La grande interview : Marion Maréchal
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Et notre invitée ce matin dans la grande interview au CNews et Européens, c'est Marion Maréchal. Bonjour à vous, députée européenne, présidente d'identité, liberté, condamnée, mais candidate, Marine Le Pen, a donc décidé de se présenter malgré sa condamnation en appel, son pourvoi en cassation, suspend la mise en place du bracelet électronique à laquelle elle était condamnée. Est-ce que vous avez douté du fait, Marion Maréchal, que votre tante se présente ? Parce qu'elle avait dit il y a quelques jours à peine qu'elle n'irait pas si elle devait porter un bracelet électronique.
Déjà, permettez-moi de dire que je suis extrêmement heureuse de cette information. Voilà, parce que c'est vrai que jusqu'au bout, on a imaginé que les juges s'autoriseraient à empêcher Marine Le Pen de partir. Or, aujourd'hui, Marine Le Pen, elle a accumulé au fil des années une expérience, une solidité, une force de conviction qui sont absolument indispensables dans le moment que nous sommes en train de vivre. Je pense que c'est la candidate, évidemment, la plus naturelle, la plus évidente de la coalition du corps national que nous représentons. Et donc, c'est un grand soulagement pour nous qu'elle puisse se présenter. Et je la soutiens totalement, bien sûr, dans cette démarche.
Et on va y revenir. Mais est-ce que vous avez douté du fait qu'elle y aille ? Parce qu'à un moment, vous vous êtes dit « elle ne pourra pas se présenter ». J'ai douté du fait que les juges lui permettent d'être éligible. Par contre, je n'ai pas douté du tempérament de Marine Le Pen que je connais bien et dont je savais que si la moindre opportunité se présentait, elle irait. Parce qu'elle assume ses responsabilités. Qu'aujourd'hui, d'ailleurs, je note que les juges qui considéraient en première instance que sa candidature et son éligibilité pourraient représenter, je le cite, un grave trouble public à l'ordre démocratique, se dédisent en appel, lui permettent de se présenter.
Donc en cela, elle ne fait qu'exercer son droit de justiciable, non seulement en se présentant, mais également en se pourvoyant en cassation.
C'est parce que c'est une Le Pen qu'elle a ce goût du combat, vous le dites, vous avez fait un message sur les réseaux sociaux en disant « sans doute, ont-ils oublié que notre famille et notre combat se sont forgés dans des décennies d'âpres luttes ? » Non, les Le Pen n'ont jamais eu besoin d'un mandat parlementaire pour défendre notre pays et notre peuple. S'il y avait une opportunité, une toute petite fenêtre, vous saviez qu'elle irait ?
Je pense en tout cas que Marine Le Pen, c'est le cas de notre famille, a évolué dans un environnement, oui, qui a nécessité une grande combativité. Et je pense que cette éducation, cet environnement dans lequel elle a évolué, sont en fait peut-être son atout principal face aux grands défis que nous allons devoir relever dans les années à venir. Parce que moi, ce que j'aimerais dire aux Français aujourd'hui, c'est qu'il y a trois options qui se présentent à nous.
Soit continuer avec ceux qui nous ont mis dans cette situation, donc le duo Édouard-Philippe, Attal, qui vont recycler l'intégralité de la Macronie, recycler l'intégralité des LR centristes, et probablement, in fine, se faire élire, c'est en tout cas leur calcul, avec l'égoa de la gauche dont ils seront tributaires. La deuxième option, c'est simple, c'est foncer dans le mur en appuyant sur l'accélérateur avec la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon qui nous conduit tout droit vers la guerre civile.
Ou bien, c'est mettre au pouvoir derrière Marine Le Pen une nouvelle génération qui porte un projet de rupture, qui n'est tenue par personne, et qui donc aura les mains totalement libres de pouvoir finalement proposer une nouvelle offre. Vous ferez partie des instances dirigeantes de la campagne de Chotan ? Je suis aujourd'hui en effet une alliée du Rassemblement national. Je suis dans cette coalition du camp national. Je tiens évidemment à porter toutes les convictions qui me tiennent à cœur dans ce combat. J'espère pouvoir contribuer aussi à les convaincre.
Oui, activement, bien sûr, à les convaincre, notamment les électeurs de droite, aujourd'hui chez Éric Zemmour, aujourd'hui chez Bruno Retailleau, avec qui nous partageons l'essentiel de ne pas perdre leur voix dans des impasses politiques, de leur dire que leurs idées ne sont pas condamnées finalement à la défaite, mais qu'elles peuvent être portées à nos côtés dans la victoire. Et donc je jouerai un rôle, bien sûr, j'espère, important dans cette campagne.
