Touche Pas à Mon Peuple ! #2 : Apologie du terrorisme, niche parlementaire et crise sociale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Peux-tu réexpliquer le bad buzz sur l'apologie du terrorisme monté contre les Insoumis ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Qu'y avait-il vraiment dans le texte sur l'apologie du terrorisme ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Pourquoi ce buzz a-t-il été construit selon toi ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Peux-tu rappeler ce qu'est une niche parlementaire ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Quels blocages ont été mis en place par le gouvernement sur la niche ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Comment se sont comportés les députés macronistes pendant la niche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Mathilde PanotFait
« Notre texte propose de sortir le délit d'apologie du terrorisme du droit pénal pour le remettre dans le droit de presse, comme d'ailleurs c'est le cas de l'apologie de crime de guerre, de l'apologie de crime contre l'humanité. »
- 6:00Mathilde PanotFait
« Le délit d'apologie du terrorisme est dévoyé, instrumentalisé contre les voix pour la paix, contre les voix pour le droit international et contre tous les opposants à ce pouvoir. »
- 9:00Hugo BernalicisFait
« En fait, il se trouve qu'en l'ayant mis dans le code pénal, ça a été l'objet d'instrumentalisations diverses et variées, sans lien avec les objectifs pour lesquels ça a été mis dans cette loi au départ. »
- 19:00Pierre-Yves CardalinChiffre
« Passer la retraite de 62 à 64 ans comme ils l'ont fait, c'est 15 000 personnes supplémentaires qui ne verront pas un seul jour de leur retraite. »
- 23:00Mathilde PanotChiffre
« Les macronistes ont utilisé 75% du temps de parole et qu'ils ont donc essayé par tous les moyens d'empêcher ce vote. »
- 29:00Sophia ChikirouPromesse
« Nous allons faire tomber le gouvernement Barnier dans la semaine qui vient. »
- 32:00Anaïs Belouassa-SherifiChiffre
« Un baromètre de l'UNICEF est sorti en août dernier et dit que 243 enfants dorment à la rue chaque nuit, faute de recours au 115. »
- 38:00Anaïs Belouassa-SherifiPromesse
« Nous, ce qu'on propose, c'est la construction de 200 000 logements sociaux par an, les créations de 10 000 places d'hébergement d'urgence. »
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Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans le deuxième numéro de Touche pas à mon peuple, le podcast de la France Insoumise. Ce deuxième numéro va être un petit peu particulier parce qu'il va principalement tourner autour de la niche parlementaire, la journée de la niche parlementaire, la France Insoumise, nouveau front populaire à l'Assemblée Nationale qui a eu lieu ce jeudi. Mais nous n'allons pas parler que de ça, puisqu'on va également parler du pack buzz en début de la semaine, sur l'apologie du terrorisme qui a touché les Insoumis, on va revenir dessus avec Mathilde Panot et Hugo Bernalicis.
On va bien sûr parler de la niche parlementaire avec, vous le verrez, beaucoup d'interventions de députés insoumis et insoumis. On va aussi parler de la crise du logement avec Anaïs Belouassa-Sherifi qu'on a suivi à Lyon. Et on va parler de distribution alimentaire.
On s'est rendu à une distribution alimentaire des jeunes insoumis Île-de-France à Paris cette semaine. Sans oublier bien sûr la carte blanche laissée à l'ILB, l'Institut, la Boétie. Touche pas à mon peuple, c'est le deuxième épisode et ça commence maintenant.
Et pour nous accompagner pendant une... bonne partie de ce podcast.
Mathilde Pannot est avec nous. Bonjour Mathilde, est-ce que tu peux commencer en nous réexpliquant ce que c'est donc ce bad buzz sur l'apologie du terrorisme qui a été monté le week-end dernier contre les Insoumis ? Bonjour à toutes et à tous.
Alors cette semaine a commencé par une charge politico-médiatique extrêmement violente contre la France Insoumise et qui a duré pendant plusieurs jours. Le prétexte cette fois-ci c'était une proposition de loi déposée par Hugo Bernalicis sur... l'abrogation du délit d'apologie du terrorisme dans le droit pénal.
Évidemment, personne n'a été lire l'entièreté juste du titre de la proposition de loi, ni même l'exposé des motifs. Et donc, partout a été expliqué un énorme mensonge sur le fait que la France Insoumise voulait abroger le délit d'apologie du terrorisme. En expliquant que c'était une insulte aux victimes des actes terroristes, que la France Insoumise était l'amie des terroristes.
Certains ont même été jusqu'à dire que la France insoumise voulait vivre dans un monde où l'on pourrait dire les massacres du Bataclan c'est merveilleux. Quand a pris ce qu'a Thévenot, députée Macroniste et ancienne porte-parole du gouvernement, elle a été jusqu'à qualifier la France insoumise d'anti-France. Anti-France qui est une expression de Charles Maurras, donc d'un penseur d'extrême droite, et qui a été utilisée contre Dreyfus, donc par les anti-Dreyfusards, donc une expression d'extrême droite qui a été utilisée contre nous.
Ok Mathilde, maintenant je vais te poser la question que j'imagine tout le monde a envie de te poser. Qu'est-ce qu'il y avait du coup dans ce texte, puisqu'on a eu la désinformation, qu'est-ce qu'il y avait en vérité dans le texte porté par la France Insoumise ? Notre texte propose de sortir le délit d'apologie du terrorisme du droit pénal pour le remettre dans le droit de presse, comme d'ailleurs c'est le cas de l'apologie de crime de guerre, de l'apologie de crime contre l'humanité.
Et c'est d'abord pour une raison qui est simple, c'est qu'aujourd'hui... le délit d'apologie du terrorisme est dévoyé, instrumentalisé contre les voix pour la paix, contre les voix pour le droit international et contre tous les opposants à ce pouvoir.
Les preuves les plus récentes, ce sont à la fois ce qui est arrivé à Jean-Paul De Lescaux, qui est secrétaire départemental CGT du Nord, qui a été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir juste écrit un tract sur Gaza pour affirmer sa solidarité avec le peuple palestinien. C'est aussi Rima Hassan, lorsqu'elle était candidate aux élections européennes pour la France insoumise, qui elle aussi a été convoquée pour apologie du terrorisme. C'est moi-même comme présidente de groupe parlementaire d'opposition, ce qui est du jamais vu dans la Ve République, ou encore l'Union juive pour la paix, qui elle aussi est poursuivie pour apologie du terrorisme.
