Aller au contenu
Tous les transcripts
Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 2 mai 2013 61 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalAgriculture & alimentationImmigration & asileÉconomie & entreprises

10 raisons de se libérer de l'Union Européenne - 2/4

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 14 %Attaque 67 %Défensif 19 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:12Invité politiqueChiffre
    « M. de Villepin, Premier ministre, a vendu les autoroutes françaises. Ça a rapporté 11 milliards d'euros à la France. »
  • 2:30Invité politiqueChiffre
    « Les économies réalisées par la RGPP ont été de 11,9 milliards d'euros sur 4 ans. La hausse de la dette publique a été de 600 milliards. »
  • 6:01Invité politiqueChiffre
    « En 1962, il y avait 3 millions d'agriculteurs français. En 1970-1971, ils étaient tombés à 1,6 million, 1 million en 1990, 627 000 à peu près en 2000. En 2008, ils étaient 540 000. »
  • 10:49Invité politiqueChiffre
    « Au cours des 40 dernières années, les prix des produits agricoles français ont baissé de -60% en monnaie constante. »
  • 11:34Invité politiqueChiffre
    « Actuellement, nous comptons en France 400 à 500 suicides d'agriculteurs par an, c'est-à-dire plus de 1 par jour. »
  • 18:02Invité politiqueFait
    « La Commission européenne a interdit à l'État de pallier cette distorsion de concurrence par des aides aux agriculteurs en considérant que c'était contraire à la libre concurrence. »
  • 23:31Invité politiqueFait
    « Toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites. »
  • 36:30Invité politiqueChiffre
    « Depuis 2008, l'euro, par rapport au dollar, a perdu 25% de sa valeur. »
  • 48:06Invité politiqueChiffre
    « L'industrie française a perdu un tiers du total des heures travaillées en 15 ans. »
  • 53:41Invité politiqueFait
    « Le TFUE précise dans son article 67 que l'UE « assure l'absence de contrôles des personnes aux frontières intérieures ». »
  • 56:23Invité politiqueFait
    « On vous met quasiment dans la tenue d'Adam ou d'Eve quand il faut monter à bord d'un avion. On vérifie ce que vous avez dans les souliers où si vous n'avez pas du TNT dans vos baleines de soutien-gorge. Ce sont les États-Unis d'Amérique. »
  • 57:05Invité politiqueChiffre
    « d'ici 2050, 2060, la France sera peut-être plus peuplée que l'Allemagne. Ce qui n'est pas rien, en termes de puissance et de survie d'une collectivité nationale. »
  • 57:44Invité politiquePromesse
    « de la même façon que nous voulons un grand débat où on met tout sur la table sur les questions d'endettement public et de voir si le concept de dette odieuse ne peut pas s'appliquer à tout ou partie de l'endettement dont nous souffrons »
  • 59:00Invité politiqueFait
    « l'article 79 du TFUE prévoit justement que c'est l'UE qui fixe les orientations en matière de « regroupement familial », qui régisse la « liberté de circulation et de séjour », qui règle les problèmes d'« immigration clandestine » »
  • 59:44Invité politiqueFait
    « Tout ça, ça découle du traité d'Amsterdam de 1997. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
François Asselineau

C'est-à-dire que vous voyez que l'on a mis les administrations... Enfin parmi vous, il y a peut-être des fonctionnaires ou des gens qui connaissent des fonctionnaires dans leur entourage, ou tout simplement des gens qui ont recours aux services publics et qui pestent de voir que l'on ferme des écoles, que l'on ferme ci, que l'on ferme ça, que l'on ferme des commissariats de police, que l'on ferme des hôpitaux, que l'on ne remplace plus 1 fonctionnaire sur 2. Il y a des services de l'État que je ne nommerai pas qui sont dans un état de désorganisation complète parce qu'on ne peut plus, on n'a plus le personnel nécessaire pour appliquer toutes les réglementations.

Alors certains disent là aussi tout un discours ultralibéral qui consiste à dire : « Mais de toute façon, il y a beaucoup trop de réglementations. Tout ça, c'est les énarques, les énarques, les énarques. Il y en a assez des énarques ! ». Je suis pas là pour défendre les énarques. Je suis là simplement pour faire préciser que la grande majorité d'ailleurs, enfin beaucoup de ces réglementations, et en nombre croissant, viennent justement de l'UE, et sont obligatoirement transposées en droit français. Or, l'UE n'est pas peuplée d'énarques. C'est le moins qu'on puisse dire. M. Barroso et tous les commissaires européens, il n'y en a pas un seul qui soit énarque.

Donc cette réglementation, par ailleurs, dans un certain nombre de cas, elle est quand même justifiée, elle est quand même réglemen... Elle répond dans la grande majorité des cas à des besoins. En attendant donc, on désorganise les services de l'État. Et tout ça pour y faire des économies qui sont des économies de bout de chandelle par rapport au reste. Vous vous rappelez peut-être que M. de Villepin, Premier ministre, a vendu les autoroutes françaises. Ça a rapporté 11 milliards d'euros à la France. Alors maintenant, quand vous prenez l'autoroute, à chaque fois que vous passez un péage, il y a une petite partie de votre péage qui va abonder les revenus de Mme Jackson qui... She's retired.

C'est une retraitée au bord de sa swimming pool, San Diego, California, parce qu'elle a placé sa retraite dans un fonds de pension qui a pris une participation dans Vinci, qui est maintenant le propriétaire des autoroutes. C'est comme ça que ça se passe chez McDonald's. Donc il faut bien comprendre que l'on vend notre patrimoine public pour effacer de façon totalement marginale une dette publique colossale, mais que ce patrimoine qu'on a vendu, c'est vraiment une escroquerie générale, puisque ce patrimoine rapporte tous les ans de l'argent à leurs actionnaires. Vous comprenez le truc ?

Si on n'avait pas vendu les autoroutes, au lieu d'avoir je sais plus combien de centaines de milliards d'euros de dettes, on doit en être à peu près à 2 000 milliards d'euros de dette publique en France, on en aurait 2 011. Bon, ça ne changera rien, sauf que les autoroutes, ça serait quand même encore à nous. Voilà. Donc ça, je suis obligé de vous le montrer. Oui, c'était ça. Voilà. Les économies réalisées par la RGPP... Érick... Les économies réalisées par la RGPP ont été de 11,9 milliards d'euros sur 4 ans. La hausse de la dette publique a été de 600 milliards. Ça veut dire qu'il y a quand même un truc qui cloche quelque part. C'est la raison n°2 de sortir de l'Europe.

Il faut redonner à la Banque de France son pouvoir de financement de l'État et des collectivités publiques, ce qui impose de dénoncer juridiquement l'article 123 du TFUE. Et je précise que le parti politique que j'ai créé, le mouvement que j'ai créé, propose que les Français soient consultés au niveau national à l'issue d'un grand débat national, où tout le monde pourra exprimer ses vues, y compris et surtout les vues hétérodoxes. Je rappelle notamment que le seul prix Nobel d'économie français a été barré d'accès aux médias jusqu'à son décès : Maurice Allais, qui avait des vues totalement hétérodoxes...

Donc nous, ce que nous voulons, c'est qu'il y ait un vrai débat qui soit placé sur le tapis, exactement à l'islandaise ou à l'argentine, et que l'on voie avec les Français ce que l'on fait de cette dette publique, quitte d'ailleurs à ce que l'on reconnaisse que toute une partie de cette dette est une dette qui est en partie infondée, par des mécanismes qui n'auraient jamais dû l'être. En tout cas, il faudrait faire un bilan déjà des services qui ont été fournis en échange des 600 milliards d'euros. Voilà ce que nous, nous disons. Voilà. Je disais d'ailleurs hier au sujet de la Grèce... Vous avez vu par exemple que la Grèce avait une dette publique de 340 milliards d'euros.

