Déconfinement: discours d'Édouard Philippe du 2 juin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous. Le 7 mai dernier, je vous ai présenté le plan que nous avions préparé pour déconfiner le pays. Un plan qui suivait une ligne de crête, exigeant beaucoup de prudence et de méthode pour ne pas brûler les étapes et risquer une seconde vague épidémique. Un plan pour trois semaines, du 11 mai au 1er juin, pour sortir du déconfinement. Le 7 mai dernier, je vous avais donné rendez-vous pour vérifier précisément où nous en serions, pour savoir si, oui ou non, nous serions en mesure de contenir l'épidémie, pour annoncer de nouvelles mesures, à nouveau pour les trois semaines suivantes, ce qu'on appelle la phase 2 du déconfinement, et pour vous donner des perspectives pour cet été.
Pour partager aussi, comme nous le faisons régulièrement avec le ministre des Solidarités et de la Santé, en toute transparence, les chiffres qui nous permettent de fonder nos décisions et de construire notre stratégie. Eh bien, nous y sommes. Et si je devais résumer l'ensemble des données qui vont vous être présentées, je dirais que les résultats sont bons sur le plan sanitaire. Même si nous restons prudents, même si nous ne pouvons pas courir le risque de la désinvolture, les nouvelles sont plutôt bonnes. Avec le ministre des Solidarités et de la Santé, nous allons d'abord partager avec vous les données dont nous disposons.
Nous allons vous indiquer celles de nos inquiétudes qui nous imposent de demeurer vigilants. Puis je demanderai au ministre de l'Éducation nationale de préciser les conditions dans lesquelles nous allons pouvoir accélérer la reprise de l'école. C'est un sujet crucial. Je présenterai enfin toutes les décisions très concrètes que nous avons prises ce matin au Conseil de défense, sous l'autorité du président de la République, et la façon dont nous allons nous organiser pour les trois semaines qui viennent. Mais avant tout cela, un mot sur le bilan.
Pour suivre l'évolution du Covid-19 dans le pays, nous vous avions présenté les indicateurs qui permettaient de distinguer les zones dites rouges et les zones dites vertes. La différence entre ces zones, c'était la circulation du virus, la disponibilité des lits de réanimation et la capacité de test pour déceler d'éventuels redémarrages de l'épidémie. Avec ces indicateurs, quatre régions étaient en zone dites rouges. Aujourd'hui, tous ces indicateurs sont au vert, à l'exception notable de deux départements, le Val d'Oise et Mayotte. Alors ça ne veut pas dire que le virus ne circule plus.
Ça ne veut pas dire que le virus ne circulerait que dans ces deux départements, de Mayotte et du Val d'Oise. Pas du tout. Le virus est encore présent à des degrés divers sur tout le territoire. Mais ça veut dire que sa vitesse de circulation, sa vitesse de propagation est à ce stade sous contrôle. Ça veut dire que nous en sommes là où nous espérions nous trouver à la fin du mois de mai. Et en réalité, c'est même mieux que cela. Nous sommes un peu mieux que là où nous espérions être. C'est donc une très bonne nouvelle. Et cette bonne nouvelle, elle n'est pas le fruit d'un miracle. C'est le résultat du bon travail de tous ceux qui sont mobilisés contre l'épidémie.
Les soignants, bien sûr, évidemment. Les élus locaux aussi, qui ont su adapter le plan de déconfinement à la réalité du terrain, en lien avec les préfets. Les équipes des ARS et de l'assurance maladie, qui ont pour mission de remonter les chaînes de contamination. C'est le fruit de leur travail. C'est surtout le fruit de votre rigueur et de votre civisme. Et je ne le dirai jamais assez. C'est le respect des consignes, la rigueur tranquille avec laquelle nous mettons en œuvre les procédures de déconfinement qui constituent nos meilleures protections contre un redémarrage de l'épidémie. Sur le plan sanitaire, les nouvelles sont donc bonnes.
Bonnes, mais pas suffisamment bonnes pour dire que tout redeviendrait normal. Nous devons rester prudents et vigilants pour trois raisons. D'abord, parce que le virus continue à circuler, je le disais. Partout en France, de nombreux clusters surgissent. Heureusement, nous les détectons rapidement. Mais ils sont toujours porteurs de risques, risques de contamination important. Ensuite, parce que l'hôpital, même s'il a retrouvé une forme de sérénité, reste sous tension. Il a subi, vous le savez, un effort, une pression absolument considérable.
Nous nous réjouissons tous, évidemment, que le chiffre de personnes en réanimation soit descendu de plus de 7000 au moment du pic à moins de 2000 aujourd'hui. Mais moins de 2000 aujourd'hui, ça représente toujours 30% de notre capacité de réanimation en temps normal. Et c'est beaucoup, vraiment beaucoup. Enfin, nous connaissons de mieux en mieux le virus. Et nous savons qu'il est particulièrement virulent dans les milieux fermés, dans les grands rassemblements. Et qu'il touche de façon particulièrement sévère les personnes précaires et vulnérables. Tout ceci justifie donc que nous restions très vigilants.
Le ministre des Solidarités et de la Santé va vous présenter le dispositif de surveillance qui est mis en place pour tous les départements et qui permet, partout sur le territoire, de prendre des mesures de précaution si nécessaire. Tous les départements vont bénéficier de nouvelles mesures fortes de déconfinement. Mais nous allons surveiller avec une vigilance particulière les départements d'Ile-de-France, la Guyane et Mayotte. Dans ces départements, le virus circule un peu plus qu'ailleurs et des inquiétudes spécifiques demeurent donc. Le ministre de la Santé y reviendra.
Dans ces départements, que nous allons qualifier de départements oranges, le déconfinement sera, dans les trois semaines qui viennent, un peu plus prudent que sur le reste du territoire. Au cours de cette phase 2, et je veux insister sur cet élément qui est important, la liberté, enfin, va redevenir la règle et l'interdiction constituera l'exception. Nous avons ainsi notamment décidé l'accélération de la réouverture des écoles et collèges dans toutes les zones et des lycées dans les départements verts. Le ministre de l'Éducation nationale y reviendra dans un instant.
La réouverture des cafés, des restaurants, des bars, le retour progressif de la vie culturelle et sportive avec des contraintes spécifiques dans les zones de vigilance orange. La réouverture des parcs et jardins en zone orange. Mais cette liberté retrouvée implique des contraintes qui sont en quelque sorte des contreparties. La limitation des regroupements à 10 personnes dans l'espace public est maintenue. Le principe du recours au télétravail doit toujours être privilégié, on le comprend bien. Le respect des gestes barrières, surtout, doit rester très rigoureux. Et le port du masque est maintenant largement recommandé par les autorités sanitaires.
Nous continuons, et j'en suis désolé, mais c'est mon devoir, à limiter les formes de la vie sociale les plus propices à la transmission du virus. Les sports de contact, les boîtes de nuit, les regroupements de très large public. En particulier, le ministre le dira, il faut éviter les rassemblements de personnes dans les lieux couverts et sans organisation adaptée. Enfin, il faut continuer de veiller aux personnes vulnérables et leur demander de poursuivre leurs efforts pour se protéger.
Je voudrais, avant de passer la parole au ministre de la Santé et des Solidarités, également assister sur l'urgence économique et sociale qui vient, ou en vérité sur l'urgence économique et sociale qui est déjà là. Le plan de confinement nous a obligés à mettre à l'arrêt une très grande partie de notre économie. Nous avons su prendre les mesures de chômage partiel pour limiter l'impact de ce choc sur les entreprises et sur leurs salariés. Nous avons mis en place des dispositifs de solidarité indispensables, puissants, qui sont venus accompagner et qui accompagnent du mieux qu'il est possible celles et ceux dont l'activité économique se trouve interrompue.
Mais gardons en tête que s'ouvre aujourd'hui un nouveau front et que le pays va devoir se battre contre l'impact d'une récession historique. Les chiffres présentés par Pôle emploi ce matin l'attestent et sonnent d'urgence. Le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi et qui n'ont pas travaillé du tout en avril a augmenté de plus de 800 000 par rapport à mars. C'est malheureusement historique. Le déconfinement va donc nous permettre de reprendre une vie presque normale, de souffler après l'épreuve. Mais il doit aussi sonner la mobilisation de tous, le moment d'une reprise vigoureuse, organisée, déterminée. Nous aurons l'occasion d'y revenir.
Je vais passer la parole au ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, pour qu'il nous fasse un point sur les éléments et la situation sanitaire à ce jour.
Merci, M. le Premier ministre. Je voudrais prendre un temps pour détailler avec vous les 4 indicateurs que nous avons mis en place et que nous suivrons désormais. Le premier indicateur, c'est ce qu'on appelle l'incidence. La pression épidémique est analysée grâce à l'incidence. C'est quoi une incidence ? C'est le nombre de personnes infectées sur une semaine sur 100 000 habitants. Cet indicateur, nous lui avons mis deux seuils. D'abord, entre 0 et 10 personnes infectées sur 100 000. Au-delà de 10 personnes, nous atteignons un seuil qu'on appelle le seuil de vigilance.
Et ensuite, au-dessus de 50 personnes pour 100 000, lorsqu'elles sont infectées, nous atteignons alors ce qu'on appelle le seuil d'alerte. Ces seuils, ils sont cohérents et ils convergent d'ailleurs avec les seuils retenus par des pays voisins, en particulier l'Allemagne. Le taux d'incidence, donc, reste au-dessus du seuil de vigilance dans plusieurs départements. Cela veut dire que dans ces départements, le nombre de nouveaux cas de contamination dans les 7 derniers jours reste encore suffisamment élevé pour justifier une attention particulière.
Cette incidence est, dans la plupart des cas, expliquée par la présence de cas regroupés, ce qu'on appelle désormais les clusters, vous les connaissez, et ces clusters sont repérés, analysés, isolés. Dans certains autres départements, c'est le cas notamment en Ile-de-France, qui est une situation particulière, Le deuxième indicateur, c'est le niveau de circulation du virus qui explique cette incidence élevée, sans que cela s'explique principalement par des cas groupés, donc par des clusters avec des chaînes de transmission.
