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Débat Eric ZEMMOUR vs François ASSELINEAU - Identité, Souveraineté, Europe - 19/11/2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Face à Éric Zemmour ce soir, François Asselineau, homme politique, président fondateur de l'UPR, l'État français est-il un bon gestionnaire ? L'Europe est-elle responsable de tout ? Faut-il un Brexit ? C'est tout de suite, restez avec nous. Bonsoir à tous, si vous nous rejoignez à l'instant, le face-à-face Éric Zemmour, François Asselineau, bonsoir M.

Asselineau, vous êtes un homme politique, re-bonsoir Éric Zemmour, vous êtes président fondateur de l'UPR, l'Union Populaire Républicaine, vous avez été candidat à la présidentielle notamment de 2017, 2012 aussi, votre particularité, vous voulez sortir de l'euro, sortir de l'OTAN, sortir de l'Europe, vous êtes partisan du Frexit, comme le Brexit, on va justement en parler, mais on va commencer avec ce sujet d'actualité, le pont dont tout le monde parle, effectivement on a vu aujourd'hui, on l'a appris aujourd'hui, que c'est un camion de plus de 50 tonnes qui a été a priori la cause de cet accident, vous avez dit par exemple sur les réseaux sociaux hier, un sous-investissement chronique dans les ouvrages d'art de notre réseau routier, au même moment la France verse via l'Union Européenne des dizaines de millions d'euros pour construire les ponts dans les pays de l'Est, est-ce que vous êtes en train de dire que l'Europe est la cause de tous les mots, même ici en France ?

1:18
François Asselineau

L'Europe n'est pas la cause de tous les mots, mais c'est la cause de mots très importants, notamment les problèmes budgétaires qu'il y a en France, il n'y a jamais plus de budget, rien du tout, or il est un fait exact que certes il y a eu hier un camion qui semble-t-il était en surcharge, mais d'après ce qu'a dit le procureur de la République, il a dit que c'était la cause immédiate, mais il y a une cause plus lointaine, c'est effectivement que ce pont était certainement très affaibli, il y a eu les sustentes qui se sont décrochées, et d'après les témoignages, il y avait très nombreux camions qui passaient régulièrement sur ce pont. Ça veut donc dire quoi ?

Ça veut dire qu'il y avait un sous-investissement, ce pont aurait dû être mis de côté, on aurait dû construire un nouveau pont, on n'a pas les moyens. Au même moment, le Sénat a publié en juin dernier un rapport qui montre qu'il y a 25 000 ponts en France qui sont en très mauvais état et qui devraient être réparés. 25 000 ponts. Un rapport du ministère des Transports avait indiqué l'an dernier qu'il manquait à peu près 300 millions d'euros par an pour maintenir en état le réseau routier national non concédé. Or, qu'est-ce que je constate ? Je constate que la France verse chaque année 9 milliards d'euros de plus à l'Union européenne qu'elle n'en reçoit.

Et ces 9 milliards d'euros servent à financer d'abord la superstructure de la Commission européenne, de la Cour de justice, du Parlement, avec des fonctionnaires européens qui gagnent d'ailleurs des fortunes, mais d'autre part, servent aussi à financer la construction notamment d'infrastructures dans les pays de l'Est. Et en particulier, j'avais pris l'exemple, je l'avais d'ailleurs dit lors du débat sur les élections européennes, il y a actuellement un pont en construction en Croatie, le pont de Pesoslav, qui est en construction pour 360 millions d'euros de fonds européens. Comme les Français en payent un sixième, ça fait 60 millions d'euros.

Et la Commission européenne a attribué ce pont à une entreprise publique chinoise. Le Premier ministre chinois s'est rendu à Zagreb et en Croatie pour inaugurer les travaux.

3:09
Présentateur

Alors, je me tourne derrière Zemmour. Du pont à l'Union européenne, il n'y a qu'un pas ? 9 milliards ?

