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interviewPublic Sénat· 16 avril 2026 24 min

Présidentielle : les candidatures à droite se multiplient

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Place à notre débat entre éditorialistes politiques, on va parler de la campagne présidentielle alors que les candidats à droite accélèrent et peaufinent leur stratégie, leur communication, un parfum de présidentielle qu'on pouvait sentir hier après-midi au Sénat puisque le premier ministre Sébastien Lecornu a interpellé Bruno Rotaillot, président du parti Les Républicains, candidat déclaré à la présidentielle et le premier ministre lui a demandé de préciser, de clarifier son positionnement politique vis-à-vis de l'extrême droite. Écoutez cet échange. Monsieur Rotaillot, monsieur Darnot, messieurs, je vous le dis avec beaucoup de gravité, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle.

Donc n'ayez pas de problème avec ce gouvernement on va faire tout ce qu'on peut pour faire avancer le pays pendant un an et ben justement président retaillot monsieur le ministre d'état monsieur le président d'arnaud si vous étiez à ma place c'est avec le rassemblement national que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine c'est aussi simple que ça et c'est le moment de la grande clarification nous ne sommes jamais compromis avec le rassemblement national est-ce que j'ai quitté le LR lorsque Eric ciotti nous a quitté est ce que je l'ai suivi non est-ce que ma main a tremblé lorsque il n'y a eu que quelques cas quelques conseillers municipaux ou quelques comment dirais -je adhérents LR sur des listes on rejoint le LR ma main n'a pas tremblé et ils ont été exclus dans l'heure où sont les preuves vous dites on maintient les digues avec le RN sont claires nettes précises elles seront maintenues Marine Le Pen dit elle-même qu'elle n'est pas de droite et moi je porte un projet de droite moi je soutenais un parlementaire du même parti européen que moi du PPE qui est Peter Magyar notamment en Hongrie et elle soutenait monsieur Orban allié de la Russie ces deux lignes qui sont différentes il faut s'en rendre compte donc faut clarifier et moi je demande précisément au premier ministre de clarifier sa position est-ce que c'est monsieur fort qui est premier ministre qui impose ses conditions au gouvernement ou si c'est bien lui deux ennemis et voilà cette campagne présidentielle à droite qui est lancée avec les différents prétendants qui accélèrent pour en parler, pour l'analyser. J'accueille sur ce plateau Michael Darmon, bonjour. Bonjour.

Vous êtes éditorialiste politique pour Public Sénat et aussi pour la chaîne I 24 News. Et j'accueille également Bérangère Bonte, bonjour. Vous êtes journaliste politique, auteur, autrice du livre Gabriel Attal, justement l'ange exterminateur aux éditions L'Archipel et puis auteur d'un livre sur Édouard Philippe, intitulé Le Sioux, toujours aux éditions L'Archipel.

Je précise également que vous êtes présentatrice du podcast Dans l'Hémicycle avec le dixième épisode sur les enquêtes parlementaires et si on remettait du droit dans le show. En ligne ce matin. En ligne ce matin dans le show de ses commissions d'enquête.

Alors quand on entend, Michael Darmon, cet échange entre Sébastien Lecornu et Bruno Rotaillot sur la clarification vis-à-vis de l'extrême droite, est-ce qu'on se dit qu'il pourrait y avoir seulement un seul candidat de la droite et du centre ou que ça va être très compliqué de tous les unir ? Déjà avant d'être un peu amateur de science -fiction, où on va dire d'avoir une foi dans l'intelligence collective qui pourrait surgir, on peut se dire que ça peut arriver. Mais bien évidemment, on regarde les vicissitudes au jour le jour, les difficultés au jour le jour.

On comprend qu'il y a déjà de très grandes divisions concernant l'Union. Ils ne savent pas comment s'organiser, qui va être le périmètre d'une Union autour d'un candidat unique dans ce bloc central ex-présidentiel macroniste. Certains regardent plutôt du côté de la droite, d'autres regardent plutôt de la gauche.

