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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 8 juin 2026 25 min

Colombe Brossel : "Pierre-Édouard Stérin ne s'est pas caché de son agenda politique"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Colombre Salle, merci d'être avec nous, êtes sénatrice socialiste de Paris, rapporteur donc de cette commission d'enquête sur les mécanismes de financement des politiques publiques par le privé et les risques que cela entraîne pour la démocratie. Vous avez auditionné le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Sterrin. Pierre-Edouard Sterrin, Vincent Bolloré, Mathieu Pigas, sont-ils les nouveaux manias de l'influence ? La campagne présidentielle sera-t-elle bouleversée par des médias d'opinion et par l'influence de ces milliardaires ? D'abord un mot, Colombre Bruxelles, avant de revenir sur votre commission d'enquête.

Sébastien Lecornu, cette semaine, a prévu de réunir les forces politiques sur les ingérences électorales. Ce qui s'est passé pendant les municipales, ce qui risque de se passer pendant la présidentielle, il souhaite faire le point. Est-ce que vous les redoutez, ces ingérences électorales pendant la présidentielle et les conséquences qu'elles pourraient avoir sur le scrutin ?

0:56
Locuteur non identifié

Bien sûr, bien sûr parce qu'elles ont déjà existé à l'étranger. On se rappelle des élections en Roumanie. Oui, parce qu'elles ont commencé à exister dans un certain nombre de scrutins électoraux en France. Et donc, bien sûr qu'elles doivent être redoutées et qu'elles sont redoutées. Qu'elles soient des ingérences étrangères, qu'elles soient des coalitions étranges qui se permettent de peser sur le scrutin. Nous avons aujourd'hui quelques armes au sens démocratique, notamment avec le travail qui est effectué par Vigénium.

Mais il faut aller bien au-delà si on veut que l'ensemble des Français, pour le scrutin à venir, qui n'est pas n'importe quel scrutin, aient en main toutes les clés, toutes les cartes pour faire leur choix de manière éclairée. Et aujourd'hui, on est dans une situation de fragilité. Mais comment on lutte ?

1:46
Présentateur

Parce que là, ce n'est pas rien que le Premier ministre réunisse toutes les forces politiques. Comment on peut lutter contre ces ingérences ?

1:50
Locuteur non identifié

Il y a évidemment le fait d'observer. C'est notamment le rôle de Vigénium sur les ingérences étrangères. Observer tout ce qui se passe. Et ensuite, avoir les moyens de rétablir la vérité et de lutter contre ces formes de gros conglomérats qui existent sur le traitement des, pardon pour l'anglicisme, des fake news. Là-dessus, on a besoin de contrôle démocratique. On a besoin de médias qui effectuent ce travail. Et donc, on a besoin, par exemple, en France, d'un renforcement des moyens de l'ARCOM, qui doit pouvoir... C'est une proposition qui a été faite.

2:27
Présentateur

Qui est le gendarme de l'audiovisuel.

2:28
Locuteur non identifié

Qui n'est pas même aujourd'hui de lutter contre ces ingérences. Voilà, exactement. Et donc, de rehausser le niveau d'intervention de l'ARCOM, notamment sur le traitement de ces fake news. Parce qu'elles peuvent être des ingérences étrangères comme elles peuvent être des stratégies d'acteurs nationaux. Parce que l'ARCOM est dépassée aujourd'hui ? L'ARCOM, aujourd'hui, n'a pas tous les pouvoirs. Et l'ARCOM, par ailleurs, est en effet un peu dépassée par le nombre de sujets qui sont face à elle. Et puis, on a le sujet des GAFAM. Parce qu'ils sont évidemment au cœur de ces fabriques d'accélération.

Je pense aussi au travail qui est en train d'être fait par nos collègues Laurent Laffont, Sylvie Robert-Agnès-Évrenne sur ce qu'ils ont appelé les zones grises de l'information. On a des zones d'information qui sont très encadrées. Et l'ARCOM, on est le gendarme. Et puis, on a ces zones grises d'influenceurs autoproclamés qui ne répondent à aucune démarche de certification de la véracité des informations. Ils sont en train de finir leurs travaux. Je pense que c'est important qu'on regarde bien la chaîne.