3:16
Éric Zemmour

Alors, d'abord, je voulais vous dire que j'étais ravi de discuter avec vous ce soir, parce qu'on partage beaucoup d'idées, beaucoup de thèses, même de sentiments. Moi, j'aime bien, chez M. Asselineau, son côté, c'était mieux avant. Je suis comme vous. Je pense ça et rien ne me fera dévier de cette idée. Maintenant, après, c'est comment on mène des combats qu'on peut avoir en commun, etc. C'est ça l'idée, en fait. Est-ce qu'on les mène bien ? Est-ce qu'on les mène mal ? Est-ce qu'on pense qu'on peut les mener bien ou mal ? Vous êtes d'accord avec moi là-dessus ? Maintenant, vous me dites... L'exemple du pont est un très bon exemple, je trouve.

Parce que, vous nous dites, ce pont, bon, vous m'accordez que l'effet direct n'a rien à voir avec le sous-investissement, etc. C'est ce camion qui n'a pas respecté les réglementations. Et, vous le dites vous-même, d'autres camions, depuis des mois et des mois, ne respectaient pas non plus. Donc, évidemment, ça... Mais je veux bien... Parce qu'après tout, il n'y a pas de raison de vous croire de mauvaise foi. Je veux bien penser, comme le rapport sénatorial, que nous avons beaucoup de ponts qui sont en sous-investissement. Nous ne sommes pas d'ailleurs le seul pays. L'Allemagne aussi est en sous-investissement. Les États-Unis sont en sous-investissement public.

Il y a beaucoup de pays comme ça. Et je pense que c'est un système mondial, occidental en tout cas, qui fait que, d'abord, on dérive de l'argent public vers des choses qui ne sont pas indispensables. On réduit les investissements, etc. Et surtout pour la France. Moi, je crois qu'au-delà de l'Europe, pardonnez-moi, les 9 milliards ne font pas le figure à côté de nos budgets sociaux. Moi, je pense que notre problème numéro 1, ce n'est pas les 9 milliards qu'on donne en plus à l'Europe, qui sont vraiment un épiphénomène, un trait léger sur le papier par rapport à notre budget social qui est colossal. Et pourquoi notre budget social est colossal, selon moi ?

C'est parce qu'on l'ouvre au monde entier. Et ça, ce n'est pas l'Europe qui nous oblige à faire ça. Je ne vais pas me faire l'avocat du diable. Vous comprenez bien ce que je veux dire. Je n'ai pas de sympathie particulière, ni pour les technocrates européens, ni pour la superstructure de la Commission de Bruxelles. Mais je pense qu'il est ridicule de tout mettre sur leur dos et surtout de se tromper de combat. Moi, je pense qu'en l'occurrence, nos problèmes budgétaires viennent de nos problèmes sociaux. Et nos problèmes sociaux viennent du fait que notre système social est open bar et est ouvert au monde entier.

5:54
François Asselineau

François Asselineau. Alors, d'abord, je me réjouis de débattre avec Éric Zemmour, avec lequel j'ai des points communs, mais nous avons aussi de sérieuses divergences. Bien sûr, on va voir, bien sûr. Quand vous parlez des sentiments sur beaucoup de sujets, nous ne sommes pas d'accord, je tiens à le préciser. Deuxièmement, c'est assez facile de jeter, comme ça, de passer sous la table 9 milliards d'euros. Et de passer sous la table, ce fait absolument évident que la France, les contribuables français, sans s'en rendre compte, financent les infrastructures routières en Pologne, en Bulgarie, en Roumanie, en Croatie. Alors, vous me dites, on pourrait trouver de l'argent ailleurs.

D'accord, mais où allez-vous trouver de l'argent ailleurs ? Et qu'allez-vous proposer ? Je vois qu'actuellement, M. Macron, qui vient de dire à l'Association des maires de France, qui veut lutter contre les fractures, il est l'artisan numéro 1 des fractures. M. Macron est en train de prendre des décisions de la réforme de l'assurance chômage, vous le savez. Les employés de Pôle emploi sont effarés. Il va y avoir 1,3 million de Français qui vont d'un seul coup voir leurs prestations de chômage diminuer, peut-être baisser au RSA. Vous savez qu'actuellement, ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'INSEE, il y a 800 à 900 Français qui basculent chaque jour en dessous du seuil de pauvreté.