Et puis il y a eu un consensus entre les banques. Vous savez, dans ces négociations pour rendre la Grèce in bonis, comme on dit, finalement, les banques ont fait un trait. On a dit : « Les banques ont fait un effort. Les banques ont fini par faire un trait sur 50 milliards d'euros, 60 milliards d'euros ». Ben allons donc ! Mais si on fait des traits sur 50 ou 60 ou 80 milliards d'euros, c'est qu'il y a un petit problème. C'est ce que je disais hier. C'est comme si par exemple vous faites faire une réparation à un bien qui vous appartient. Vous apportez ça au réparateur. Et puis il vous dit : « Voilà. Ça vous coûte 1 850 € ». Vous dites : « Mais vous plaisantez ou quoi ?

Moi, je pensais que ça allait me coûter 50 € ». Alors vous commencez à entrer en négociation. Puis il dit : « Bon, je vous fais un prix. C'est pas 1 850 €. En fait, la facture, ça sera 320 € ». Vous dites : « C'est un arnaqueur ! ». Ça veut dire que ces sommes sont des sommes virtuelles. Voilà. La raison n°3, c'est qu'il faut sauver l'agriculture française et les agriculteurs français. Ça, c'est l'évolution du nombre d'agriculteurs français sur la période de (NDLR : visiblement 1962-2008). En 1962, il y avait 3 millions d'agriculteurs français. En 1970-1971, ils étaient tombés à 1,6 million, 1 million en 1990, 627 000 à peu près en 2000. En 2008, ils étaient 540 000.

On est tombés en dessous de 500 000. Les prospectives, c'est à horizon de 2030 peut-être 200 000 ou 300 000 agriculteurs. Alors bien entendu, nous ne sommes pas un mouvement de gens nostalgiques. Je ne suis pas totalement abruti. Je suis bien conscient de ce qu'on appelle la transition des économies modernes, la baisse tendancielle du nombre d'agriculteurs, l'augmentation des services... Enfin de l'industrie d'abord, des services ensuite. Tout ça, c'est des choses qui ne m'échappent pas. Mais la France est quand même le grand pays agricole d'Europe. Il y a deux grands pays agricoles en Europe depuis l'homme de Cro-Magnon.

C'est la France et c'est l'Ukraine, chacune à deux bouts du continent européen. Et donc là, il ne s'agit plus de transition économique. Il s'agit de disparition. Il s'agit de passer sous un seuil qui est un seuil quasiment d'inexistence. On est en train de suivre un schéma à l'anglaise. Si vous allez en Angleterre, il n'y a plus d'agriculteurs du tout. Vous avez des pelouses, voilà. Vous avez des choses comme ça.

Donc la question qui se pose, c'est : est-ce que vraiment, on va aller vers une destruction totale de l'agriculture en France, ou alors selon le schéma favorisé par la construction européenne, qui veut nous imposer un schéma à l'américaine, c'est-à-dire en fait transformer la France en Oklahoma ou en Saskatchewan, la grande province de l'ouest canadien avec des exploitations absolument gigantesques avec des contraintes de rentabilité, puisque c'est de ça qu'il s'agit ? Et les évolutions du monde agricole découlent tout à fait directement des traités européens.

Le TFUE, là, sous l'empire duquel nous sommes, précise dans sa rubrique sur l'agriculture et la pêche son article (NDLR: 38) : « L’Union définit et met en œuvre une politique commune de l’agriculture et de la pêche. Le marché intérieur s’étend à l’agriculture ». « Le marché intérieur s'étend à l'agriculture », ça veut dire qu'il ne peut pas y avoir de frontières à la circulation des produits agricoles à l'intérieur de ce marché commun. C'est ce qu'il y a déjà à l'entrée de l'Espagne ou du Portugal. Ça a déjà donné un coup terrible à l'agriculture française, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en dise. Les gens disent : « Mais oui, finalement, on a bien... »...

Parce que j'ai entendu des européistes qui disent : « Oui, oui, il y en a qui avaient peur de l'entrée de l'Espagne et du Portugal. Ça s'est passé. Ça s'est très bien passé ». Non, ça s'est pas très bien passé du tout ! Non ! Tout le monde n'est pas mort. Ça, c'est sûr. C'est comme dans la fable de La Fontaine : « Et tous étaient touchés ». C'est-à-dire qu'effectivement, c'est corrélé avec la disparition d'un grand nombre d'agriculteurs. Et puis de toute façon, il n'y a plus que ça, maintenant, parce que ça n'est plus la seule raison. Il y a également – n'est-ce pas – le fait que l'article 39...

« La politique agricole commune a pour buts (...) d’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre ». Ce qu'il est important de comprendre, c'est que les traités européens auraient pu par exemple dire qu'il fallait que les objectifs de l'agriculture des pays de l'Europe soient l'autosuffisance alimentaire. Ça aurait pu être un objectif. C'est d'ailleurs un objectif que tous les hommes d'État... On en est singulièrement dépourvus.

Mais que tous les hommes d'État, tout au long de l'histoire de tous les pays du monde, ont toujours à l'esprit. Nul ne sait de quoi l'avenir est fait. Il est très important qu'un pays puisse être sûr à tout instant de pouvoir nourrir son propre peuple, surtout quand on est un pays agricole comme la France. Ça s'est complètement perdu de vue. Ce qui est perdu de vue, c'est également le respect par exemple des terroirs, le respect d'une certaine identité, d'une certaine qualité de vie auxquelles les populations sont attachées, le respect de, par exemple, – je ne sais pas, moi – tel ou tel... Alors évidemment, on fait mousser les appellations d'origine contrôlée et de genre de choses.

Mais ça n'est qu'un cache-sexe – passez-moi l'expression –, une espèce de stratégie de niche – comme on dit –. Et la réalité de l'agriculture, c'est qu'elle disparaît à toute allure, d'autant plus qu'on ne l'a pas seulement mise en contact avec les productions agricoles d'Espagne ou du Portugal, mais également avec les productions agricoles du monde entier.

Donc le triste bilan de la politique agricole depuis 30 ans, c'est que l'UE met en concurrence frontale les agriculteurs non seulement de France avec les autres pays d'Europe, mais des pays d'Europe avec ceux du monde entier au nom d'une vision ultralibérale, ce qui permet aux grands groupes de la distribution et de l'agroalimentaire d'imposer aux agriculteurs français des prix alignés sur les prix mondiaux. Ces prix sont la plupart du temps en dessous des coûts de production. Au cours des 40 dernières années, les prix des produits agricoles français ont baissé de -60% en monnaie constante.

Et actuellement, 40% des paysans français ont désormais un revenu inférieur au SMIC, avec en plus le taux de change de l'euro qui aggrave le mal à toute allure. Le résultat, c'est que vous savez ou vous ne savez pas qu'actuellement, nous comptons en France 400 à 500 suicides d'agriculteurs par an, c'est-à-dire plus de 1 par jour. Parfois, ça peut être des drames familiaux. C'est entendu. Mais quand on en a 1,5 par jour, ça devient un phénomène statistique qui n'est plus uniquement corrélé à des peines de cœur. C'est autre chose qui se passe.

Cette autre chose, c'est qu'on est en train de tuer ce qui faisait la France de toujours, si j'ose dire, c'est-à-dire le monde agricole, qui se trouve placé dans une situation qui est à la fois financière et psychologique de plus en plus intolérable. Parce qu'on les met en concurrence avec des productions du Saskatchewan ou de l'Arkansas, de l'Oklahoma ou avec les productions à contre-saison venues du Chili, d'Afrique du Sud, etc., eh bien ça, c'est une baisse du revenu à l'hectare. C'est vrai aussi en matière de vin. Maintenant, dans tous les supermarchés, vous avez du vin venu de Californie, venu de l'Australie, du Chili.

Et puis naturellement, on fait valoir les goûts américains pour changer également le goût des produits, etc. Bien. Donc la baisse du revenu à l'hectare a provoqué la disparition accélérée du nombre d'exploitations et donc de nos agriculteurs. Deuxièmement, puisqu'on a une course à la rentabilité qui est réclamée par l'UE... C'était l'article (NDLR : 38) dont je vous parlais à l'instant, et 39. Le seul critérium, c'est justement la rentabilité, et également l'utilisation optimum de la main-d'œuvre, c'est-à-dire avoir recours à une main-d'œuvre immigrée payée avec des lance-pierres.

