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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 janvier 2026 24 min

Municipales à Paris : la candidate Reconquête Sarah Knafo veut "diviser par deux" les effectifs municipaux

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Sarah Knafo. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Sarah Knafo, vous êtes candidate à la mairie de Paris. Vous promettez sécurité, propreté et place en crèche avec deux fois moins de fonctionnaires. On va y revenir, vous allez nous expliquer. Mais d'abord, vous avez déclaré il y a quelques jours être inspiré par Donald Trump, notamment sur l'immigration, parce que selon vous, avec du volontarisme, on obtient des résultats très rapides. La mort de deux personnes tuées par la police de l'immigration américaine, vous appelez ça comment ?

0:34
Sarah Knafo

J'appelle ça un drame d'abord, un drame humain. Personne ne peut se satisfaire qu'une interpellation se finisse par une mort. C'est la première des choses. Je pense que comme dans tout pays démocratique, la justice fera son travail, dira dans quelles conditions est-ce que cette mort a eu lieu. Mais la première des choses, c'est que c'est une tragédie, évidemment.

0:52
Présentateur

Vous avez vu les images de l'interpellation.

0:53
Sarah Knafo

Absolument, c'est pour ça que je dis que c'est une tragédie. Personne ne souhaite la mort d'une personne, quelle que soit son origine, sa nationalité, quel que soit d'ailleurs son méfait. Donc ça, c'est la première des choses à dire.

1:03
Présentateur

Il y a des méfaits pour vous ? Quel que soit son méfait, il y a des méfaits là pour vous ?

1:06
Sarah Knafo

Je continue. Donc quel que soit ce qu'ait pu faire une quelconque personne, personne ne souhaite la mort. Et évidemment que c'est un drame. Deuxième des choses, évidemment, je ne suis pas la porte-parole de la Maison Blanche et je ne suis pas l'avocate de ce policier. Ce qui m'intéresse, c'est qu'est-ce qui chez nous peut être applicable ? Est-ce que mon modèle, c'est la police de Donald Trump ? Absolument pas. Ce n'est pas votre modèle.

1:27
Présentateur

Vous ne voulez pas importer les méthodes de l'ice ? Absolument pas. Parce qu'Éric Zemmour n'a pas écarté le fait de s'inspirer des méthodes de l'ice.

1:34
Sarah Knafo

Je vais vous dire ce sur quoi on peut s'inspirer. On va décomposer les sujets. La première des choses, la police, ce n'est pas du tout mon modèle parce qu'on a une police exceptionnelle en France. On a une police qui s'appelle la police aux frontières, la PAF. J'ai d'ailleurs travaillé avec la police aux frontières quand j'étais en préfecture dans les Pyrénées-Atlantiques mais aussi quand j'étais en préfecture en Seine-Saint-Denis. Ils font un travail remarquable. Interpeller des clandestins, ils le font tous les jours. Et ça se passe sans ce drame. Je ne vous dis pas qu'aucun drame ne peut arriver en France. On a déjà entendu ce genre de choses.

Mais en tout cas, le modèle d'interpellation des clandestins en France, on l'a déjà. On le fait tous les jours. Ce n'est pas à ce niveau-là que le bas blesse pour la politique d'immigration en France. Vous avez des policiers aux frontières qui interpellent des clandestins, qui les mettent dans des centres de rétention administratives. Ça existe en France. Vous en avez un Roissy là où j'ai travaillé. Vous en avez aussi un Handaï près de la frontière espagnole. Et donc, on arrête les clandestins. On les met dans ces centres de rétention administratives.

2:25
Présentateur

Donc, vous dénoncez la police ICE et la méthode Trump, si je vous comprends bien.

2:28
Sarah Knafo

Je vais quand même finir parce que là, c'est important. On est en train de parler de la France. Et ensuite, où est-ce que le bas blesse en France ? Et sur quoi est-ce que Donald Trump nous a montré, au tout début de son mandat, qu'il y avait une méthode pour y arriver ? C'est qu'une fois qu'ils sont en centre de rétention administratives, clandestins, on n'arrive pas à les expulser vers leur pays d'origine parce que les pays d'origine les refusent. Ils refusent ces fameux laissés-passés consulaires.

2:51
Présentateur

Pour aller dans votre sens, Sarah Knafo, sur ce sujet-là de l'immigration en France et on reviendra sur les méthodes de l'ICE. Je vais finir parce qu'on arrive aux mesures. Oui, mais on a les chiffres et on a une hausse des interpellations, une hausse des éloignements en 2025. Donc, ça ne marche pas si mal que ça en France.

