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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 24 novembre 2022 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & international

Crise énergétique : "Des entreprises vont assurer leur survie en allant à des endroits où les coûts sont raisonnables", assure le président de France Industrie

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Quelle facture énergétique pour l'industrie ?

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des entreprises industrielles pour lesquelles vous êtes aujourd'hui particulièrement inquiet à cause de factures d'énergie trop élevées ?

  • 0:51RelanceRéponse directe

    Alors, qui ne frappent que les gens qui ne produisent en Europe avec des secteurs quand même qui sont particulièrement concernés.

  • 1:58OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous, à votre connaissance, il y a d'autres arrêts de production à cause de factures énergétiques ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Donc, avec des investissements qui sont reportés, est-ce que vous craignez également des faillites dans l'industrie ?

  • 3:13RelanceRéponse directe

    C'est-à-dire ? Parce que les sommes sont conséquentes aujourd'hui.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24Invité politiqueFait
    « On est surtout inquiet parce que l'explosion du coût de l'énergie, gaz, électricité frappe uniquement l'Europe. »
  • 0:35Invité politiqueChiffre
    « Ensuite, les niveaux d'augmentation sont très élevés puisqu'on est sur du x2, x3, x4, voire x10 dans certaines circonstances en fonction des coûts historiques, des niveaux de couverture. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « Plus vous avez une intensité énergétique autour de ces deux ressources, plus vous êtes frappé. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « avec des activités qui ont très vite bougé vers des zones comme la Chine ou les Etats-Unis ou l'énergie. »
  • 1:41Invité politiqueChiffre
    « puisque Engie faisait état de baisse de près de 30% de la consommation de ces grands consommateurs. »
  • 2:22Invité politiqueFait
    « Et si on ne trouve pas vite des solutions pour ramener le coût de l'énergie à des niveaux beaucoup plus proches de ce qu'on retrouve en Amérique du Nord et en Asie, en partie en Chine, des décisions pour l'instant temporaires d'ajustement de volume. »
  • 2:48Invité politiqueFait
    « le gouvernement, dans le cadre européen, vient d'annoncer un plan de soutien. »
  • 3:16PrésentateurChiffre
    « Ce sont 10 milliards sur la table avec un guichet qui a été mis en place il y a quelques jours. »
  • 3:24PrésentateurFait
    « D'après ce que j'ai compris, ça s'est quand même nettement amélioré par rapport à ce qui était prévu au départ. »
  • 4:46Invité politiqueFait
    « Mais bien sûr, on a une crise qui a commencé en février dernier, qui a connu son paroxysme fin août, quand les prix de l'énergie, électricité et gaz ont explosé en Europe. »
  • 5:12Invité politiqueFait
    « Et notre sujet, c'est qu'on a une dégradation massive de la compétitivité énergétique de l'Europe. »
  • 5:43PrésentateurFait
    « Donc, ce que vous dites, Alexandre Sobo, c'est que si les Européens ne se mettent pas d'accord, il y a des entreprises demain qui vont délocaliser en Chine, aux Etats-Unis notamment. »
  • 5:46Invité politiqueFait
    « Et elles vont assurer leur survie en allant se mettre pour produire à un endroit où le coût de l'énergie est resté raisonnable. »
  • 6:05Invité politiqueFait
    « face à une multiplication par 2, 3, 4, voire 10 du prix de l'électricité ou du gaz, vous ne pouvez pas rester sans rien faire. »
  • 6:39Invité politiqueFait
    « Je pense que le gouvernement français a fait presque tout ce qu'il pouvait pour apporter une réponse de court terme. »

Temps de parole

  • Invité politique75 %
  • Présentateur24 %

≈ 2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Quelle facture énergétique pour l'industrie ? On en parle ce soir avec mon invité, puisque je reçois le patron de France Industrie, Alexandre Saubot. Bonsoir. Merci d'avoir choisi France Info. Est-ce qu'il y a des entreprises industrielles pour lesquelles vous êtes aujourd'hui particulièrement inquiet à cause de factures d'énergie trop élevées, impossibles à payer ?

