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InterviewRadio J — L'interview politique· 6 janvier 2026 14 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheSécuritéSanté

Philippe Baptiste - L'interview politique du 06/01/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 25 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34FerméeRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas une mission impossible ce budget-là ? On ne s'en sort pas non ?

  • 1:47RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'il ne va pas falloir employer la méthode forte, puisque le compromis, le consensus il est très difficile à trouver ?

  • 2:49OuverteRéponse directe

    Un mot sur la colère des agriculteurs qui ne s'apaise pas en cette rentrée, sur fond d'épidémie de DNC.

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Vous avez l'impression que certains opposants politiques utilisent sans prendre en compte la réalité scientifique ?

  • 5:23OuverteRéponse directe

    Un mot sur l'antisémitisme à l'université parce qu'il y a eu un ensemble de faits inquiétants depuis quelques mois.

  • 8:52RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui s'est passé ? On ne peut pas faire une enquête sur l'antisémitisme aujourd'hui à l'université ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:10Invité politiqueChiffre
    « Moi, j'ai débloqué des crédits complémentaires, justement, pour travailler sur ces questions-là »
  • 6:37Invité politiqueFait
    « On voit bien que c'est en pleine croissance »
  • 12:20Invité politiqueChiffre
    « La Chine doit être à 9 »
  • 12:23Invité politiqueChiffre
    « La Corée doit être dans les mêmes ordres de grandeur »
  • 12:26Invité politiqueChiffre
    « La Suisse doit être à 4 ou 5 »
  • 12:27Invité politiqueChiffre
    « L'Allemagne à 3,5 »

Temps de parole

  • Philippe Baptiste70 %
  • Présentateur30 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonjour Philippe Baptiste, bonjour, bonne année à vous, vous êtes ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace, vous êtes aussi docteur en informatique, ingénieur, vous avez dirigé le CNES, le CNES, Centre National d'Études Spatiales. Alors on va commencer bien sûr par la situation politique et le budget, on prend les mêmes et on recommence. Le gouvernement dont vous faites partie retrouve en ce début d'année 2026 le dossier qu'il n'avait pas réussi à boucler en fin d'année dernière, faute d'accord entre Assemblée Nationale et Sénat dans les délais. Est-ce que ce n'est pas une mission impossible ce budget-là ? On ne s'en sort pas non ?

0:39
Philippe Baptiste

Vous savez pour l'instant on a une loi spéciale, cette loi spéciale elle permet de faire fonctionner le pays, donc elle permet de continuer à conduire la voiture tout droit. Malheureusement quand vous conduisez votre voiture, tout en temps il y a des tournants, il nous faut un budget parce qu'il faut un budget pour être capable d'investir, pour être capable de faire des choix, pour investir sur la défense. Par exemple on est en train de parler, on veut une loi qui nous permet, une loi de finances qui va nous permettre d'investir 7 milliards de plus sur la défense l'an prochain. C'est un enjeu majeur, le monde n'a jamais été aussi dangereux, c'est un exemple parmi d'autres.

Et donc on voit bien que pour ça on a besoin d'une loi, d'accord, et il faut que ce soit une loi de finances, on a besoin d'un budget. Ce budget c'est forcément un budget de compromis, compte tenu de ce qu'est aujourd'hui l'Assemblée Nationale. Je veux dire qu'il n'y a pas aujourd'hui un bloc majoritaire, il faut un compromis. Donc il y a un travail qui a été mené par le Premier ministre, par Sébastien Lecornu, une discussion qui a été une discussion qui a très bien fonctionné sur le PLFSS, la sécurité sociale, pour faire simple. Mais maintenant évidemment il faut avoir un budget pour la France. Donc je pense qu'on va y arriver.

Je veux dire effectivement on n'a pas réussi à finir l'an dernier, mais là maintenant il faut vraiment y arriver. Il faut se donner quelques semaines pour terminer, pour y arriver, pour avoir un budget, pour pouvoir investir, pour faire les choix d'avenir.

