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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 septembre 2025 24 min

Destitution d'Emmanuel Macron, relations avec le Parti socialiste... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

On va parler de l'après-Bayrou. Le Premier ministre se soumet cet après-midi à un vote de confiance. Êtes-vous prêts à laisser le Parti Socialiste gouverner, à gouverner vous-même ? L'Union des gauches est-elle à jamais enterrée ? Qu'attendez-vous du mouvement du 10 septembre ? Mais d'abord, écoutez ces témoignages à Bar-le-Duc, la ville qui vote comme les Français au micro de Valentin Dunette.

0:25
Auditeur

Je ne sais pas ce qu'il faut faire, mais je pense qu'il faut vraiment que ça pète un bon coup. Je pense qu'il faudrait passer à autre chose. balayer tout cela pour que la France reparte sur de vrais rails.

0:34
Présentateur

J'attends, ça fait 4 ans que j'attends le chaos, que tout tombe, que tout s'arrête. Est-ce que vous vous frottez les mains en vue du chaos annoncé, malheureusement ?

0:41
Invité

D'abord, non, je vais dire évidemment mon bonheur, moi, de voir le gouvernement tomber aujourd'hui.

0:48
Présentateur

Un bonheur, carrément ?

0:49
Invité

Oui, parce que je pense que pour plein de Françaises et de Français, c'est un soulagement. Ça dépend ce qu'il y a derrière, non ? Pardon ? Ça dépend ce qu'il y a derrière. D'abord, c'est un soulagement de voir un gouvernement, qui est un gouvernement qui a une politique économique, qui appauvrit l'essentiel des Françaises et des Français. Un gouvernement, quand même, qui avait l'agenda le plus rétrograde en matière climatique et environnementale. Un gouvernement qui a multiplié les SAIs inacceptables, notamment par l'intermédiaire du ministre de l'Intérieur, M. Retailleau.

Et donc, entendez que pour beaucoup de gens, aujourd'hui, il y a une forme de soulagement de voir le gouvernement tomber.

1:21
Présentateur

Vous avez entendu parler de chaos, les Français. Est-ce que vous avez un intérêt au chaos ? François Hollande, par exemple, l'ancien président, dit « Certains ont intérêt au chaos pour précipiter les échéances et ouvrir des conflits dans la rue ». C'est ce que vous cherchez ?

1:32
Invité

Madame, ça, c'est la terminologie, si vous voulez, de M. Bayreau. C'est-à-dire, c'est moi ou le chaos. Mais pardon, le chaos, il est déjà là, sous nos yeux, aujourd'hui. En France, on a atteint un record historique de pauvreté qu'on n'a jamais connu depuis les années 70. Les faillites d'entreprises sont en record. La situation économique du pays, elle est désastreuse, aujourd'hui. Et ce n'est pas de la responsabilité de Manuel Bompard ou de la France Assoumise, parce qu'on va faire tomber, aujourd'hui, le gouvernement de François Bayreau. Donc, précisément, pour éviter le chaos et pour sortir la France du chaos, il faut une politique qui est une politique alternative.

Donc, moi, évidemment, je ne suis pas un partisan du chaos. C'est l'inverse. Je suis un partisan d'un ordre social alternatif.

2:11
Manuel Bompard

M. Bompard, François Bayreau. Pardon, vous avez interrompu. François Bayreau, hier, chez nos confrères de Brut, vous accuse carrément de vouloir, vous tous, tous les partis des formations politiques, qui non seulement ne sont d'accord sur rien, je le cite, mais bien pire, sont en guerre civile, ouverte et en haine les unes avec les autres. Et elles se mettent ensemble pour abattre le gouvernement. Vous voulez la guerre civile ?

2:31
Invité

Mais non, mais enfin, M. Bayreau, le problème, si vous voulez, c'est qu'il a décidé de demander ce vote de confiance. Et depuis maintenant 15 jours, il fait le tour des plateaux de télévision pour dramatiser la situation, ce qui est d'ailleurs un caractère insupportable et qui a un caractère dangereux, précisément. Et il risque, j'espère, que les marchés financiers ne vont pas le croire, parce que sinon, évidemment, il met le pays dans une situation difficile. Et comme il sent bien que son discours ne fonctionne pas et que personne n'a l'intention de changer de position sur le sujet, il monte dans des formes d'outrance qui ne correspondent pas à la réalité.

