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InterviewOn n'est pas couché· 7 juillet 2014 54 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & internationalÉducation & recherche

François Bayrou 16 mars 2013 On n'est pas couché #ONPC

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Vous nous parlez de la situation actuelle du pays, de vos choix, et d'une voie de recours ?

  • 6:10FerméeRéponse directe

    Vous pensez que le gouvernement socialiste va dans le mur ?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Vous avez du mal à dire « j'ai voté François Hollande » ?

  • 9:34OuverteRéponse directe

    Vous revenez sur l'expression « There is no alternative » ?

  • 11:29OuverteRéponse directe

    Vous parlez de la dette et de la sortie de l'euro ?

  • 17:08OuverteRéponse directe

    Pourquoi comparer la France et la Suisse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:20InvitéFait
    « Sur le chômage, sur l'éducation, on peut avoir des chiffres qui disent la vérité. »
  • 16:00InvitéChiffre
    « Le chômage en Suisse est tombé ce mois-ci au-dessous de 4%. »
  • 37:30PrésentateurFait
    « Il n'est pas une seule décision européenne importante dans quelques domaines que ce soit qui se prennent sans l'assentiment des gouvernements nationaux, particulièrement des grands pays comme la France. »
  • 42:27PrésentateurFait
    « Ce qui nous changera des années pourries. »
  • 43:30InvitéFait
    « Voilà, le prochain gouvernement de François Bayrou. Tous équilibrés. »
  • 44:18InvitéFait
    « Quand il y a eu la ferméra, quand il y a eu ce massacre dans l'école juive, vous avez déclaré tout de suite que c'était les discours qui avaient fait monter les tensions qui étaient responsables. »
  • 44:36InvitéFait
    « Vous visiez là, si je puis me permettre, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. »
  • 48:16InvitéChiffre
    « Vous avez été élu plus de 25 ans député, vous avez fait un très bon score à la présidentielle au premier tour en 2007. »

Temps de parole

  • Invité46 %
  • Présentateur19 %
  • ?13 %
  • Invité 28 %
  • Invité 36 %
  • Invité 44 %

≈ 78,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

accueillir quelqu'un qui patiente très convenablement en coulisses depuis déjà quelques minutes, quelqu'un qui a publié un livre, alors un livre, ma foi, fort intéressant, là encore, Emeric, Natacha et moi, on l'a dévoré, ce livre, ça prouve en tout cas qu'il est toujours dans la course, toujours dans l'actualité de la politique française, c'est une des grandes figures du centre, ministre de l'éducation, rappelons-le, entre 93 et 97, il a été, vous le savez, trois fois candidat à

0:26
Locuteur

l

0:26
Présentateur

'élection présidentielle, 2002, 2007, 2012, fondateur et président du Modem, le mouvement démocratique, il est aujourd'hui privé de mandat national, suite à sa défaite aux dernières législatives dans les Pyrénées-Atlantiques, d'ailleurs, il en reparle aussi dans ce livre, mais il poursuit son combat politique, la preuve, c'est de la vérité en politique, ce livre publié chez Clon, voici M. François Bayrou.

0:49
Locuteur

Merci

1:09
Présentateur

d'avoir accepté notre invitation, nous sommes d'autant plus contents, Natacha, Emeric et moi, que très sincèrement, on dit ça rarement aux politiques qu'on reçoit, mais moi j'ai lu vraiment votre... Alors, décidément, on va croire que je fais de la lèche ce soir, parce

1:22
Locuteur

que

1:22
Présentateur

j'ai dit ça à Philippe Labreau, je l

1:24
Locuteur

'ai

1:24
Présentateur

dit à Patrick Sébastien, mais c'est assez rare pour le dire, d'avoir comme ça trois livres très différents les uns des autres, mais qu'on dévore. Vous, parce que vous nous parlez de la situation actuelle du pays, de la précédente aussi, de vos choix, vous revenez d'ailleurs sur votre, on va dire, choix du deuxième tour lors de la dernière présidentielle, et surtout, vous nous parlez d'une voie de recours, parce que manifestement, ça va à ce point mal que ça... En

1:50
Locuteur

fait,

1:50
Présentateur

en gros, je vais résumer, il y a trois solutions sur les extrêmes, d'un côté Mélenchon, de l'autre Marine Le Pen, si rien ne change, c'est, on va dire, vers eux que les Français pourraient se tourner aux prochaines élections, mais il y

2:02
Locuteur

a

2:02
Présentateur

quand même une autre voie possible, c'est la vôtre, mais la vôtre, c'est celle de la vérité. Alors, ça,

2:08
Locuteur

c

2:08
Présentateur

'est intéressant, parce que, évidemment, il y a un chapitre, d'ailleurs, qui m'a assez amusé, et je vous donne la parole tout de suite, parce qu'assez vite, vous dites, oui, alors très bien, vous allez me dire, finalement, des vérités, il

2:19
Locuteur

y

2:19
Présentateur

en a plusieurs, tout le monde n'a pas la même, c'est vrai que moi, c'est ce que je pensais tout le long de la première partie du bouquin, et au fond, à un moment donné, vous dites, bah oui, vous êtes un gogo, non, c'est pas vrai, il n

2:28
Locuteur

'y a

2:28
Présentateur

qu'une vérité,

2:32
Locuteur

c'est la

2:32
Présentateur

vôtre,

2:33
Invité

bonjour,

2:33
Locuteur

d

2:33
Invité

'abord, en vous et au plateau, non, c'est pas la mienne, il y a une phrase d'une grande philosophe qui s'appelle Anna Arendt,

2:43
Locuteur

que

2:44
Invité

je mets en ouverture du livre,

2:47
Locuteur

qui

2:48
Invité

dit, la vérité, à peu près, c'est ce réel, celui qui est au-dessus de notre tête, et le seul sur lequel nous marchons.

2:56
Locuteur

Je

2:57
Invité

veux dire, il y a plein d'opinions,

2:59
Locuteur

mais ça

3:02
Invité

fait 20 ans en France qu'on ouvre des yeux estomaqués, stupéfaits, sur cette réalité bizarre et dramatique qui est que, chez nous,

3:15
Locuteur

on

3:16
Invité

ne peut faire aucune des réformes qui sont régulièrement exigées

3:20
Locuteur

et

3:21
Invité

réalisées

3:22
Locuteur

par

3:23
Invité

à peu près tous les pays de notre niveau qui nous entourent. Et cette question me tracasse depuis longtemps,

3:29
Locuteur

et

3:31
Invité

j'en suis venu à l'idée, c'est pourquoi j'ai écrit ce livre, que

3:34
Locuteur

la

3:35
Invité

raison pour laquelle

3:37
Locuteur

les

3:38
Invité

réformes,

3:40
Locuteur

l

3:40
Invité

'accord autour des réformes, consensus, disent les intellectuels, l'accord autour des réformes qui est nécessaire pour qu'elles se fassent, il est impossible

3:49
Locuteur

parce

3:50
Invité

qu'on ne se met d'accord sur

3:53
Locuteur

aucun des

3:55
Invité

piliers de la réalité du pays. Et chaque élection présidentielle et législative

4:01
Locuteur

donne

4:02
Invité

en réalité la prime aux démagogues les plus acharnées, au

4:08
Locuteur

mieux

4:08
Invité

disant démagogiques. Vous

4:09
Présentateur

écrivez à chaque élection, pour ne prendre que les 20 dernières années, les candidats promettent en sachant pertinemment que la situation ne leur permettra pas d'honorer leurs promesses. Et en gros,

4:19
Locuteur

vous

4:19
Présentateur

dites, finalement, la politique aujourd'hui, c'est de la séduction. Et que c'est la prime à la séduction qui gagne à chaque fois.

4:26
Invité

C'est la séduction, les illusions

4:29
Locuteur

et

4:31
Invité

l'applaudissement général autour de ceux qui cultivent ces séductions et ces illusions. Il y a à ça des raisons.

4:38
Locuteur

Et

4:38
Invité

il y en a une qui est très frappante pour moi, c'est que présidentielle, législative, cette séquence, tous les 5 ans ou 7 ans, c'est tout ou rien.

4:47
Locuteur

Ou

4:47
Invité

bien vous avez tout le pouvoir,

4:49
Locuteur

ou

4:50
Invité

bien vous n'en avez

4:51
Locuteur

pas

4:52
Invité

du

4:53
Locuteur

tout. Et

4:54
Invité

même,

4:55
Locuteur

dans

4:55
Invité

un certain nombre de cas, qui ne sont pas minces, vous êtes totalement exclus, y compris de la représentation.

5:02
Locuteur

Si

5:03
Invité

vous additionnez

5:04
Locuteur

des

5:04
Invité

gens qui ne s'aiment pas spontanément entre eux, Mélenchon, Marine Le Pen et moi, les 3 courants, extrême droite, extrême gauche, centre.

5:16
Locuteur

Sur

5:17
Invité

les 3 dernières élections présidentielles, les 3 courants ont fait

5:20
Locuteur

à

5:21
Invité

peu près 40% des voix. Représentation à l'Assemblée nationale, zéro. Moins de 1%, 1 par-ci, par-là. Moins de 1% des députés. Qu'est-ce qu'ils ont fait, ces 40%-là,

5:34
Locuteur

pour

5:34
Invité

ne pas être représentés comme les autres ? C'est quoi ? C'est des citoyens de seconde zone ? C'est des sous-citoyens

5:42
Locuteur

? Or,

5:44
Invité

nous sommes le seul pays

5:45
Locuteur

où

5:46
Invité

la représentation est ainsi réservée au courant majoritaire, ce qui fait qu'aucune voix différente ne peut se faire entendre, sauf les deux voix puissamment majoritaires et qui disent tous à peu près la même chose. Et voilà pourquoi on est, me semble-t-il, privés de la conscience élémentaire qui fait que les peuples soutiennent les changements nécessaires pour eux.

6:10
Présentateur

Alors, je reviens sur la tromperie des différents candidats. Vous écrivez, quand c

6:14
Locuteur

'est

6:14
Présentateur

le bateau qui est en perdition, et vous considérez que notre pays est en perdition, quand c

6:18
Locuteur

'est le bateau...

6:19
Invité

Ce

6:19
Locuteur

n'est pas

6:19
Invité

moi qui considère, demandez-leur.

6:21
Locuteur

Vous

6:21
Invité

vous tournez, vous faites le tour,

6:23
Locuteur

c

6:24
Invité

'est eux qui vivent la perdition du pays.

6:26
Locuteur

Nous

6:26
Invité

tous, nous tous citoyens français, on est dans de...

