pour les autres mouvements politiques. Ce qui veut dire qu'il y
a
bien une adhésion à notre projet et cette vision de la France que nous portons. Et donc cette vision-là, on veut l'apporter maintenant au gouvernement. Mais pas avec ce gouvernement-là, bien sûr.
Fabrice, sur le budget justement.
Oui,
vous disiez que vous attendiez de voir le budget. Éric Coquerelle, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, dit aussi attendre les éléments de la part de Matignon, les éléments pour constituer ce budget. Il s'est dit hier prêt à y aller physiquement à Matignon pour exiger ces documents. Est-ce que c'est la bonne méthode
? Oui, mais
vous savez, avec la France insoumise, on est souvent... Excusez-moi, je ne
veux
pas être impoli parce que je respecte leurs électeurs, mais on est souvent dans le cirque, on est souvent dans le déballage,
on
est souvent dans l'excès. Alors il va quoi ? Il va s'attacher au gris de Bercy pour avoir le budget. Mais il l'aura le budget il
y a
un moment. Ce qu'on demande à des élus, c'est d'être sérieux. Je veux dire, la politique, ce n
'est
pas une télé-réalité. L'Assemblée nationale, ce n
'est
pas le loft. Je pense qu'il faut des gens responsables et raisonnables. qu'évidemment, la France insoumise n'est ni responsable ni raisonnable, ni dans ses prises de position, ni dans ses allusions parfois racistes, il faut le dire, ou antisémites, ou contraires à la démocratie. Je pense que ces gens-là ont fait beaucoup de mal par des déclarations, par leur inculture, par leur violence, par leur méprilie de classe. Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon qui nous expliquent qu'il faut délaisser les trois quarts de la France pour ne se concentrer que sur ceux qui votent pour eux, avec une espèce de cynisme, avec un marketing politique indigne de ceux qui ont au cœur une vraie volonté
des gens. – Donc vous n'iriez
pas, vous,
au gris de Matignon, sonnez à la porte de Matignon, vous n'iriez pas, vous ? – Non mais
avoir
les éléments exigés du gouvernement, qu'il fasse son travail, jouer notre rôle de parlementaire, on va le faire et on va le faire au quotidien, mais on n'est pas artistes de variété,
on
est élus de la nation.
– Éric Coquerel qui a également dit hier que la France insoumise déposera sa propre proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites, ça sera dans leur niche parlementaire du mois de novembre, est
-ce
que vous la voterez ?
–
Mais j'espère que la nôtre sera votée avant, parce que sinon il
y
a un problème avec la France insoumise. La France insoumise qui donc refuserait de voter l'abrogation de la réforme des retraites parce qu'elle serait signée de députés de la nation qui ne sont pas de leur couleur politique, et bien moi je leur dis bon courage les gars, prenez votre bâton de pèlerin, faites le tour de France et expliquez que vous avez refusé l'abrogation de la réforme des retraites, ou alors vous êtes des bonimenteurs, ou alors vous êtes des falsificateurs, ou alors vous êtes des gens cyniques qui couraient après les bulletins de vote et qui après refusaient de prendre vos responsabilités. – Vous avez l'espoir de faire exploser le nouveau Front populaire sur ce point-là ?
–
Attendez, nous on va s'occuper de solidifier le Rassemblement national, c'est déjà bien, et demain de sauver notre beau pays. Vous savez, le Front populaire est assez grand pour exploser tout seul.
– Mais
est-ce que ça veut dire que votre proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites, elle est vouée à l'échec, vous le savez ?
–
Écoutez, ce qui est voué à l'échec, si jamais elle ne passe pas, c'est effectivement la gauche, et qu
'il
faudra qu'elle l'explique. Nous, vous savez, on fait notre travail, voilà. On a des engagements par rapport à nos électeurs, on avait un programme dans ces législatives, on va essayer de le faire appliquer. Je crois que c'est finalement la définition de base d'un élu, on va essayer de nous en soutenir à ça, et de construire la majorité de demain. Je l'ai dit, nous serons une opposition d'influence. Nous allons amener au cœur des débats les sujets qui nous sont chers. Nous allons rappeler en permanence au gouvernement quel est notre poids dans ce pays, et qu'il ne doit jamais l'oublier. C'est notre boulot. Les délires de la France insoumise, excusez-moi, je ne
suis
pas psychiatre.
– Juste sur la réforme des retraites, quand vous voyez qu'en Italie, Giorgia Meloni, qui face au déficit et à la dette, réfléchit à reporter l'âge de départ à la retraite des fonctionnaires à 70 ans. Est-ce que ce n
'est
pas un peu démagogique de dire qu'il faudra revenir sur la retraite à 64 ans ?
– Alors je m'appelle Jacobelli, mais je ne suis pas élu en Italie. Vous savez, moi je m'occupe de ce beau pays qu'est la France. Madame Meloni est aux affaires en Italie. Vous savez, on ne peut pas
comparer complètement… – Mais sur une ligne pas
différente de la vôtre.