Parce que cette chaîne d'information, cette chaîne de fabrique d'informations qui peut être de la fabrique d'opinion, elle aboutit à dévier, dériver la franchise, la transparence d'un scrutin aussi majeur que le scrutin présidentiel.

3:47
Présentateur

Pourquoi vous avez voulu cette commission d'enquête sur les mécanismes de financement des politiques publiques par le privé ? Quelles étaient vos inquiétudes et quelles sont vos attentes ?

3:55
Locuteur non identifié

Nos inquiétudes, elles étaient le fait que dans un certain nombre de politiques publiques, la baisse des financements publics ou sa complexité faisait rentrer dans le jeu beaucoup d'acteurs privés. Et on s'interrogeait sur le fait que ces acteurs privés aient ou non des stratégies qui ne soient pas uniquement celles de la philanthropie. Et puis on s'interrogeait sur la transparence en termes de financement. Parce que la transparence, ça garantit le fait que tout un chacun puisse, à minima, savoir de qui on parle et de quoi on parle.

Quatre mois après le début de nos auditions, force est de constater que 90% des acteurs de la philanthropie sont des acteurs formidables qui permettent dans notre pays l'innovation sociale, des projets qui font du sens, qui font du commun. Et puis, il y a d'autres acteurs. Et de ce point de vue-là, l'écosystème autour de Pierre-Édouard Stérin est intéressant. Il y a des acteurs qui passent leur temps à être dans des stratégies d'opacité. Personne ne sait jamais de qui on parle et qui finance quoi. Avec manifestement un agenda politique. Et Pierre-Édouard Stérin ne s'en est pas caché lors de son audition la semaine dernière. C'est peu de le dire.

Et qui, pour autant, sous couvert d'activités de philanthropie, finance dans le champ de l'éducation, dans le champ de la culture et du patrimoine, dans le champ de l'ensemble de l'accompagnement des personnes en fragilité, c'est une question, pour le coup, purement démocratique.

5:17
Présentateur

Et justement, on va revenir sur cette audition de Pierre-Édouard Stérin. C'est votre éclairage, Quentin. Pierre-Édouard Stérin qui s'est montré durant cette audition calme et courtois assumant ses prises de position libérales et conservatrice. Ce sont ses mots.

5:29
Colombe Brossel

Effectivement. C'est un homme affable, très respectueux, qui a témoigné en visio jeudi devant votre commission d'enquête sur le financement privé des politiques publiques. C'est déjà une surprise en soi parce que, jusqu'à présent, Pierre-Édouard Stérin avait refusé ce type d'audition. Il ne s'était pas présenté à l'Assemblée nationale après une convocation similaire. Et donc, globalement, on peut le dire, le ton a été très courtois. Mais dès le début de l'audition, l'homme d'affaires a mis les pieds dans le plat. Il est exilé fiscal depuis 2012, début de la présidence de François Hollande. François Hollande n'aime pas les riches et moi, je n'aime pas les socialo-communistes.

C'est ce qui m'a donné l'occasion de déménager, a-t-il dit. Et Pierre-Édouard Stérin a expliqué que l'argent qu'il n'avait pas versé aux impôts depuis cette date avait servi à financer en France des projets d'intérêt général ou des projets métapolitiques, je cite.

6:18
Présentateur

Et Pierre-Édouard Stérin s'est défini politiquement lors de cette audition.

6:21
Colombe Brossel

Voilà, Pierre-Édouard Stérin qui a raconté son parcours. C'était assez intéressant. On découvrait aussi certaines informations sur son enfance, classe moyenne, des difficultés à l'école. Mais un homme qui a lancé des myriades d'entreprises, des projets pour faire fortune, jusqu'à devenir milliardaire. Une fois cette fortune amassée, il dit avoir voulu essayer de faire le bien. Ce sont ces mots, là encore, avec des entités, le Fonds du Bien commun et la Fondation Périclès, qui sont au cœur de votre enquête, Colomb-Brossel. Mais il a refusé d'être défini comme proche de l'extrême droite. On écoute un extrait de son audition jeudi matin.