6:31
Locuteur

C

6:31
Invité

'est une catastrophe, j'ai dit c'est un crash au ralenti, c'est ça qui se passe.

6:36
Locuteur

On

6:36
Invité

ne respecte aucune des promesses qui ont été faites, et de très loin, par aucun des camps. Je vous rappelle qu'à la dernière élection présidentielle, dans un débat que nous

6:45
Locuteur

avions,

6:46
Invité

qui était naturellement rude, Nicolas Sarkozy et François Hollande, tous les deux promettaient pour cette année une croissance de 2%. Vous voyez bien ce qu'il en est, on va avoir zéro.

6:58
Locuteur

Et

6:58
Invité

je suis certain qu'ils le savaient. Ce n

7:02
Locuteur

'est

7:02
Invité

pas des... L'un était au pouvoir, l'autre était entouré d'armées d'experts. Ils savaient exactement où on en était. Voilà pourquoi ils ont une part de responsabilité, mais le système, et peut-être même le peuple, a aussi une part de responsabilité.

7:18
Présentateur

Alors, je continue votre phrase. Quand c'est le bateau qui est en perdition, qu'il est urgent de colmater les voies d'eau, de réparer sa structure, rien n'est plus vain que la guerre des équipages qui se battent pour savoir s'il faut aller à tribord ou à bas bord, chez Hollande ou chez Sarkozy, dirons-nous. Enfantillage, la question n'est pas de savoir si on préfère un bord ou l'autre, il faut sauver le bateau. Et c'est vous le sauveur du bateau ? Non.

7:41
Locuteur

Non. Il

7:43
Invité

n'y a qu'un sauveur du

7:45
Locuteur

bateau,

7:46
Invité

c'est le peuple citoyen français.

7:50
Locuteur

S

7:50
Invité

'ils le veulent, le bateau se sauvera.

7:52
Locuteur

S

7:53
Invité

'ils ne le veulent pas, nous allons rencontrer la même chose qu'ont rencontré les Italiens, les Grecs et quelques autres peuples aujourd'hui désespérés.

8:05
Locuteur

Avant

8:05
Présentateur

de donner la parole à Natacha et à Henrik, vous pouvez nous confirmer ce soir que vous pensez que donc l'actuel gouvernement socialiste, celui de François Hollande et M. Hérault, va dans le mur. On va dans le mur ?

8:15
Invité

Non, la France est dans le mur. La responsabilité du gouvernement est que, pour l'instant en tout cas, il a annoncé des choix,

8:27
Locuteur

mais

8:27
Invité

il ne

8:27
Locuteur

les

8:27
Invité

a pas fait.

8:29
Locuteur

Il

8:29
Invité

a eu des déclarations que j'ai pour ma part soutenues

8:32
Locuteur

en

8:33
Invité

matière économique, parce qu'il y avait plusieurs raisons à ce choix. Du point de vue du climat, de la paix civile, c'est moins violent et moins divisé que ça ne l'était.

8:44
Locuteur

Je

8:44
Invité

trouve que ce qui a été fait au Mali était bien fait, était juste

8:48
Locuteur

et

8:49
Invité

a été fait courageusement et sans en rajouter. Je trouve que les négociations entre syndicats et gouvernement, ça va,

8:59
Locuteur

mais

8:59
Invité

les grands choix économiques qui seuls peuvent nous amener à nous en sortir, ils ne sont pas faits.

9:06
Locuteur

En

9:06
Invité

tout cas,

9:07
Locuteur

ils

9:07
Invité

sont annoncés, mais pas prononcés.

9:10
Présentateur

D'ailleurs, vous avez du mal à dire « j'ai voté, François Hollande », vous dites « j'ai voté, en fait, pour l'alternance ». Parce que c'est difficile de dire « j'ai voté,

9:18
Locuteur

François

9:18
Invité

Hollande ». Non, tout le monde sait que je l'ai fait, je l'ai assumé, pour une raison que tout le monde sait aussi, que j'ai expliqué, c'est que Nicolas Sarkozy avait choisi comme ligne directrice de sa campagne électorale la division du pays, l'affrontement

9:33
Présentateur

entre les gens. « There is no alternative », vous revenez sur cette expression, bien, oui, vous pensez qu'il y

9:38
Locuteur

a

9:38
Présentateur

un autre chemin, vous, et alors on va voir si Natacha et Emmerich ont été convaincus par cet autre chemin, celui de la vérité en politique.

9:46
Invité

Vous nous expliquez dans votre livre, c'est extraordinaire, que si à l'époque, Margaret Thatcher avait tort de dire cela, aujourd'hui, en fait, on a raison, il n

9:55
Locuteur

'y

9:55
Invité

a qu'une alternative. Alors, je me pose la question, la démocratie, c'est aussi le débat politique. C'est aussi reconnaître que l'autre

10:02
Locuteur

peut

10:03
Invité

faire des choix différents, et donc qu'on n'a pas le monopole de la vérité. Or, là, ce que vous nous dites, c'est que votre discours a le monopole de la vérité parce que vous, vous vous appuyez sur des chiffres. Mais les chiffres de

10:17
Locuteur

Dispatou, derrière les chiffres... Je n'ai pas donné un

10:18
Invité

seul chiffre dans ce livre. Si, vous nous expliquez, par exemple, à un moment donné, que sur le chômage, sur l'éducation, on peut avoir des chiffres qui disent la vérité. Oui. Oui, sauf que, prenons l'exemple de l'éducation,

10:31
Locuteur

c

10:32
Invité

'est vous-même, comme ministre, qui avez mis en place une direction de la prospective chargée d'élaborer des chiffres

10:37
Locuteur

qui

10:37
Invité

a nié pendant des années que ça allait mal. Or, vous nous dites, on voit très bien que c'est une catastrophe. Cette instance niait les chiffres. Et maintenant qu'elle les reconnaît, eh bien, il y a un débat pour savoir les causes. Il y a un débat fondamental parce que certains disent si l'école française va mal, c'est parce qu'elle est élitiste. D'autres disent que

10:55
Locuteur

c

10:55
Invité

'est parce qu

10:55
Locuteur

'elle

10:55
Invité

n'apprend plus à lire. Donc, vous voyez que le tout, ce ne

10:57
Locuteur

sont

10:57
Invité

pas les chiffres. Il n'y a pas de faits.

10:59
Locuteur

Il n'y a que

10:59
Invité

des interprétations des

11:01
Locuteur

faits. Il y a des choix politiques. Vous

11:02
Invité

confondez deux choses. Enfin, je veux dire, j'ai essayé dans le livre de faire le distinguo. Je dis qu'il

11:07
Locuteur

y

11:07
Invité

a des opinions.

11:08
Locuteur

On

11:09
Invité

a le droit d'en avoir.

11:10
Locuteur

Et

11:10
Invité

il y a des

11:10
Locuteur

faits

11:11
Invité

sur lesquels,

11:13
Locuteur

quelle

11:13
Invité

que soit l'étiquette de ceux qui seront en charge, ils seront obligés de revenir. J'en donne un. Après, je viendrai à l'éducation parce que ça nous

11:23
Locuteur

passionne

11:24
Invité

tous les deux.

11:27
Locuteur

Il

11:27
Invité

y a des gens qui disent

11:28
Locuteur

qu

11:29
Invité

'on pourrait ne pas rembourser la dette.

11:32
Locuteur

Il

11:32
Invité

y a des gens qui disent

11:33
Locuteur

qu

11:34
Invité

'on pourrait sortir de l'euro.

11:36
Locuteur

Vous

11:36
Invité

en connaissez ? Oui.

11:38
Locuteur

Mais il y

11:38
Invité

en a qui le disent de façon différente.

11:40
Locuteur

Vous présentez cela comme si c'était quelque chose d'unique et de total.

11:44
Invité

Non, non. Ceux qui disent qu

11:46
Locuteur

'on

11:46
Invité

pourrait sortir de l'euro...

11:47
Locuteur

Mélenchon et Marine Le Pen, vous les citez dans le livre. Ils disent

11:49
Invité

qu'on pourrait sortir de l'euro

11:50
Locuteur

pour

11:51
Invité

avoir une monnaie plus faible.

11:54
Locuteur

On

11:54
Invité

est d'accord.

11:56
Locuteur

Si

11:56
Invité

vous créez pour la France un franc ou un euro franc

12:01
Locuteur

et

12:02
Invité

que vous avez cet euro franc plus faible que l'euro actuel, les 2 000 milliards de dettes qui vous pèsent sur les épaules, ils sont multipliés par 20% ou 30%. Plus la monnaie est faible, plus vous devrez vous saigner aux quatre veines pour rembourser votre dette. L'effet sur la situation française, c'est aussi que notre situation est dramatique parce que notre dette est détenue par des étrangers. C'est-à-dire que nous avons fait en sorte de dénationaliser notre dette. Un pays comme le Japon a une dette bien plus importante, mais elle est détenue par les épargnants japonais. Ce qui change absolument tout. Ça fait aussi partie du raisonnement. Or, vous voyez, ça vous ne l'intégrez pas.

C'est-à-dire qu'il y a dans votre lecture quelque chose qui fait, en effet, que vous semblez nous dire « Je détiens la vérité », mais

12:48
Locuteur

c'est une part de la vérité. Je ne détiens

12:50
Invité

pas la vérité. Je dis qu'il y a des

12:52
Locuteur

faits

12:54
Invité

autour desquels nous devrons nous trouver d'accord d'une manière ou d'une autre, quelles que soient

12:58
Locuteur

les

12:59
Invité

préférences ou les étiquettes des uns et des autres. Si l'on accepte cette idée qu'il y a de la réalité... Vous parliez de l'éducation nationale, comme vous le citez. Il vient de sortir une enquête, là,

13:14
Locuteur

en

13:14
Invité

décembre,

13:15
Locuteur

qui

13:16
Invité

dit que la France...

13:18
Locuteur

Alors,

13:18
Invité

je ne parle pas des grands sujets des universités. Je parle de la lecture au CM2.

13:24
Locuteur

La

13:25
Invité

France

13:25
Locuteur

est

13:26
Invité

classée par cette enquête

13:28
Locuteur

au

13:29
Invité

29e rang des pays comparables.

13:32
Locuteur

Et

13:33
Invité

l'enquête dit, la note du ministère de l'Éducation, ceux que vous accusez de dissimuler la réalité, il

13:39
Locuteur

arrive...

13:39
Invité

Il

13:39
Locuteur

arrive

13:39
Invité

pendant des années,

13:40
Locuteur

et aujourd'hui, on a

13:42
Invité

des enquêtes internationales...