Paradoxalement, en fait, ils vont tenter de dépasser le dépassement, mais ils vont être rattrapés quand même par le fait qu'il y a quand même des inclinations naturelles d'aller là ou là. Donc on a du mal. Je vois qu'il y a un comité de liaison qui s'est mis en place et ce qui m'a stupéfait, c'est qu'il va se réunir toutes les six semaines.

Donc vraiment, on sentissement qu'il n'y a pas d'urgence, alors qu'en fait, il devrait se réunir tous les jours. Mais bon, étant donné l'état de la situation. Donc pour l'instant, je suis assez pessimiste, mais j'aimerais pouvoir me tromper. droite et du centre, est-ce qu'il y a urgence tactiquement, politiquement à le trouver à se rassembler ?

Je pense qu'il y a urgence pour eux à trouver la façon de se réunir mais oui effectivement l'urgence de déterminer le candidat, peut-être moindre. Enfin, je veux dire, c'est quelque chose qui se décantera à l'automne, je pense. Un an avant la présidentielle, on le sait tous, la situation n'est jamais la situation finale donc et quand vous avez des personnages qui sont en l'occurrence sur la ligne de départ et pour les principaux edward philippe et gabriel attal vous avez aussi des personnalités différentes edward philippe fait tout ce qu'il peut pour ne ne pas comme on dit sortir de l'ambiguïté ce qui se fait toujours à son détriment donc il va attendre le plus possible et gabriel attal lui et c'est donc voilà il va bien falloir qu'ils s'entendent ça c'est sûr.

Et je pense qu'au final, avec des sondages juges de paix, c'est ce qui se passera, je pense. À la fin de l'année, celui qui sera devant sera le candidat. Mais en attendant... – Mais politiquement, sur le fond, sur le programme, est-ce qu'il peut y avoir une union qui va de Gabriel Attal à Bruno Rotaillot ? – Alors, Bruno Rotaillot, ça va être plus compliqué de le débrancher, comme on dit.

Il y a une différence sans doute, enfin voilà, beaucoup d'aspects économiques notamment et régaliens même. Bon puis il y a ce qui guette la droite républicaine, c'est-à-dire la partie la plus à droite de cette droite et une partie de l'électorat de droite. La question aussi ce sera de savoir si LR sera unifiée à l'arrivée ou si une scission va s'opérer avec les partisans, ceux qui regardent plutôt vers le centre et ceux qui regardent plutôt vers leur droite.

Justement pour essayer d'unifier les Républicains, d'unifier son camp, Bruno Rotaillot, le président du parti organise ce dimanche une consultation des militants d'LR pour choisir le mode de désignation du candidat LR à la présidentielle. Alors, soit le président du parti, Bruno Rotaillot, soit une primaire fermée aux militants, une primaire plus ouverte aux sympathisants. On va écouter Bruno Rotaillot sur ce point.

Il était hier au micro de Steve Jourdain. J'observe qu'il y avait un comité de liaison. Je n'ai pas été invité entre M.

Philippe, M. Attal et M. Bérou...

Je pense que chaque famille politique doit désigner son champion. Il devrait y avoir une primaire entre les macronistes. Michael Darmon, c'est quoi le but de cette consultation des LR pour désigner le mode d'élection du candidat LR à la présidentielle ?

C'est de faire une primaire au Taillot ? Tout simplement, pour qu'il puisse tout simplement revivre et bénéficier à nouveau de ce plébiscite interne qu'il a porté à la tête du parti et c'est pour lui sa source de légitimité, c'est son territoire privilégié ou là où il est le chef incontesté. Dès qu'il met un pied dehors, il a Laurent Wauquiez, il a David Lysna, il a Xavier Bertrand.

Donc déjà on n'est rien qu'au sein de LR, on n'a pas élargi encore effectivement au territoire qu'on vient d'évoquer, c'est-à-dire plus généralement le bloc central. Donc c'est dire, pour reprendre la question tout à l'heure, c'est dire à quel point la tâche est ardu pour pouvoir arriver à une forme d'union et d'un candidat d'intelligence collective ou moins politique. Donc il a besoin justement de pouvoir se être renforcé en interne.