1:47
Présentateur

Est-ce qu'il ne va pas falloir employer la méthode forte, puisque le compromis, le consensus il est très difficile à trouver ? Vous évoquiez le budget de la sécurité sociale qui effectivement est passé en décembre, mais ric-rac, jusqu'à dans les dernières minutes on se demandait si ça allait pouvoir passer. Est-ce que là il ne va pas falloir sortir les grands moyens, c'est-à-dire les ordonnances, ou le 49-3, le Premier ministre s'y est toujours refusé depuis le début, mais il y a de plus en plus de pression pour qu'il l'utilise ?

2:11
Philippe Baptiste

Moi je pense que ça c'est la manière de faire, mais avant tout il faut continuer à travailler sur le fond. Je pense qu'il y a encore un peu de travail à faire pour trouver justement les compromis. Parce que quelque part, quelle que soit la méthode, que ce soit une deuxième lecture, que ce soit un 49-3, ou que ce soit une ordonnance, de toute façon il faut qu'il y ait une forme de compromis, une forme de consensus, peut-être pas de consensus, parce que ce consensus ça voudrait dire vraiment quelque chose de très global, mais en tout cas il faut qu'il y ait des formes d'accord, qu'il y ait des points d'accord.

Il y a encore un certain nombre de dossiers qui sont des dossiers qui sont ouverts, sur lesquels on discute. On discute de manière extrêmement régulière avec tous les groupes de l'Assemblée nationale. Et donc aujourd'hui je pense qu'il faut qu'on arrive à progresser sur ces questions-là.

2:49
Présentateur

Alors parmi les dossiers chauds qui attendent le gouvernement en cette rentrée de janvier, il y a le budget, mais il y a aussi la crise agricole. Un mot sur la colère des agriculteurs qui ne s'apaise pas en cette rentrée, sur fond d'épidémie de DNC, dermatose nodulaire. Alors, puisque vous êtes un peu concerné en tant que ministre de la Recherche, il faut le dire, le complotisme, l'antivaccisme, si j'ose dire, comme à l'époque du Covid, reprend du terrain. Vous, vous vous appelez résolument à faire confiance à la science, aux scientifiques et aux vétérinaires qui ont contribué à élaborer ce protocole d'abattage et de vaccination qui est mis en place par le gouvernement.

3:29
Philippe Baptiste

Vous savez, d'abord, il faut rappeler les faits, c'est-à-dire que c'est une crise, c'est une épisodie, donc une maladie qui touche les bovins qui est potentiellement dramatique, potentiellement dramatique pour la France, qui est un très grand pays d'élevage. Et donc, évidemment, il faut qu'on mette en place des mesures qui permettent d'endiguer cette épidémie. Et donc, moi, je salue le travail, évidemment, d'Annie Genevard, de la ministre de l'Agriculture, qui est présente sur tous les fronts en permanence sur ces questions-là. Et évidemment, il faut écouter l'avis de la science. Et je pense que c'est vrai pour ce sujet-là, mais c'est vrai pour tous les autres sujets.

Il faut écouter ce que les sachants, ce que les techniciens, ce que les ingénieurs, ce que les vétérinaires, ce que les chercheurs ont à dire sur ces sujets-là. Ils font des propositions et après, une fois que ces propositions sont faites, il faut qu'il y ait un arbitrage politique. Mais il ne faut pas se tromper. C'est-à-dire qu'il ne faut pas poser un objet politique sur la table et puis dire après aux scientifiques, débrouillez-vous avec ça.

4:21
Présentateur

Vous avez l'impression que certains opposants politiques utilisent sans prendre en compte la réalité scientifique.

4:28
Philippe Baptiste

Évidemment, moi, je suis sidéré quand j'entends de temps en temps des forces politiques qui, aujourd'hui, proposent des stratégies sanitaires et qui n'ont aucune compétence sur le sujet. C'est quand même... On pense à qui ? C'est complètement démentiel. Il suffit d'ouvrir la presse. Donc, voilà, moi, je pense qu'il faut être très clair. Il faut écouter ce qu'est la science à dire. Ça ne veut pas dire qu'après, il faut toujours suivre l'avis des scientifiques. Il peut y avoir un arbitrage politique. Mais commençons par écouter l'avis des sachants. C'est ça qui est fondamental.