13:43
Locuteur

Il arrive

13:43
Invité

qu'il le fasse. Et ils disent,

13:46
Locuteur

la

13:47
Invité

France est sous-représentée

13:49
Locuteur

dans

13:50
Invité

l'excellence, et sur-représentée,

13:53
Locuteur

il

13:54
Invité

y en a beaucoup plus que les autres pays, dans ce qui est catastrophique. Ça,

13:59
Locuteur

c

13:59
Invité

'est un fait.

14:01
Locuteur

Moi,

14:01
Invité

je n'accepte pas qu'on dise, mais on peut avoir un débat, et je sais que ce n'est pas votre cas, ô combien, mais

14:07
Locuteur

on

14:07
Invité

peut avoir un débat sur la lecture après tout, est-ce que c'est... Non, c'est

14:11
Locuteur

de

14:12
Invité

vie ou de mort qu'on parle. Mais nous sommes d'accord, mais justement, là-dessus, vous avez des gens qui nous disent aujourd'hui, le débat, ce ne sont plus les méthodes de lecture, ça n'est pas ça le problème, et d'autres qui disent c'est ça. Donc vous voyez que la question, ce n

14:24
Locuteur

'est

14:24
Invité

pas celle

14:24
Locuteur

des chiffres, la question, c'est celle de l

14:26
Invité

'interprétation et des choix politiques qu'on fait. Très bien, mais au moins, mettons-nous d'accord sur ces points-là. Acceptons qu'il y a, dans la dette, dans

14:37
Locuteur

le

14:38
Invité

fait que notre pays n'arrive plus à produire, on ne produit plus.

14:42
Locuteur

On

14:42
Invité

est le seul pays du même genre où le commerce extérieur est effondré.

14:46
Locuteur

Le

14:46
Invité

seul. Je ne parle pas seulement de l'Allemagne, je parle de tous les pays qui nous entourent, y compris l'Italie.

14:54
Locuteur

Je

14:54
Invité

dis à voix basse, y compris l'Espagne,

14:57
Locuteur

ont

14:57
Invité

des commerces extérieurs équilibrés.

15:00
Locuteur

Et

15:00
Invité

nous, on est

15:01
Locuteur

à

15:02
Invité

la cave, effondrés, avec 70 milliards. 70 milliards, comme vous savez, c'est 70 000 millions

15:11
Locuteur

d

15:12
Invité

'euros. Je suis un défenseur du calcul mental. 70 000 millions d'euros que tous les ans, on enlève à la France pour le donner à nos fournisseurs.

15:20
Locuteur

A

15:21
Invité

tout ça, il y a des raisons. Et je dis la seule politique à suivre, parce qu'on a laissé entendre que je défendais une politique d'austérité, on va dire, de coupe. Or, ça n'est pas le cas. Je dis la seule politique à suivre, c'est de soutenir ceux qui produisent. D'arrêter de leur mettre des bâtons dans les roues. D'arrêter de faire des normes, des complications, des règlements. Je vais vous montrer quelque chose. J'ai fait...

15:50
Locuteur

Il

15:51
Invité

y a un pays qui est à côté de nous

15:53
Locuteur

que

15:54
Invité

je trouve formidable. Alors, je vais me faire mal voir de dire qu'il l'est. C'est la Suisse.

16:00
Locuteur

Pourquoi ? Le

16:01
Invité

chômage en Suisse est tombé ce mois-ci au-dessous de 4%.

16:08
Locuteur

Et

16:09
Invité

il y a 300 000 Français

16:12
Locuteur

qui

16:12
Invité

traversent tous les jours la frontière pour aller travailler en Suisse. La Suisse, c'est donc pas un pays à l'abandon.

16:18
Locuteur

C

16:19
Invité

'est pas un pays de misère.

16:20
Locuteur

C

16:21
Invité

'est pas un pays où les travailleurs sont sacrifiés.

16:24
Locuteur

Je

16:25
Invité

vous ai apporté le code du travail suisse.

16:28
Locuteur

Il

16:28
Invité

fait centaines de pages, lisibles, et j'imagine après tout qu'on peut trouver la matière à faire des règles sociales sérieuses.

16:41
Locuteur

Ça,

16:42
Invité

c'est le code du travail suisse.

16:44
Locuteur

Puis

16:44
Invité

je vous ai apporté le code du travail français. Alors, je vous jure, il pèse 2

16:51
Locuteur

kilos. Il

16:59
Invité

pèse 2 kilos.

17:00
Locuteur

Il

17:01
Invité

fait 2691 pages. Et

17:07
Locuteur

je viens

17:07
Invité

d'en

17:07
Présentateur

ajouter... Attendez ! Les Suisses mettent autant de temps à

17:10
Locuteur

lire !

17:18
Invité

Hélas, je crains beaucoup que le niveau de lecture au CM2 Suisse... J'en ai bien pas reçu. ...soit meilleur que le niveau de lecture au CM2 français. 2691 pages, et on vient d'en ajouter, là, avec les négociations, encore 80 ou 100.

17:34
Locuteur

Bon,

17:34
Invité

je triche un peu, je veux pas être malhonnête, parce qu'il y a le code du travail plus la jurisprudence. Mais enfin, quand vous êtes... C'est le nouveau code du travail. Quand vous êtes un artisan,

17:49
Locuteur

que

17:49
Invité

c'est votre femme qui fait la comptabilité, qui s'occupe des bulletins de paix, vous êtes plombier et vous rentrez le soir fatigué, ça, vous pouvez imaginer

18:00
Locuteur

de

18:01
Invité

le lire et de le comprendre. Ça, vous ne pouvez même pas. Alors ça fait la fortune des avocats en droit social,

18:08
Locuteur

des

18:09
Invité

très grosses sociétés qui ont des DRH de 400 personnes exprès pour fouiller.

18:17
Locuteur

Et

18:17
Invité

donc, ça accentue les inégalités entre

18:21
Locuteur

les

18:22
Invité

très grands, très armés et les petits qui ne le sont pas. Je pourrais dire un truc, là

18:26
Locuteur

?

18:26
Invité

Oui, Patrick. J'ai l'impression qu'on est en train de faire une promo pour les anxiolytiques, parce que, depuis tout à l'heure, j'entends dire que ce pays est une catastrophe,

18:36
Locuteur

qu

18:36
Invité

'on est dans le mur,

18:38
Locuteur

que...

18:38
Invité

Tiens, mais je me mets à la place des gens dans la télé, on va les suicider. Il

18:42
Locuteur

n

18:42
Invité

'y

18:42
Locuteur

a

18:42
Invité

pas un moment où, justement, le rapport du pouvoir au peuple, ça serait un peu le rapport du docteur au malade, de, justement, pour venir sur le propos, de ne pas dire systématiquement la vérité et donner de l'espoir. Je pense que quelqu'un qui est sur le point de mourir et qui souffre, un docteur, ne

18:56
Locuteur

lui

18:56
Invité

dit pas toujours la vérité, parce que ça l'aide et parfois...

18:59
Locuteur

Mais

18:59
Invité

on n'est pas sur le point

19:00
Locuteur

de mourir.

19:01
Invité

Non,

19:02
Locuteur

mais

19:02
Invité

juste, on se connaît suffisamment, on est amis en plus. Là, j'ai entendu pendant...

19:06
Locuteur

Je

19:06
Invité

crois que c'est une question de méthode.

19:08
Locuteur

J

19:08
Invité

'ai entendu pendant 10 minutes, mais c'est une catastrophe. On va aller rejoindre la Grèce et le système va exploser. Le mec devant la télé va s'en mettre une. Ce n'est pas possible. Est-ce qu'on n'aurait pas besoin, justement, dans l'iscours général des politiques, c'est sur une question de forme, est-ce qu'on n'aurait pas besoin de quelqu'un qui nous regonfle au lieu de nous dire vous avez vu, comme c'est pas bien,

19:26
Locuteur

vous avez vu, comme il fait mauvais. Ça,

19:28
Invité

ne les cherche pas. Tu les as à chaque élection. Non, pas de cette manière -là. À chaque élection, les

19:33
Locuteur

candidats

19:34
Invité

principaux viennent et disent c'est très facile, il suffit de voter pour moi. Il n

19:41
Locuteur

'y

19:41
Invité

aura pas d'effort à faire.

19:43
Locuteur

Et

19:43
Invité

le vrai problème... D'ailleurs, je n'augmenterai pas les impôts. François, le vrai problème... D'ailleurs, je ne vais pas vous demander des économies...

19:53
Locuteur

Et ça, ils

19:53
Invité

ont tous dit. Sauf pour faire payer les riches, c'est-à-dire toi.

19:55
Locuteur

Bien sûr. Et donc... Mais

19:58
Invité

moi,

19:58
Locuteur

ça ne me gêne pas.

19:59
Invité

Ah, mais moi... Moi, en plus, moi, je suis absolument ravi de payer des impôts et de contribuer. C'est bien. Oui,

20:09
Locuteur

oui,

20:09
Invité

tout à fait.

20:10
Locuteur

Mais alors, vraiment,

20:10
Invité

sincèrement. Non, je voulais juste te dire, le problème n'est pas vraiment... Je crois que le problème, il est au-delà des politiques. Je crois que dans notre pays, il y

20:17
Locuteur

a

20:17
Invité

un problème de réseau et de lobby. C'est très bizarre, ce que je vais dire, par rapport à la politique générale. On est un pays où on multiplie les réseaux et les lobbies. Pour qu'un pays marche ou pour qu'une entreprise marche, il faut que les bonnes personnes soient les plus compétentes à leur poste. Malheureusement, dans notre pays, souvent, c'est l'ami d'eux qui se retrouve à un poste de responsabilité et non pas le plus compétent. Et comment vous l'avez vu comme pays avance

20:38
Locuteur

? Ça, c'est le discours de

20:39
Présentateur

François Bayroux sur son futur gouvernement, s'il en avait un, c'est d'utiliser les meilleurs talents, qu'ils soient de droite ou de gauche, pour, évidemment, réussir à

20:47
Locuteur

ce que le pays

20:48
Présentateur

fonctionne mieux là-dessus. Tout le monde est d'accord. Émeric Caron, peut-être un autre sujet.

20:52
Invité

Je voulais répondre, j'ai un autre sujet à aborder, mais je voulais d'abord rebondir sur ce que disait Patrick Sébastien. Est-ce que toute vérité est bonne à dire ? Est-ce qu'en tout cas, les électeurs veulent entendre ça

21:00
Locuteur

?

