La Nupes fait son entrée à l'Assemblée nationale - Reportage #cdanslair 21.06.2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ce devait être l'arrivée en force de l'ANUP. C'est finalement la photo de famille des députés de la France insoumise. Problème d'agenda prétexte leurs alliés. Peu importe, leur chef, lui, est bien présent. Jean-Luc Mélenchon, député sortant, mais toujours omniprésent. Avec un groupe quatre fois plus grand qu'en 2017, LFI compte bien se faire entendre encore plus fort.
Vous voyez le bruit qu'on a fait à 17, donc vous imaginez, là, ça va être vraiment quelque chose, ça va dépoter. Et puis on est dans une configuration politique très différente d'il y a cinq ans, avec une Macronie qui est défaite, qui n'a pas de majorité, une extrême droite qui est présente maintenant dans l'hémicycle, qui a fait sa percée, donc c'est pas le même mandat. Voilà, et vous pouvez compter sur nous, en effet, pour tenir bon.
Et pour les petits nouveaux du groupe, Jean-Luc Mélenchon joue les professeurs. Dans un hémicycle que les Insoumis ont transformé pendant cinq ans en tribune médiatique.
Et voilà ce que vous supprimez tous les mois par les plus démunis.
Du panier de course pour symboliser la baisse des APL, François Ruffin agitant un chéquier, et Mathilde Panot s'appliquant elle-même un baillon. Forte désormais de 72 députés, la France Insoumise disposera de plus de leviers.
Durant la précédente mandature, nous avions un ou deux députés par commission. Désormais, nous allons être sans doute, je dis ça, au moins dix députés par commission. Donc dix personnes qui peuvent travailler, ça fait du meilleur boulot que deux personnes. Nous allons avoir plus de moyens pour avoir des collaborateurs, pour travailler sur des textes, pour avoir un argumentaire plus fin. Si vous êtes tout seul face à la machine de l'État, vous êtes broyé.
Une stratégie d'opposition ferme, que la NUP s'apprête à mettre en pratique, dans quelques jours, avec la première loi de l'exécutif sur le pouvoir d'achat. Pour LFI et ses alliés, hors de question de faire des concessions.
Une revalorisation, ça ne peut pas être en dessous du niveau de l'inflation. C'est quand même pas ça, ce que j'appelle une revalorisation. C'est pas possible de dire aux gens, bon, on va vous donner un peu plus, mais moins que ce que vous perdez chaque semaine ou chaque mois. Ben, c'est pas possible. Donc vous ne voterez pas les 4% d'augmentation des retraites ? Ben, on ne peut pas accepter une revalorisation qui serait inférieure au niveau de l'inflation. Ça me paraît une évidence.
Mais pour peser, encore faut-il rester uni. Dès hier, la coalition de gauche a connu ses premiers accros. Jean-Luc Mélenchon souhaite que la NUP ne forme qu'un seul et même groupe parlementaire. Refus immédiat du PS des Verts et des communistes. Leur leader, Fabien Roussel, veut conserver sa liberté de vote.
Je ne comprends pas pourquoi Jean-Luc propose ça, parce qu'il connaît le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Et justement, quand on est 4 groupes de gauche face au groupe du Rassemblement national, ça nous donne à nous 4 fois plus de temps de parole que le Rassemblement national. C'est quoi le sujet ? C'est de faire de la tambouille électorale pour des postes à l'Assemblée nationale. Mais jamais, mais jamais, jamais je ferai ça, jamais je parlerai de ça, jamais je rentrerai là-dedans. Ce n'est pas le sujet.
Au moment même où les troupes de Jean-Luc Mélenchon font leur rentrée à l'Assemblée, les communistes, eux, se réunissent place du colonel Fabien.
Félicitations, monsieur le député. Ça va, Pierre ?
Réunion pour parler stratégie, loin de celle de leurs alliés, de la France insoumise.
Je ne suis pas, moi, pour la théorie du chaos à l'Assemblée nationale, du blocage des institutions. Mais ça serait insupportable, horrible de montrer ça aux Français. Enfin, ce n'est pas le jeu. Le jeu, c'est les textes de loi que l'on propose, d'augmentation des salaires, des retraites, derrière les moyens que l'on met pour financer.
Premier test pour la NUP à l'Assemblée. La question de la motion de censure contre la première ministre proposée par LFI. Ses alliés se sont pour l'instant montrés très hésitants.
Jean-Luc Mélenchon