"De toute manière, il y aura un budget", assure François Hollande, qui préfèrerait "qu'il soit voté"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse directe
Le budget, les risques d'enlisement, même si vous les socialistes avez obtenu la suspension de la réforme des retraites
- 1:02OuverteRéponse directe
La situation est critique en Ukraine ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Est-ce que la visite de Zelensky à Paris marque un point de bascule pour l'aide à l'Ukraine ?
- 2:30RelanceRéponse partielle
Le principal c'est qu'il y ait contrôle pour les Ukrainiens du ciel ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Est-ce que l'Ukraine manque de Rafales ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Le budget prévoit 6 milliards de plus pour la défense nationale, est-ce suffisant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:14Invité politiqueFait
« Nous avons trop tardé, je le dis clairement, trop tardé à aider militairement l'Ukraine »
- 1:59Invité politiqueFait
« Et c'est la raison pour laquelle j'appuie tous les efforts qui sont faits par les Européens et par la France pour livrer un certain nombre de matériel »
- 2:13Invité politiqueFait
« Ce qui se dessine dans cette visite du président ukrainien aujourd'hui à Paris, c'est la possibilité de la conclusion d'un contrat pour que l'Ukraine achète des rafales à la France »
- 3:31PrésentateurChiffre
« C'est 6 milliards de plus pour la défense nationale »
- 4:08PrésentateurFait
« Le nouveau chef d'état-major des armées, Fabien Mandon, considère que l'armée française doit être prête à un choc dans 3-4 ans face à la Russie »
- 5:26PrésentateurFait
« Son intention première c'est de reconstituer l'Union soviétique »
- 6:43Invité politiqueFait
« La brutalité était quand même des deux côtés »
- 7:02Invité politiqueChiffre
« Et c'était une idée erronée ça de jouer le rapport de force ? »
- 8:22Invité politiqueFait
« Vous aviez vous-même en 2009 renoncé à renégocier l'accord de 1968 »
- 9:55Invité politiqueFait
« J'ai été le président qui a envoyé des forces françaises au Mali »
- 10:02Invité politiqueChiffre
« Il y a eu plus de 50 morts de soldats et de nombreux blessés »
- 10:20Invité politiqueFait
« Il y a eu un coup d'état au Mali, un coup d'état militaire qui n'aurait jamais dû être toléré »
Temps de parole
- Présentateur67 %
- François Hollande16 %
- Présentateur 212 %
- Auditeur3 %
- Auditeur 23 %
≈ 2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale Et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel ce matin, nous recevons donc l'ancien président de la République et député socialiste de Corrèze Vos questions et réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France Bonjour François Hollande Bonjour Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, bien des sujets à aborder avec vous en France Le budget, les risques d'enlisement, même si vous les socialistes avez obtenu la suspension de la réforme des retraites On va aussi parler de la situation de la gauche, alors que les chemins s'éloignent entre partisans d'une primaire et les autres Vous faites partie de ceux qui n'en veulent pas, mais parlons d'abord de la situation internationale Le président Zelensky est à Paris aujourd'hui, dans un moment de grande difficulté pour l'Ukraine Entre Frappes russes sur les sites énergétiques, la ville stratégique de Pokrovsk Sur le point de tomber, il y a urgence à aider davantage l'Ukraine, la situation est critique ?
Oui, plus de trois ans que cette guerre a été déclarée et a été engagée par la Russie Nous avons trop tardé, je le dis clairement, trop tardé à aider militairement l'Ukraine Ce qui fait que si elle a résisté dans un premier temps, elle subit aujourd'hui avec usure les offensives russes D'où la nécessité d'accélérer un processus Donald Trump avait promis de régler la question ukrainienne en 48 heures Il avait même rencontré, il y a quelques mois, Vladimir Poutine pour lui intimer l'ordre d'arrêter Un cessez-le-feu n'est pas venu Et aujourd'hui, les bombardements ont lieu sur Kiev même Où il y a tous les jours des tués Et sur des villes qui sont maintenant les proies de la Russie Donc oui, il faut aider l'Ukraine Et c'est la raison pour laquelle j'appuie tous les efforts qui sont faits par les Européens Et par la France pour livrer un certain nombre de matériel
Vous dites François Hollande, on a trop tardé Ce qui se dessine dans cette visite du président ukrainien aujourd'hui à Paris C'est la possibilité de la conclusion d'un contrat pour que l'Ukraine achète des rafales à la France Est-ce que ça serait une sorte de point de bascule ? On sait que des mirages, des avions mirages avaient été donnés à l'armée ukrainienne Là, des rafales, est-ce que ça va dans le bon sens ?
