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InterviewRTL (sur YouTube)· 25 juin 2025 16 minContradictoireFond programmatiqueRetraitesÉconomie & entreprisesTravail & emploiDéfense

Édouard Philippe : "Le prix de nos mensonges"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    On va essayer de percer ce qu'il y a dans le moteur du livre.

  • 0:36OuverteRéponse partielle

    Que doit faire François Bayrou ?

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Vous convoquez votre prof d'économie de seconde qui vous expliquait que le système de retraite par répartition est dépendant de la démographie.

  • 3:13OuverteÉludée

    Comment votre propre économiste de ce monde ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Il doit faire quoi, le Premier ministre ?

  • 4:41RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il n'est pas temps de rendre la parole aux Français maintenant ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « La question des retraites, on la traite depuis bien plus longtemps que 2017, et on aurait dû la régler depuis bien plus longtemps que 2017. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « Ce que je redoute, c'est que ce conclave, il avait pour objectif de rendre acceptable une réforme qui a déjà été votée, et qui elle-même, celle qui porte progressivement l'âge de départ à 64 ans, ne règle pas, au fond, la totalité de la question pour les 20 ans qui viennent. »
  • 2:34Invité politiqueFait
    « On sait depuis assez longtemps qu'il y a augmentation du nombre de pensionnés à cause du baby-boom de juste après la Deuxième Guerre mondiale. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « Il y a de moins en moins de gens qui financent la retraite, de plus en plus de gens qui sont à la retraite. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « La question de dans 20 ans, c'est comment est-ce qu'on finance la dépendance ? »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « Tous ces de plus en plus nombreux retraités, ils vont avoir plus de 85, voire plus de 90 ans à jour. »
  • 5:30Invité politiqueFait
    « Notre pays, il s'affaiblit. »
  • 5:49Invité politiqueFait
    « Il vaut mieux remettre à plat notre système d'éducation pour créer et pour avoir la possibilité d'être plus intelligent collectivement. »
  • 7:47Invité politiqueFait
    « C'était une très mauvaise idée, les 35 heures. »
  • 9:57Invité politiqueFait
    « J'ai été Premier ministre pendant 3 ans, en faisant une politique de l'offre, en essayant de faire en sorte que les entreprises puissent fonctionner mieux, en faisant en sorte que le chômage puisse baisser, et il a baissé. »
  • 11:34Invité politiqueFait
    « La France reste une puissance nucléaire, reste une puissance prospère, même si à mon avis elle pourrait l'être plus. »

Temps de parole

  • Édouard Philippe71 %
  • Présentateur25 %
  • ?4 %

≈ 19,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

RTL Matin Et tout de suite l'invité d'RTL Matin, Thomas, vous recevez aujourd'hui le maire du Havre, président du parti Horizon et candidat à la présidentielle, Edouard Philippe. Bonjour et bienvenue sur RTL, Edouard Philippe. Bonjour. Vous venez donc de publier ce livre, Le prix de nos mensonges, chez J.C. Lattest, livre que vous auriez pu appeler d'ailleurs, Il faut arrêter de se raconter des histoires, tant la formule revient souvent sous votre pluie. Mais ce matin, on va essayer, si vous êtes d'accord, de percer ce qu'il

0:22
Locuteur

y a

0:22
Présentateur

dans le moteur. Il faut arrêter de se raconter des histoires, on a l'impression que ça peut s'appliquer à la grande comédie des retraites, qui dure depuis 2017. Le conclave, on le sait, c'est mort. La retraite avec une part de capitalisation, qui a votre préférence, ça ne sera pas pour tout de suite, quoi qu'il arrive. Que doit faire François Bayrou ? C'est quoi ? C'est la méthode qui n

0:39
Locuteur

'est

0:39
Présentateur

pas bonne ? Qu'est-ce qui cloche

0:41
Locuteur

?

