Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 8 novembre 2025 34 min

Shein, terres rares, commerce : les Européens à la remorque de la Chine ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

France 24 LCP public Sénap présente. Bonjour à tous. Merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe.

Cette émission qui vous est proposée par France 24 et les chaînes parlementaires LCP et Public Sénat. Nous sommes ensemble pour faire un tour de l'actualité européenne et nous avons le plaisir de recevoir cette semaine Charles Michel. Bonjour.

Bonjour. Je rappelle que vous avez été premier ministre de la Belgique de 2014 à 2019 pour le Parti libéral qui correspond au groupe Renew sur la scène européenne proche donc d'Emmanuel Macron. Et vous êtes aussi ancien président du Conseil européen remplacé l'an dernier par le portugais Antonio Costa.

Charles Michel, les chefs d'État réunis avant la COP 30, les 27 ont endossé l'objectif proposé par la Commission européenne de baisser de 90 % les émissions de gaz à effet de serre en 2040. Et puis il se fixe certes des minimas pour 2035 mais des objectifs non contraignants. Pour vous, l'Union européenne a une feuille de route assez ambitieuse dans cette nouvelle COP.

Moi je crois qu' qu'il y a pas de de doute. Nous sommes en européen extrêmement ambitieux à la fois sur les objectifs qu'il faut qu'il faut atteindre mais aussi en terme de solidarité avec les pays en développement. Il faut soutenir les capacités des pays en développement d'avoir accès aux technologies pour surmonter ensemble ce défi climatique.

Mais je comprends en réalité que les chefs d'étouvernement il fait preuve de de prudence. Ils font preuve de prudence. Pourquoi ? parce qu'ils sont échaudés par les dernières années.

Les dernières années, nous avons fixé un objectif ambitieux, le plus ambitieux dans le monde, la neutralité carbone à l'horizon 2050 pour pour l'Union européenne. Et on a bien vu que la mise en œuvre des mesures a conduit en réalité à alourdir considérablement la bureaucratie sur le dos de nos entreprises, aussi bien les petites moyennes que les grandes entreprises. Ça a handicapé la capacité de nos entreprises à innover, à se déployer.

Je pense les Étatsmembres sont aussi échaudés par la manière dont la Commission européenne propose une régulation tout à fait excessive, veut absolument tout réguler y compris parfois des sujets qui n'existent pas encore. Et donc je pense que les Étatsmembres ont présent de mettre un peu un peu d'eau froide. Donc vous êtes prolification. beaucoup veulent simplifier et notamment remettre en cause une partie des textes du fameux pacte vert qui a été adopté à la précédente mandature, la fin des ventes de voitures termite neuves en 2035 surtout pas pour les Allemands.

Par exemple, la tentative de de simplifier la responsabilité environnementale des entreprises en excluant les deux tiers de ces entreprises de leurs obligations, tout ça vous va cet agenda qui est voté par la droite et l'extrême droite quand même. Je pense que je pense que l'erreur majeure, c'est d'avoir une une obsession de la régulation et d'utiliser le changement climatique pour aggraver les régulations et les charges administratives. Je pense qu'on peut totalement concilier la l'ambition de réussir à faire reculer cette menace climatique tout en simplifiant nos régulations.

Le principe de précaution en Europe est devenu un principe de suspicion généralisé vis-à-vis de nos agriculteurs, vis-à-vis de nos entrepreneurs, les petites et mes entreprises, vis-à-vis de nos start-ups. On doit au contraire instaurer un principe de confiance dans l'innovation, de confiance dans nos entrepreneurs. Probablement vous n'avez, contrairement à moi, jamais, ouvert les rapports que l'on demande à nos entreprises en matière de développement durable.

Ce sont des centaines de pages, ce sont des charges de travail absolument colossales que l'on demande pour faire du monitoring, pour faire des rapports. Nos entreprises, je pense, il faut leur faire confiance. Elles peuvent développer les technologies nouvelles dont on a besoin pour surmonter ce défi climatique, par exemple dans le domaine énergétique, dans le domaine de l'intelligence artificielle également.

Et donc moi, je plaide pour un changement complet de paradigme en lien d'ailleurs avec le rapport de Mario Dragy. Il y a il y a un an. Pour qu'on change le paradigme, il faut des contraintes.

Non, il y a il y a il faut des objectifs et je pense que les responsables politiques doivent dire à nos acteurs économiques, nous voulons arriver à tel endroit dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, mais nous vous faisons confiance. On veut pas vous vous amener là en vous liant les mains. Donc par exemple la la neutralité technologique en matière énergétique considérer qu'en Europe on aura besoin de d'énergie nucléaire pour surmonter ce défi énergétique, ça me paraît indispensable.