Éric Zemmour que vous aviez rejoint en 2022, ce qui avait meurtré au plus profond votre tante, cette fois-ci il n'y aura pas de trahison, on va le dire.
Écoutez, non, je ne crois pas qu'on puisse parler de trahison pour une raison simple, c'est que moi j'avais fait un choix à l'époque qui m'apparaissait le plus cohérent en termes de conviction, parce que j'ai pensé, j'ai cru, et je me suis trompée manifestement, qu'Éric Zemmour pourterrait contribuer au Rassemblement. Bon, quand j'ai compris que finalement l'obsession était de taper sur le corps national et Marine Le Pen toute la journée, bon, j'en ai tiré toutes les conclusions et il m'a évincé de reconquête.
Bon voilà, donc maintenant, moi je continue à travailler à ce rassemblement, parce que je tiens à préciser une chose très importante, et c'est là où c'est extrêmement enthousiasmant ce moment, c'est qu'il y a le premier tour de l'élection présidentielle, il y a le deuxième tour des législatives, mais il y a un troisième tour dont on parle au moins, qui est un troisième tour européen. Qu'est-ce qui peut se passer en 2027 ? C'est formidable. Marine Le Pen peut être élue à la tête de la France. Georgia Meloni peut être reconduite à la tête de l'Italie. Nous pourrions créer un couple franco-italien qui pourrait redessiner l'Europe, donner une nouvelle direction à l'Europe.
Nous avons déjà commencé à le faire, mais nous pouvons aller encore plus loin. Et dans la contribution de ce duo, évidemment, j'y travaille, j'y travaille déjà, et je serai au cœur, bien sûr, du dispositif en tant qu'allié de Georgia Meloni.
Notamment sur le sujet de l'immigration, où grâce à l'union des droites au Parlement européen, la directive retour a été adoptée le 12 juin dernier. Revenons, si vous le voulez bien, à cette condamnation. La probité des élus est un des grands thèmes de bataille. Marine Le Pen. Est-ce que ça, elle ne va pas l'avoir en argument en permanence de ses adversaires ? Boris Vallaud dit que c'est une délinquante coupable de détournement de fonds publics.
Évidemment que tous les adversaires, qu'ils soient de gauche ou du centre, tenteront de ne pas aller sur le fond du débat, et se contenteront de ce genre d'argument. Parce que si la Macronie devait répondre du chaos économique et migratoire dans lequel ils nous ont mis, et si la gauche devait assumer pleinement son projet, un projet dont on a eu d'ailleurs quelques contours à l'occasion des UDT, je ne sais pas si vous avez suivi les universités d'été de LFI, dans lequel LFI assume totalement une guerre ethnique, la volonté de faire disparaître la France dans son histoire, dans sa culture et à travers son peuple. Les Français, me semble-t-il, seraient beaucoup moins enclins à les soutenir.
Donc c'est quelque chose que Marine Le Pen devra affronter indéniablement, mais moi je le dis... Donc le chaos, elle devra affronter le chaos. Mais Marine Le Pen, une fois de plus, veut défendre son innocence, elle a raison de le faire. Je rappelle que nous sommes dans un pays quand même qui voit aujourd'hui présent à l'Assemblée nationale des profils comme Raphaël Arnault. Raphaël Arnault qui est aujourd'hui député, alors même qu'il est le chef d'une milice qui a tué. On est face à des élus qui font l'apologie du terrorisme et qui continuent leur mandat comme si de rien n'était.
Donc de quoi parlons-nous dans cette affaire qui est en fait d'abord et avant tout un différent administratif avec le Parlement européen ? Une fois de plus, je rappelle que la décision d'appel n'est pas celle de première instance. La peine a déjà été largement réduite. Marine Le Pen aujourd'hui est éligible. Donc moi j'ai bon espoir qu'elle puisse, jusqu'en cassation, défendre son innocence comme elle le fait d'ailleurs depuis les premiers jours.
Marion Maréchal, justement, est-ce que Marine Le Pen ne joue pas un peu la montre ? La cour de cassation va se prononcer. Alors les délais normaux, puisqu'il n'y a pas l'urgence de l'exécution provisoire, c'est 12 à 18 mois. Donc elle espère enjamber cette décision de la cour de cassation et jouer la montre en quelque sorte.