Moi, je ne suis en guerre civile avec personne. Par contre, évidemment, je suis en désaccord radical avec la politique de M. Bayreau. Et je pense que pour que le pays puisse avancer, il faut non seulement tourner la page de M. Bayreau, mais il faut tourner la page de sa politique. Et l'enjeu de cette semaine, c'est de savoir si le fait que M. Bayreau tombe et son gouvernement tombe se traduit aussi par un changement de politique. Moi, je souhaite aboutir à un changement de politique.

3:26
Présentateur

La question qu'on veut vous poser ce matin, c'est en cas de gouvernement socialiste, Olivier Faure a fait acte de candidature. Est-ce que la France Insoumise censure ou pas ?

3:36
Invité

Mais madame, je ne sais pas si le Père Noël existe. Est-ce que vous seriez...

3:40
Présentateur

C'est très concret, là. François Bayreau va chuter probablement aujourd'hui.

3:43
Invité

Oui, bien sûr. Mais bon, s'il s'agit de nommer un gouvernement qui inscrit sa politique dans la continuité de la politique d'Emmanuel Macron, qu'il soit dirigé par un tel ou par une telle, ça ne va rien changer au problème du pays. Donc nous, on a toujours été très clairs sur ce sujet. Je n'ai pas l'habitude d'esquiver les questions.

4:00
Présentateur

Non mais concrètement, un gouvernement...

4:02
Invité

Je vais vous répondre, je vais vous répondre. Tout gouvernement qui aurait l'intention de continuer à mener ou à mettre en place la même politique, donc tout gouvernement qui ne porterait pas à Matignon un programme qui a un programme de rupture avec le macronisme, c'est un gouvernement que nous censurons. Évidemment, parce que sinon, ça met le pays dans une situation difficile. Qu'est-ce qu'on va faire ? On va faire encore pendant des mois et des mois des gouvernements qui tiennent trois mois et qui mettent en place la même politique. En attendant, les gens, ils souffrent, ils veulent un changement de politique.

4:27
Manuel Bompard

Vous avez bien soutenu Lucie Casté. Pourquoi vous ne soutenez pas Olivier Faure ?

4:30
Invité

Mais d'abord, nous avons, l'année dernière, après les élections législatives, dit une chose simple, dit nous sommes prêts à aller au gouvernement pour mettre en place un programme, le programme du Nouveau Front Populaire. Et l'ensemble des composantes de l'alliance du Nouveau Front Populaire s'étaient accordés sur une candidature, celle de Lucie Casté. Aujourd'hui, Olivier Faure prend le programme du Nouveau Front Populaire, il le déchire, il le met à la poubelle et il met Lucie Casté de côté et il dit c'est moi qui vais être candidat. Pardon, mais ce n'est pas pour faire le programme du Nouveau Front Populaire aujourd'hui.

4:59
Présentateur

Non, mais si par exemple il y a une taxe sur les plus riches, s'il y a une mesure en faveur du pouvoir d'achat, s'il y a des investissements verts, ce n'est peut-être pas la rupture que vous attendez, mais est-ce que vous censurez ce gouvernement-là ?

5:08
Invité

Je vous ai dit, s'il doit y avoir un gouvernement qui nous met en place un programme politique, je vais écouter ce qu'il a comme programme politique à dire, mais je ne crois pas une minute, je ne crois pas une minute qu'Emmanuel Macron ait l'intention de nommer à Matignon un gouvernement visant à mettre en place une politique de rupture avec le macronisme. Et j'observe que M. Fort, M. Jadot, un certain nombre de figures à gauche disent aujourd'hui, il faut un accord avec le bloc central. J'ai entendu M. Jadot dire, il faut un accord avec le bloc central pour réparer le pays. Mais quelle est cette idée qui consiste à penser qu'on va réparer le pays avec ceux qui l'ont détruit ?

5:44
Présentateur

La classe politique est divisée, personne n'a de majorité, donc il faut bien vous mettre d'accord. Vous, avec qui vous gouverneriez ?