6:55
Invité

S'il fallait me définir politiquement, je me définirais comme étant au centre de la droite. J'ai été militant RPR dans les années 80, bien que j'ai été très jeune à l'époque. Et donc voilà, je suis au centre de la droite. Et donc j'ai essayé de contribuer à travers Périclès à la diffusion de ces idées qui me semblent être utiles et importantes pour la France.

7:20
Présentateur

Et Pierre-Édouard Stérin s'est montré flou sur les flux financiers de son empire philanthropique.

7:24
Colombe Brossel

Cet argent, il est où ? Il va où ? Il sert à quoi ? C'est ce que vous avez demandé, Madame Brossel. Quand la présidente de la commission d'enquête, c'est la centriste Sonia de la Provoté, elle, elle a regretté de ne pas pouvoir regarder à l'intérieur du moteur. Pierre-Édouard Stérin qui a décrit une organisation articulée autour de sa holding belge qui redistribuerait les profits de ses activités entrepreneuriales vers ses structures philanthropiques. Mais sur les aspects techniques, il a admis toutefois ne pas être en mesure de répondre précisément. Écoutez un deuxième extrait de son audition.

7:57
Invité

Tout ce qu'on fait est parfaitement légal. On a un souci de transparence important dont je crois témoigne la participation de mes associés aux différentes réunions qui ont eu lieu sur les derniers jours. Si on voulait cacher quoi que ce soit, je ne m'embêterais pas à être en Belgique. Je serais parti beaucoup plus loin, dans des juridictions plus exotiques. Ce qui n'est pas le cas, parce que toutes nos structures juridiques sont en France et en Belgique. Et la Belgique fonctionne à peu près comme la France. Donc on n'a vraiment strictement rien à cacher sur quoi que ce soit.

8:27
Colombe Brossel

Alors Colombe, Bruxelles, qu'est-ce que vous avez pensé de ces réponses ? Est-ce que vous avez la garantie, avec ces réponses, de la parfaite légalité de ce que fait M. Sterrin ?

8:34
Locuteur non identifié

Je ne m'appartiens pas à ce stade de juger de la légalité. Nous, ce que nous regardons depuis quatre mois, c'est la transparence des financements. Parce que la transparence, elle garantit le regard démocratique, que ce soit celui des citoyens, des journalistes ou des élus. Force est de constater qu'au-delà, vous l'avez dit, du ton affable et courtois, mais enfin, tout le monde est affable et courtois dans une commission d'enquête, notamment sénatoriale.

Au-delà du ton affable et courtois, il y a une opacité toujours aussi folle sur ce que j'avais qualifié au point de départ d'écosystème, et en fait, qui s'avère bien être un écosystème autour de Pierre-Édouard Sterrin, avec des structures qui se créent, puis qui sont défaites, puis qui en recréent d'autres, puis qui se mettent ensemble pour en recréer une troisième. Tout ce petit monde participant à financer, co-financer des projets sous couvert de philanthropie et avec une forme d'impossibilité pour aucun de nos interlocuteurs d'être tout à fait explicite sur un certain nombre de sujets.

9:36
Colombe Brossel

Et le fait qu'ils soient en Belgique, ça joue en quel sens ? Plus de transparence ou plus d'opacité ?

9:40
Locuteur non identifié

Ah, plus d'opacité.

9:41
Colombe Brossel

Contrairement à ce qu'il dit, donc ?

9:42
Locuteur non identifié

Bien sûr. On peut sauter comme un cabri en disant « je suis transparent, je suis transparent ». Ça ne fait pas de la transparence pour autant. Aujourd'hui, on en est toujours au point où nous ne savons pas si le fonds de dotation, le fonds du bien commun, qui est un objet administratif au service de la philanthropie, ce n'est pas une création ex nihilo de Pierre-Édouard Sterrin et de son écosystème. Est-ce que le fonds de dotation est financé par des dons ou par des prêts ? Ce n'est pas anecdotique parce que ce n'est évidemment pas du tout la même dynamique.

