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interviewyoutube.com· 10 février 2022 9 min

François Asselineau invité de Frédéric Rivière sur RFI - 10/02/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour François Asselineau.

0:01
François Asselineau

Bonjour.

0:01
Présentateur

Vous êtes un adversaire de la politique sanitaire conduite par le gouvernement depuis le début de l'épidémie de Covid. Est-ce que vous placez des espoirs dans le mouvement baptisé Convoi de la Liberté qui appelle à converger vers Paris le week-end prochain ?

0:16
François Asselineau

Écoutez, oui, ce que je voudrais d'abord c'est que ce convoi reste tout à fait calme, républicain, comme l'ont d'ailleurs été toutes les manifestations. Ça témoigne en fait d'un problème de dialogue absolu entre le dirigeant Macron et le peuple. Quand je vois que M. Macron se rend en Russie pour donner des leçons de dialogue à Vladimir Poutine, où il a d'ailleurs été fort mal reçu, il ferait bien déjà de dialoguer avec la population. Alors si j'ai bien compris, ce qui va se passer, c'est que M. Attal, le porte-parole du gouvernement, l'a dit hier, on s'oriente vers probablement la fin du pass vaccinal, quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle.

Plus la ficelle est grosse et plus ça peut passer, de telle sorte qu'on imagine que les grands médias vont dire, voilà, Macron, le libérateur. Bon, il faut savoir que le pass vaccinal est abandonné de plus en plus. Le dernier état en date, je crois que c'est l'État d'Israël qui a décidé de l'arrêter. La pandémie est en train de se transformer en une épidémie saisonnière. Mais voilà, on va rester un des derniers états à avoir une réglementation extrêmement sévère. Et je pense qu'il y a des arrière-pensées politiques derrière.

1:28
Présentateur

Dans votre programme, François Sinault, vous dites que vous voulez rétablir la liberté de prescription des médecins, la protection du secret médical, la protection du consentement éclairé des patients et de la liberté vaccinale. Nous interdirons, dites-vous, toute rémunération des médecins et professeurs de l'hôpital public par des laboratoires pharmaceutiques. C'est-à-dire, vous pensez que face à cette épidémie de Covid, il ne fallait pas prendre de mesures singulières ? Il fallait traiter cette épidémie comme une grippe ordinaire, finalement ?

1:56
François Asselineau

Non, pas forcément comme une grippe ordinaire. Et il est vrai qu'il est toujours un peu facile de se mettre à postériori. Donc il y a eu des hésitations, des attermoiements. Moi, je le comprends. Bon. J'ai d'ailleurs... Je me permets de le souligner. J'ai toujours dit personnellement que j'étais favorable à la vaccination, notamment des personnes avec des comorbidités, des personnes âgées. Donc moi, je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas se faire vacciner. Mais j'ai en effet dit qu'il fallait la liberté vaccinale.

J'ai même dit, d'ailleurs, que j'étais moins anti-vax que le gouvernement, parce que je considère qu'il aurait fallu que les Français puissent avoir accès à un vaccin comme le vaccin chinois, avec un virus désactivé, par exemple. Bon. Maintenant, ce que j'observe aussi, c'est que la politique de Macron n'a quand même pas donné dans la dentelle. Nous avons un endettement public, maintenant, qui a dépassé 500 ou 600 milliards d'euros en plus pour gérer cette affaire. En fait, M. Macron a endetté la France pour des générations et des générations d'une façon complètement délirante, si vous regardez la façon dont ça a été géré en Suède, par exemple.

2:54
Présentateur

Vous êtes l'un des derniers candidats à défendre une sortie de la France de l'Union européenne. Pourquoi persévérez-vous dans cette idée à laquelle, finalement, les Français n'adhèrent pas ?

3:04
François Asselineau

Alors déjà, je ne suis pas sûr qu'il n'y adhère pas, puisqu'on ne leur pose jamais la question. Deuxièmement, vous dites l'un des derniers...

3:10
Présentateur

Il y a eu des sondages qui ont été faits au cours de la dernière décennie, par exemple. Il y en a eu plusieurs.

3:14
François Asselineau

Non. Écoutez, on a des sondages. Je me rappelle... J'ai vu qu'il y avait un sondage récemment qui dit qu'il y a 63% des Français qui se satisfont de l'euro. Bon. Mais moi, je rappelle qu'en 2004, à l'automne 2004, il y avait 65 à 69% des Français, d'après les sondages, qui allaient voter pour la Constitution européenne. En réalité, elle a été rejetée. Il n'y a eu que 45% de oui. Parce qu'on prend les gens à froid. Ce que je note, moi, c'est qu'il n'y a jamais de débat. Et c'est d'ailleurs un problème lors de cette campagne électorale, puisque, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, cette campagne est minable.

On parle de sujets qui n'ont pas l'intérêt nécessaire pour une campagne présidentielle. Eh bien, par exemple, des grands sujets comme la destruction de nos services publics. EDF, la SNCF, vient d'où ? Ça vient des orientations de la Commission européenne. La destruction de notre agriculture familiale. Ça vient des traités européens de la politique agricole commune. L'alignement complet de la France sur les intérêts géopolitiques américains, qui nous emmènent dans des conflits extraordinairement risqués avec la Russie. Oui, d'ailleurs, M. Macron nous avait dit il y a deux ans que l'OTAN était en situation de mort cérébrale.

Maintenant, la France est en train de dilapider l'héritage formidable que nous avait laissé Charles de Gaulle, qui était de faire de la France une puissance souveraine, indépendante, d'équilibre entre les nations. Maintenant, nous sommes devenus le supplétif des intérêts géopolitiques américains contre la Russie et contre la Chine. C'est d'une extraordinaire gravité. On pourrait parler aussi des délocalisations industrielles qui continuent. On devrait parler de l'euro qui pose des problèmes considérables, parce que personne ne parle de l'évolution du solde de la balance des paiements courants à l'intérieur de la zone euro.