Eh bien on va avoir donc une course au rendement, à l'agrandissement des exploitations, donc la perte des terroirs et de l'entretien des paysages. Pour tenter de survivre, beaucoup d'agriculteurs tentent de se réfugier dans des stratégies de niche avec des produits haut de gamme et des produits bio. Alors parfois, ça marche. Ça n'est d'ailleurs pas désagréable. Il peut y avoir des très bons produits bio ou des produits de... Je suis amateur de cuisine. Ça se voit un peu trop, d'ailleurs. Mais donc on peut avoir des produits de qualité. Mais c'est une solution quand même qui ne peut concerner le plus grand nombre, parce que le plus grand nombre, il disparaît purement et simplement.

Et puis on a également une augmentation faramineuse de l'utilisation des engrais et des pesticides, du moins dans certaines régions et pour certaines productions. On va peut-être en utiliser moins pour certaines productions que pour d'autres. Alors bien sûr, certes, on me dit : « Oui, maintenant, on s'oriente vers des fermes bio, vers un plus grand respect du concept d'agriculture raisonnée », comme vous le connaissez, qui sont – je pense – la voie du progrès. Mais tout ceci, c'est encore une fois la partie émergée de l'iceberg. La réalité, c'est quand même ceci. C'est quand même qu'on est obligés d'avoir une agriculture de masse. Sinon, on disparaît selon les canons venus de Washington.

Le pire de tout, c'est qu'au même moment, le prix de vente au consommateur ne baisse pas. Ça permet aux grandes chaînes de distribution d'augmenter leur profit. C'est ça qu'il se passe. C'est que vous avez un phénomène de ciseaux qui s'ouvrent. D'une part, les agriculteurs gagnent de moins en moins d'argent à l'hectare, sont donc obligés de faire tout ce que je viens de dire. Et d'autre part, les consommateurs, eux, ne voient pas du tout baisser le prix dans les hypermarchés. Alors quel est le mystère ? Le mystère, il est très simple.

C'est qu'au bout du compte, la PAC s'est progressivement dénaturée et est devenue un instrument au bénéfice quasiment exclusif des groupes financiers qui contrôlent l'agroalimentaire et la distribution, au détriment de l'agriculture et des agriculteurs. C'est ce qui explique d'ailleurs que très régulièrement, il y a l'été – vous savez – des agriculteurs qui brûlent leur production, qui brûlent des pneus, qui font le siège par exemple de tous ces hypermarchés en centre-ville qui se sont développés comme les champignons après la pluie au cours des 40 dernières années en France. Et maintenant, vous savez, l'été, en France... Moi, j'ai une maison de campagne dans la Nièvre.

Mais quand je vais à l'hypermarché de Cosne-sur-Loire, on voit souvent des productions qui viennent de l'autre bout du monde alors qu'il y a des agriculteurs qui font les mêmes à 20 km. Voilà. Alors c'est vrai que depuis quelques temps, il y a eu une tentative avec certaines chaînes de distribution et puis les pouvoirs publics, qui ont essayé d'imposer qu'il y ait des rayons où l'on propose des productions locales.

Mais enfin tout ceci, c'est encore une fois un cautère sur une jambe de bois, puisque les réalités économiques qui sont imposées par le marché commun agricole et par l'orientation ultralibérale des traités européens poussent à une destruction progressive et rapide de notre modèle agricole. Un exemple des conséquences de la construction européenne dans la filière fruits et légumes, par exemple : ils ont besoin de beaucoup de main-d'œuvre à l'été. Bon, les producteurs français sont placés dans une situation impossible. La législation française impose le SMIC, en gros de l'ordre de 9 à 10 € de l'heure pour les ouvriers saisonniers.

Or, les ouvriers saisonniers, travailler 9 à 10 € de l'heure pour ramasser par exemple des cerises, ou des choses comme ça, dans les vergers, c'est presque exclusivement des salariés agricoles venus du Maghreb, de la Turquie ou des pays de l'Est : de la Pologne, de l'Ukraine et de la Moldavie. Mais au même moment, le SMIC n'existe pas en Allemagne. En tout cas, il existe par branche, mais il n'existe pas dans l'agriculture, ce qui fait que les concurrents allemands, eux, payent les mêmes ouvriers saisonniers 5 à 6 € de l'heure. Donc le résultat des courses : ça veut dire qu'il y a une distorsion de concurrence. Et donc qu'est-ce qu'ils font ?

La chambre d'agriculture qui s'occupe des questions de fruits et légumes, la filière fruits et légumes avait saisi le Premier ministre M. Fillon en disant : « Il nous faut au moins des dédommagements ». Et donc la France a voulu dédommager ses agriculteurs, ce qui revient à fonctionnariser les agriculteurs. Ça revient encore une fois à dénaturer leur métier. Au lieu qu'ils cultivent et qu'ils vivent du produit de leur..., il faut qu'ils partent dans des circuits labyrinthiques de paperasse et d'administration pour essayer de survivre.

Et en plus de tout, naturellement, la Commission européenne a interdit à l'État de pallier cette distorsion de concurrence par des aides aux agriculteurs en considérant que c'était contraire à la libre concurrence, dont je vous ai rappelé que dans l'article 32, il est prévu que les produits agricoles obéissent au système du marché intérieur. Le résultat de tout ça, c'est qu'il n'y a pas 50 solutions. Ça veut dire que puisqu'on place les agriculteurs français dans une situation de concurrence sans limite avec par exemple les agriculteurs allemands sur cette filière... C'est un exemple, mais qui montre au jour le jour pourquoi la construction européenne est en train de nous détruire.

Eh bien soit on maintient la législation française du SMIC à 9 €, 10 € de l'heure, ce pour quoi je suis... Moi, j'estime qu'on n'a pas à traiter les gens comme des chiens. Toute peine mérite un salaire décent. Donc on maintient le SMIC à 10 € de l'heure, et à ce moment-là, on sombre, parce que ça n'existe pas en Allemagne. D'ailleurs, le modèle allemand dont on nous rebat les oreilles en ce moment... Vous savez qu'il y a quand même des gens très pauvres en Allemagne, et qui sont payés d'ailleurs de plus en plus avec des lance-pierres. Bon. Donc soit ça, soit on est obligés de supprimer le SMIC en France. Et on y va tout droit.

Nous, nous proposons la troisième voie, c'est-à-dire de dire : « Non, on en sort. On sort de ce système. Nous avons le droit de vouloir maintenir notre identité. Nous, nous avons le droit de vouloir défendre un modèle qui est à la fois un modèle agricole et un modèle social ». La conclusion, c'est que l'agriculture française est sur la voie du déclin. L'agriculture française est dépassée désormais par l'agriculture allemande. C'est une chose qui aurait été inconcevable il y a encore 5 ans. Les dégâts ne sont pas seulement financiers. Ils sont aussi d'ordre moral.

La prolifération des réglementations européennes retire aux agriculteurs ce qui faisait l'un des attraits les plus forts de leur métier, à savoir la liberté : liberté de travailler la terre comme ils le souhaitaient, d'utiliser les semences comme ils le voulaient. La construction européenne est ainsi en train de tuer financièrement, physiquement, mentalement le grenier agricole de l'Europe qu'était la France depuis des siècles. Ça n'est pas pour rien qu'il y a 400 à 500 agriculteurs qui se suicident par an. On parlait à juste titre, d'ailleurs, des gens qui se suicident chez France Télécom. Mais on ne parle pas assez des agriculteurs qui se suicident.

Donc c'est la raison n°3 de sortir de l'Europe. Si nous voulons que les agriculteurs français sauvent leur agriculture et leurs agriculteurs, alors il faut que la France dénonce juridiquement plusieurs articles des traités européens, notamment les articles (NDLR : 38) et 39 du TFUE. Vous voyez comment est construite cette conférence. C'est qu'elle vous montre raison après raison pourquoi nous avons raison de vouloir sortir de l'UE.

Nos contradicteurs refusent tout débat avec moi, d'abord parce que je connais les dossiers alors que souvent, ils ne connaissent rien, et aussi parce qu'ils ont tout intérêt à faire croire à la population française que vouloir sortir de l'Europe, ça serait être xénophobe, raciste, etc. Et on va agiter Mme Le Pen à chaque fois qu'il en est besoin pour agiter l'épouvantail. Voilà. Mais le résultat des courses, c'est qu'on ne débat jamais des sujets de fond. Donc les gens qui vous disent : « Comment ça ? Vous voulez sortir de l'Europe ? Vous êtes des nostalgiques et des ringards », je dis : « Mais vous, vous voulez y rester.