On voit bien que encore une fois les bureaucrates européens, certains d'entre eux en tout cas sont hésitants, tergiveres. On comprend que vous êtes plutôt pronucérire. Cher Michel, nous vous proposons maintenant quelques brèves d'Europe qui ont retenu notre attention ou plus exactement celle d'Oyana almando pour aborder la COP 30, les 27 sont parvenus à un objectif non contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

À l'horizon 2035, elles devront se situer entre - 66 et -72 % par rapport au niveau de 1990. D'ici 2040, ils s'engagent entre eux à un objectif contraignant supplémentaire : réduire de 90 % leur CO2 mais avec des flexibilité car les pays peuvent acheter 5 % de crédit carbone hors de lieu pour rester dans les clos. Un accord destiné à emporter l'adhésion des réticents comme la Pologne et l'Italie mais qui déçoit les ONG de lutte contre le réchauffement.

L'UE pourrait accueillir de nouveaux membres d'ici à 2030. La commission salue l'avancée des réformes menées par le Montenegro, l'Albanie et la Moldavie, mais considère que la Serbie a pris du retard et que la Geéorgie montre un grave recul démocratique. L'Ukraine, elle est en bonne voie pour rejoindre l'Union.

Selon la commissaire à l'élargissement Marth Kos. Il sera essentiel de maintenir ce cap et d'éviter tout risque de recul, en particulier en matière de lutte contre la corruption. Victor Orban a immédiatement réaffirmé son opposition à l'avancée de l'Ukraine vers le club européen.

Un an déjà depuis la réélection de Donald Trump à la tête des États-Unis, il commence son mandat sur ses mots. L'Union européenne est très mauvaise pour nous. Il nous traite très mal.

Il lance alors une guerre commerciale augmentant les droits de douanes sur les exportations européennes à présent majoritairement taxé à hauteur de 15 %. En matière de défense, il demande aux membres de l'OTAN d'augmenter leur budget à 5 % de leur PIB contre 2 % aujourd'hui et souffle le chaud et le froid sur son engagement en Ukraine. Proche des leaders de droit radical Victor Orban en Hongrie et Georgia Meloni en Italie, il semble vouloir diviser les Européens pour mieux régner.

Charles Michel, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump outreatlantique bilan de ce premier anniversaire de ce côté de l'Atlantique. L'Union européenne ces derniers mois a manqué de vigueur dans la défense des intérêts européens. manqué de vigueur dans les efforts d'émancipation par rapport aux États-Unis.

Il a manqué de de vigueur en terme de réforme nécessaire pour plus de compétitivité, pour renforcer la base économique. Souvenez que Mario Dragui a a diffusé un rapport très important il y a 1 an maintenant avec peu d'effets. Malheureusement 20 % à peine qu'on a mis finalement, c'est probablement même un chiffre optimiste par rapport à la réalité.

Euh 2e élément euh cette arrivée de Donald Trump ou ce retour de Donald Trump aux responsabilités en plus de la guerre déclenchée par la Russie contre l'Ukraine doit être à mon avis un un radio réveil euh pour l'ensemble des Européens qui avaient sans doute besoin euh de voir cette réalité en face. On a besoin de plus de souveraineté européenne. On a besoin d'investir dans la sécurité et la défense en plus des efforts nécessaires pour consolider notre base économique.

En attendant, Donald Trump a négocié 15 % de tarifs doués avec la Commission européenne et il incite d'ailleurs les entreprises à se relocaliser aux États-Unis. Pour un libéral comme vous, j'ai envie de dire cher Michel, c'est la fin du libre échange qui est en train de sonner. Moi je ne crois pas que ce soit la fin Moi je ne crois pas que ce soit la fin du du libre échange.

On doit défendre avec vigueur nos intérêts. Il est tout à fait regrettable d'observer la la résignation de la Commission européenne qui a accepté sans utiliser les leviers dont nous disposons de se faire imposer des tarifs qui sont pénalisants. J'ajoute que l'Union européenne aujourd'hui est la région dans le monde qui est la plus ambitieuse en terme de protection sociale et cela un impact en terme de coût du travail pour nos entreprises.

Nous sommes la région dans le monde la plus ambitieuse en terme de standards environnementaux et ça un coûte pour nos entreprises en terme de compétitivité. Et aujourd'hui, on voit également qu'en matière énergétique, on a des des défis qui sont essentiels pour les industries européennes à Forcieriorie avec cette guerre qui a été déclenchée par la Russie contre l'Ukraine. Et on voit que les États-Unis saisissent cette occasion pour non seulement presser les Européens en augmentant des tarifs commerciaux d'une part, mais également en forçant les Européens à se soumettre à la domination énergétique des États-Unis aujourd'hui.