On devrait parler, excusez-moi, on devrait parler aussi du nouveau gouvernement allemand et de ses exigences. Le gouvernement de M. Scholz veut maintenant serrer la vis de l'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne, ce qui, en termes, pour le grand public, ça signifie de plus en plus de rigueur. Tous ces grands sujets-là sont laissés de côté pour des sujets subalternes.

5:16
Présentateur

Prenons quelques instants pour parler d'un sujet important. Vous l'avez d'ailleurs évoqué au tout début de notre entretien, la crise entre la Russie et l'Ukraine. Vous réduisez la tentative de médiation d'Emmanuel Macron à l'accueil, il est vrai, peu chaleureux qu'il a reçu à Moscou.

5:32
François Asselineau

Ce n'est pas un accueil peu chaleureux. Enfin, moi, je n'ai jamais vu ça. Vous savez que j'ai quand même été pendant deux ans auprès du ministre des Affaires étrangères, M. de Charette, sous Chirac. Je n'ai jamais vu le traitement qui a été infligé à M. Macron, qui a été traité comme un importun. Et d'ailleurs, en plus, Macron, ensuite, a dit qu'il avait obtenu du président Poutine l'arrêt des manœuvres militaires, etc. Il a été démenti dans la minute par le Kremlin. C'est-à-dire qu'il est apparu comme un affabulateur. En fait, M. Macron se part des plumes du pan qu'il n'est pas. Comme l'ont dit les Russes, il n'est pas le chef de l'OTAN.

Il n'est pas non plus le chef de l'Union européenne, contrairement à la propagande habituelle sur la présidence de l'Union européenne. Non, non. C'est la présidence du Conseil des ministres de l'Union européenne. M. Macron n'a pas de pouvoir par rapport à Mme von der Leyen, présidente de la Commission, ou M. Charles Michel, président du Conseil européen. Ce sont des choses tout à fait différentes.

6:23
Présentateur

Le déficit du commerce extérieur, j'imagine que c'est un sujet qui vous intéresse. Il a atteint un niveau record en 2021, 84,7 milliards d'euros. La France ferait-elle mieux en dehors de l'Union européenne ?

6:38
François Asselineau

Bien sûr. Bien sûr. Parce que le problème, c'est que nous avons un problème de compétitivité générale. C'est un signal d'alarme. Est-ce que vous vous rendez compte que jamais depuis Vercingétorix, si j'ose dire, on a eu un tel déficit commercial ? Ça veut dire que nous avons une monnaie trop chère. Et personne ne parle de ce sujet. Il y a la question des carburants aussi, qui apparemment plombe. Oui, mais la question des carburants, si vous voulez avoir... Non. L'essentiel, il est ailleurs. L'essentiel, c'est que nous avons une monnaie qui est trop chère par rapport à notre économie. Il n'y a pas que la question des carburants. Regardez depuis 15 ans l'évolution de notre solde commercial.

Ça témoigne du fait que l'euro est en train de tuer l'économie française parce que c'est une monnaie trop chère. Pourquoi trop chère ? Parce qu'elle est à mi-chemin entre ce que serait coté le Deutsche Bank et ce que serait coté le franc français.

7:23
Présentateur

La réponse, ça n'est pas, comme le dit Bruno Le Maire, qu'il faut réindustrialiser la France. Oui, mais ça, il peut le dire. Mais est-ce que c'est la réponse ?

7:30
François Asselineau

Mais ça ne veut rien dire.

7:31
Présentateur

Au-delà du fait qu'ils le disent. Est-ce que vous, votre réponse, c'est qu'il faut réindustrialiser ?

7:34
François Asselineau

Bien sûr, il faut réindustrialiser. Mais pour cela, il y a deux choses essentielles à faire. Premièrement, il faut avoir une monnaie nationale qui soit conforme à notre économie. Je me permets d'ailleurs de rappeler que toute l'histoire monétaire du monde depuis des siècles et des siècles a montré que les monnaies plurinationales comme l'euro finissent toujours par exploser. Et la deuxième chose également à faire, c'est d'arrêter la libre circulation des mouvements de capitaux qui nous est imposée depuis l'acte unique de 1986.

Parce qu'à partir du moment où vous n'avez plus les manettes pour empêcher une entreprise d'aller délocaliser son industrie dans des pays à très bas coût de salaire et où en plus les productions ne sont pas faites en euros, vous avez beau, M. le maire pourra dire ce qu'il veut, tout le monde s'en fichera. Alors évidemment, on va mettre en avant un exemple ici ou là. Mais fondamentalement, la France est en train de perdre ce qui fait de la France un pays riche.

8:23
Présentateur

Pourrez-vous être véritablement candidat ? Aurez-vous les 500 signatures nécessaires ?

8:27
François Asselineau

Écoutez, je l'espère.

8:29
Présentateur

Comme d'autres candidats, vous dites que c'est beaucoup plus dur cette année que...

8:31
François Asselineau

Oui. Ah oui. C'est beaucoup plus difficile cette année pour toute une série de raisons. Le système est complètement délirant d'ailleurs. Mais pour l'instant, j'ai quand même une trentaine de parrainages de plus que M. Zemmour, une quarantaine de plus que Mme Le Pen et que M. Poutou. Donc j'ai quand même bon espoir. Mais il faut que tout le monde se mobilise parmi nos équipes militantes. Merci François Asselineau. Bonne journée. Merci à vous.

François Asselineau invité de Frédéric Rivière sur RFI - 10/02/2022 — François Asselineau · Pourquijevote