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ChroniqueSébastien Gobert· 5 novembre 2025 7 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéTransportsÉconomie & entreprises

Arrêt des laisons ferroviaires vers Sloviansk et Kramatorsk: un symbole de la guerre d'attrition

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  • 3:00Fait
    « La décision est justifiée par des mesures de précaution de sécurité évidente puisque on a vu ces derniers mois que les Russes frappaient de plus en plus les infrastructures ferroviaires, les trains de passagers y compris »
  • 4:30Chiffre
    « Le réseau sur lequel elle opère qui était auparavant le 3e en Europe après celui de l'Allemagne et de la France a déjà été amputé de plus de 10 % de ses lignes depuis 2022 »
  • 5:30Chiffre
    « des dégâts matériels pour environ 2 milliards d'euros »

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À quoi ressemble une guerre d'attrition dans les faits ? On a bien sûr en tête l'usure des troupes, les frappes russes sur les centrales ukrainiennes ou les frappe ukrainienne sur des raffineries russes. Mais la décision toute récente de la compagnie ferroviaire Creusalisnitsa d'interrompre les liaisons entre la capitale Kiev et les villes de Slaviansk et Kramatorsk dans l'oblast de Donet rentre totalement dans ce cadre de la guerre d'attrition, de ce conflit qui rogne un peu plus l'Ukraine et ses ressources.

Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où je veux marquer le coup de l'arrêt de ces liaisons ferroviaires qui sont extrêmement importante pour la logistique ukrainienne mais plus généralement pour l'Ukraine en tant que telle. En l'occurrence donc, ce sont les gares de Sloviensk et Kramatorsk qui ne sont plus desservis.

Il n'est déjà plus possible aujourd'hui d'acheter des billets pour Kramatorsk en ligne. La décision est justifiée par des mesures de précaution de sécurité évidente puisque on a vu ces derniers mois que les Russes frappaient de plus en plus les infrastructures ferroviaires, les trains de passagers y compris, ce qui n'était pas forcément le cas auparavant, notamment entre 2022 et 2024. Donc désormais, au lieu d'aller jusqu'à Slaviansk et Kramatorsk, le train va s'arrêter à Ousifka qui est un petit village de l'Oblest de Carkif à une centaine de kilomètres de Slaviansk.

Et à partir de là, des transits par autocar seront organisés par la compagnie ferroviaire. Cette décision marque la fin des liaisons ferroviaires entre l'Oblast de Donetsk et le reste de l'Ukraine. La région n'est plus reliée au reste du pays que par la route.

Et ce à quoi on est en train d'assister là, c'est la réduction d'une ligne ouest est qui était auparavant considérée comme une des principales du pays, ce qu'on appelle une magistrale. L'Ukraine qui est très centralisée autour de sa capitale Kiev qui est plus ou moins au centre du pays, disposé de quatre magistrales, donc de quatre lignes principales. Kief Donetsk, Kief Harkif, Kief Odessa et Kief Lvif.

Ce sont sur ces quatre lignes principales que circulent et circulait dans le cas de Kief Donetsk, l'essentiel des trains de passagers, les fameux trains de nuit, mais aussi les trains à grande vitesse que les Ukrainiens avaient acquis de Corée du Sud en vue de l'Euro 2012 de football. Bon, quand on dit train à grande vitesse, il ne roule qu'à 160 km/h, mais ici en Ukraine, ça a fait toute la différence. Et donc cette ligne de l'est, cette magistrale est de plus en plus reniée et cela complique affreusement la logistique ukrainienne pour approvisionner ces villes fortifiées de l'Oblastte de Doniesque.

Évidemment, ça complique le transport de matériel, le transport d'armement, le transport de troupes et plus généralement, cela crée des inconvénients pour tout le monde, y compris pour les civils, qu'ils souhaitent juste aller et venir ou alors qu'il soient en cours d'évacuation depuis la région de Doneske. Je prends un autre exemple. Un soldat qui reviendrait de permission frais et dispo.

Et bien d'habitude son train arrivait à Slaviansk ou Kramatorsk à environ 15 20 km de sa base et bien maintenant il doit sortir du train et faire 2 3 heures de voiture sur des routes qui sont notoirement assez mauvaises. Et donc évidemment ne serait-ce que ça annule un peu le bienfait de la permission et fait que les troupes vont être un peu moins bien reposées. Ça complique aussi les retrouvailles familiales puisque Kramatorsk et Slaviansk sont des grands centres urbains qui hébergent énormément de soldats ukrainien.