Il considère qu'il veut être le champion de son parti, mais après il faut avoir une autre capacité de rassemblement. On évoquait les gens en embuscade tout à l'heure avec Bérangère. Vous n'en avez pas un autre qui est en train d'émerger, qui est dans une vraie résurrection politique ?

C'est Jean-François Copé. Et Jean-François Copé qui est en train qui s'est vu refuser par Bruno Retailleau le fait de travailler à son programme présidentiel, est en train d'être celui qui organiserait l'arrivée des grands barons LR autour d d'Édouard Philippe. Et ça, ça peut être aussi quelque chose qui change la donne parce que vous avez maintenant une nouvelle force politique autour, une nouvelle puissance d'attraction et de légitimité autour de Jean-François Copé, l'ancien grand brûlé qui revient en force et qui pourrait justement déclencher un mouvement politique un peu inattendu.

Le but de Bruno Rotaio, c'est vraiment d'unifier son camp car on a l'impression que ça tire dans tous les sens. Il y a beaucoup de divisions chez les LR. C'est clair, il y en a beaucoup qui ne lui pardonnent pas et qui ne lui pardonneront pas, je pense, avant longtemps, par exemple, de ne pas avoir choisi sur la municipale de Nice. – Entre Éric Ciotti et Christian Esmozy. – Exactement.

Et ça, pour le coup, ça va laisser des traces. Ce débat – Là, on l'observe depuis des mois, cette scission. Et effectivement, les barons ex-chirakiens vont peut-être faire pencher la balance qu'on n'avait pas trop tendue ou qu'il n'avait pas tranché.

Bon, peut-être faire pencher la balance. Effectivement, Jean-François Coppé imagine bien une scission, en fait. C'est ce que je disais tout à l'heure, au sein du ALR. – Et d'ailleurs, on s'y prépare.

C'est la raison pour laquelle il fait savoir, à la presse de manière générale, que François Baroin, l'autre grand chiracien à plumes, pourrait soutenir Bruno Rutaillot. C'est une sorte de contre-feu par rapport à ce qui est en train de se mettre en place vis-à-vis des barons à l'air. Bruno Rutaillot était un peu mari de ne pas avoir été invité au comité de liaison.

Christophe Béchut disait hier qu'il allait prendre contact avec Nassrou qui est le très proche de Bruno Rutaillot. Donc qu'il patiente mais ça va venir manifestement. Parlons de Gabriel Attal que vous connaissez bien Bérangère, vous avez écrit un livre sur son parcours d'ailleurs Gabriel Attal va sortir un nouveau livre le 23 avril pour lancer sa campagne présidentielle.

Un livre qui s'appelle « En homme libre » pour lancer cette campagne et parallèlement il multiplie les initiatives, les propositions de loi parlementaires et notamment une dont on a beaucoup parlé, dont on parle beaucoup en ce moment sur le 1er mai sur l'autorisation du travail des boulangers et des fleuristes et il en a fait toute sa communication finalement dans ce début de campagne présidentielle sur ce sujet regardez si le 10 avril notre loi est votée ça veut dire que les boulangers et les fleuristes pourront travailler dès le 1er mai de cette année voilà une initiative de gabriel mais qui finalement qui est à échouer parce que sébastien lecornu a interrompu le débat parlementaire sur cette prohibition de loi et voilà ça crée toute une tension dans le camp de la droite oui moi j'ai vu quand même une Il y a une tentative, je dirais, d'atalicide politique. D'atalicide ? Oui, il y a eu une volonté de la part de Sébastien Lecornu de briser, de mettre des bâtons dans les roues, dans l en vol que tente de prendre en ce moment Gabriel Attal pour tenter sa candidature à l'élection présidentielle.

Le livre, un grand meeting, effectivement beaucoup d'initiatives parlementaires, mais Bérangère les connaît encore bien, bien, bien, que moi. Mais j'ai surtout vu ça, voilà. Et évidemment, au vu du nombre de conversations quotidiennes qu'on imagine entre le Premier ministre et le Président de la République, on peut imaginer qu'Emmanuel Macron était à peu au courant et n'a pas empêché au moins.