Nous sommes face à un pays qui est en pleine déroute sociale et morale. Est-ce que vous croyez que c'est vraiment en ce moment qu'il faut s'attaquer maintenant aux systèmes sociaux alors que nous ne cessons de nous attaquer ? C'est également les retraites. Tout ceci d'ailleurs étant réclamé, je me permets de le préciser, la réforme des retraites comme la réforme de l'assurance chômage, comme beaucoup d'autres choses, étant réclamée par la Commission européenne, je suis désolé de le repréciser, en vertu du rapport, des grandes orientations, des politiques économiques qui sont décidées chaque année pour chaque État et notamment pour la France.

7:35
Éric Zemmour

Alors M. Asselineau, deux choses. D'abord, vous nous dites qu'il ne faut pas donner de l'argent aux pays de l'Est, etc. Moi, je n'ai pas dit ça. Si, vous dites qu'ils ont construit des ponts dans les pays de l'Est, ce n'est pas bien de donner de l'argent aux pays de l'Est.

7:45
François Asselineau

Je dis que charité bien ordonnée commence...

7:48
Éric Zemmour

D'accord, mais je ne vais pas vous expliquer quand même à vous que cet argent qu'on donne aux pays de l'Est, c'est une compensation parce qu'ils ne mettent pas de droits de douane à nos produits et qu'en plus, ils doivent donc, si vous voulez, souffrir. Et normalement, comme ils sont des pays qui sont en retard économiquement, ils auraient dû mettre des droits de douane pour se protéger. Comme ils n'en mettent pas, il faut bien compenser. Et en plus, vous savez très bien que ça permet à nos entreprises d'aller dans ces pays-là, nos grandes surfaces, etc. D'accord, mais si c'était si extraordinaire...

Non, mais je ne dis pas que c'est extraordinaire, je vous dis que ce n'est pas complètement délirant.

8:23
François Asselineau

Si c'était si extraordinaire, pourquoi Macron a-t-il mis son veto à l'entrée de la Macédoine du Nord et de l'Albanie récemment ? C'est bien parce qu'il sait très bien que c'est un fardeau financier colossal qui arrive, avec par ailleurs des mafias tous azimus, des trafiques tous azimus. Voilà, là c'est mieux. Non, ce n'est pas mieux, tout ça c'est la vérité. Et donc il n'est pas normal d'avoir ce fardeau-là. Quant à faire de la charité, qui paye les fonds que les Français versent à l'Union Européenne ? Les 9 milliards d'euros que nous versons en plus... Les Français. Oui, mais pas seulement les Français. Toutes les personnes vivant en France, y compris ce sujet qui vous est cher.

Mais on va en parler. Les immigrés, c'est-à-dire que des Sénégalais qui vivent en France, lorsque par exemple ils achètent tel ou tel produit, ils payent des droits de douane si ce sont des produits d'importation qui vont aller financer la Commission Européenne. Et la Commission Européenne, attendez, va donner en moyenne 100 fois plus d'argent à chaque habitant de l'Estonie ou de la Lettonie, qui sont des pays à revenus intermédiaires, plutôt qu'à chaque habitant du Sénégal.

Et si vous voulez lutter contre l'immigration clandestine, puisque je crois que c'est l'un de vos sujets favoris, je dis quant à moi que nous devrions bien plus réorienter notre aide au développement vis-à-vis des pays du Sud, surtout lorsqu'elle est financée en France par des ressortissants de ces pays.

9:34
Éric Zemmour

Monsieur Asselineau, d'abord, toutes les études les plus récentes prouvent que votre raisonnement, qui est un vieux raisonnement, j'ai entendu notre ami commun Charles Pasquois l'expliquer depuis 30 ans, c'est-à-dire qu'il faut développer les pays du Sud pour qu'ils ne viennent pas chez nous. C'est faux. Plus on les développe, et au contraire, plus ils viennent chez nous. Toutes les études récentes le montrent, tout simplement parce que quand ils sont trop pauvres pour venir, ils ne pensent même pas à venir, et quand ils commencent à se développer, ils viennent.

