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Discours / meetingyoutube.com· 5 octobre 2026 8 minAutoproduitFond programmatiqueJusticeInstitutions & élections

Il y a 45 ans, la France abolissait la peine de mort : poursuivons ce combat aujourd'hui et demain !

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:09Fait
    « La loi abolissant la peine de mort est promulguée le 9 octobre 1981. Son article 1er tient en six mots : la peine de mort est abolie. »
  • 4:19Fait
    « Depuis 2007, l'article 66-1 de notre Constitution dispose : "Nul ne peut être condamné à la peine de mort". »
  • 4:59Chiffre
    « En 2025, au moins 2334 condamnations à mort ont été prononcées dans 48 pays. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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En 2017, lorsque je suis rentrée pour la première fois dans l'hémicycle comme jeune député, j'ai marqué un temps d'arrêt. J'entrais dans le lieu où la peine de mort avait été abolie. Ce combat qui m'avait bouleversé comme étudiante en droit et comme avocate pénaliste avait ici trouvé sa traduction dans la loi. Alors, vous comprendrez mon émotion en vous accueillant pour cette nuit du droit consacrée à Robert Badinterre. Dans 4 jours, nous célébrerons le 45e anniversaire de la loi du 9 octobre 1981. Et grâce à vous, cher Stéphane Guillon, nous allons réentendre la parole de celui qui a porté cette loi d'humanité. Sa voix, sa

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force et surtout sa conviction. La justice n'est pas une vengeance. Cette conviction venait de loin. Elle venait des prêtoires de ces heures d'angoisse dans les couloirs de la mort. Elle venait aussi des procès Buffet Bontemps en 1972 et du procès Henri en 1977. Rappelez-vous en 1972 devant la cour d'assise de l'aube à 3, Robert Vadinter défend Roger Bontemp. Bont n'a pas tué. C'est son codétenu Claude Buffet qui a donné la mort aux deux otages de Clervau. La cour d'assise elle-même le reconnaît. Pourtant l'accusation réclame deux têtes. Quelques mois plus tard la

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guillotine tombe. Cet échec entra Robert Badinterre. Il n'a pas réussi à sauver de l'échafaud un homme qui n'avait pas donné la mort. 5 ans plus tard en 1977, le destin le ramène précisément à trois devant la même cour d'assise. Cette fois, il défend Patrick Henry. Un enfant de 7 ans, Philippe Bertrand a été assassiné. L'émotion est intense, la colère aussi. La mort semble déjà promise. 5 ans plus tôt, ici même, il n'avait pas réussi à empêcher la guillotine. Réussira-t-il cette fois, par la force du droit et de la parole, à arracher un homme à la mort ? C'est l'enjeu de la plaido magistrale que nous allons réentendre.

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4 ans après, le 17 septembre 1981, à quelques pas de nous, l'avocat devenu garde des sauts prononce un des plus fameux discours de la 5e République. Ce discours Robert Badinter l'avait mûri pendant des années. Il l'avait médité, ciselé. Il l'avait repris jusqu'au dernier instant. Vous pourrez d'ailleurs découvrir dans notre exposition derrière vous le tapuscrit de son discours à noté de sa main. La loi abolissant la peine de mort est promulguée le 9 octobre 1981. Son article 1er tient en six mots la peine de mort est abolie. Simon qui parachevait l'œuvre de génération d'abolitionnistes de Césaré Bécaria Jean

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Jorè de Voltaire à Victor Hugo. De l'auteur du dernier jour d'un condamné justement dont nous allons attendre également un extrait, Robert Baninter aimet à citer cette phrase : "Le droit qu'on ne peut retirer à personne, c'est le droit de devenir meilleur." Aussi considérait-il avec le député Hugo la peine de mort comme le signe spécial et éternel de la barbarie. 45 ans plus tard, ces six mots nous obligent encore. Car défendre l'abolition, c'est défendre une justice qui sait qu'elle est humaine et donc faillible. Une justice qui affirme la dignité de tout être humain. Cette exigence de dignité a guidé toute l'action de Robert Badinter, y compris dans ses engagements parfois moins moins