0:24
Invité politique

On est surtout inquiet parce que l'explosion du coût de l'énergie, gaz, électricité frappe uniquement l'Europe. Et que donc, en termes d'environnement concurrentiel, on va avoir des acteurs fragilisés. Ensuite, les niveaux d'augmentation sont très élevés puisqu'on est sur du x2, x3, x4, voire x10 dans certaines circonstances en fonction des coûts historiques, des niveaux de couverture. Mais on est sur des augmentations qui sont très significatives et qui ne frappent que les gens qui produisent en Europe.

0:51
Présentateur

Alors, qui ne frappent que les gens qui ne produisent en Europe avec des secteurs quand même qui sont particulièrement concernés.

0:55
Invité politique

Plus vous avez une intensité énergétique autour de ces deux ressources, plus vous êtes frappé. On a cité le verre, l'aluminium, beaucoup d'éléments de la chimie. Et puis, avec le temps qui passe, on voit aussi qu'on vient frapper l'agroalimentaire, la métallurgie. Donc, les secteurs concernés sont de plus en plus larges. Et avec une vraie difficulté d'estimer précisément la situation, puisque suivant votre type de client, votre capacité à passer la hausse de prix à vos clients, le niveau de la concurrence, le poids de l'énergie, vous allez avoir des situations très différentes.

Vous avez des activités qui ont très fortement ralenti dans la chimie, avec des activités qui ont très vite bougé vers des zones comme la Chine ou les Etats-Unis ou l'énergie.

1:35
Auditeur

Vous l'avez vu ça ? Des zones, des industries qui bougent ?

1:38
Invité politique

Ça se retrouve dans les consommations de gaz, puisque Engie faisait état de baisse de près de 30% de la consommation de ces grands consommateurs. Donc, c'est le reflet du fait qu'un certain nombre d'activités ne se font plus en France. Et on a observé les mêmes phénomènes un peu partout en Europe.

1:52
Présentateur

On a vu aussi des arrêts de production. On a reçu Duralex ici même. Est-ce que vous, à votre connaissance, il y a d'autres arrêts de production à cause de factures énergétiques ?

2:03
Invité politique

Écoutez, sur les arrêts individuels, il appartient à chaque entreprise de communiquer. Et nous, ce qu'on observe pour l'instant plus tôt, c'est des ralentissements. C'est des gens qui ont réduit au minimum ou qui se sont calés sur la part de l'énergie qui était couverte et encore à un prix raisonnable. Mais on a vu aussi de l'attentisme sur certaines décisions d'investissement. Et si on ne trouve pas vite des solutions pour ramener le coût de l'énergie à des niveaux beaucoup plus proches de ce qu'on retrouve en Amérique du Nord et en Asie, en partie en Chine, des décisions pour l'instant temporaires d'ajustement de volume. Je me donne six mois pour voir comment ça a évolué.

Il risque de se transformer en décision définitive avec un impact très lourd sur l'industrie européenne.

2:42
Présentateur

Donc, avec des investissements qui sont reportés, est-ce que vous craignez également des faillites dans l'industrie ?

2:48
Invité politique

Encore une fois, le gouvernement, dans le cadre européen, vient d'annoncer un plan de soutien. Donc, l'ensemble de ces éléments sont partagés avec nos adhérents. Chacun va faire ses calculs. Et comme l'a très bien dit la Première Ministre, je crois, dans une interview aux Echos, on est prêt à regarder les ajustements nécessaires à ce plan s'il s'avérait que des entreprises sont insuffisamment protégées et sont en plus grande difficulté que ce qu'on imaginait.

3:13
Présentateur

C'est-à-dire ? Parce que les sommes sont conséquentes aujourd'hui. Ce sont 10 milliards sur la table avec un guichet qui a été mis en place il y a quelques jours. D'après ce que j'ai compris, ça s'est quand même nettement amélioré par rapport à ce qui était prévu au départ.

3:24
Invité politique

Bien sûr. Il y a huit critères qui ont été adaptés pour tenir compte des inquiétudes et des demandes qu'on a pu formuler au nom de tous nos adhérents. Donc, je vous dis, on va faire fonctionner le dispositif et on va voir qui est bien couvert, qui a pu passer les hausses de prix, qui est en difficulté. Et s'il reste des trous dans la raquette, on en rediscutera très tranquillement avec le gouvernement, comme on le fait depuis le début de cette crise. Vous savez, face à un choc de ce type, la réponse, il faut la porter ensemble. C'est par la coopération avec les pouvoirs publics et le gouvernement qu'on trouvera les meilleures solutions.