Et donc, il est vrai que ça doit susciter des débats démocratiques au sein des des Étatsmembres. Et je ne vous étonnerai pas, il y a eu sous ma response. Précisément en lien avec ce que je considérais à l'époque comme un manque d'ambition de la Commission européenne dans sa relation avec les États-Unis et avec le reste du monde.

Et malheureusement, les faits aujourd'hui me donne raison et c'est et c'est malheureux parce que ce sont les Européens qui payent la facture d'une Commission européenne qui manque de courage sur le plan international. Là, vous parlez des droits de douane, mais sur un autre sujet précisément, la commission venderle propose un mur de drone et là, les chefs d'État et de gouvernement estime qu'elle sort de son rôle en s'occupant de la défense. Vous avez d'ailleurs régulièrement critiqué cette présidente pour sa centralisation de pouvoir.

Qu'en est-il là ? Il y a deux choses différentes. D'une part, la Commission européenne a mis beaucoup de temps, beaucoup trop de temps avant de venir a des propositions industrielles de financement de l'industrie européenne.

Parce qu'en réalité, pour des calculs liés aux élections européennes sont intervenues maintenant il y a plus de 1 an, la Commission ne voulait pas s'exposer. C'est regrettable. Par contre, il est tout à fait exact qu'en terme de de défense, de sécurité, de défense, je ne parle pas du volet industriel qui est lié bien entendu, ce sont les chefs d'État et de gouvernement qui ont la responsabilité et la Commission européenne n'a évidemment pas la légitimité démocratique pour s'occuper des questions de paix et de sécurité.

Elle a étendu finalement ses compétences par exemple sur les questions de santé au moment du Covid sur avec l'aval des Étatsmembres qui ont demandé à la Commission européenne d'être impliqué par exemple pour soutenir le développement des vaccins et pour veiller à ce que tous les États de l'Union européenne aient un accès égal au vaccin. Mais ces sujets interinstitutionnels sont peut-être secondaires. Le plus le plus essentiel aujourd'hui c'est comment l'Union européenne comme entité politique est à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés.

Euh les générations qui nous ont précédé en Europe ont beaucoup bénéficié du projet européen en terme de paix, en terme de protection des libertés. Ont vu ce projet européen comme une évidence après les tragédies du siècle passé. Et aujourd'hui, le sujet pour notre génération, c'est comment on transmet à nos enfants euh un continent européen qui est stable, qui est prospère et qui offre des opportunités.

Alors pour cela, il y a des décisions courageuses à prendre aujourd'hui aprèsin ou alors précisément je rappelle que vous avez été ancien premier ministre belge et c'est la Belgique qui oppose son vétof de toucher aux avoirs russes gelés pour garantir un prêt de réparation à l'Ukraine. Aujourd'hui, la chambre Euroclir basée en Belgique détient 193 milliards d'euros de ces actifs ruches gelés. Est-ce que vous comprenez les réticences du gouvernement de Barbe de Vers ?

C'est un sujet que je connais bien parce que j'ai traité ce sujet et lorsque j'étais président du Conseil européen, nous avons pris des décisions ensemble pour prendre les revenus, donc les intérêts générés par ce capital, par ces avoirs russes gelés. Le premier ministre belge, je ne suis pas son porte-parole naturellement, le premistre belge a raison, je pense, d'attirer l'attention sur un certain nombre d'enjeux. En particulier, il est important quand l'Union européenne prend des décisions, que cette décision soit conforme au droits international.

On peut pas appliquer des doubles standards. Si on veut le respect du droit international par tout le monde dans le monde, il faut commencer par nous-même respecter le droit international. Lorsque l'on prélève ces ces capitaux, on perd un levier de négociation pour la suite.

Ces capitaux qui ont été prélu ne pourront plus être utilisés le moment venu lorsqu'il y aura, je l'espère, incesté le feu et de et de sérieux pour parler de paix. Par conséquent, les arguments du prement être pris en considération de manière rationnelle et en même temps, l'Ukraine a besoin d'argent frais tout de suite pour faire marcher son industrial. Il est certain et oui, il faut donner massivement des moyens à l'Ukraine financier, militaire et politique.

Est-ce qu'il faut le faire par ce par ce biais là ? Il faut bien mesurer que quand on suit ce cheminlà, sans avoir des garanties strictes en terme de droit international, on prend le risque que l'Union européenne perde une grande crédibilité face au reste du monde, à l'Afrique, au pays de l'Indo- Pacifique, à l'Amérique latine. Si nous donnons l'impression d'appliquer des doubles standards d'une part, la Belgique qui perd des investisseurs et on absolument pas parce qu'en réalité, quel est l'enjeu ?