21:01
Invité

Vous citiez Anna Arendt tout à l'heure et c'est vrai que dans son texte

21:04
Locuteur

«

21:04
Invité

Vérité et politique », elle explique quelque chose, c

21:05
Locuteur

'est

21:05
Invité

que celui qui dit la vérité, finalement,

21:08
Présentateur

Il sera exécuté, Jean

21:09
Invité

-Pierre. C'est quasiment ça, ne peut pas être en politique, ne peut pas être dans l'action politique. Celui qui dit la vérité,

21:13
Locuteur

la vérité des faits... Même dans notre vie de

21:14
Invité

tous les jours. Oui,

21:16
Locuteur

c'est-à-dire le philosophe, le journaliste, l

21:18
Invité

'artiste qui va dire sa part de vérité ne peut pas être lui dans l'action politique. Celui qui est dans l'action politique, dit-elle, est condamné à un moment à mentir. Ne serait-ce parce que, tout simplement, celui qui est dans la politique doit essayer d'initier une énergie ? Donc, vous êtes content. Non, non,

21:33
Locuteur

non.

21:33
Invité

Du

21:33
Locuteur

tout. Est-ce que vous avez dit que je ne m'en

21:34
Invité

satisfaisais ?

21:35
Locuteur

Non, non, pas du tout. J'essaie de voir la réalité.

21:38
Invité

Et juste, pardonnez-moi, vous dites effectivement dans notre livre les politiques doivent s'enfoncer dans le crâne d

21:43
Locuteur

'une

21:43
Invité

certitude. Désormais, les peuples ne se laisseront plus gouverner par ceux qui les trompent. Mais prenons un seul exemple. La dernière élection aux États-Unis, les sites de vérification

21:51
Locuteur

des

21:52
Invité

faits, le fact-checking qui se sont multipliés ces derniers mois, ces dernières années, ont montré que les candidats n'avaient jamais autant menti

21:59
Locuteur

que

21:59
Invité

lors de cette élection présidentielle. A savoir que chacun des deux candidats avait dit en gros entre 30% et 50% de mensonges dans leur déclaration. Soit Obama ou Romney ? Absolument. 30% pour Obama, 50% pour Romney à peu près. Et les analystes nous expliquent que finalement, c'est ça, que les gens veulent quelqu'un qui ait une vision, qui les porte, qui les entraîne, une vision globale, mais qu'ils ne veulent pas de quelqu'un qui va s'embarrasser à leur expliquer des vérités complexes et parfois difficiles à comprendre et pas très enthousiasmantes. Mais parce que... Alors, il y a plusieurs choses dans ce que vous dites. Un,

22:27
Locuteur

la

22:27
Invité

vérité est-elle à ce point

22:29
Locuteur

complexe ? Moi,

22:32
Invité

je crois que non.

22:33
Locuteur

Je

22:33
Invité

pense que les grandes politiques, c'est des politiques simples. Deuxièmement, est-ce que les peuples préfèrent

22:39
Locuteur

qu

22:40
Invité

'on leur raconte des histoires calmantes

22:46
Locuteur

?

22:48
Invité

Oui. Je raconte dans le livre une histoire, moi, qui m'a fasciné.

22:53
Locuteur

Il

22:54
Invité

y a un débat formidable à la Chambre des communes, au Parlement britannique, en novembre, je crois, 1936, juste alors que la guerre monte.

23:06
Locuteur

Le

23:07
Invité

premier ministre conservateur s'appelle Baldwin. Baldwin. Je n'avais pas une grande sympathie pour lui jusqu'au jour où j'ai appris que c'était le cousin germain d'un des romanciers que je préfère qui est Kipling. Les deux mères, la mère de Kipling et la mère de Baldwin étaient sœurs. Donc, ça me l'a rendu un peu plus sympathique. Enfin, pour autant, pas dans cette histoire-là. Son discours est assez incroyable. Il

23:30
Locuteur

est

23:30
Invité

formidable. Vous le donnez à votre livre. Oui,

23:32
Locuteur

formidable.

23:32
Invité

Et donc, Baldwin, Churchill, qui est à ce moment-là l'homme politique le plus détesté de toute l'Angleterre, parce que les uns l'accusent d'avoir changé de camp et les autres d'être restés ce qu'il était, et donc, Churchill interpelle Baldwin, lui dit « Comment vous avez pu couvrir cette incroyable faute de ne pas armer l'Empire, la nation britannique,

24:02
Locuteur

alors

24:02
Invité

que Hitler et Mussolini sont en train de faire l'axe Ramb Berlin et que la guerre arrive ? » Et alors, Baldwin a cette incroyable phrase, je cite à peu près exactement,

24:13
Locuteur

il

24:13
Invité

lui dit « Je vais vous répondre

24:15
Locuteur

avec

24:16
Invité

une effroyable sincérité.

24:18
Locuteur

» Et

24:21
Invité

il dit « J'étais le chef d'un grand parti,

24:24
Locuteur

c

24:25
Invité

'était il y a deux ans,

24:26
Locuteur

le

24:27
Invité

peuple britannique n'avait jamais été aussi pacifiste

24:30
Locuteur

depuis

24:31
Invité

la fin de la Grande Guerre.

24:34
Locuteur

Si

24:34
Invité

je m'étais avancé en disant qu'il fallait armer, je n'avais aucune chance de gagner les élections, je ne connais pas de plus assuré discours pour faire que nous perdions les élections.

24:51
Locuteur

»

24:51
Invité

Eh bien, je trouve qu'il y a là exactement

24:55
Locuteur

le

24:55
Invité

plus profond du débat que vous évoquez.

24:59
Locuteur

Quand

24:59
Invité

vous êtes certain

25:01
Locuteur

que

25:01
Invité

votre pays est entraîné sur un chemin dont il ne se relèvera pas, défaites à la guerre d'un côté, défaites économiques pour nous, des emplois de l'autre,

25:12
Locuteur

et

25:13
Invité

que vous avez la certitude

25:15
Locuteur

qu

25:16
Invité

'il pourrait s'en sortir,

25:17
Locuteur

est

25:18
Invité

-ce que pour lui faire plaisir, vous lui dites le contraire de la vérité

25:21
Locuteur

? Voilà,

25:22
Invité

pour moi, ce

25:22
Locuteur

n'est

25:23
Invité

pas seulement une question d'opportunité,

25:26
Locuteur

c

25:27
Invité

'est qu'est-ce que c'est,

25:29
Locuteur

je

25:29
Invité

vais empailler un mot un peu

25:30
Locuteur

grand, la

25:32
Invité

vocation politique.

25:34
Locuteur

Ça

25:34
Invité

sert à quoi

25:35
Locuteur

de

25:35
Invité

donner sa vie à ça

25:37
Locuteur

? Si

25:38
Invité

c'est pour être appelé M. le ministre, franchement,

25:43
Locuteur

pour

25:43
Invité

l'avoir été, moi,

25:45
Locuteur

je

25:45
Invité

crois que ça ne vaut

25:46
Locuteur

pas

25:48
Invité

la peine.

25:49
Locuteur

Si

25:50
Invité

c'est pour faire qu'un pays se forme et se rassemble et que les gens disent

25:55
Locuteur

non

25:55
Invité

pas on va perdre ou on va s'effondrer, mais on va y aller,

25:59
Locuteur

on

25:59
Invité

va le faire. Ce n

26:00
Locuteur

'est

26:00
Invité

pas si difficile

26:02
Locuteur

que

26:02
Invité

l'entreprise en France soit aussi bien traitée que chez nos voisins.

26:06
Locuteur

Enfin, enfin ! Je l'avais déjà dit, c

26:09
Invité

'était

26:09
Locuteur

le paragraphe précédent. depuis le départ. Je ne suis pas entendu encore. Je ne suis pas entendu encore.

26:15
Présentateur

Putain,

26:16
Locuteur

on va y arriver.

26:16
Présentateur

Parce que c'est possible.

26:18
Locuteur

Non, non, non, non. Mais c'est

26:18
Présentateur

possible. Non, mais le livre de M. Bayou, il est très optimiste. Mais il est optimiste à condition qu'on suive sa vérité. C'est ça le problème.

26:25
Locuteur

Non, non, non, non.

26:28
Invité

Si, si,

26:28
Locuteur

si,

26:28
Invité

si.

26:29
Locuteur

Non,

26:29
Invité

si, si. Si,

26:31
Locuteur

parce

26:31
Invité

que non, non et non. Ça n'est pas ma vérité.

26:35
Locuteur

Mais

26:35
Invité

j'ai envie. Pardon.

26:36
Locuteur

Si

26:36
Invité

c'était ma vérité,

26:38
Présentateur

ça n'aurait aucun intérêt. Mais quand je vous lis à chaque page, puis je vais donner la parole à Émerican parce qu'il n

26:43
Locuteur

'est

26:43
Présentateur

pas encore beaucoup intervenu, mais à chaque page, on a envie de dire mais oui, il a raison, c'est vrai, il a raison.

26:48
Locuteur

Eh bien, ça suffit.

26:49
Présentateur

Arrêtons-nous là. Il

26:51
Locuteur

a raison, c'est vrai

26:52
Invité

et on va le faire ensemble.

26:56
Locuteur

Mais

26:56
Invité

on se dit, il n'y arrivera pas. On se dit, il n'y arrivera

27:01
Locuteur

pas. Et les autres, ils

27:01
Invité

y arrivent

27:02
Locuteur

?

27:02
Invité

Oui,

27:03
Locuteur

mais ils arrivent à être émis, pas vous. C'est ça ? Eh bien, voilà. Ils

27:07
Invité

sont... C 'est tout le problème. Ils sont provisoirement élus. Et j'ai entendu tout à l'heure votre numéro là sur les réussites exceptionnelles que nous connaissons en ce moment. Ils sont élus. D'accord, pourquoi faire

27:23
Locuteur

? Vous

27:24
Invité

comprenez ? Tant que le monde des observateurs, des élites que vous êtes, dit la seule question, c'est d'être élu. Non. La seule question, c'est d'être élu pour pouvoir faire quelque chose. Et même,

27:37
Locuteur

en

27:38
Invité

levant élu, la seule question, c'est de pouvoir faire quelque chose. Voilà, en tout cas, moi, ce que je crois. Parce que,

27:45
Locuteur

moi,

27:45
Invité

je trouve qu'on devrait avoir honte

27:48
Locuteur

qu

27:48
Invité

'on en soit à un moment où les gens vont se faire brûler devant Pôle emploi. C'est déjà... Attendez, mais...

27:59
Locuteur

Une

27:59
Invité

minute, stop, quoi.