Écoutez, on ressort de ces auditions sans jamais le savoir, avec Pierre-Édouard Sterrin qui dit « écoutez, moi j'ai d'autres choses à faire, je ne sais pas ».

10:20
Colombe Brossel

Oui, ça ne concerne que 10% de mes activités.

10:22
Locuteur non identifié

Oui, puis aller voir les gens qui nous dirigent. On les avait déjà vus, les gens qui nous dirigent, qui disent « bon, nous, on ne sait pas, on n'a pas les infos ».

10:28
Colombe Brossel

Mais qu'est-ce que ça change des prêts ou des dons à la fin ?

10:31
Locuteur non identifié

Je ne sais pas. Aujourd'hui, la loi, elle encadre strictement ce qui peut être mis au pot d'un fonds de dotation. Et nous, on a travaillé beaucoup, par exemple, sur cette affaire de fonds de dotation qui sont venus percuter le monde de la philanthropie. Ils s'en créent un par jour. Il y a des choses absolument formidables. Et puis, il y en a 30 à 40% qui sont dormants et dont l'administration dit elle-même qu'ils pourraient être soit des outils d'optimisation fiscale, soit des outils qui peuvent mettre en danger l'ordre public. Et donc, nous, dans notre rôle, pour le coup, de commission d'inquiète, on s'intéresse à la légalité. C'est une chose, mais aussi à l'activité.

11:09
Colombe Brossel

Il y a aussi une question politique. On l'a entendu, il assume, lui, son positionnement politique. Il est tout à fait respectueux des institutions parlementaires. Et finalement, est-ce que c'est un simple homme d'affaires assez riche qui finance des activités philanthropiques ou est-ce que vous en faites un opposant politique sur l'autre côté de l'échiquier politique ? Est-ce que vous lui reprochez ses opinions politiques ?

11:29
Locuteur non identifié

Alors, le sujet n'est pas celui-là. Le sujet n'est pas celui-là. Pierre-Edouard Sterrin peut se définir comme au centre de la droite quand il affirme être en faveur d'un projet de remigration. Ce n'est pas un mot anecdotique dans l'histoire politique de notre pays. La remigration, c'est théorisé par les plus identitaires de l'extrême droite. Et donc, il peut se ripolliner de centrisme libéral quand il adresse des signaux de cette manière-là. Personne ne lui demandait. C'est lui qui l'a posé. Quand il adresse des signaux de cette manière-là à l'extrême droite, la frange la plus identitaire, c'est qu'il est bien en dehors du champ du centrisme libéral.

12:08
Colombe Brossel

Donc, il n'est pas au centre droit comme il le revendait ? Bien sûr que non. Il a l'extrême droite ? Évidemment. Et il est en dehors du champ républicain ?

12:13
Locuteur non identifié

Mais le sujet, ce n'est pas ses opinions politiques, ses opinions personnelles, il a le droit d'en avoir comme tout le monde. Le sujet, c'est est-ce qu'il met, en plus exilé fiscal, est-ce qu'il met sa fortune d'exilé fiscal au profit d'une forme d'orientation des politiques publiques en s'y introduisant et en les finançant largement ?

12:33
Colombe Brossel

Mais quand il dit le centre de la droite, c'est l'union des droites ensuite qu'il vise effectivement la droite parlementaire et l'extrême droite.

12:40
Locuteur non identifié

C'est en tout cas ce qui était explicitement écrit au point de départ du projet Périclès. C'était la victoire de l'extrême droite dans différents moments électoraux et l'union de la droite et de l'extrême droite. Et quand on l'interroge en disant mais est-ce que ce projet est toujours d'actualité ? Il sort sa carte magique en disant ben non, c'est de la métapolitique, c'est pas de la politique. Bon, moi j'avais l'impression d'être au Uno quand vous sortez votre carte magique. Ben en fait, ça n'arrête pas le jeu.

La différence entre la métapolitique et la politique est un peu ténue et utiliser la philanthropie dont je répète que notre pays a besoin pour un projet politique, c'est évidemment changer de dimension.