3:55
Présentateur

Mais là, en termes de méthode, ce dispositif, il vous semble simple. Et en termes de calibrage aussi, les sommes peuvent aller de 4 à 150 millions, je crois, avec une enveloppe globale de 10 milliards, on est sur les bons chiffres ?

4:07
Invité politique

Il reste beaucoup de critères et donc, je vous dis, la question n'est pas tant l'enveloppe que l'adéquation des critères à la situation de chaque entreprise. Pour certains, ça devrait répondre à la problématique, mais on n'est pas sûr que ça couvre tous les cas de figure. Donc, nous, ce qu'on a prévu de faire, c'est de remonter les difficultés, les cas spécifiques qui ne seraient pas forcément correctement couverts par le dispositif. Mais on ne va pas crier avant d'avoir mal. On a travaillé avec le gouvernement. Aujourd'hui, ma vraie inquiétude, c'est l'approche de Bruxelles.

4:35
Présentateur

Voilà. Alors, justement, on a vu, il y a eu un sommet européen aujourd'hui et on voit que les Européens ont du mal à se mettre d'accord sur le plafonnement des prix du gaz. Est-ce que ça vous inquiète, ça ?

4:46
Invité politique

Mais bien sûr, on a une crise qui a commencé en février dernier, qui a connu son paroxysme fin août, quand les prix de l'énergie, électricité et gaz ont explosé en Europe. On est redescendu un peu, mais on est encore à des niveaux très élevés. Et on n'a toujours pas de réponse européenne au niveau du prix. Et avec une vraie difficulté, c'est-à-dire que la doctrine européenne, c'est qu'on aide les entreprises en grande difficulté éventuellement.

5:11
Présentateur

A posteriori.

5:12
Invité politique

Et notre sujet, c'est qu'on a une dégradation massive de la compétitivité énergétique de l'Europe. Et donc, le sujet, ce n'est pas que les gens soient en difficulté, c'est qu'ils vont faire ailleurs pour tous ceux qui le peuvent. Et ça, ça va provoquer un mouvement de désindustrialisation, si on n'y apporte pas une bonne réponse, qui est très inquiétant, notamment en face de tous les sujets de souveraineté qui ont été en exergue par la crise du Covid ou le déclenchement d'une guerre à nos portes.

5:35
Présentateur

Donc, ce que vous dites, Alexandre Sobo, c'est que si les Européens ne se mettent pas d'accord, il y a des entreprises demain qui vont délocaliser en Chine, aux Etats-Unis notamment.

5:43
Invité politique

Non, elles ne vont pas délocaliser, elles vont assurer leur survie. Et elles vont assurer leur survie en allant se mettre pour produire à un endroit où le coût de l'énergie est resté raisonnable.

5:52
Présentateur

Des entreprises françaises ?

5:54
Invité politique

Des entreprises françaises, des entreprises européennes, des entreprises américaines qui produisaient en Europe et qui vont réduire ou ralentir leur production. Ce n'est pas une question de délocalisation, c'est une question de survie. face à une multiplication par 2, 3, 4, voire 10 du prix de l'électricité ou du gaz, vous ne pouvez pas rester sans rien faire. Et donc, nous, ce qu'on attend de l'Europe, c'est des décisions qui vont permettre de ramener le prix de l'énergie en Europe à un niveau qui permette à l'activité industrielle européenne de se poursuivre.

6:23
Présentateur

Et plus le temps dure, plus ce risque augmente. D'accord. Et donc, il faut un accord d'ici la fin de l'année.

6:28
Invité politique

Et il faut trouver très vite un accord. Et il faut que cet accord se traduise sur les prix. Avec toutes les difficultés qu'on connaît. Je ne dis pas que c'est un sujet simple. Mais c'est bien là qu'il faut apporter la réponse. Je pense que le gouvernement français a fait presque tout ce qu'il pouvait pour apporter une réponse de court terme. Mais le sujet du prix, il ne peut être bien traité qu'au niveau de l'Europe.

6:48
Présentateur

Merci beaucoup. Alexandre Sobo, président de France Industrie, invité éco de France Info ce soir.