3:03
Sarah Knafo

Vous connaissez le taux d'exécution des OQTF en France ?

3:05
Présentateur

Il est extrêmement faible, mais ça progresse quand même. Vous le connaissez ? C'est moins de 10%. Voilà, moins de 10%.

3:13
Sarah Knafo

On va s'en satisfaire sur ce plateau ? En tout cas, ça progresse. Est-ce qu'on est content de 90% d'échecs ? On ne peut pas être satisfait. Vous êtes d'accord ? On paye des impôts et on a une politique publique qui a 90% d'échecs dans n'importe quelle entreprise privée. Un patron qui a 90% d'échecs, il s'en va. Vous êtes d'accord ? Nous, on trouve ça normal. C'est naturel d'avoir moins de 10% d'exécution des OQTF. Donc, j'en arrive aux mesures parce que c'est quand même l'essentiel. Où est-ce que le bas blesse chez nous ? Le bas blesse au moment où on doit expulser ces clandestins dans leur pays d'origine parce que les pays refusent de les reprendre.

Et pourquoi est-ce qu'ils refusent de les reprendre ? Parce que la France ne se fait pas respecter. On a vu le problème avec l'Algérie, mais il n'y a pas que l'Algérie. Il y a évidemment de très nombreux autres pays du monde qui refusent de reprendre leurs clandestins en nous fournissant les fameux laissés-passés consulaires. Et pour ça, il y a un plan d'exécution des OQTF qui serait, à mes yeux, très simple à mettre en œuvre. On n'aurait même pas besoin de le mettre en œuvre. Le simple fait de l'exprimer. Donc la première des choses, c'est de dire qu'on va conditionner les visas au laissé-passés consulaires.

Plus un visa avec des pays qui refusent de reprendre leurs clandestins qui sont parfois des individus dangereux. Vous vous souvenez de M. Retailleau qui essayait d'expulser des prédicateurs salafistes qui prêchaient sur TikTok, etc. Il n'arrivait pas à les expulser. L'Algérie les refusait. Donc on nous laisse des individus dangereux sur notre propre sol. C'est un manque de respect pour la parole de la France. Donc première chose, refuser les visas à ceux qui refusent de reprendre leurs clandestins.

4:37
Présentateur

Et sur la méthode de la police de l'immigration américaine, est-ce qu'il faut s'en inspirer ou pas ? Je vous ai répondu, ce n'est pas mon modèle. Éric Zemmour n'a pas exclu de s'en inspirer. Elle vous fait peur, cette police ? Essayez, madame, de séparer les sujets. Est-ce qu'elle vous fait peur, cette police ?

4:50
Sarah Knafo

Mais ce n'est pas une question d'avoir peur. Est-ce que vous déplorez cette méthode ? J'admire la police française. Est-ce que j'ai besoin d'aller copier un modèle étranger ? Non, pas sur ce point-là. Maintenant, je vais vous dire sur quel point est-ce que la politique migratoire de Trump est en effet à reprendre. Est-ce que vous vous souvenez quand il venait d'être élu et qu'il a voulu expulser...

5:06
Présentateur

D'ailleurs, vous étiez à son investiture.

5:07
Sarah Knafo

Absolument. Et qu'il a voulu expulser des criminels colombiens. Il a voulu en expulser 10 000 et la Colombie a dit, on ne les reprend pas. Ils sont dangereux, on n'en veut pas. Donald Trump a tout de suite dit, plus aucun visa pour la Colombie. Plus d'aide au développement. Le jour même. Il était 18h quand il a dit ça. À 19h, la Colombie a dit, très bien, on reprend nos clandestins. On envoie même l'avion présidentiel pour aller les chercher. Deux heures plus tard, la crise était résolue. Ça, oui, on peut se dire que c'est une source d'inspiration. Et je vais même vous dire, les pouvoirs...

5:35
Présentateur

Pour vous, vous dites, dans toutes vos tribunes, vous avez répété à de multiples occasions que Donald Trump reste, je vous cite, un vent de liberté. Est-ce que ce n'est pas aussi, pour reprendre l'expression du président Macron à d'avance, la loi du plus fort ?

5:47
Sarah Knafo

Vous avez raison, il nous apprend qu'en réalité, les relations internationales n'ont jamais cessé d'être régies par la loi du plus fort. Vous avez beaucoup d'autres commentateurs que moi qui l'ont dit bien avant moi. Le général de Gaulle le disait bien avant moi. Et il savait que, pour que la France ait encore une place dans le concert des nations, pour qu'on ne devienne pas, à notre tour, un jour, la proie des appétits de plus fort que nous, il fallait être puissant. C'est ce que j'en tire. La première chose à en tirer, c'est qu'on a un devoir de puissance, en tant que nation. Ça s'applique au sujet migratoire dont on a parlé. On ne peut pas se laisser marcher sur les pieds par l'Algérie.