Donc de ce point de vue-là, il y a une volonté de l'empêcher et au-dessus de voir un Gabriel Attal qui tente un positionnement assez paradoxal pour se démarquer d'Emmanuel Macron et pour être libre, comme il le dit dans le titre de son livre. Quelque part, il fait du crypto-Macron. Il revient à la période de la commission Attali où Macron était le jeune inspecteur des finances, iconoclaste, disruptif qui bouleversait les codes et il veut avec cette...

Il a voulu, il a tenté avec notamment ce dispositif sur le 1er mai d'envoyer ce message, là c'est raté. – C'est un échec cette initiative sur le 1er mai, Bérangère Bonte avec cette prohibition de loi et puis plus globalement ça traduit une certaine fébrilité de Gabriel Attal qui multiplie les textes et aussi le texte de Caroline Yadant sur l Il y avait la semaine dernière une proposition de loi sur la sortie de l'Alsace, de la région Grand-Est, ça crée beaucoup de remous. Finalement, ce n'est pas très productif politiquement.

Mais c'est Gabriel Attal. Et en fait, qu'on parlait d'unifier peut-être la droite et le bloc il faudrait commencer par unifier Gabriel Attal. – Il parle dans tous les sens. – Parce qu'en fait, vous avez le Gabriel Attal qui fait le comité de liaison, qui réunit Marc Feuneau, Christophe Béchut, Hervé Marseille, tous ces gens-là, et où vous avez le Gabriel Attal, qui multiplie les initiatives personnelles avec au besoin d'une espèce de tripatouillage de la procédure parlementaire.

Je fais référence à la motion de rejet préalable qui consiste à torpiller son propre texte… – Sans l'examiner. – Sans l'examiner parce qu'en fait, on perdrait trop de temps à examiner les amendements de l l'opposition et ça laisse un peu des traces, mais mine de rien, il donne une longue interview au point ce matin dans la perspective de la sortie de son livre la semaine prochaine et ça l'empêche pas de jouer les rassembleurs, ça ne l'empêche pas...

Alors il va un petit peu sur les territoires puisque vous avez fait référence à l'Alsace. Moi quand j'avais des échanges avec lui à six mois, un an, c'était pas du tout dans ces sujets mais bon il a compris qu'on le voyait comme le candidat parisien versus le candidat des territoires, le grand-maire Édouard Philippe. Donc un peu d'Alsace.

Il veut tout d'un coup réformer la Constitution pour que le président ne s'y mise plus dans tout, mais c'est déjà dans la Constitution. Il fait du Gabriel Attal, il communique pour lui-même tout en jouant les rassembleurs en façade en tout cas. Donc il va falloir unifier ce personnage-là.

Mais n'oubliez jamais que j'ai intitulé ce livre « L'ange exterminateur ». C'est un tueur, Gabriel Attal. Et ça va sans doute être, sans vouloir psychologiser à outrance, ça va être une des clés du match entre Édouard Philippe et Gabriel Attal.

Édouard Philippe n'est pas ce même tueur. Édouard Philippe est un boxeur de défense. Gabriel Attal fonce. – Et vous le disiez, Gabriel Attal qui donne une interview au magazine Le Point aujourd'hui, une interview dans laquelle il dit « j'ai eu l'expérience de gouverner le pays, je pense aujourd'hui à savoir comment il faut le présider, j'ai les idées claires pour la France ».

Quel est l'enjeu, Michael Darmand, pour Gabriel Attal ? C'est ce détaché de l'image du Premier ministre très fidèle à Emmanuel Macron ? Il faudrait déjà relire le calendrier pour pouvoir lui mettre à sa juste place.

Il a gouverné la France combien de temps ? Quel que moi. Voilà, il a été un éphémère au Premier ministre, donc on ne voit quand même pas laisser cette relecture de l'histoire avancer.

Il serait bien resté, mais les événements n'en décident autrement et c'est la raison pour laquelle il est en rupture maintenant totale et homme libre avec Emmanuel Macron, c'est la mauvaise manière de cette dissolution et la manière dont il a été éjecté de Matignon. Il est une fois de plus l'avatar de l'homme pressé, chaque génération a son homme pressé. Giscard était l'homme pressé, Nicolas Sarkozy était l'homme pressé, Nicolas Sarkozy était l'homme pressé, Jacques Chirac a été l'homme pressé, aujourd'hui c'est Gabriel Attal.