Je ne sais pas si ça sera avec des rafales ou avec des mirages Le principal c'est qu'il y ait contrôle pour les Ukrainiens du ciel C'est-à-dire que ce qui tombe chaque jour, ce sont des missiles Donc la première demande que font les Ukrainiens, mais depuis longtemps C'est d'avoir des systèmes anti-missiles Les Etats-Unis leur en avaient promis Ils ne sont pas venus, les fameux missiles patriotes Et donc il faut que les Européens puissent, avec leur propre matériel Et les matériels français sont tout à fait performants Donner à l'Ukraine une protection de son ciel Pour éviter qu'il y ait des bombardements Est-ce que des avions peuvent être livrés aussi ?
Il y en a déjà eu, des mirages Rafales, pourquoi pas ? Le coût de ces matériels est très important Mais je ne sais pas si l'Ukraine en a des moyens
Est-ce qu'elle-même manque de ces avions Rafales ? Il n'y a pas de sujet quant au fait de signer des contrats pour que l'Ukraine en ait ?
Le budget, nous parlerons du budget Mais tel qu'il est présenté C'est 6 milliards de plus pour la défense nationale La défense nationale, c'est d'abord la sanctuarisation de notre territoire L'évidence, c'est d'entretenir la force de dissuasion Mais c'est aussi la défense de l'Ukraine Donc acheter des matériels pour les Ukrainiens, c'est tout à fait nécessaire Livrer des matériels pour la France, c'est tout à fait indispensable C'est-à-dire qu'il faut bien que les efforts budgétaires Qui sont consentis par les Européens, pas simplement en France Puissent être utiles Et donc la défense de l'Ukraine, c'est notre propre défense Pour ce qui nous concerne plus directement, François Hollande Le nouveau chef d'état-major des armées, Fabien Mandon Considère que l'armée française doit être prête à un choc Dans 3-4 ans face à la Russie C'est ça aussi votre analyse ?
Il faut se préparer à un affrontement entre les pays de l'OTAN et la Russie ?
Le rôle des militaires, c'est d'évoquer toutes les hypothèses Et de s'y préparer Le rôle des politiques, c'est d'éviter qu'il puisse y avoir des conflits qui dégénèrent Donc la meilleure façon de ne pas avoir d'autres menaces De la Russie sur ses voisins Et donc sur nous-mêmes Puisque nous sommes liés par un système d'alliance Et bien c'est de faire en sorte que l'Ukraine puisse trouver un cessez-le-feu avec la Russie Puis la paix Ça sera très important qu'il y ait des garanties de sécurité Qui dans cette hypothèse seraient apportées Donc légitime que les militaires préparent tous les scénarios Indispensables que les politiques préparent eux les réponses qui sont adaptées
Ceux qui nous écoutent ce matin et qui ont lu ces propos de Fabien Mandon se disent Nous sommes en danger, la France est en danger, les pays de l'OTAN sont en danger Si Vladimir Poutine, si la Russie gagne la guerre contre l'Ukraine L'étape d'après c'est un conflit direct avec des pays de l'OTAN et éventuellement avec la France ?
Pour connaître Vladimir Poutine, pour l'avoir hélas pendant un temps pratiqué sur la première guerre d'Ukraine Son intention première c'est de reconstituer l'Union soviétique C'est-à-dire de faire que ce qu'était la Russie dans l'Union soviétique avec ses frontières puisse être reconstituée Ensuite jusqu'où irait-il dans cette hypothèse où il aurait mangé l'Ukraine ? Pas une partie de l'Ukraine mais mangé toute l'Ukraine ?
Oui, on pourrait imaginer qu'il y ait d'autres tentations, notamment sur les pays baltes, sur la Moldavie Ou même sur la Pologne, la Pologne est quand même voisine de l'Ukraine Mais nous n'en sommes pas là pour l'instant Ce qui va être pour Vladimir Poutine l'essentiel, c'est d'absorber ce qu'il a déjà conquis C'est-à-dire le Donbass et l'Est de l'Ukraine C'est ça son intention première et à nous de faire en sorte qu'ils n'y parviennent pas Autre dossier international au cœur de l'actualité, François Hollande, c'est celui des relations entre la France et l'Algérie Après la libération de Boilem Sansal, la semaine dernière détenue pendant un an dans les prisons algériennes Le ministre des Affaires étrangères hier sur France Inter a estimé que c'était un désaveu cinglant pour les partisans de la méthode forte, de la brutalité et de l'invective Oui, la brutalité était quand même des deux côtés A la fois du côté algérien de ne pas répondre à des demandes légitimes de la France Et il y avait aussi l'idée, à l'époque tenue par le ministre de l'Intérieur, M.