Ça c'est bien au-delà de la Belgique. Je pense que c'est la question de l'euro qui est en jeu aussi. C'est la confiance qui est donnée pour ceux qui investissent euh dans notre monnaie commune qui est l'euro.

Et donc il y a effectivement un impact particulier en Belgique et c'est normal qu'il y a par conséquent une solidarité de de l'Europe et je fais confiance au Conseil européens aux 27 chefs d'état de gouvernement pour dans les semaines et les mois qui viennent prendre des décisions rationnelles sur ce sujet. Charles Michel des drones qui survolent les États-membres. Vladimir Poutine qui fait des essais de missile brutalement.

Est-ce que les Russes sont en train de tester les limites de notre solidarité euh justement en matière militaire ? C'est absolument certain que il y a une démarche de la de la Russie qui vise maintenant en plus de la guerre d'agression contre l'Ukraine à tester la solidité de l'Union européenne et la solidité de l'alliance transatlantique et à vérifier si cette ce fameux article 5 du traité de l'OTAN, cette clause tous pour un un pour tous cette clause de solidarité si cette clause est solide et robuste ou pas. et notre response est satisfaisante.

Je pense que du point de vue européen euh il est il est il est salutaire de voir les leaders européens très unis et c'est plutôt plutôt un élément qui me rend optimiste du point de vue européen. Par contre, sur le plan du lien entre les États-Unis et l'Union européenne, ça doit nous amener à être lucide. On voit bien que cette alliance transatlantique qui nous tient à cœur et qui a apporté beaucoup de bénéfices est aujourd'hui remise en cause pas par les Européens et remise en cause par les États-Unis.

Et moi, je suis frappé de voir ce que j'appelle le retard cognitif, c'est-à-dire la situation où un certain nombre d'Européens a commencé par la Commission européenne et sa présidente voi une situation, n'aime pas la situation telle qu'il la voit et par conséquent sont dans une espèce de de déni et mettent trop de temps pour résister à la manière dont les États-Unis ne nous traitent pas bien. Pour le moment, les projets industriels sont sur la table. Il y a des projets très avancés en matière de d'avions de combat européen, en matière de drone européens.

Mais que manque-t-il aujourd'hui ? Il manque l'arbitrage politique en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, en Turquie pour considérer il y a quelques projets industriel majeur, nous allons mobiliser des moyens. Je pense qu'en quelques années, on peut changer de paradigme industriel sur le plan européen et avoir effectivement une défense européenne de plus en plus en situation d'apporter les capacités militaires dont on a besoin pour être respecté davantage sur le plan géopolitique.

Les USA et la Chine qui négocient une trêve commerciale notamment sur les droits de douane terres rares bien sûr les semi-conducteurs, l'Union européenne écartée du jeu. Ça me rend triste parce que je pense que l'Union européenne a de grandes capacités. Je pense que les dernières années, que ce soit au moment du Covid, au moment de la fixation d'objectifs ambitieux sur le plan climatique, en matière aussi de réaction dans les mois qui ont suivi la la guerre contre l'Ukraine, l'Union européenne a agi avec unité, avec détermination et avec une certaine consistance.

Aujourd'hui, je vois une espèce d'effondrement euh face aux États-Unis et c'est une claque parce que je sais moi je pense que on on est on est en réalité instrumentalisé par les États-Unis qui utilisent l'Union européenne dans leur compétition, leur combat contre la Chine. Et il y a que deux options. Les faits le montrent aujourd'hui.

Soit à un moment donné cette compétition Chine et États-Unis escalade à un point qu'il y a un conflit grave dont nous pons les conséquences aussi comme le reste du monde. Soit il y a un accord entre la Chine et les États-Unis et nous payerons également les conséquences et par conséquent je sais pas ce qu'il faut de plus un certain nombre de leaders européens pour comprendre qu'on doit développer une stratégie européenne fondée sur notre nos propres intérêts. On a des différences avec la Chine tout à fait majeure.

On n pas le même système politique. On a des différences en terme de de droits de l'homme, en terme de principe démocratiques. Mais on a un centre de chemin sur les sujets globaux comme le climat par exemple où on doit être engagé avec la Chine.

Je vois que la Chine par exemple en matière de climat investit beaucoup et met en place la tarification du carbone, ce qui est le même modèle que nous avons mis en place sur le plan européen. Les États-Unis ne font pas ça. Aujourd'hui, nous sommes trop dépendants de la Chine pour certaines chaînes d'approvisionnement.