Le deuxième indicateur, c'est le taux de positivité des tests, les fameux tests PCR, avec l'augmentation importante de nos capacités de test, avec l'augmentation importante des indications de test, Le taux moyen de positivité des tests PCR réalisés chez des personnes qui sont soupçonnées, suspectes de souffrir du coronavirus, n'est plus que de 1,9%, et était bien supérieur pendant la phase épidémique, près de 10 fois supérieur à ce taux de 1,9%.
C'est un paramètre qui est important à surveiller, parce qu'il nous permet de détecter précocement des signes de reprise de l'épidémie dans les territoires, et plus le taux est bas, plus nous testons des personnes qui ne sont pas malades, c'est-à-dire que plus nous testons large, plus les mailles du filet sont étroites. Le troisième indicateur, c'est ce qu'on appelle le fameux R effectif, c'est le facteur de reproduction du virus. Vous le connaissez, on vous l'a présenté à plusieurs reprises, c'est la probabilité pour quelqu'un qui est contaminé de contaminer à son tour d'autres personnes.
Si le R est supérieur à 1, ça veut dire que chaque porteur du virus va transmettre à son tour le virus à plus d'une personne, et donc l'épidémie augmente. Et lorsque le R est inférieur à 1, ça veut dire, ce qui est le cas d'ailleurs aujourd'hui sur la majeure partie du territoire, on peut alors considérer que l'épidémie régresse, puisqu'une personne malade va contaminer en moyenne moins d'une personne autour d'elle.
Ce qui fait varier ce facteur R effectif, c'est vous, c'est-à-dire c'est le comportement que vous adoptez depuis plusieurs semaines avec le respect des gestes barrières, le respect de la distanciation physique, et c'est en suivant rigoureusement ces mesures que nous pourrons continuer de faire reculer l'épidémie jusqu'à éradiquer la présence du virus sur tout le territoire. Enfin, le quatrième indicateur, c'est le taux d'occupation des réanimations. Cet indicateur, vous le connaissez, nous l'avions présenté lors de la précédente conférence de presse.
C'est un niveau qui reflète la saturation des hôpitaux, avec encore des malades, en grand nombre d'ailleurs, dans les réanimations de nos hôpitaux. Nous avons modifié les seuils de cet indicateur de manière à accompagner le retour progressif à la normale. Ainsi, nous avons abaissé le seuil de vigilance à 40% alors qu'il était auparavant à 60% et le seuil d'alerte à 60% alors qu'il était auparavant à 80%. C'est-à-dire que lorsqu'il y a plus de 60% des patients qui sont en réanimation à cause d'une infection à coronavirus, on considère que le seuil d'alerte est dépassé.
Cet indicateur, comme la fois précédente, nous l'appliquons à l'échelle régionale, car c'est à l'échelle des régions qu'on doit penser le taux d'occupation des hôpitaux et des réanimations. Vous voyez sur la carte que les tensions sanitaires restent importantes dans la région Île-de-France, ainsi qu'à Mayotte. Dans la région Grand-Est, nous avons passé depuis quelques jours à peine sous le seuil, nous sommes passés sous ce seuil de 40%, ce qui est une bonne nouvelle et qui permet de classer la région Grand-Est désormais en vert.
L'occupation des réanimations est un point de vigilance important pour nous, d'autant plus que le nombre total de patients en réanimation, les malades atteints du coronavirus et les malades atteints d'autres maladies, restent à un niveau très élevé. Ainsi, vous avez la carte des points de vigilance pour la phase 2 du confinement que le Premier ministre vous a présenté, et qui est ainsi basée sur ces 4 différents indicateurs.
Sur cette carte, et sauf pour l'Île-de-France, qui est dans une situation particulière sur laquelle je vais revenir, les départements en orange sont ceux pour lesquels il y a au moins 2 indicateurs sur les 4 au-dessus du seuil des vigilances, et pour lesquels, après une analyse approfondie, nous considérons qu'il faut maintenir une vigilance renforcée. En Île-de-France, cette vigilance est justifiée en raison de la persistance à la fois d'un taux d'incidence encore élevé sur certains départements de la région et d'un taux de patients hospitalisés en réanimation encore élevé.
Pour l'Île-de-France, nous avons considéré que les mesures doivent être prises à l'échelle de la région et non pas du département, compte tenu d'une part de la forte densité de la population dans cette région, mais également des réseaux de transport et de la grande mobilité des habitants à travers les départements de la région. Dans le département de Mayotte, la vigilance renforcée est liée à l'existence d'une épidémie toujours active et à la persistance de tension sanitaire, comme en attestent nos indicateurs.
Enfin, en Guyane, le classement en vigilance renforcée est là aussi lié à plusieurs indicateurs épidémiques au-dessus des seuils de vigilance et notamment un nombre R effectif supérieur à 1, démontrant la progression toujours active de l'épidémie sur ce territoire. S'agissant des autres départements, la couleur verte ne veut pas dire que le virus n'y circule plus et qu'il n'y ait plus. Je le redis, le comportement de chacun est essentiel pour faire progresser encore la situation. Nous suivrons très attentivement avec les indicateurs et avec les directeurs généraux des ARS et les préfets de département la situation département par département et notamment la surveillance.
Nous surveillerons l'émergence éventuelle clusters qui permettront à chaque fois que ce sera nécessaire de prendre des mesures territoriales adaptées, parfois à l'échelle d'un département, parfois à des échelles plus petites, ainsi que nous l'avons d'ailleurs fait, souvenez-vous, au stade 1 mais également au stade 2 de l'épidémie. Parlons maintenant, M. le Prémi-ministre, des tests. Vous le savez, la France a déployé une stratégie offensive qui tient en trois mots, protéger, tester, isoler, afin de mieux contrôler la diffusion du virus.
Grâce au déploiement massif des tests PCR, grâce à la mise en place d'un système de centralisation numérique des données, nous avons la capacité de tester chaque personne symptomatique et tous les cas contacts à risque et nous pouvons également mener des programmes de dépistage spécifiques. A ce stade, plus de 80% des résultats des tests PCR sont rendus en moins de 36 heures. Notre capacité de test nous met en possibilité de faire autant de tests que nécessaire.
Nous notons toutefois qu'il y a moins de malades en circulation et c'est une bonne nouvelle sur le territoire national et qu'il y a même moins de cas contacts rapprochés que ce que nous avions anticipé compte tenu du maintien des mesures de distanciation physique. Nous ne sommes donc pas du tout à saturation de nos capacités de test et je l'ai dit, les 2% de positivité sont le reflet des mailles assez serrées.
Nous menons également des opérations en population asymptomatique dans toutes les régions du territoire national, y compris là où personne n'appelle parce qu'il n'y a pas de symptômes et ça nous permet de vérifier que ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de symptômes qu'il n'y a pas une circulation active du virus. Nous avons une règle de conduite, garantir à tous ceux qui doivent faire un test d'y avoir accès, veiller à ce que personne ne reste à l'écart et il me revient à nouveau de vous inviter en cas de symptômes, fièvre, douleur respiratoire, tout.
La moindre hésitation doit vous conduire à appeler votre médecin pour qu'il puisse vous prescrire un masque, un test, vous permettre de vous protéger, de vous isoler et de regarder avec vous si vous avez pu éventuellement contaminer des gens dans votre entourage sans le savoir. Je voudrais enfin ajouter un mot sur la sérologie. Depuis quelques jours, notre capacité de test s'est en effet enrichie d'une nouvelle approche très importante. Ce sont les tests sérologiques.
Ces tests ne permettent pas de détecter la présence d'un virus, mais la réaction immunitaire et donc de savoir si une personne a développé des anticorps contre le virus et donc ça veut dire qu'il a été exposé à la maladie avec ou sans symptômes et qu'il en a gardé une mémoire immunitaire dont on estime qu'elle a vocation à protéger vis-à-vis du risque de virus. Mais je veux être très clair, un test sérologique positif ne doit absolument pas changer votre comportement.
Vous pouvez encore contaminer d'autres personnes sans le savoir parce que si vous serrez la main de quelqu'un qui est malade, même si vous-même ne tomberez pas malade, vous pouvez ensuite serrer d'autres mains ou déposer du virus sur des surfaces et ainsi contaminer d'autres personnes. Les mesures de distanciation sociale s'imposent donc à tous avec une sérologie positive ou négative. La Haute Autorité de Santé a publié une liste de tests.
Ces tests sont désormais pris en charge à 100% par l'assurance maladie lorsqu'ils sont prescrits évidemment par un médecin et selon les indications de la Haute Autorité de Santé, ainsi que pour les personnels de santé et les personnels des EHPAD qui peuvent désormais, s'ils le souhaitent, bénéficier d'une sérologie en laboratoire. J'insiste, la sérologie ne remplace pas le test PCR. La sérologie ne vous dira pas si vous êtes malade un jour donné. La sérologie vous dira si vous avez été malade par le passé. Il s'agit de tests qui sont désormais fiables, avec des critères d'utilisation précis, validées et l'accès à ces tests remboursés ne se fera que sur prescription, évidemment.
Merci, M. le ministre des Solidarités et de la Santé. La deuxième phase de déconfinement dans laquelle nous entrons va, et c'est heureux d'une certaine façon, entraîner nécessairement une multiplication des interactions sociales et des contacts de proximité, notamment dans des lieux publics. Il peut arriver que lorsqu'on est dans un lieu public avec d'autres personnes, on les connaisse et que si l'on est malade, on soit en mesure de donner leur nom et éventuellement leur numéro de téléphone à ceux qui doivent remonter les chaînes de contamination. Et ça permet de faire le travail efficacement.