0:42
Édouard Philippe

D'abord, la question des retraites, on la traite depuis bien plus longtemps que 2017, et on aurait dû la régler depuis bien plus longtemps que 2017. C

0:50
Locuteur

'est

0:50
Édouard Philippe

2017, rapport à l'arrivée d'Emmanuel Macron ? Oui, j'avais bien compris. Je n

0:54
Locuteur

'ai

0:54
Édouard Philippe

pas de conseil à donner à François Bayrou. Il essaie d'engager dans cette histoire de conclave. Pourquoi pas ? Ce que je redoute, c'est que ce conclave, il avait pour objectif de rendre acceptable une réforme qui a déjà été votée, et qui elle-même, celle qui porte progressivement l'âge de départ à 64 ans, ne règle pas, au fond, la totalité de la question pour les 20 ans qui viennent. Bon, le conclave n'a pas donné d'accord. Je ne

1:17
Locuteur

sais

1:17
Édouard Philippe

pas si François Bayrou, en recevant chacun des responsables, réussira à avoir un élément sur lequel il pourrait avancer. Je

1:25
Locuteur

n'ai pas l'impression que

1:26
Édouard Philippe

vous y croyez. Mais je suis... Non, je ne

1:30
Locuteur

suis

1:30
Édouard Philippe

pas totalement optimiste. Mais surtout,

1:33
Locuteur

je

1:34
Édouard Philippe

pense qu'on n'arrivera à rien si on se raconte des histoires. Et ce que disait François Langlais juste auparavant est parfaitement exact. Imaginez qu'on puisse conserver le même niveau de prospérité

1:46
Locuteur

en

1:46
Édouard Philippe

travaillant globalement sur une vie plutôt moins que nos voisins, et nos voisins proches, les Allemands, les Anglais, même les Italiens, c'est se raconter des histoires. Ce n

1:58
Locuteur

'est

1:58
Édouard Philippe

pas forcément très agréable, et ce n

2:00
Locuteur

'est

2:00
Édouard Philippe

certainement pas très populaire, de dire aux gens que si on veut rester prospère, il va falloir travailler plus longtemps. Ça, j'ai bien vu. Mais il n'empêche, Thomas Soto, que

2:08
Locuteur

c

2:08
Édouard Philippe

'est vrai.

2:08
Présentateur

Vous convoquez votre prof d'économie de seconde, qui vous expliquait que le système de retraite par répartition est par nature très largement dépendant de la démographie. On a l'impression qu'il avait tout dit, en fait. Le problème, il est là. Mais

2:19
Locuteur

moi,

2:20
Édouard Philippe

c'est ça qui me fascine. C'est que, comme notre système de retraite, il est fondamentalement dépendant de notre démographie. Et que la démographie, c'est une de ses rares sciences sociales qui permet de voir à peu près ce qui va se passer. Pas complètement, mais à peu près ce qui va se passer. On sait depuis assez longtemps qu'il y a augmentation du nombre de pensionnés à cause du baby-boom de juste après la Deuxième Guerre mondiale. On sait qu'ils vont arriver à la retraite,

2:43
Locuteur

qu

2:43
Édouard Philippe

'ils vont vivre plus longtemps. C'est tant mieux, d'ailleurs. C'est la génération de mes parents. Moi, je suis très content que ma mère vive encore.

2:48
Locuteur

Elle a

2:48
Édouard Philippe

78 ans. Elle touche sa pension. Elle a travaillé toute sa vie. Et je trouve ça très bien. Mais il y a de moins en moins de gens qui financent la retraite, de plus en plus de gens qui sont à la retraite. Et donc, c'est de plus en plus difficile pour ceux qui payent les pensions. C'est-à-dire, pour le dire autrement, de façon un peu techno, que le poids de notre protection sociale, il pèse majoritairement sur le travail. Et bien ça, ça a des conséquences qui sont violentes et brutales pour l'économie française.