5:50
Invité

Moi, j'ai été clair sur ce sujet depuis le début, je pense que la situation est bloquée d'un point de vue politique. Et donc, il faut débloquer la situation. Et en démocratie, quand il faut débloquer la situation, c'est aux électrices et aux électeurs de tranchées. Donc moi, vous le savez, et je peux vous le dire, demain, on redéposera à l'Assemblée Nationale une motion de destitution du président de la République. Et on en parle dans un instant, mais d'abord, je pense que la solution, elle passe par le départ du président de la République,

6:11
Manuel Bompard

pas par des tombouilles et des combinaisons politiques. J'aimerais juste vous faire écouter. Attendez l'oreille avec moi, nous sommes à vos universités d'été à Châteauneuf-sur-Isère. Écoutez, tout le monde déteste le PS. M. Bonpin, vous détestez tellement le PS que vous préféreriez un gouvernement du bloc central à un gouvernement Olivier Faure ? Ah bon ? Il faut poser la question, parce que là, ce matin, il y a deux options sur la table entre Emmanuel Macron...

6:41
Invité

Non, là, il n'y a pas deux options sur la table.

6:42
Manuel Bompard

Il y en a plein d'autres options sur la table. Emmanuel Macron, on sent qu'il hésite aujourd'hui entre un candidat du bloc central, on ne sait pas, entre Gérald Darmanin, Sébastien Leconnu, ou un candidat socialiste comme Olivier Faure, et ce matin, vous dites... Non, je pense que vous avez été distrait, parce que aujourd'hui... Ah, pas du tout, vous écoutez attentivement.

6:55
Invité

Regardez, aujourd'hui, précisément, je vais censurer un gouvernement du bloc central, donc me dire que je le préférerais à un autre gouvernement. Qui est votre candidat pour Matignon dans ce cas-là ? Mais je vous ai répondu sur ce sujet. Je considère aujourd'hui pour un accord, une grande coalition dont le pays aurait qu'à, à mon avis, souffrir de cette situation. Donc je pense que la solution, elle passe par le départ du président de la République et par l'organisation d'une élection présidentielle.

7:22
Présentateur

Mais quid du reste de la gauche ? On vous entend dire tout le monde déteste le PS, enfin les militants... Non, non, attendez, moi, j'ai pas dit tout le monde déteste... Attendez ! J'ai dit les militants, les militants.

7:28
Invité

Oui, et on peut se poser la question de pourquoi les gens pensent ça. Peut-être parce que vous le pensez, vous. Peut-être parce qu'ils ont eu l'impression, l'année dernière, d'avoir fait une campagne, qui est une campagne commune, sur la base d'un programme et que quelques mois plus tard, les gens pour qui ils ont fait campagne ont déchiré le programme, n'ont pas censuré le gouvernement de François Bayrou et l'ont maintenu en place. Et donc il y a des gens qui sont en colère.

7:50
Présentateur

Et c'est pour ça qu'en cas de dissolution, Manuel Bompard, vous dites, il n'y aura plus d'alliance avec le reste de la gauche, les insoumis...

7:56
Invité

Non, moi, j'ai pas dit qu'il n'y aurait plus d'alliance avec le reste de la gauche. Moi, j'ai dit les choses de manière très simple et je les redis encore aujourd'hui sur votre plateau. S'il doit y avoir une dissolution, qui serait quand même une idée un peu particulière, parce que je vois pas pourquoi, un an plus tard, la dissolution permettrait cette fois de résoudre le problème. D'autant plus que le président de la République ne tient compte des résultats que quand ça l'arrange. Donc je suis pas sûr que la dissolution permette de sortir le pays de la situation difficile dans laquelle il est. Est-ce que vous entendez ceux qui disent que le Rassemblement...

Mais s'il doit y avoir une dissolution... Vous êtes le meilleur carrément pour le Rassemblement National. Elle est liée, ma question est liée à votre réponse. Je vais vous en laisser poser une autre, mais évidemment que s'il doit y avoir une dissolution de l'Assemblée Nationale, moi, je souhaite qu'il y ait, sur toutes les circonscriptions du pays, une candidature porteuse du programme du nouveau Front Populaire. C'est le programme que j'ai défendu l'année dernière. Et moi, contrairement au Parti Socialiste, je ne le jette pas à la poubelle. Maintenant, les socialistes disent qu'il n'y a pas d'accord programmatique possible avec la France Insoumise. Manifestement, on n'en veut pas.

Il n'y a pas que les socialistes à gauche, vous savez.

8:47
Manuel Bompard

Monsieur Bonpas, est-ce que vous entendez l'argument de ceux assez nombreux, même parfois à gauche, qui disent que vous, la France Insoumise, êtes le meilleur carburant au Rassemblement National ?