C'est une fragilité européenne. On doit donc parler engager politiquement, diplomatiquement en étant précis avec les autorités chinoises en disant "Vous voulez un accès au marché intérieur parce c'est important et c'est vital pour votre propre économie le marché le marché intérieur européen." Mais nous avons aussi des prétentions nous européennes.

Négoons dure mais négoons pour trouver des compromis et pas simplement se comporter en instrument des États-Unis dans leur compétition avec la Chine. Moi je suis assez assez désolé, assz assez malheureux de de ce manque d'ambition. Merci monsieur Michel d'avoir été en notre compagnie aujourd'hui.

Merci à vous de nous avoir suivi. Euh nous allons tout de suite vous proposer le débat. Ça se passe au Parlement européen entre députés européens avec nos confrères des chaînes parlementaires.

Bienvenue au Parlement européen à Bruxelles, dans la capitale européenne. On a assisté en spectateur à la rencontre et aux négociations entre les présidents américains Donald Trump et Chinois Sigjin Ping. Ils se sont mis d'accord sur un deal qui éloigne la perspective d'une guerre commerciale, mais ça n'est pas nécessairement totalement favorable aux Européens.

Alors que nous sommes son premier partenaire commercial, la Chine ne partage pas nos analyses géopolitiques. Elle soutient la Russie contre l'Ukraine, détournant même les sanctions pétrolières contre la Russie. Elle tente aussi de séduire l'Afrique et l'Amérique latine ainsi que certains pays européens au dépend de l'Union européenne en tant que telle.

Mais Pékin est même allé plus loin en menaçant directement nos économies en annonçant début octobre qu'elle durcissait le ton sur les terres rares. Ces métaux indispensables à nos industries. Dans ces conditions, l'Union européenne a accueilli avec un ouf de soulagement la levée de ses restrictions à l'issue de la rencontre entre Donald Trump et Shijingping.

Espérant aussi en bénéficier. Globalement, nos économies subissent l'afflux massif des produits chinois et un dumping intensif sur de sa force. Pékin ouvre même la porte à un accord de libre échange avec les Européens.

À leur lieu, a-t-elle encore les moyens de reprendre son indépendance vis-à-vis de la Chine ? Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui Sandro Godzi. Bonjour.

Eurodéputé d'origine italienne en France sous l'étiquette Macroniste Renew. Et puis vous êtes en face de votre collègue, elle aussi eurodéputée belge, Estelle Cullemans pour les socialistes. Écoutons tout de suite l'homme qui dit avoir sauvé l'Europe de la pénurie des terres rares.

Cette rencontre a été un grand succès. Tout le problème des terres rares a été réglé et ça vaut pour le monde entier. Cet obstacle avec la Chine a maintenant disparu.

Il n'y a plus aucun obstacle. Il s'agit d'un accord d'un an et nous le prolongerons après un an. Cet accord, je pense, sera très régulièrement prolongé au fil du temps.

Sandro Godzi, c'est Donald Trump qui négocie pour nous un délai de grâce d'un an pour accéder au terre rare. C'est un peu humiliant quand même, non ? Les États-Unis se trompent avec la Chine depuis l'époque de Nixon.

Euh, ils ont ils avaient ouvert une première fois politiquement avec Nixon et Kinsinger en pensant que la Chine aurait pu être un allié contre l'URSS. Ils ont ouvert leur marché et notre marché et l'accès à l'Organisation mondiale du commerce avec Clinton en pensant que ils allaient évoluer vers la démocratie. et Trump s'est déjà trompé une fois il y a quelques années quand il il a fait un premier accord avec la Chine.

Donc je crois pas que il faut suivre nécessairement les États-Unis dans leur mauvaise analyse avec la Chine. Il est clair que la Chine pour nous c'est un partenaire indispensable mais c'est aussi un RVA systémique et nous devons utiliser les instruments dont nous sommes dotés pour avoir un commerce équitable et surtout protectur de nos intérêts avec Pékin que nous décidons pas que qu' soit décidé par les présidents des États-Unis et Colem on a vu le commissaire européen au commerce he se féliciter de cet accord et même en faire l'exégèesse pour rassurer les Européens et dire qu'ils étaient bien selon lui concernés par ce que Trump avait obtenu Il faut se réjouir ou pleurer de notre impuissance ? Alors de un, je suis heureuse d'entendre les déclarations effectivement de notre commissaire euh monsieur Séjourna parce que moi j'ai pas du tout la garantie que que cet accord va concerner euh l'Europe.