3:13
Locuteur

Vous savez

3:13
Présentateur

comment votre propre d'économie de ce monde ? Mais j'ai oublié son nom.

3:16
Locuteur

Je me souviens de sa tête. Vous avez pu le nommer à Mathieu ou si vous êtes

3:17
Édouard Philippe

élu ? Oui, oui. Je me souviens de sa tête. Il ressemblait un peu à l'acteur Rufus. Et je peux vous dire que... Enfin, je n

3:25
Locuteur

'ai

3:25
Édouard Philippe

jamais parlé de politique avec lui. Je ne crois pas du tout que c'était un homme de droite, vous voyez. Je ne pense pas du tout.

3:31
Locuteur

Mais,

3:31
Édouard Philippe

au moins, il expliquait que la démographie, si on ne la prenait pas en compte, on se racontait des histoires. Et je voudrais vous dire un autre mot, M. Soto.

3:38
Locuteur

C

3:38
Édouard Philippe

'est qu'à force de ne pas régler la question des retraites, alors même qu

3:40
Locuteur

'on

3:40
Édouard Philippe

sait que la démographie nous y invite,

3:43
Locuteur

on

3:44
Édouard Philippe

est aujourd'hui en train de ne pas régler la question de dans 20 ans.

3:47
Locuteur

La

3:47
Édouard Philippe

question de dans 20 ans, c'est comment est-ce qu'on finance la dépendance ? Parce que tous ces de plus en plus nombreux retraités,

3:53
Locuteur

ils

3:53
Édouard Philippe

vont avoir plus de 85, voire plus de 90 ans à jour. Ils vont être confrontés massivement aux questions de dépendance. Et aujourd'hui, on ne sait pas faire face à ces questions. Mais en attendant dans 20

4:02
Locuteur

ans, Et on n'arrivera jamais à les

4:03
Édouard Philippe

régler

4:03
Locuteur

si

4:04
Édouard Philippe

on

4:04
Locuteur

n'a pas réglé la question des retraites d'abord.

4:05
Présentateur

Il doit faire quoi, le Premier ministre ? Il faut attendre 2027 ?

4:08
Locuteur

Il

4:08
Présentateur

faut dire,

4:08
Locuteur

voilà,

4:08
Présentateur

de toute façon, on n'y arrive pas, il n

4:10
Locuteur

'y

4:10
Présentateur

a pas de majorité. Ma conviction, c'est qu

4:12
Édouard Philippe

'on ne réglera pas cette question par des éléments techniques. On la réglera par un vrai débat politique consistant à dire qu'est-ce qu

4:23
Locuteur

'on

4:23
Édouard Philippe

veut pour notre pays. Et ce moment-là, c'est plutôt le moment de la présidentielle, c'est vrai.

4:27
Présentateur

Là, on va avoir le cirque habituel, même si tout ça est tout à fait légal. Motion de censure des socialistes qui va être discutée, votée, Bayrou tombera peut-être, tombera peut-être pas. Et puis on va perdre du temps. Et puis certains vont dire que le Premier ministre joue la montre. Est-ce qu'il n

4:41
Locuteur

'est

4:41
Présentateur

pas temps de rendre la parole aux Français maintenant ? Alors pas par une dissolution, vous parlez d'une funeste initiative. Donc j'imagine que vous n'en voulez pas une deuxième de dissolution.

4:47
Édouard Philippe

Je pense que, je vais vous dire, j'ai vu deux dissolutions à froid dans ma vie. Jacques et Macron. Celle de 1997 et celle de 2024. Elles ont toutes les deux été de mauvaises idées. Voilà.

5:02
Locuteur

Alors est-ce qu'il faut avancer la présidentielle ?

5:03
Présentateur

Est-ce qu'il faut avancer la présidentielle ?