Deuxièmement, quand vous dites effectivement un problème qui m'est cher, ce n'est pas l'immigration clandestine qui m'est cher, monsieur Asselineau, c'est l'immigration tout court. Je pense comme 70% des Français qu'il faut arrêter toute immigration et que là-dessus, c'est le problème majeur. C'est ça le reproche principal que je vous fais, c'est que vous vous trompez de combat hiérarchiquement premier. Vous pensez, vous, que le combat premier en haut de l'échelle, c'est la souveraineté ? Moi, je pense que c'est l'identité.

C'est-à-dire que je pense, avant de déterminer quelle part de souveraineté on a et comment on peut récupérer notre souveraineté, je ne suis pas en désaccord majeur avec vous là-dessus, mais je pense que le premier problème, c'est quel peuple sommes-nous ? Quelle nation sommes-nous ? Quelle identité avons-nous ? Quelle identité allons-nous garder ? Vous savez, si dans 50 ans, nous sommes devenus une république islamique, elle pourrait être souveraine, ça ne sera plus la France non plus. Donc la question de la souveraineté passe après la question de l'identité et vous détournez le combat du vrai enjeu majeur. Je pense que la démographie est plus importante que le droit.

11:12
François Asselineau

Non, M. Zemmour, vous méconnaissez le fait que la souveraineté, ce n'est pas un concept abstrait, c'est le pouvoir de changer les choses. Vous nous parlez d'immigration. Est-ce que vous expliquez, est-ce que Mme Le Pen, par exemple, explique aux Français qu'il y a une directive, la directive, pour être précis, 2003-86-CE du 22 septembre 2003, qui intègre dans le droit communautaire le regroupement familial ? Est-ce que vous expliquez ça aux Français ? Est-ce que vous expliquez aux Français que les articles, je sais que je me suis fait connaître parce que je connaissais les articles, mais c'est normal que lorsqu'on prétend être un chef d'État... Mais je ne vous le reproche pas.

Et c'est normal qu'on connaisse ce dont on parle. Mais M. Asselineau, je ne vous reproche pas de connaître les articles... Les articles 67, 77 et 78 du TFUE fixent, transfèrent à l'Union européenne la majeure partie des décisions en matière d'immigration. Ce que nous, nous disons, c'est qu'on ne met pas la charrue avant les bœufs. C'est que la première chose à faire, c'est de rassembler les Français, quels qu'ils soient, quelle que soit leur origine, pour reprendre en main les manettes. Et ensuite, sur ces sujets d'immigration, comme sur un certain nombre d'autres, de poser la question aux Français sur ce qu'ils veulent. Moi, ce qui me gêne énormément dans votre discours, M.

Zemmour, c'est que c'est un discours dont je ne vois pas la finalité, puisque à partir du moment où on n'a pas le pouvoir, la seule logique de votre discours, c'est d'arriver à la guerre civile.

12:29
Éric Zemmour

C'est toute la logique. M. Asselineau, premièrement, vous dites que le regroupement familial est dans une directive, etc. Excusez-moi de vous rappeler qu'elle n'a pas attendu cette directive pour que le président Giscard d'Estaing décide le regroupement familial en 1975. C'est exact, mais maintenant que c'est une directive... Vous voyez, je ne vous ai pas interrompu et vous m'interrompez.

12:49
François Asselineau

Maintenant que c'est une directive européenne, on ne peut plus en sortir.

12:52
Éric Zemmour

Je n'ai pas fini. Deuxièmement, nous n'avons pas attendu la directive européenne pour que le Conseil d'État décide en 1978 par la régistie que le Premier ministre de l'époque, Raymond Barr, n'avait pas le droit de suspendre le regroupement familial comme il l'avait l'intention. Donc vous voyez, ça, ce n'est pas l'Europe et c'est nous qui nous sommes tirés une balle dans le pied tout seuls. Deuxièmement, je vous rappelle que nous sommes dans l'Union européenne avec la directive dont vous parlez et que la Hongrie et la Pologne n'ont pas d'immigrés. Que l'Italie n'a quasiment pas de regroupement familial malgré votre directive.