Donc ce que nous voulons, ce n'est pas abroger le délit d'apologie du terrorisme, c'est l'encadrer pour qu'il cesse d'être dévoyé et instrumentalisé. Cette notion d'instrumentalisation...
Hugo Bernalicis l'a également abordé mardi soir dans La Base. La Base, je rappelle, c'est l'émission hebdomadaire de la France Insoumise qui est diffusée le mardi en direct sur Twitch et sur YouTube. Hugo Bernalicis a donc parlé dans cette émission de cette question d'instrumentalisation.
On l'écoute. En fait, il se trouve qu'en l'ayant mis dans le code pénal, ça a été l'objet d'instrumentalisations diverses et variées, sans lien avec les objectifs. Pour lesquels ça a été mis dans cette loi au départ, dans le code pénal en fait, ça a été bougé.
L'objectif au départ c'était de lutter contre la propagande de Daesh sur les réseaux sociaux. Je résume vraiment à gros traits mais c'est ça l'idée. Est-ce qu'on a fait reculer la propagande de Daesh par ces moyens-là ?
Non, pas du tout, c'est pas ça du tout qui a eu un impact. Par contre, dès 2015, il y a eu des problématiques de gens qui étaient poursuivis parce qu'on pensait que c'est Raphaël Kempf qui nous expliquait ça hier. Un type qui avait mis sur sa fenêtre, il habitait pas loin d'une gendarmerie. un motif qui est lié à l'islam, qui n'a rien à voir avec le terrorisme, mais qui est juste lié à l'islam.
Et les gendarmes se sont dit Ah, on dirait un truc de Daesh ! Et donc, perquisition, garde à vue, détention provisoire, procès. Il a perdu en première instance, il a fini par gagner en appel avec une relaxe.
Ils ont dit Ben non, ça n'a rien à voir avec le terrorisme. Donc on a vu, dès 2015, l'instrumentalisation. Et là, ça a pris des proportions, évidemment, quand vous voyez que Mathilde Panot... pour la cité, poursuivie pour l'apologie du terrorisme, Rima Hassan et d'autres camarades, on voit bien l'instrumentalisation.
Mathilde, dans les médias et sur les réseaux sociaux, on a beaucoup lu et beaucoup entendu que la France insoumise était seule, qu'elle était isolée sur cette question de l'apologie du terrorisme. Et pourtant, c'est faux, puisque il y a eu plusieurs prises de parole ces derniers mois qui vont plutôt dans notre sens. Est-ce qu'on peut faire un tour rapide avec toi ?
Donc, ce que nous voulons, ce n'est pas abroger le délit d'apologie du terrorisme, c'est l'encadrer pour qu'il cesse d'être dévoyé et instrumentalisé. Ce n'est pas seulement la France Insoumise qui le demande, c'est par exemple l'ONU qui elle aussi demandait à revenir sur cette loi. ancien juge antiterroriste qui, et c'est intéressant, lui soutenait la modification de la loi faite par Cazeneuve en 2014 et qui dit aujourd'hui, il est clair que le délit d'apologie du terrorisme est instrumentalisé et dévoyé.
Notamment puisque aujourd'hui vous pouvez avoir quelqu'un qui fait un tag sur la Palestine poursuivi pour apologie du terrorisme, et vous pouvez avoir quelqu'un qui explique qu'il est légitime de bombarder des enfants à Gaza et qui lui n'est absolument pas poursuivi. Et elle disait dans une interview notamment, il faudrait avoir le courage de revenir en arrière. Mais c'est aussi la Cour européenne des droits de l'homme, c'est aussi Jacques Toubon, ancien défenseur des droits, Henri Leclerc, dont toute la classe politique a salué. récemment sa disparition, qui est un grand avocat et l'ancien président honoraire de la Ligue des Droits Humains, ou encore Sophie Binet de la CGT.
Donc, ce que tu es en train de nous dire depuis le début, c'est que ce qui a été dit sur les Insoumis, sur la proposition des Insoumis, est factuellement faux. Qu'ensuite, quand on dit que la France insoumise est seule, c'est faux aussi, parce que ça répond à des attentes, notamment celles de l'ONU sur le sujet. Donc la question qu'on a le droit de se poser maintenant, c'est pourquoi ce buzz a-t-il été construit contre nous ?
Toi, quel est ton avis là-dessus ? Si des mensonges ont été énoncés partout de manière aussi importante, c'est évidemment pour décrédibiliser et salir la France insoumise. C'est aussi pour faire diversion face notamment aux mandats d'arrêt qui ont été décidés par la Cour pénale internationale.
Contre Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Galland, et au moment où la France, et Emmanuel Macron, nous fait honte à l'international, puisque la France décide de ne pas respecter la décision de la Cour pénale internationale qui obligerait la France, si Netanyahou venait à mettre un pied sur son territoire, à l'arrêter immédiatement et à le traduire devant les tribunaux internationaux. de buzz là et dans la diffusion de ce bad buzz Mathilde, les médias ont aussi joué un rôle majeur dans ce buzz puisqu'ils ont rabâché, rabâché, rabâché l'attaque contre nous. Toi, comment tu analyses cette réalité-là ?
Comme ça avait été le cas par exemple sur Amsterdam, c'est un média d'extrême droite ou des polémiques d'extrême droite sur les réseaux sociaux qui se retrouvent ensuite à la une de tous les médias en continu et des principaux journaux. Cette fois-ci, c'est le média Frontière qui est un média zémouriste. qui au départ s'empare de cette proposition de loi et du coup qui devient partout la une de tous les médias.
Je le dis parce que ce devrait être une inquiétude pour tous les démocrates que nous sommes de voir que c'est aujourd'hui l'extrême droite qui décide des thèmes qui sont discutés pendant les matinales de ce pays, pendant l'information en continu, jusque au journal télévisé des médias. Manuel Bompard a également réagi à ce rôle joué par les médias. D'abord sur LCI face au journaliste Jean-Baptiste Boursier dont on va entendre une question, puis sur la matinale de France Inter, on écoute Manuel Bompard.
Vous saviez que ça allait faire une polémique, M. Bompard ? Vous saviez que tout le monde allait réagir très vivement à cette idée ?