Or, comme vous l'avez dit, l'accès à cette rar est un enjeu essentiel pour avoir finalement pouvoir développer aussi des technologies, des technologies propres et des technologies digitales ici au niveau européen pour créer de l'emploi, pour avoir ce qu'on a appelé d'ailleurs ce l'enjeu dont on s'est vraiment rendu compte au moment du Covid, c'était cette autonomie stratégique dont nous avons besoin aussi pour être des partenaires à part entière, tant des États-Unis que de la Chine sur le plan commercial. Donc moi, je suis pas du tout rassuré parce que on sait qu'on est extrêmement dépendant de la Chine par rapport à l'abordation de cette terre rar puisque je pense que pour l'Europe, on nous en être bisous. En tout cas, nous nous sommes les principaux consommateurs au niveau de la Chine. 99 % en tout cas de cetera viennent de Chine pour nous.

Voilà. Donc on voit monsieur monsieur Trump une fois de plus par AD avoir un accord à la Hussarde. C'est ça c'est ça c'est sa manière de faire.

Mais moi, je suis pas rassuré du tout. Mais alors c'est quand même assez paradoxal. On veut notre autonomie stratégique sur la défense par exemple et il se trouve qu'on a besoin précisément des terres rares dont la Chine contrôle 60 % de l'extraction, 90 % du raffinage, 94 % de la production des MS permanents.

Donc pour notre industrie en fait et pour qu'elle soit plus euh autonome, on dépend quand même beaucoup trop de la Chine. Oui, des c'est les mot rares euh induit à des malentendus parce qu'elles sont pas rares et et simplement il faut commencer à les extraire ou à les emporter d'autres parties du monde par rapport avec la Chine. avec les l'acte sur les ménarilles critiques et les ter les critical raw material de 2024 sur lequel terry Breton avait beaucoup travaillé, on a décidé d'avoir un minimum de 10 % de terrar extraites en Europe et de diversifier à travers des nouveaux accords commerciaux, de nouveaux pactes la la l'importation des terrares des pays autres que la Chine.

ça la voie pour arriver à cette autonomie stratégique que nous voulons et que ça elle doit être suivie par des faits concrets. L'automie stratégique doit être une indépendance réelle. On vous avait parlé de cette première initiative de la commission mais Ursula Vleyen a fait de nouvelles annonces il y a quelques jours.

La présidente de la Commission européenne qui annonce un nouveau plan. Donc est-ce que le premier était vraiment efficace pour sortir lieu de cette dépendance ? l'écoute.

Plus de 90 % de notre consommation d'aim composé de terre rare vient de Chine. Notre réponse doit être à la hauteur des risques auxquels nous faisons face dans ce secteur. C'est pourquoi j'annonce aujourd'hui que nous travaillons sur un nouveau plan baptisé Resource EU.

Le but est de sécuriser l'accès à des sources alternatives pour les terres rares dans le court, le moyen et le long terme pour nos industries. Alors Sandro Godzi, l'Union européenne a la capacité de retrouver cette indépendance pour vous. Oui, notamment au niveau commercial.

Je crois qu'au niveau commercial, ben ce sont des défis difficiles, mais au niveau commercial, ça devrait être moins difficile et ça devrait aller plus vite que dans le domaine de la défense et la sécurité. Nous avons une politique commerciale qui est compétence exclusive de l'Union européenne. Donc nous pouvons parler d'une seule voix dans le domaine commercial.

Nous avons les marchés les plus attractifs du monde et donc ce sont deux outils et deux atouts que nous devons pleinement exploiter pour faire ce que la président de la Commission européenne a justement indiqué différencié par c'est que vous savez aujourd'hui on se retrouve vis-à-vis des terres rares et et la Chine dans la situation don dans dans laquelle certains pays européens s'est trouvé pour les gaz russes avant la guerre en Ukraine et une dépendance qui était une erreur stratégique fondamentale. On a réussi à devenir un peu plus indépendant de la Russie d'Algaz. Nous devons faire exactement la même chose sur les terras vis-à-vis de la Chine.

Mais sur le volet commercialement, c'est plutôt une invasion de produits chinois pour l'instant à laquelle on assiste. Le déficit commercial ne cesse de se creuser entre l'UE et la Chine 300 milliards d'euros hein l'an passé. Les exportations chinoises sont de plus en plus nombreuses du fait aussi des négociations avec Trump, du fait que le marché américain se soit fermé.

C'est un afflu massif et un dumping dramatique pour les emplois européens. Alors avant de répondre à votre question, je vais quand même me permettre de revenir sur la question et l'enjeu des terrares. Il y a peut-être aussi un enjeu intraeuropéen outre l'extraction dont on sait évidemment qu'elle sera problématique au niveau environnemental.

Il y a la question du recyclage et de l'économie circulaire. C'est peut-être le premier enjeu et puis qui d'ailleurs va créer de l'emploi au niveau européen. Donc d'abord recyclons les les métaux, les terres rare ici au niveau européen avant d'aller en chercher ailleurs.