Ça n'est pas possible. Et par les Américains, pour se laisser marcher sur les pieds ou pas ? Absolument pas. Alors, merci d'en parler. J'ai publié un rapport sur la souveraineté technologique. J'y ai travaillé pendant un an. Et dans ce rapport, je dis précisément qu'on doit arrêter de se laisser marcher sur les pieds en matière technologique. Je suis très frappée de voir... Oui, absolument, par les Américains. Je suis très frappée de voir que toute la classe politique avait les yeux de chimène pour les États-Unis, à l'époque où c'était Barack Obama, à l'époque où c'était Joe Biden. Et soudain, c'est Donald Trump. Et donc, on se dit...

Là, c'est vous qui avez les yeux de chimène pour Donald Trump. Absolument pas. Quand je vous dis que j'ai publié mon rapport sur la souveraineté technologique, il y a maintenant une semaine, Donald Trump était déjà président. Mais quand vous étiez à son investiture,

6:57
Présentateur

vous aviez les yeux de chimène pour le président.

6:58
Sarah Knafo

Alors, c'est intéressant, puisque je suis intervenue à votre antenne sur France Info. J'étais à Washington et j'ai dit... Et j'ai dit... Je suis contente que ce soit Trump qui soit élu aujourd'hui aux États-Unis parce qu'enfin, les Européens vont se réveiller. Parce que Donald Trump, c'est l'Amérique éternelle, mais à visage découvert. Et vous trouvez ça beau pour les Américains ? Il est le premier à dire... Moi, j'assume que je ne m'intéresse qu'aux États-Unis. Tous les autres nous ont fait croire qu'ils s'intéressaient à notre sort. Ils nous poussent à nous réveiller, à sortir de notre torpeur, à comprendre qu'on doit se défendre nous-mêmes.

Et je suis contente de réentendre les mots de souveraineté qu'on n'entendait plus beaucoup à Bruxelles, qu'on n'entendait plus beaucoup sur notre continent. Emmanuel Macron se réveille ici dans son ministre. On ne les a pas vus se réveiller au moment où Frédéric Pierucci, un cadre de notre industrie, a été enfermé dans les geôles américaines. On ne vous en a pas... Est-ce que c'est toujours un allié, Donald Trump ? Manifestement, oui, c'est un allié. Les États-Unis restent un allié. Je pense que tout le monde dira la même chose. Mais on n'est pas alignés. C'est-à-dire qu'avec des alliés, vous avez des intérêts divergents. Est-ce que l'Allemagne, par exemple, est notre allié ?

On peut dire que oui. Pourtant, vous voyez bien que depuis au moins 15 ans, on a des intérêts totalement divergents, que ce soit en matière de traités de libre-échange, où ils poussent à chaque fois pour des traités qui favorisent leur industrie automobile et qui défavorisent notre agriculture, où ils ont vraiment nuit à notre outil nucléaire en poussant, en faisant du lobbying auprès de la commission de Bruxelles pour nuire à l'intérêt stratégique qui était le nôtre, qui est le nucléaire, qui demeure le nôtre d'ailleurs, puisqu'on va continuer à réinvestir dedans.

Mais vous voyez bien que même avec l'Allemagne, alors même que nous sommes, on parle de coupe franco-allemands, on a des intérêts divergents. Il n'y a pas de nations au monde qui ont des intérêts identiques. Ça n'existe pas.

8:34
Présentateur

Et l'Iran, les Etats-Unis multiplient les manœuvres militaires au large de l'Iran. Les arrestations continuent après une répression sanglante. On ne sait pas combien. On parle de dizaines de milliers de morts. Est-ce que clairement, vous souhaitez une intervention américaine ?

8:46
Sarah Knafo

Clairement, je souhaite que le peuple iranien cesse d'être aujourd'hui massacré comme il l'est par ce régime qui a tous les défauts de la terre, qui allie le financement du terrorisme mondial au fait de massacrer sa population comme il le fait dans le sang. Là aussi, je suis très étonnée de ne pas entendre la France insoumise, par exemple, qu'on a beaucoup entendu parler d'international sur d'autres dossiers. Et puis là, plus rien. Mais vous vous demandez quoi ?

9:13
Présentateur

Qu'est-ce que vous réclamez ? Est-ce qu'il faut une intervention américaine ? Et s'il y a une intervention américaine, est-ce qu'il faudrait que la France participe dans le cas d'une coalition internationale ?