Rotaillot Qu'en rentrant dans un rapport de force, il y aurait à un moment une libération de Boilem Sansal
Et c'était une idée erronée ça de jouer le rapport de force ?
Il était nécessaire toujours d'exprimer ce qu'étaient les demandes de la France Et de faire valoir qu'il y avait quand même une place pour la diplomatie La diplomatie ça sert à ça On parlait tout à l'heure des conflits qu'il faut éviter La diplomatie ça permet de faire en sorte qu'on puisse Pas simplement sur le cas déjà tout à fait fondamental de Boilem Sansal Il y a aussi un autre français qui est retenu Oui, Christophe Gilles qui est un journaliste Et donc il est important d'aller toujours plus loin dans maintenant Une forme de règlement de ce qui est un contentieux entre la France et l'Algérie
Mais dans ce règlement et de ce contentieux Vous avez effectivement d'un côté ceux qui expliquent que la diplomatie C'est ne pas parler trop fort C'est faire en sorte de faire baisser la pression Et vous avez de l'autre ceux qui disent Il y a effectivement l'efficacité ou non d'un bras de fer Mais vous avez un pays qui refuse d'accepter les ressortissants dangereux Qui utilise l'histoire parfois à des fins de C'est ce que le président de la république avait appelé une rente mémorielle Est-ce que l'idée d'une stratégie du bras de fer est tabou avec l'Algérie ?
Vous connaissez l'histoire L'histoire entre la France et l'Algérie Une histoire douloureuse, une histoire difficile Donc elle n'a jamais été véritablement soldée cette histoire-là Moi-même comme président de la république j'ai fait tous les efforts pour qu'on puisse...
Vous aviez vous-même en 2009 renoncé à renégocier l'accord de 1968 Là où c'était évoqué quelques mois par avant
Il a déjà été négocié plusieurs fois donc ce n'était pas le sujet Moi j'avais plutôt des rapports qui étaient disons stables avec l'Algérie Mais il y avait aussi la question du Sahara qui a été sans doute un déclencheur Si on veut avec l'Algérie avoir des relations durables, stables compte tenu du nombre de personnes concernées A la fois les allées et venues, les personnes qui sont binationales, etc. Et puis les affaires économiques aussi parce que n'oublions pas que l'Algérie est un producteur de gaz important, etc.
Si on veut avoir des rapports avec l'Algérie, il faut essayer de les dépassionner, de les dépolitiser Au sens de ne pas capter l'Algérie comme un phénomène de politique intérieure Ce que aussi les autorités algériennes font avec la France Utilisent la France, son passé colonial pour faire un sujet politique Non, il faut arriver une fois pour toutes à traiter la France et l'Algérie comme deux états Qui doivent se respecter mais qui doivent avoir des relations qui ne permettent pas d'avoir des conflits comme on les a connus Et des compatriotes qui puissent être retenus François Hollande, il y a un pays dont il faut parler en ce moment C'est le Mali qui est asphyxié par des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda Sa capitale, Bamako, est encerclée, vous, il y a 12 ans Vous aviez repoussé ce péril djihadiste en engageant la France au Sahel 12 ans plus tard, la situation est catastrophique Oui, je vis cette situation avec beaucoup de douleur Parce que j'ai été le président qui a envoyé des forces françaises au Mali Et il y a eu plus de 50 morts de soldats et de nombreux blessés Pour sauver le Mali, pour précisément lui éviter de tomber sur la coupe des djihadistes Ensuite la France s'est retirée, je ne vais pas ici en donner, ce n'était pas ma responsabilité, les raisons Il y a eu un coup d'état au Mali, un coup d'état militaire qui n'aurait jamais dû être toléré Jamais, compte tenu de ce qu'était la place de la France au Mali et de ce qu'était un régime On pouvait dire qu'il était démocratique, oui, même s'il y avait toujours des aberrations Et dire qu'il aurait fallu intervenir ?