Premier premier élément sur le sur le commerce. Bah oui, évidemment c'est depuis le début des des années 2000, on se dit avec notre notre approche de consommation, c'est bien. Tout ce qui vient de la tout ce qui vient de la Chine se fait à Bakou.

Pour le consommateur, c'est une bonne chose et on on constate aujourd'hui malheureusement que ça non seulement déstabilise au niveau macroéconomique mais au niveau microéconomique toutes nos économies. Alors au niveau macroéconomique par exemple, bah commençons par l'acier hein. On sait qu'évidemment l'acier chinois d'ailleurs bénéficiant d'aide d'état énorme en Chine a déferlé ici a des a détruit des centaines enfin en tout cas 100000 emplois entre 2008 et 2023 au niveau européen.

On le voit par rapport, on en parlera peut-être tout à l'heure, par rapport à l'habillement, on le voit par rapport aux technologies. Et donc non seulement au niveau macroéconomique, il y a il y a il y a a il y a vraiment des déséquilibres très importants et puis comme vous le dites au niveau microéconomique puisque de plus en plus chacun d'entre nous derrière son ordinateur ou sa tablette consomme à bas prix, fait venir du e-commerce et on voit effectivement une une déferlante de produits qui par ailleurs bah non seulement sont produits sans respect de normes sociales environnementales des droits humains en Chine en particulier mais qui en plus ici ne respecte pas souvent les normes européennes en matière de sécurité. Alors en France, c'est le feuilleton de la plateforme Chine, la Fastfashion chinoise.

Le gouvernement a suspendu cette plateforme après la découverte de la vente de poupée pédo pornographique sur son site. Et alors qu'elle s'installe au cœur de Paris dans le très prestigieux BHV, elle installe un premier magasin européen. La plateforme a donc suspendu temporairement ses vendeurs tiers.

La France qui veut aussi taxer les petits colis, peut-être à hauteur de 2 € par petit colis. Est-ce que l'Europe a peur en ce qui la concerne de s'en prendre à la Chine ? Je je ne crois pas qu' qu'on est peur de la Chine.

Je crois qu'on a été naïf avec la Chine. C'est pas une question de pair, c'est une question du du fait que on a pensé que naturellement en faisant du commerce avec la Chine, la Chine aurait évolué, aurait respecté de plus en plus nos règles, aur même évolué du point de vue du système démocratique. C'était l'illusion qui a accompagné l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce.

Nous avons maintenant les instruments. Tout d'abord, finalement, on a introduit un mot et un instrument qui s'appelle réciprocité. J'étais un des premiers quand j'étais au gouvernement à soulever cette question des réciprocités.

C'était un moin interdit à l'époque avec la Commission européenne. Maintenant, on a des instruments pour rééquilibrer les relations commerciales quand elles se font en violation de nos standards, de nos règles sociales, de nos règles environnementales, de nos règles de sécurité des produits. Nous devons les appliquer sur la question des Chines et les poupées pédoponraphiques.

Il y a des lois pénales en France qu'on doit appliquer et et on doit les faire très rapidement. Donc maintenant, il s'agit d'être moins naïf et d'utiliser les instruments anticorestion antiamping que nous avons pour rééquilibrer la relation avec la les Chinois. Et celle que le mention au niveau européen sur cette affaire Chine.

Est-ce qu'on a des outils aussi pour pour contrer cette offensive et des pratiques en partie illégale ? Donc c'est effectivement fou que euh on assiste aujourd'hui euh en les les bras grands ouverts à l'ouverture d'un de d'un magasin euh de la part d'un opérateur qui effectivement est en contradiction avec toutes nos valeurs européennes et même en contravention par rapport à nos réglementations européennes. C'est c'est quand même effectivement relativement hallucinant.

Euh et donc quels sont les outils ? C'est évidemment au niveau européen qu'on doit pouvoir lutter contre la Fast fashion comme on appelle ça et donc réguler tout ça. Pour le moment, la seule bonne expérience est en France où il y a un projet de loi pour réguler cette fast fashion parce que Chine, on le sait, donc non seulement inonde l'Europe de produits qui, comme on l'a dit, ne respecte pas la la sécurité, mais ne respecte pas non plus la question des droits humains et des droits sociaux.

Les la t sur les petits colis, vous êtes pour par exemple ? Et bien, je pense qu'on doit effectivement y réfléchir d'une manière ou d'une autre. Il faudra à un moment donné que chacun joue dans le même dans dans le même jeu et dans le même espace de jeu.