Ben non, moi je suis estomaqué, pour vous dire les choses franchement, par une forme de trumpisation du débat politique en France. Et parfois, je dois le dire par l'apparence intellectuelle d'une partie de la classe médiatique française qui, en quelque sorte, déforme le sens de notre proposition pour essayer de lui faire dire autre chose que le cœur de notre proposition. La commission nationale consultative des droits de l'homme disait, dans une publication il y a quelques mois, quelque chose de très intéressant.
Il disait, pour lutter contre le terrorisme, ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est remettre en cause nos libertés fondamentales et remettre en cause l'état de droit. Quand on fait ça, on lutte pas contre le terrorisme, au contraire, on donne raison aux terroristes qui veulent déstabiliser nos démocraties, qui sont des adversaires de la démocratie et qui veulent déstabiliser notre état de droit. Et donc je pense qu'il faut lutter de manière implacable contre le terrorisme, et que pour lutter de manière implacable contre le terrorisme, il faut le faire en respectant toujours nos libertés fondamentales.
Sinon, on donne raison aux motivations des terroristes. Mathilde, on passe maintenant au sujet principal de cet épisode de Touche pas à mon... peuple qui est la niche parlementaire du groupe la France Insoumise Nouveau Front Populaire ce jeudi à l'Assemblée Nationale.
Pour commencer, est-ce que tu peux nous rappeler ce que c'est qu'une niche parlementaire ? Parce que je ne suis pas sûr que tous les gens qui nous écoutent l'aient bien en tête. Alors la niche parlementaire, c'est le seul jour de l'année où nous pouvons choisir l'ordre du jour de l'Assemblée.
En 2022, c'est dans notre niche parlementaire que nous avions gagné la constitutionnalisation, l'inscription dans la Constitution du droit à l'avortement, ce qui était une victoire évidemment éclatante et que nous avons gagné le 4 mars 2023. En 2023, nous avons gagné un texte porté par Daniel Obono sur l'ouverture des guichets physiques pour les services publics pour lutter contre les effets néfastes de la dématérialisation. Dans les jours qui ont précédé cette niche parlementaire, dont on sait maintenant que c'est l'un des moments importants de la vie politique, notamment pour les groupes d'opposition comme l'est la France Insoumise, le groupe La France Insoumise nouveau fonds populaire à l'Assemblée Nationale, maintenant qu'on sait que c'est important comme ça, dans les jours qui ont précédé la niche...
Les Insoumis ont beaucoup critiqué l'autoritarisme d'Emmanuel Macron et des macronistes à l'Assemblée nationale. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qui s'est passé ? D'abord parce qu'ils ont interdit que nous discutions un texte sur le Mercosur, vous savez, ce traité de libre-échange dont nous parlons depuis longtemps, qui est négocié depuis 25 ans et qui vise à organiser un grand déménagement du monde entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, et donc de faire transiter des marchandises. sur 11 000 kilomètres, ce qui est une aberration écologique évidente.
Mais sur lequel les agriculteurs se mobilisent aussi de manière très forte, puisqu'ils disent à raison que ce serait une concurrence déloyale qui viserait à affaiblir l'ensemble de nos normes environnementales, de nos normes sanitaires et de nos normes sociales qui détruiraient le modèle agricole français. Nous voulions pouvoir voter sur l'accord Mercosur pour dire que nous ne voulons ni renégociation de l'accord Mercosur, Il n'est pas acceptable avec des petites clauses qui amélioreraient à la marge. Nous, nous disons non à ce traité de libre-échange, comme nous demandons le moratoire sur l'ensemble des traités de libre-échange.
Eh bien, le gouvernement a décidé que notre taxe était irrecevable sur un motif complètement fallacieux, et donc nous a interdit de parler de ce texte-là. Deuxième coup de force, nous avions remis la procédure de destitution contre le président de la République pour avoir volé le résultat des élections. Je rappelle que la dernière fois, il a été déclaré recevable par le bureau.
Ensuite, il a été discuté en commission des lois et il devait arriver en séance, mais en conférence des présidents, c'est Marine Le Pen qui a décidé de ne pas voter l'inscription en séance et qui a donc empêché que la destitution puisse être examinée dans l'enceinte de l'Assemblée. C'est tout à fait normal, puisque les députés du Rassemblement national avaient voté contre la destitution d'Emmanuel Macron et que le Rassemblement national est la meilleure assurance vie du système. À la fois, ils votent contre la destitution de Macron et il refuse de voter la censure de Barnier, et c'est pourquoi nous sommes dans cette situation aujourd'hui.
Donc nous voulions l'inscrire sur notre temps réservé. Je rappelle qu'une niche est un droit garanti par la Constitution aux groupes minoritaires et aux groupes d'opposition. Et là, il se trouve que c'est cette fois-ci le président de la Commission des lois qui nous a empêchés de discuter de cette proposition, puisqu'il a refusé de l'inscrire à l'ordre du jour de la Commission des lois, et donc nous n'avons pas pu en discuter.
Deuxième coup de force. Troisième coup de force que vous avez sûrement dû voir dans l'hémicycle, c'est sur la question des retraites. Puisque je rappelle que la réforme des retraites n'a jamais été votée dans cette Assemblée.
A la fois, elle a été rejetée par l'ensemble du peuple français, par l'ensemble des syndicats, mais aussi par la représentation nationale, au point qu'ils ont été obligés de passer par 49-3. Et donc, nous voulions saisir la possibilité de notre niche parlementaire pour enfin... abroger ces deux ans de vie volée à l'ensemble du peuple français et abroger cette retraite à 64 ans.
C'était sans compter la stratégie d'obstruction du gouvernement et des macronistes qui ont déposé d'abord 1000 amendements pour nous empêcher de discuter et d'arriver au vote. Une niche parlementaire commence à 9h, elle termine à minuit et nous n'avons pas une seconde de plus ou une seconde de moins. Donc examiner 1000 amendements en aussi peu de temps est quasiment impossible.
Cette stratégie d'obstruction parlementaire, elle a aussi fait réagir Clémence Guettet, qui en a parlé jeudi matin dans la matinale de France 2, on l'écoute. Nous avons une journée par an, ou de 9h à minuit, à minuit, quoi qu'il arrive, ça s'arrête. Nous pouvons discuter de nos textes, de ceux qu'on choisit.
