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Discours / meetingBLAST (sur YouTube)· 27 avril 2023 20 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

FACE À LA HAINE ET AU FANTASME : UNE CONVENTION CITOYENNE SUR L’IMMIGRATION

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Vanessa KrycèveFait
    « Toute personne en France qui aura un casier judiciaire et qui sera étranger ne pourra pas être régularisée. Elle sera donc expulsée du territoire national. »
  • 0:25Vanessa KrycèveFait
    « On donne des allocations familiales aux familles étrangères au même titre qu'aux familles françaises, alors que nous avons besoin de faire des enfants et qu'elles en ont trop. »
  • 0:45Vanessa KrycèveFait
    « Je pense que l'immigration massive a été le terreau du communautarisme, que le communautarisme est le terreau du fondamentalisme islamiste. »
  • 3:30Vanessa KrycèveFait
    « Le Conseil d'État lui-même, qui est quand même la plus haute juridiction administrative en France, le dit déjà en 2018 dans un premier rapport, il faut arrêter de légiférer, on n'a pas le recul nécessaire pour pouvoir juger de la loi et de l'impact qu'elle a sur la société. »
  • 4:30Vanessa KrycèveFait
    « Les différents problèmes qui nous concernent. Et d'abord, celui sur lequel va se jouer notre destin, celui de l'immigration étrangère dans notre pays. L'immigration étrangère tient en quelques chiffres et elle ne cesse de progresser, il faut que vous le sachiez. »
  • 5:30Vanessa KrycèveChiffre
    « 90 millions de personnes qui sont forcées et contraintes de quitter leur pays aujourd'hui dans le monde. 90% des migrations se font dans les pays limitrophes. »
  • 6:30Vanessa KrycèveChiffre
    « On a accueilli l'année dernière l'équivalent en taux par rapport à la population française de 6 personnes pour 1 000. Ce qui place la France en 12ème des pays européens à accueillir. »
  • 7:00Vanessa KrycèveChiffre
    « L'Allemagne accueille 16 personnes pour 1 000 habitants en 2021. L'Angleterre, 11 pour 1 000, on est à 6 pour 1 000. »
  • 8:30Vanessa KrycèveChiffre
    « 370 000 personnes aujourd'hui qui sont en situation... Enfin, qui sont sans papiers en France, 370 000 personnes qui demandent l'AME. Ça ne représente même pas 1% de la dépense de la santé publique. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Toute personne en France qui aura un casier judiciaire et qui sera étranger ne pourra pas être régularisée. Elle sera donc expulsée du territoire national. On veut ceux qui bossent, on ne veut pas ceux qui rapinent.

Donc c'est à la fois mieux intégrer et mieux expulser. De dire qu'avec un nouveau projet de loi, on va maîtriser la migration un peu mieux, un peu plus, et c'est le cas là avec le projet de loi de monsieur Darmanin, c'est un leurre. S'ils travaillent en France, s'ils parlent français, ils seront intégrés.

S'ils commettent des actes de délinquance, ils seront expulsés. Et ne pas rentrer évidemment dans ce qu'on pourrait appeler une forme d'hypocrisie générale. Comment est-ce qu'on engage les Français autour de ce projet qui est un projet qui va heurter, en tout cas qui va transformer la société, alors que le sujet les intéresse peu, et que finalement ce sont toujours les mêmes qu'on entend ?

On donne des allocations familiales aux familles étrangères au même titre qu'aux familles françaises, alors que nous avons besoin de faire des enfants et qu'elles en ont trop. Le peuple français, sur son sol, est occupé par un peuple étranger, par une civilisation étrangère qui est en train de le remplacer. Je pense aujourd'hui que nous vivons un moment historique où le peuple français est en danger de mort.

Je suis radicalement opposée à cette immigration massive. Je veux qu'elle s'arrête. Je pense que l'immigration massive a été le terreau du communautarisme, que le communautarisme est le terreau du fondamentalisme islamiste.

Il faut arrêter d'écouter, d'entendre ceux qui parlent le plus fort. Il faut entendre la grande majorité des Français et leur apporter les lumières nécessaires sur un sujet qui est peu maîtrisé, pour qu'ils puissent se positionner sans être dans une radicalité ou dans une autre. Je suis Vanessa Krycève, je suis entrepreneur dans le milieu de l'économie sociale et solidaire.