Il prend la place d'une figure connue dans le bal des ambitieux qui est l'homme pressé versus le lent, le sioux, le boxeur, le chasseur, le fusil à un coup, la patience. On va voir effectivement quelle figure va l'emporter parce que la figure qu'il emportera au moins déjà en étant candidat montrera ce dont les Français On va parler de l'homme patient, en l'occurrence Édouard Philippe qui ne présente pas tout de suite finalement ce qu'il appelle son programme massif pour la campagne présidentielle. Il surfe un peu sur sa popularité issue des élections municipales du Havre.

On va écouter sur la candidature d'Édouard Philippe, Louis Vaugel, sénateur horizon qui était sur ce plateau aujourd'hui. On va l'écouter. Il faut une candidature unique d'un droit de du centre si on veut gagner la prochaine présidentielle et Edouard Philippe depuis le début il l'a dit, il l'a dit en 2022, c'est le premier à le dire, il a dit en 2024 et il l'a répété en 2026.

Si on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un candidat dans ce socle commun et sur un programme qui corresponde à ce candidat, pour qu'on ait quelque chose à dire aux Français, les élections sont perdues, à mon sens. Ce n'est pas à nous de dire comment ils vont s'arranger. Il fait au parti de se rencontrer, de se mettre d'accord sur le processus de sélection de ce candidats uniques.

Bérangère et ce qu'Édouard Philippe est finalement le mieux placé pour rassembler cette droite et ce centre, ce bloc central ? Oui, sur le papier, bien sûr, mais ce qui va se passer vraiment chez LR sera important, on en a parlé juste avant. Et puis Edouard Philippe, c'est sans doute le plus préparé à ce stade, le plus costaud, dans sa tête, on ne sait pas encore grand-chose de ce qu'il va raconter, mais précisément, pour l'instant, il surfe sur les sondages et il n'a aucune raison d'avancer le premier pas, d'être le premier à se dévoiler. et franchement stratégiquement il a raison comme je le disais on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment et c'est particulièrement vrai chez Edouard Philippe mais dès que la Si la droite se divise, par exemple, si les LR se divisent, là pour le coup il va être obligé de bouger.

Si Gabriel Attal continue d'accélérer et de venir un peu sur ses plates-bandes, l'interview du Point vraiment me donne l'impression d'une adaptation permanence à son adversaire qui est Édouard Philippe, c'est très frappant. – Édouard Philippe qui devait normalement présenter son programme pour la présidentielle après son élection municipale au Havre mais finalement c'est reporté. D'ailleurs il l'explique hier dans les colonnes du journal Le Télégramme, il dit oui mon programme sera massif et je le dévoilerai progressivement.

Je ne suis pas sûr que ce soit au mois d'avril, un an avant la présidentielle qu'il faille tout dire, je suis même certain du contraire. En fait il monte dans les sondages donc il attend. Il ne veut pas qu'on l'appelle un jour Édouard Juppé.

Populaire trop tôt. Absolument, ils sont traumatisés par le fait qu'un an avant l'élection présidentielle, Alain Juppé était déjà considéré comme étant président de la République. Il faut se souvenir qu'avant cette campagne présidentielle, on disait celui qui emporte la primaire de la droite et devient le président de la République.

On connaît la suite. Donc bien entendu, il a tiré les leçons de cela depuis bien longtemps, sa relative rareté pendant très longtemps, puis après sa parcimonie dans les médias, le fait de dire je serai un massif progressif. Voilà, c'est-à-dire que ça sera massif, mais à petite dose.

Donc qu'évidemment, on sent cette prudence de Sioux. Le titre était absolument parfait. On verra effectivement si c'est le Sioux ou le pourfendeur qui l emportent.