28:01
Présentateur

Oui, mais on est

28:02
Locuteur

tous

28:02
Invité

d

28:02
Locuteur

'accord sur le constat. Bon, si c

28:06
Invité

'est ça, la question, alors, faisons ce qu'il faut pour qu'on n'en reste pas là. Parce que, ce qu'on entend autrement, c'est... Ouais, mais... Bah, ce qu'il faut,

28:19
Présentateur

si on vous suit, hein... Non, non,

28:20
Locuteur

non,

28:21
Présentateur

toi, pas. Non,

28:21
Locuteur

non,

28:21
Présentateur

c'est pas ça, mais ce qu'il faut, c'est... Il y a trois solutions, vous le dites, c'est Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, ou vous. Et vous dites, hélas, on sera peut-être obligés de passer par l'un ou l'autre. Je traduis, je caricature, je résume,

28:32
Locuteur

mais

28:32
Présentateur

hélas, on sera peut-être obligés de passer ou par Marine Le Pen ou par Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire qu'il y

28:38
Locuteur

a

28:38
Présentateur

un chaos, puisque vous expliquez que l

28:39
Locuteur

'un

28:39
Présentateur

et l'autre veulent sortir de l'euro, que ce serait le chaos, d'ailleurs, pas pour les plus riches, c'est ce que vous expliquez, ce serait... Bah, les plus riches,

28:45
Locuteur

ils

28:45
Présentateur

vont

28:46
Locuteur

se mettre

28:46
Présentateur

à l'abri. ...qui, une fois de plus, devraient en souffrir. Vous dites, alors, auquel cas, après, peut-être, on réussira, je, vous, un autre, à faire un gouvernement d'union... Vous voulez qu'on précise ? Oui, allez-y.

28:58
Invité

Précisez, quand même.

28:59
Locuteur

J

28:59
Invité

'ai dit, en effet, et ça me coûte,

29:03
Locuteur

que

29:04
Invité

je ne suis pas certain

29:05
Locuteur

que

29:06
Invité

dans l'État du pays, on évite

29:08
Locuteur

un

29:09
Invité

épisode extrémiste. Voilà. Je fais de la politique depuis des années, c'est la première fois de ma vie que j'en viens à penser ça. Parce qu'on a un système tellement bloqué, mais pour tout.

29:23
Locuteur

Tiens,

29:24
Invité

je vais parler d'autre chose que de l'État. Vous avez essayé d'appeler le serveur de EDF.

29:33
Locuteur

Moi,

29:34
Invité

j'ai fait ça la semaine dernière.

29:36
Locuteur

Ce

29:37
Invité

que j'ai reçu en coup de fil, en me disant, on va vous couper l'électricité. Dans un... Pas chez vous. Non, dans une... dans une écurie où j'avais des chevaux. Et donc, bon, alors, j'ai regardé, oui, en effet, il y

29:50
Locuteur

avait

29:50
Invité

une facture qui avait un retard de 4 semaines.

29:52
Locuteur

Je

29:53
Invité

n'avais jamais eu d'incident de paiement. Alors, j'ai cherché sur la facture le numéro qu'il fallait appeler.

30:01
Locuteur

Alors,

30:02
Invité

je suis tombé sur taper 1, taper 3, taper 4, après, sur la musique. Non, composez le numéro qui est en haut à gauche de votre facture.

30:16
Locuteur

En

30:17
Invité

haut à gauche de la facture, ce n'était pas le numéro qu'il fallait composer, c'était l'identifiant Internet. Et puis, au-dessous, en effet, quelques lignes après,

30:23
Locuteur

il

30:23
Invité

y avait... Mais je vous assure, il faut avoir au moins un diplôme de polytechnique pour lire les factures. Bon, alors, on y arrive. Après, j'ai un disque, une musique qui me dit vous avez 5 minutes d'attente. Bon, j'attends. J'ai attendu. Chrono, 19 minutes. Chrono, 19 minutes. Bon.

30:46
Locuteur

Puis,

30:46
Invité

je suis tombé sur un monsieur, je lui ai dit, écoutez, je vais vous engueuler, mais ce n

30:49
Locuteur

'est

30:49
Invité

pas vous qui êtes engueulé. Je sais très bien que vous n'y êtes pour rien. Tu

30:52
Présentateur

n

30:52
Locuteur

'as

30:52
Présentateur

quand même pas de bol de tomber sur François Bayron.

30:57
Invité

Ah, mais c'est une grande chose que vous venez de te dire. Parce que moi, je peux m'en sortir. Il n

31:03
Locuteur

'y a

31:03
Invité

pas de difficulté.

31:04
Locuteur

Mais

31:05
Invité

quand vous avez 82 ans

31:08
Locuteur

et

31:09
Invité

que vous n'y voyez pas bien,

31:11
Locuteur

vous

31:11
Invité

pensez à

31:12
Locuteur

Valéry

31:12
Invité

Giscard d'Esta. Non.

31:21
Locuteur

Je

31:21
Invité

vais vous dire, je pense toujours à ma mère avant qu'elle ne meure. Je comprends. Voilà. que vous n'y voyez pas bien.

31:28
Locuteur

Que vous n'y voyez pas

31:28
Invité

bien.

31:28
Locuteur

Qu

31:29
Invité

'on vous demande de lire le numéro d'identification en haut à gauche de la facture qui est sous le numéro d'identification Internet.

31:37
Locuteur

Et

31:38
Invité

alors, le monsieur, très gentiment, d'abord, je lui ai dit ce que je pensais. Jamais un incident de paiement. Je lui ai dit, si vous coupez, je mets tous mes abonnements chez GDF Suez.

31:49
Locuteur

Je

31:49
Invité

sais que ça sera la même chose

31:51
Locuteur

quand

31:52
Invité

on sera traité pareil, mais au moins, j'aurais montré ma mauvaise humeur.

31:54
Présentateur

Et des chevaux dans le noir.

31:56
Locuteur

Vous pouvez les faire passer

31:56
Invité

pour des bœufs,

31:57
Locuteur

vous savez.

32:06
Invité

Et donc, il dit, non, mais je vous assure, c'est réglé. J'ai envoyé le chèque sur l'instant. Il me dit, c'est réglé, c'est fini, l'incident est clos. Le lendemain matin, à 9h, on coupait l'électricité. Bon, ça n'a aucune importance. Mais c'est tous les jours comme ça.

32:22
Locuteur

Et

32:22
Invité

le serveur de France Télécom, vous avez essayé de le joindre ? Moi,

32:26
Locuteur

j'ai

32:27
Invité

essayé. C'est impossible.

32:29
Locuteur

Ah non, mais la prochaine fois que j'aurai un coup de fil à passer, je vais vous demander. Mais attends, on

32:34
Invité

reprend la conversation qu

32:36
Locuteur

'on

32:37
Invité

avait avant.

32:38
Locuteur

Si

32:38
Invité

on veut faire

32:39
Locuteur

un monde... On ne va jamais

32:39
Invité

par lui, nous, en

32:40
Locuteur

fait.

32:41
Invité

Si on veut faire un monde... Ça,

32:42
Locuteur

c

32:42
Invité

'est une nouvelle technique intéressante de

32:45
Locuteur

la part des

32:45
Invité

invités d

32:48
Locuteur

'une invité.

32:49
Invité

Non,

32:49
Locuteur

mais

32:49
Invité

c

32:50
Locuteur

'est un concept.

32:50
Invité

On reprend la

32:51
Locuteur

conversation. Je

32:51
Invité

vais être

32:52
Locuteur

très... Ça fait une évolution

32:53
Invité

de

32:53
Locuteur

l'émission. Monsieur l'instituteur, j'ai

32:54
Invité

fini.

32:55
Locuteur

Monsieur l'instituteur, attendez, monsieur

32:57
Invité

l'instituteur,

32:57
Locuteur

si tu veux faire un monde plus humain, je te laisse parler.

33:00
Invité

On est dans le trou, il faut qu

33:01
Locuteur

'on

33:01
Invité

s'en sorte. Je vais dire un truc de basse que j'ai entendu dans un bistrot. Tu veux qu'on évite les extrêmes. Pourquoi on ne

33:06
Locuteur

fait

33:06
Invité

pas un triumvirat avec le meilleur de gauche, le meilleur de droite, le meilleur du centre et

33:10
Locuteur

la majorité

33:11
Invité

des deux en prendre

33:11
Locuteur

des décisions ?

33:12
Invité

En tout cas, il y

33:12
Locuteur

a

33:12
Invité

une possibilité dans cette voie-là. Ça serait pas

33:15
Locuteur

mal.

33:15
Invité

Et si tu

33:16
Locuteur

lis... Puisqu'on a de la bonne volonté. C'est la bonne volonté.

33:18
Invité

Voilà.

33:18
Locuteur

Mais en tout cas... Ça s'appelle

33:19
Invité

un gouverneur à

33:19
Locuteur

l

33:19
Invité

'Union Nationale. C'est ça que vous

33:20
Locuteur

cherchez.

33:21
Invité

Un gouvernement... C 'est ce que...

33:22
Locuteur

En tout cas, un

33:24
Invité

gouvernement... C'est ce que vous désirez. Réformiste et qui ne peut être que central. Moi, je crois

33:30
Locuteur

qu'on finira par... C'est le seul recours. Non. C'est ce que vous expliquez d'ailleurs dans le livre. C

33:35
Invité

'est pas fait pour parler de moi, ce

33:36
Locuteur

truc-là.

33:37
Invité

Ah si, quand même. Ce livre... Non. C'est un peu. Non,

33:39
Locuteur

non.

33:39
Invité

Un peu. Un peu. Mais ça n'est pas le sujet du livre.

33:45
Locuteur

Le

33:46
Invité

sujet du livre, c'est, à mes yeux,

33:48
Locuteur

qu

33:49
Invité

'on ne peut pas s'en sortir si on ne regarde pas en face ces choses... J'en ai bien compris. Il y a quand même une dimension un peu messianique dans le livre. Moi, j'ai la vérité. En vérité, je vous le dis. Suivez-moi. Je vais vous montrer le chemin.

33:59
Locuteur

Je

33:59
Invité

n'ai pas une seule fois prononcé cette phrase. Parce que

34:02
Locuteur

je ne crois pas que ça soit ma vérité.

34:04
Présentateur

Mais vous écrivez

34:05
Locuteur

quand même

34:05
Présentateur

on ne rejoint pas tout de suite le parti de la vérité Parfois, il faut un long chemin. C'est le sens du serment de Léon Blum rentrant de déportation que j'ai mis en exergue de ce livre. J'ai fait ce chemin. Vous dites quand même que vous avez fait ce chemin de la vérité.