5:15
Édouard Philippe

Est-ce que l'urgence... Parce que c'est bien beau de dire, j'entendais Mélenchon qui parlait de la langue française. C'est formidable de s'écharper sur la langue française. Mais enfin, on pourrait quand même essayer de regarder la réalité en face et se demander comment est-ce qu'on redonne à notre pays les moyens de sa puissance. Notre pays, il s'affaiblit.

5:32
Locuteur

Et

5:32
Édouard Philippe

il s'affaiblit pas simplement parce qu'on peut contester la décision prise par tel ou tel. Il s'affaiblit en tendance depuis très longtemps.

5:40
Locuteur

Et

5:40
Édouard Philippe

ma conviction, c'est qu'être faible dans un monde dangereux, c

5:43
Locuteur

'est

5:43
Édouard Philippe

s'exposer à des graves déconvenus. Donc, il vaut mieux être fort,

5:46
Locuteur

il

5:46
Édouard Philippe

vaut mieux être prospère,

5:47
Locuteur

il

5:47
Édouard Philippe

vaut mieux prendre les décisions qui nous permettent d'être plus riches, il vaut mieux remettre à plat notre système d'éducation pour créer et pour avoir la possibilité d'être plus intelligent collectivement l'éducation, la justice sociale, la justice tout court parce que c'est l'élément faible de notre chaîne sécuritaire. On va en parler de tout ça. Tout ça,

6:05
Locuteur

c

6:05
Édouard Philippe

'est ce qui redonne à la France sa puissance.

6:07
Présentateur

Vous dites dans ce livre, je m'énerve pas, je suis en colère. Vous l'étiez en colère quand vous étiez à Matillon parce qu'on a l'impression que la colère, on la découvre quand on n'est plus aux affaires.

6:17
Édouard Philippe

Donc, ce que je dis, c'est que oui, je suis en colère. Je la contiens. C'est une colère froide, je la contiens. Je la contiens parce qu'il y

6:23
Locuteur

a

6:23
Édouard Philippe

un peu d'impatience,

6:24
Locuteur

il

6:24
Édouard Philippe

y

6:24
Locuteur

a

6:24
Édouard Philippe

un peu parfois de frustration par rapport à ce qu

6:26
Locuteur

'on

6:26
Édouard Philippe

n'arrive pas à faire. Il y a parfois aussi beaucoup, beaucoup d'agacement et de consternation par rapport à ce qu

6:31
Locuteur

'on

6:31
Édouard Philippe

ne veut pas voir.

6:33
Présentateur

Vous dites, nous passons notre temps à essayer de déformer les faits pour qu'ils entrent dans les histoires que nous racontons. Mais c'est vrai. Mais c'est le principe d'une campagne présidentielle. Mais pas du tout.

6:40
Locuteur

Mais si, on fait une liste au Père Noël et une fois qu'on est élu, on appelle aux Français

6:43
Édouard Philippe

que le Père Noël n'existe pas. Thomas Soto, je ne dis pas qu'il n

6:46
Locuteur

'y a

6:46
Édouard Philippe

pas des gens qui pensent que c'est ça la démocratie. Je ne crois pas que ce soit ce que vous pensiez. Et si vous pensez que la démocratie... Non, ça m'étonnerait que vous ne pensez rien. Si vous pensez que la démocratie, c'est raconter des histoires aux Français pour ensuite dire, c'est plus compliqué que ce qu

6:58
Locuteur

'on

6:58
Édouard Philippe

vous a dit, et bien moi je ne crois pas ça et je ne dis pas ça.

7:01
Locuteur

Et j'accepte l'idée de Thomas Soto de dire des choses

7:05
Édouard Philippe

qui ne sont pas populaires, que peut-être certains Français n

7:09
Locuteur

'ont

7:09
Édouard Philippe

pas envie d'entendre, mais que je crois vrai. Et puis ensuite, les Français y choisiront. Il faut faire... Si on est démocrate, il faut prendre les Français au sérieux.