Le problème c'est qu'effectivement eux non seulement n'ont pas ne respectent pas les aspects démocratiques, ne respectent pas les droits humains, ne respectent pas on recourt au travail forcé. Il faut savoir qu'en Chine ces produits sont produits avec des des des travailleurs et des travailleuses qui travaillent 18h par jour, 6 à 7 jours par semaine, peu payé. Il y a même il y a même du travail forcé.

C'est aussi une des raisons, c'est un des gros enjeux. Nous aurons la semaine prochaine d'ailleurs un vote ici au sein de ce Parlement européen sur ce qu'on appelle le devoir de vigilance. Ça a l'air très abstrait mais c'est justement faire en sorte que des opérateurs présents ici, Chine d'ailleurs aujourd'hui en France, mais respectent les droits humains, les droits sociaux et les droits environnementaux.

Pas de travail forcé, pas de travail des enfants tout au long de la chaîne de sous-t-itance. Et c'est malheureusement à ça que l'Europe est en train de se résigner aujourd'hui et de de supprimer. Alors, les deux présidents chinois et américains, Sandre Godzi, ont parlé aussi euh au-delà au-delà de l'économie du dossier ukrainien.

En les en l'absence des Européens, les Chinois qui ne soutiennent pas l'Ukraine et qui même euh soutiennent la Russie euh en plus achètent peu cher leur pétrole. Euh comment est-ce que on on espère un jour les rallier à notre vision ? Les Chinois euh sont des alliés de Poutine et de la Russie et ils sont des alliés de la Russie parce que comme nous, il voi à moyen terme la faiblesse croissante des Russes.

Il pense de pouvoir euh garder euh transformer la Russie dans un des sujets de la de la sphère d'influence chinoise. Donc ça c'est carrément la clairement la stratégie la stratégie chinois chinoise. A c'est incompréhensible par contre la stratégie de Donald Trump parce que Donald Trump il pense que la Chine il est obsédé à Washington sont obsédés par la compétition avec la Chine.

Ils ont raison la Chine est en danger. Mais je crois pas pourquoi pour aborder la compétition avec la Chine, ils ont commencé par taper sur leur alliés historiques. Nous les Européens ils auraient dû faire exactement les contraires.

Mais ça s'explique, c'est j'ai dit que c'est incompréhensible mais ça s'explique. Nous sommes l'Union européenne un obstacle dans la dans l'application de la stratégie impériale de Trump. Trump veut réorganiser le monde autour des logiques impériales, ce qui conviennent parfaitement à Poutine, ce qui convient parfaitement aux Chinois qui ont un esprit des dominateurs et l'Union européenne qui est la forme des multilatéralismes plus avancés, plus démocratique est un obstacle dans stratégie.

C'est pour cela que Trump essaie de négocier sur l'Ukraine avec les Russes en nous, de négocier sur l'Ukraine avec les Chinois sans nous. Et c'est pour cela que nous devons nous doter de cette puissance aussi militaire européenne pour compter pour pèser sur les nouveaux grands enjeux globaux. Et ça commence un mot de la fin sur cette annonce.

Ce mardi 4 novembre par la voix de son ministre des affaires étrangères, la Chine s'est déclaré prête à négocier et signer un accord de libre échange avec le lieu. C'est rééaliste, l'Europe serait nécessairement perdante. Alors si effectivement on négocie pour le moment avec un pays comme la Chine un accord de libre échange et on le voit à quelles conditions sur les les sur sur sur les sur les aspects sociaux-environnementaux, je pense que nous sommes effectivement perdants et c'est extrêmement dangereux.

Euh et ce qui était dit tout à l'heure, on on est très clair. Non seulement effectivement Trump a des tendances impérialistes, mais il n'y a pas que Trump. La Chine l'est aussi.

Il suffit de voir aussi sa politique et son attitude dans des pays pour avoir accès notamment au métau rar comme l'Afrique. Il suffit de voir aussi comment sur par exemple la production de fibre optique essentielle aussi pour nos technologies il il s'implantent en Égypte pour avoir des droits de douanes moins moins importants pour une exporter vers l'Europe. Et donc voilà, on ce sera effectivement très très dangereux et à nouveau très très naïf de conclure un tel accord perdant perdant forcément si on négocie avec la Chine ça ça dépend de nous, ça dépend de notre volonté.

Certes, si on négocia avec la Chine comme nous avons négocié avec les États-Unis en Écosse, ils vut mieux ne pas commencer à négocier. [rires] Merci à tous les deux d'avoir bien illustré justement le paradoxe, les paradoxes de nos relations avec la Chine. Merci à vous.

Merci Caroline et bonne suite de programme sur nos chaînes. [musique]

Shein, terres rares, commerce : les Européens à la remorque de la Chine ? — Sandro Gozi · Pourquijevote