8:54
Invité

Mais bon, les gens qui disent ça à la dernière élection présidentielle de 2022 ont fait pour le Parti Socialiste moins de 2% des voix et pour M. Jadot moins de 5% des voix pendant que nous faisions 22% à 1% de Mme Le Pen. Si Mme Hidalgo ou M. Jadot ou M. Roussel n'avaient pas été candidats à l'élection présidentielle, nous aurions chassé et éliminé l'extrême droite du second tour de la dernière élection présidentielle. Donc que maintenant, ce soit ces gens-là qui viennent à moi me donner des leçons sur la manière de lui dire Pour toutes les dernières élections,

9:25
Présentateur

vous êtes arrivés derrière le Rassemblement National. Pardon, mais aux dernières présidentielles, aux dernières législatives, vous êtes arrivés

9:30
Invité

derrière le Rassemblement National. Pas aux dernières élections législatives. 27 sondages sur 27 avaient annoncé que le Rassemblement National allait disposer du plus grand nombre de députés à l'Assemblée Nationale. Ce n'est pas ce qui s'est passé. Et vous en avez 70 si vous le reconnaissez ? Vous le reconnaissez ? Non, non, mais attendez, madame. Donc effectivement,

9:43
Présentateur

contre-performance au second tour, mais ils ont plus de députés que vous, le Rassemblement National. Et honnête, s'il vous plaît,

9:47
Invité

on parle du nouveau Front Populaire, en l'occurrence. Vous entendez ? Oui, mais vous ne voulez plus du nouveau Front Populaire. Le nouveau Front Populaire dispose, à l'Assemblée Nationale, de plus de députés que le Rassemblement National. Donc, essayez de m'expliquer de la part notamment de dirigeants du Parti Socialiste qui, pour certains, ont été aux manettes pendant le quinquennat de François Hollande. L'extrême droite n'a jamais autant progressé dans ce pays qu'au lendemain du quinquennat de François Hollande. Parce que quand vous semez de la résignation, de la désillusion, après, il ne faut pas s'étonner que les gens se tournent vers autre chose.

10:13
Présentateur

Vous réfutez cet argument. Non, ce n'est pas que je le réfute,

10:15
Invité

c'est que je considère, au contraire, que heureusement que la France Insoumise s'est mise en place depuis maintenant une dizaine d'années dans ce pays parce qu'elle a permis à la gauche de reprendre des couleurs et de mener la bataille et de reculer l'extrême droite.

10:24
Présentateur

Et on vous entend, Manuel Bompard, vous parliez à l'instant du programme du nouveau Front Populaire dont le Parti Socialiste ne souhaiterait pas. Effectivement, écoutez ce qu'en disait le député PS Philippe Brun sur France Info avant l'été.

10:35
Auditeur

C'est un programme gribouillé, négocié à la toute dernière minute. On sait bien que l'affaire du SMIC à 1 600 euros, moi j'y étais évidemment favorable. Mais les SMICAR majoritairement n'ont pas voté pour nous. Et la plupart des gens de boulangers me disaient mais comment je vais faire pour augmenter ma vendeuse en boulangerie ?

10:50
Présentateur

Voilà, même le Parti Socialiste reconnaît que ce programme n'était pas très réaliste.

10:53
Auditeur

Non, non, il ne reconnaît pas.

10:54
Invité

Vous, vous dites

10:55
Présentateur

on le reprend tel quel ce programme ? D'abord, pardonnez-moi mais cet extrait

10:59
Invité

est quand même particulièrement choquant. Moi, quand je fais campagne sur un programme, j'y crois. Sinon, c'est qu'en vérité je cherche juste à être réélu et que mon sujet ce n'est pas vraiment ce que je défends mais essayer de sauver mon poste. Pardonnez-moi, je pense que si on parlait de ce qui crée de la résignation et parfois y compris du vote d'extrême droite dans ce pays, c'est ce sentiment que les politiques, en gros, ils racontent des choses pendant les campagnes électorales et puis finalement deux mois plus tard ils n'y croient plus. Donc, M.

Brun, s'il n'était pas d'accord avec le programme du Nouveau Front Populaire, il ne fallait pas faire campagne sur le programme du Nouveau Front Populaire. Vous voyez ? Donc, moi, j'ai fait campagne sur ce programme parce que je crois à ce qu'il y a dans ce programme et en l'occurrence sur la question de l'augmentation du SMIC, je pense qu'aujourd'hui dans ce pays, il y a effectivement beaucoup de Françaises et de Français qui ne s'en sortent pas au SMIC.