Et celui qu'on a choisi en l'occurrence, c'est l'abrogation de l'odieuse réforme de la retraite à 64 ans, qui est abrogation qui est attendue par 71% des Français. Je ne vous rappelle pas, je ne vous fais pas cette offense, mais de vous rappeler qu'il y avait des millions de personnes qui étaient dans la rue. Donc notre réforme, notre proposition de loi aujourd'hui, elle est majoritaire dans le pays et elle est attendue.
La grosse différence, c'est qu'eux, ils ont le reste de l'année pour mettre à l'ordre du jour leur texte. 60 députés aujourd'hui qui ont déposé 700 amendements. C'est ridicule, ce sont des amendements de blague.
Et je vous le dis, ça m'écœure, ça écœure les gens dans ma circonscription. J'ai encore eu une discussion hier avec ça, c'est deux ans de vie volée aux Français. Les Français, ça ne les fait pas rire du tout, ce que vont faire les Macronistes aujourd'hui.
Donc on l'a vu, les Macronistes avaient mis en place une stratégie d'obstruction parlementaire pour nous empêcher de vraiment débattre sur les sujets que l'on voulait mettre à l'ordre du jour. Mathilde, est-ce qu'on peut du coup voir ensemble comment s'est déroulée cette journée ? Évidemment, lors de la journée parlementaire, qui a donc commencé à 9h, le gouvernement s'est bien saisi de cette obstruction aussi pour ne pas arriver au vote, en commençant par parler pendant une heure à la tribune de l'hémicycle, pour là aussi empêcher cette discussion.
Et ensuite dans les débats on a tout entendu. Alors à la fois des macronistes nous ont expliqué dans une arrogance et une violence sociale absolument incroyable qu'à 64 ou à 65 ans on était quand même assez en forme pour pouvoir travailler, qu'on n'était pas en Ehpad ou dans un cercueil, dans un mépris qui est absolument incroyable. Je rappelle que passer la retraite de 62 à 64 ans comme ils l'ont fait, c'est 15 000 personnes supplémentaires qui ne verront pas un seul jour de leur retraite.
Voilà de quoi nous parlons. Et cette question de la violence sociale des macronistes, c'est le député insoumis de la deuxième circonscription du Finistère, Pierre-Yves Cardalin, qui a pris la parole pour le dénoncer dans l'hémicycle. On l'écoute.
Ce matin, en me rendant dans cet hémicycle, J'ai échangé avec des ouvriers qui travaillent ici pour nos bâtiments. Et un ouvrier m'a dit, j'ai 56 ans, j'ai déjà de l'arthrose. Vous ne les connaissez pas, vous les méprisez, vous ne leur parlez pas.
Et c'est cela que nous voyons depuis ce matin. Aujourd'hui, vous montrez votre dévisage. Celui de la violence sociale terrible que vous abattez sur les pays. et celui de la violence inacceptable sur la démocratie contre la représentation nationale, contre le peuple, contre les mouvements sociaux.
Donc stratégie d'obstruction pour nous empêcher de débattre, violence de classe largement affichée dans l'hémicycle. Comment se sont comportés les députés macronistes et les députés de droite pendant cette journée Mathilde ? Évidemment, ils n'ont fait que parler argent, financement, comme si à chaque fois qu'on voulait représenter un progrès social. qui permet de redonner une dignité aux gens, de redonner du temps libre aussi aux gens, dans l'idée de la civilisation du temps libéré que nous défendons.
Et à chaque fois, on nous explique que c'est impossible, alors que nous avons montré mille fois que c'était possible, que c'était finançable, si on arrêtait de faire des cadeaux aux plus riches et aux multinationales, comme ils le font maintenant depuis sept ans. Ils ont passé leur temps à ricaner, notamment lorsque Emmanuel Fernandez racontait que Son père ouvrier avait eu le corps détruit par le travail qu'il avait fait. Moi je pense aujourd'hui à mon père qui a travaillé toute sa vie dans une usine, dans la métallurgie, dans le travail du cuivre, qui d'ailleurs s'est fait opérer aujourd'hui encore pour la deuxième fois du canal Carpien, parce qu'il a les avant-bras totalement démontés, totalement fracassés par ses 44 années de travail.
Et donc lui me dit souvent à l'Assemblée nationale, va les voir et dis-leur, dis-leur. Demandez-leur de monter sur la machine à 64 ans. Montez sur la machine avec une canne, avec des béquilles.
Montez sur la machine dans l'usine à 64 ans. Donc, sortez de vos cercles. Sortez de votre petit monde étriqué où tout va bien.
Venez faire un tour dans la vraie vie. Les gens ne vous supportent plus. Et pendant ce temps-là, vous aviez un tas de macronistes qui étaient en train de ricaner dans une arrogance de classe absolument insupportable.
Et nous avons même été jusqu'à une altercation physique, puisque d'un coup, un député centriste a craqué et a décidé d'aller agresser d'abord un député socialiste, puis un député insoumis, Antoine Léaumont, lorsqu'il lui disait qu'il était inacceptable qu'il menace physiquement des autres députés. Monsieur le Président, ce qui s'est passé tout à l'heure dans l'Assemblée nationale est extrêmement choquant. L'un de vos collègues, en effet, a menacé d'abord notre collègue socialiste. puis alors que je lui demandais de quitter l'hémicycle, est venu me menacer.
Et heureusement, monsieur Faino, effectivement que vous étiez là pour retenir le collègue de votre groupe, mais aussi, et je les remercie, que les huissiers sont intervenus pour le faire reculer. Parce que sinon, je ne suis pas sûr du fait qu'à la fin de la soirée, je ne me serais pas pris une beigne. Mais évidemment, elle vous explique que ce sont nous les violents, pas eux qui sont en train de voler deux ans de vie aux Français.
C'est nous qui sommes violents parce que des citoyens leur ont envoyé des mails pour leur demander de retirer leur amendement et qu'on puisse aller au vote et que nous avons dit qu'on afficherait les noms de celles et ceux qui nous ont empêchés d'aller jusqu'au vote de l'abrogation de la retraite à 64 ans. Plutôt que d'essayer de ramener le calme, vous venez de nous dire que votre collègue était choqué du fait qu'il avait reçu des mails compte tenu de sa position de blocage sur le blocage qu'il est en train de faire ce soir. À cause des propos que vous tenez sans arrêt, en nous traitant d'antisémites, ce qui est faux, en nous traitant d'islamo-gauchistes, ce qui est faux, en nous traitant de complices du terrorisme, ce qui est faux, nous recevons des menaces de mort !