9:20
Sarah Knafo

Je trouve ça un peu ridicule depuis les plateaux télé d'en appeler à une intervention étrangère sur un pays. Ce que je souhaite évidemment, c'est que ce régime cesse de massacrer son peuple. Je remarque aussi beaucoup de naïveté de la part des Européens et une forme de deux poids deux mesures. Donc déjà, qu'on se tienne moralement droit aux côtés du peuple iranien, c'est ce que j'ai fait. J'étais place du Trocadéro aux côtés des Iraniens. Pourquoi il y a de la naïveté des Européens ? Parce que je remarque qu'il y a un deux poids deux mesures. C'est-à-dire que quand une certaine population est massacrée, on va en entendre.

Quand c'est d'autres et que ça n'arrange pas, là, il n'y a plus personne. J'entends parfois à gauche dire que ce sont des émeutes pour la vie chère. Mais qu'est-ce que c'est que ce mépris ? Qu'est-ce que c'est que ce mépris du combat du peuple iranien ?

9:57
Présentateur

En quoi c'est plus utile d'aller manifester à la place du Trocadéro et ne pas répondre sur un plateau ? Vous avez raison, on est très loin de l'Iran, mais je n'ai pas bien compris votre réponse.

10:03
Sarah Knafo

Je viens de vous dire, moi, j'exprime mon soutien au peuple iranien. J'entends beaucoup dans la classe politique qui ne le font pas. Mais je ne pouvais pas vous répondre sur est-ce que les Etats-Unis doivent intervenir ? Ce n'est pas à moi de le dire. Est-ce que je suis générale de l'armée américaine ?

10:15
Présentateur

Je suis la présidente des Etats-Unis et je vous le redis, je ne suis pas porte-parole de la Maison Blanche.

10:19
Sarah Knafo

Je ne pense pas que ce soit un avis géopolitique de savoir ce que va faire l'armée américaine. Ce que je constate aujourd'hui en tant qu'observatrice comme vous et je n'ai pas toutes les informations, c'est que manifestement l'armée américaine veut mettre la pression sur le régime iranien. Est-ce que je trouve ça positif ? Oui, de l'extérieur. Mais est-ce que je leur dis à quel moment il faut tirer sur un bouton ? Désolée, je n'ai pas cette prétention. Maintenant, est-ce que je veux que tout le monde fasse tout pour mettre la pression sur le gouvernement des Molas ? Absolument oui. Bien sûr qu'il faut le faire.

Et j'aimerais que toute la classe politique française ait la même parole et soit cohérente.

10:50
Présentateur

Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Sarah Knaffot, vice-présidente du parti Reconquête et candidate donc au municipal à Paris. On parle maintenant de votre programme. Mais oui, parce qu'on a très soigneusement lu et dépiauté vos 130 pages de programme. 133. 133, soyons précieux.

11:07
Sarah Knafo

Une ville heureuse pour les faire.

11:08
Présentateur

Plus de 130 pages. C'est bon, vous avez cité votre site de campagne. Maintenant, il faut que vous nous expliquiez. On a le temps. Donc soyons pédagogiques. Expliquez-nous comment. Comment vous comptez économiser 10 milliards en 10 ans, sachant que c'est quasiment le budget de la ville de Paris sans même compter la dette de la ville qui est également de 10 milliards. Comment vous faites ?

11:26
Sarah Knafo

Merci d'avoir cité les chiffres. D'abord, Paris est endetté à hauteur de 10 milliards d'euros. Il faut quand même le dire à ceux qui nous écoutent et à tous les Français, c'est que Paris devrait être la locomotive du pays. C'est la capitale. Et au contraire, ça devient un boulet financier. J'expliquerai tout à l'heure pourquoi et les raisons de cet endettement colossal qui nous a été légué par 25 ans de socialisme à la mairie de Paris. Mais donc entre rembourser la dette colossale

11:46
Présentateur

et le budget, 10 milliards ?

11:48
Sarah Knafo

10 milliards.

11:48
Présentateur

Vous êtes sûr de vos chiffres ?

11:49
Sarah Knafo

Certaines, à 1000%. Donc 10 milliards d'économies sur 10 ans. Vous l'avez dit, le budget annuel, c'est 10 milliards d'euros par an. Donc là, sur 10 ans, on fait 10 milliards d'économies comment ? Première des choses, en divisant les effectifs de la ville de Paris par deux. J'ai entendu que vous vous posiez des questions tout à l'heure, on va y revenir.

12:04
Présentateur

Vous voulez diviser le nombre de fonctionnaires par deux ? Vous les licenciez sans motif ?