7:16
Locuteur

Et

7:16
Édouard Philippe

il faut leur dire les choses telles que vous les voyez.

7:17
Présentateur

Et ensuite, c'est eux qui choisissent. Des paroles et des actes, Edouard Philippe. Nous sommes fièrement attachés à notre semaine de 35 heures, à nos jours fériés et au rêve d'une retraite pas trop tardive. C'est vous qui l'écrivez dans le prix de nos mensonges. Les 35 heures, en parler, les critiquer souvent, les abroger jamais. Si vous devenez président de la République, est-ce que vous abrogerez les 35 heures

7:33
Locuteur

?

7:34
Édouard Philippe

Je ferai en sorte qu

7:35
Locuteur

'on

7:35
Édouard Philippe

travaille plus longtemps. Est-ce que vous

7:36
Locuteur

abrogerez

7:36
Présentateur

les 35

7:37
Édouard Philippe

heures ? Je ferai en sorte qu

7:37
Locuteur

'on

7:37
Édouard Philippe

travaille plus longtemps. Plus longtemps dans la semaine, plus longtemps dans l'année, et peut-être plus longtemps dans la vie, oui. Donc la réponse est oui. Mais je ne

7:45
Locuteur

suis

7:45
Édouard Philippe

pas sûr, je vais vous dire,

7:46
Locuteur

je

7:46
Édouard Philippe

ne

7:46
Locuteur

suis

7:46
Édouard Philippe

pas sûr que les... Enfin, c'était une très mauvaise idée, les 35 heures. Mais je ne

7:49
Locuteur

suis

7:49
Édouard Philippe

pas sûr que réintroduire les 39 heures serait une meilleure idée. Je pense qu'il faut laisser de la liberté aux Français. Dès lors qu'on leur dit qu'il va falloir travailler plus longtemps, dès lors qu'on leur dit qu

7:58
Locuteur

'il

7:58
Édouard Philippe

va falloir travailler plus nombreux,

8:00
Locuteur

dès

8:00
Édouard Philippe

lors qu'on leur dit qu'il va falloir travailler plus, et qu'en travaillant plus, pour le coup, on va pouvoir régler un certain nombre de problèmes, et donc, d'une certaine façon, gagner mieux sa vie. Eh bien, il faut leur laisser le soin de s'organiser pour ça. Il peut y avoir des accords dans les entreprises où on travaille plus longtemps, il y en a déjà. Il peut y avoir des âges de la vie où on a envie de travailler plus longtemps.

8:18
Locuteur

Moi,

8:19
Édouard Philippe

j

8:19
Locuteur

'ai

8:19
Édouard Philippe

toujours été frappé par ça. Et d'ailleurs, je vais vous dire, il y a des âges dans la vie dans lesquels on travaille plus que d'autres. Moi, quand j'avais 30 ans, j'étais célibataire, je pouvais travailler.

8:30
Locuteur

C

8:30
Édouard Philippe

'est ce que

8:31
Locuteur

vous disiez précédemment, c'est qu

8:32
Présentateur

'on peut, en fonction de l'âge, aussi adapter la durée du

8:35
Locuteur

travail.

8:35
Présentateur

Mais bien

8:35
Locuteur

sûr,

8:36
Édouard Philippe

mais bien sûr, il y a mille solutions. Et encore une fois, Thomas Soto, je ne

8:39
Locuteur

suis

8:39
Édouard Philippe

pas en train de vous parler d'un truc qui serait incroyable. On serait les seuls en France à se poser cette question. Dans tous les pays d'Europe, extrêmement attachés à leur modèle social, extrêmement attachés à la solidarité, extrêmement attachés à la défense des salariés, avec

8:51
Locuteur

des modèles syndicaux beaucoup plus forts que chez vous. Avec Édouard Philippe, on

8:54
Édouard Philippe

travaille plus et plus longtemps. Et on gagne plus. Et on rend la

8:57
Locuteur

France plus prospère. Et

8:59
Édouard Philippe

on rend la France plus prospère, donc plus sûre. Et on rend la France plus puissante. Et on prépare l'avenir pour nos enfants. Ce n

9:06
Locuteur

'est

9:06
Édouard Philippe

pas une question de travailler plus, parce que j'ai envie de jouer le père fouettard en disant aux gens de travailler plus. J'ai envie de faire en sorte que notre pays soit puissant. Je le vois de moins en moins puissant. Ça me terrifie.