Donc vous êtes directement responsable du fait qu'il y a déjà rien qu'en matière agricole 500 agriculteurs qui se suicident tous les ans ». Il faut renverser la charge de la preuve et le sens moral. Les européistes n'ont pas le sens moral. C'est nous qui avons le sens moral. Ce sont des gens... D'ailleurs, il suffit de voir. Il suffit de voir ce qui se passe à Chypre. Il suffit de voir l'effondrement moral de la classe politique française, avec ce ministre du Budget qui faisait des conférences et des colloques pour lutter contre la fraude fiscale le 20 novembre 2012 sachant qu'il était lui-même un grand fraudeur fiscal. Non mais c'est pas drôle.

Ça veut vraiment dire qu'il y a quand même un vice de fond. Ces gens n'ont aucune supériorité morale. C'est nous qui l'avons. C'est nous qui représentons le peuple français, ses intérêts légitimes, qui représentons l'honnêteté intellectuelle, le regard bienveillant sur la France et sur le monde, comme je le montrerai tout à l'heure, parce que par ailleurs, toute cette oligarchie est en train de nous entraîner vers la guerre. La raison n°4, c'est... J'ai parlé d'agriculture. Faut que je parle aussi de l'industrie. Il faut sauver l'industrie française et nos emplois. Je rappelle que le TFUE, via ce fameux article 63... Enfin fameux... C'est moi, je crois.

Je vais finir par le rendre fameux, parce que comme j'en parle à toutes mes conférences, maintenant, ça commence à faire son petit bonhomme de chemin. Cet article 63 est tout à fait décisif. Cet article 63 dit que : « Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, ... » – donc tout ce qui concerne les mouvements de capitaux et de paiements – « ...toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ». Alors ça nécessite de s'y arrêter un instant, parce que évidemment, je sais bien que lire des traités, lire du droit, ça n'est pas facile.

C'est fait justement pour que le grand public n'y comprenne pas grand-chose. Mais ça n'est pas si compliqué à comprendre. Regardez avec moi. « Toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ». « Restrictions aux mouvements de capitaux », ça veut dire que si vous avez une entreprise... Vous êtes un particulier. Vous possédez 1 milliard d'euros. Vous voulez construire une usine de fabrication de voitures. Vous êtes Peugeot. Vous voulez construire une usine de fabrication de voitures en Chine ou en Slovaquie. Vous êtes Lejaby.

Vous voulez déplacer vos ateliers de confection de sous-vêtements féminins au Maroc. Eh bien vous ne pouvez pas en être empêchés. C'est ça que ça veut dire. Les restrictions sont interdites. Ils peuvent sortir leur argent pour aller construire des usines. Et non seulement entre les États membres de l'UE, mais aussi entre les États membres et les pays tiers ! Vous voyez dans cette formule « les pays tiers » toute l'arnaque des européistes qui vous disent : « On va faire une Europe puissance ». Si on avait voulu faire une Europe puissance, on n'aurait jamais mis les pays tiers. On aurait dit : « On va faire entre nous une Europe puissance. On va délocaliser entre les pays d'Europe.

On va maintenir notre savoir-faire ». Mais pas du tout ! On a mis les pays tiers. Ça veut dire que en effet, Peugeot va pouvoir aller investir en Chine. En effet, telle entreprise informatique va pouvoir aller investir à Bangalore, dans le Karnataka en Inde du Sud. En effet, Lejaby va pouvoir aller investir au Maroc. Et donc à chaque fois, ça va faire des usines que l'on va fermer en France. C'est ça que ça veut dire. Et je me permets d'insister auprès de vous sur quelque chose dont je découvre que mes compatriotes, finalement, ne le savent pas. C'est d'ailleurs normal, qu'ils ne le savent pas, puisque personne ne leur a jamais dit.

Comment ça se fait qu'on parle de délocalisations maintenant ? Pourquoi on n'en parlait pas en 1972 ? Pourquoi on n'en parlait pas même du temps de Mitterrand, du début ? En 82, on n'en parlait pas. Alors il s'est passé quoi ? Ce qui s'est passé, c'est ça ! Ça, c'est directement le traité de Maastricht. C'est ça qui s'est passé. Je me permets de souligner ce point. Lorsque par exemple – mettons – en 1975, une entreprise française... Imaginons que ça lui ait traversé l'esprit... Ça n'était pas la mode de l'époque. Mais si ça lui traversait l'esprit de dire : « Je vais construire une usine à l'autre bout du monde à des tarifs très faibles », elle n'en avait pas le droit.

Elle devait aller demander une autorisation. C'est ce que l'on appelait le contrôle des mouvements de capitaux. Et donc le président de Peugeot-Citroën, de Renault ou de n'importe quoi, ou de Latécoère ou de Alstom, de je sais pas quoi, devait prendre sa canne et son chapeau... D'ailleurs, il n'avait en général ni l'un ni l'autre. Il avait simplement un costard-cravate, son attaché-case. Il devait aller prendre rendez-vous au ministère des Finances voir la direction du Trésor, et puis voir ensuite éventuellement le cabinet du ministre en disant : « J'ai un projet d'investissement pour créer une usine...

» – je sais pas – « ...au Bangladesh » ou bien « ...au Pakistan », « ...au Vietnam », « ...en Chine », « ...en Inde », « ...en Tunisie ». « Voilà. Est-ce que vous êtes d'accord ? ». Et à ce moment-là, c'était le ministère des Finances qui, dans sa grande sagesse, disait oui ou non. Alors oui, c'était pas toujours non. Par exemple, Peugeot s'est installée en Iran. Pourquoi les pouvoirs publics avaient donné l'autorisation à Peugeot de s'installer en Iran ? Parce que l'Iran était un marché prometteur, en pleine croissance, et puis parce qu'il s'agissait de fabriquer pour le marché local, et qu'il n'y aurait pas de réexportation vers la France. C'était tout bénéfice. Donc ça a été oui.

Mais maintenant, ça n'est plus possible. Dans d'autres cas, c'était non. Maintenant, ça n'est plus possible, parce qu'il y a non seulement l'article 63... Mais il y a également dans cet article 63... Il est précisé d'ailleurs que « toutes les restrictions aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ». Ça veut dire : « Vous ne pouvez pas non plus interdire les versements financiers dans un sens ou dans l'autre, notamment rapatrier les profits et les capitaux ». Donc c'est un feu vert aux entreprises pour expatrier leurs usines dans des pays à très bas coût de salaire.

Mais il y a également l'article 32 qui dit que dans l'exercice de ses missions, il y a « la nécessité de promouvoir les échanges commerciaux entre les États membres et les pays tiers (...) accroître la force compétitive des entreprises (...) assurer (...) une expansion de la consommation dans l'Union ». Ça veut dire qu'en matière industrielle... C'est comme l'agriculture. En matière industrielle, on aurait pu avoir des traités qui auraient dit : « La priorité des priorités, c'est de maintenir l'emploi industriel en zone Europe. C'est de maintenir le savoir-faire industriel, de conserver nos emplois, de favoriser la modernisation de nos outils industriels ». On aurait pu avoir ça.

Là, on aurait pu dire légitimement : « C'est une Europe puissance ». Mais ça n'a pas été fait. Et ça n'a pas été fait pour les raisons que j'ai dites en préambule. C'est que ça aurait pu être fait si tout le monde avait été d'accord. Mais les Anglais n'étaient pas d'accord. Les ultralibéraux n'étaient pas d'accord. Le Luxembourg, qui n'a pas d'industrie et qui est le pays du grand capital – si l'on peut dire – n'était pas d'accord. C'est pour ça qu'on n'a pas pu avoir ça et qu'on pourra jamais avoir ça. Je vous l'ai dit : 1,2 seconde par trillion d'années, la probabilité.