Que le Danemark est en train de tout verrouiller et que personne ne lui déclare la guerre. Parce que votre directive, on peut s'asseoir dessus, M. Asselineau. Et la France peut très bien s'asseoir dessus si le politique le veut, s'asseoir sur la directive. En fait, ce qui me gêne toujours avec vous, c'est que j'admire votre connaissance des directives et je le dis sans ironie parce que moi aussi je crois avoir une très bonne mémoire et donc j'aime beaucoup quand on a une excellente mémoire et je trouve que c'est très utile. Mais je pense que vous êtes le miroir inversé des gens que vous détestez. Vous faites exactement comme la technocratie de Bruxelles. Vous faites du droit.

Vous nous balancez vos directives et vous ne faites pas de politique. Attendez, quand le général de Gaulle a décidé la politique de la chaise vide, est-ce qu'il est venu voir les Français et dire, selon la directive 42-012, je n'ai pas le droit de faire ça et pourtant je le fais. Non, il a dit, on n'y va pas et puis c'est tout. C'est simple. Et ils se foutent complètement des directives, machin et machin.

14:25
François Asselineau

Moi je suis fatigué de ces responsables politiques ou journalistiques qui expliquent aux Français qu'il faudrait avoir à la tête de l'État quelqu'un qui piétine le droit. Si on piétine le droit, c'est la porte ouverte à la loi de la jungle. Je suis désolé, l'article 5 de la Constitution pose que le président de la République est le garant du respect des traités. Il est également le garant de l'unité nationale. Et c'est quelque chose auquel vous ne portez jamais attention. Je vous dis que le discours que vous tenez est un discours qui consiste continuellement à jeter de l'huile sur le feu sans qu'il y ait un résultat concret.

Et j'ajouterais que vous me faites penser, vous savez ce que faisait François Mitterrand dans les années 80 ? Dès qu'il y avait un problème social un petit peu compliqué, il ressortait le chiffon rouge, le droit de vote aux immigrés. Maintenant ça a changé. Maintenant c'est cette affaire, une fois c'est le burkini, une fois c'est le voile islamique. C'est-à-dire que c'est comme si le peuple français était un taureau dans une corrida. Alors il a d'abord les banderies, le traité de Maastricht, et puis le traité de Lisbonne, et puis le rapport des grandes orientations des politiques économiques, etc. Donc le taureau commence à être fatigué. Et puis voici M. Zemmour. M.

Zemmour qui est avec son voile, comme le torero, et c'est-à-dire que le taureau fonce vers la mouletta, vers le voile que vous agitez, alors qu'au même moment, on est en train de détruire le droit social des Français, au même moment, on est en train de privatiser à outrance la Française des Jeux, ce qui est un scandale économique. On est en train de privatiser l'aéroport de Paris. On est en train de démolir le droit du travail. Vous savez, ce dont les Français ont besoin, c'est de rassembler, de se rassembler. Ne me faites pas le coup, je sais il y a des gens qui me font le coup, « Ah c'est un énar qui vit dans sa tour d'ivoire ». Non, non, non, non, moi je vis... Je n'ai rien dit.

Non, mais je le sais parce que certains... Mais je n'allais pas vous dire ça. Moi je vis dans un quartier populaire parisien, j'ai été élu du 19ème arrondissement où il y a 150 nationalités, je me suis présenté aux élections à Aulnay-sous-Bois. Dans le parti politique que j'ai créé, il y a beaucoup, beaucoup de Français d'origine étrangère, et des Français d'origine comme vous d'ailleurs, originaires du Maghreb, et qui sont tout à fait patriotes et tout à fait français. Et donc il faut favoriser justement ce rassemblement des Français, c'est ça le rôle d'un chef d'État. Éric Zemmour.

16:38
Éric Zemmour

Monsieur Asselineau, vous faites exactement le contraire du général de Gaulle que vous prétendez révéler. Le général de Gaulle, qu'est-ce qu'il a fait ? Deux choses. Un, quand il est arrivé au pouvoir, il est resté dans le marché commun de l'époque. Et deux, il a donné l'indépendance à l'Algérie parce qu'il ne voulait pas que son village devienne Colombais-les-de-Mosquées. Vous, vous acceptez que votre village devienne Colombais-les-de-Mosquées et vous voulez sortir du marché commun. Et après, vous citez le général de Gaulle. Excusez-moi, j'y vois une contradiction majeure. Et maintenant, deuxièmement, quand vous me dites qu'il faut rassembler, mais rassembler sur quoi ?