Merci monsieur, les remords de pourvue. Le résultat, c'est qu'il y a eu 8 suspensions de séance, 22 rappels au règlement, que les macronistes ont utilisé 75% du temps de parole et qu'ils ont donc essayé par tous les moyens d'empêcher ce vote. On voit donc Mathilde que c'était une journée un peu chaotique à cause des macronistes, honteuse à cause des macronistes à l'Assemblée nationale.
Est-ce que malgré tout, il y a un moment intéressant peut-être à retenir de cette journée ? Nous avons tout de même réussi à faire un vote très important. Celui où ils voulaient supprimer l'article de notre loi, donc annuler la possibilité d'abroger la retraite à 64 ans.
Et ils ont été sévèrement battus lors de ce vote, preuve encore une fois que s'ils voulaient l'empêcher, c'était parce qu'ils étaient minoritaires. Et il est tout de même intéressant de noter que les macronistes n'ont pas trouvé un seul moment pour venir en hémicycle lorsque nous parlions du budget ou du budget de la sécurité sociale. Donc ils n'étaient pas là lorsqu'on parlait de l'augmentation des taxes sur l'électricité alors que les factures d'énergie ont explosé depuis trois ans.
Ils n'étaient pas là pour parler de la suppression de 4000 postes de professeurs. Ils n'étaient pas là pour parler de la baisse des pensions des retraités. A chaque fois pour tout ça, ils n'étaient pas là.
Mais lorsque l'on parle de pourrir la vie des gens de nouveau... en empêchant un vote sur l'abrogation de la réforme des retraites.
Là, ils retrouvent le chemin de l'hémicycle, ce qui montre la guerre de classe et la guerre contre le peuple qu'ils continuent de mener. Et d'ailleurs, le fait que les macronistes aient été absents pendant deux mois à l'Assemblée nationale et qu'ils soient revenus spécifiquement pour empêcher les Insoumis de faire passer le texte sur la réforme des retraites, ce point-là, c'est le député insoumis Adrien Clouet qui leur a rappelé dans l'hémicycle, on l'écoute. Vous crachez au visage des lectrices et des lecteurs.
Vous leur crachez au visage aujourd'hui. Voilà, voilà le vrai visage de la Macronie. Vous ne siégez pas pendant deux mois sans parler des écoles et des hôpitaux, mais là vous trouvez l'énergie pour que des gens aillent au travail jusqu'à la mort.
C'est la seule chose qui vous pousse à vous lever le matin pour venir travailler dans cette assemblée. Eh bien collègues, il y aura toujours une différence fondamentale entre notre obstruction et la vôtre. C'est que la nôtre, elle est menée au nom de la souveraineté populaire. lorsque des millions de gens défilent dans le pays en nous soutenant et en luttant contre vos lois impopulaires et minoritaires.
Vous, vous faites de l'obstruction pour le MEDEF, pour les grands intérêts financiers. Et vous le faites le jour d'une niche parlementaire, le jour de l'expression de la souveraineté populaire. En tout cas, ce qui était très clair, en plus d'avoir une séance très violente, c'est qu'on voyait en quelque sorte l'agonie de la Macronie.
Mathilde, je t'arrête parce que tu as prononcé les mots Agonie de la Macronie et justement ça, ça leur a aussi été lancé dans l'Assemblée. On écoute tout de suite Manuel Bompard et Sophia Chikirou qui tous les deux parlent de cette fin du macronisme qui était visible l'autre soir à l'Assemblée. Le spectacle auquel on assiste depuis ce matin est un spectacle pathétique.
C'est le spectacle de l'agonie de la Macronie au bout du chemin. Ce matin, en deux heures de débat, nous avons eu le droit à dix rappels au règlement, quatre interruptions. 4 interruptions de séance et 90% du temps de parole qui a été confisqué par quelques députés pour discuter du titre de cette proposition de loi.
Et là, Madame la Ministre, parce que l'autre chose qui est inédite dans cette niche parlementaire, c'est que pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, c'est le gouvernement qui participe au blocage d'une niche parlementaire d'un groupe d'opposition. Eh ben, je vais vous dire, je vais vous dire, vous devriez avoir honte. Je vais vous devriez avoir honte parce que ce n'est pas un jeu.
Ce dont on est en train de parler, on est en train de parler de millions de salariés dans ce pays qui arrivent à 60 ans, à 62 ans, qui ont des problèmes de santé, qui sont fatigués, qui sont épuisés et à qui vous êtes en train de dire vous allez travailler deux ans de plus, vous leur avez imposé par 49.3. Et aujourd'hui quand 80% des Français veulent revenir sur votre réforme des retraites, vous êtes en train d'empêcher l'Assemblée Nationale de voter sur ce sujet.
Nous avions aujourd'hui dans notre niche parlementaire beaucoup d'autres textes. Nous avions notamment un texte sur le consentement que vous avez empêché de traiter aujourd'hui, alors que des millions de Françaises l'attendent avec impatience. Nous aurions pu l'inscrire dans la loi.
Nous avions un texte pour reconnaître la pénibilité des métiers féminisés, par exemple, qui aurait complété cette proposition de loi sur l'abrogation de la réforme à 64 ans. Nous avions un autre texte pour une rémunération maximale. dans les entreprises, et vous savez qu'il y a une majorité de Français qui y sont favorables.
Nous aurions pu faire tout cela, mais sachez une chose, et j'en fais le ferment aujourd'hui avec tous mes collègues de la France Insoumise et du Nouveau Front Populaire, je le dis aux Français, nous parviendrons à gouverner ce pays, nous mettrons en place toutes ces lois pour votre bien-être, pour changer la vie, pour une vie meilleure, nous mettrons dehors des gouvernements. que nous censurons ! Vous êtes minoritaires !
Vous n'êtes pas légitimes à faire souffrir ! D'abord merci madame. Dans cet extrait, Mathilde, qui date de la toute fin de la niche parlementaire de la France Insoumise, c'était jeudi soir, on entend Sophia Chikirou dire que nous allons faire tomber le gouvernement Barnier dans la semaine qui vient.
Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi ? La semaine prochaine, nous allons avoir le retour du projet loi de financement de la Sécurité sociale et que… Dans ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale, comme ils n'ont pas de majorité à l'Assemblée pour pouvoir le faire voter, le gouvernement va probablement devoir utiliser un 49-3. À ce moment-là, nous déposerons une motion de censure et il est fort probable que cette motion de censure passe.