13:15
Présentateur

Mais il n'est pas le seul homme millionnaire, milliardaire à vouloir faire de la politique. Il y a aussi un banquier d'affaires propriétaire de médias, des Inrocks, de Rajonova qui s'investit de plus en plus en politique et qui ne se cache pas de mener un combat contre la droite et l'extrême droite, c'est Mathieu Pigasse. Est-ce que là aussi

13:31
Locuteur non identifié

que nous allons recevoir cette semaine dans la commission d'enquête, évidemment ? Le sujet pour nous, ce n'est pas la question des personnes, même si cet écosystème autour de Pierre-Edouard Sterrin a vraiment, je pense, une valeur illustrative sur le manque de transparence et l'opacité. Le sujet, c'est est-ce que sous couvert d'action en matière de philanthropie, de financement d'école, de financement de projets culturels, de financement de projets patrimoniaux, est-ce que vous êtes dans une stratégie finalement d'influence cachée sur un certain nombre de politiques publiques ? On n'a volontairement pas traité la question des médias dans notre commission d'enquête.

Vous avez dû le voir qu'aurait mérité une commission d'enquête à elle toute seule

14:11
Colombe Brossel

et qu'aurait pu durer 12 mois. Vous sentez Vincent Bolloré, Mathieu Pigasse de votre réflexion ?

14:15
Locuteur non identifié

Vous aurez remarqué que nous n'avons pas travaillé autour de la question de la prise de pouvoir par Vincent Bolloré en l'espèce dans un certain nombre de médias que ce soit de façon verticale ou horizontale.

14:26
Présentateur

Mais est-ce que Mathieu Pigasse c'est aussi un problème ou est-ce que lui qui ne se cache pas il l'a dit ce week-end il ne ferme pas du tout la porte à une candidature à la présidentielle ? Ça pourrait être le candidat de votre camp ?

14:36
Locuteur non identifié

Alors d'abord on va distinguer la commission d'enquête ne servira pas à faire la primaire de la primaire de la primaire de la gauche et heureusement d'ailleurs on va le recevoir cette semaine pour justement voir avec lui nous ce qui nous intéresse c'est la transparence si les choses sont transparentes alors les uns et les autres les citoyens les élus les journalistes peuvent faire leur travail et leur choix en conscience si on est sur des stratégies opaques si on est sur des agendas cachés alors on se retrouve comme on a eu avec en audition des maires absolument formidables que ce soit sur la question du passeport du civisme ou le label les plus belles fêtes de France qui nous disait mais enfin nous on est maires de nos villages et de nos villes on n'a aucune idée que du fait que les gens qui viennent nous voir nous vendre nous proposer de l'argent et un agenda caché et on ne peut pas choisir et du coup avoir un rapport sain à la démocratie et à nos habitants et vous me faites une parfaite transition

15:33
Présentateur

puisqu'on va voir justement comment les maires les élus peuvent agir contre la désinformation on va dans les Yvelines bonjour Alexandra Rosetti bonjour merci beaucoup d'être avec nous vous êtes maire de voisins le bretonais vous êtes une élue très mobilisée contre la désinformation vous en avez été victime

15:47
Locuteur non identifié

oui comme beaucoup de mes collègues en fait la désinformation locale c'est un défi quotidien puisqu'il y a des sites des réseaux sociaux qu'on ne maîtrise absolument pas évidemment où on peut dire tout et n'importe quoi et aujourd'hui même sous couvert d'anonymat donc nous nous avons d'abord fait preuve un peu de pédagogie avec les habitants en décryptant la façon dont les réseaux sociaux étaient utilisés je dirais à des fins politiques puisque c'est systématiquement évidemment contre les élus en place ce qui ne serait pas un problème si ce n'était pas émaillé d'insultes et absolument pas modéré voilà ça c'est le premier travail qu'on a fait auprès des habitants dans le journal local

16:36
Présentateur

vous avez organisé ce week-end avait lieu chez vous ce week-end un festival sur le décryptage de l'info qu'est-ce qu'il en est ressorti et est-ce que la démocratie locale est également en danger face à cette désinformation assez fake news