Rassembler autour de quoi ? Quand vous avez deux civilisations qui s'affrontent sur le même sol, ce n'est pas être un bout de feu que de dire, attention, on va à la catastrophe. Quand on annonce la catastrophe, ça ne veut pas dire qu'au contraire, on l'aggrave. C'est le contraire. On annonce pour l'éviter. Et on annonce pour dire, voilà, il y a des mesures à prendre avant. Et on peut très bien les prendre sans sortir de l'Union européenne. Parce que, attendez, j'ai fini avec ça. Le problème de votre sortie de l'Union européenne, c'est que vous n'avez personne derrière vous. Vous enfermez les Français. Vous avez fait 1%. Non, mais attendez, parce que j'ai eu 0,9% du temps de parole aussi.

Donnez-moi le même temps de parole qu'à Macron. J'ai fini. Vous enfermez les Français dans un tout ou rien. Non, non, non. Et ils vont vous répondre rien. Parce que, tout simplement, nous ne sommes pas les Anglais. Non. Nous ne sommes pas les Anglais. Et vous savez pourquoi nous ne sommes pas les Anglais ? Je vais vous dire. Je pense sincèrement et profondément ce que je vais vous dire. Je pense que nous ne sommes pas les Anglais car nous avons perdu en 40. Nous sommes traumatisés par cela. Les Anglais ont gagné les guerres depuis deux siècles. Nous, nous en avons perdu plusieurs.

Et nous n'osons plus, peut-être à tort d'ailleurs, moi, je regrette comme vous le temps où nous affrontions toute l'Europe et où nous n'avions pas peur de ça. Mais on n'ose plus faire ça. Et plutôt, vous nous enfermez dans un combat perdu d'avance et vous ne voulez pas voir le seul combat qui vaille, c'est-à-dire le combat pour notre identité. Alors, en parlant de combat qui vaille... Je pense que c'est criminel ce que vous faites. Et vous êtes aussi coupable que la gauche. Vous tenez le même discours que la gauche. Monsieur Zemmour,

18:51
François Asselineau

vous nous condamnez à...

18:52
Présentateur

On vous a entendu sur ce sujet. J'aimerais qu'on passe à un autre sujet.

18:55
François Asselineau

Non, non, non. Il faut quand même que je réponde. Mais je vous réponds. Répondez, répondez, je réponds. Non, non, non. D'abord, je ne suis pas du tout un homme du passé. Je suis un homme du futur. Je n'ai pas dit ça. Vous répondez à ce que je n'ai pas dit. Non, non, non. Si, parce que vous dites vous enfermez, vous citez De Gaulle, etc. Je ne révère pas De Gaulle. Ce qu'il faut regarder, c'est le futur. Le futur, c'est que vous... C'est une première. Vous ne révérez pas De Gaulle. Vous ne proposez...

19:11
Présentateur

Vous ne proposez... Vous revendiquez du gaullisme social.

19:13
François Asselineau

Oui, peut-être, mais pas seulement. Il y a chez nous des gens qui sont anti-gaullistes et qui ont rallié l'UPR. Ce que nous, nous proposons, c'est de regarder la France du futur. La France du futur, tout le monde a compris que l'Union européenne est au bord de la désintégration. C'est d'ailleurs Macron lui-même qui l'a dit que la Europe est au bord du précipice. Plus personne n'a toutes portes fermées. Les gens savent que ça ne marche plus à 28 États. C'est-à-dire qu'il faut regarder de l'avant. Votre discours, c'est vous qui enfermez les Français dans une polémique stérile qui ne peut déboucher en fait au bout du compte que sur la guerre civile. Vous ne proposez rien.

Mais je ne propose pas du tout. D'ailleurs, moi, j'ai fait 1,2% aux élections européennes. Vous, vous ne vous êtes pas présenté. Donc vous avez fait 0%. Et par ailleurs, je me permets de dire... Non, non. Oui, mais allez-y et nous verrons. Alors, je dis... Non, non, non. Monsieur le Président. Je dis que nous, nous devons rassembler les Français, redonner confiance aux Français dans la France et aussi faire comprendre... Parce que vous savez ce qui se passe dans les banlieues.

