LA FOLIE NUCLÉAIRE DE MACRON
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'objectif numéro un c’est faire émerger en France d’ici 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille, innovants avec une meilleure gestion des déchets. Pourquoi faire plus d’électricité ? Pourquoi faire plus de consommation ?
Pourquoi faire ? Si on veut réussir la transition écologique, eh bien, on a absolument besoin de cette part de nucléaire. Il laisse dans la loi aujourd’hui la fermeture de quatorze ou quinze centrales nucléaires françaises.
Elles ne fermeront pas. Arrêtez de mentir. Le plan pour l’innovation d’Emmanuel Macron, le retour de Xavier Bertrand dans la famille des Républicains et le nouveau parti d’Édouard Philippe.
On en parle tout de suite dans le numéro 19 d’Un Bourbon Sinon Rien. Quand on est président de la République et que l’on veut convaincre l’électeur de reconduire le bail, le mieux, c’est de lui parler de l’avenir. Emmanuel Macron n’a pas dérogé à la règle.
Mardi, il a évoqué sa vision de la France en 2030. Une France à la pointe de l’innovation. L’innovation est une source de solutions pour mieux vivre, pour projeter une nation, un continent et peut-être le monde entier vers des solutions qui sont bonnes pour l'humanité mais que, en quelque sorte, les contraintes de l’innovation jusqu’à présent dans lesquelles on vivait, sont en train de changer, par une forme d’accélération, une compression du temps, d’accumulation des moyens qui peuvent être mis à un moment donné si on considère que cette innovation est une innovation qui peut tout changer.
Et à ce moment-là, c’est assez simple, vous êtes dedans, vous êtes dehors. Le propos est un peu fumeux, mais bon. Plus intéressant est le plan qui l’accompagne : 30 milliards d’euros sur cinq ans pour développer la compétitivité industrielle et les technologies d’avenir en France : la filière hydrogène, la mobilité propre, les biomédicaments, les composants électroniques, la robotique, l’exploration des fonds marins et de l’espace… Bref, la start-up nation est de retour.
Vous l’avez compris, amis électeurs, il fera bon vivre dans notre pays dans quelques années. Surtout si notre bien-aimé président est reconduit. Mais ce festival de promesses peine naturellement à convaincre l’opposition : Ce qui est tout à fait intéressant, c’est de voir à quel point le candidat Emmanuel Macron est sévère à l’endroit du bilan du président Macron.
Parce qu’en fait il a dressé la liste de tout ce qu’il n’a pas fait. C’est beaucoup d’effets d’annonces électorales, c’est beaucoup d’enrobage pour finalement proposer quelque chose qui va correspondre globalement aux sommes investies chaque année en rythme normal, voilà. Chaque année la France investit quand même, à mon avis pas assez, mais entre 3 et 6 milliards d’euros.
Ce plan va proposer de faire la même chose. Donc ce n’est en rien une nouveauté. Le plan France 2030 affiche des ambitions écologistes.
En réalité, l’air de rien, il revient sur les avancées législatives de ces dernières années. Votée en 2015, la loi sur la transition énergétique prévoyait de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 %. Et ce dès 2025.
En 2018, Édouard Philippe a repoussé cette échéance à 2035. Depuis mardi, il n’est plus question de réduire la part du nucléaire, mais au contraire de l’augmenter. La France va en effet construire des petits réacteurs nucléaires.
L’objectif numéro un, c’est faire émerger en France d’ici 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille, innovants, avec une meilleure gestion des déchets. Et nous devons absolument nous préparer à des technologies de rupture et de transformation profonde sur le nucléaire. La promesse de ce qu’on appelle les “small modular reactors”, qui sont les petits réacteurs beaucoup plus modernes et beaucoup plus sûrs.
Parce que la sûreté est un point clé du débat sur le nucléaire. Un milliard d’euros sera consacré à ce développement. Ce virage, pour ne pas dire ce reniement, la Macronie l’assume complètement.