11:40
Présentateur

Mais vous aussi, vous voulez présenter un contre-budget mi-septembre, non ?

11:44
Invité

Évidemment.

11:45
Présentateur

Donc, vous n'allez pas reprendre tel quel le programme du Nouveau Front Populaire.

11:47
Invité

Ah si, si. Moi, il n'y a rien qui a été défendu dans le programme du Nouveau Front Populaire avec lequel je tourne la page. C'est quel morgue qui consiste à dire j'ai défendu un programme l'année dernière et finalement, il était gribouillé, je n'y croyais pas vraiment. Ça devrait vous choquer ? Moi, personnellement, ça me choque. En tout cas, j'imagine que ça choque les Françaises et les Français. Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Paul Laroutourou.

12:10
Présentateur

Avec Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône, coordinateur national de la France Insoumise. On parlait à l'instant du budget.

12:15
Manuel Bompard

Oui, je vous pose comme promis la question que je voulais vous poser avant le fil d'info. Anne-Anne-Amré, ce matin est très précis, M. Bompard. Quel effort budgétaire faudrait-il faire selon la France Insoumise ? Je rappelle que le Premier ministre aurait aimé, avant de chuter potentiellement ce soir, 44 milliards d'euros et le Parti Socialiste a présenté un contre-budget de 22 milliards. Et vous, combien de milliards ? Mais en fait, le sujet ne peut pas se réduire

12:36
Invité

à quel est le montant qu'on va réduire du budget. Parce que personnellement, par exemple, je considère que sur un certain nombre de sujets, on a besoin de dépenses publiques supplémentaires. On a besoin, par exemple, tous les chercheurs le disent, de quasiment 40 milliards d'euros par an si on veut être à la hauteur de l'urgence climatique et environnementale. On a besoin d'augmenter les salaires, on a besoin de bloquer les prix, on a besoin d'investir dans nos services publics. Je suis en désaccord radical avec le catastrophisme que M.

Bayrou essaye de mettre en scène depuis maintenant plusieurs jours sur l'idée que finalement on est dans une situation telle que si ce n'est pas lui, le pays va aller à la catastrophe. Évidemment qu'il y a un déficit qui est un déficit important. Donc peut-être qu'il faut se poser la question de pourquoi il y a un déficit qui est un déficit important. Il y a une agence de notation

13:22
Présentateur

qui va peut-être dégrader la France. Mais ce ne sont pas

13:25
Invité

les agences de notation qui doivent faire la politique de la France. Pourquoi y a-t-il un déficit important ? Pour deux raisons. Premièrement, parce que depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, il a eu une politique de baisse de la recette, des recettes de l'État. Baisse des impôts. Et tout ça est très largement documenté. Ce n'est pas la dépense publique qui a augmenté depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir. Elle est à peu près restée constante. C'est les recettes qui ont baissé. Et le déficit, il est entièrement construit par le fait que ces recettes... Parce que vous dites qu'il a baissé

13:48
Présentateur

les impôts des plus riches.

13:50
Invité

Oui, ce n'est pas seulement moi qui le dis. Il y a eu une étude de l'Institut des politiques publiques qui dit que la politique d'Emmanuel Macron a profité, écoutez-moi bien, 80 fois plus aux 5% les plus riches qu'aux 5% les plus pauvres. Ce n'est pas moi qui le dis. Et il y a eu aussi la prime d'activité,

14:05
Présentateur

la suppression de la taxe d'habitation.

14:07
Invité

Tout ça compris, ça a profité 80 fois plus aux 5% les plus riches qu'aux 5% les plus pauvres. Attendez, c'est la première raison. La deuxième raison, c'est que la politique de l'offre et la politique d'austérité, c'est-à-dire la politique de réduction des investissements publics, produit de la récession économique. Le budget de M. Bayrou, il a déjà diminué la croissance par deux. Si vous laissez M. Bayrou faire, mais le pays va être à l'arrêt d'un point de vue économique pour une raison très simple et je m'arrêterai là.