20:09
Éric Zemmour

Qu'est-ce que c'est la France pour vous ?

20:11
François Asselineau

Ce qui se passe dans les banlieues, c'est un immense discrédit de la classe politique. Parce que lorsque dans les banlieues... Je me moque de la classe politique. Moi, je ne m'en moque pas. Monsieur Asselineau, qu'est-ce que c'est que la France pour vous ? Lorsque l'on voit dans les banlieues une classe politique vermoulu de corruption où l'on a des affaires style Balkany, style Richard Ferrand... Mais ce n'est pas mon sujet. Messieurs, François Asselineau,

20:33
Présentateur

écoutez-moi, deux secondes. Vous êtes à côté de la plaque, Monsieur Asselineau. Attendez, attendez. François Asselineau, François Asselineau, François Asselineau, j'ai une question. Qu'est-ce que c'est que la France la meilleure,

20:43
Locuteur non identifié

Monsieur Asselineau ? C'est moi. Maintenant, c'est moi. François Asselineau, François Asselineau, François Asselineau,

20:48
Présentateur

j'ai une petite question pour vous. 1,2%, s'il vous plaît. 1,2%, c'est le chiffre que vous avez fait aux Européens.

20:55
François Asselineau

Sur 30,4 listes, oui. Et nous allons aller aux élections municipales. Je peux, Monsieur Asselineau.

21:00
Présentateur

C'est un chiffre que vous avez fait. Vous étiez un peu, vous vouliez être le porte-parole, justement, des Gilets jaunes. Est-ce que ce mouvement des Gilets jaunes n'a pas été une rupture entre la base et la technocratie ?

21:12
François Asselineau

Oui. Le problème des Gilets jaunes que je vois, c'est qu'ils ne supportent plus la situation actuelle. Macron parle des fractures, mais c'est lui qui a contribué à faire les fractures, sachant qu'il n'y a pas que lui. Avant lui, il y avait Hollande, avant lui, il y avait Sarkozy. Toutes ces personnalités, on n'a plus de chef d'État. Vous savez, puisqu'on parlait de De Gaulle, vous savez, cette formidable parole de De Gaulle en parlant de Paul Reynaud pour qu'il fût un chef d'État, il lui avait manqué deux choses, qu'il fût un chef et qu'il y eut un État. Pardonnez-moi,

21:38
Éric Zemmour

il parlait du président Lebrun.

21:39
François Asselineau

Oui, d'Albert Lebrun. Il avait dit d'Albert Lebrun, c'est ça. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que pour que Macron soit un chef d'État, il lui manque deux choses. Qu'il soit un chef. Ça n'est pas un chef, il est dans la main de l'oligarchie qui l'a fait. Et qu'il manque un État, c'est-à-dire un État qui fasse respecter la loi. Il est quand même extraordinaire puisqu'on parle des gilets jaunes. Ensuite,

21:59
Présentateur

on parle du Frexit. Puisqu'on parle des gilets jaunes. C'est quand même extraordinaire de voir

22:02
François Asselineau

que des gilets jaunes se font agresser, molester, blesser à vie, mutiler, que la justice est absolument impitoyable et au même moment dans les banlieues, on a des petits dealers qui sont arrêtés par la police relâchés une semaine après. Comment ça se fait ? Comment ça se fait qui est ce différentiel de gestion de l'État ? Je vous pose la question, M. Asselineau. Non, mais c'est moi qui vous pose la question. C'est-à-dire qu'il y a aussi des gens qui n'assument pas ce que doit être un État. Un État, ça doit être dirigé d'abord par un homme d'État. Quelqu'un qui a une vision de l'avenir. Vous, vous avez une vision qui est une vision polémique, une vision qui nous mène au conflit.

Nous, nous avons dit... Nous avons dit... Ne me fais pas... J'aimerais bien pouvoir répondre.

22:45
Éric Zemmour

Nous avons... M. Asselineau. Nous avons... On a rencontré. Soyez gentil, M. Asselineau.