C'est justement parce que nous sommes liés à des pays qui n'ont pas ces intérêts-là – puisqu'ils n'ont pas d'industrie, mais que eux, leur intérêt, c'est de maximiser le profit des détenteurs de capitaux – que nous sommes dans cette situation. Et vous voyez bien que là, ce que l'on promeut, c'est de promouvoir les échanges commerciaux. Mais quand on va faire fabriquer des soutiens-gorge – excusez-moi mais c'est un cas réel, le cas Lejaby –, des sous-vêtements féminins au Maroc et qu'on les rapatrie en France, eh bien on promeut les échanges commerciaux avec les pays tiers. Ça, c'est incontestable. Avant, on n'achetait pas de soutiens-gorge au Maroc. Maintenant, on en achète.

Avant, on n'achetait pas de voitures en Roumanie. Maintenant, on en achète. Avant, on n'achetait pas de chaussures fabriquées au Bangladesh. Maintenant, on en achète. Donc on favorise... C'est le point a). Deuxièmement, on accroît la « force compétitive des entreprises ». Eh bah oui, en effet, puisque les entreprises, maintenant, peuvent faire travailler à très très bas coût de salaire des Indiens, des Bangladeshis, parfois des enfants – il faut tenir compte des conditions sociales sur place –, plutôt que des salariés des Vosges ou du Nord, par exemple en matière textile. Je pense à ça parce que je pense aussi aux questions textiles. Bon.

Donc là, on favorise la « force compétitive des entreprises ». Enfin, « une expansion de la consommation dans l'Union ». Bah oui. On propose aux populations de l'UE des produits parfois à très bas coût. Je pense par exemple à cette entreprise de textile, de vêtements que vous connaissez tous, enfin en particulier les dames, qui s'appelle Zara. Zara, qui a été créée par un Espagnol il y a une vingtaine d'années, une trentaine d'années, et qui maintenant devient une des plus grandes entreprises mondiales de textile, et qui – ce monsieur, le fondateur de Zara – est en passe de devenir l'une des 5 plus grandes fortunes mondiales.

Alors d'où vient cette fortune et d'où vient la fortune de l'entreprise Zara ? Eh bien tout simplement parce que cette entreprise fabrique des vêtements – notamment pour femmes – qui sont des vêtements à la mode. Ils ont des flux tendus. Ils n'ont pas de collection... Ça change constamment. Dès qu'il y a une jolie robe qui passe, faut l'acheter, parce qu'on la retrouvera pas 3 semaines après. Ce sont des allotements qui sont fabriqués au Bangladesh, en Inde à des prix inimaginables. Il y a d'ailleurs des mouvements, des manifestations. Il y a des gens qui font la grève de la faim. Il y a eu un incendie au Pakistan dans une usine qui a fait des morts.

Tout ça, évidemment, a été caché aux Français, aux Espagnols, aux Japonais, puisque Zara est partout. Donc le consommateur est bien content d'acheter chez Zara effectivement une petite robe ou un petit T-shirt à un prix assez sympa. Ça, c'est le consommateur. Il est content. Le problème, c'est qu'il n'est plus salarié, parce qu'il a perdu son emploi. Donc ces phénomènes dits de mondialisation ont introduit une espèce de schizophrénie chez les peuples. C'est-à-dire que le côté consommateur est content d'acheter chez Zara un truc à bon marché.

Mais il n'a plus l'argent pour l'acheter, en gros, parce qu'il y a de moins en moins d'emploi, et que l'ensemble de la société est en train de verser dans l'appauvrissement généralisé avec son cortège d'augmentation continuelle de violence, de lutte contre la violence, donc de surveillance de la société, donc de nouveau de plus en plus de violence. Voilà le schéma dans lequel on est lancés. Tout ça pour permettre à des consommateurs de s'acheter une petite robe ou un petit T-shirt à prix sympa.

Mais vous voyez à quel prix : au prix de Bangladeshis ou d'Indiens de 15 ans ou 18 ans qui sont payés avec des lance-pierres, au prix de l'appauvrissement généralisé de régions entières, de la destruction de l'industrie et au prix bien entendu d'une augmentation phénoménale de la fortune de quelques-uns. C'est le propriétaire de Zara et puis les actionnaires. Alors par ailleurs s'ajoute à tout ceci la BCE. L'article 282, qui prévoit que « l'objectif principal du système européen de banque centrale »... Je n'en parle pas. J'en ai longuement parlé hier dans ma conférence sur la tragédie de l'euro. Je rappelle que l'euro n'est pas une monnaie unique, mais une monnaie commune.

Donc toutes les banques centrales nationales ont continué d'exister. Et donc chaque État conserve sa monnaie nationale, sauf que la monnaie nationale s'appelle l'euro et que c'est une créance sur la banque centrale nationale de chacun des pays différents. J'ai expliqué hier longuement en quoi ce système était en train de mener à une explosion générale. Alors « l'objectif (...) du SEBC est de maintenir la stabilité des prix ». C'est tout à fait cohérent avec ce que je disais tout à l'heure sur l'article 123. C'est-à-dire que les concepteurs de ceci, ceux qui ont tenu la plume sont en effet des ultralibéraux.

C'est en définitive les réprésentants des classes les plus favorisées du monde euro-atlantique, c'est-à-dire les gérants de fonds de pension, les grandes fortunes, les grandes banques. C'est une révolution de « banquiers », comme nous expliquait Padoa-Schioppa. Et donc l'objectif des gens qui ont de la fortune, c'est la stabilité des prix, parce que rien n'est plus déstabilisateur pour des gens qui ont de l'argent que de voir de l'argent se déprécier à toute allure. Donc c'est le seul objectif qui a été fixé.

Mais on aurait pu avoir pour la BCE et pour le SEBC et pour l'euro des objectifs qui eussent été tout à fait différents : par exemple le maintien d'un chômage le plus bas possible, par exemple le maintien, la préservation de la compétitivité des économies, en se basant sur l'économie par exemple la moins compétitive, le maintien en zone euro du plus grand potentiel possible de savoir-faire industriel. Pas du tout. C'est seulement l'objectif de la lutte contre l'inflation. Et on précise bien que la BCE est indépendante des institutions et des gouvernements. Comme je le rappelais hier, on n'est jamais indépendant de... Ça n'existe pas. L'indépendance totale n'existe pas.

Quand on est bébé, on est dépendant de son papa et de sa maman. Quand on est adolescent aussi, même si ça coûte parfois. Et puis après ça, on est dépendant de sa femme, de son mari, ou de son conjoint, ou de son concubin, ou de ses enfants, ou de ses collègues de travail, ou de ses amis, ou de ses vieux parents. Et puis après ça, on est dépendant de ses enfants, de ses petits-enfants, de sa garde-malade. On est toujours dépendant de quoi que ce soit. Donc l'idée qu'une BCE soit indépendante, c'est une idée qui n'existe pas. Quand on dit que la BCE est indépendante des gouvernements des États, ça veut dire qu'elle est indépendante du suffrage universel.

Mais ça ne veut pas dire qu'elle est indépendante d'autres structures. Mario Draghi, l'actuel président de la BCE, était l'ancien vice-président Europe de Goldman Sachs. Il connaît tout le monde chez Goldman Sachs. C'est d'ailleurs M. Peter Sutherland, le président de Goldman Sachs International, qui l'a fait promouvoir à la tête de la BCE, où M. Mario Draghi, italien... Vous savez que son nom, ça veut dire « dragon ». Son prédécesseur, c'était Trichet. Bon. Mario Draghi a plus de pouvoir que ce pauvre M. Hollande. Sur la France, j'entends. Parce que des décisions que prend M. Mario Draghi dépendent notamment...

Le taux de change externe de l'euro, qui va influer directement sur notre emploi et sur le maintien des industries sur le sol national. Voici la comparaison de l'évolution du taux de change de l'euro par rapport au dollar et de l'évolution du commerce extérieur français tout au long des années 2000. Lorsque l'euro a été créé sous forme d'échanges interbancaires en 1999, ça valait 1 € = 1,18 $. Ensuite, il a dégringolé l'année 2000 et 2001 pour tomber à 0,85 $. Il est arrivé dans vos poches et dans les miennes le 1er janvier 2002. À cette époque, il valait moins de 1 $. Il valait 0,9 $.