12:16
Sarah Knafo

Non, pas du tout. Comment est-ce qu'on divise les effectifs de la mairie par deux ? Rappelons qu'il y a 55 000 agents aujourd'hui à la mairie de Paris. 55 000 agents, c'est-à-dire un taux d'administration deux fois supérieur à celui de la ville de Londres, à la ville de Lyon, et même en intégrant des compétences de département qui sont celles. Oui, parce que Paris est un département, donc ce n'est pas comparable. Donc je finis ma phrase. Même en intégrant les compétences de département, c'est toujours largement supérieur à d'autres communes, notamment françaises. Quand vous prenez 55 000 agents, vous vous dites alors où est-ce qu'il y en a ?

Vous vous rappelez qu'il y a 20 ans, il y avait 20 000 fonctionnaires de moins. Et pourtant, il y avait 200 000 Parisiens de plus. Donc, plus les Parisiens s'en vont, plus il y a de fonctionnaires. Ou plutôt, plus il y a de fonctionnaires, plus les Parisiens s'en vont. On se dit que ce n'est quand même pas très corrélé à la population qui arrive à Paris. Vous pensez

12:59
Présentateur

qu'il y a 20 000 fonctionnaires

13:01
Sarah Knafo

qui ne servent à rien à Paris ? Est-ce qu'un service municipal a été amélioré depuis 20 ans ? Tous les Parisiens ont le sentiment contraire et s'est prouvé à longueur d'enquête d'opinion. 84 % des Parisiens estiment que la ville est sale, qu'elle est de plus en plus sale. Donc, manifestement, ces fonctionnaires ne rendent pas un meilleur service. Comment est-ce qu'on fait ? Vous avez tous les ans de 3 000 à 4 000 personnes qui partent naturellement de la mairie. Ça s'appelle un turnover dans une administration. Moi, j'ai été formé à la Cour des comptes. C'est ce qu'on nous apprend à regarder en premier. Quel est le taux de départ naturel dans l'administration ?

Donc, vous avez de 3 000 à 4 000 personnes qui partent parce qu'ils partent à la retraite, parce qu'ils vont changer de poste, parce qu'ils sont en fin de contrat. Ces gens-là s'en vont. L'écrasante majorité, vous ne les remplacez pas. À part dans deux domaines que je juge prioritaires quand je serai maire de Paris, c'est, un, la petite enfance, donc recruter du personnel de crèche. On manque de 1 200 personnels en crèche aujourd'hui à Paris. Donc, un, la petite enfance et deux, la police municipale.

13:55
Présentateur

Mais comment vous faites ? On peut faire partir 25 000 fonctionnaires et mettre plus de propreté dans les rues, plus de personnel en crèche et plus de sécurité dans Paris. Tout ça, ce sont des fonctionnaires. Je pense que c'est essentiel.

14:10
Sarah Knafo

Alors, désolé, si vous me touchez tous les deux, je suis obligée de répondre aussi à vous deux parce que sur les sujets, les deux sont essentiels. Donc, pour la propreté, comment est-ce qu'on fait ? On privatise la propreté. C'est ce qu'a voulu faire Jacques Chirac en 1983 pour tous les arrondissements de Paris. Il n'a pas réussi à le faire parce qu'il avait peur des grèves. Résultat, il ne l'a fait entier. Il a fait une sorte de yalta des ordures où il a dit voilà, tel arrondissement on va privatiser, tel arrondissement ça restera public. Ce qu'il y a de positif, c'est que maintenant on peut comparer. On voit les arrondissements qui sont publics et où ça se passe mal.

Quand il y a des grèves, par exemple, les ordures Saint-Moncelle, les rangs... Vous voulez tout privatiser ? Oui, tout privatiser.

14:41
Présentateur

La collecte et le nettoyage des rues parce qu'il y a deux choses différentes.

14:43
Sarah Knafo

Absolument. Donc, tout privatiser, c'est 6 000 effectifs déjà. Vous avez 6 000 agents. Donc, comment est-ce que ça sera propre ? Ce sera plus propre puisque la Chambre régionale des comptes nous dit l'année dernière que quand c'est le privé qui agit à Paris, c'est 27% moins cher et c'est mieux fait. Donc, merci pour votre question. Ce sera plus propre et avec moins de monde à la ville de Paris. Ensuite, comment vous faites les économiques pour rebondir ça à la question de la ville ? Vous avez posé une question sociale qui est majeure. Est-ce qu'on les met au chômage ces gens ? Pas du tout. Ils ne sont pas responsables de la mauvaise gestion de la ville de Paris.