22:49
Présentateur

M. Éric Zemmour.

22:50
Éric Zemmour

Quand vous dites que mon discours mène au conflit, je vous rappelle quand même qu'il y a eu 250 morts depuis 4 ans tuées au nom de Al-Aqbar. Donc, c'est pas moi, ça. C'est pas moi qui ai mené à ce conflit. C'est pas moi qui ai tué les 250 personnes. Alors, il faudrait quand même être mesuré. Oui, mais je vais vous répondre. Je continue. Je continue. Deuxièmement, que Emmanuel Macron ne soit pas un chef et qu'il n'y ait plus d'État, selon la formule du général de Gaulle, peut-être. Je ne suis pas là pour discuter des mérites d'Emmanuel Macron. Ce que je dis, moi, c'est que votre méthode n'est pas la bonne. Et quand vous me dites que je divise, moi, j'aimerais savoir sur quoi vous rassemblez.

Vous n'avez pas répondu qu'est-ce que c'est que la France pour vous ? Quelle civilisation c'est ? Quel peuple c'est ? Je vous rappelle la phrase du général de Gaulle, puisque apparemment, maintenant, vous reniez le général de Gaulle. Je ne renie pas le général de Gaulle. Le général de Gaulle disait « Il est bon qu'il y ait des Français jaunes, noirs et bruns, mais il faut qu'ils restent en minorité, car nous sommes avant tout un peuple de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-romaine.

» Est-ce que vous souscrivez à cette phrase du général de Gaulle, ou est-ce que vous estimez qu'au contraire, nous devons être un peuple multiculturel, et qu'il y ait des enclaves islamisées partout en France, est tout à fait bien et tout à fait normal.

24:09
François Asselineau

Alors, déjà, le général de Gaulle était un homme né en 19e siècle, en 1890. La situation a pas mal changé. Ah, donc ? Deuxièmement, ce que vous dites ne débouche sur rien que de jeter de l'huile sur le feu. Comme disait de Gaulle, puisque vous aimez le citer, la politique, c'est partir des réalités. La réalité, c'est quoi ? C'est que la France, elle est comme elle est aujourd'hui et que nous, nous voulons rassembler. Et s'il y a bien quelqu'un qui passe son temps à vouloir redonner son lustre à la France, c'est moi. Toutes mes interventions, je les conclues en disant vive la République, vive la France. Est-ce que vous avez déjà...

Non, non, jamais, je n'ai jamais entendu le président de la République dire ce genre de trucs. Nous, nous disons qu'on rassemblera les Français sur une certaine idée de la France. La France qui ne va pas créer... Vous citez 250 morts, c'est atroce. Mais est-ce que la France avait à démolir le régime syrien, d'essayer de démolir... Il n'a pas démolir le régime syrien. Il a démolir le régime libyen. Démolir le régime libyen. Est-ce que vous pensez qu'il n'y a pas dans les banlieues une formidable soif de justice et un refus du deux poids, deux mesures ? Nous, nous allons aller dans les banlieues. Nous allons être dans 60 villes de plus de 10 000 habitants. Là, il n'y aura pas 34 listres.

Il y en aura 4 ou 5. Et nous, nous proposons d'abord et avant tout l'honnêteté, la sincérité. Et on adopte toutes les mesures de anticorps, l'organisation anticorruption. Déjà, luttons cela.

25:26
Éric Zemmour

Je note, M. Asselineau,

25:28
Présentateur

que vous n'êtes pas capable

25:31
Éric Zemmour

de me dire qu'est-ce que la civilisation française et que vous n'êtes pas capable de me dire que c'est une civilisation européenne et que c'est la seule limite de votre raisonnement. Non, ça n'est pas du tout vrai. J'ai fait une conférence sur l'histoire de France qui a un très grand succès

25:45
François Asselineau

sur Internet. Je suis le seul politique à avoir parlé de l'histoire de France.

25:48
Présentateur

François Asselineau, vous reviendrez, si vous voulez, pour que vous puissiez parler du Brexit ou du Broxit, si vous le souhaitez. En tout cas, restez avec nous sur CNews. Merci encore, messieurs, pour ce débat vif. Dans un instant, les informations avec Patrice Boisfer. Excellente soirée sur CNews et à demain.