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interviewLe Groupe Écologiste au Sénat · 28 octobre 2025 5 min

« La lutte contre la vie chère dans les Outre-mer c'est un devoir de la République » - Akli Mellouli

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Avant d'entrer dans le cœur de mon propos, je veux d'abord avoir une pensée pour nos compatriotes ultramarins et en particulier à la en Guadeloupe touché ce weekend par un tremblement de terre. Je veux leur dire toute ma solidarité et celle, j'en suis sûr, de l'ensemble de notre assemblée. L'OTREME est une partvante de notre République.

Ces territoires, par leur diversité et leur histoire rappellent que la France n'est pas seulement hexagonale. Mais cette richesse est aujourd'hui fragilisée par une réalité insupportable, celle de la vie chère, qui mine la cohésion sociale et ronge la promesse d'égalité républicaine. Les écarts de prix entre l'hexagone et les territoires ultramarins demeurent indécents.

Selon l'cé, ils sont ils atteignent aujourd'hui jusqu'à 16 % sur les prix à la consommation et plus de 40 % sur les denrées alimentaires. Ces chiffres traduisent des repas sautés, des médicaments qu'on nachète plus, des familles qui renoncent à l'essentiel. Depuis des années, nos compatriotes ultramarins dénoncent cette injustice parfois au prix de mobilisation massive des entiers à la Réunion, de la Guyotte.

Le cri est le même celui d'un peuple qui veut simplement vivre dignement. Madame la ministre, vous présentez aujourd'hui un projet de loi contre la vie chère qui pourtant ne traite presque d'un seul sujet, les pratiques du secteur de la distribution. C'est certes un enjeu majeur, mais ce texte passe à côté du cœur du problème.

Rien presse sur les véritables déterminants de la vie chère. la politique économique inefficace et injuste centrée sur les exonérations de cotisation sociale, la stagnation des revenus, salaire comme prestation sociale, la crise du logement, le coût de l'énergie, les difficultés d'accès à la santé, le poids des transports, la faiblesse du soutien au développement des productions locales, les aides à la production agricole orienté vers l'exploitation, pardon, vers l'exportation plutôt que vers les marchés, lapsus révélateur intérieur accentue encore cette dépendance. Et pendant que le gouvernement promet de lutter contre la vie chère, le projet de loi de finance s'apprête à réduire d'un tiers les crédits du programme Conditions de vie enem.

Il y a là une contradiction profonde. Néanmoins, madame la ministre, ce texte ouvre des pistes pour répondre à ce défi majeur, notamment en matière de transparence, de régulation et de soutien à la concurrence. D'abord, le bouclier qualité prix renforcé par l'article 2 demeure un outil utile.

Il permet de contenir certains prix des produits de grande consommation. Il favorise la négociation entre l'État, les distributeurs et les producteurs. Mais soyons lucide, ce dispositif ne sait être efficace que s'il varorise des produits locaux.

Aujourd'hui, la dépendance aux importations dans nos territoires est telle qu'elle enferme nos économies dans un cercle vicieux. Plus on importe, plus on pêchère et plus on pêcher, moins on produit. Derrière les rayons des grandes surfaces, il y a souvent les mêmes acteurs de puissants groupes d'importation, parfois en situation de monopole qui fixent leur marges loin de tout contrôle réel.

Favoriser les produits locaux, c'est du bon sens économique, écologique et social. C'est aussi la clé pour retrouver une souveraineté alimentaire et réduire la dépendance logistique qui alimente la chairé. Ainsi, le bouclier qualité prix doit cesser d'être un simple accord de modération sur les produits importés.

Il doit devenir un levier de transformation structurelle des circuits d'approvisionnement. Cela suppose que dans chaque territoire, une part significative du panier du bouclier qui a été pris soit issu de la production locale. Deuxème point, la la transparence des marges et des pratiques commerciales.

Les articles 6 et 7 vont dans la bonne direction. Il prévoit une obligation de transmission d'informations sur les prix, les marges et les ristourn perçus par les distributeurs. C'est indispensable car souvent les marges dites arrières gonflent artificiellement les prix sans qu'aucune donnée publique ne permettent de le prouver.

Mais pour que cette transparence soit réelle, encore faut-il qu'elle puisse être contrôlée et sanctionnée. Or, le principal instrument de contrôle, l'observatoire des prix, des marges et des revenus, est aujourd'hui démuni. Ces moyens humains et financiers sont dérisoires face à l'ampleur de sa mission.

Comment espérer mesurer les marges enquêter sur les filières, détecter les abus si l'observatoire ne dispose ni des effectifs, ni des outils, ni des données nécessaires ? C'est pourquoi, je le dis clairement, il faut au minimum quadruper les moyens des OPMR, pas les augmenter symboliquement, les multiplier par 4 au minimum. Un observatoire sous-douté, c'est une République aveuble.

Un observatoire renforcé, c'est une République qui regarde enfin la vérité des chiffres et donc la vérité des prix. 3è enjeu, la concurrence loyale. Les articles 8 et 10 apportent des réponses en sanctionnant les discriminations commerciales injustifiées à l'encontre des territoires ultramarin.

C'est une avancée car nous savons que certains fournisseurs pratiquent encore les tarifs plus élevés pour les Dromcom sans autre raison que leur éloignement. Mais la concurrence ne doit pas se limiter à une question de tarif. Elle doit aussi garantir la diversité des acteurs économiques.

Dans beaucoup d'îes, le commerce de détail est concentré entre quelques grandes enseignes. Cette concentration, madame, fragilise les producteurs locaux et étouffe les petites entreprises. Le texte ouvre la possibilité d'un meilleur contrôle des concentrations commerciales.

C'est une bonne chose à condition que l'autorité de la concurrence des dispose elle aussi des moyens spécifiques pour les mèes. Enfin, je veux assister sur un point qui me semble fondamental. La dignité économique est le socle de la dignité humaine.

La chairé de la vie n'est pas seulement un problème de pouvoir d'achat, c'est un problème de justice. Elle creuse les égalités, nourrit les frustrations et affaiblit le lien qui unit chaque citoyen à la République. La lutte contre la vie chère, c'est donc une politique de cohésion nationale.

Ce n'est pas une faveur accordée ou du supplément d'âme aux autres mèes. C'est un devoir de la République envers elle-même. Et M Césarer disait il n'y a pas de dignité sans justice.

Il n'y a pas de liberté sans égalité. C'est à l'eigence de dignité et d'égalité que notre République sera jugée. Je vous remercie.