Écoutez, si la justice fonctionne normalement, Marine Le Pen peut non seulement être éligible,
Elle peut parfois être accélérée, comme vous le savez.
Mais elle ne sera pas sous bracelet électronique. Donc par la force des choses, quoi qu'il arrive, elle pourra faire cette campagne sereinement et s'en remettre au jugement des Français. Parce qu'une fois de plus, on a tendance à l'oublier, du moins une partie de la magistrature, une partie des élus. Charles de Gaulle lui-même, qui s'y connaissait un peu en Vème République, le disait, le juge suprême, c'est le peuple. Ce n'est pas la cour de cassation, ce n'est pas le Conseil constitutionnel. Donc c'est au peuple de décider qui, demain, doit être à la tête de ce pays et faire le grand choix historique qui se présente à nous en 2027. Maintenant, pour le reste, eh bien...
Le calendrier, je suis ici.
Pour accélérer janvier, la cour de cassation peut se statuer et dire, non, finalement, je confis dans ma décision d'appel. Il y aurait un marché électronique.
Et donc, si la cour de cassation accélérait de manière totalement inopinée cette décision, ce serait évidemment une décision politique. Ce serait dans la volonté d'empêcher ou de contrarier la candidature de Marine Le Pen. Et moi, je vous le dis dans ces conditions, en tout cas, je parle en mon nom et c'est mon avis personnel, je veux dire, quelle que soit la décision de la cour de cassation, si la cour de cassation faisait le choix politique de vouloir entraver la candidature de Marine Le Pen en se prononçant plus tôt qu'elle ne le ferait habituellement, moi, je pense que Marine Le Pen, si par malheur avait un bracelet électronique, devrait y aller quand même.
Parce qu'une fois de plus, nous sommes face à un choix historique, à un choix existentiel. C'est renaître ou disparaître dans cette affaire. Moi, je ne peux pas supporter l'idée que nous puissions continuer avec ceux qui nous ont mis dans le mur, ou pire encore, risquer l'élection d'un Jean-Luc Mélenchon. Je ne supporte plus de voir égrener les prénoms de Mathis, d'Elias, j'étais à Narbonne encore dimanche, de Louis, aux côtés de la famille de Philippines, de Lola. Une fois de plus, moi, j'ai deux petites filles, je n'ai pas cinq ans à perdre. Et donc, je crois qu'il faut mettre toute notre énergie dans cette bataille, et ce sera l'enjeu, aller convaincre un maximum de Français.
Nous sommes déjà très hauts dans les sondages, il faut aller maintenant chercher le 50 plus 1, et j'ai envie de dire, quelle que soit la configuration judiciaire, nous irons chercher la confiance des Français, et je suis sûre que nous l'obtiendrons.
Vous avez raison, il y a un socle important pour le Rassemblement national au premier tour. Le second tour, c'est autre chose, il s'agit de rassembler les Français. Où est-ce que vous irez chercher les voies qui manquent actuellement ? Évidemment, votre parti pèse peu, il y a Reconquête, il y a l'UDR d'Éric Ciotti, mais où sont vos futurs alliés ? Il vous en faudra ?
Déjà, je note, parce qu'on en a fait souvent le procès à Marine Le Pen, que Marine Le Pen, elle a déjà amorcé cette volonté de rassemblement. Elle a accueilli en son sein l'ex-président des Républicains, Éric Ciotti, et lui a donné toute sa place. Je suis, moi, pour ma part, à ses côtés. Au moment des élections municipales, d'ailleurs, je note qu'elle a permis à ce que tous les candidats RN et alliés puissent tendre la main, notamment au LR, à l'entre-deux-tours, pour fusionner les listes et battre la gauche. Bruno Retailleau n'en veut pas. Ce que les LR, en effet, jusqu'ici, ont refusé.
Donc, cette volonté de rassemblement, elle est indéniablement présente chez Marine Le Pen, et nous allons l'aider à l'élargir, si je puis dire. Et je vous en parlais tout à l'heure. Moi, j'espère pouvoir convaincre tous ceux qui, aujourd'hui, seraient encore chez Éric Zemmour ou Bruno Retailleau, que nous partageons l'essentiel. Donc, le vote utile. Vous en appelez au vote utile de tous ces électeurs de droite. Mais au-delà du vote utile, qui n'est pas simplement un calcul mathématique, leur dire que les convictions auxquelles ils croient... Alors, moi, je veux dire, vous l'avez rappelé, j'ai soutenu Éric Zemmour, je n'ai pas changé d'idée.