9:18
Locuteur

Et

9:18
Édouard Philippe

donc je dis, si on veut être plus puissant, on a à régler quelques problèmes, pas 60 quelques problèmes, et ensuite on peut avancer. Parce que les Français, ils ont de la ressource. Ils ont une capacité, lorsqu'on leur laisse la marge de manœuvre,

9:31
Locuteur

à avancer très vite.

9:32
Présentateur

Et de se dire, ce monsieur-là a été le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron. Oui, j'ai fait 8 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Et il fait ce constat quasi apocalyptique. Vous comprenez que ça trompe

9:41
Édouard Philippe

? Je ne fais pas un constat apocalyptique. Ça ne va pas bien.

9:45
Locuteur

Pourquoi

9:45
Édouard Philippe

vous pensez que ça va bien ? Vous pensez qu'il

9:46
Locuteur

y a

9:46
Édouard Philippe

un Français

9:47
Locuteur

qui nous écoute, qui se dit, ça va pas vraiment super ?

9:50
Édouard Philippe

Je ne

9:50
Locuteur

crois

9:50
Édouard Philippe

pas. Je pense que tout le monde voit ce que je suis en train de dire. Bon, moi j'ai été Premier ministre pendant 3 ans. Je n

9:55
Locuteur

'ai

9:55
Édouard Philippe

pas été Premier ministre en me tournant les pouces. J'ai été Premier ministre pendant 3 ans, en

9:59
Locuteur

faisant

9:59
Édouard Philippe

une politique de l'offre,

10:00
Locuteur

en

10:00
Édouard Philippe

essayant de faire en sorte que les entreprises puissent fonctionner mieux, en faisant en sorte que le chômage puisse baisser, et il a baissé, en réduisant le déficit, en faisant en sorte que l'apprentissage puisse fonctionner mieux pour qu'on ait une génération qui accède plus facilement à l'emploi, et ça a fonctionné. Je ne

10:14
Locuteur

dis

10:14
Édouard Philippe

pas que j'ai bien tout fait. Je ne

10:15
Locuteur

me

10:15
Édouard Philippe

suis pas tourné les pouces pendant 3 ans. En augmentant considérablement les dépenses de défense, alors même, M. Soto, qu'en 2017, les gens me disaient, vraiment, dépenser autant pour la défense, est-ce bien sérieux ? Je ne vais pas m'excuser de ça. Simplement, ce qui est vrai, c'est qu'il y a énormément de choses à faire, peut-être à faire différemment de ce que j'ai fait, mais à faire si on a envie de faire avancer le

10:37
Locuteur

pays.

10:37
Présentateur

Je voudrais qu

10:37
Locuteur

'on

10:37
Présentateur

dise quelques mots de la situation internationale, puisque vous parlez de la défense dans ce monde, évidemment, dangereux. On a l'impression que la France s'écoute beaucoup parler, mais qu'elle n

10:44
Locuteur

'est

10:44
Présentateur

pas très entendue, que ce soit sur Israël, sur la situation en Iran, qu'elle n

10:48
Locuteur

'est

10:48
Présentateur

pas dans le match.