On finit par un mot sur la gauche où ça bouge, également en vue de la présidentielle, car François Hollande s'y prépare, il l'a dit dans une interview publiée cette semaine dans le magazine Marianne, c'est la première fois qu'il avouait qu'il se préparait pour l'élection présidentielle 2027, je le cite j'ai une différence avec les autres j'ai déjà été président et je n'ai pas été candidat à ma propre succession en 2017 je n'entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir mais avec la Comment être utile aujourd'hui en me préparant ? Alors Bérangère Bonte, vu du microcosme des journalistes politiques, ce n'est pas une surprise mais c'est quand même une annonce le fait qu'il se prépare à 2027. Il y pense depuis un bon moment, il y pensait déjà la dernière fois et qu'il avait finalement renoncé en 2022.

Il pense, de ce que je comprends, il est convaincu d'être le seul à gauche à pouvoir rassembler et à à pouvoir accéder au deuxième tour. Ils considèrent, dans l'entourage de François Hollande, on considère qu'Olivier Faure est grillé, pardon pour l'expression, parce que trop trop d'arrangements avec les insoumis. Boris Vallot n'a sans doute pas la même puissance, Raphaël Glucksmann n'a pas l'endurance et n'a évidemment pas l'expérience que lui a et dans le contexte de fortes actualités internationales et de fortes tensions internationales, il est le seul à avoir l'expérience.

Donc bon, souvenez-vous, quand il est élu président de la République, il part, c'est monsieur 3%, il Il démarre...

Donc, lui se dit, après tout, allons-y. C'est étonnant, je ne sais pas ce qu'en pense Michael, mais cette très longue interview...

Moi, je pense toujours, j'oublie jamais mais que c'est quand même quelqu'un qui a été capable de parler pendant 4 ans à 2 journalistes, alors que son entourage n'était pas au courant. Donc je serais curieux de savoir comment s'est décidée cette interview, cette avancée, puisque là, cette fois ci, voilà, il fait un pas en avant. – C'est crédible une candidature de François Hollande en 2027 alors qu'il n'a pas pu se représenter en 2017, un président trop impopulaire ? – Justement, c'est parce qu'il n'a pas pu se présenter qu'il pense que c'est crédible.

Il en a parlé dans son livre, dès le premier livre après sa sortie de l'Elysée, il a été pendant cette période-là assez prolixe, régulièrement un livre pratiquement tous les ans, détourné dans les lycée, dans les écoles de commerce ou dans les EUP. C'est-à-dire qu'en fait, il a aussi beaucoup travaillé toute la génération des primo-votants ou des jeunes votants. Il faut savoir aussi que il n'y a pas un nouveau média qui n Il n'a pas été travaillé par François Hollande depuis toutes ces années.

Ce n'est pas uniquement sortir des livres ou faire des matinales dans les grands médias. Il y a un travail absolument constant. Et ce qui m'intéresse et retient mon attention, c'est le choix du média pour sortir, c'est-à-dire, et pour dire je me prépare, c'est un hebdomadaire qui s'appelle Marianne, qui est évidemment le symbole d'échappement à personne, mais surtout qui a aussi opéré un repositionnement éditorial, qui est une sorte de souverainisme, qui va embrasser du souverainisme au centre droit.

C'est aussi un message pour un rassemblement éventuel en cas de candidature. Et il est vrai qu'il est convaincu que la situation Quand on regarde l'histoire de Mickaël Darmon, quand on regarde l'histoire de la Ve République, Mickaël Darmon, Giscard d'Estaing a pensé un retour. Nicolas Sarkozy a pensé également.

Peut-être que même Emmanuel Macron y pense. Est-ce que c'est possible – On voit bien que jusqu'à présent, ça n'a pas été possible. Mais justement, lui, il est...

Comme disait Bérenger, il faut vraiment avoir ça pour comprendre son mental. Il était persuadé alors que tout le monde ne parlait que du futur président Dominique Strauss-Kahn, il était persuadé que ce ne serait pas lui. Et on finira.

Et au final, on connaît la suite. Merci beaucoup, merci à tous les deux d'avoir participé à cette analyse politique de la campagne présidentielle de ce début de campagne. Merci à tous d'avoir suivi cette émission et vous retrouverez Oriane Mancini dans cette émission le lundi 27 avril.

Très bonne suite des programmes sur Public publics sénat publics sénat en