Depuis lors, il a augmenté de façon considérable, puisqu'en fait, c'est la barrière d'ajustement mondiale principale du déficit de la balance des paiements courants américaine, jusqu'au mois de juin 2008 où il a atteint 1,60 $. Et depuis, il a fait du yo-yo. Il est retombé à peu près aux alentours – ces jours-ci – de 1,25, 1,27, 1,30. Bon. Au passage, je dis comme je l'ai déjà expliqué hier que depuis 2008, l'euro, par rapport au dollar, a perdu 25% de sa valeur. On n'en a pas fait un fromage. Je dis ça pour les gens que vous connaissez dans votre entourage qui vous disent : « Mais si jamais on sortait de l'euro... Vous vous rendez compte ? Le franc perdrait 20% ».

Je leur ai dit : « Mais figurez-vous que ça s'est passé. Ça a perdu 25%. Ça vous a fait ni chaud ni froid. C'était du temps de l'euro. Passons. Maintenant, vous avez ici la courbe de l'évolution de notre commerce extérieur de la France. En bleu, c'est les exportations. En rouge, ce sont les importations. Et vous voyez que nous avons une période ici où il y avait à peu près identité entre export et import. C'est-à-dire qu'en gros, notre commerce extérieur est équilibré. Donc en gros, ça veut dire que nous sommes compétitifs par rapport à l'économie mondiale. Et puis vous voyez ici une augmentation colossale des importations et une augmentation nettement moindre des exportations.

Ça veut dire que notre solde commercial devient abyssal. Le déficit devient énorme. Énorme ! On a signé en 2011 le plus gros déficit commercial de l'histoire de France depuis Vercingétorix. Et en 2012, la ministre du Commerce extérieur... Son nom m'échappe. Pourtant actuelle. Bon, enfin bref... Qui s'est glorifiée il y a quelques semaines... Mme Nicole Brick. Elle en casse pas beaucoup, d'ailleurs. Mme Nicole Brick, qui est ministre du Commerce extérieur, nous a fait une déclaration hallucinante en disant... Elle a poussé un « Cocorico » parce qu'on avait dégagé (NDLR : 67,2) milliards d'euros de déficit commercial, ce qui témoignait d'une embellie. Mais l'embellie... Elle se moque de qui ?

C'était le deuxième déficit commercial le plus important de notre histoire. Ces déficits commerciaux s'expliquent très clairement par l'évolution du taux de change. Parce que si vous regardez bien... Je ne sais pas si vous êtes familier de ce genre de choses. Mais la période ici pendant laquelle l'euro était en dessous d'un dollar correspond avec le décalage de 9 mois qui est nécessaire pour l'intégration dans les statistiques, les commandes, la livraison, le paiement et l'intégration dans les statistiques douanières. Donc il y a toujours un décalage. C'est justement pendant cette période-là que l'on a eu justement l'équilibre.

Ça veut dire que lorsque 1 € est inférieur ou égal à 1 $, nos produits se vendent bien dans le monde, sont compétitifs. En revanche, plus l'euro vaut cher et plus nos produits deviennent très très chers et de moins en moins compétitifs par rapport à la concurrence faite en zone dollar. C'est ce qui explique l'augmentation des exportations et l'augmentation donc du déficit commercial. Alors début avril 2013, le taux de change de l'euro est d'environ 1 € pour 1,30 $. Le taux de change de compétitivité – je viens de vous le montrer – est de l'ordre de 1 € = 1 $. Ça veut donc dire que l'euro est encore environ 30% trop cher pour l'économie française.

Les gens qui vous disent : « Mais si nous sortions de l'euro, le franc perdrait 30%. Vous vous rendez compte ? », je dis : « Hélas... »... D'ailleurs, c'est pas vrai, puisque les études qui ont été faites par Natixis montrent que le franc risquerait de ne baisser que de 2%, ce qui ne résoudrait pas notre problème. Je dis : « Mais ça serait formidable. On récupérerait la compétitivité de l'économie française. On arrêterait d'avoir cette hémorragie quotidienne d'emplois industriels ».

Donc en clair, la perte d'une politique monétaire indépendante a fait perdre à la France la maîtrise d'une politique de taux de change externe compatible avec la compétitivité de l'industrie française, qui n'est pas la même que la compétitivité de l'industrie allemande. L'euro cher est en train de mettre à mal l'agriculture et les services français, de détruire l'industrie française. Je ne crois pas avoir mis dans cette conférence les planches que j'expliquais hier pour montrer comment ça fonctionne et pourquoi la France n'est pas dans la même situation que l'Allemagne. C'est un point sur lequel je pourrai revenir dans les questions, si vous le souhaitez.

En attendant, il n'y a pas qu'Asselineau qui vous dit ça. M. Louis Gallois, président de EADS, dans un entretien du Figaro du 27 mars 2008... Il était président quand même de l'entreprise qui fabriquait notamment Airbus. Bon. Il savait quand même de quoi il parlait. En plus, il a été président de la SNCF. Louis Gallois disait : « Une baisse du dollar de 10 cents... » – de 10 centimes – « ...fait perdre 1 milliard d'euros à Airbus ». Une augmentation – on peut dire – de l'euro par rapport au dollar de 10 centimes fait perdre 1 milliard d'euros à Airbus. « L'euro, à son niveau actuel, est en train d'asphyxier une bonne partie de l'industrie européenne en laminant ses marges à l'exportation.

Si cela continue, l'industrie européenne fuira l'Europe » : Le Figaro du 27 mars 2008, entretien avec Louis Gallois. Allez vérifier si ce que je vous dis est faux. Donc ça veut dire qu'un très grand patron était le premier à le dire. Et le problème, c'est que ça a continué. Comme ça continue, eh bien on se délocalise pour aller en zone dollar. On se délocalise d'autant plus – par exemple – pour percer sur le marché chinois que par ailleurs, les Chinois demandent des délocalisations, puisqu'ils font mousser la concurrence entre Boeing et Airbus, puisque la Chine est évidemment l'un des très très très grands marchés d'achat d'appareils civils au cours des 20 prochaines années.

Donc le résultat des courses, c'est qu'à la fois sur la demande des Chinois et à la fois sur les contraintes de l'euro qui rendent les productions industrielles non compétitives en zone euro, eh bien EADS est obligé d'aller se délocaliser en Chine. Et il n'y a pas que EADS. Je prends cet exemple parmi bien d'autres. Donc le résultat, c'est qu'une partie de la production des Airbus A320 est désormais entièrement effectuée en Chine dans une usine flambant neuve de la ville de Tianjin. Alors les gens me disent : « Oui, mais c'est que du montage. C'est pas encore de la fabrication ». Oui, bien sûr. C'est comme les gens qui me disaient en Alsace il y a 2 jours : « Mais non.

Mais cette région Alsace, ça ne nuit en rien à la souveraineté française ». Pas du tout. Ça, c'est toujours les propos lénifiants – vous savez – pour ne pas vous faire comprendre le processus qui est en cours. Oui, bien sûr, les Chinois ne vont pas sortir un Airbus A380 du jour au lendemain. Ce sont des industries très lourdes. Il faut avoir à la fois du savoir-faire, des ingénieurs, des appareils, tout un outil industriel sur place. Mais la tendance, elle est là. Elle est là et bien là. Ça, c'est l'inauguration – donc – de cette usine. On a à Tianjin : le premier Airbus A320 fabriqué en Chine a été livré à la compagnie chinoise Sichuan Airlines.

Vous savez, c'est une des compagnies régionales. Il y a un certain nombre de compagnies régionales en Chine depuis que le gouvernement chinois a fait éclater le monopole de la compagnie CAC, qui était la compagnie nationale auparavant. Donc le premier Airbus entièrement monté en Chine, l'Airbus A320, a été livré à la Sichuan Airlines le 23 juin 2009. Ensuite, on sait que... Voilà. Fin 2009, l'usine chinoise de Tianjin a produit 11 Airbus : 6 A319 et 5 A320. En 2011, l'usine chinoise de Tianjin a produit 48 Airbus par an. Donc on est passés à 1 par semaine. Combien de copies d'Airbus va-t-il y avoir ? Que restera-t-il de l'industrie aéronautique française dans 15 ans, en 2025 ou 2030 ?