Non, qu'il fallait condamner beaucoup plus franchement ce qui se passait Et on a bien vu l'influence russe Parce que ce qui se passe là au Mali, finalement vous posiez la première question sur l'Ukraine Est-ce qu'il y a un lien entre le Mali et l'Ukraine ? Oui, il y a un lien Parce que au Mali, ce sont les services russes qui ont d'abord déstabilisé Et qui ont promis au Mali une sécurité qu'ils ne l'auraient pas donnée Donc aujourd'hui, on peut dire, c'est loin, ça ne nous intéresse pas Si ça nous intéresse, parce que si Bamako devait tomber, je ne sais pas si c'est encore l'hypothèse la plus probable Mais quand même, elle est asphyxiée la capitale Si le Mali devenait un état djihadiste
C'est la France, dans ce cas-là, qui risque de voir le Mali comme une base arrière
Ce n'est pas simplement la France d'ailleurs Ce n'est pas simplement la France C'est l'ensemble d'abord du continent africain Parce qu'il y a tout le Sahel Niger, Burkina Faso, etc. Sénégal Et puis c'est l'Europe Donc les conflits, il faut toujours les regarder A la fois par rapport à ce qu'ils provoquent sur place Mais aussi avec leurs effets sur notre propre continent Ou notre propre pays Et les russes, de ce point de vue, sont tout à fait désireux De déstabiliser pas simplement le Mali, mais la France
François, alors nous revenons en France Alors que les discussions sur le budget continuent Au risque de l'enlisement Les sénateurs s'apprêtent à détricoter ce qui a été voté à l'Assemblée Les déficits se creusent Les impôts votés s'envolent Avec des délais qui, encore cette semaine, ne seront sans doute pas tenus à l'Assemblée nationale C'est un naufrage collectif, ces débats budgétaires ?
C'est le produit de ce qui a été la dissolution Il y a un régime qui est devenu un régime d'Assemblée C'est l'Assemblée qui, comme demain le Sénat Qui va avoir à voter ou ne pas voter le budget
Mais certains disaient que c'est formidable, ça va être le retour de parlementarisme Comment dire, à l'européenne Où il va y avoir des compromis qui vont naître C'est pas exactement le spectacle auquel assistent les Français depuis quelques semaines
Parce que la France était sous un système qui était bipartisan D'abord, très longtemps, la gauche, la droite Et avec un poids de l'exécutif qui était très grand D'autant plus qu'il disposait, l'exécutif, d'une majorité à l'Assemblée nationale Ce n'est plus le cas Donc, face à cette situation, il y a deux attitudes possibles Une attitude de rupture En disant, de toute façon, puisque ça ne peut pas fonctionner Allons vers les élections C'est la position du Rassemblement national Et d'une autre façon, de la France insoumise Qui veut destituer le président de la République Et donc des élections Et une attitude de responsabilité C'est le choix qu'a fait le parti socialiste C'est-à-dire de faire en sorte qu'il puisse y avoir une discussion
Donc ça veut dire que la copie budgétaire, François Hollande, dans l'Etat, elle vous convient Vous considérez que les compromis qui ont été tissés entre le gouvernement et le parti socialiste Donnent une copie budgétaire acceptable Elles donnent une copie budgétaire meilleure que celle qui était présentée
D'abord, pour rester sur... Ça c'est ce que vous dites vous Non mais je défends cette position Pour rester sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale La suspension de la réforme des retraites La réindexation des barèmes pour les prestations sociales Le fait qu'on puisse aussi, sur le plan budgétaire, remettre l'indexation sur le barème de l'impôt sur le revenu De mettre en cause les franchises médicales Oui, il y a des progrès dans ce budget
Des progrès, François Hollande On est dans une journée où le gouvernement organise ce qu'on appelle un sommet Choose France Pour mettre en avant l'attractivité du pays Et attirer un certain nombre d'investissements Il y a d'ailleurs 30 milliards d'euros d'investissements qui ont été annoncés par le gouvernement Quand dans un budget on décide d'augmenter la surtaxe d'impôt sur les grandes entreprises Quand on crée un impôt sur la fortune dite improductive Un impôt sur les multinationales Avec un rendement estimé, même s'il y a des débats A 26 milliards d'euros Quand on augmente la taxation sur ce qu'on appelle les holdings Est-ce que vraiment on est sur une copie qui est à même De créer un climat d'attractivité Pour inciter les entreprises à investir ?