Et après que Barnier soit tombé avec son gouvernement, il ne restera plus qu'Emmanuel Macron qui n'aura d'autre choix soit que de nommer un gouvernement du nouveau Front populaire avec Lucie Castex ou alors de s'en aller. Et d'ailleurs, ce...
Cette thématique affleure de plus en plus dans les médias. Il se trouve que Charles de Courson, qui n'est pas insoumis rapporteur général du budget, qui est de Lyot, a redit cette semaine que pour lui, c'était Emmanuel Macron qui était le responsable politique du chaos, et qui dit que pour lui, une présidentielle anticipée est une évidence qu'à un moment, Emmanuel Macron doit démissionner. Bref, l'idée se fait de plus en plus jour que la France a un problème et qu'il s'appelle Emmanuel Macron et que c'est lui qui est responsable de l'impasse dans lequel il a plongé le pays et qu'il faut donc qu'il parte.
Oui, justement Mathilde, cette idée de la responsabilité d'Emmanuel Macron dans la crise politique que nous traversons, c'est aussi l'argument utilisé par Jean-Luc Mélenchon qui s'adressait jeudi soir devant l'Assemblée nationale. À la presse, on l'écoute. Le macronisme est devenu...
Un régime de violence permanente contre le Parlement. Voilà où nous en sommes. Alors bien sûr, Mais tout ceci est le fait d'un gouvernement illégitime.
M. Macron n'a pas désigné la première force issue des urnes, mais la dernière. Il dépose un projet de budget sur lequel pas une seule fois il est arrivé à avoir... une majorité.
Et maintenant voici que par de l'obstruction pure et simple, il empêche que l'on revienne sur une décision particulièrement cruelle et ce travail est fait avec des mots qui sont inécoutables. A-t-on vu jamais qu'on vante le fait qu'on puisse travailler jusqu'à 64 ans de gaieté de cœur ? A-t-on vu jamais qu'on propose de taxer les terroristes pour entretenir le régime de retraite comme si tout ça pouvait être un sujet de rigolade ? dans un hémicycle, ce sont des méthodes indignes et inacceptables.
C'est bien pourquoi nous pensons que notre action cette journée est une action qui compte. Et maintenant, nous voici au pied du mur. Pourquoi font-ils tout ça ?
Dans six jours, le gouvernement sera tombé. Eh bien, le dernier acte de ce gouvernement sera été de faire durer une mesure inacceptable qui consiste à faire travailler les gens. Deux ans de plus, la dernière mesure du gouvernement de M.
Barnier aura été de faire souffrir les gens. Mathilde, est-ce que tu veux peut-être rajouter un mot de conclusion sur ce sujet, donc de la niche parlementaire de la France insoumise jeudi, de l'agressivité des macronistes, de leur stratégie d'obstruction parlementaire ? et des conclusions qu'on peut en tirer.
C'est une niche qui, je crois, non seulement a montré que la France insoumise est toujours au combat et ne lâchera jamais rien, mais qui a largement abîmé les macronistes qui se sont montrés violents socialement, violents dans les mots, violents physiquement. Et je termine juste pour vous donner de la force par une citation de Gilles Deleuze que j'aime beaucoup qui dit Le pouvoir exige des corps tristes. Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu'il peut la dominer.
La joie par conséquent est résistance parce qu'elle n'abandonne pas. Nous résistons, nous n'abandonnons pas. Force à vous les amis.
Mathilde, merci à toi d'avoir fait le tour de ce sujet, de la niche parlementaire. On rappelle que ça a lieu une fois par an la prochaine. l'année prochaine en 2025.
Merci à toi et merci à tous nos députés insoumis et toutes nos députées insoumises mobilisées à l'Assemblée nationale, à la fois contre Macron et contre l'extrême droite. On sait que vous êtes de toutes les luttes et que vous ne lâchez rien. Un grand merci à vous.
Je vous propose de passer maintenant au sujet suivant de notre deuxième épisode de Touche pas à mon peuple. Nous avons échangé avec Anaïs Belouassa-Chérifi, qui est députée insoumise de la première circonscription du Rhône, après qu'elle soit allée aux côtés de familles hébergées dans une école de sa circonscription. On parle donc de logement avec Anaïs Belouassa-Chérifi.
C'est parti. Anaïs, pour commencer, est-ce que tu peux peut-être nous expliquer plus précisément ce que c'était cette action que tu as menée sur ta circonscription ? Lundi dernier, je suis allée dans une école de ma circonscription, qui s'appelle l'école La Sarra, dans le 5e arrondissement de Lyon, pour participer à un goûter solidaire et passer la nuit dans l'école avec des familles qui sont à la rue et qui sont heureusement abritées dans cette école durant la trêve hivernale.
Il y avait deux familles, une famille avec trois petits garçons qui avaient 9 mois, 3 ans et 2 ans. et il y avait une autre famille avec une mère célibataire et trois jeunes filles. Anaïs, est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi tu as mis en place cette action, pourquoi avoir fait le choix de cette forme d'action-là sur ce sujet-là ?
C'est pour visibiliser la question du sans-abrisme, et plus précisément du sans-abrisme des enfants, puisque un baromètre de l'UNICEF est sorti en août dernier et dit que 243 enfants dorment à la rue chaque nuit, faute de recours au 115, donc le... le recours au 5-15, donc des places d'hébergement d'urgence faites par le SAMU social.
Donc il était important pour moi d'apporter mon soutien à ces familles qui sont à la rue, à ces enfants qui ont des droits comme tout le monde, c'est-à-dire avoir un toit, avoir le droit à l'éducation, avoir le droit à la santé physique et psychique, puisqu'on sait qu'être à la rue pour des enfants c'est évidemment des événements très traumatisants et que...
Il faut vraiment que les pouvoirs publics et la ministre du Logement se saisissent de cette question puisque le nombre d'enfants à la rue n'a jamais été aussi élevé qu'en 2024. Est-ce que tu peux nous expliquer quelle a été la réaction des familles quand elles ont vu la députée de la circonscription venir passer une nuit avec elle sur place dans des conditions évidemment qu'on imagine très compliquées, très précaires dans cette école ? Comment les familles ont-elles réagi ?
Comment est-ce qu'elles t'ont accueillie ? Déjà, moi je suis arrivée, il était 16h et donc j'ai participé au goûter solidaire qui est organisé par... les parents d'élèves.