C'est que quand vous êtes dans un pays dans lequel la moitié de la croissance est tirée par la consommation populaire, si votre politique elle se traduit par une baisse du pouvoir d'achat des Françaises et des Français, c'est tout le pays qui en souffre. Les entreprises en souffrent, les commerçants en souffrent, les coiffeurs en souffrent parce que vous le savez, si les gens n'ont pas de moyens, ils ne vont pas au restaurant et ils vont au cinéma. Manuel Bomper,

14:52
Présentateur

en attendant, c'est mercredi le 10 septembre que le pays pourrait être à l'arrêt avec le mouvement Bloquons-Tout sur lequel vous misez. Blocage de sites stratégiques dans l'énergie, dans la défense, blocage des gares, des lycées, sabotage des radars automatiques, opérations chariots gratuits, aller dans les supermarchés et puis repartir sans payer. Vous souscrivez à tout ça puisque vous soutenez ce mouvement ?

15:15
Invité

Moi, d'abord, effectivement, je soutiens ce mouvement et j'ai dit depuis le début, nous on le soutient, en respectant le caractère à partidon. Donc, c'est des assemblées générales qui se tiennent un peu partout, qui décideront des modalités d'action. Moi, je soutiendrai, je vais être très clair, je soutiendrai toutes les formes d'initiatives à partir du moment où c'est des formes d'initiatives pacifiques.

15:35
Présentateur

Donc, vous ne soutenez pas

15:36
Invité

les blocages

15:37
Présentateur

ou les opérations chariots gratuits et le sabotage de radars ?

15:39
Invité

C'est tout à fait pacifique.

15:40
Présentateur

C'est pacifique de saboter un radar automatique ?

15:42
Invité

Non, pas de saboter un radar. Mais par contre, c'est pacifique de faire une opération chariot gratuite. Donc, moi, je soutiendrai toutes les initiatives, y compris les initiatives qu'on peut appeler, on va dire, de désobéissance civile à partir du moment où elles sont pacifiques. Donc, vous dites aller piller les supermarchés. J'espère que ce mouvement va être le plus puissant possible. J'espère que ce mouvement va être le plus puissant possible parce que, vous savez, il y a deux ans, il y a eu des millions de personnes dans la rue et personne n'en a tenu compte. Donc, il ne faut pas s'étonner que les gens se disent qu'il faut peut-être monter un petit peu le rapport de force.

Donc, je soutiens la grève. Sur le fond,

16:09
Manuel Bompard

certaines initiatures du 10 septembre veulent aussi la sortie de la France de l'Union européenne ou la suppression de tous les partis. Est-ce que vous êtes d'accord avec tous leurs programmes ?

16:17
Invité

Non, je ne suis pas d'accord avec la suppression de tous les partis politiques. Mais je pourrais avoir quelques retours quand même sur ce qui se dit et j'ai même vu d'ailleurs un sondage publié hier sur les motivations principales pour le soutien à cette mobilisation. J'ai vu que dans les premières motivations, il y a le refus du plan de M. Bayrou, il y a la justice fiscale, il y a la volonté d'obtenir le départ du président de la République et il n'y a pas l'impression que ces propositions-là soient les principales motivations. Après, il peut y avoir des gens qui vont participer à la manifestation le 10 septembre et qui défendent ces positions.

C'est leur droit, mais ce n'est pas mon point de vue à moi. Mais vous savez, c'est toujours comme ça. Dans des manifestations, il y a des gens qui peuvent défendre des positions un peu différentes. La question, c'est qu'est-ce qui les rassemble aujourd'hui ? Et ce qui les rassemble aujourd'hui, c'est de dire que ce n'est pas à nous de payer le prix des cadeaux qu'Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs ont fait aux plus riches. C'est l'idée qu'il faut plus de justice fiscale, c'est l'idée qu'il faut plus de démocratie. Et ça, c'est des revendications que je soutiens et que je partage.

17:13
Présentateur

Demain, vous nous confirmez que vous déposerez une procédure de destitution du président qui n'a aucune chance de passer ?

17:18
Invité

Alors non, je vous confirme que je déposerai une procédure de destitution du président de la République, mais je ne vous confirme pas qu'elle n'a aucune chance de passer.

17:24
Présentateur

Alors expliquez-nous comment parce qu'il faut la majorité des deux tiers.