Je reste, bien sûr, très proche sur beaucoup de sujets. Et donc, ces courants-là, ces combats-là, je les porterai aussi dans la coalition pour qu'ils soient présents. Et une fois de plus, ces idées-là de droite ne sont pas condamnées à l'échec, à la marginalité ou à la dilution dans la Macronie. Il y a une autre voie. Cette voie, elle est à nos côtés. Et donc, j'en appelle dès aujourd'hui à ces électeurs, mais pas seulement aux électeurs. Je veux dire, aujourd'hui, Bruno Retailleau, il est face à un choix cornelien qui va s'imposer à lui, à travers les sondages.
De fait, soit il rallie Édouard Philippe, soit il va jusqu'au bout et il condamne ses idées à la défaite, si on s'en tient aujourd'hui au rapport de force, soit il vient avec nous. Et je suis désolée de vous dire que Bruno Retailleau a toute sa place à nos côtés. Quand j'écoute les discours qu'il tient, ça m'apparaît être une évidence. Donc, c'est aussi un grand moment de clarification. En tout cas, nous, nous garderons la porte ouverte.
Clarification, notamment sur le programme. Marine Le Pen est la candidate, donc il n'y aura qu'une seule ligne au Rennes. Enfin, en tout cas, on l'imagine. Comment est-ce que vous, avec vos valeurs, vous êtes beaucoup plus libérale, encore une fois, sur le plan économique, sur les retraites, est-ce que vous allez réussir à faire converger vos idées et celles que porte Marine Le Pen, qui ne sont pas du tout les mêmes ?
Alors, vous avez raison de dire que une présidentielle, c'est d'abord autour d'une personne, et c'est un programme présidentiel ad hoc, qui n'est pas d'ailleurs tout à fait celui du parti politique ou des partis politiques qui s'adosent, évidemment, à cette coalition. Il y a un programme qui va être présenté d'ici quelques semaines, qui sera le fruit de discussions, parfois de compromis. C'est dans l'ordre des choses, et donc nous soutiendrons tous ce programme, ce qui n'empêche pas, par ailleurs... Même si c'est la retraite à 62 ans, vous direz Banco ? De fait, on y reviendra.
Moi, ça ne m'empêchera pas de continuer de défendre ce qui m'apparaît, on va dire, plus proche de la ligne qui est la mienne. Mais néanmoins, je crois qu'aujourd'hui, il y a un consensus qui a été trouvé autour de grands principes économiques, qui sont ceux de vouloir réduire la dette publique, de vouloir réduire les dépenses de fonctionnement de l'État, de vouloir défendre le pouvoir des classes moyennes. On ne sait pas encore conclurement réduire les dépenses de fonctionnement. On vous y verrait beaucoup plus clair d'ici quelques semaines, mais je ne veux pas m'avancer au nom du candidat, parce que là, je ne parle pas en mon nom.
La volonté, bien sûr, de baisser les charges sur les salaires pour rendre du pouvoir d'achat aux Français, de ne pas augmenter les impôts sur nos TPE, nos PME, et une fois plus sur les Français les plus vulnérables.
Et couper dans les dépenses sociales ? Couper dans les dépenses sociales ?
De toute façon, il faudra de toute façon s'attaquer à la dépense publique, puisque de fait, nous sommes dans une situation budgétaire extrêmement grave. Et pour en avoir parlé à Marine Le Pen, je sais qu'elle en a la pleine conscience, et que ça fait partie des sujets très importants sur lesquels nous allons nous positionner. Donc, je veux dire, nous sommes d'accord sur cette philosophie-là. Bon, maintenant, il faudra trouver un consensus sur la manière, bien sûr, d'arriver à ces objectifs. Elle refuse, par exemple, de prononcer ce mot, « assistana ». Ce n'est pas tout à fait vrai. Elle en a parlé.
Et Anne Bernalat en parle.
Elle l'a dénoncé, telle qu'elle d'ailleurs, avec ce mot, dans son dernier discours. Mais j'ai envie de dire que… Vous savez pourquoi, moi, je suis aujourd'hui aux côtés de Marine Le Pen, et sans, malgré parfois, comme vous pouvez le dire, les sensibilités qui divergent. Parce que je crois que le sujet prioritaire, en tout cas pour ma part, qui doit nous engager tous, c'est le sujet identitaire. Vous savez, en politique, il y a des sujets réversibles, il y a des sujets irréversibles. Le sujet réversible, c'est malgré tout les sujets économiques et budgétaires quand on fait les beaux choix. Par contre, il y a un sujet réversible, c'est le sujet démographique.