Donc c'est vraiment les parents de l'école qui se sont mobilisés pour organiser ce petit goûter et puis pour du coup que la Cagnoc puisse permettre de payer des nuits d'hôtel les week-ends, le moment où l'école est fermée. Et donc les parents d'élèves étaient très contents de me voir et ils étaient aussi soulagés que quelqu'un entende ce qui se passe parce que même une vie à l'abri dans une école, ce n'est pas une vie. Vous dormez dans des conditions quand même qui sont très précaires.
Vous avez froid. Vous n'avez pas de quoi vous faire des vrais repas équilibrés, chauds. Donc c'est vraiment un toit de fortune.
Anaïs, pour finir, une dernière question. Quand on sera au pouvoir, qu'est-ce qu'on va pouvoir faire ? Qu'est-ce qu'on va pouvoir mettre en place pour agir rapidement face à cette urgence ?
Nous, notre programme, il est assez clair. Mais juste pour revenir sur la séquence budgétaire qu'on vient de vivre. C'est un gouvernement qui arrête de légiférer sur la question du logement, qui arrête de mettre des moyens dans le projet de loi de finances sur le chapitre lié au logement.
On a arrêté de construire des logements, qu'on a arrêté de faire de la politique du logement. Et la conséquence, elle est dramatique, celle des enfants à la rue dans notre pays, qui est la 7e puissance mondiale. Nous, ce qu'on propose, c'est la construction de 200 000 logements sociaux par an, les créations de 10 000 places d'hébergement d'urgence.
Et... une vraie politique structurelle en termes de logement.
Anaïs, merci d'avoir répondu à nos questions. Et pour en savoir plus sur nos propositions en matière de logement, rendez-vous sur notre site lafranceinsoumise.fr.
Ce soir, on est là pour la discrédite alimentaire, on est là parce qu'on est entouré de cités universitaires, donc directement là où vivent les étudiants. Et là, on voit qu'il y a plein d'étudiants qui sont là pour récupérer des denrées. Mercredi soir, nous nous sommes rendus à une distribution alimentaire organisée par les jeunes insoumis d'Ile-de-France à Paris.
Anis et Alexandre, qui font partie des organisateurs, nous expliquent. En gros, on a contacté tous les jeunes insoumis d'Ile-de-France et on leur a dit que là, vu la situation des étudiants, il fallait réagir. Et on a lancé des collectes alimentaires un peu partout en Ile-de-France.
On en a fait combien ? On a fait une trentaine de collectes alimentaires dans toute l'Ile-de-France. à Savigny, à la Courneuve, à Sevran, dans le 94, dans Paris, dans tout Paris.
On a récolté énormément de denrées alimentaires. Un camion de 6 mètres pleins, je ne peux pas dire exactement combien. Et là on est sur la place de Mouaz Tacharichi.
Donc là on est en train de faire la distribution alimentaire qui a commencé à 19h. Ça fait à peu près une demi-heure qu'on a commencé et il y a encore énormément de gens qui affluent. Et on peut voir que la précarité étudiante et plus généralement des jeunes est prégnante.
Les gens prennent des choses de base comme des pâtes, comme des serviettes hygiéniques. On essaie d'aider au mieux les gens et malheureusement il y a un grand besoin. Pourquoi la France Insoumise organise-t-elle ce genre d'action ?
On a demandé aux députés insoumis présents sur place Aurélien Lecoq, Louis Boyard et Manuel Bompard. C'est important parce que d'abord on est un mouvement qui bien sûr aspire à prendre le pouvoir et à changer la vie des gens et des jeunes en particulier, mais on est aussi un mouvement qui se veut être utile au quotidien. Et quand on a, comme en France, Un jeune sur deux qui ne mange pas à sa faim, qui n'est pas en capacité de se soigner, qui galère à se loger, qui dépend bien souvent des banques alimentaires, c'est le rôle aussi d'un mouvement comme le nôtre de ne pas accepter cette situation de fait.
Bien sûr, de préparer notre accession au pouvoir pour défendre une garantie d'autonomie, pour qu'il n'y ait plus un seul jeune qui vive sous le seuil de pauvreté, mais c'est aussi notre rôle de là, aujourd'hui, tout de suite, faire en sorte d'aider celles et ceux qu'on peut aider. La jeunesse, ça ne veut rien dire et tout dire en même temps. Pour une petite partie de la jeunesse, la vie est agréable parce que les parents peuvent leur donner tout ce qu'ils veulent pour les accompagner.
Pour une grande partie de la jeunesse, la vie est difficile parce que les parents ne peuvent pas aider à payer la nourriture, ou à payer le loyer ou les factures quand ils sont loin pour les études ou pour le travail. Et donc pour beaucoup, être jeune, c'est une galère. Il y a une enquête annuelle qui a été faite par l'association Copains Solidarité Étudiante.
Un étudiant sur deux affirme avoir déjà sauté un repas par manque d'argent. Une étudiante sur quatre affirme ne pas avoir suffisamment d'argent pour s'acheter des protections périodiques. Merci.
Et puis, on a surtout des chiffres sur le taux d'étudiants qui vivent sous le seuil de pauvreté, où on est entre 60 et 70 mais c'est aussi un mouvement qui organise des actions de solidarité. Donc on organise aussi des distributions alimentaires comme ça, ça se fait un peu partout en France et on le fait ce soir à Paris. Je pense que tout le monde a vu les images de l'attente dans les banques alimentaires des étudiants.
Il y a eu des images qui ont beaucoup circulé ces dernières semaines à Bordeaux. En fait, ça c'est une réalité qui existe partout en France et en particulier, c'est certain, ça a monté en puissance ces dernières années, ces derniers mois. C'est aussi pourquoi on considère qu'on a aussi des actions de solidarité à faire, comme les actions de ce soir.
Dans la file d'attente, qui était bien sûr beaucoup trop longue, les étudiants présents, eux, nous ont plutôt dit qu'ils étaient satisfaits que cette action soit organisée. On écoute une étudiante qui a accepté de répondre à nos questions. C'est un peu compliqué, j'ai une bourse qui parfois me suffit. pas totalement surtout qu'en ce moment j'ai quelques petites dettes à cause du coût c'est tout tout ce qui est loyer tout ça du coup c'est pour faire quelques petits stocks et pouvoir finir le mois sans oui parce qu'en plus là on est en fin de mois ouais ouais ouais bah ça je te le fais pas dire c'est plutôt compliqué surtout que tout a augmenté quoi moi je faisais beaucoup des trucs en mode je prenais les les dates de péremption proches J'allais guetter un peu les petits bons plans, mais des fois ça ne suffit pas trop.