17:26
Invité

Oui, je sais, mais ça ne m'a pas échappé. Je connais assez bien la Constitution, mais vous savez, si vous ne menez pas une bataille, vous ne pouvez pas la gagner. Et puis, il y a 15 jours, à peu près, j'étais sur votre plateau, d'ailleurs, avant les universités d'été de la France insoumise, et je disais à l'époque que nous déposerons une motion de censure immédiate pour faire tomber M. Bayrou. Et vos collègues, ce n'était pas vous sur le plateau, me disaient mais vous n'avez aucune chance, vous êtes tout seul à vouloir défendre l'idée que M. Bayrou doit être censuré tout de suite.

À l'aune de ce qui va se passer aujourd'hui, je pense qu'on voit que des fois, on peut être tout seul 15 jours avant et puis finalement, assez largement soutenu 15 jours plus tard. Donc, je vois que dans le débat public, de plus en plus de gens considèrent, même s'ils ne sont pas de mon point de vue politique, j'ai entendu Mme Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, par exemple, je vois que de plus en plus de gens se disent mais le président de la République est devenu l'obstacle au déblocage de la situation du pays. Donc, c'est lui qui doit partir. Et la motion de destitution, c'est une manière d'obtenir ce résultat.

18:24
Manuel Bompard

s'en est pris au préfet. Il s'adressait à deux préfets qui ont porté plainte contre deux de vos députés qui ont affirmé, je cite, que je cite, que la police tue. On va écouter Jean-Luc Mélenchon.

18:33
Auditeur

Nous vous mettrons en prison avant que vous nous y mettiez.

18:38
Manuel Bompard

Prison avant que vous nous y mettiez. La semaine dernière, l'association du corps préfectoral a déposé une plainte. Un candidat à l'élection présidentielle devrait-il vraiment dire ça et menacer de mettre les préfets en prison ou est-ce que c'est encore juste une nouvelle outrance de tribune à ne pas écouter sérieusement ? Mais d'abord, vous voyez votre question,

18:54
Invité

elle est quand même problématique parce que vous dites vous vous en prenez au préfet mais la vérité, ce qui s'est passé avant... Ce n'est pas les propos de Mélenchon qu'on vient d'entendre ? Si, si, bien sûr. Mais ce qui s'est passé avant, c'est que vous avez des préfets qui décident de porter plainte contre des députés de la France insoumise en raison des opinions politiques qu'ils expriment. On va avoir dit que la police

19:11
Manuel Bompard

puis je l'ai dit dans mon lancement

19:12
Invité

donc je vous repose ma question. Est-ce que vous comptez mettre les préfets en prison ? C'est les préfets qui s'en prennent aux députés de la France insoumise. Certains préfets, évidemment pas tous. Et je vais vous dire quelque chose. Dans ma conception de la République et je crois qu'elle est assez largement partagée dans ce pays. Les préfets, c'est l'autorité de l'État et les préfets n'ont pas à porter plainte contre des parlementaires en raison de points de vue qu'ils ont exprimés qui sont des points de vue politiques. Oui, le fait de dénoncer les violences policières en France parce que ça existe les violences policières.

Peut-être que vous avez vu encore ce week-end cette vidéo qui a largement circulé qui a été dénoncée par mon collègue parlementaire C'est une généralité, Manuel Bompard. C'est une généralité, ce n'est pas tout à fait la même chose. Vous direz ça, si vous voulez, aux familles des jeunes qui ont été tués suite à des contrôles de police parce que malheureusement, oui, cette situation existe.

19:57
Présentateur

Il faut qu'on avance, Manuel Bompard. Et donc,

19:58
Invité

M. Retailleau ou les préfets, plutôt que de s'en prendre à la France insoumise quand elles dénoncent des violences policières insupportables, il ferait mieux de faire régner l'ordre dans la police nationale pour le respect de la déontologie parce que la police, elle doit respecter

20:12
Présentateur

la Chine est une dictature. Voilà ce qu'elle dit la députée LFI, Sophia Chiquirou.

20:16
Invité

C'est la collection des sujets.

20:18
Présentateur

Exactement. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ou est-ce que vous nous dites ce matin, oui, la Chine est une dictature ?

20:23
Invité

Je trouve que, je vais vous dire, je trouve cette manière sur une conférence de deux heures suite à un rapport parlementaire sur les relations entre la France et la Chine, cette manière d'aller essayer d'extraire une petite phrase pour essayer de construire une polémique sur ce sujet et balancer toute la réalité du propos que dit Sophia Chiquirou après je répondrai.