Qu'est-ce qu'on fait pour ces personnels ? Je vous ai dit qu'il y avait 6 000 agents. On impose une clause pour le futur prestataire qui prendra la propreté de la ville de Paris de reprise du personnel. C'est très courant et vous pouvez le faire. Donc, ces gens-là, l'objectif, ce n'est absolument pas de les punir pour la mauvaise gestion des 25 dernières années. Au contraire, c'est que chacun trouve une solution. Donc, vous ne remplacez pas l'écrasante majorité de ceux qui s'en vont. Vous imaginez que près de 4 000 personnes qui partent par an à horizon 10 ans, vous faites le calcul, ce n'est pas trop difficile de diviser les effectifs par deux.

Si je vous dis que c'est à 10 ans les économies de 10 milliards, faites le calcul et voyez à quel moment ça sera passé. On ne comprend pas

15:50
Présentateur

comment vous économisez 10 milliards. C'est colossal. Vous n'avez pas lu les 133 pages par conséquent ? Si, si, attentivement.

15:56
Sarah Knafo

Alors, vous savez

15:56
Présentateur

comment j'économise les 10 milliards ? Par exemple, les voix sur... Je crois qu'Aka, tu as une question sur les voix sur... Rien à voir avec les économies. Rien à voir sur l'économie. Je vais répondre sur les économies.

16:04
Sarah Knafo

Donc, 3 milliards sur la division des effectifs par deux. Et les 3 milliards, c'est en économie nette en comptant le fait que je veux embaucher des policiers, des professionnels de la petite enfance et même augmenter les salaires des professionnels de la petite enfance. 5 milliards en cessant la politique immobilière de la ville de Paris. Donc, on arrête le logement social, on arrête les préemptions qui cassent le marché, qui ruinent l'attractivité économique de Paris. Ça, c'est 5 milliards sur 10 ans. Vous voulez plus le logement social ? 1 milliard ?

Non, je ne veux plus construire de logements sociaux et je ne veux plus préempter notamment ce qu'elle a fait Madame Hidalgo sur la place des Vosges où elle achète des immeubles à 40 000 euros du mètre carré pour y mettre du logement social. C'est totalement aberrant. On n'a plus les moyens de faire ça. 3 et 5, ça fait 8. Il en manque de 1 milliard en cessant les subventions aux associations politisées. Je pourrais décrire ce qu'est pour moi une association politisée avec un faisceau d'indice. Vous dites que vous avez fait un tableau Excel avec un faisceau d'indice très clair.

16:51
Présentateur

Vous avez raconté dans votre programme que vous avez fait un tableau Excel et que la plupart des associations vous n'allez plus les subventionner.

16:56
Sarah Knafo

Non, pas la plupart. C'est 100 millions sur 300 millions. 1 milliard sur 10 ans. Monsieur, il faut regarder les chiffres sur 10 ans.

17:02
Présentateur

C'est ce qu'on a fait.

17:03
Sarah Knafo

C'est ce que je suis en train de vous dire. Donc, 1 milliard sur 10 ans. Si vous faites le calcul, ce n'est pas toutes les associations. Pas du tout. Là, c'est un peu technique que ça n'a plus. Je disais un article dans Challenge hier qui disait que de rembourser la dette de manière prématurée,

17:14
Présentateur

vous arrivez à vos 10 milliards. C'est important de finir. Challenge, un article détaillé, chiffre à l'appui, démontrait que vous ne pouviez pas récupérer 8 milliards sur le logement social parce que la ville de Paris n'est pas propriétaire des bâtiments que vous prétendez vendre. Donc, on se pose des questions. Vous parlez d'un article détaillé.

17:28
Sarah Knafo

Je rappelle quand même que dans cet article, la majorité est fausse. Tout est au conditionnel avec deux experts anonymes. On a demandé un droit de réponse. J'espère qu'il sera bientôt en ligne. Premièrement, dans cet article, on a écrit à une phrase la loi stipule. Alors moi, quand j'ai vu cette phrase, je me suis dit on voit que ce n'est pas un professionnel qui a écrit. On apprend en licenciement de droit quand on ne dit pas la loi stipule. Mais c'est vrai qu'Amérique n'est pas propriétaire C'est faux. C'est la ville de Paris qui est à 100%. Une majorité. Qui est à 100%, pas juste une majorité. Qui est à 100% l'actionnaire de Paris Habitat. C'est la ville de Paris qui les possède.

C'est comme si vous disiez que quand vous êtes l'actionnaire, non pas seulement majoritaire, mais que vous avez 100% des parts, vous n'avez pas votre mot à dire. Pour le coup, c'est absolument non.