D'abord, dans ce qui a été voté par des majorités parfois de circonstances Il y a des dispositions qui ne sont pas du tout celles qui vont avoir les effets que vous indiquez Par exemple, la taxe sur les multinationales, il était admis aujourd'hui qu'elle ne rapporte rien Donc vous votez un impôt qui ne rapporte rien ? C'était le LFI et le Rassemblement national Donc ça a été voté
Les socialistes n'ont pas voté l'impôt sur le multinational ?
Je pense qu'ils n'ont pas voté, en tout cas je ne l'ai pas voté Et donc à partir de là, ça ne rapporte rien Donc ce n'est pas ça qui va être en cause Deuxièmement, sur les baisses d'impôts Elles ont eu lieu les baisses d'impôts Y compris pour les entreprises depuis 2017 C'est quand même un comble Qu'au moment où il y a un effort à faire Et on a parlé des demandes qui sont adressées aux plus modestes Il est quand même assez compréhensible qu'on en demande aussi aux plus fortunés Et les grandes entreprises ont reçu beaucoup depuis 2017 Donc il est assez logique qu'elles soient également sollicitées François Hollande, on a justement une question à ce sujet Au sujet de la désindustrialisation Je crois qu'on a même plusieurs auditeurs au standard qui souhaitent vous en parler Mais là on va en parler avec Louis Bonjour Louis
Oui, bonjour, aujourd'hui de France Inter Bonjour monsieur le député Bonjour Depuis 40 ans, il y a une désindustrialisation de la France qui est dramatique Et quels que soient les présidents de la République, c'est dramatique C'est un reproche que je fais On n'entend aucun homme politique, aucun ancien président de la République En parler Je vais prendre un exemple très simple Il y a une usine de sidérurgie en Moselle qui risque de disparaître Il y a 711 emplois je crois Personne n'en parle, c'est dramatique Les emplois, c'est très important pour la vie de tous les jours Et ça crée de la richesse Personne n'en parle, c'est le reproche que je fais à la classe politique Tout bord compris
Oui, vous avez raison de mettre en évidence le fait que l'industrie C'est ce qui permet à l'économie A la fois d'incorporer de nouvelles technologies De fournir de nouveaux produits Et de nous donner aussi une forme d'indépendance et de souveraineté Alors dire qu'il ne s'est rien produit Je ne peux pas laisser passer cette observation Moi-même, quand j'étais président de la République Il y a eu un rapport, le rapport gallois Sur précisément le rôle de l'industrie La place de l'industrie et ça m'a été quelquefois reproché Quand j'ai créé le crédit impôt compétitivité emploi Le CICE, c'était pour l'industrie Quand j'ai fait en sorte qu'on puisse améliorer Les systèmes de formation professionnelle C'était pour l'industrie Ensuite, cet effort n'a peut-être pas été suffisamment poursuivi Mais quand il y a une entreprise qui est menacée Celle que vous indiquez C'est le cas de Novasco Avec des comportements de repreneurs qui ne sont pas acceptables Il faut que l'État intervienne L'État, ce n'est pas simplement de donner des aides C'est aussi de vérifier qu'elles sont utilisées dans la production Novasco, c'est 85 millions d'aides de l'État Et des promesses d'investissement qui n'ont jamais vu Qui ne sont pas venues Donc là aussi Alors, pourquoi il y a un défaut peut-être d'investissement dans l'industrie C'est que notre épargne Et là, ça revient à des sujets, y compris budgétaires C'est que notre épargne doit être affectée davantage vers l'industrie Qu'elle n'est aujourd'hui détournée Détournée au sens de la direction Vers le financement précisément des dépenses publiques
François Hollande, juste pour rebondir sur ce qu'on disait il y a quelques instants Les socialistes ont bien voté cet impôt sur les multinationales Avec un rendement effectivement hypothétique à 26 milliards d'euros
Mais donc cette mesure tombera Donc elle n'a pas à être une espèce de colifiché qui était agité par le patronat
Mais dans ce cas-là, comprenez aussi la singularité d'un vote qui...