20:42
Auditeur

Oui, ce n'est pas une petite phrase. Si, si, si, parce que pardon, mais moi ce qui m'intéresse,

20:47
Invité

si vous me posez une question aussi importante, il faut me laisser un petit peu de temps. Pourquoi c'est si compliqué ? Pourquoi c'est si difficile de dire que la Chine est une dictature ? Parce que j'ai un propos à tenir et j'aimerais bien pouvoir le tenir jusqu'au bout si vous voulez bien. Ce que dit Sophia Chiquirou dans sa conférence c'est que je partage et que je soutiens. C'est l'idée qu'on voit bien que les Etats-Unis sous l'impulsion de Donald Trump ont l'intention d'essayer d'aligner tout le monde dans une forme de guerre contre la Chine et ça, je le refuse.

Pour le reste, quant au régime chinois, il n'est évidemment pas mon modèle et le projet que propose la France pour le pays, la France insoumise pour le pays, c'est la sixième république. Écoutez-moi, écoutez-moi, écoutez-moi.

21:19
Présentateur

Déportation des Ouïghours opposants en prison, parti unique, pas de liberté de la presse, c'est si difficile de dire que c'est une dictature.

21:25
Invité

Mais non, évidemment que je dénonce totalement ces entraves à la liberté d'expression et ces entraves à la liberté de la presse. Vous n'arrivez pas à dire que c'est une dictature.

21:33
Présentateur

Vous n'arrivez pas à le dire.

21:34
Invité

Mais ce n'est pas que je n'arrive pas à le dire, c'est que je vous présente avec mes mots, si vous voulez bien, mon point de vue sur ce sujet. La France insoumise au programme politique, c'est la sixième république par la constituante,

21:43
Manuel Bompard

donc évidemment pas le modèle politique chinois. Je me dois de vous interrompre parce que chaque matin à la fin de l'interview, c'est l'heure de la question qui a retrouvé sur tous les réseaux sociaux de France Info. Ce matin, la question qui hérite, est-ce que vous préparez déjà la succession de Jean-Luc Mélenchon ?

22:01
Invité

La France insoumise, tout le monde sait, d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon l'a dit lui-même, qu'il aspirait à être remplacé. Vous vous rappelez, il a dit ça. Mais pas par moi personnellement. On travaille collectivement, effectivement, à assurer la dignité de la France insoumise. Maintenant, Jean-Luc Mélenchon, il est là. Jean-Luc Mélenchon, c'est une personnalité politique qui, quand il prend la parole, je pense à un écho certain. S'il doit y avoir une élection présidentielle demain, il me semble assez légitime de dire que c'est le candidat le mieux placé aujourd'hui. Et pour le reste, on travaille collectivement.

Et la grande force, je crois, et d'ailleurs, on peut rendre hommage à Jean-Luc Mélenchon sur ce sujet, de la France insoumise, c'est précisément d'avoir réussi à faire émerger une équipe politique avec des nouveaux visages, des gens qui n'étaient pas connus.

22:40
Présentateur

Est-ce que vous, personnellement, vous êtes prêt à lui succéder ?

22:43
Invité

Mais la question, elle ne se pose pas, la question de succéder à Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui. Moi, je vous ai répondu, je ne fais pas de langue de moi, vous savez, je participe avec mes collègues de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon inclut, à essayer de faire en sorte de pouvoir garantir la pérennité politique de la France insoumise. C'est un mentor pour vous ?

23:00
Présentateur

Un père ? Un gourou ? D'un mot ?

23:02
Invité

Un gourou ? Un mentor ? Il faut faire attention aux mots qu'on emploie. Vous savez, un gourou, c'est dans une secte. Et vous savez, la France insoumise, c'est une formation politique.

23:10
Présentateur

Un mentor, un père ?

23:11
Invité

Non, mais ce n'est ni un mentor, ni un père. C'est évidemment une personnalité politique qui a un rôle central dans la vie politique française et qui a eu un rôle central y compris pour moi parce que j'ai beaucoup appris et j'apprends beaucoup à ses côtés et je ne m'en cache pas, évidemment. Et je pense que Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même la personne qui a relevé la gauche dans ce pays. Donc je sais qu'il est d'usage de dire beaucoup de mal de Jean-Luc Mélenchon, mais pardonnez-moi, moi j'en dirais beaucoup de bien.

23:35
Présentateur

Merci Manuel Bompard d'avoir répondu aux questions de France Info.

23:37
Invité

Un entretien retrouvé comme tous les jours sur YouTube.