16:53
Locuteur non identifié

oui moi je pense qu'il y a un réel danger alors la chance qu'on a eu c'était de rencontrer des chercheurs de l'université Panthéon-Assas qui participent à un programme européen qui s'appelle De Facto et donc Arnaud Mercier qui est professeur dans cette université vient à un voisin depuis quelques mois on est devenu le labo De Facto et on l'a mis en contact avec nos collèges et nos lycées donc il va avec les professeurs d'éducation aux médias et puis il teste des kits de débiaisement sur les jeunes il a également fait des conférences dans la commune par exemple sur la façon dont Trump a instrumentalisé le Brexit ou à utiliser Ebola à l'époque où le virus était sorti et nous avons voulu terminer par un point d'orgue qui était donc ce festival samedi dernier donc en fait c'est l'aboutissement de tout un travail qui a été fait localement donc nous nous avons beaucoup de chance parce que nous avons des universitaires de renom et puis eux ils ont un terrain académique assez diversifié et ils ont donc testé les jeunes avant les cours qu'on pu être donnés et après pour voir comment ils avaient évolué sur la question et en tout cas les habitants de la commune sont vraiment très intéressés par ces sujets

18:21
Présentateur

Un mot de réaction Colombre-Salle sur la mobilisation de ces élus et de cet élu particulièrement

18:26
Locuteur non identifié

Bonjour Madame la maire Moi j'ai vraiment un grand merci pour l'ensemble de ces actions j'ai découvert tout le panel d'activités que vous aviez mis en place le point d'orgue de ce week-end avec le festival Moi je trouve ça formidable que des élus se saisissent y compris à l'échelle municipale des outils pour permettre d'accompagner les futurs citoyens collégiens et lycéens mais aussi les citoyens Ce que je trouve réconfortant dans le propos que vous tenez c'est l'appétence des habitants parce que ça veut dire que les habitants de votre territoire ils ont une appétence pour la vérité et pas la post-vérité ou l'absence de vérité On voit bien à quel point on a besoin de continuer à avancer sur ce sujet à quel point on a besoin d'outiller pardon le mot n'est pas très heureux les élus locaux pour qu'ils ne soient justement pas uniquement en première ligne avec les dangers mais aussi avec les armes démocratiques et donc merci beaucoup parce que j'ai trouvé ça passionnant et ça donne surtout très envie de voir comment à l'échelle nationale on arrive à accompagner toutes ces démarches elles doivent être portées par le gouvernement on en échangeait tout à l'heure elles doivent aussi être portées localement Merci Alexandra est-ce que je peux est-ce que je peux juste ajouter il nous reste 10 secondes très très très vite puisqu'on parlait d'outils c'est qu'on lance on lance une appli qui va s'appeler je vérifie l'info et qui va permettre aux habitants de nous interpeller sur des sujets locaux et on va les faire vérifier de façon transpartisane pour que les habitants aient des faits vérifiés et vérifiables Merci beaucoup

20:06
Présentateur

merci Alexandra Ossetti maire de voisins le bretonneux d'avoir été avec nous au Colombre-Sel on va terminer évidemment en parlant de l'affaire Liana qui provoque une onde de choc dans toute la France et fait encore ce matin la une de la presse régionale on regarde trois titres la dépêche marche pour Liana les mouvants adieu plus de 6000 personnes qui étaient donc réunies hier dans le Gers dans les rues de Florence la une de Sud-Ouest à l'Ande mort de Liana des larmes et de la colère qui rappelle le journal qui rappelle la colère face au dysfonctionnement de l'Etat et puis la une du Dauphiné et cette phrase plus jamais ça des mobilisations auront lieu aujourd'hui dans plusieurs villes de France est-ce qu'on est face à un énorme scandale d'Etat c'est ce que dit ce matin le Rassemblement National