Le nucléaire, c’est un choix politique très clair de notre part. Là où dans beaucoup de familles politiques françaises, il y a, notamment chez les Verts, notamment à gauche, une volonté de sortir du nucléaire, nous réaffirmons la stratégie nucléaire française. On voit qu’aujourd’hui, c’est une source qui nous permet d’être indépendants, d’être souverains et d’avoir l’électricité parmi la moins chère d’Europe.
Si on veut réussir la transition écologique, on a absolument besoin de cette part de nucléaire. Du côté des écologistes, c’est la consternation : Le danger, moi je suis toujours très inquiet quand le nucléaire prolifère d’une manière ou d’une autre. Donc je le critique.
Mais ce que je critique, c’est la pensée profonde de cette majorité derrière Emmanuel Macron d’être dans des réponses technologiques et non dans des réflexions. Pourquoi faire ? Pourquoi faire plus d'électricité ?
Pourquoi faire plus de consommation ? Pourquoi faire ? Quant à ceux qui ne sont pas hostiles au nucléaire, l’hypocrisie de la posture présidentielle les révolte : Il y a juste une petite chose, c’est que monsieur Macron, il a laissé fermer Fessenheim alors que ce n’était pas nécessaire, et il laisse dans la loi aujourd’hui la fermeture de quatorze ou quinze centrales nucléaires françaises.
Elles ne fermeront pas, arrêtez de mentir. Un petit milliard pour des petites centrales ? Ça veut dire quoi ?
Alors que vous maintenez dans la loi, c’est la loi qu’avait voulu madame Royal qui a été marginalement corrigée par cette majorité, vous maintenez dans la loi le fait qu’on va fermer les centrales nucléaires. Bah ce n’est pas vrai. Pourquoi vous cherchez à en rouvrir alors qu’en fait vous mettez dans la loi qu’il faut en fermer ?
Ayez le courage de dire, même si vous draguez les écologistes, même si vous voulez faire le champion de l’illusionnisme, ayez le courage de dire : “Nous avons besoin des centrales nucléaires”. Emmanuel Macron n’a que de l’illusion à vendre. Cette modernité affichée ne saurait faire oublier son bilan, celui d’un président qui a laissé la mondialisation dépecer l’industrie nationale, au point que le pays s’est retrouvé désarmé pendant la crise sanitaire.
Comme visionnaire, on fait mieux. C’était lundi soir sur le plateau du 20 heures de TF1. Le retour de l’enfant prodigue, version Les Républicains : Allez-vous passer par le congrès de LR qui aura lieu on le rappelle le 4 décembre prochain ?
Est-ce que vous allez vous soumettre au vote des militants ? Oui, je participerai à ce congrès. Parce que les Républicains ont écarté la primaire.
J’avais dit mon opposition à la primaire qui était source de division. Divisés, on est sûrs de perdre. Rassemblés on peut gagner, et je veux gagner.
À l’Assemblée, Damien Abad, le président du groupe parlementaire ne cachait pas son soulagement. La droite, elle aurait pu mourir hier, en ayant deux candidats jusqu’au 15 février. Grâce à ce choix courageux et responsable de Xavier Bertrand, la droite, elle est vivante, et la droite aujourd’hui, elle a un avenir.
Si Xavier Bertrand se résout à s’en remettre à la décision des militants de son ancien parti, c’est parce qu’il n’a pas réussi à creuser la distance entre lui et ses rivaux immédiats, Valérie Pécresse et Michel Barnier. Persister dans son aventure solitaire, c’était prendre le risque de porter, au final, la responsabilité de la défaite de la droite. Xavier Bertrand prend un vrai risque.
La majorité des militants lui préfèrent Michel Barnier. Le congrès du 4 décembre pourrait donc signer son arrêt de mort politique. Mais si l’on en croit les sondages, l’ancien commissaire européen Barnier n’a aucune chance de parvenir au second tour de la présidentielle.
Xavier Bertrand, en revanche, oui. Du coup, même les militants les plus hostiles pourraient exprimer un choix de raison. Plutôt Bertrand qu’une défaite annoncée dès le premier tour.