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connus. En 1982, il porte la suppression de la discrimination pénale qui frappait encore les relations homosexuelles. Il lutta également pour supprimer les quartiers de haute sécurité ou pour améliorer l'accès des détenus à la santé et à la culture. C'est aussi sous son ministère qui adopté la loi améliorant l'indemnisation des victimes d'accident de la route. Alors mesdames et messieurs, une fois la peine de mort abolie dans la loi, Robert Badinter a voulu protéger cette conquête. l'aggraver dans notre norme suprême. En 2007, le sénateur Badinter est ainsi rapporteur au nom de la commission des lois, du Sénat, du projet de loi constitutionnel relatif à l'interdiction de la peine de mort.

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Depuis 2007, l'article 66-1 de notre Constitution dispose : "Nul ne peut être condamné à la peine de mort". Dans l'actualité, lorsque l'émotion étrangle le débat, lorsque la loi du talion ressurgit, nous pouvons remercier Robert Badinter d'avoir verrouillé tout retour en arrière. Aujourd'hui, comme hier, il faut tenir son cap abolitionniste. Aujourd'hui, comme hier, l'abolition n'est pas un principe que l'on suspend au gré de l'émotion. Cette exigence demeure aussi actuelle qu'universelle. En 2025, au moins 2334 condamnations à mort ont été prononcées dans 48 pays. Mais que de chemins parcourus. Lorsque la France abolissait

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la peine capitale, 2 tiers des États la maintenaient. Aujourd'hui, le rapport s'est inversé. Ce progrès, nous le devons aussi à Robert Balter qui consacra le dernier grand combat de sa vie à l'abolition universelle. Ce combat, il nous l'a laissé en héritage. À nous désormais de le poursuivre. L'Assemblée nationale s'est engagée à porter sous flambeau et c'est pourquoi nous avons tenu à accueillir ici même en juillet dernier la clôture du 9e congrès mondial contre la peine de mort. Alors pour suivre ce combat appartient bien sûr aux responsables politiques, aux magistrats, avocats, aux associations. Il appartient aussi à chacun de nos concitoyens, à vous. Et je voudrais m'adresser aux nombreux étudiants

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présents ce soir. Vous aurez demain à faire vivre ces principes dans un cabinet, un tribunal, une association, peut-être un jour dans l'hémicycle et vous aurez alors à vous engager. Ce que nous enseigne la vie de Robert Bern, c'est précisément cette force de l'engagement. Il n'y a jamais eu en lui de frontière entre le citoyen révolté par l'injustice, l'avocat acharné à sauver une vie et le ministre. C'était un seul souffle, la fusion en une même personne de l'engagement civique, juridique et politique. De la même manière, il doit y avoir une continuité entre votre conscience de citoyen et

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votre engagement professionnel et politique. Car c'est à vous désormais d'être les maillons de cette grande chaîne de la justice et des droits humains. Transmettre cette mémoire, raviver cette flamme de l'engagement, rapprocher les citoyens de nos institutions. Tel est le sens de la politique d'ouverture citoyenne et mémorielle de l'Assemblée nationale que nous portons depuis 2022. Tel est le sens de cette nuit du droit. Et pour le succès de cette nouvelle édition, je voudrais vraiment remercier l'institut Robert Badinter. Je voudrais remercier également le théâtre Antoine, Jean-Marc Dumonte et leurs équipes. Et je vous remercie vous également Stéphane Guillon. Merci de mettre votre talent, votre passion, votre émotion et votre engagement au service de cette

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transmission. Alors mesdames et messieurs, le 9 octobre 2025, 44 ans après la promulgation de la loi d'abolition, Robert Badinter est entré au panthéon. Sur le fronton du panthéon sont gravés ces mots aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Ce soir, dans cette assemblée où son combat pour l'abolition devient devint la loi de la République, nous rendons hommage à l'un de ces grands hommes et à notre tour, nous lui disons toute la reconnaissance de la représentation nationale pour son combat. Un combat pour l'humanité, pour la dignité, pour la justice. Un combat pour la République, un combat pour la France.

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Ah.