Le jour où nous serons demain minoritaires chez nous, nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer. Quand vous dites minoritaires, ça veut dire quoi ? Minoritaires, c'est-à-dire que finalement, les gens qui sont… À d'autres Français ?
De fait, aujourd'hui, quand on voit importer sur notre sol 500 000 personnes sur notre territoire, et qu'on voit notamment à LFI des gens qui assument totalement de vouloir faire disparaître la culture française, ou du moins nous expliquer que nous devons nous pousser pour laisser la place à d'autres cultures étrangères qui militent pour l'islamisation du pays, qui là encore est un changement civilisationnel complet, ben oui, de fait, nous risquons demain que la culture, l'histoire et le peuple français soient en minorité, et alors la France ne serait plus la France.
Et on pourra débattre autant qu'on veut du taux de TVA, je crois que nous serons très loin finalement de l'essentiel, puisqu'à travers cette question migratoire, il y a aussi la question sécuritaire qui transparaît, et c'est pour moi, en tout cas, le moteur principal qui me conduit à être aux côtés de Marine Le Pen, parce que je pense que c'est un enjeu existentiel, et c'est l'enjeu d'ailleurs, me semble-t-il, fondamental pour tous les Français.
Marion Maréchal, ce matin même, Jordan Bardella et Marine Le Pen seront sur le terrain, ils feront un marché dans la Sarthe, à la flèche. Est-ce que, encore une fois, c'est un tandem qui fonctionne ? Elle a redit hier que cet ensemble, qu'ils iront convaincre les Français, que nous sommes les seuls, dit-elle, à pouvoir prendre de bonnes décisions pour changer leur avenir. Vous auriez soutenu indifféremment Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
Oui, d'ailleurs, je tiens à les féliciter tous les deux, puisque ça fait des semaines et des semaines qu'on voit une partie des journalistes essayer de mettre des coins entre eux, construire tout un récit de divergence et d'opposition. Non, mais là, on en était quasiment à expliquer qu'il y avait une forme de conflit, alors que jusqu'au bout, eux, ont fait la démonstration de l'efficacité et de la sincérité de leur duo. Il n'y a aucune ambiguïté sur le fait que Jordan Bardella soutiendra, bien sûr, totalement Marine Le Pen. Si il s'était avéré que Jordan eût été le candidat, nous aurions été, bien sûr, aussi derrière lui, sans ambiguïté.
Donc maintenant, le but, c'est d'être tous ensemble et d'avancer tous ensemble jusqu'à la victoire en 2027. Et lui, il est le Premier ministre idéal pour vous, selon vous, si elle devait accéder, Marine Le Pen, à l'Élysée ? En effet, nous allons accompagner une sorte de ticket dans cette affaire, puisque Marine Le Pen a d'ores et déjà annoncé que Jordan Bardella serait ce Premier ministre. Jordan Bardella, qui lui-même, d'ailleurs, a expliqué qu'il ferait un gouvernement d'union et de rassemblement, au-delà, d'ailleurs, du rassemblement national. Et je pense que c'est une bonne manière de voir les choses.
Nous avons la chance, nous, au sein du camp national, d'avoir plusieurs candidats de grande qualité, ce qui n'est pas le cas de nos adversaires, qui, parfois, n'en ont même pas un seul. Donc on peut plutôt se féliciter de cela. Et je crois qu'en ce qui concerne ce déplacement à la Flèche, c'est aussi un symbole, puisque la Flèche, c'est la seule municipalité de l'Ouest qui a été remportée par le camp national. Et donc c'est un symbole optimiste de conquête, si je peux dire, électorale.
Mario Maréchal, on a évoqué la France insoumise tout à l'heure, dont vous pensez que c'est un véritable danger pour le pays. Hier, il y a eu une perturbation à l'Assemblée nationale lors du vote sur le projet de loi sur la présomption de légitime défense des policiers, perturbation notamment menée par Assat-Traoré. Est-ce qu'on risque d'avoir, lors de cette campagne présidentielle, des mouvements de violence,
et notamment du chaos venant de ce camp-là ? Alors déjà, je me félicite de l'adoption, en effet, de cette mesure que nous portons depuis très longtemps, et que pour ma part, je porte, depuis que j'ai été élue députée à 22 ans, donc il y a quelques années. Donc c'est une très bonne nouvelle, bien sûr, pour nos forces de l'ordre, qui ainsi ne sont pas mises à équivalence du délinquant qu'ils interpellent, et ça, c'est heureux. Maintenant, ce qui est vrai, c'est que ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale et qui est une honte, est un nouveau révélateur. C'est-à-dire que je pense que la France insoumise ne menace pas seulement la République, il menace la démocratie.