18:05
Présentateur

On vous entend. Ça, c'est pour l'argent. Ça, c'est pour les chiffres. Mais la philosophie derrière, c'est quoi ? Vous dites, je veux moins de logements sociaux. Vous voulez aussi revenir, supprimer l'encadrement des loyers à Paris. Ça signifie que vous, élu maire de Paris, il n'y a plus que des nantis à Paris, il n'y a plus de logements sociaux et en plus, les loyers des Parisiens vont augmenter mécaniquement. On ne va pas vous connaître pas le marché du logement à Paris.

18:26
Sarah Knafo

Aujourd'hui, comment ça se passe sur le marché du logement à Paris ? Vous avez eu un encadrement des loyers qui a été adopté il y a seulement quelques années. Je rappelle qu'il n'y avait plus d'encadrement des loyers depuis 1948 en France. Tellement cette mesure avait créé de la pénurie, de la misère, l'impossibilité de se loger et de construire. Il n'y en avait plus depuis 1948. Même Mitterrand n'est pas revenu sur l'encadrement des loyers.

18:46
Présentateur

Et pourquoi vous voulez revenir dessus ?

18:48
Sarah Knafo

Vous n'avez pas compris. Avant, on encadrait les loyers. Oui, j'ai bien entendu. Jusqu'en 1948. Ensuite, on a arrêté. Pourquoi vous voulez revenir parce que ça crée la pénurie, la misère ?

18:56
Présentateur

Parce qu'il n'y a plus de logements qui sont sur le marché. Il y a un parlementaire bipartisan, Sarah Knafot, qui a montré que dans les villes où il n'y avait pas d'encadrement des loyers, il y avait le même phénomène de baisse des logements. D'accord. Donc, est-ce que vous êtes sûr que c'est lié à l'encadrement des loyers ?

19:08
Sarah Knafo

Ça ne sert à rien. Ce que vous êtes en train de me dire, c'est qu'on ne peut pas conclure sur un phénomène positif. Qu'est-ce qu'on a observé à Paris depuis l'encadrement des loyers ? On a observé la pénurie sur les logements. Pourquoi ? Parce que comme les propriétaires ne peuvent pas louer au prix auquel ils voudraient louer, ils se sont mis à trouver des palliatifs. Donc, ils ont commencé à louer leur appartement sur Airbnb. Résultat, la mairie est venue corriger ça parce qu'effectivement, c'est un fléau pour les villes. Donc, elle a imposé 90 nuités sur Airbnb. Maximum. Résultat, on corrige les résultats néfastes d'une mesure elle-même néfaste.

Ensuite, les propriétaires se sont dit on va les laisser vite puisqu'on ne peut plus les rentabiliser. Résultat, la mairie a imposé une taxe sur les logements vacants et pour contrôler les Airbnb. La conséquence, c'est qu'avec vous, maire de Paris,

19:45
Présentateur

les loyers augmentent. Avec moi, maire de Paris. Mais les loyers augmentent

19:49
Sarah Knafo

du fait de la pénurie. Est-ce que vous avez observé que les loyers ont baissé du fait de l'encadrement des loyers ?

19:54
Présentateur

Vous avez lu le rapport parlementaire que vous citez ? Je suis parisienne. Vous avez lu le rapport parlementaire que vous citez ? En tout cas, il y a des propriétaires qui ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent avec cette loi.

20:02
Sarah Knafo

Exactement. Voilà. Il y a des propriétaires qui ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent. Résultat, qu'est-ce qu'ils font ? Ils ne mettent pas leur logement en location. Résultat, que se passe-t-il ? Vous avez une pénurie de logements à Paris. Demain, tout ça, ça va cesser. Quand l'offre va avancer, les prix peuvent même baisser. C'est ce qu'on observe sur certains marchés.

20:15
Présentateur

Vous voulez aussi revenir sur les voies sur berge créées par Général Legault et Georges Pompidou. Vous avez tout un programme pour revenir aux vieilles poubelles, aux vieilles entrées de métro, aux bandits d'avio. Paris, c'était mieux avant. Vous ne pouvez pas inventer une nouvelle esthétique ?

20:25
Sarah Knafo

Manifestement, vous n'avez pas lu les 133 pages du programme. Mais je vous assure que si. Car la première page du programme dit que l'ambition de ce programme, c'est d'inventer le Paris de 2050, de réussir à renouer avec le Paris éternel, celui qu'on aime, vous appelez ça vieille, moi j'appelle ça parisien, identité parisienne, vous appelez ça vieille poubelle. Pour moi, ce sont les poubelles iconiques de la ville de Paris, les réverbères iconiques de la ville de Paris, je n'appelle pas ça vieux, désolé. Et de renouer avec ce Paris éternel et l'invention du Paris de 2050.