Mais il peut également arriver, chacun le comprend bien, que parce qu'on est dans le métro ou dans le tramway, on se trouve en contact rapproché avec des gens qu'on ne connaît pas, qui ne nous connaissent pas et dont, par exemple, l'exploitant de transport en public ne peut dire ni à l'un ni à l'autre quelles étaient les personnes autour de lui.
C'est la raison pour laquelle, en plus évidemment du respect systématique, des gestes barrières, de la distanciation physique, nous avons voulu, sur proposition du secrétaire d'État au numérique, Cédric O, que je veux remercier pour l'excellent travail accompli en la matière, nous avons voulu mettre à la disposition des Français un outil complémentaire du travail des enquêteurs sanitaires, c'est l'application mobile StopCovid. StopCovid n'est pas l'arme magique contre l'épidémie, mais elle est un instrument complémentaire d'autres instruments qui nous permettent de lutter contre elle et qui va nous permettre de lutter demain encore plus efficacement contre elle.
C'est d'ailleurs parce qu'elle a été conçue pour participer à l'effort de lutte contre l'épidémie, dans un certain nombre de cas, que le Conseil scientifique, l'Académie de médecine, l'Ordre des médecins, le Comité pilote d'éthique du numérique ont jugé utile le recours à une telle application avec les garanties qu'elles présentent. Nous avons, comme je m'y étais engagé, pris toutes les garanties nécessaires sous le contrôle du Parlement, dont les deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat, ont donné hier leur feu vert vigilant pour que StopCovid respecte les données personnelles et les données de vie privée de tous ceux qui l'utiliseront. StopCovid ne vous géolocalisera jamais.
Son utilisation sera anonyme et temporaire et l'État n'aura jamais accès aux données permettant de vous identifier, pas plus qu'à vos contacts. Ce sont ces garanties, et ces garanties scrupuleusement vérifiées, qui ont conduit la Commission nationale informatique et liberté, la CNIL, à valider à deux reprises le déploiement de cette application. Pour cette échéance du 2 juin, d'entrer dans la seconde phase du déconfinement, il sera possible de télécharger et d'installer cette application. C'est évidemment volontaire, c'est évidemment gratuit.
Très simple d'utilisation, elle permettra d'être alertée immédiatement si, ayant été à proximité de façon prolongée, on considère que c'est moins d'un mètre pendant plus de quinze minutes, dans les derniers jours avec une personne qui vient d'être testée positive, vous recevrez une alerte disant, attention, vous êtes resté dans les derniers jours à moins d'un mètre et pendant plus de quinze minutes de quelqu'un qui a été testé positif. Vous devriez donc immédiatement restreindre vos déplacements, vous isoler, consulter un médecin, aller vous faire tester.
Et dans l'intervalle de temps gagné grâce à cette application, on a un élément extrêmement puissant de lutte contre la propagation de l'épidémie. C'est pourquoi j'invite tous ceux qui me regardent et tous nos concitoyens à utiliser cet outil complémentaire pour se protéger, mais aussi pour protéger leurs proches et pour protéger les autres. Voilà ce que je voulais dire s'agissant de cet outil nouveau qui sera disponible à compter du 2 juin.
Et je vais passer la parole sur un sujet différent, mais absolument essentiel, au ministre de l'Éducation nationale pour qu'il évoque avec nous les conditions dans lesquelles nous allons pouvoir accélérer la reprise de l'école pour les enfants, les collégiens, les lycéens de notre pays. Monsieur le ministre.
Merci, monsieur le Premier ministre. Comme nous le disons depuis quelques semaines, la réouverture des écoles et des établissements est une urgence sociale. C'est aussi un impératif éducatif. Faut-il le rappeler, l'école est bonne pour tous les enfants et en période de crise, peut-être encore plus qu'en période ordinaire. Je voudrais d'abord remercier l'ensemble des personnels de l'Éducation nationale, ainsi que les élus qui ont beaucoup travaillé depuis le 11 mai pour arriver à ce début de réouverture qui a eu lieu à partir de ce moment-là, et notamment s'agissant des collèges, aussi pour les départements verts. Depuis le 11 mai, la priorité est toujours la même.
C'est garantir la sécurité des personnels et des élèves. C'est pourquoi nous avons un protocole sanitaire très rigoureux. Nous l'avons mis en place pour donner les garanties de santé à tous, les élèves, bien sûr, mais aussi les adultes, et afin donc de rassurer aussi l'ensemble du pays et de permettre ce retour progressif souhaité par le président de la République et le Premier ministre. La méthode suivie est toujours la même. C'est celle du pragmatisme. C'est aussi celle de l'esprit collectif. Nous avons donc travaillé avec les élus qui ont été étroitement associés à la réouverture des écoles. Nous avons travaillé évidemment avec les personnels.
Nous avons d'ailleurs permis que les plus fragiles puissent continuer à être au télétravail. Et puis nous avons eu aussi un travail avec les familles, par l'information aux familles, en continuant à offrir un enseignement à distance aussi, et bien entendu en tenant compte du fait que la situation au mois de mai était une situation d'amorce, une situation nécessairement imparfaite, mais une situation qui permettait des améliorations progressives. Après cette amorce du mois de mai, nous devons arriver maintenant à une amplification au mois de juin. Et donc nous allons le faire dans le respect du protocole sanitaire et en ayant aussi à l'esprit ce que nous préparons pour le mois de septembre.
S'agissant des écoles, je voudrais commencer par faire un bilan de la première phase que nous venons de connaître depuis le 11 mai. Comme vous le voyez sur la carte, plus de 80% des écoles primaires ont été ouvertes, et ce chiffre progresse chaque jour. C'est plus de 90% des communes qui ont décidé de rouvrir leurs écoles, et nous travaillons avec le 10% des communes restantes pour atteindre l'objectif de 100% dès la semaine prochaine. Nous avons noté une légère différence entre les départements qui se trouvent en zone rouge et les départements qui se trouvent en zone verte. C'est d'ailleurs normal.
Si, par exemple, dans le département du Finistère, 100% des écoles sont ouvertes, dans l'Oise, qui est un département qui a été particulièrement touché par l'épidémie, eh bien 58% des écoles sont ouvertes et nous sommes en constante progression. On peut voir aussi la proportion des élèves en école primaire. À ce jour, on note encore une différence sensible entre les départements verts et les départements en zone rouge. Certains départements ont accueilli peu d'élèves, d'autres ont pu immédiatement en accueillir plus de la moitié. Il est évident que nous allons aller vers la hausse dans l'ensemble des départements.
Le chiffre de 22% d'élèves ne traduit pas le fait qu'il y a plus d'élèves qui ont retrouvé l'école, puisque, bien entendu, il y a des rotations. Par exemple, à Bordeaux, c'est près de 60% des enfants qui sont retournés en classe depuis le 11 mai. En réalité, nous devons aussi aller chercher les élèves qui en ont le plus besoin. C'est notre priorité, c'est une priorité sociale et une priorité éducative. C'est notamment le travail des enseignants, mais aussi avec l'ensemble des partenaires, pour aller chercher ces enfants, ces élèves qui ont le plus besoin de l'école et qui, parfois, n'y sont pas encore allés.
Dans la phase 2, celle qui s'ouvre à partir du 2 juin, toutes les écoles seront ouvertes. Et donc, les dernières communes qui n'ont pas encore ouvertes ouvriront. Toutes les familles qui le souhaitent doivent pouvoir scolariser leurs enfants, au moins sur une partie de la semaine. Comme les règles sanitaires restent en vigueur, avec des contraintes qui, nous le savons tous, sont fortes, il y aura toujours des groupes de 15 élèves maximum. Mais il est indispensable de proposer un accueil complémentaire aux familles.
C'est pourquoi nous développons particulièrement au mois de juin le programme Sport, Santé et Culture Civisme, qui doit permettre d'avoir des activités, notamment sportives et culturelles, mais aussi d'éducation à la santé et d'éducation civique, conçues avec les communes, avec un financement de l'État pour soutenir les communes. Et nous signons de plus en plus de conventions pour cela, de façon à ce que cela se déploie pleinement au mois de juin. En d'autres termes, les élèves peuvent être soit en classe, en petits groupes, soit dans ce type d'activités, notamment quand les parents doivent travailler. Bien entendu, c'est là aussi un développement progressif.
Tout ne sera pas parfait du jour au lendemain. Ce qui est important, c'est de progresser. Si je parle maintenant des collèges, là aussi on peut faire un premier bilan de la phase 1, qui est très courte s'agissant des collèges. Comme vous le savez, nous avons ouvert depuis plus d'une semaine les collèges en zone verte. Ils l'ont été à 95,5 %. De nouveau, je veux remercier à la fois les professeurs, les personnels et les élus pour leur volontarisme qui a permis ce succès. Nous avons aussi des données sur les proportions d'élèves de collèges. Seuls les élèves de 6e et de 5e étaient retournés dans les collèges de zone verte. Cela représente 28 % des collégiens.
Ce chiffre, là encore, constitue un tremplin pour une ouverture plus large que je vais maintenant annoncer. S'agissant donc de la phase 2, ce qui va arriver au collège à partir du 2 juin, l'ensemble des collèges vont désormais ouvrir, que ce soit en zone verte ou en zone orange. En zone verte, cela signifie donc que l'on ajoute la 4e et la 3e, après la 6e et la 5e qui ont déjà ouvert. Donc l'ensemble des classes sont ouvertes en zone verte. En zone orange, nous allons accueillir en priorité les élèves de 6e et de 5e. Et si les conditions matérielles sont réunies, les élèves des autres niveaux pourront ensuite être accueillis. Nous regarderons évidemment cela cas par cas.
Comme vous le savez, aussi bien au mois de juin qu'au mois de mai, nous devons avoir beaucoup de souplesse en regardant ce qui se passe sur le terrain. Le protocole sanitaire est maintenu pour les collèges aussi, bien sûr. Et donc nous aurons des systèmes d'alternance. Et là aussi, le système sport-santé et culture-civisme que j'évoquais tout à l'heure peut s'appliquer pour les élèves des collèges. Avant d'aborder la question des lycées, je voudrais faire un point rapide sur la reprise de la scolarité des enfants en situation de handicap. Ils ont fait partie de nos premières priorités. Nous y avons travaillé beaucoup avec Sophie Cluzel, en charge de ce secteur.