D'autant plus que ça n'est pas faire offense aux Chinois, que j'aime beaucoup... Je suis souvent allé en Chine. C'est un pays que je connais bien. Et d'autant plus que les Chinois ont le génie comme tous les peuples d'Extrême-Orient de la copie, puisque c'est valorisé dans leur culture. Nous, nous sommes une culture où on dévalorise la copie, où on valorise le geste singulier de l'artiste fou. En Chine, pas du tout. En Chine, on valorise la théorie confucéenne. C'est d'apprendre auprès d'un sensei (先生), comme on dit en japonais, d'un professeur. On apprend, on apprend, on apprend à écrire pendant des dizaines d'années l'écriture chinoise. Donc on valorise la copie.

Alors en plus, c'est évidemment dans l'intérêt industriel. Mais ça veut bien dire que dans moins de 10 ans, il n'y aura plus 2 fabricants d'avions au monde. Il y aura Boeing, Airbus. Et puis il y aura... Des principaux nouveaux concurrents, ça sera les fabricants chinois. Et puis comme Boeing est subclaquant avec son affaire de Dreamliner, et puis comme Airbus se délocalise à cause de l'euro, nous sommes en train de tuer Airbus. Alors on présente Airbus comme un grand fleuron de la construction européenne. Alors j'insiste sur le fait que ça n'a rien à voir. Vous savez que Airbus n'a rien à voir avec la construction européenne.

Ça a été lancé par Charles de Gaulle qui, justement, comme il refusait l'entrée de la Grande-Bretagne dans le marché commun, avait voulu montrer qu'il n'était pas anti-Anglais, et donc avait lancé un processus de coopération industrielle internationale. Donc Airbus, c'est une coopération internationale. On est bien d'accord là-dessus. Vous savez que dans l'Airbus A380, le premier pays fabricant, ce sont les États-Unis d'Amérique, avec 38% de part intégrée dans l'avion. Dans l'Airbus A380, le très grand porteur, toute l'électronique embarquée plus les trains d'atterrissage, c'est américain, et puis en plus, une grande partie de l'avionique.

Donc ça – je l'explique dans une autre de mes conférences –, si demain, la France sort de l'UE, elle sera toujours dans Airbus. Ça n'a rien à voir. C'est pas un traité. C'est une coopération internationale. Pareil pour Arianespace. Bon, d'ailleurs, il y a beaucoup de pays de l'UE qui ne sont pas dans Airbus. La majorité des pays de l'UE ne sont même pas un clou dans Airbus, un rivet, alors que vous avez dans les Airbus une coopération très importante... Vous avez 10 entreprises japonaises, des entreprises sud-coréennes, singapouriennes, canadiennes, russes, américaines dans Airbus. Bien. Alors tout ceci mène à quoi ?

Eh bien mène à ceci, c'est-à-dire l'effondrement du nombre d'heures travaillées dans l'industrie en France depuis 1997 jusqu'à 2011. C'est un suicide économique silencieux. L'industrie française a perdu un tiers du total des heures travaillées en 15 ans. Je vous parle beaucoup de suicides, mais parce que la France est en train de se suicider. Nous sommes un pays qui est en train de se suicider, au sens propre comme au sens figuré. Les agriculteurs se suicident. L'agriculture française dégringole. L'industrie française... Regardez cette courbe ! (NDLR : Le corollaire) de ça, c'est ça. Actuellement, chaque jour – chaque jour ! –, la France perd 400 à 500 emplois.

Chaque jour, la France perd une usine ! Chaque jour, plus de 1 500 Français basculent en dessous du seuil de pauvreté calculé par l'Insee pour l'année 2010. En 2012, je pense qu'on va être plutôt à plus de 2 000 Français qui basculent en dessous du seuil de pauvreté. Voici la situation. Une situation qui est calamiteuse, qui dure maintenant depuis 15 ans. En fait, qui est directement corrélée à l'adoption du traité de Maastricht, de l'euro, de la prétendue mondialisation inévitable, c'est-à-dire de la suppression de tous les contrôles aux échanges de capitaux, de marchandises et de services. Ça en est des fruits directs. Et que font ceux qui sont à l'origine de ça ?

Ils continuent à plastronner dans les médias. Les Jacques Attali, les Jacques Delors sont en train de nous dire ce qu'il faut faire maintenant alors que tout ce qu'ils ont dit s'est traduit par une catastrophe, ayant été mis en pratique. Nous avons des... J'allais dire un gros mot. Nous avons des clowns comme M. Montebourg, qui se fait nommer ministre du Redressement productif. Il a fait quoi pour redresser productivement la France depuis 1 an ? Rien ! Parce qu'il ne peut rien faire. Parce que la clé du problème, c'est l'article 63. Elle est là, la clé du problème.

Tant que nous n'aurons pas cassé ce système qui permet aux entreprises de délocaliser tout ce qu'elles veulent et leurs usines, on ne peut pas lutter contre les délocalisations. Sinon, c'est de la fumisterie. Voilà la réalité de la situation. On a certains... D'ailleurs, je crois qu'il y en a un qui est dans la salle, de nos militants, qui était allé voir M. Mélenchon. Vous voyez qui c'est, Mélenchon ? M. Mélenchon, qui a toujours des propos extraordinaires – n'est-ce pas ? – pour mobiliser le peuple de gauche, les ouvriers, etc. Ça, il est fort en gueule. On peut le dire. Mais il ne parle jamais de ça. Ce sont des formules.

Alors on a certains de nos militants qui sont allés le voir, et qui ont dit : « M. Mélenchon, est-ce que vous pourriez parler de l'article 63 du TFUE ? ». Et il a répondu quoi... Ils sont dans la salle. « Camarade, on parle pas de ça ! ». — {Du public :} Non, il a dit : « Il y a des caméras. On va vous descendre. On parle pas de ça. Il y a des caméras ». — Voilà. « Il y a des caméras. On va vous descendre. On parle pas de ça ». Ah bon ? Mais il sert à quoi, M. Mélenchon ? Il sert en fait à drainer sur son nom 10 à 12% des gens pour ensuite, au deuxième tour, aller les faire voter pour M. Hollande, qui est l'artisan même de la catastrophe. C'est comme ça que les choses se passent.

Je n'exagère pas. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a de plus en plus de gens qui viennent m'écouter, parce qu'ils savent, voient que c'est la vérité. Et si vous en doutez, si vous le découvrez, allez voir mes conférences. Regardez l'actualité dans 1 mois, dans 2 mois, dans 5 mois, dans 6 mois, dans 1 an. Vous verrez. Ça va continuer tant que les Français ne se seront pas sortis de ce cancer, n'auront pas balayé toute cette politique qui verrouille indûment tout débat. Parce que la moindre des choses, si nous étions en démocratie, c'est que je puisse débattre à la télévision, à TF1, avec Jacques Attali ou avec M. Montebourg, ou avec M. Sarkozy, puis que les Français jugent. Non !

Les Français, à TF1, on leur donne du Koh-Lanta. C'est la raison n°4. Si nous voulons sauver nos emplois, sauver l'industrie française, sauver notre savoir-faire industriel, préserver notre niveau de vie, empêcher l'appauvrissement très rapide de la population française, alors il faut que la France sorte de l'euro au plus vite pour récupérer la maîtrise de sa politique monétaire, notamment pour le taux de change externe. Deuxièmement, il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens qui favorisent, qui poussent, qui donnent un dynamisme phénoménal à toutes les délocalisations, c'est-à-dire les articles 32, 63, 282 du TFUE, ces traités dont M.

Mélenchon ne veut pas parler parce qu'il a peur des caméras, paraît-il. Mais il a pas seulement peur des caméras. Il a aussi peur de ses électeurs, puisqu'il ne le leur dit dans aucune conférence publique. D'ailleurs, il n'en parle pas non plus dans ses documents électoraux. Et enfin, il appelle à voter pour M. Hollande, qui est justement le partisan de ces traités. J'aurais pu dire la même chose, d'ailleurs, à droite. La raison n°5, c'est qu'il faut maîtriser les flux migratoires afin de ne déstabiliser ni la société française, ni les sociétés des pays d'émigration. C'est un sujet empoisonné. Je rappelle que le mouvement politique que j'ai créé n'est ni de droite, ni de gauche.