Et la ligne ferroviaire directe vers KIF était autant une ligne d'approvisionnement, une ligne de vie que une ligne pour permettre à des familles et à des couples de se retrouver finalement au bout de quelques heures de voyage. Kramatorsk avait même été baptisé ces dernières années la ville de l'Amour puisque c'était là que se passaient ses retrouvailles. L'arrêt des liaisons ferroviaires est aussi catastrophe économique pour les villes de Slaviansk et de Kramatorsk. et elle marque une nouvelle étape dans le retrait progressif de tous les services publics assurés par l'État et qui contribue donc dans cette région ou n'importe où ailleurs dans le monde à marquer un territoire et à le structurer par rapport au reste du pays.

C'est ce qui se passe quand les écoles et les hôpitaux ferment. C'est ce qui se passe quand les bureaux de poste ferment. C'est ce qui se passe quand les services d'entretien des réseaux électriques ou des canalisations peuvent moins bien fonctionner à cause de la dégradation de la situation sécuritaire.

C'est ce qui se passe quand les antennes téléphoniques sont touchées par des bombardements ou par des drones. C'est ce qui se passe quand les magasins d'alimentation ferment les uns après les autres. Parce que en fait, d'une décision à une autre, on arrive petit à petit à un territoire qui est isolé, un territoire qui est esselé, un territoire qui ne vit plus normalement, qui se vide de ses habitants et qui est de plus en plus peuplé par des militaires qui ne sont plus dans une position de repos, donc dans une ville de l'arrière, mais de plus en plus dans une position de combat.

Et donc évidemment, on comprend que cette décision d'interrompre les léons ferroviaires vers Slaviansk et Kramatorsk est justifiée par des mesures de sécurité, mais c'est aussi une décision qui va affaiblir ces villes dans le sens où elle complique la logistique et le ravitaillement de ces villes fortifiées. Et ça, on l'a vu un peu partout où ça s'est passé. C'est en général un très mauvais signe.

Le dernier train qui est parti de Pokrovsk, c'était en septembre 2024 et on voit où on en est maintenant 13 mois après. Alors, dans quel état seront Kramatorsk et Slaviansk dans un an ? En fait, on a plus qu'à le redouter compte tenu de la situation apocrovskeque mais compte tenu aussi de la dégradation sécuritaire à Constantinfka et Drouchifka qui sont juste au sud de ces deux villes.

La décision d'interrompre les dessertes, c'est aussi un signe de latrition de la compagnie ferroviaire nationale au Creusalesnitz qui a subi depuis 2022 des dégâts matériels pour environ 2 milliards d'euros et ce qui fait que le réseau sur lequel elle opère qui était auparavant le 3e en Europe après celui de l'Allemagne et de la France a déjà été amputé de plus de 10 % de ses lignes depuis 2022 et doit réduire régulièrement ses offres comme c'est le cas donc aujourd'hui face au grignotage de territoire par l'armée russie. Et tout cela évidemment, l'attrition de cette compagnie qui opère donc dans tout le pays et bien ça a des conséquences sur l'entièreté de l'Ukraine bien au-delà de Slaviansk et Kramatorsk. Voilà, je voulais prendre cet exemple pour illustrer ce qu'est une guerre d'attrition, c'est-à-dire un conflit dont on ne voit pas forcément les effets tout de suite.

Donc près de 4 ans après le lancement de l'invasion généralisée par la Russie et plus de 11 ans après le lancement de sa guerre contre l'Ukraine, donc à travers l'annexion de la Crimée, et bien on voit vraiment cet épuisement se manifester. Cette guerre d'attrition, elle touche aussi la Russie, même si ça prend d'autres formes là-bas, étant donné que la Russie et la puissance agresseur et que son territoire est plus ou moins intact. Mais donc en l'occurrence avec ce cas très particulier, c'est en Ukraine que se manifeste cette attrition puisque cette décision de ne plus desservir les villes de Slaviansk et Kramatorsk et de ne plus desservir l'Oblastte de Tonatque en règle générale, et bien il va avoir des conséquences sur l'Ukraine tout entière.

Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.