Et 80% des ULIS, donc les unités spécialisées pour les élèves en situation de handicap, ont pu rouvrir dans les écoles et dans les collèges. Cela signifie qu'entre 20% et 50% des élèves ont pu y être accueillis en présence. C'est évidemment un progrès important. Cela n'est pas suffisant et nous voulons aller plus loin. Et nous avons ce sujet au cœur de nos priorités. Comme partout, notre objectif est donc d'arriver à ce que, dès la semaine prochaine, 100% des ULIS soient ouvertes. Enfin, je voudrais parler des lycées, en commençant par dire que notre première priorité, c'est les lycées professionnels.
Ils sont au cœur de notre attention, d'abord parce qu'il y a plus de décrochages en lycées professionnels, et ensuite parce qu'il y a des besoins particuliers en ce mois de juin. Si je fais un point sur la situation, donc à partir du 2 juin, l'ensemble des lycées vont ouvrir, avec un protocole sanitaire qui est le même que pour celui des collèges. En zone verte, cela signifie que les lycées généraux, technologiques et professionnels vont rouvrir et accueillir progressivement les élèves, au moins sur l'un des trois niveaux pour commencer. Ensuite, ils pourront évidemment ouvrir d'autres niveaux en fonction des situations locales.
Là aussi, nous laissons beaucoup de souplesse, faisant confiance aux proviseurs et aux équipes localement, avec un travail qui, je tiens à le souligner, comme pour les départements, a bien commencé avec les régions. En zone orange, nous sommes évidemment plus prudents. Les lycées professionnels ouvrent aussi, mais ils accueillent en priorité les élèves qui ont besoin de certification professionnelle, c'est-à-dire les élèves de terminale et les élèves de CAP. Pour les lycées généraux et technologiques, les élèves sont accueillis sur convocation de l'équipe éducative pour des entretiens individuels ou du travail en tout petit groupe.
D'ici à la fin de l'année, l'objectif que nous nous fixons pour les élèves des lycées généraux et technologiques de la zone orange, c'est qu'ils puissent avoir bénéficié d'entretiens pour faire le point sur leur projet d'orientation et éventuellement, en s'agissant des élèves de terminale, sur le suivi de Parcoursup. Enfin, et pour terminer, je voudrais parler de l'épreuve anticipée de français. Depuis le début de cette crise sanitaire, nous avons eu toujours trois facteurs pour raisonner sur cette question.
La sécurité sanitaire des personnels et des élèves, la bienveillance vis-à-vis de chaque élève, nous ne voulons léser personne, et maintenir l'exigence de nos enseignements et de nos examens. Ce sont ces critères qui m'ont déjà conduit à aménager les épreuves du baccalauréat. Et ce sont les mêmes critères qui nous conduisent aujourd'hui à prendre une décision sur l'épreuve orale de français. J'avais indiqué que c'était en cette fin de semaine que nous pourrions prendre cette décision. Nous nous sommes donnés le temps qui était nécessaire, en étant attachés au fait que les élèves travaillent le plus longtemps possible ces textes qui sont importants.
Je rappelle que l'oral est une compétence indispensable à la réussite personnelle et professionnelle, et qu'elle est au cœur de la réforme du baccalauréat. Et que la littérature est une discipline majeure pour la formation de l'esprit humain. Nous devons veiller à ce que donc, en toutes circonstances, la continuité des apprentissages et des examens soit garantie. J'ai consulté une nouvelle fois les fédérations de parents, les organisations syndicales. J'ai présidé hier le Conseil national de la vie lycéenne. Je veux remercier tout particulièrement les lycéens et leurs représentants. Ils ont été très nombreux à participer.
J'ai entendu leurs inquiétudes face à une situation exceptionnelle qui a entraîné une inégale préparation. Nous entendons donc l'argument qui considère que l'évaluation la plus juste des connaissances des élèves en français est de prendre en compte les notes des deux premiers trimestres de l'année. Et donc, par conséquent, l'épreuve orale de français sera validée par le contrôle continu. C'est un acte de profonde confiance dans le travail réalisé par les professeurs et aussi dans le travail réalisé par les élèves. Je serai très attentif à la suite du parcours des élèves de première de cette année, notamment pour que leurs apprentissages leur permettent de préparer au mieux leur baccalauréat.
Je serai donc très attentif à cela et je vous remercie.
Merci, monsieur le ministre de l'Éducation nationale. Sans transition, vraiment sans transition, je voudrais évoquer ici l'ensemble des décisions qui ont été prises ce matin à l'issue du Conseil de défense présidé par le président de la République et notamment la question attendue, espérée par beaucoup, celle des cafés, des bars et des restaurants. Le redémarrage de ce secteur, des débits de boissons en général, fait, et c'est bien légitime, l'objet d'une très forte attente des Français.
C'est un secteur qui est capital pour notre économie, c'est un secteur qui est capital pour l'emploi et c'est aussi, il faut bien le reconnaître et il faut s'en réjouir, une partie de notre art de vivre et de notre façon de vivre collectivement et de vivre ensemble. Compte tenu de l'évolution de la crise sanitaire, les restaurants, bars et cafés pourront ouvrir dans tous les départements à partir du 2 juin, mais ils ouvriront avec des restrictions temporaires dans ceux qui se trouvent dans les zones oranges, là où une vigilance particulière est nécessaire. Partout, cette ouverture sera conditionnée au respect des règles sanitaires qui ont été validées avec la profession d'ailleurs.
Les personnes qui ont choisi de dîner ou de déjeuner ensemble pourront s'asseoir à la même table dans la limite d'une capacité maximale de 10 par table, mais il devra y avoir une distance minimale d'un mètre entre les tables de chaque groupe. Les circulations à l'intérieur des établissements devront être organisées et le port du masque sera rendu obligatoire pour l'ensemble du personnel en salle et en cuisine ainsi que pour les clients lorsqu'ils se déplacent, bien entendu.
S'agissant des bars, toujours dans les zones vertes, je vous rappelle la règle, il faut éviter les risques à l'intérieur des espaces, dans les endroits où on est rassemblé, potentiellement plus serré et où la circulation de l'air, le renouvellement de l'air est moins bien garanti. C'est pour ça que nous demanderons aux exploitants de ne pas autoriser la consommation debout à l'intérieur. Dans beaucoup de cafés, de bars, il y a des tables où on peut boire un verre ou manger, ça ne posera pas de problème, mais on essaiera, on demandera de ne pas autoriser la consommation debout à l'intérieur.
Dans les départements qui font l'objet d'une vigilance particulière, les départements de l'Île-de-France, Mayotte et la Guyane, seules les terrasses des cafés, des bars et des restaurants pourront ouvrir au 2 juin. J'ai parfaitement conscience que c'est une restriction et que c'est une restriction qui est lourde de conséquences s'agissant de ces établissements dans les zones oranges.
Mais il nous a semblé, à la lumière de ce qui se pratique dans les autres pays, à la lumière des risques que nous avons identifiés, que c'était la bonne mesure à prendre, au moins pour les trois semaines qui viennent, évidemment, comme pour toutes les mesures que je viens d'évoquer, elles seront réévaluées à la fin du mois de juin, ou plus exactement avant le 22 juin, qui est la date de notre prochain rendez-vous. Un mot sur les hébergements touristiques. Les hébergements touristiques, les villages vacances, les campings, pourront ouvrir à partir du 2 juin dans tous les départements, à l'exception de ceux qui font l'objet d'une vigilance particulière.
Dans ces départements-là, les hébergements en question, les campings, les auberges collectives, ne pourront rouvrir que dans la troisième phase de déconfinement, c'est-à-dire après le 22 juin, dans tous les départements, les colonies de vacances pourront réouvrir à compter du 22 juin. Et c'est évidemment une bonne nouvelle. S'agissant des déplacements, depuis plusieurs mois, nous avons voulu éviter à tout prix que des personnes en provenance de zones dans lesquelles le virus circule puissent se déplacer dans des zones dans lesquelles le virus circulerait moins. Parce que l'idée, c'était évidemment d'éviter la dissémination du virus.
C'est pour cette raison que nous avons fermé nos frontières, les frontières extérieures à l'Europe et les frontières intérieures à l'Europe. C'est aussi pour ces raisons que, lors de la première phase du déconfinement, nous avons décidé d'interdire les déplacements de plus de 100 km à l'intérieur du territoire national, sauf motif impériu. Aujourd'hui, le virus circule encore très activement dans certaines parties du monde. C'est pourquoi nous avons décidé d'évaluer à l'horizon du 15 juin, avec l'ensemble des pays européens, si nos frontières extérieures à l'Europe devaient ou non réouvrir. Pour quels ressortissants de quels pays et avec quelle modalité de 14N le cas échéant.
Donc pour tout ce qui est à l'extérieur de l'espace européen, la décision sera prise collectivement, avec l'ensemble des pays européens, à l'horizon du 15 juin. A l'intérieur de l'Europe, l'épidémie est en train de ralentir. C'est vrai en France, mais c'est vrai partout en Europe. C'est pourquoi la France sera favorable à une réouverture des frontières intérieures de l'Europe, à compter du 15 juin, si la situation sanitaire le permet, bien entendu, sans quatorzaine pour les voyageurs en provenance de pays européens.
Mais comme nous le faisons depuis le début de la crise, nous appliquerons des mesures de réciprocité vis-à-vis des États européens qui décideraient de fermer leurs frontières ou d'imposer des quatorzaines aux Français. A l'intérieur du pays, en France, comme je l'ai expliqué, même si certains déplacements nécessitent encore une vigilance importante, la tension est globalement moindre qu'au début du déconfinement. La mesure d'interdiction de déplacement de plus de 100 km a été très utile durant ces trois dernières semaines pour limiter la propagation du virus. Elle a été bien respectée par les Français, je les en remercie.