J'ai fondé un projet qui oeuvre pour un accueil digne des personnes réfugiées et une entreprise qui accompagne les personnes réfugiées dans l'insertion professionnelle par la cuisine. Par ailleurs, je suis à l'initiative avec un groupe de citoyens qui travaillent sur les mêmes sujets, d'une demande que l'on pose aujourd'hui sur la table, qui est une demande pour une convention citoyenne sur la migration, pour qu'il puisse y avoir un débat apaisé et serein sur le sujet migratoire aujourd'hui en France. Donc une convention citoyenne, qu'est-ce que c'est ?

C'est un outil démocratique, c'est une méthode qui permet de réunir des citoyens, des citoyennes, de manière aléatoire, puisque c'est un tirage au sort qui va rassembler un peu plus de 100 ou 150 citoyens autour d'un fait, d'une thématique, de société qui nous concerne tous. On a vu pour la première fois apparaître les conventions citoyennes en France en 2019, avec la Convention Citoyenne sur le Climat, et actuellement on en parle parce qu'il se déroule la convention citoyenne sur la fin de vie. Ce processus démocratique permet aux citoyens de prendre part aux recommandations et aux politiques publiques.

Et aujourd'hui en France, on a une chambre, une instance démocratique qui coordonne les conventions citoyennes, qui coordonne les concertations même citoyennes, et qui s'appelle le CESE, qui est le Conseil Économique, Social et Environnemental. Pourquoi demander une convention citoyenne sur la migration ? Eh bien aujourd'hui, on voit que la migration est un sujet à la fois présent dans les médias, dans les débats politiques, voire politiciens, mais qui est très peu connu de l'ensemble de la population française, qui est souvent récupérée, et qui est récupérée de manière, on estime, dangereuse, parce que c'est récupéré pour en faire des grandes polémiques.

Par le laxisme de votre politique d'immigration, cet enfant a été martyrisé, violé, tué par une clandestine qui faisait pourtant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. La suspecte est une femme algérienne. Est-ce que vous auriez fait la même manifestation si la suspecte avait été une femme française ?

C'est une question que se posent beaucoup de Français. Non. Pourquoi ?

Parce que tout simplement, cette femme algérienne est une étrangère, qu'elle ne devait pas être en France, et qu'un crime commis contre un enfant français n'est pas de la même eau qu'un crime commis par les Français. Ce meurtre qui est vraiment horrible aurait pu tomber sur une petite fille immigrée ? Vous n'en savez rien.

Vous non plus ? Bah oui. Comme on connaît peu ce sujet, eh bien finalement, on ne sait plus trop à qui s'en remettre pour comprendre la problématique, et il nous semble qu'une convention citoyenne serait un bon moyen de faire de l'éducation populaire, puisque quand on rassemble les citoyens pour une convention citoyenne, on est accompagnés, on est éclairés par des expertises, par des scientifiques, par des chercheurs.

En l'occurrence, sur la migration, ce seraient des experts, des historiens, ce seraient des sociologues, ce seraient des démographes, ce seraient tout type de chercheurs et d'experts de la question, y compris des associations, des ONG, des personnes elles-mêmes issues d'un parcours migratoire, mais ça peut être aussi des patrons d'entreprises. Enfin, c'est vraiment l'idée d'avoir une très grande diversité et de garantir un processus apartisan et fiable pour pouvoir s'appuyer sur des recommandations qui seraient des recommandations non orientées. Donc, on est une association qui s'appelle "Pour une convention citoyenne sur la migration", et on a principalement deux grands rôles.

Le premier rôle, c'est de faire exister cette idée et cette demande auprès des citoyens. On a mis en place un outil qui est très simple, qui est un appel sur change.org que chacun peut saisir, chacun peut apporter sa voix à cette demande s'il est d'accord avec ce que l'on souhaite, à savoir qu'une convention citoyenne se tienne aujourd'hui en France sur le thème de la migration.

Donc, à la fois, il y a un enjeu d'exister auprès d'une grande opinion des Français, à la fois d'exister dans les médias pour pouvoir relayer cette information et expliquer ce que je suis en train de faire, pourquoi est-ce que c'est important aujourd'hui qu'une convention citoyenne sur la migration se tienne, et enfin, c'est du plaidoyer aussi politique pour que le gouvernement se positionne par rapport à cette demande. Donc, ça, c'est le premier grand axe. Et le deuxième axe, qui demande aussi un travail dès aujourd'hui et un travail important, c'est de poser le cadre et de réfléchir avec les personnes qui ont constitué l'association, mais autour, on a donc recruté une petite équipe grâce à des fonds qui ont été levés auprès de mécènes et on se fait accompagner par des experts.