C'est maintenant l'heure de la carte blanche laissée chaque semaine à l'ILB, l'Institut Laboessi. Cette semaine, Antoine Salesse-Papou nous parle du prochain colloque et de la prochaine table ronde de l'Institut et fait le tour des sujets qui vont y être abordés. Antoine, c'est à toi.
Bonjour, cette semaine, l'Institut La Boétie vous parle de son actualité à venir. Et elle est chargée avec une table ronde le 4 décembre au soir et un colloque le 7 décembre après-midi. Ces événements seront, comme c'est toujours le cas, offerts au visionnage en direct et en replay sur la chaîne YouTube de l'Institut La Boétie.
Ils vont aborder des sujets d'actualité sous des angles mêlant chercheurs, élus et militants. Allez, sortez vos agendas, on vous raconte tout. D'abord, mercredi 4 décembre, on va parler budget, avec le département d'économie dans une table ronde intitulée Budget.
Comment sortir de l'autodestruction économique et sociale ? Car rarement les débats budgétaires ont été autant au cœur de la vie politique française. D'un côté, avec le budget Barnier, on a le grand retour de l'austérité.
Le projet, présenté et défendu par le gouvernement, est en effet tourné vers des économies dont l'ampleur rappelle celle imposée à l'Europe du Sud au début des années 2010, en Italie, en Espagne, au Portugal ou en Grèce. Mais pour la première fois depuis longtemps, on a en face une autre proposition budgétaire cohérente. Et ça, c'est grâce à la victoire du nouveau Front populaire en juillet dernier.
L'ensemble des amendements que l'ANFP a réussi à faire adopter dessinent en effet une stratégie alternative à la stratégie libérale classique. Rétablir l'équilibre des comptes en augmentant les recettes par la justice fiscale plutôt que d'affamer les services publics, les collectivités, les retraites, etc. Avec l'arrivée imminente de la censure, la question d'un autre budget avec d'autres priorités, d'autres conséquences macroéconomiques, se pose avec encore plus d'urgence.
Cette table ronde du département d'économie arrive donc à point nommé, puisque c'est de tout cela dont elle parlera avec des invités de marque. Éric Ocrel, président de la commission des finances. Aurélie Trouvé, présidente de la commission des affaires économiques.
Anne-Laure Delatte, économiste, spécialiste des finances publiques et autrice de l'ouvrage L'État droit dans le mur Xavier Rago, qui est le président de l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques. Éric Baer, qui est économiste et qui coanime le département d'économie de l'Institut Labo ici. Et enfin, Jean-Luc Mélenchon, co-président de l'Institut qui introduira la table ronde.
Ça se passe mercredi 4 décembre à partir de 19h15 sur la chaîne YouTube de l'Institut La Boétie. Deuxième date, deuxième thème. Samedi 7 décembre à 14h, le département de relations internationales organise un colloque intitulé L'histoire, la justice et le droit, comprendre pour agir en Palestine Avec l'eurodéputé Rima Hassan et le co-animateur du département des relations internationales Arnaud Legal, Nous avons travaillé à un programme pour vous aider à comprendre, plus d'un an après le début du génocide à Gaza, les différents aspects de cette tragédie.
Ce colloque servira en quelque sorte d'antidote pour apporter de la réflexion et de la profondeur sur un sujet où si souvent l'intelligence est niée sur l'autel de la propagande la plus morbide. Pour s'atteler à cette tâche, nous recevrons une quinzaine de chercheurs et de militants, comme Bertrand Baddy, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, Enzo Traverso, historien, auteur de l'ouvrage Gaza devant l'histoire. Rebecca Mignot-Padavi, chercheuse en droit international, ou encore Isa Serra, députée européenne de Podemos.
Au cours de trois tables rondes, il et elle discuteront, d'abord de l'histoire et de l'actualité de la violence coloniale qui s'exerce contre les Palestiniens, puis des outils dont disposent les élus, les parlements, les tribunaux, les diplomaties en matière de droit international pour stopper Netanyahou, et enfin de la mobilisation mondiale pour la paix en Palestine. Si vous vous sentez appartenir au grand mouvement internationaliste, qui s'est levée depuis un an en solidarité avec le peuple palestinien, ne ratez pas ce colloque exceptionnel qui sera introduit par Clémence Guetté. Ça se passera samedi 7 décembre à partir de 14h sur notre chaîne YouTube.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Pour ne pas rater ces deux événements dont nous vous avons parlé, n'oubliez pas de vous abonner à la chaîne YouTube de l'Institut La Boétie. Et pour ne rien manquer à l'avenir, pensez à vous inscrire à notre newsletter en vous rendant sur le site institutlaboétie.fr.
À bientôt ! C'est la fin de ce deuxième épisode de Touche pas à mon peuple, le podcast de la France Insoumise. Merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés.
N'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez, soit dans les commentaires, si la plateforme que vous utilisez vous le permet, soit en passant par les réseaux sociaux. En attendant, trois choses à vous rappeler. D'abord, n'oubliez pas de regarder La Base, l'émission hebdomadaire de la France Insoumise.
C'est le mardi soir en direct sur notre chaîne YouTube ou sur notre chaîne Twitch. Deuxième chose, vous pouvez aussi commander votre poster. Chaque mois, nous sortons le poster du mois.
C'est le deuxième numéro et ce mois-ci, il traite de la question de... l'espace.
Allez sur le site de la France Insoumise si ça vous intéresse. C'est à vendre à 5 euros. Un poster magnifique à mettre dans votre salon, dans votre chambre ou dans le salon de votre tonton de droite.
Et puis pour finir, blague à part, je vous rappelle aussi que vous pouvez participer à la campagne de dons lancée par la France Insoumise. Les dons que nous collectons nous permettent de financer notamment la création et la diffusion des formats comme celui que vous êtes en train d'écouter là, ou la production et la diffusion partout dans le pays du maternel militant. ça va du tract aux affiches, des banderoles, etc.
Si vous voulez nous aider, rendez-vous sur notre site lafranceinsoumise.fr. En attendant, merci encore de nous avoir écoutés, et moi je vous dis à la semaine prochaine.
Jean-Luc Mélenchon