De fait, quand on a des élus qui n'ont jamais été d'ailleurs dédits par leur chef Jean-Luc Mélenchon, qui expliquent qu'ils sont prêts demain à organiser l'insurrection populaire au cas de victoire du Rassemblement national, bon, ça dit tout de leurs intentions réelles. Ils sont dans une volonté de chaos, de pourrissement, mais c'est doctrinal. Je veux dire, la violence politique, chez eux, n'est pas un dommage collatéral. C'est quelque chose qui est pensé de façon conceptuelle pour aboutir à leur révolution, mettre à bas les institutions.
C'est ce face à quoi nous nous battons et c'est pourquoi, d'ailleurs, une fois de plus, je crois que la droite a le devoir d'être rassemblée face à cette menace extrêmement grave.
Vous êtes, enfin, le camp national et l'adversaire idéal pour Jean-Luc Mélenchon s'il devait accéder au second tour. Et est-ce que vous êtes sûr de pouvoir le battre ?
Moi, je ne raisonne pas en ces termes. En tout cas, ce que je considère, c'est que je considère que Jean-Luc Mélenchon a la capacité d'accéder au second tour. Et je m'en inquiète, bien sûr, mais je prends sa candidature très au sérieux. Je sais de quoi il est capable. Le moment venu, le soutiendra parce qu'il joue toujours aux vierges et farouchés lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts. Mais au moment des campagnes électorales, ils savent tous se ranger derrière lui. Évidemment, je sais de la même manière que la Macronie, comme l'a déjà fait Gabriel Attal par le passé, le soutiendra, le cas échéant face à nous.
Et c'est pourquoi nous avons la responsabilité de convaincre tous les gens de droite sincères de se tourner vers nous pour éviter cette hypothèse qui serait absolument dramatique. Et pour ça, de ne pas attendre, bien sûr, le second tour, mais nous donner de la force dès le premier tour pour qu'il y ait une dynamique suffisante pour ne prendre aucun risque, évidemment,
au second tour. Hier, il y avait aussi un autre procès, celui de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan. Le procès a été renvoyé en octobre. Elle devait comparer, pour apologie du terrorisme en ligne, en Corée, 7 ans d'emprisonnement, 100 000 euros d'amende pour avoir notamment repris des propos de terroristes. C'est ça aussi pour vous, la France insoumise ?
De fait, Rima Hassan est le nouveau visage de cette extrême-gauche qui, sans aucun complexe, en effet, fait l'apologie de figures qui ont tué des civils totalement impunément. Mais ce qui me frappe dans cette affaire, c'est la façon dont l'intégralité de l'écosystème de l'extrême-gauche et de la France insoumise fait bloc derrière Rima Hassan, ce qui démontre bien que ça n'est pas un comportement, on va dire, marginal ou une erreur, mais vraiment quelque chose qui est pensé sur le plan doctrinal de gens qui font de la violence politique l'un des moyens d'arriver à leur fin.
Marion Maréchal, vous avez écrit ce livre « Si tu te sens, le peine » chez Fayard. Vous vous sentez désormais complètement le peine après avoir effacé votre patronisme ?
Je n'ai jamais cessé de me sentir le peine et je crois que Marine Le Pen, elle-même, se sent aujourd'hui le peine plus que jamais dans sa force de conviction, dans son tempérament, dans sa pugnacité et dans sa solidité. Ça veut dire qu'elle a pensé à son père hier soir lorsqu'elle a annoncé sa candidature ? Je ne peux pas parler à sa place. On parle d'une lignée et de l'Empen. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, le corps national n'a jamais été aussi prêt d'arriver aux affaires. Et nous le devons bien sûr à ce que fait Marine Le Pen depuis maintenant des décennies. Et nous le devons, en tout cas, c'est ce que je pense pour ma part, au travail visionnaire qu'avant elle, Jean-Marie Le Pen
a opéré durant des années. Marion Maréchal était notre invitée ce matin. Merci beaucoup d'être venue dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Marion Maréchal