Et aujourd'hui, on veut endiguer cette épidémie parce qu'elle met en danger, elle met en danger l'ensemble de la filière. Et donc, c'est pour ça qu'il faut travailler extrêmement fort. Il faut travailler sur les mesures de protection. Il faut travailler sur les tests. Il faut travailler sur les vaccins. Il faut travailler et investir sur la recherche aussi. On a débloqué... Moi, j'ai débloqué des crédits complémentaires, justement, pour travailler sur ces questions-là. Et donc, c'est quand même des millions d'euros qu'on a rajoutés en plus à travers l'Agence nationale de la recherche, à travers le CIRAD, à travers des établissements qui travaillent nuit et jour aujourd'hui sur ces questions.

5:23
Présentateur

Alors, un mot sur l'antisémitisme à l'université parce qu'il y a eu un ensemble de faits inquiétants depuis quelques mois. Je vais en citer quelques-uns. Pardon, je vais être un peu long, mais la liste est suffisamment longue pour être développée. C'est 200 étudiants dans un amphithéâtre qui applaudissent l'action du Hamas à Paris 8, Vincennes-Saint-Denis. Un sondage intitulé « Qui aime les Juifs ? » sur un groupe Instagram d'étudiants de première année de droit à l'université Lyon 3. Des propos d'apologie du nazisme affichés à l'écran à la faculté de santé de Sorbonne-Université.

Des étudiants juifs de première année de licence d'économie à la Sorbonne excluent un groupe sur un réseau Instagram ou encore un sondage sur le groupe WhatsApp de cette même promotion. Les Juifs, pour ou contre, j'en passe, et des meilleurs, si j'ose dire, il y a quand même un vrai problème, non, à l'université ?

6:09
Philippe Baptiste

C'est dramatique. Je vais vous dire, je pense, malheureusement, enfin, entre guillemets, malheureusement, ce n'est pas un problème qui est un problème spécifique de l'université. C'est un problème que nous avons dans la société française. L'université est évidemment un amplificateur de toutes les tensions de la société. Et donc, évidemment, on le voit très fort dans nos... Et c'est un phénomène, enfin, cet antisémitisme, c'est ce que vous avez vu. On voit bien que c'est en pleine croissance. Moi, j'ai été, je connais très bien mon ministère, j'y ai été, il y a quelques années, j'étais numéro deux, entre guillemets, et j'étais resté deux ans.

En deux ans, on a eu deux ou trois événements comme ça, en deux ans. Et aujourd'hui, c'est vrai que c'est, je ne sais pas, je n'ai pas compté, mais c'est un par semaine, ça n'arrête pas. Qu'est-ce qui se passe ? Je pense qu'évidemment, il y a un certain nombre de forces qui instrumentalisent le conflit istraelo-palestinien, qui mettent de l'huile sur le feu dès que c'est possible.

7:08
Présentateur

Vous pensez, extréme droite, extréme gauche ?

7:10
Philippe Baptiste

Bien sûr, il y a des forces politiques qui rêvent de s'égorger dans les amphis. Je veux dire, c'est quand même les extrêmes aujourd'hui. Et tout ça est quand même absolument dramatique. Il faut être extrêmement ferme. Non seulement il faut faire de la pédagogie, il faut évidemment expliquer, il faut aussi former tout ça, c'est vrai. Mais à côté de ça, il faut être extrêmement ferme. Il ne faut rien laisser passer. Systématiquement, quand il y a des faits comme ça qui sont avérés, antisémitisme, apologie du terrorisme ou des choses de ce type-là, systématiquement, moi je saisis le procureur, systématiquement, on vérifie qu'il y a bien des poursuites qui sont engagées.

Et accessoirement, on a aussi une nouvelle loi qui a été votée il y a quelques mois, et les décrets d'application sont en train d'être mis en place, qui vont permettre d'accélérer et de rendre plus efficaces, en fait, toutes les procédures disciplinaires au sein des établissements. Donc il ne faut, je pense que c'est quelque chose d'absolument fondamental, ce qu'on voit, c'est intolérable, c'est intolérable, et il faut lutter avec la plus grande fermeté. Ça ne veut pas dire, pourtant, qu'on n'a pas le droit au débat. Le débat au sein des universités, il doit être libre. On peut discuter de tout. C'est-à-dire qu'on peut discuter du conflit israélo-palestinien, et on peut ne pas être d'accord.