34:19
Invité

Jésus dit je suis le chemin, je suis la vérité, je suis la vie. On n'est pas loin. Enfin, de là à

34:25
Locuteur

me prendre pour Jésus,

34:27
Invité

de là à me prendre pour Jésus, je vois

34:29
Locuteur

que vous avez fait... Je n'ai pas dit que c'est moi qui me prenez bon. Je vois que vous avez fait un long chemin. L'approche que ça ne marche

34:33
Invité

pas parce

34:33
Locuteur

que c'est

34:33
Invité

Jésus et

34:34
Locuteur

la

34:34
Invité

lumière

34:34
Présentateur

fut. Philippe Lavreau.

34:43
Locuteur

Sauf qu'il a très mal terminé Jésus. Non, c'est chez son père.

34:46
Invité

Sauf

34:47
Locuteur

que Jésus

34:47
Invité

a très mal terminé.

34:48
Locuteur

Oui. Donc,

34:49
Invité

je vous terminerai sur la croix. Au fond,

34:51
Locuteur

c

34:51
Invité

'est ça votre vocation. Être crucifié

34:55
Locuteur

au

34:56
Invité

nom de la vérité. Non, je

34:58
Locuteur

veux

34:59
Invité

dire, si, Philippe, si on est

35:01
Locuteur

satisfait

35:03
Invité

de la

35:04
Locuteur

situation...

35:05
Invité

Non,

35:05
Locuteur

mais

35:05
Invité

non. Personne n

35:06
Locuteur

'a

35:06
Invité

l'air. Si on est satisfait, si on trouve,

35:10
Locuteur

je

35:10
Invité

décris cette attitude, que ça ne va pas si mal que ça,

35:14
Locuteur

que

35:14
Invité

ça ne va pas trop mal,

35:16
Locuteur

qu

35:16
Invité

'on va pouvoir passer ce cap et finalement retrouver... Si c'est ça, alors oui, il faut être UMP ou PS. Ça va très bien.

35:24
Locuteur

Si

35:25
Invité

on pense que ça ne va pas

35:27
Locuteur

et

35:27
Invité

que les extrêmes ne sont pas la solution, alors il faut chercher une autre voie.

35:31
Présentateur

Emmerick

35:31
Locuteur

encore.

35:32
Invité

Je voudrais revenir sur ce qui me semble être une contradiction dans votre livre. Vous dites à un moment qu

35:36
Locuteur

'il

35:36
Invité

faut rendre le pouvoir au peuple. Ça, c'est l'une de vos grandes idées pour rénover complètement la démocratie. Vous citez...

35:43
Locuteur

Vous

35:44
Invité

ne le dites pas ? Si, si, vous le dites ? Enfin,

35:45
Locuteur

si,

35:45
Invité

j'ai eu... Non, non, non. Vous citez par exemple De Gaulle et notamment sa notion de participation du peuple, participation dans les entreprises, participation à la vie politique vers le référendum. On est d'accord. Déjà, moi, je trouve un certain nombre de contradictions parce que si on prend votre vision de l'Europe, vous dites,

36:02
Locuteur

l

36:02
Invité

'Europe, on ne peut pas la changer. C'est comme ça. On ne

36:04
Locuteur

peut

36:04
Invité

pas fermer les frontières. Donc, la libre circulation des capitaux, la libre circulation des hommes, etc. On ne peut rien y changer. Sauf que cette Europe actuelle que vous défendez aujourd'hui, elle a complètement...

36:15
Locuteur

Comment

36:15
Invité

dirais-je ? Enlevé le pouvoir de décision au peuple et au gouvernement. Les États-Nations sont extrêmement affaiblis par cette Europe actuelle. Déjà, je trouve qu

36:24
Locuteur

'il y a

36:24
Invité

une contradiction puisque les peuples n'ont plus le pouvoir de décision. On l'a vu, par exemple, la semaine dernière, Delphine Bateau nous expliquer...

36:29
Locuteur

Il dit le contraire,

36:30
Présentateur

François Bayrou. Vous avez mal

36:31
Locuteur

lu la fin

36:32
Invité

du livre.

36:32
Locuteur

Non, non, non. Je

36:34
Invité

ne voulais pas vous mettre en difficulté, mais

36:35
Locuteur

je dis...

36:39
Invité

Je sais qu'il le dit à la fin,

36:40
Locuteur

mais

36:40
Invité

il

36:40
Locuteur

dit exactement le contraire. Je peux lire ce passage ?

36:46
Présentateur

Si, il dit... Oui, je sais. C'est sur ce ressort que jouent tous ceux qui veulent mettre à mal l'idéal européen. Toutes ces affirmations péremptoires... Et c'est vrai que c'est un peu la marotte aussi de Natacha ici, dans cette émission. Ce

37:00
Locuteur

n'est pas une marotte, c'est une

37:01
Invité

pensée politique.

37:02
Présentateur

Ces

37:02
Locuteur

affirmations

37:03
Présentateur

péremptoires selon lesquelles c'est à Bruxelles que désormais se décide 80% de notre législation.

37:10
Locuteur

M.

37:10
Présentateur

Bayrou dit, c'est une désinformation devant laquelle les défenseurs de l'idée européenne sont restés trop longtemps passifs. D'abord, je vous aide

37:19
Locuteur

à

37:19
Présentateur

M. Bayrou sur ce coup-là. Vous faites votre boulot.

37:22
Locuteur

C'est pour ça. Je suis là parce qu'en fait, la

37:24
Présentateur

vérité, c'est moi.

37:29
Locuteur

Il

37:30
Présentateur

convient de rappeler, écrit M. Bayrou, qu'il n'est pas une seule décision européenne importante dans quelques domaines que ce soit qui se prennent sans l'assentiment des gouvernements nationaux, particulièrement des grands pays comme la France. Il suffit de passer en revue les grands domaines de décision pour vérifier que... Votre affirmation... Votre affirmation... est fallacieuse. C'est à l'échelon national que se prend l'essentiel des décisions sur l'organisation du système éducatif. C'est chez nous que se décide l'organisation de notre système de santé, d'assurance chômage, de retraite. C'est chez nous qu'est défini notre droit social.

Ce sont nos gouvernants qui ont la charge de notre défense nationale, l'organisation de notre sécurité et de notre compétence. Bref, la France est maître de son destin sur de nombreuses questions, y compris les questions énergétiques. On le voit, M. Bayrou donne l'exemple, avec la question nucléaire ou le gaz de schiste. Nous décidons pareillement, souverainement, de nos impôts, de notre fiscalité. Bref, ce

38:27
Locuteur

n'est pas l'Europe

38:32
Invité

qui vous tentez

38:33
Locuteur

la

38:33
Invité

vérité. Non ! Mais

38:34
Locuteur

si !

38:35
Invité

Je pense en effet que la principale faiblesse de l'Europe,

38:38
Locuteur

c

38:39
Invité

'est que le citoyen n'y ait pas accès. Et c'est pourquoi je propose un changement fondamental. Mais même, on est plus d'accord que vous ne le croyez. Car, par exemple, je défends l'idée que la Banque Centrale Européenne devrait prêter directement aux États. Ce qui est une idée qui devrait vous plaire à tous les deux. Oui, bien sûr.

38:58
Locuteur

Mais je n'ai pas fait pour ça. Sauf que

38:59
Invité

vous êtes un des rares à la défendre avec quelques-uns et que ce n

39:02
Locuteur

'est

39:02
Invité

pas du tout l'intention des autres pays

39:04
Locuteur

européens. Donc ça ne se fera pas. Et bien,

39:06
Invité

battons-nous !

39:07
Locuteur

Si

39:08
Invité

on n'est pas d'accord, battons-nous ! Christian Cheneau ou Jean-François

39:11
Locuteur

Gruneau

39:11
Présentateur

vont intervenir.

39:12
Invité

J'étais à Dubaï il n'y

39:13
Locuteur

a

39:13
Invité

pas longtemps et j'ai appris qu

39:14
Locuteur

'il

39:14
Invité

y

39:14
Locuteur

a

39:14
Invité

eu chaque mois, il y a eu 120 à 150 jeunes français qui arrivent pour chercher du travail.

39:19
Locuteur

Qu

39:20
Invité

'est-ce que vous leur dites à ces jeunes-là

39:21
Locuteur

? Qu

39:23
Invité

'est-ce que je nous dis à nous, d'abord ? Parce que

39:25
Locuteur

ce

39:26
Invité

n

39:26
Locuteur

'est

39:26
Invité

pas de votre faute. Mais enfin, avec le discours que vous tenez, c'est vrai que ce n

39:29
Locuteur

'est

39:29
Invité

pas très encourageant. Ils

39:32
Locuteur

n'ont

39:32
Invité

pas envie

39:33
Locuteur

d'attendre... Alors,

39:34
Invité

excusez-moi de dire qu'il faut renverser votre propos.

39:38
Locuteur

C

39:39
Invité

'est vous qui dites qu'il y a 150 jeunes français qui arrivent à Dubaï et tant

39:43
Locuteur

de milliers qui vont

39:45
Invité

en Grande-Bretagne et tant de milliers qui partent en Allemagne ou en Suisse ? Bon, c'est vous qui le dites. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Ne pas le dire ici,

39:57
Locuteur

ne

39:57
Invité

pas le révéler en écrivant des livres que la situation du pays est telle

40:02
Locuteur

que

40:03
Invité

les jeunes s'en vont

40:04
Locuteur

ou

40:04
Invité

bien au contraire en prendre acte pour essayer de changer les choses.

40:08
Locuteur

Il

40:09
Invité

me semble que quand les choses vont si mal que les jeunes s'en vont, eh bien, ça nous oblige, nous, à nous en occuper un tout petit peu. Voilà simplement ce que je crois.

40:17
Présentateur

Moi, j'aimerais qu'on aborde la fin du livre parce que quand même, c'est un résumé, vous faites une conclusion qui résume tout ce que vous avez pu écrire avant. Vous dites, lorsque ce livre sera lu, je recevrai à coup sûr une objection attendue. les hommes auxquels je me réfère puisque vous rendez hommage à Madresse France, à Raymond Barr, n'ont jamais gagné l'élection présidentielle. Mes modèles, ce sont des perdants en quelque sorte.