– On ne peut pas comparer complètement le système des retraites italien au nôtre. Voilà, il y a des pays, et je crois que
c
'est le cas de l'Italie, mais une fois encore, je ne suis pas un spécialiste, où c'est le nombre d'années de cotisation qui est le vrai socle de départ ou pas à la retraite, l'âge limite de la retraite signifiant plutôt, est-ce que c'est à 100%, 90%, etc. Donc ce n
'est
pas complètement comparable. Nous, notre vision, elle est très claire. Voilà, vous avez commencé à travailler jeune, vous avez un métier dur, 60 ans, 40 annuités. Et puis si vous avez eu la chance de faire des études, de commencer plus tard, avoir un métier plus confortable, au maximum du maximum, ce sera 42 annuités, 62 ans. On a été clair depuis le début. Et c'est tout à fait finançable. Juste un point, parce qu'il
y
a des légendes urbaines, notamment chez la droite et dans les parties du centre, qui est « Ah bah oui, mais sinon, nos finances vont s'écrouler ». D'abord, écrouler les finances, ils l'ont déjà bien fait tout seul. Monsieur le maire est probablement un des artisans de la faillite. Mais plus loin. Aujourd'hui, quelqu'un qui arrive en retraite, il y en a un sur deux qui est soit au chômage, soit en maladie. Et bien si demain, ils travaillent deux ans de plus, ils sont censés travailler deux ans de plus. Il y aura deux ans de plus de RSA, deux ans de plus de sécurité sociale, voire deux ans de plus de chômage. Donc ce que vous allez gagner d
'un
côté, vous allez le perdre de l'autre. Il faut dire la vérité aux gens.
Laurent Jacobelli, demain sera examiné par le bureau de l'Assemblée nationale. La procédure de destitution d'Emmanuel Macron. Est-ce que le RN l'aurait jugé recevable
? Là
encore, si
la
gauche et l'extrême gauche voulaient vraiment agir, ils agiraient à l'Assemblée nationale sur des projets de loi. Là, ils sont entrés dans une opération d'institution qui va durer des mois pour aboutir à la fin à un résultat qu'on connaît. C'est qu'elle ne sera pas votée. Donc
vous n'auriez pas votée. Si vous étiez
encore au bureau, vous n'auriez
pas
votée. Le Sénat ne la votera pas. Donc une fois encore, on est dans le chaud. Une fois encore, on est dans le déclaratif. Mais vous savez, plus on crie fort en général, moins on agit.
Est-ce que vous l'auriez votée ou pas ? Là, vous n'êtes plus au bureau, mais est-ce que vous l'auriez votée
?
Oui, peut-être si cette demande était conforme, je ne l'ai pas lu, je vais être honnête avec vous dans les détails, mais si cette demande était conforme à l'esprit et à la lettre de nos institutions, on aurait sûrement étudié. Mais une fois encore, que ceux qui nous regardent ne se bercent pas d'illusions, cela n'a aucune possibilité d'aboutir. Cela prendra des mois et des mois. Ceux qui vous font croire qu'ils agissent en tant que force de l'opposition, en menant cette fausse
destitution, vous mentent. Une dernière question. On parle des municipales. Un mot sur les municipales. On a vu que ça avait été quand même une course à l'échalote pour trouver 577 candidats pour les législatives. Là, vous vous lancez dans les municipales. Vous avez nommé ce week-end un député européen, Julien Sanchez, comme directeur de campagne. Oui. Les municipales. C'est quoi votre objectif pour les municipales ? C'est être présent dans les 35 000 communes de France ? Bien
sûr que non. Notre objectif pour les municipales, c'est d'être présent dans les communes où nous avons des personnalités capables d'incarner l'opposition au maire actuel. Ça
représente
combien de communes à peu près ?
On vient de nommer notre directeur de campagne. Laissez-lui.
J'imagine qu'il
a travaillé cette nuit. Mais je ne
suis
pas sûr qu'il ait déjà la réponse de bon matin. Une fois encore, l'idée n
'est
pas de faire du chiffre dans les municipales. L'idée est d'obtenir un certain nombre de résultats. Pourquoi ? Parce que dans les communes que nous gérons, ça marche. Moi, j'ai la chance d'être élu de la 8e circonscription de la Moselle, dont la ville principale s'appelle Ayange, gérée par Fabien Angelman, élu au premier tour à deux tiers des voix. Voilà. Il a pris une ville exsangue. Aujourd'hui, c'est une ville où l'impôt n'augmente pas, une ville sûre et une ville propre, alors qu'elle est entourée de villes qui, elles-mêmes, ne sont pas sûres et qui, elles-mêmes, ne sont pas propres. Pas toutes. C'est vrai. Mais celles qui sont gérées par la gauche en général.
C'est en 2026.
C
'est bientôt. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci Fabrice.
À la semaine prochaine. On fait ce club des
territoires.
Laurent Jacobelli