On a à la fois des experts de la question de démocratie ouverte, des experts de la question migratoire, on a des personnalités politiques, on a des patrons, on a aujourd'hui une douzaine de personnes qui nous accompagnent et des chercheurs. Et on réfléchit au cadre qu'on souhaite poser et quelque part au garde-fou et aux lignes rouges qu'on doit poser si demain le gouvernement se positionnait en faveur d'une convention citoyenne sur la migration. L'élément déclencheur, ce sont des discussions inter-associations qui se sont interrogées sur quoi faire quand on a vu arriver le nouveau projet de loi de Gérald Darmanin, le 22e en 30 ans, et donc un nouveau projet de loi sur la migration, sans même rentrer dans le détail du projet de loi en lui-même et de sa nécessité, son efficacité, notre besoin.

En fait, ce que ça provoque dans la société, c'est qu'à nouveau, on parle du sujet migratoire et on en parle autour d'un durcissement de la question de l'accueil. Nous devons être désormais gentils avec les gentils, c'est-à-dire avec les étrangers qui veulent travailler en France, respecter nos règles, parler notre langue, et être méchants avec les méchants. C'est-à-dire que nous devons ne pas accepter que quelqu'un qui ne veut pas s'intégrer, qui ne respecte pas nos règles, qui commet des actes de délinquance, ne doit pas rester sur le sol national. 22 projets de loi en 30 ans, ça veut dire quasiment un projet tous les deux ans.

Ça traduit une impasse, ça traduit un échec, ça traduit quand même le fait que les politiques migratoires qui sont censées, je cite, "maîtriser le fait migratoire", ça ne fonctionne pas. Il y a eu en 2018 la loi Darmanin qui devait maîtriser la migration, eh bien on voit aujourd'hui qu'il n'en est rien. Il y a des centaines de millions d'euros qui sont mis par l'Europe sur la table pour empêcher les gens d'arriver et on paie la Turquie, on paie la Libye pour retenir chez eux, ça ne fonctionne pas.

La migration est un fait, comme le réchauffement climatique est un fait. Il s'agit de pouvoir accueillir les personnes qui sont présentes, il s'agit de pouvoir revendiquer une certaine humanité dans la manière dont on traite les personnes qui sont présentes, mais d'après nous, en tout cas pour le bien global de la société. Et donc de dire qu'avec un nouveau projet de loi, on va maîtriser la migration un peu mieux, un peu plus, et c'est le cas là avec le projet de loi de monsieur Darmanin, c'est un leurre.

Et je peux même aller plus loin, le Conseil d'État lui-même, qui est quand même la plus haute juridiction administrative en France, le dit déjà en 2018 dans un premier rapport, il faut arrêter de légiférer, on n'a pas le recul nécessaire pour pouvoir juger de la loi et de l'impact qu'elle a sur la société, sur le fait migratoire, et on n'a même pas le temps d'appliquer une première loi qu'elle est déjà abrogée par une nouvelle. Donc tout ceci mis bout à bout, c'est quand même une espèce d'imbroglio politique et des mesures politiques qui est reconnu comme étant une impasse et qui en lui-même, en fait, quand on le pose sur la table et qu'on dit "22 projets de loi en 30 ans", quelque part la réponse est comprise dans ce constat. Le projet tel qu'il se dessine, ce sera encore plus d'immigration, puisqu'on se propose de régulariser, avec des titres de séjour pour le travail, sur des métiers en tension, mais vous savez qu'aujourd'hui, toute la France est une zone géographique concernée par des métiers en tension.

Donc c'est une ouverture des vannes. De même que si demain, pour celles et ceux qui sont candidats au droit d'asile, on leur dit "vous pouvez travailler", ça veut dire simplement que s'ils n'obtiennent pas leur droit d'asile, ils pourront rester au titre d'un séjour pour le travail. Donc c'est bien plus d'immigration au bout du compte.

Déjà, je voudrais dire une chose à monsieur Retailleau, c'est qu'à force de trop vouloir flatter le RN, on finit par lui céder le pouvoir. Et moi, aujourd'hui, c'est quand même mon inquiétude majeure, et je pense qu'elle est partagée avec un certain nombre de Français. La question de l'appel d'air, c'est une question qui a été… Enfin, c'est une question, c'est un fantasme qui a été posé sur la table pour la première fois dans les années 80 par le Front national.