Il est vrai qu'ils ont perdu, écrivez-vous, ces deux-là, mais il est des gens pour croire que la politique se limite à l'ordre électoral, les victoires, les défaites, les applaudissements dans un cas, les haussements d'épaule méprisants dans l'autre, mais la politique n'est pas principalement d'ordre électoral. La politique, écrivez-vous, est principalement, du moins à mes yeux, d'ordre civique. Le peuple français se sera-t-il trouvé du fait de l'action de ces hommes plus conscients, plus citoyens, plus mûrs ? La preuve, c'est qu'on parle encore d'eux aujourd'hui, de Madresse France ou de Raymond Barr. Mais vous écrivez un peu plus loin, il y a plus.

Voyez où nous ont conduit en 20 ou 30 années d'exercice les efforts de tous les cyniques. Regardez notre pays. Peut-on imaginer tableaux plus accablants de l'incapacité des politiques qui se jugeaient eux-mêmes comme les plus habiles ? Ils ont truandé, truandé, à qui mieux mieux, les lecteurs naïfs. Ils ont truqué la réalité, multiplié les promesses pour prendre le pouvoir et ce pouvoir corrompu dès son origine par la fraude dont il est issu, qu'en ont-ils fait ? Rien ! La France est le pays du monde où les gouvernants ont le plus de pouvoir et celui probablement où l'on doit constater que le pouvoir est le plus impuissant. Je saute quelques lignes.

La seule chose sur laquelle j'ai un doute est celle-ci. Est-ce que l'avènement du parti de la vérité sera la prochaine étape très vite

41:56
Locuteur

ou

41:57
Présentateur

seulement, on revient à ce qu'on a dit tout à l'heure, l'étape ultérieure après une de ces grandes secousses dont notre pays est coutumier au prix par exemple d'une vague d'extrêmes pour ensevelir les ruines de ces politiques épuisées ? Je n'ai pas encore la réponse à cette question. Je vois bien des raisons de craindre et cependant, je crois toujours que le pire n'est pas fatal et je me battrai avec tous ceux qui se reconnaissent dans ce combat pour éviter un tel accident historique.

42:22
Locuteur

Et

42:22
Présentateur

à la fin, la dernière phrase de votre livre est terrible.

42:25
Locuteur

La

42:26
Présentateur

dernière phrase, c'est « Ce qui nous changera des années pourries

42:29
Locuteur

». Vous

42:31
Présentateur

se gagnez fort quand même. Ben c'est vrai. Ce sont des années pourries tout ce qu'on vient de vivre.

42:35
Invité

Ah oui, ça fait...

42:36
Locuteur

Sous

42:36
Présentateur

-Sarkozy, la première année Hollande

42:38
Locuteur

? Ben,

42:40
Invité

on peut même remonter plus loin encore.

42:43
Présentateur

Chirac avant.

42:43
Locuteur

Lorsque

42:44
Invité

vous étiez ministre,

42:46
Locuteur

c

42:46
Invité

'était aussi

42:46
Locuteur

les

42:47
Invité

années pourries

42:47
Locuteur

?

42:48
Invité

Je...

42:49
Locuteur

Non

42:49
Invité

mais, alors,

42:50
Locuteur

à

42:50
Invité

quel moment vous

42:51
Locuteur

vous êtes remonté cette horreur ?

42:52
Invité

J'étais ministre du gouvernement Juppé. Juppé a essayé

42:57
Locuteur

de

42:58
Invité

faire...

43:01
Locuteur

prendre

43:02
Invité

conscience de ce pays et

43:03
Locuteur

prendre

43:04
Invité

les décisions nécessaires.

43:06
Présentateur

Juppé est cité dans les bons exemples, d'ailleurs,

43:08
Locuteur

avec aussi, à un moment donné, François

43:10
Présentateur

Fillon quand

43:10
Locuteur

il dit

43:11
Présentateur

que l'État est en faillite.

43:12
Invité

Non mais, je pense que Fillon, Juppé, pour prendre des générations, Gérard Collomb à gauche, Fred Samen,

43:26
Locuteur

ils

43:26
Invité

viennent de faire des déclarations tous ces dernières semaines. Voilà, le prochain gouvernement de François Bayrou. Tous équilibrés. Je ne suis

43:34
Locuteur

pas

43:34
Invité

content, François. c'est des gens qui tous d'une certaine manière participent à cette idée qu

43:44
Locuteur

'on

43:45
Invité

peut s'en sortir. Matasha ? Vous êtes en train de nous dire qu'il faut changer le système institutionnel, mais qu'en gros, le système économique, on va le changer en faisant un peu plus que ce qu'on a fait. Ça va faire monter les extrêmes et pour une raison, c'est que dans votre livre, tout au long de votre livre, vous effacez une autre dimension qui est la crise civilisationnelle, la crise identitaire qu'il y a dans ce pays. Vous nous dites que

44:09
Locuteur

ce

44:09
Invité

n

44:09
Locuteur

'est

44:09
Invité

pas grave,

44:10
Locuteur

on

44:10
Invité

va se rassembler, tout va bien. Mais non, il y a une crise d'intégration, vous ne la voyez pas.

44:15
Locuteur

Il y a une crise... Moi, si je l'en parle un peu quand même. Mais non.

44:17
Invité

Et d'ailleurs, un seul exemple, quand il y a eu la ferméra, quand il y a eu ce massacre dans l'école juive,

44:24
Locuteur

vous

44:24
Invité

avez déclaré tout de suite que c'était les discours qui avaient fait monter les tensions qui étaient responsables.

44:33
Locuteur

Vous visiez là,

44:34
Invité

si je puis me permettre, Marine Le Pen et Nicolas

44:37
Locuteur

Sarkozy.

44:38
Invité

Si. Je ne savais pas qui étaient les inspirateurs. Mais si vous ne voyez

44:44
Locuteur

pas

44:44
Invité

qu'il y a des discours qui font monter l'antisémitisme, c'est que vous n'avez pas les yeux ouverts.

44:53
Locuteur

De même qu'il y a des discours qui font monter l'islamophobie, l'antisémitisme

44:59
Invité

un peu partout. et que la question que je voulais vous poser,

45:01
Locuteur

c'est est-ce que vous ne pensez pas

45:03
Invité

qu'au-delà des questions de création d'entreprise, au-delà des questions d'Europe, pas Europe, Euro, pas Euro, on peut en discuter, est-ce qu'il n

45:10
Locuteur

'y a

45:10
Invité

pas aussi une réponse à apporter sur les divisions profondes qu'il y a dans ce pays, les divisions sur la perception qu'on peut avoir de ce que doit être une société unie

45:20
Locuteur

?

45:20
Invité

Non mais,

45:23
Locuteur

vous

45:23
Invité

avez lu le livre, il y a une dizaine des pages sur la défense de la nation.

45:28
Locuteur

Pour

45:29
Invité

nous expliquer que c'est par l'Europe que ça va passer. Non, je pense que ça n'est pas contradictoire.

45:33
Locuteur

Et

45:34
Invité

moi, je pense que la nation est quelque chose qu'on ne se laissera jamais arracher

45:41
Locuteur

et

45:41
Invité

que si on veut que cette nation ait une chance, il

45:43
Locuteur

faut

45:43
Invité

qu'elle s'entende avec les nations voisines pour faire, en effet, pour conduire un effort. Il faut d'abord qu

45:48
Locuteur

'elle

45:48
Invité

s'entende avec elle-même. Il faut d'abord qu'elle accepte

45:53
Locuteur

le principe de son

45:54
Invité

unité. Non mais attends, il y

45:57
Locuteur

a

45:57
Invité

un problème de communautarisme dans ce pays,

45:59
Locuteur

un

45:59
Invité

problème d'intégration.

46:01
Locuteur

Bien

46:01
Invité

sûr, oui.

46:01
Locuteur

Il

46:01
Invité

y

46:01
Locuteur

a

46:01
Invité

un problème énorme. Bien sûr.

46:03
Locuteur

J

46:03
Invité

'imagine que vous les envisageriez dans votre...

46:06
Locuteur

J'en parle explicitement, oui.

46:08
Invité

Bien sûr. Deuxième question. Deuxième question.

46:12
Locuteur

On

46:12
Invité

ne peut pas être un imprécateur toute sa vie. Vous ne pouvez pas en permanence être un imprécateur-là. Donc il faut bien,

46:18
Locuteur

d

46:19
Invité

'une manière ou d'une autre, revenir, agir. Non mais revenir dans le jeu politique. Oui

46:25
Locuteur

ou non

46:25
Invité

? Non mais vous... C

46:27
Locuteur

'est même pas le

46:27
Invité

jeu. C'est la

46:28
Locuteur

réalité politique la plus

46:29
Invité

profonde. Oui, dans l'euro, dans l'action politique.

46:32
Locuteur

Pour

46:32
Invité

l'instant, vous êtes l'imprécateur et vous dites des choses, des vérités évidentes

46:36
Locuteur

sur

46:36
Invité

lesquelles on est à peu près tous d'accord. Moi, ma question, c'est... François Bayrou, aujourd'hui, vous faites quoi ?

46:43
Locuteur

Il

46:43
Invité

y

46:43
Locuteur

a

46:43
Invité

des institutions,

46:44
Locuteur

il

46:45
Invité

y a des élections, il y

46:47
Locuteur

a

46:47
Invité

des échéances. Vous allez bien, un jour ou l'autre, vous représenter

46:51
Locuteur

à

46:51
Invité

quelque chose, non

46:52
Locuteur

? Vous

46:53
Présentateur

composez vos services à Matignon pour

46:55
Locuteur

François Hollande ? Non, ce

46:56
Invité

n

46:56
Locuteur

'est

46:56
Invité

pas mon sujet. Je ne crois

46:59
Locuteur

pas, moi...

47:00
Invité

Comment vous allez

47:01
Locuteur

agir

47:01
Invité

? Exemple.

47:02
Locuteur

Vous

47:02
Invité

croyez, vous, que les gens qui sont dans l'opposition ne servent à rien

47:05
Locuteur

?

47:05
Invité

Je n

47:06
Locuteur

'ai

47:06
Invité

jamais dit ça. Vous dites qu

47:07
Locuteur

'il

47:07
Invité

faut être au pouvoir. Non. Il faut exercer le pouvoir.

47:10
Locuteur

Un

47:10
Invité

jour ou l'autre, il faut bien l'être. Bon. Non ? Mendes France a exercé le pouvoir sept mois.

47:17
Locuteur

Et

47:17
Invité

on en parle encore tous les jours. On

47:19
Locuteur

en parle,

47:20
Invité

mais on ne

47:20
Locuteur

parle

47:20
Invité

pas de son bilan.

47:21
Locuteur

Dans

47:21
Invité

les dix ans que De Gaulle a passé à Colombay, est-ce qu'il était nul

47:26
Locuteur

? Mais

47:27
Invité

qui vous a dit ça

47:28
Locuteur

?