Mais aujourd'hui, avec la pression qui a baissé, cette mesure n'a plus de justification. A compter du 2 juin, il est donc mis fin à l'interdiction de déplacement de plus de 100 km de chez soi. Je voudrais dire que la fin de cette interdiction ne doit pas signifier un relâchement dans la tension. Il est bien vrai que moins on circule, moins le virus se propage. Aussi, j'en appelle à la responsabilité de chacun. Vous pouvez vous déplacer, vous pouvez aller en congé annuel, mais dans toute la mesure du possible. Si vous pouvez différer un déplacement lointain, c'est probablement plus raisonnable.
Et j'appelle chaque Français, dans le cadre de cette nouvelle règle, au même esprit de responsabilité dont ils ont fait preuve depuis le début de cette crise. Un point important pour tous nos concitoyens sur la culture, les loisirs et les vacances. Grâce aux efforts faits par chacun pour respecter les gestes barrières, la distanciation physique, notre vie sociale, notre vie culturelle, notre vie sportive va pouvoir reprendre plus largement. Je l'ai dit, dès ce week-end, les parcs et jardins seront ouverts sur tout le territoire, en zone dite orange, comme partout en France. Le port du masque pourra être imposé dans de nombreux espaces.
A la demande des maires, les préfets pourront, par mesure de précaution supplémentaire, imposer le port du masque dans les espaces publics. Ce sera aux acteurs locaux d'en décider. A compter du 2 juin, seront aussi et également réouverts sur tout le territoire, les plages, les lacs, les plans d'eau, les musées, les monuments, seront également ouverts sur l'ensemble du territoire, le port du masque, qui sera lui aussi obligatoire. Pour un certain nombre d'activités, une distinction va cependant devoir encore être réalisée dans les trois prochaines semaines entre les zones vertes et les zones oranges.
Dans les zones vertes, les salles de spectacle et les théâtres pourront ouvrir à compter du 2 juin. Je ne méconnais absolument pas la difficulté pratique de réouvrir ces équipements dès lors que la programmation s'est trouvée perturbée, que les répétitions n'ont pas pu intervenir. Mais il nous semble que si certains peuvent le faire, alors qu'ils le fassent. Les règles de distanciation physique devront y être respectées par une organisation spécifique des places assises, une gestion des flux conforme au protocole sanitaire de ces espaces et le port du masque y sera obligatoire.
Dans les mêmes zones vertes, les activités sportives pourront aussi ouvrir plus largement avec l'ouverture des gymnases et des salles de sport. Je sais que c'était une décision attendue par beaucoup à l'approche de l'été. Les piscines y seront également ouvertes dès le 2 juin. Toujours dans les zones vertes, les parcs de loisirs seront ouverts pour les activités permettant la distanciation physique avec le respect de règles strictes et notamment une jauge maximale de 5 000 personnes permettant, là encore, d'éviter les trop grands brassages de population.
Pour les installations que je viens de citer, les salles de spectacle, les théâtres, les gymnases, les salles de sport, les piscines, les parcs de plein air, elles ne seront ouvertes dans les zones oranges qu'à compter du 22 juin. Enfin, partout sur le territoire, les cinémas rouvriront à compter du 22 juin. C'est une demande qui nous a été faite par les exploitants de cinéma eux-mêmes qui voulaient que la réouverture soit nationale de façon à pouvoir organiser la programmation des salles. Et nous faisons droit à cette demande. Elle interviendra à compter du 22 juin prochain. Je voudrais insister sur le fait que notre plus grand adversaire, ce sont les très grands rassemblements.
Et le risque est d'autant plus fort qu'ils auraient lieu dans un espace confiné, couvert et sans organisation spécifique. Dans les espaces de plein air, une jauge maximale de 5 000 personnes, qui pourra, le cas échéant, être revue à la baisse par les préfets, sera fixée. Dans les espaces couverts et confinés, par exemple les salles de concert, et en fonction de l'activité, les exploitants devront proposer et garantir des règles d'usage adaptées, notamment sur la capacité d'accueil et la distanciation physique. Nous partons là encore sur une logique qui est une logique de prudence, mais qui est aussi une logique de confiance.
Et nous considérons qu'au stade où nous nous trouvons de l'épidémie, les exploitants de lieux ouverts ou fermés, plus exactement en couvert ou de plein air, sont capables de déterminer les conditions d'organisation de leur salle, les conditions de déambulation, les conditions de croisement, de distanciation physique, et que s'ils sont capables de les organiser, alors ils doivent le mettre en oeuvre de façon très stricte, et que s'ils ne sont pas capables de l'organiser et de le garantir, alors il est préférable qu'ils n'ouvrent pas.
C'est à eux que revient cette responsabilité, et bien entendu les services de l'État, et je le crois volontiers, l'ensemble des collectivités territoriales, les assisteront pour faire en sorte que cette réouverture puisse se passer dans les meilleures conditions. Jusqu'au 21 juin, jusqu'au 22 juin, en vérité, un certain nombre d'interdictions vont demeurer. Dans les lieux qui ne sont pas organisés, ou plus exactement qui ne peuvent pas l'être, et qui ne doivent pas l'être d'ailleurs, les lieux qui ne sont pas sous la responsabilité d'un gestionnaire d'équipement, dans l'espace public par exemple, les rassemblements resteront limités à 10 personnes.
Les événements culturels et sportifs organisés dans l'espace public resteront donc suspendus jusqu'au 21 juin au moins, et dans toute la France. Les discothèques, les salles de jeu, les stades, les hippodromes, dont l'essence même est de rassembler les gens dans un esprit festif, resteront fermés au public jusqu'au 21 juin au moins, je l'ai dit. Dans le même esprit, les sports collectifs, et notamment les sports de contact, resteront également interdits, parce qu'ils ne permettent pas par nature de respecter la distanciation physique. Les sportifs de haut niveau et professionnels pourront néanmoins reprendre les entraînements le 2 juin dans le cadre d'un protocole médical strict.
Un mot sur la situation de nos concitoyens les plus vulnérables, c'est-à-dire ceux exposés avec le plus de risques au virus et à la maladie qui en découle. Il est vrai que nous déconfinons le pays parce que le virus circule moins, mais nous devons conserver une vigilance maximale pour protéger les personnes à risque, les personnes les plus susceptibles d'être frappées par les cas graves de la maladie. Ce sont, nous le savons, les personnes qui ont des maladies préexistantes, qui souffrent de surpoids, de diabète, d'affection pulmonaire, bref, qui ont des facteurs fragilisants et particulièrement fragilisants s'ils devaient être malades.
Et puis aussi, les personnes âgées de plus de 65 ans, dont nous savons qu'elles sont plus exposées que statistiquement, elles sont beaucoup plus victimes de la maladie que les autres. Pour cela, il faut appliquer rigoureusement les gestes barrières, pratiquer la distanciation physique, on ne le dira jamais assez, et limiter les contacts quand on est une personne vulnérable. Limiter les contacts, ça ne veut pas dire les interdire, ça ne veut pas dire les proscrire, ça veut dire faire en sorte de, là encore, faire confiance à l'intelligence de ceux qui se savent fragiles et à la vigilance de ceux qui les entourent.
Pour limiter ces contacts, les personnes vulnérables qui travaillent doivent, à chaque fois que c'est possible, continuer à télétravailler. Quand ça n'est pas possible, elles continueront à être indemnisées au titre de l'activité partielle. Nous avons également mis en place une consultation qu'on appelle bilan et vigilance, qui est prise en charge à 100% par l'assurance maladie. pour ceux qui n'ont pas consulté leur médecin pendant la période de confinement et qui doivent impérativement le faire de façon à vérifier que leur état de santé ne doit pas faire l'objet d'une surveillance particulière ou de mesures ou de traitements particuliers.
Enfin, pour ceux qui se posent des questions sur le virus et sur les moyens de protection, en particulier pour les personnes isolées, nous avons mis en place le numéro vert que vous connaissez, le 0800 130 000, qui demeurera actif. J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'évoquer de façon spécifique la situation des Outre-mer français. Vous le savez, parce que ce sont souvent des territoires insulaires, à l'exception de la Guyane, ils sont souvent des territoires plus fragiles par leur équipement sanitaire et parfois par les fragilités d'un certain nombre des populations qui y vivent.
La nouvelle phase de déconfinement va être engagée évidemment dans les Outre-mer aussi, en conservant cependant des mesures de contrôle très strictes des déplacements vers ces territoires et des mesures strictes de quatorzaine lorsque l'on y arrive. Nous visons toujours, si les conditions sanitaires nous le permettent, une ouverture plus large des vols pour les vacances. C'est essentiel pour ces territoires. D'ici là, nous allons expérimenter, et je parle bien d'une expérimentation, une nouvelle forme de quatorzaine dans certains territoires avec un test qui sera réalisé au bout de 7 jours et pourra conduire, si il est négatif, à adapter les contraintes imposées aux personnes.
Il faut que nous soyons en mesure d'imaginer les bons dispositifs pour les territoires insulaires. C'est un impératif qu'ils nous demandent et c'est sur quoi nous sommes en train de travailler. A Mayotte, l'épidémie reste active. Une première évolution du déconfinement a été décidée lundi dernier avec la réouverture de certaines écoles, mais nous allons rester extrêmement vigilants. Nous allons d'ailleurs rester également vigilants sur la situation en Guyane, compte tenu de la taille de certains clusters, compte tenu aussi de la situation dans le pays frontalier de la Guyane qu'est le Brésil.
Des renforts de personnel pour les équipes mobiles sont prévus et le préfet de Guyane pourra continuer à limiter les déplacements de population à l'intérieur du département. C'est évidemment essentiel. Quelques mots sur les perspectives pour l'été. Chacun dispose, je crois, d'un peu plus d'éléments pour organiser la période estivale. Les déplacements, y compris en Europe, seront, je l'espère, autorisés. Concernant les relations hors Europe, il nous faudra nous harmoniser avec nos pays voisins et prendre des décisions en fonction de l'état et de l'évolution des risques. Je l'ai dit, les enfants pourront être inscrits en colonies de vacances ou en camps de plein air.
et nous avons laissé des points d'interrogation que nous devrons lever dans les trois semaines sur les rassemblements de plus de dix personnes dans les espaces publics qui permettraient la réouverture des événements culturels et sportifs, sur l'ouverture des stades au public, sur la pratique des sports collectifs et de contacts. Cette réouverture sera examinée en fonction de la situation sanitaire d'ici le 22 juin. Tous les ministres seront conduits à préciser rapidement le détail des mesures que nous vous avons présentées. Le décret qui les organise, qui les fixe, qui les précise, sera pris ce week-end pour traduire en droit ces mesures.
Je voudrais en appeler à chacun de nos concitoyens à l'esprit de responsabilité que j'ai souvent invoqué à ce pupitre. Les règles sont une chose. Il faut les préciser de la manière la plus détaillée possible. Il faut les penser de la façon la plus adaptée possible. Mais l'esprit de ces règles est à l'évidence encore plus important que la lettre de ces règles. Et l'esprit de ces règles, c'est la responsabilité de nos concitoyens. C'est le fait de comprendre que nous sommes tous collectivement, quel que soit notre âge, quel que soit notre statut, nos activités, notre situation, un des acteurs de la lutte contre l'épidémie. Il ne s'agit pas d'avoir peur.
Il ne s'agit pas d'avoir peur des autres, certainement pas. Il s'agit d'être soi-même, suffisamment méticuleux et organisé pour être certain de se protéger soi-même et de protéger les autres. Dans l'ensemble, vous avez parfaitement compris ces règles. Elles sont bien observées. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'épidémie recule. Mais nous savons tous que le début d'un relâchement, une forme de désinvolture, la facilité du printemps et peut-être même encore plus de l'été, pourrait faire repartir dans certains territoires l'épidémie.
C'est la raison pour laquelle je demande à chacun d'avoir le bon sens qui est heureusement très développé dans notre pays, le bon sens de comprendre ces règles et dans toute la mesure du possible, à chaque instant, de les respecter et de les appliquer. Et je dis aussi que cette bataille, cet effort contre l'épidémie, si elle progresse dans une bonne direction, doit se doubler dans les jours, dans les semaines, dans les mois qui viennent, d'une mobilisation pour permettre à notre pays de faire face à une deuxième crise après la crise sanitaire, qui est la crise économique et sociale que j'évoquais au début de notre intervention.
Je vous remercie beaucoup et je vais évidemment, enfin nous allons d'ailleurs, évidemment, répondre aux questions qui nous seront désormais posées.
Bonjour M. le Premier ministre, Bastien Auger, TF1-LCI. Nous allons vous relayer les questions de l'ensemble de nos confrères. Et d'abord une question d'ordre général sur l'ensemble des mesures que vous avez annoncées. Est-ce que vous confirmez que ces mesures sont réversibles en cas de regain de l'épidémie et très concrètement, quels sont les critères qui vous conduiraient à revenir en arrière sur ces mesures ?
C'est un des éléments sur lesquels nous avons toujours indiqué que nous serions extrêmement attentifs. Si des seuils d'alerte venaient à être franchis, le ministre des Solidarités et de la Santé les a évoqués, si dans un département nous constations plus de 50 cas pour 100 000 habitants cumulés sur 7 jours, pardon c'est un peu technique, mais 50 cas cumulés sur 7 jours pour 100 000 habitants, alors nous serions dans un seuil d'alerte et il appartiendrait aux autorités préfectorales, aux autorités de santé de prendre des mesures pour mettre à l'abri les personnes les plus fragiles et le cas échéant aller plus loin en instaurant des limitations de circulation, toutes mesures adaptées.
Mais notre conviction, notre souhait, c'est de faire en sorte que notre appareil de détection, notre capacité à tester, notre capacité à remonter les chaînes de contamination soient suffisamment disponibles, suffisamment mobilisées pour, dès qu'elles sont identifiées, casser ces contaminations et donc contenir l'épidémie. Pour l'instant, et personne ne peut mettre en cause le fait que depuis le début du déconfinement et même depuis le début de toute cette affaire, je fais montre d'une très grande prudence, pour l'instant, cette détection, ces tests, cet isolement fonctionne. C'est la raison pour laquelle nous passons à la phase 2.
Bonjour, monsieur le Premier ministre. Jean-Rémi Boudot pour Europe 1. Vous avez dit en introduction que le port du masque était largement recommandé par les autorités sanitaires. Sans polémiquer, il est néanmoins notable qu'il n'est pas simple de porter un masque. Pourquoi ne pas avoir mis en place une grande campagne de communication pour apprendre aux Français à porter un masque ?
Je suis heureux que vous me posiez la question parce que beaucoup de vos confrères nous ont longtemps demandé et parfois nous ont critiqué sur le thème du « mais enfin, tout le monde s'est porté un masque ». Je vous le dis parce qu'un certain nombre de gens qui sont dans cette salle ont subi ces critiques. Donc, vous avez raison. Porter un masque chirurgical dans des conditions maximales de sécurité sanitaire, ça n'est pas complètement simple, ça n'est pas complètement trivial. Il faut, avant de le mettre, se laver très scrupuleusement les mains, il faut éviter, une fois qu'il est mis, de le manipuler, de l'enlever, pour le remettre, pour l'enlever, pour laisser passer le nez, pour...
Et nous voyons, je pense, tous nos concitoyens peuvent le constater, et ce n'est pas une critique, c'est un constat, que parfois, dans la rue, parfois, dans tel ou tel bureau, nous voyons un certain nombre de nos concitoyens avec le masque descendu, placé autour de la gorge, pour ensuite être remis. Alors, on sait que si on fait ça, on ruine l'intérêt du port du masque. Et c'est pourtant humain. Donc, ce n'est pas du tout une critique de ma part.
Je crois qu'il y a eu un gros effort de communication qui a été fait, à la fois par les pouvoirs publics, vous avez remarqué un certain nombre de documents que nous avons élaborés pour expliquer comment on portait les masques, mais très au-delà de la communication des pouvoirs publics, par beaucoup de médecins, beaucoup d'intervenants. Moi, j'ai vu beaucoup de petits clips, d'ailleurs, remarquablement faits, très inventifs, très clairs, faits parfois par des infirmières, parfois par des médecins, disant comme ça, on peut le mettre, comme ça, il ne faut pas le mettre. C'est bon, voilà. Et donc, je pense que nos concitoyens, au fond, savent comment on porte le masque.
Après, c'est un effort et c'est une exigence. C'est parfois difficile. Il y a parfois des relâchements. Il faut, sans jamais critiquer, sans jamais essayer d'expliquer. C'est ce que nous essayons de faire. Et c'est ce qu'il va falloir continuer à faire.
Bonjour, M. le Premier ministre. Bonjour, M. les ministres. Elisa Bertholomé, BFM TV. Vous avez dit en début de conférence de presse, les résultats sont bons sur le plan sanitaire. Est-ce que ça accrédite, selon vous, la thèse d'un virus saisonnier ?
Je vais peut-être laisser la parole au ministre des Solidarités et de la Santé. Parce que dès lors qu'on parle de questions médicales, sur le caractère saisonnier ou non du virus, je ne suis pas le mieux placé pour en parler. M. le ministre.
Eh bien, il y a des hypothèses, mais il n'y a pas de preuves. Et donc nous ne pouvons pas fonctionner à partir d'hypothèses. On doit anticiper toutes les hypothèses, mais on aime bien quand même les sciences qui sont fondées sur les preuves. Donc à ce stade, nous n'avons pas d'études ni françaises ni internationales qui permettent de démontrer qu'il y aurait une saisonnalité. On sait, par exemple, que la grippe saisonnière a tendance à disparaître quand le printemps et quand les beaux jours arrivent, parce que les gens sont davantage dehors et que donc ça diminue, et puis il y a moins d'humidité, ça peut diminuer la circulation du virus.
Ce n'est pas démontré pour le coronavirus, mais on suit ça évidemment avec attention et des études d'épidémiologie qui sont en cours.
Je vais vous faire, en complément, exactement dans le même esprit, bien entendu, que le ministre des Solidarités et de la Santé, la réponse que m'a faite le professeur Delfrécy, le président du comité scientifique, qui lui est médecin et qui s'y connaît, quand je lui ai posé la même question. Parce qu'évidemment, tout le monde se pose la question. Il nous a répondu que dans les pays à climat tempéré, 80% des virus de ce type avaient tendance à disparaître pendant l'été, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, et que 50% de ces 80% avaient vocation à réapparaître et à se redévelopper au moment de l'automne. Voilà.
Une fois que j'ai dit ça, je n'ai pas répondu à votre question, parce que vous ne savez pas dans quelle catégorie
on va tomber, et moi non plus. Si je peux me permettre de compléter le complément du Premier ministre, observez que, en tout cas, ce n'est pas lié à des températures, ni à une hygrométrie particulière, puisque vous voyez ce qui se passe au Brésil, notamment, qui n'est pas un pays très froid et qui ne rencontre pas particulièrement de saison automnale, comme on peut les rencontrer en France, et on voit que le virus a pu circuler dans certains pays indistinctement selon la température qui y régnait.
A l'inverse, il n'y a pas eu d'épidémie en Grèce, sans qu'on sache véritablement expliquer pourquoi, et même à l'échelle de la cartographie du pays, de la France, il y a des départements dans lesquels le virus a beaucoup circulé, le Grand Est, et il y a des endroits, la Dordogne, la Lausère, où le virus n'a pas ou peu circulé, et là, on n'était pas lié, ça n'était pas lié à des conditions météo-climatiques.
Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous allons rester prudents. Parce que, évidemment, qu'il y a eu pendant l'été ou que sa circulation a tellement diminué pendant l'été, il n'y a plus rien à faire. Sauf qu'il est possible qu'il revienne. Il y a des hypothèses qui ne sont pas négligeables qui nous disent qu'il pourrait revenir. La pire des choses à faire, ce serait donc de désarmer notre dispositif.
Nous allons donc, pendant tout l'été, que ce soit dans la préparation de la rentrée scolaire, que ce soit dans l'ensemble des décisions qui vont être prises d'organisation par le ministère de la Santé et des Solidarités, étudier avec attention l'ensemble des signes qui permettraient de déceler un éventuel redémarrage de l'épidémie et préserver toutes les mesures qui nous permettent de détecter, d'isoler et donc de protéger.
Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai présenté l'application StopCovid, puisque l'application StopCovid, aujourd'hui, est un complément, à l'évidence, mais dans l'hypothèse où l'épidémie repartirait à l'été ou à l'automne, elle viendrait compléter le dispositif déjà existant.
Bonjour, Jérémy Marot de l'AFP. Beaucoup de questions de mes confrères concernant l'éducation et la reprise dans les écoles. Est-ce que vous pouvez confirmer dans un premier temps que les écoles n'ont pas été des foyers épidémiques à l'aune de ces deux dernières semaines de déconfinement ? Et à ce titre-là, à cette aune-là, pourquoi ne pas avoir assoupli le protocole sanitaire et revu les seuils d'accueil dans les écoles et dans les crèches ? Sur la première question, il est toujours important de rappeler que même pendant la période de confinement, nous avons eu une sorte de service d'accueil pour les enfants de soignants.
Ça concernait 30 000 élèves par jour, en moyenne, et il n'y a pas eu de problèmes sanitaires majeurs. Ensuite, depuis le déconfinement, le début du déconfinement, donc depuis le 11 mai, nous avons ce protocole sanitaire très strict et parmi les éléments de ce protocole, il y a justement le fait de fermer de manière assez systématique une classe ou une école lorsque il y a l'épidémie autour. C'est évidemment les autorités de santé qui sont décisives pour de telles choses et c'est ainsi que nous avons parfois dû fermer des écoles que nous avions ouvertes. Certains ont parfois interprété ça comme une forme d'échec. On a ouvert et puis on referme. Mais c'est le contraire.
C'est précisément une souplesse de notre part. Bien sûr, c'est une contrainte. Bien sûr, c'est désagréable. Mais ça fait partie de notre logique de pragmatisme. Et je rappelle qu'il y a plus de 40 000 écoles en France. Donc ça ne peut pas être considéré comme des foyers, mais ça peut être considéré comme des mesures que nous prenons pour éviter qu'il y ait des foyers. Et c'est donc cela qui s'est passé. Et sur votre deuxième question, qui est dans ce cas-là, ne faut-il pas assouplir le protocole ? C'est précisément parce que nous avons un protocole strict que nous évitons qu'il y ait des foyers. Donc nous devons rester prudents. C'est ce que nous faisons.
Et bien entendu, si les choses s'améliorent, dans le futur, nous espérons tous que nous pourrons avoir un protocole moins strict. mais nous avançons pas à pas avec pragmatisme.
Et là aussi, pour aller dans le sens du ministre de l'Éducation, nous attendons, évidemment avec beaucoup d'impatience, les éléments qui résulteront des études permettant de caractériser la possibilité pour des enfants, notamment pour des jeunes enfants, de transmettre le virus à des adultes. Vous savez qu'il y a beaucoup de questions qui ont été posées là-dessus. Et croyez-moi, on se les pose également. Et je sais que des études sont en cours, qu'elles sont sur le point d'être publiées. Je ne peux pas donner le résultat des études avant qu'elles soient publiées, mais je peux vous dire que nous les attendons avec impatience.
Vous l'avez dit, dans votre propos liminaire, l'école est bonne pour tous les enfants. Néanmoins, on comprend que des élèves dans les zones oranges de 4e, de 3e, des lycéens ne retourneront pas du tout en cours avant la rentrée de septembre. Pour cela, est-ce que ce n'est pas une catastrophe annoncée ? Et question additionnelle, comment faites-vous pour aller chercher les décrocheurs ? Comment êtes-vous sûr que ce sont bien eux qui reviennent en cours actuellement ? Alors, c'est deux questions bien distinctes, en effet. D'abord, sur le premier point, je rappelle que l'instruction est obligatoire.
Dans la période exceptionnelle que nous vivons, la seule chose qui peut être différente entre un élève et un autre, c'est le fait d'aller physiquement ou pas à l'école. Mais l'instruction est obligatoire. Concrètement, ça signifie qu'on doit soit aller à l'école, soit être dans un lien grâce à l'enseignement à distance. Mais un élève ne doit pas être dans une situation sans aucune scolarisation, sans aucun lien avec l'école. Nous savons tous qu'il y a pour autant, malgré ces principes, eu du décrochage pendant le confinement. Nous l'avons chiffré à 4% en moyenne, mais c'est parfois beaucoup plus dans certains endroits parce que ça n'est qu'une moyenne.
Je rappelle qu'en Europe, nous sommes probablement l'un des pays qui a eu quand même le moins de décrochage scolaire. Ça reste un phénomène important que nous évaluons donc à environ 500 000 élèves. Alors, sur la première dimension de votre question, ce qui est important de dire, c'est que même un élève de 4e et de 3e en zone orange garde un lien avec son collège par l'enseignement à distance et peut-être, conformément à ce que j'ai dit tout à l'heure, parce que son collège va quand même réussir après avoir ouvert 6e et 5e, à ouvrir 4e et 3e.
Ensuite, s'agissant des lycéens, là toujours en zone orange, puisqu'en zone verte, c'est-à-dire pour quand même une très grande majorité de la France, ce lien va exister. J'ai bien indiqué qu'il y avait un entretien individuel, ce qui est évidemment quelque chose d'important. Autrement dit, tout élève a vocation à retrouver physiquement à un moment donné son établissement et à avoir quelque chose qui finalement ne se passe pas tellement forcément en temps ordinaire, qui est d'avoir un entretien individuel qui peut aller loin, qui peut aussi aller vers des cours en tout petits groupes ciblés pour telle catégorie d'élèves.
Donc on va aller vers une personnalisation maximale du lien entre l'établissement, l'élève et sa famille. Donc ce n'est pas du tout la rupture d'un lien, au contraire, c'est l'aménagement des choses pour tenir compte des contraintes sanitaires qui sont fortes, c'est vrai, mais aussi du fait qu'on veut faire réussir tous les élèves. De ce point de vue-là, sur la deuxième dimension de votre question, c'est d'une certaine façon ma priorité principale. Nous devons encore aujourd'hui aller chercher les élèves qui en ont le plus besoin. Et il est malheureusement exact de dire qu'au mois de mai, ce n'est pas forcément eux qui sont venus en premier.
C'était malheureusement ce que l'on pouvait attendre. Et donc, nous avons déclenché toute une série de mobilisations et nous continuons pour que le mois de juin permette à ces élèves de venir. Je pense par exemple au CP et CE1 de réseau d'éducation prioritaire. Ils sont par définition dans des groupes de 12 élèves. Ils peuvent donc venir tels quels, si je puis dire. Et aujourd'hui, nous n'avons qu'une partie d'entre eux. On doit aller les chercher, d'où la mobilisation générale. Par exemple, des assistantes sociales de l'éducation nationale et des départements, mais aussi d'autres catégories de la population. Je pense aux élus qui sont très mobilisés sur un tel sujet.
Nos professeurs qui téléphonent aux familles, nos directeurs, directrices d'école. Bref, c'est un peu la mobilisation générale pour aller chercher les élèves qui en ont le plus besoin, les rassurer grâce au protocole sanitaire et personnaliser leur parcours. On a aussi reçu beaucoup de questions concernant les voyages, les vacances, les déplacements, les frontières. D'abord, peut-être une précision. vous avez dit que la France garderait ses frontières fermées jusqu'au 15 juin minimum. Comment est-ce possible, alors que certains pays européens voisins rouvrent leurs aéroports dès la semaine prochaine, comment vous comptez procéder ?
Nous l'avons dit, s'agissant des frontières extérieures à l'Europe, nous devons prendre ensemble des décisions qui permettent de savoir quels sont les pays où le virus circule à un point tel qu'il ne serait pas raisonnable de laisser entrer sur notre territoire des ressortissants ou des voyageurs en provenance de ces pays. Ça n'a pas de sens de le faire pays par pays, ou plus exactement pays européens par pays européens. Il faut le faire collectivement et ensuite appliquer cette règle collectivement. C'est notre ambition, c'est notre volonté et c'est ce à quoi nous travaillons avec nos partenaires. Entre pays européens, la question est un peu différente.
Certains pays ayant choisi avant d'autres de réouvrir leurs frontières, c'est-à-dire de faire en sorte qu'on puisse arriver chez eux. Moi, je respecte les décisions prises par les pays voisins. elles ont été prises souverainement, si j'ose dire, et elles sont toujours adaptées à la situation sanitaire, que ce soit en Italie ou en Espagne. La crise a été d'une telle ampleur que nous savons que les autorités en place font le maximum et ne prennent pas des décisions à la légère, je n'ai aucun doute là-dessus.
Nous, nous prenons les décisions à notre rythme et nous avons considéré que le bon moment pour faire en sorte que l'on puisse accéder sur le territoire national, ce soit le 15 juin et après le 15 juin, nous ouvrirons les frontières à l'intérieur de l'Europe, je l'ai indiqué, 114 aînes, je vais dire quarantaines, 114 aînes, mais avec la possibilité de prendre des mesures en réciprocité si des pays européens venaient à prendre des mesures de 14 aînes à l'égard des Français. Et voilà comment les choses vont procéder. On a encore beaucoup de travail sur ces questions, beaucoup de travail pratique à mettre en œuvre, mais il me semble important de dire à nos concitoyens quelle est la perspective.
La perspective, c'est le 15 juin, ce n'est pas le 2 juin et dans les conditions qu'on aura l'occasion de préciser.
Mais donc concrètement, un Français qui voudrait se rendre en Italie dès la semaine prochaine pourrait ? Un Français qui voudrait
se rendre en Italie pourrait, il pourrait se rendre en Italie au sens où l'Italie ne lui interdirait pas l'accès à son territoire et que nous n'interdisons pas l'accès à notre territoire des ressortissants français quand ils reviennent en France. Vous le savez, c'est déjà le cas aujourd'hui. Mais un ressortissant étranger ne pourrait pas aller en Italie et revenir en France facilement.
Une question d'Outre-mer 360 qui concerne le sujet très spécifique des Outre-mer du Pacifique. Qu'en est-il pour leur déplacement à eux qui ont nécessairement une escale à faire aux Etats-Unis pour la Polynésie, par exemple au Japon pour la Nouvelle-Calédonie ?
Alors je ne vais pas être en mesure de répondre à toutes les questions et notamment aux questions d'escale parce qu'elles dépendent des régimes juridiques de chaque pays et au risque de vous décevoir, je ne suis pas capable de déterminer dans le détail les régimes juridiques applicables dans tous les pays du monde. J'en suis désolé, mais honnêtement, je ne vois pas comment je pourrais. En revanche, ce qui est certain, c'est que, que ce soit en Polynésie ou en Nouvelle-Calédonie et singulièrement en Nouvelle-Calédonie, il y a un régime de 14N auquel les populations de Nouvelle-Calédonie sont extrêmement attachées. D'abord, à cause de leur histoire.
La propagation des virus à portée de l'extérieur a bien souvent suscité des ravages considérables dans l'histoire de ces territoires. Et nous avons donc veillé à faire en sorte que les 14N applicables en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie soient très strictes et à faire en sorte que chacun puisse les observer. et de ce point de vue-là, il y a un enjeu très particulier et nous ne voulons prendre aucun risque en la matière.
Comme je l'ai indiqué tout à l'heure, ce que nous cherchons à faire, c'est, tout en garantissant les conditions de sûreté et de sécurité sanitaire, veiller à imaginer des nouveaux protocoles qui permettraient d'accéder plus facilement aux territoires insulaires, mais avec toutes les conditions de sûreté garanties. Et c'est un travail qu'il faut faire avec les médecins pour vérifier que le protocole que nous proposerons sera parfaitement adapté aux enjeux.
Nous avons un certain nombre de questions économiques, notamment cette question de l'AFP TF1-LCI. Vous en avez d'ailleurs parlé vous-même. L'urgence économique illustrée par les mauvais chiffres du chômage, une reprise hésitante. Est-ce que tout ça, ça a dicté l'accélération du déconfinement ?
J'ai indiqué très tôt, on n'en avait pas encore commencé avec le déconfinement. Avant le 11 mai, qu'à l'évidence, après le choc sanitaire, il y aura un choc économique et social. Personne, en vérité, ne pouvait imaginer qu'une interruption aussi brutale de la production et aussi massive de la consommation dans presque la moitié des pays du monde, ou en tout cas pour la moitié de l'humanité, passerait inaperçue. Évidemment, elle provoque un choc économique massif. Je l'ai dit dès le début et je le savais. D'ailleurs, en vérité, tout le monde le sait.
Donc cette question n'a pas justifié ni une accélération ni un ralentissement de considérations qui ont été prises d'abord et avant tout pour protéger les populations. Mais il est vrai que j'ai toujours évoqué la question du chemin de crête entre la sécurité sanitaire et la nécessaire reprise. Aujourd'hui, on voit que la pente du côté de la sécurité sanitaire est un peu moins difficile mais que la pente du côté de la reprise économique est beaucoup plus abrupte. Nous devons donc continuer d'avancer. Nous sommes toujours sur ce chemin de crête mais parce que les résultats sanitaires sont bons, nous pouvons avancer plus vite.
Comptez-vous renforcer les contrôles face aux entreprises qui ont indûment utilisé le dispositif de chômage partiel en faisant travailler leurs salariés, parfois par exemple avec leur mail personnel ? Oui. Concrètement, ça veut dire ?
Ça veut dire qu'on va faire des contrôles et qu'on va vérifier parce que dans ce moment, les entreprises qui n'auraient pas joué le jeu, n'auraient pas respecté la loi placeraient évidemment l'ensemble de nos concitoyens dans une situation pénible. respecter la loi, ce n'est pas simplement pour les gens qui respectent le confinement, c'est pour tout le monde. Et donc, la ministre du Travail a eu raison de dire que nous allions procéder à des contrôles pour vérifier qu'on n'avait pas détourné le régime d'activité partielle. Ça me semble bien naturel et je crois que chacun de nos concitoyens le comprend parfaitement.
Concernant les terrasses des cafés et des restaurants, est-ce qu'il est prévu d'autoriser les établissements à étaler leurs terrasses plus que d'habitude dans la rue pour pouvoir leur permettre
d'une décision du gouvernement ? Ce n'est pas le gouvernement qui décide d'attribuer le droit à tel ou tel exploitant d'installer une terrasse, c'est le maire. Et donc, je pense que, enfin, probablement, je peux imaginer en fonction de mon expérience, peut-être même de la ville que je connais le mieux, qu'il y aura peut-être pour rattraper le retard une forme d'organisation un peu différente, peut-être un petit peu plus libérale pour faire en sorte que plus d'exploitants et plus de cafés ou de restaurants puissent disposer d'espaces extérieurs.
C'est évidemment très important dans les zones oranges où la vigilance reste encore forte, mais je ne peux pas présumer de la décision des maires et elle devra être conciliée avec les impératifs de la circulation, de l'ordre public.
Vous disiez que les rassemblements de plus de 10 personnes restent interdits. Est-ce qu'une exception est prévue pour permettre aux personnes de célébrer des mariages ? Et pour les enterrements, est-ce que des exceptions aux règles actuelles sont prévues à un allègement également ?
Pendant une longue période, les mariages ont été retardés. Vous pouvez les célébrer que s'il y avait urgence. Heureusement, cette période est révolue. On va pouvoir enfin recommencer à célébrer des mariages. Je dis enfin parce qu'il y a des gens qui ont très envie de se marier et on les comprend. On les comprend, d'ailleurs. Cela dit, le moment de relâcher totalement l'attention sur les cérémonies religieuses ou sur les cérémonies civiles n'est pas venu. Il n'a échappé à personne que dans d'autres pays que la France. Ça a été le cas en France, à Mulhouse, au début de l'épidémie.
Mais après le confinement, depuis le déconfinement, dans d'autres pays que la France, cette allogation de cérémonies religieuses que des nouveaux clusters sont apparus. Alors, heureusement, pas à chaque fois, bien sûr, mais qu'ils ont pu apparaître. Il faudra donc que, là encore, dans les églises, dans les temples, dans les synagogues, dans les mosquées, dans les mairies, quand on célèbre les mariages, on soit extrêmement attentif à la distanciation physique et à des règles de densité qui correspondent aux protocoles qui auront été acceptés et mis en œuvre.
Une question sur les transports. Vous avez annoncé que de plus en plus d'écoles vont rouvrir, de plus en plus de gens vont donc pouvoir aller travailler. Est-ce qu'il va y avoir des mesures spécifiques qui vont être mises en place pour assurer la sécurité des gens qui empruntent les transports ? Faudra-t-il encore y avoir une attestation, par exemple ?
Alors, la question est importante, bien entendu, parce que dans certaines zones, c'est la question des transports publics qui est l'élément limitant pour retourner au travail, parfois. Nous avions, vous vous en souvenez, laissé la possibilité aux autorités organisatrices de transport de demander à l'État la possibilité d'instaurer un mécanisme limitant l'accès aux transports publics pour ceux qui ne travaillent pas aux heures de pointe.
Et la présidente du Conseil régional d'Ile-de-France avait saisi cette possibilité et l'État, comme il s'y était engagé, avait travaillé avec elle pour faire en sorte qu'une attestation soit nécessaire aux heures de pointe pour pouvoir accéder aux transports en commun. Nous travaillons, évidemment, avec l'ensemble des autorités organisatrices de transports et celles qui ont demandé cette mesure. Nous allons voir avec elle si nous pouvons retirer cette mesure compte tenu des décisions que nous venons de prendre. Un contact a été pris avec Mme Pécresse juste avant cette conférence de presse.
Nous allons continuer à travailler avec elle dans les jours qui viennent pour lever progressivement les limitations en question. Dernière question ?
Une question sport qui intéressera les équipes professionnelles au Havre comme ailleurs. Vous avez parlé de la reprise des entraînements et pourquoi pas la reprise des championnats de football. Ça se fait en Angleterre aujourd'hui, ça se fait en Allemagne, en Espagne. Est-ce que vous n'êtes pas précipité à siffler la fin de saison ?
Alors écoutez, moi, il ne m'appartient pas de me prononcer sur les décisions des ligues et des fédérations, mais il me semble que pendant près de deux mois et demi, les championnats et les compétitions ont été interrompus pour d'excellentes raisons. Je l'assume parfaitement. Nous avons indiqué que l'utilisation des stades était encore sujette à des limitations. Nous avons indiqué que la pratique des sports collectifs, parce que par définition, ce sont des sports de contact, je pense par exemple au foot et au basket, rendait l'exercice de ces sports encore interdits. Je ne crois pas que le moment soit venu. Et par goût personnel, j'espère que le moment viendra bientôt.
Et j'espère que le début de la saison prochaine pourra s'effectuer dans des conditions normales, s'agissant des joueurs, s'agissant des équipes. Je sais qu'ils l'attendent avec beaucoup d'impatience. Merci beaucoup pour ces questions et pour votre attention.
Édouard Philippe