Encore une fois, en m'excusant de la gravité de ce que je vais dire, les différents problèmes qui nous concernent. Et d'abord, celui sur lequel va se jouer notre destin, celui de l'immigration étrangère dans notre pays. L'immigration étrangère tient en quelques chiffres et elle ne cesse de progresser, il faut que vous le sachiez.

Et aujourd'hui, ça diffuse dans tous les partis politiques. C'est rentré vraiment dans le langage commun, on en parle à droite comme à gauche, c'est de la sémantique. Et la sémantique, ça a un impact sur l'imaginaire et sur la société dans son ensemble.

Et finalement, on parle d'appel d'air. Aujourd'hui, tous les scientifiques le disent, ça veut dire, je vais même rappeler ce que c'est qu'un appel d'air, ça voudrait dire qu'en accueillant dignement des personnes qui arrivent sur le territoire, potentiellement, on a plus de personnes qui vont arriver. Donc, ça voudrait dire que les conditions d'accueil aujourd'hui en France attireraient des personnes qui fuient des conflits, des drames, la misère, une guerre là-bas.

Aujourd'hui, on le sait, il y a des études qui le démontrent, c'est les conditions au départ qui font la migration et pas les conditions à l'arrivée. Et on a plein d'exemples à poser sur la table pour nourrir ce projet. Mais ce que je voudrais quand même dire, c'est que c'est une aussi grosse fantaisie, la question de l'appel d'air, que la question du grand remplacement.

Et les deux viennent d'un seul et même interlocuteur, qui est le Front National. Marine Le Pen, le projet de loi Immigration est présenté aujourd'hui en Conseil des ministres. Vous avez déjà dit que le RN allait voter contre.

Pourquoi ? Ça ne compense pas, si vous voulez, la création d'une forme de campagne de régularisation de clandestins, qui est un appel d'air, je le crois, à une immigration clandestine d'ailleurs nouvelle, qui espérera demain une autre régularisation. Moi, j'ai une anecdote aussi à ce sujet, j'en ai plein.

Mais j'ai ouvert un restaurant, notre premier restaurant avec le RECHO, est un restaurant qui se situe dans le 16e arrondissement de Paris, dans une ancienne caserne de gendarmes qui a été réhabilitée en centre d'accueil. Il y a 350 personnes réfugiées, exilées, primo-arrivantes, en attente de leur papier, qui y vivent. Ce centre d'accueil est géré par une association nationale, une ONG, qui s'appelle Aurore.

Aurore, donc, gère cet hébergement, et cet hébergement a commencé en octobre 2018. En octobre 2018, il y avait des gens qui arrivaient pour s'inscrire et pour pouvoir obtenir une chambre, un foyer, etc., donc des personnes réfugiées.

Ils avaient posé, sous le porche d'entrée, un banc. Les forces de l'ordre sont passées et ont demandé à l'association de retirer le banc parce que le banc en lui-même constituait une menace d'appel d'air. Il y a 90 millions de personnes qui sont forcées et contraintes de quitter leur pays aujourd'hui dans le monde. 90% des migrations se font dans les pays limitrophes.

Les personnes qui fuient une guerre, qui fuient un conflit, et on l'a vu avec l'Ukraine, on l'a vu avec la Syrie, on l'a vu avec l'Afghanistan. Les personnes sont accueillies dans les pays limitrophes parce qu'elles n'ont qu'une envie, c'est de revenir. Elles ne quittent pas leur pays avec un guide du routard, en se disant "Tiens, on va aller en France et on va profiter de l'AME".

L'AME, pareil, l'Aide médicale d'État, 50% des personnes, 370 000 personnes aujourd'hui qui sont en situation...

Enfin, qui sont sans papiers en France, 370 000 personnes qui demandent l'AME. Ça ne représente même pas 1% de la dépense de la santé publique. Donc, on a aujourd'hui des personnes qui sont en France, on a des personnes qui n'ont pas d'autre choix que d'être là, qui représentent une minorité, et la question qui se pose, c'est comment est-ce qu'on crée des conditions dignes d'accueil pour ne pas amplifier le clivage qui existe dans la société et globalement l'hystérie collective qui existe autour de ce sujet-là.