Si vous trouvez dans un autre programme autant de mesures pro-technologie et vous m'avez dit d'ailleurs dans les loges que vous aviez été particulièrement étonné par la mesure de la maquette numérique et qu'elle vous avait intéressée.

21:05
Présentateur

Je ne connaissais pas cette maquette à 3D, tout à fait.

21:07
Sarah Knafo

Je suis ravie de vous apprendre quelque chose sur la modernité de la ville parce que c'est comme ça qu'on va moderniser Paris. Aujourd'hui, Paris devient obsolète avec Madame Hidalgo. Moi, ce que je veux, c'est projeter Paris dans un Paris de 2050. Comment exprimer la technologie au service des parisiens ? Non, mais justement,

21:22
Présentateur

c'est lié à vos ambitions, c'est lié à vos ambitions parce que vous répétez aussi en plus de votre programme en boucle que vous ne ferez jamais perdre la droite. Mais si vous faites 10%, vous êtes au second tour, vous prendrez forcément des voix à Rachida Detti, dispersion des voix égale potentielle victoire de la gauche. Ma question est simple. concrètement, si vous êtes au second tour, est-ce que vous vous retirez et vous appelez à voter pour Rachida Detti ?

21:47
Sarah Knafo

Alors, première des choses, je suis là pour faire gagner la droite et jamais pour faire perdre la droite. J'ai un programme, vous l'avez dit, structuré, chiffré, budgété, qui, je pense, est le plus à même de me permettre de gagner. Donc, vous ne vous retirez pas si vous êtes au second tour ? Ma stratégie, c'est de... Mais pourquoi vous parlez de retrait alors que je suis là pour gagner ? Mais parce que vous risquez de faire perdre Rachida Detti. Mais si je vais gagner, quel est le risque de faire perdre Rachida Detti ? Si vous pensez que vous allez gagner. Exactement, c'est mon objectif. Pourquoi je suis là ?

Vous croyez que je suis là pour amuser la galerie, pour me faire voir à la télévision ? Vous êtes à 9% dans les sondages, donc ce n'est pas le plus crédible que vous remportez la... Vous savez, je n'avais pas besoin de campagne municipale à Paris pour passer à la télévision. Donc, si je suis là, c'est pour gagner. Vous êtes à 9%, ça raconte. C'est ce qui m'intéresse. À 9%, j'ai pris 4 points en une semaine. Écoutez, si ça continue avec cette tendance, il nous reste jusqu'au 15 mars. Ça peut marcher. En tout cas, je suis là pour ça. Mon objectif, c'est de devenir maire de Paris. Mon ambition, c'est même d'être la meilleure maire que Paris ait connu.

D'être la maire de la plus démocratique que les Parisiens aient connus. En gouvernant par référendum. En les faisant participer. Je vous l'ai dit, grâce à la maquette numérique, en simulant les projets que je vais faire. Vous faites la transition avec la question qui,

22:49
Présentateur

Sarah Knafo, comme tous les jours, vous savez, cette question que vous pouvez retrouver sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la question qui renonce ou pas. Vous faites donc campagne pour Paris. On l'entend. Est-ce que ça signifie que quoi qu'il arrive, que vous perdiez ou gagnez, vous vous engagez à ne pas être candidate à la présidentielle ? Ah oui,

23:07
Sarah Knafo

je ne suis pas candidate à la présidentielle. Moi, je suis candidate pour devenir maire de Paris. Mon ambition, c'est que le 22 mars, je sois élue et que le 23 mars, je sois à l'hôtel de ville en train de travailler au service des Parisiens. Ma plus grande ambition...

23:18
Présentateur

Si vous êtes conseiller municipal, attention, ça filme, ça enregistre en archive. Est-ce que vous pouvez dire je ne serai jamais candidate à l'élection présidentielle de 2027 ?

23:26
Sarah Knafo

Elle est très étonnante cette question. Jamais, comme ça je dois dire jamais de la vie aujourd'hui. J'ai 32 ans et je dois me prononcer. Proncez-vous sur le reste

23:32
Présentateur

de votre carrière ? Éric Zemmour, c'est le candidat naturel de votre camp ?

23:34
Sarah Knafo

Ah totalement. Totalement.

23:36
Présentateur

Merci beaucoup Sarah Knafo. Merci à vous. Merci d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul. A demain.

Municipales à Paris : la candidate Reconquête Sarah Knafo veut "diviser par deux" les effectifs municipaux — Sarah Knafo · Pourquijevote