47:28
Invité

Mais si ! Est-ce que je vous ai dit que vous étiez nul ? Non, non, pas du tout. Je suis dans le débat qui est le plus profond et le plus inquiétant pour les gens,

47:38
Locuteur

qui

47:39
Invité

est, est-ce qu'on a une chance de s'en tirer

47:42
Locuteur

ou

47:43
Invité

pas

47:43
Locuteur

? Émeric

47:44
Invité

Caron.

47:46
Locuteur

Je

47:46
Invité

veux revenir sur cette notion de vérité que vous défendez tant et dont vous dites finalement qu'elle vous a causé, qu'elle vous cause beaucoup de tort puisque c'est à cause de cette vérité que vous seriez le seul à proclamer, que vous êtes aujourd'hui isolé politiquement. Et vous dites en gros qu'aujourd'hui, celui qui dit la vérité, qui a le courage de dire la vérité, finalement, ne peut pas être élu parce que celui qui est élu, même si vous dites en même temps, enfin, c

48:04
Locuteur

'est

48:04
Invité

un peu ambigu parce que vous dites que les gens en ont marre, etc., et qu'ils veulent un discours de vérité, mais vous dites que pour être élu, il faut être dans la séduction, etc., etc., ce que vous refusez de faire. Mais

48:11
Locuteur

d

48:12
Invité

'une part, vous-même, vous avez été élu

48:14
Locuteur

plus

48:14
Invité

de 25 ans député,

48:16
Locuteur

vous

48:16
Invité

avez fait un très bon score à la présidentielle au premier tour en 2007, donc il y a quelque chose qui ne va pas là parce que si vous étiez à l'époque dans les discours de vérité et que ça vous avalue des succès électoraux, pourquoi ce ne serait plus le cas aujourd'hui ? Il y

48:27
Locuteur

a

48:27
Invité

déjà un paradoxe. Et donc, je me suis dit, est-ce que finalement, ce n

48:30
Locuteur

'est

48:30
Invité

pas plutôt un refuge que vous avez trouvé en disant que je suis le seul, finalement, à dire la vérité et c'est pour ça qu'aujourd'hui, j'ai des difficultés, pour ne pas vous remettre réellement en question, pour éviter une introspection

48:40
Locuteur

et

48:41
Invité

vous dire, simplement, mais où ai-je échoué

48:43
Locuteur

? Alors,

48:44
Invité

c'est une bonne question. C

48:46
Locuteur

'est la

48:46
Invité

dernière,

48:46
Locuteur

c'est peut-être la plus cruelle. Alors,

48:48
Invité

ça serait une très bonne question si les autres réussissaient. Si, attendez. Non,

48:56
Locuteur

mais

48:56
Invité

là, vous voyez, vous

48:57
Locuteur

renvoyez encore le problème.

48:59
Invité

Non,

48:59
Locuteur

non, non.

49:00
Invité

C'est très politique, ce que vous faites.

49:01
Locuteur

Pour quelqu'un

49:02
Invité

qui dit la vérité, ça me déçoit. Pas du tout. Là, vous faites de la télévision. Non, j'ai posé une vraie question. Des mots sympathiques et d'ailleurs assez drôles et au fond assez justes qui touchent comme ça.

49:24
Locuteur

Mais

49:25
Invité

ce que vous ne voyez pas,

49:27
Locuteur

c

49:27
Invité

'est que

49:28
Locuteur

ce

49:29
Invité

système qu'au fond vous défendez, ça nous conduit. Vous défendez. Parce qu'au fond, ça consiste à dire on peut continuer comme ça. Pas du tout.

49:38
Locuteur

Moi, je vous dis... C'est une imparité. Je ne sais pas d'où

49:41
Invité

vous sortez

49:41
Locuteur

ça. Qu'est-ce qui, dans ma

49:43
Invité

question, vous permet de...

49:44
Locuteur

Bah si,

49:44
Invité

parce que vous dites qu'au fond, la défense d'un autre système... Non,

49:49
Locuteur

non,

49:49
Invité

pas du tout. Je dis que vous avez eu des succès électoraux que vous n'avez plus aujourd'hui. Pourquoi avez-vous gagné une époque ? Je vais poser la question très directement. Pourquoi avez-vous gagné à une époque ? Et ce

49:56
Locuteur

n

49:56
Invité

'est plus le cas aujourd'hui. Parce que j'étais peut-être... C'était peut-être une meilleure campagne. C'était peut-être plus en phase avec

50:03
Locuteur

ce que les gens attendaient. Vous mentiez ? Non,

50:05
Invité

pas du tout. Pas une seule fois. Donc

50:08
Locuteur

on peut gagner ? Peut-être mes adversaires. On peut gagner sans mentir.

50:11
Invité

Peut-être les adversaires qu'il y avait à cette époque étaient moins forts que ceux qu'il y a eu en 2011. On

50:15
Locuteur

a

50:16
Invité

le sentiment que vous ne vous remettez pas du tout en cause dans ce livre. Et voilà, c'est ça que je voulais dire. Est-ce

50:20
Locuteur

que... C

50:21
Invité

'est une erreur de ma part. J'ai mal lu ce livre. Si la question du pays, aujourd'hui, c'était François Bayrou, je comprendrais votre question.

50:30
Locuteur

Et

50:30
Invité

alors, je serais prêt à entrer dans l'introspection, parce que, croyez-moi, je crois connaître assez bien

50:37
Locuteur

mes faiblesses. Qui

50:38
Invité

sont ?

50:38
Locuteur

Qui

50:39
Invité

sont multiples, innombrables.

50:41
Locuteur

Ben, si t'es en une...

50:43
Invité

Bon, je crois connaître ça assez

50:44
Locuteur

bien. Une, par exemple

50:45
Invité

? Je crois... Ben, je vais à contre-courant et c'est plus facile d'aller dans le courant.

50:50
Locuteur

Ça, c'est une faiblesse. Oui. On

50:51
Invité

dirait

50:52
Locuteur

un défaut, vous savez, lorsque on doit faire des... C'est sujet de... Quand on a

50:54
Présentateur

quelqu'un défaut, quitte que ce soit nous, c'est pareil, on dit toujours une qualité.

50:59
Locuteur

C'est pas un discours de vérité, par exemple.

51:02
Invité

Ben non, vous voyez,

51:03
Locuteur

on fait la langue de bois.

51:03
Présentateur

Excusez-moi. C'est quoi ton défaut ? Je suis trop franc.

51:06
Locuteur

Non, c

51:06
Invité

'est

51:06
Présentateur

ça.

51:08
Invité

Alors revenons... Ben

51:09
Locuteur

non, vous voyez, vous faites de la langue de bois. Non, je fais pas de langue de bois. C'était moi un vrai

51:12
Invité

défaut. Moi ? Oui. Je suis... assez facilement solitaire.

51:21
Locuteur

Oui,

51:21
Invité

c'est pas une révélation non plus. Là,

51:24
Locuteur

vous demandez

51:25
Invité

un

51:25
Locuteur

défaut.

51:25
Invité

On n'est pas sur le divan, Enric. Si j'avais perdu et que les gagnants nous conduisaient sur une voie formidable, ou même convenable, si ça allait... Je suis pour rien. Pas si mal. Si ça allait pas si mal.

51:40
Locuteur

Je

51:41
Invité

vous jure que vous auriez raison de poser ce genre de questions et d'ailleurs, je serais ridicule d'écrire des livres sur ce sujet. Il n

51:46
Locuteur

'y a

51:46
Invité

que Michel Larocque qui a le droit à une question.

51:47
Locuteur

Parce qu'elle a le droit. Non,

51:50
Invité

je voulais comprendre quelque chose. On parle de problèmes d'intégration, de problèmes même de racisme en France, etc. Mais pourquoi on ne dit pas, pourquoi vous ne dites pas, pas que vous, mais qu'on a besoin d'immigration en France, que le pourcentage d'immigration n'est pas aussi important que les Français peuvent le croire, et qu'en plus, c'est grâce à eux qu'il y

52:10
Locuteur

a

52:10
Invité

une vraie démographie et que... Comment ? On le dit, tout

52:14
Locuteur

ça.

52:14
Invité

Non, on le dit.

52:15
Locuteur

Moi, je ne l'entends jamais. C'est le

52:16
Invité

discours

52:16
Locuteur

le

52:16
Invité

plus... Mais

52:17
Locuteur

je ne l'entends jamais.

52:18
Invité

C'est ça qui rend le pays vivant, que c'est grâce à eux, justement, à

52:22
Locuteur

l'immigration qu'on a notre retraite. C'est

52:25
Invité

le discours

52:25
Locuteur

le plus... Mais oui, mais

52:26
Invité

moi,

52:26
Locuteur

je ne trouve

52:26
Invité

pas qu'on en parle assez.

52:28
Locuteur

Et

52:28
Invité

donc, du coup, je pense que ça pourrait quand même vraiment aider

52:30
Locuteur

l'opinion des gens.

52:31
Présentateur

On aura Éric Zemmour sur ce plateau. La semaine prochaine, je pense qu'on en parlera

52:36
Locuteur

beaucoup avec lui. Est

52:44
Invité

-ce qu'on peut répondre à la question de Michel Larocque

52:47
Locuteur

?

52:48
Invité

Bien sûr qu

52:49
Locuteur

'on

52:50
Invité

a besoin de l'immigration.

52:53
Locuteur

Et

52:53
Invité

en même temps, l'apport de populations qui viennent d'autres cultures, qui ont d'autres modes de vie,

53:01
Locuteur

est

53:02
Invité

déstabilisant pour une société, spécialement pour une société en crise.

53:06
Locuteur

C

53:07
Invité

'est comme ça.

53:07
Locuteur

C

53:08
Invité

'est... Chaque fois que vous avez... Et pas seulement chez nous, et pas seulement sous nos latitudes, un pays qui va mal, et que vous avez des apports de populations, de modes de vie qui sont très différents, chaque fois, ça crée une tension. On n'a pas parlé du Qatar. Je pense qu'il y a un sujet qui monte autour de cette question. On a toujours l'impression que les peuples en crise ont l'impression qu'ils sont menacés

53:40
Locuteur

par les

53:42
Invité

cultures différentes qui viennent s'intégrer ou s'enraciner au milieu d'eux.

53:50
Locuteur

C

53:50
Invité

'est comme ça.

53:51
Locuteur

Et

53:52
Invité

c'est pas seulement de dire qu'on en a besoin qui permet de résoudre cette question-là. parce que...