On a accueilli l'année dernière l'équivalent en taux par rapport à la population française de 6 personnes pour 1 000. Ce qui place la France en 12ème des pays européens à accueillir, en 12ème place, loin derrière l'Allemagne, l'Angleterre, je ne parle même pas de l'Espagne et de l'Italie qui sont les premiers pays à accueillir par leur position géographique, mais l'Allemagne accueille 16 personnes pour 1 000 habitants en 2021. L'Angleterre, 11 pour 1 000, on est à 6 pour 1 000.

En soi, la France, qui historiquement est une terre d'accueil, recule progressivement et accueille de moins en moins. Donc, il n'y a pas de question de… Enfin, les Français n'ont pas un problème avec l'immigration, un exemple très concret qui va aussi venir renforcer ce que je disais tout à l'heure en disant qu'il y a une majorité silencieuse qui existe en France, qui est une majorité de solidarité bienveillante. Et je suis particulièrement témoin de ça puisque quand j'ai fondé mon projet Le RECHO, notre projet, c'était en 2016, choqué comme tous les Français par l'image du petit Aylan, qui aujourd'hui fait partie d'ailleurs des images quotidiennes, qui ne choquent plus personne.

Mais enfin, à l'époque, en 2016, on peut se souvenir quand même de ce que ça a provoqué, comme émoi, dans la population française. Lorsqu'on décide de fonder Le RECHO, on est une dizaine de femmes à l'origine de ce projet et on se dit qu'on va partir en itinérance à travers la France pour être témoin actif de la crise de l'accueil et par la cuisine, fédérer les gens et se rencontrer, et se mobiliser en ne sachant pas ce qu'on va apprendre et en se disant potentiellement qu'on va se faire crever les roues du camion par le RN. Il ne s'en est rien passé.

Et si aujourd'hui notre projet, on est là où on en est, c'est parce que notre essence, notre moteur, ça a été la solidarité des Français. Ça a été une énergie dingue qui a été déployée même dans des villes comme Grande-Synthe, avec un taux de pauvreté extrêmement élevé. Et bien, même dans ces endroits-là, la première chose qui nous frappe en France, c'est que les gens sont solidaires, bienveillants, accueillants et ont envie de prendre part à cet accueil.

Ils ne savent pas comment faire. On s'est installés dans le 16e arrondissement de Paris en se disant "Que va-t-il se passer dans le 16e ? On veut changer le visage du 16e." Au bout de trois ans d'existence dans le 16e, non seulement les 18 000 couverts qu'on a servis en trois ans au restaurant sont majoritairement servis à des personnes du quartier, donc du 16e arrondissement, mais 20% des donateurs de l'association sont des personnes habitantes du 16e.

Et des exemples comme ça, on en a plein. On était à Saint-Brevin il y a quelques jours pour manifester pacifiquement notre soutien à la mairie de Saint-Brevin dans l'ouverture d'un centre d'accueil de personnes réfugiées. C'était une manifestation qui était lancée par des groupuscules d'extrême droite.

On était 1 200. L'après-midi, c'était 200 à vouloir faire reculer la mairie sur ce projet. Il faut arrêter d'écouter, d'entendre ceux qui parlent le plus fort.

Il faut entendre la grande majorité des Français et leur apporter les clés, et leur apporter les lumières nécessaires sur un sujet qui est peu maîtrisé, pour qu'ils puissent se positionner sans être dans une radicalité ou dans une autre. Je pense que l'immigration, avant tout, est un fait. Et que ce qu'on en fait peut être une chance ou un fléau.

Mais ce n'est pas l'immigration en elle-même. Pour une société en bonne santé, pour une société qui va bien, la différence, l'étranger, devrait être considéré comme une richesse potentielle pour son essor. Une société qui a peur, qui a peur de tout et qui est angoissée, va regarder l'étranger, va regarder la minorité comme responsable de tous ses maux.

Et l'histoire nous l'a prouvé mille et mille fois. Une minorité est un potentiel bouc-émissaire pour une société qui va mal. Donc l'immigration doit être et devrait être considérée comme une chance, à condition qu'on sache proposer de la dignité autour de la question de l'accueil.

Je pense qu'on pourrait citer Hannah Arendt qui disait "Lorsque tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez tous ces mensonges, mais c'est que plus personne ne croit plus rien." Et quand un peuple ne peut plus rien croire, il ne peut pas se faire une opinion. Il est non seulement privé de sa capacité d'agir, mais aussi de penser et de juger.

Et alors, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce qui vous plaît.