10:48
Locuteur

Vous

10:48
Présentateur

dites, nous n'avons aucun traitement de faveur à espérer des Etats-Unis, nous devons apprendre à faire sans eux, peut-être même parfois contre eux. On est dans une espèce de niaiserie romantique, avec les Etats-Unis, avec notre supposé puissance. Je vais citer une autre phrase. C'est une blague en Allemagne, qu

11:03
Locuteur

'on

11:03
Présentateur

vous a racontée, qui ne vous fait pas marrer. Et quelqu'un qui vous dit, pour devenir riche, il faut acheter un Français ce qu'il vaut, et le vendre à ce qu'il prétend être.

11:12
Édouard Philippe

Oui, c'est une vieille blague allemande, qui

11:14
Locuteur

ne m'a

11:14
Édouard Philippe

jamais fait rire.

11:15
Locuteur

Mais est-ce que notre arrogance

11:16
Édouard Philippe

est en train de nous tuer

11:17
Locuteur

? Qui

11:19
Édouard Philippe

dit beaucoup de choses sur la façon dont les Français sont vus à l'étranger, y compris en Allemagne, où pourtant la population est plutôt francophile. Et de fait, nous nous racontons des histoires, y compris dans notre système de relations internationales. On ne pèse plus, si ? On pèse encore

11:32
Locuteur

? On

11:32
Édouard Philippe

a encore de l'influence. La France reste une puissance nucléaire, reste une puissance prospère, même si à mon avis elle pourrait l'être plus. Elle reste un acteur du système international, qui a un rôle, qui a une influence.

11:45
Locuteur

On ne va

11:45
Édouard Philippe

pas non plus raconter des cracks.

11:48
Locuteur

Mais

11:48
Édouard Philippe

ce qui est vrai, c'est que la façon dont elle se représente le monde, est souvent dépassée. Moi j'ai été frappé de ça depuis très longtemps, parce que j'ai habité en Allemagne, parce que je connais un peu l'Allemagne, parce que j'aime bien l'Allemagne. Je vois depuis que je suis adolescent, les responsables politiques, un par un, se féliciter de l'amitié franco-allemande. Et expliquer que l'amitié franco-allemande, c'est au cœur de la politique étrangère française. C'est vrai d'ailleurs, c'est au cœur de la politique étrangère française. Mais est-ce que cette amitié franco-allemande, elle produit encore ses fruits ? Est-ce qu'elle est encore réelle ?

Est-ce que les Français connaissent l'Allemagne ?

12:15
Locuteur

Est

12:15
Édouard Philippe

-ce que les Allemands connaissent la France ? Est-ce que vraiment, dans notre vision du monde, dans nos politiques publiques, on assiste à plus de convergence ou à plus de divergence ?

12:22
Locuteur

Absolument,

12:22
Édouard Philippe

à tout ça, vous répondez non. Ben oui, mais c'est la vérité. Dans des domaines dans lesquels on était complémentaire, par exemple l'aéronautique ou le spatial, on est aujourd'hui concurrent. Dans notre vision du monde, on n

12:32
Locuteur

'est

12:32
Édouard Philippe

pas aligné. Dans nos politiques énergétiques, on est très différent. Donc, cette alliance fondamentale, extrêmement importante, sur laquelle je ne

12:38
Locuteur

veux

12:38
Édouard Philippe

pas revenir, elle est minée par quoi ? Par deux visions du monde différentes. Et elle est minée par le fait que les Français ne comprennent pas les choix des Allemands, et les Allemands ne comprennent pas la capacité des Français à faire ce que les Français disent qu'ils vont faire, notamment en matière de tenue des comptes.

12:52
Présentateur

Et quel serait le président Edouard Philippe s'il était élu ?

12:55
Locuteur

On

12:55
Présentateur

va parler de votre vision de l'exercice du poids.