Après tout, il ne s’agit pas de désigner un chef de parti, mais le candidat qui a le plus de chances de l’emporter. D’ailleurs, il n’est pas dit que le congrès aura à départager Bertrand, Pécresse ou Barnier. Écoutez Aurélien Pradié, le secrétaire général de LR : S’ils arrivent à se parler d’ici le 4 décembre, ce n’est que mieux.
Tout ce qui permettra à notre famille politique de s’épargner les coups, et les coups tordus, ce ne sera qu’une bonne nouvelle pour arriver plus fort devant les Français. En clair, il est possible que d’ici le 4 décembre des alliances se nouent. Contre leur ralliement à Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Michel Barnier pourrait obtenir Matignon.
À condition, bien sûr, que le président de la région Hauts-de-France l’emporte sur Emmanuel Macron. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres… On savait bien qu’il ne resterait pas éternellement dans sa mairie du Havre. Mais pourquoi diable Édouard Philippe a-t-il choisi de créer son parti en pleine campagne présidentielle ?
Il l’a dit, il n’est pas candidat. Mieux, il soutient Emmanuel Macron. Alors quel est le nom du parti ?
Je vais vous le dire. On va vous le dire maintenant. Horizons !
Pourquoi “Horizons” ? Parce qu’il faut pour faire bien, voir loin. Parce que pour conjurer les vertiges dont je vous parlais, il faut voir loin.
Parce que si l’on veut véritablement réfléchir à la stratégie du pays, à l’horizon 2050, il ne faut pas regarder juste devant soi, il ne faut pas regarder juste à côté, il faut forcément voir loin. Avec Horizons, nous allons définir une stratégie pour la France. Une stratégie pour la France, mais surtout pour la présidentielle de 2027.
Édouard Philippe pense qu’alors son heure sonnera. Macron, s’il est réélu en 2022, ne pourra pas se représenter. La droite et la gauche seront dispersées, façon puzzle.
L’ancien Premier ministre aura le champ libre. Mais si Édouard Philippe joue le “coup d’après” pour la présidentielle, il compte bien, en revanche, faire son marché lors des prochaines législatives. Et justement, à l’Assemblée, un groupe parlementaire lui tend les bras : Agir ensemble. 22 députés de droite qui ont rallié la majorité présidentielle.
Comme Édouard Philippe. Qui se ressemble s’assemble. J’ai demandé au président d’Agir ensemble, Olivier Becht, la date du mariage : Ce sujet aujourd’hui n’est pas encore sur la table.
Edouard Philippe a fondé son parti Horizons, c’est une belle réussite, incontestable. Nous allons travailler avec les élus d’Agir pour voir d’abord comment est-ce que nous travaillons avec Edouard Philippe, ensuite comment est-ce que nous continuons à travailler dans cette majorité à laquelle nous appartenons et comment est-ce que nous allons structurer la maison commune, ce qui me semble être un impératif absolu aujourd’hui pour mettre tout le monde en ordre de bataille, pour que le président de la République puisse être réélu l’année prochaine. Voilà !
Et puis ensuite, on verra dans le cadre de cette maison commune, bien sûr, quels sont les rapprochements qu’il y a à faire entre Agir et Horizons. Ça me semble pouvoir se faire de manière assez naturelle dans les prochains mois. Il y aura donc un groupe parlementaire Horizons dans la prochaine assemblée.
Un groupe que pourraient bien venir renforcer quelques déçus de LR en cas de défaite. Comme les amis de Valérie Pécresse. Ce qui est certain, c’est qu’avec la recomposition de la droite, on ne va pas s’ennuyer dans les mois qui viennent.
Blast étoffe sa couverture de la politique nationale. À partir de lundi prochain, je viendrai chaque semaine décrypter les rebondissements de la campagne présidentielle dans un nouveau magazine “La guerre du trône”. Il sera diffusé en fin d’après-midi et fera la part belle à l’actualité politique du week-end.
Je résume donc : le lundi en fin d’après-midi, c’est La guerre du trône. Et le jeudi soir Un Bourbon Sinon Rien. Si vous avez aimé cette émission, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube.
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Édouard Philippe