On peut avoir des positions qui sont radicalement différentes. On peut avoir des colloques qui sont des colloques qui sont engagés. Tout ça, c'est possible. Mais par contre, dans le respect de la loi, et l'antisémitisme, ce n'est pas une opinion, c'est un délit.

8:27
Présentateur

Justement, une enquête nationale sur l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur et la recherche avait été lancée en novembre par votre ministère, confiée à l'IFOP, l'Institut de sondage, et au CEVIPOF, le centre de recherche politique de Sciences Po. Il s'agissait, je cite, de mieux comprendre et prévenir les manifestations d'antisémitisme dans la communauté académique, mais elle a été abandonnée face à l'opposition de plusieurs organisations syndicales, présidents d'universités et enseignants. Qu'est-ce qui s'est passé ? On ne peut pas faire une enquête sur l'antisémitisme aujourd'hui à l'université ?

8:56
Philippe Baptiste

Alors, moi, j'ai demandé au CEVIPOF, qui est un centre de recherche, le CEVIPOF, c'est un centre de recherche de Sciences Po et du CNRS, c'est des chercheurs du monde académique. Je leur ai demandé, effectivement, de mener une enquête pour comprendre les ressorts, en fait, de cet antisémitisme, pour le mesurer et puis pour le comprendre, surtout. C'est fondamental. C'est une activité de recherche. J'ai vu avec surprise, effectivement, que le travail de ces chercheurs, de ces chercheurs, a été contesté de manière parfois assez violente. Moi, je n'ai pas d'opinion, et ce n'est pas le ministère, ce n'est pas le ministre qui définit ce que font les chercheurs. C'est la liberté académique.

C'est eux qui font ce qu'ils mettent en place, justement, leurs sondages, leurs outils, etc. Et moi, je crois comprendre, quand même, qu'ils ont une certaine expérience et une certaine connaissance du sujet. Quoi qu'il en soit, compte tenu de la polémique qui a eu lieu à ce moment-là, le CEBIPOF, c'est-à-dire toujours les mêmes chercheurs, eux-mêmes, de manière autonome, ont décidé de retirer l'enquête parce qu'ils considéraient qu'il y avait un biais méthodologique compte tenu d'eux. Moi, ce que je peux vous dire, en tout cas, et ce que je demande, évidemment, à Sciences Po, au CNRS, il n'est pas question de reculer. Il n'est pas question de ne pas faire une enquête.

Peut-être qu'il faut la reformuler, peut-être qu'il faut la faire différemment. Ça, c'est leur travail. C'est à eux de le faire. Mais moi, je leur ai demandé, effectivement, de mesurer, de comprendre. Et ce sujet-là, il reste au cœur de mes préoccupations. Et il n'est pas question de reculer. On ne lâchera rien sur le sujet. Donc, l'enquête aura bien lieu. Ce ne sera peut-être pas la même. Ce sera peut-être une autre. C'est à eux de voir. C'est à eux de faire. Mais en tout cas, je leur demande de la faire.

10:25
Présentateur

Et je leur fais confiance. On parlait du budget tout à l'heure. Le Premier ministre a annoncé que l'enseignement supérieur à la recherche était une des cinq priorités. Il l'a dit il y a quelques semaines. Mais pourtant, il y a eu beaucoup de débats sur l'enveloppe financière, l'enveloppe budgétaire qui est accordée à votre secteur, notamment dans les dernières semaines. Est-ce que vous allez parvenir à un accord avec les oppositions, notamment la gauche, qui est très revendicative sur le sujet ?