12:57
Locuteur

Et

12:57
Présentateur

là, vous prenez le contre-pied du discours ambiant qui veut de l'horizontalité, des conventions citoyennes. On en a une en ce moment qui vient de débuter sur le rythme de l'école. Ce n

13:04
Locuteur

'est

13:04
Présentateur

pas votre truc. Vous êtes plutôt sur la ligne Chirac. Un chef,

13:07
Locuteur

c

13:07
Présentateur

'est fait pour cheffer. En fait, vous revendiquez une verticalité qui a exactement été un des principaux reproches faits à Emmanuel Macron. Vous êtes joueur, vous.

13:16
Édouard Philippe

Je ne suis pas joueur, je dis ce que je pense. Et je pense que dans les périodes comme celles que nous vivons, qui sont des périodes

13:22
Locuteur

d

13:23
Édouard Philippe

'affaissement, qui sont des périodes dangereuses, il faut une vision claire et une capacité à mettre en œuvre ce qu'on a expliqué aux Français. Et donc, je crois qu'en effet, on est dans une période... Alors, je ne

13:34
Locuteur

veux

13:34
Édouard Philippe

pas manier les dates avec trop de force symbolique. Mais enfin, il y a quand même quelque chose comme la période de la fin des années 50 qui se vit en France aujourd'hui. C'est-à-dire un modèle institutionnel qui n'est plus servi par des gens qui s'en affranchissent, une situation d'affaissement qui est perçue par tout le monde. Je constate que la dernière fois que nous avons vécu ça de façon extrêmement claire en France, c'était en 57-58, dans des circonstances différentes, avec la guerre d'Algérie, peut-être. Néanmoins, c'était quand même ce que nous vivions. Et que ce qui s'est passé en 58, ça n

14:06
Locuteur

'a

14:06
Édouard Philippe

pas été une grande cure d'horizontalité. Vous voyez ? Ça a plutôt été un homme proposant une vision et ensuite une action rapide, résolue, permettant de la mettre en œuvre. Et bien, je crois qu'on se raconte des histoires en pensant qu'en diluant le pouvoir, en le faisant partir dans tous les sens, on va réussir à régler les problèmes français. Je ne crois pas ça. En revanche, je crois à la liberté. Et donc, je suis convaincu qu'il faut donner de la liberté à un certain nombre d'acteurs.

14:31
Présentateur

Rapidement, pour finir, il

14:32
Locuteur

y

14:32
Présentateur

a une femme qui, elle aussi, a une vision et qui aimerait être candidate à la présidentielle, c'est Marine Le Pen. Demain, Rix Ciotti va déposer une proposition de loi pour supprimer l'exécution provisoire de l'inéligibilité. Il s'agit donc de lui permettre d'être candidate à la présidentielle. Est-ce que, très simplement, vous souhaitez que Marine Le Pen puisse être candidate à la présidentielle en 2027

14:47
Locuteur

?

14:48
Édouard Philippe

Je préfère la battre à l'élection présidentielle que ne pas pouvoir la battre à cause d'une décision de justice. La réponse est oui. J'ai toujours dit ça.

14:57
Locuteur

Je ne

14:57
Édouard Philippe

crois pas qu'il soit utile de voter des lois de circonstance en plein milieu de procédures judiciaires. Et je m'amuse à constater qu'il fut une époque où le Rassemblement National fustigait, fustigait avec des termes très durs et parfois des insultes, toutes celles et ceux qui auraient pu proposer la même chose.

15:15
Présentateur

Merci, Edouard Philippe. L'époque est au catch. Il faudrait du clivage, du sang, de la chic et du mollard, dites-vous. On referme ce livre en disant qu

15:21
Locuteur

'il

15:21
Présentateur

est nuancé, Edouard Philippe. C'est audacieux dans notre époque. Merci, en tout cas, d'être venu nous voir ce matin sur RTL. Le livre s'appelle Le prix de nos mensonges chez Cégi... Cégi,

15:30
Locuteur

c

15:30
Présentateur

'est la thèse.

15:31
Locuteur

Et dans un instant... On l'avait saisi.

15:32
Présentateur

Cégi, c

15:32
Locuteur

'est la thèse.