20:47
Locuteur non identifié

on est face à un énorme scandale tout court et finalement des larmes et de la colère je crois que c'est ce qui traverse bouleverse l'ensemble des Français bien au-delà de la classe politique et on a tous une pensée pour la famille de Liana mais finalement le fait de pointer les dysfonctionnements réels majeurs avérer ça met en lumière le fait qu'on est face à un énorme chantier pour arriver enfin à accompagner la parole des enfants lorsqu'ils sont victimes de violences sexuelles c'est un sujet qui est porté mais rappelons-nous au moment de la civise c'est un sujet qui est porté dans le milieu scolaire au moment de Bétharam c'est un milieu qui existe dans le champ périscolaire notamment à Paris je suis bien placée pour le savoir même si c'est bien au-delà de Paris c'est un sujet qui aujourd'hui sur le traitement des plaintes sur violences sexuelles est posée c'est pour ça que depuis des années il y a plein de gens qui se battent en disant il faut une loi intégrale sur la question des violences sexuelles parce qu'il n'y a pas des parts de marché si vous me permettez de le dire ainsi il n'y a pas les violences sexuelles contre les femmes puis à côté les violences sexuelles contre les enfants en fait on est sur un continuum de violences et donc il faut un plan d'action global enfin et le président de la république ne peut pas s'exonérer de la question des moyens en disant on a augmenté les moyens de la justice ça suffit parce qu'il en faut ailleurs aussi des moyens et il en faut beaucoup mais les questions elles se posent

22:21
Présentateur

suite au dysfonctionnement au traitement judiciaire des plaintes contre le principal suspect on va écouter ce qu'en disent les républicains François-Xavier Bellamy ce matin

22:28
Locuteur non identifié

il n'y a aucune raison qu'il y ait un système qui échappe à la responsabilité personnelle tous les français qui nous écoutent savent que s'ils font une faute ils assumeront les conséquences si vous êtes chef d'entreprise artisan commerçant vous êtes policier vous commettez une faute vous aurez à en répondre et bien il n'y a aucune raison que la justice échappe à ce principe de responsabilité et aujourd'hui le grand drame c'est qu'il n'y a jamais vraiment de sanctions les sanctions ne sont pas assez sévères aujourd'hui ?

le sujet ce n'est pas celui des sanctions le sujet aujourd'hui c'est 70 000 plaintes de violences sexuelles contre des enfants qui sont en souffrance sur 3 millions de plaintes qui sont aujourd'hui en souffrance parce qu'il n'y a pas assez de gens pour les travailler puis ensuite les instruire c'est ça le sujet mais c'est un problème de moyens parce que le chef de l'état dit que ce n'est pas uniquement un problème

23:18
Présentateur

de moyens

23:18
Locuteur non identifié

mais c'est un problème de moyens quand aujourd'hui dans les commissariats il n'y a pas assez de policiers ou de gendarmes pour travailler sur les enquêtes

23:28
Présentateur

et là on est sur un problème de moyens où on est face à des personnes qui ont sous-estimé les plaintes qui ont sous-estimé la parole d'une enfant

23:36
Locuteur non identifié

mais ce sujet là il arrive partout tout le temps sur le territoire quand des enfants doivent être entendus suite à un dépôt de plainte pour violences sexuelles et qu'on met 6 mois à entendre des enfants ce n'est pas un sujet de responsabilité individuelle c'est un sujet de personnes d'enquêteurs qui ne peuvent pas et donc il faut aujourd'hui vraiment une loi intégrale ce n'est pas uniquement un slogan des associations féministes de défense des enfants c'est le fait que tout le monde s'y mette et que ce soit enfin une priorité

24:11
Présentateur

Est-ce que juste parce qu'il nous reste très peu de temps les parlementaires vont se mobiliser est-ce qu'il faut une commission d'enquête est-ce qu'il faut des auditions de Gérald Darmanin de Gérald Darmanin de Rondunet

24:19
Locuteur non identifié

Mais bien sûr qu'il faudra une mobilisation des parlementaires comme il faudra Vous allez la porter

24:23
Présentateur

vos groupes socialistes ? Rendez-vous

24:25
Locuteur non identifié

dans les jours qui viennent mais il faudra aussi par exemple remettre la civise au centre du jeu comment se fait-il que dans ce pays il y a 3 ans tout le monde était mobilisé sur l'accompagnement des enfants qui avaient été victimes de violences et aujourd'hui ça n'existe plus

24:40
Présentateur

Merci Colombe Bruxelles Merci beaucoup d'avoir été notre invitée Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat