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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 20 janvier 2020 14 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Le fiasco de la fusion des régions

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:01Invité politiqueFait
    « toutes les réformes territoriales en France, depuis qu'elles ont eu lieu, ont toujours en définitive créé beaucoup plus de dépenses qu'elles n'ont généré de recettes. »
  • 3:30Invité politiqueFait
    « Elle fait penser d'ailleurs à ce qui existe au niveau européen, où les européistes ne sont jamais parvenus à se décider entre le parlement à Strasbourg – comme il était à l'origine – et le parlement à Bruxelles »
  • 5:37Invité politiqueFait
    « Paraît-il qu'on devait avoir une harmonisation des rémunérations. Cette harmonisation des rémunérations a eu lieu vers le haut et non pas vers le bas »
  • 7:02Invité politiqueFait
    « personne ne l'avait demandé en France. Je rappelle que c'est d'un seul coup cette décision, qui était sortie comme ça du cerveau fécond de M. François Hollande, alors que ça ne figurait nulle part dans son programme présidentiel »
  • 7:44Invité politiqueFait
    « le rapport des GOPÉ avait demandé qu'il y ait cette fusion des grandes régions. Ça avait d'ailleurs figuré dans le PNR, hein : programme national de réforme, adopté par le gouvernement français en application de ce rapport annuel des GOPÉ. »
  • 8:27Invité politiquePromesse
    « nous, nous allons faire des économies, mais des vraies. Et les véritables économies consisteront à supprimer tout simplement les régions. »
  • 10:31Invité politiqueFait
    « c'est à partir de 1981 : l'élection de François Mitterrand, et 1982 : les lois de décentralisation, qu'il a été décidé de créer cet échelon administratif supplémentaire de plein exercice que sont les régions »
  • 11:13Invité politiqueFait
    « Soit il faut supprimer les régions et conserver les départements, soit supprimer les départements et conserver les régions. »

Temps de parole

  • François Hollande100 %

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François Hollande

Mes chers compatriotes. Nous sommes aujourd'hui le dimanche 12 janvier 2020. Et je voudrais revenir sur un article tout à fait intéressant, qui a été publié par le magazine « Capital » il y a 3 jours, le 9 janvier 2020, et qui a été pas mal relayé sur Yahoo Actualités, MSN, et donc quelques sites de cette nature. Cet article de « Capital » est – si j'ose dire – capital, en ce sens qu'il revient sur un premier bilan établi par la Cour des comptes concernant la création des grandes régions, des méga-régions, telle que l'avait décidé François Hollande.

Rappelez-vous : il y a quelques années, sous le pontificat de François Hollande Ier, eh bien il avait été question de créer d'un seul coup d'un seul des grandes régions, fusionnant au forceps par exemple la région Champagne-Ardenne, la région Lorraine et la région Alsace, au grand déplaisir d'ailleurs des habitants de ces différentes régions, et tout spécialement des Alsaciens, qui considèrent – d'ailleurs à juste titre – que la région Alsace a une spécificité historique, culturelle, linguistique qui nécessite qu'elle soit une région à part, de ce que les Alsaciens appellent la France de l'intérieur.

De la même façon, la région Nouvelle-Aquitaine, constituée en la fusion de la région Aquitaine, de la région Limousin et de la région Poitou-Charentes. Bref, toutes ces régions avaient été faites au forceps. Ou Auvergne et Rhône-Alpes. Ou Bourgogne et Franche-Comté. Et on avait expliqué qu'il allait en résulter des économies d'échelle, on allait voir ce que l'on allait voir. M. André Vallini, qui était le ministre en charge de cette réforme des territoires, avait d'ailleurs annoncé à la cantonade à qui voulait l'entendre... Ça avait été évidemment repris avec la plus grande complaisance par tous les médias du système. Que ça allait créer 10 milliards d'euros d'économies.

J'avais à l'époque déjà prévenu que ceci n'aurait pas lieu et que toutes les réformes territoriales en France, depuis qu'elles ont eu lieu, ont toujours en définitive créé beaucoup plus de dépenses qu'elles n'ont généré de recettes. {Moi, je voudrais essayer de dire d'où viennent ces réformes territoriales qui sont imposées aux Français.} {En réalité, ces fusions de régions, de grandes régions coûtent de l'argent au lieu d'en économiser. Les fusions forcées de communes mettent – je le disais à l'instant – les maires et les populations dans un état de grande colère.} Je me rappelle d'ailleurs que j'avais eu l'occasion de rencontrer à l'époque...

J'avais rencontré le préfet de Rhône-Alpes, qui m'avait expliqué en tête à tête qu'en définitive, la fusion entre Auvergne et Rhône-Alpes allait à son avis créer beaucoup plus de dépenses que ça n'allait engendrer de recettes parce que, tout simplement, eh bien les élus d'Auvergne ne voudraient pas complètement laisser tomber Clermont-Ferrand, et les élus de Rhône-Alpes ne voudraient pas laisser tomber Lyon, et que donc, on allait probablement tomber sur une espèce de compromis chèvre-chou, avec des réunions tantôt à Lyon, tantôt à Clermont-Ferrand, cette pusillanimité dans la prise de décision, d'ailleurs, étant très généralement développée.

Elle fait penser d'ailleurs à ce qui existe au niveau européen, où les européistes ne sont jamais parvenus à se décider entre le parlement à Strasbourg – comme il était à l'origine – et le parlement à Bruxelles, quand il a été ensuite fixé à Bruxelles.

De telle sorte que le Parlement européen se tient alternativement à Bruxelles et à Strasbourg, ce qui non seulement a fait qu'il y a deux parlements flambant neufs dans les deux villes, avec des coûts de fonctionnement délirants, mais que de surcroît, il faut payer les frais de déplacement de centaines et de centaines de personnes : d'abord des quelque 700 et quelques, 750 députés au Parlement européen venus de toute l'Europe, leurs frais de déplacement, et aussi les frais des services, des collaborateurs. Enfin tout ça, ce sont des sources de dépenses colossales. Eh bien la même chose se produit pour ces grandes régions françaises.

Comme l'avait dit le préfet de Rhône-Alpes quand je l'avais vu, eh bien il y a dans la région Auvergne-Rhône-Alpes des réunions qui se tiennent tantôt à Lyon, majoritairement, tantôt à Clermont-Ferrand, de même que dans la région Occitanie, il y a des réunions qui se tiennent tantôt à Toulouse, tantôt à Montpellier, ou dans la région Grand Est, il y a des réunions qui se tiennent, ou des assemblées qui se tiennent tantôt à Strasbourg, tantôt à Châlons-en-Champagne. Tout ceci est source de dépenses complètement délirantes, puisqu'il faut faire se déplacer les conseillers régionaux, les équipes. Il y a des frais de transport. Il y a des frais d'hébergement.

Il y a des multiplications d'investissements superflus : par exemple des salles avec des équipements vidéo, des micros, etc. qu'il faut renouveler, qu'on multiplie par deux, qui sont utilisés pendant quelques heures par mois. Etc., etc. Un autre effet pervers étant d'ailleurs que... Paraît-il qu'on devait avoir une harmonisation des rémunérations. Cette harmonisation des rémunérations a eu lieu vers le haut et non pas vers le bas, puisque les élus d'une région se sont dit : « Mais finalement, pourquoi est-ce que je gagnerais moins que ceux de la région d'à côté, avec lesquels j'ai fusionné ? ».

Il y a donc une augmentation, une envolée des frais de personnel, augmentation, envolée des frais de transport, envolée des investissements, envolée des frais d'hébergement. Et les réductions tardent à arriver. M. Vallini avait estimé le gain à 10 milliards d'euros. En réalité... Et c'est tout le mérite de la Cour des comptes de l'avoir dressé, souligné dans un rapport. C'est le mérite du magazine Capital de l'avoir également souligné. Eh bien pour l'instant, cette création des grandes régions se solde par une augmentation des dépenses. C'est exactement ce que j'avais annoncé. Alors j'avais prévenu de ce désastre qui a lieu. Je rappelle que ce désastre, personne ne l'avait demandé en France.

Je rappelle que c'est d'un seul coup cette décision, qui était sortie comme ça du cerveau fécond de M. François Hollande, alors que ça ne figurait nulle part dans son programme présidentiel, nulle part dans le programme législatif, et aucun Français n'avait demandé quoi que ce soit. Bien au contraire, les Français ne voulaient pas de cette fusion. Vous savez – nous l'avons précisé – qu'en réalité, ces fusions de grandes régions avaient pour objectif – et j'ai eu l'occasion de l'expliquer – d'avoir des tailles de région se rapprochant de la superficie moyenne des Länder allemands, qui est également la même taille à peu près que les États de la côte est américaine.

J'ai également eu l'occasion de rappeler que ceci avait été demandé par la Commission européenne dans ce fameux rapport annuel des GOPÉ, qui avait demandé... Ce rapport que seul l'UPR connaît, puisque aucun autre parti politique en France et aucun syndicat en France et aucun journaliste en France ne semble connaître l'existence de ce rapport des GOPÉ, qui constitue néanmoins la feuille de route de tous les gouvernements européistes en France. Donc en 2014, le rapport des GOPÉ avait demandé qu'il y ait cette fusion des grandes régions. Ça avait d'ailleurs figuré dans le PNR, hein : programme national de réforme, adopté par le gouvernement français en application de ce rapport annuel des GOPÉ.

Voilà le fin mot de l'histoire. Pour conclure, eh bien je dirai que encore une fois, les événements se chargent de confirmer la justesse des analyses de l'UPR. Et puisque nous en sommes à parler de notre mouvement, je rappelle ici que lorsque nous serons arrivés au pouvoir, eh bien nous, nous allons faire des économies, mais des vraies. Et les véritables économies consisteront à supprimer tout simplement les régions.

Je rappelle que la France avait supprimé les provinces en 1789, et que la France s'était ma foi fort bien portée de 1789 jusqu'en 1941 : date à laquelle le maréchal Pétain, à la demande non pas de la Commission de Bruxelles, mais à la demande des Allemands, avait recréé des régions : des régions qui ne correspondaient d'ailleurs pas aux anciennes provinces, du temps de l'Ancien Régime, mais qui correspondaient un peu à nos régions... Voilà. Nos régions actuelles. Ça avait été supprimé à la Libération. On était donc revenus au système des départements, qui d'ailleurs persistait sous l'emprise de Pétain.

Et c'est en 1972 que Georges Pompidou avait recréé des régions, reprenant d'ailleurs le découpage du temps de Pétain. Ces régions créées par Georges Pompidou en 1972 étant de simples EPR, comme on disait : des établissements publics régionaux, des établissements publics administratifs, en fait, qui étaient ma foi des structures administratives fort légères. Il n'y avait pas d'élus. Et c'était une simple coordination administrative de l'action des départements. Eh bien nous, nous estimons que c'était largement suffisant.

En réalité, c'est à partir de 1981 : l'élection de François Mitterrand, et 1982 : les lois de décentralisation, qu'il a été décidé de créer cet échelon administratif supplémentaire de plein exercice que sont les régions, avec des conseillers régionaux, avec des hôtels de région – les hôtels, c'est-à-dire l'endroit où il y a l'assemblée régionale –, avec des collaborateurs, avec des voitures de fonction, avec des frais de transport, avec des frais d'hébergement, avec des logements de fonction, etc., etc. On a créé ex nihilo une structure qui dépense énormément d'argent pour finalement pas grand-chose, puisqu'on pouvait très bien s'en passer auparavant. Donc de deux choses l'une.

Soit il faut supprimer les régions et conserver les départements, soit supprimer les départements et conserver les régions. Il se trouve que les Français sont très attachés aux départements, qui furent créés en 1790, que les Français s'identifient à des départements et fort peu à des régions, a fortiori aux très grandes régions. Eh bien nous, lorsque nous serons arrivés au pouvoir, nous supprimerons les régions, nous ferons l'économie de je ne sais plus combien... Il y a 1 700 ou... Je ne me rappelle plus. Conseillers régionaux. Nous ferons des milliards d'euros d'économies de fonds publics.

Et puis nous redistribuerons les compétences des régions soit aux départements, soit à l'État, quitte d'ailleurs à ce que l'on ait un établissement public administratif très léger, comme en 1972, tels qu'ils furent créés par Pompidou, pour coordonner l'action de certains départements au sein de ces régions du style PACA, par exemple, ou région Rhône-Alpes, si ces régions ont une certaine identité. C'est simple, en définitive, de faire des économies. Encore faut-il savoir prendre des décisions et s'y tenir.

Encore faut-il ne pas être englué dans la politique politicienne et la politicaillerie de tous ces partis politiques qui existent depuis des décennies, qui se sont réparti les prébandes, les postes, les sièges, et qui vivent confortablement sur la bête. Si les Français veulent véritablement alléger le poids des prélèvements obligatoires, si les Français veulent véritablement alléger le poids de la fiscalité, eh bien ils ne peuvent pas faire confiance à des partis politiques qui existent depuis des années et des années et qui vivent de la bête. Seul un nouveau parti politique, qui ne comporte pas encore d'élus mais qui aspire à accéder aux plus hautes responsabilités, pourra le faire.

Vive la République et vive la France.