Il rassemble des gens de tous les horizons. Et c'est un sujet sur lequel je parle toujours avec beaucoup de prudence, parce que sais trop qu'il y a derrière des drames humains considérables. Donc ce que nous, nous disons, c'est que plutôt que les Français se disputent... Et on les fait se disputer sur ce sujet de façon vicieuse ! Parce que c'est un sujet empoisonné, avec évidemment derrière tout ce que l'on peut imaginer en termes de fantasme, en termes de submersion, de péril jaune, de péril ci, de péril ça, d'islamisation. Donc ça, c'est un sujet rêvé pour que les Français se disputent – c'est comme le mariage pour tous – sans jamais parler des vrais sujets qui sont derrière.

Le TFUE précise dans son article 67 que l'UE « assure l'absence de contrôles des personnes aux frontières intérieures ». Il faut quand même lire cet article. Il faut quand même lire cet article à tête reposée. Parce que moi, j'avais jamais vu ça. En général, on assure les contrôles. Mais assurer l'absence de contrôles, ça veut dire qu'on a l'impression que l'UE met aux frontières des espèces de gabelous qui sont là pour bien vérifier que s'il y a des gens qui passent, personne ne les emmerde. Voilà. C'est exactement « interdit d'interdire ». En effet, c'est le même schéma que « toute restriction aux échanges de capitaux est interdite ». N'est-ce pas ?

On assure l'absence d'interdictions des (NDLR : mouvements) de capitaux. Bon. Ça veut donc dire quoi ? Ça veut dire que l'UE, délibérément, veut démanteler les pouvoirs des pays d'Europe en matière de – tout simplement – gestion de l'entrée sur leur territoire. Mais ça, ça n'existe nulle part ailleurs au monde ! Tous les États du monde gèrent l'entrée sur leur territoire, à commencer d'ailleurs par les États-Unis d'Amérique, que l'on nous présente constamment comme étant le paradis, le modèle du XXIe siècle. Je trouve toujours extraordinaires les gens qui me disent : « Ah, mais comment ? Vous voulez réintroduire les frontières ? Mais vous n'y pensez pas, mais vous êtes dément ! ».

Et les mêmes qui me disent 15 secondes après : « Les États-Unis... Il faut faire comme les États-Unis. Faut faire les (NDLR : États-Unis d'Europe comme les États-Unis d'Amérique). Mais quel est le pays au monde le plus nationaliste, le plus fermé sur le monde, qui, du fait notamment du PATRIOT Act, a imposé des passeports biométriques, impose... On vous met quasiment dans la tenue d'Adam ou d'Eve quand il faut monter à bord d'un avion. On vérifie ce que vous avez dans les souliers où si vous n'avez pas du TNT dans vos baleines de soutien-gorge. Ce sont les États-Unis d'Amérique. Bien.

Alors on nous dit que l'UE doit développer une « politique commune en matière d'asile, d'immigration et de contrôle des frontières extérieures ». Ce que je trouve extraordinaire, c'est que personne ne le dit aux Français, et en particulier d'ailleurs pas Mme Le Pen. Les Français, on les fait se battre avec ceux qui vont vouloir avoir une politique sur l'immigration ci, sur l'immigration ça, et ci, et là. Mais personne n'en a plus le pouvoir, puisque c'est l'UE.

Donc ce que nous, nous disons – et nous sommes tout à fait cohérents avec notre Charte –, c'est que nous disons : que vous soyez pour une politique sévère vis-à-vis de l'immigration – il y en a chez nous –, que vous soyez pour une politique de très large accueil de l'immigration... Nous en avons aussi chez nous, des gens qui considèrent par exemple que l'immigration, sur le long terme, permet à la France – ce qui n'est d'ailleurs pas faux – d'avoir une démographie qui est assez dynamique. Ça veut dire par exemple que d'ici 2050, 2060, la France sera peut-être plus peuplée que l'Allemagne. Ce qui n'est pas rien, en termes de puissance et de survie d'une collectivité nationale. Bon.

Et puis il y en a qui sont : « Ben non. Il faut avoir une politique entre les deux ». Nous, nous ne prenons pas parti. Nous, nous accueillons tout le monde. Et tout les gens viennent chez nous parce qu'ils ont compris que nous leur donnons la vérité. On leur dit : « Ça ne sert à rien de se bouffer le nez, puisque de toute façon, c'est pas nous qui décidons ». Donc on se rassemble pour reprendre le pouvoir. Et puis une fois qu'on aura repris le pouvoir, ça sera aux Français de décider. C'est d'ailleurs ce que j'ai proposé dans mon programme, qui est notre programme depuis le 3 décembre 2011.

C'est-à-dire : de la même façon que nous voulons un grand débat où on met tout sur la table sur les questions d'endettement public et de voir si le concept de dette odieuse ne peut pas s'appliquer à tout ou partie de l'endettement dont nous souffrons, et d'avoir un schéma éventuel à l'islandaise ou à l'argentine, voir comment sortir de cette affaire dont tous les experts savent que jamais, on ne pourra rembourser... Pas seulement la France, mais d'ailleurs l'Allemagne, le Japon, les États-Unis. Tout le monde sait qu'on pourra pas rembourser ces dettes-là. Donc remettre à plat le système depuis le début.

Nous proposons qu'il y ait la même chose en matière d'immigration, c'est-à-dire qu'il y ait des grands débats nationaux où on mette les Français devant leurs responsabilités en se gardant de tout populisme au passage. C'est-à-dire en soulignant effectivement que l'immigration pose des problèmes. C'est tout à fait exact. En soulignant aussi que si les gens viennent en France, ça n'est pas en général pour le plaisir. C'est aussi tout simplement pour survivre, parce que quand vous vivez dans la zone du Sahel, les gens meurent de faim, parce que nous sommes dans un schéma par ailleurs qui est un schéma de grand déséquilibre – n'est-ce pas ?

– de la répartition des richesses dans le monde, et que lorsque les gens crèvent de faim... Ils crèvent de faim... Ils font tout pour essayer de pas crever de faim et pour faire nourrir leur famille. Alors nous insistons aussi sur le fait que l'article 79 du TFUE prévoit justement que c'est l'UE qui fixe les orientations en matière de « regroupement familial », qui régisse la « liberté de circulation et de séjour », qui règle les problèmes d'« immigration clandestine » : tout ce dont personne ne vous parle. On l'a d'ailleurs vu. Lorsque par exemple M.

Sarkozy avait voulu faire un coup politique en faisant reconduire à la frontière des roms en grand nombre, c'était Mme Viviane Reding, commissaire européen, qui avait menacé de traîner la France devant la Cour de justice de l'UE pour non-respect, parce que ça n'est pas de la France que ça découle. Tout ça, ça découle du traité d'Amsterdam de 1997. Voilà. Donc en réalité, désormais, ça n'est plus la France qui décide de qui entre sur son territoire. Ce sont les visas des États Schengen.

Donc les gens qui entrent sur le territoire français, quand ils viennent de tout le reste du monde, effectivement, c'est nous qui les contrôlons aux frontières, parce que ce qui est le plus singulier de toute cette affaire, c'est que la France... Le cas général, c'est encore que nous contrôlons aux frontières. D'ailleurs, quand vous partez... Si ça vous est déjà arrivé d'aller à Djerba en Tunisie ou d'aller à Tokyo ou aller à New York ou à Londres ou à Dublin, qui ne sont pas dans l'espace Schengen, ou d'aller à Moscou, à Rio, Mexico, Bangkok, etc., vous passez les frontières... Vous subissez des contrôles aux aéroports français. Les Français trouvent ça tout à fait normal, d'ailleurs.

Et pareil quand ils arrivent à l'étranger. Mais à part ça, beaucoup d'étrangers qui arrivent par exemple au Portugal, en Espagne, en Italie, dans l'espace Schengen, ensuite, entrent totalement sans contrôle.