10:51
Philippe Baptiste

Je pense qu'en fait, la question, il y a deux sujets. Il y a un sujet, effectivement, très ponctuel, de savoir en gros, est-ce qu'il y a des établissements qui sont en difficulté ? Comment est-ce qu'on fait pour venir en aide à ces établissements ? L'État a beaucoup investi ces dix dernières années, peut-être pas toujours avec les bons outils de la bonne façon. Donc ça, il faut qu'on ait une discussion là-dessus. On va mener des assises avec les établissements pour bien comprendre justement tout ça. Après, à côté de ça, pourquoi est-ce que moi, je me bats au quotidien pour ces budgets ? Alors, parce que je suis ministre, vous allez me répondre de mon secteur, mais c'est plus que ça.

Moi, c'est un engagement d'une vie autour de ça. C'est parce que je crois que derrière, en fait, derrière les questions de la recherche, derrière ces questions-là, en fait, derrière la recherche, il y a non seulement l'extension, la compréhension du monde, les connaissances, etc., qui sont fondamentales, mais c'est aussi derrière l'innovation, c'est derrière les produits qui sont dans les entreprises, c'est nos usines et c'est les emplois de demain. Si on n'investit pas dans ces sujets-là, si on n'investit pas dans la recherche, eh bien, derrière demain, nos enfants, ils n'auront pas d'emplois ou ils auront des emplois qui sont peu qualifiés. Et on prend du retard. Et on prend du retard.

On est en retard.

11:56
Présentateur

On discutait quelques minutes avant l'interview, vous me citiez des chiffres de comparaison avec la Chine, avec la Corée, avec Israël qui sont assez inquiétants.

12:04
Philippe Baptiste

Mais la France investit aujourd'hui à peu près 2,2% de son produit intérieur brut, pardon de rentrer dans les statistiques et dans les chiffres, sur la R&D, sur la recherche et le développement, aussi bien public que privé. La Chine doit être à 9. Israël doit être à 6 ou 7. Pardon, je n'ai plus exactement les chiffres en tête. La Corée doit être dans les mêmes ordres de grandeur. La Suisse doit être à 4 ou 5. L'Allemagne à 3,5. On est très en retard. Mais ça se traduit concrètement par quoi ? Par le fait qu'à la fin, nos entreprises font des produits qui sont peut-être moins innovants ou moins bien positionnés que d'autres.

Et donc derrière, ça veut dire qu'on perd des parts de marché, on perd de la compétitivité, on perd des emplois. Et donc ça veut dire le choix de société qui est derrière, il est fondamental. Qu'est-ce qu'on veut faire ? Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, on emprunte sur les marchés parce qu'on a besoin d'emprunter pour, compte tenu de la situation budgétaire du pays, pour payer nos retraites. Ça veut dire qu'en fait, on emprunte non pas pour investir dans l'avenir, mais on emprunte pour payer nos retraites. C'est quand même un vrai problème de société. Je pense qu'il faut que ce soit au cœur du débat de 2027.

13:08
Présentateur

Un mot sur le système Parcoursup qui a fait, depuis sa création, couler beaucoup d'encre et de salive. Certains ont régulièrement évoqué sa suppression. C'était notamment le cas d'un amendement qui a été récemment adapté, porté par un député écologiste. Qu'est-ce qui va se passer avec Parcoursup ? C'est quoi votre bilan aujourd'hui du système ? Vous savez, Parcoursup,

13:27
Philippe Baptiste

ce n'est qu'une plateforme. C'est une plateforme, c'est juste une plateforme où en gros, vous avez des gens qui postulent et puis des formations qui font des propositions. C'est le mythique de l'enseignement supérieur ou le Tinder, enfin, vous mettez ce que vous voulez. Ce n'est pas autre chose. Donc, moi, je veux bien, il y a des gens qui veulent proposer de supprimer Parcoursup. Très bien, mais je n'ai pas encore compris ce qu'ils voulaient mettre à la place. Voilà. Donc, le problème, il n'est pas là. Le problème fondamental, ce n'est pas la plateforme.

Le problème, c'est la question de l'orientation et ça, il faut qu'on travaille et on travaille quotidiennement avec Édouard Jeffrey sur le sujet pour mieux préparer les jeunes bacheliers à ce qu'ils veulent faire demain dans l'enseignement supérieur. Merci, Monsieur le ministre, Philippe Baptiste

14:05
Présentateur

et à très bientôt sur Radio-G.

14:08
Locuteur

Merci.