Mais parce que cette assemblée est ainsi faite Et qu'il y a des votes qui n'auront pas de traduction Puisque ça va passer dans la boulinette ensuite de la commission mixte paritaire Donc ça, ça fait partie de ce que le patronat aujourd'hui exhibe Alors qu'il sait parfaitement que cette mesure n'interviendra pas
François Hollande, sur l'anxiété que peuvent créer ces débats budgétaires Comment est-ce que tout cela termine ? Puisqu'on le dit, des délais qui vont être largement dépassés Il n'y aura pas de vote cette semaine, ça va aller au Sénat Pour que le budget passe, il faudrait que les socialistes abstiennent Mais pas seulement, également les écologistes et les communistes Comment est-ce que tout ça termine ? Comment est-ce que la France réussit à être dotée d'un budget à la fin de l'année ?
Est-ce que par exemple, il faudrait que le gouvernement se dise On a renoncé un peu trop tôt au 49-3 Éventuellement, si on se met tous d'accord avec notamment les socialistes Pour une sorte de budget de compromis Si ça permet de faire passer le budget, allons-y
Nous ne sommes pas encore au stade conclusif Donc pour l'instant, les textes ne sont pas encore tous envoyés au Sénat Puisque le PLFSS l'a été dans sa première partie Le budget va l'être prochainement Et ensuite, il y aura une commission mixte parité Et vers le 15 décembre, cette question se posera Comment ça se conclut ? Est-ce qu'il y a un vote possible sur ces textes ? Est-ce qu'il faut prendre des procédures ? Elles sont prévues par la Constitution De toute manière, ce que je peux dire à votre micro Il y aura un budget ?
Il y aura un budget ? C'est-à-dire que sinon il y aura des ordonnances ?
Sinon il y a des procédures Je ne le souhaite pas Je pense qu'il est mieux que les budgets soient votés Mais de toute manière, il doit y avoir un budget Et ma position, puisque j'évoquais la responsabilité Par rapport à ceux qui veulent interrompre et avoir des élections anticipées Ma position, c'est qu'il faut que la France ait un budget Et qu'il faut respecter les échéances électorales Donc avoir un budget, même si cela implique de passer par ordonnance ou par...
Je préfère, parce que je pense que c'est mieux de le faire par discussion Par la négociation et par le vote Mais je veux qu'il y ait un budget Et les Français, majoritairement, veulent qu'il y ait un budget Et je pense qu'il est mieux pour la démocratie française Que nous respections les échéances Qu'il y ait des élections municipales à leur date au mois de mars Et une élection présidentielle en 2027 Qui a intérêt à l'interruption du processus ?
Les partis qui pensent qu'il vaut mieux avoir le chaos que la responsabilité François Hollande, on a une question d'actualité au standard C'est une question qui est posée par Sylvain Sur un fait qui nous a tous heurtés, interpellés ce week-end Allez-y Sylvain, bonjour, bienvenue
Oui, bonjour, merci beaucoup de prendre mon appel Bonjour M. Hollande Voilà, moi je voulais avoir votre position concernant la dépénalisation et la légalisation du cannabis On constate depuis des années et des années l'échec des politiques concernant la lutte contre le narcotrafic Qu'est-ce que vous pensez de l'ouverture réelle d'un débat concernant la légalisation du cannabis Afin de contrer ce trafic Et ça permettrait aux forces de l'ordre de se concentrer sur la lutte contre les trafics de drogue dure Et puis sur plein d'autres choses
Merci Sylvain, merci Vous faites référence évidemment au meurtre d'un jeune homme à Marseille Du frère d'un militant qui se bat contre le narcotrafic François Hollande, légaliser le cannabis, ce serait la solution ?
Ce n'est plus le cannabis qui est en cause en ce moment On puisse avoir ce débat sur le cannabis C'est un débat d'il y a, comme l'a dit l'auditeur, 10, 15, 20 ans Aujourd'hui, le grand trafic qui se fait sur la cocaïne Se fait sur des drogues dures Et si on tue, et on tue des enfants C'est parce que cette drogue-là, ces produits stupéfiants Sont de haute valeur pour les trafiquants Et donc, si vous voulez ma position Je pense que la question du narcotrafic est aussi grave que la question du terrorisme Et je pose mes mots C'est-à-dire que j'ai été le président qui a lutté contre le terrorisme Aujourd'hui, le narcotrafic à l'échelle internationale Les sommes qui sont en jeu Les mafias qui sont là, les procédés qui sont utilisés Les enfants qui sont, hélas, tués Ou qui deviennent des assassins par ce processus-là Ça s'apparente à du terrorisme Et donc, il faut avoir des méthodes de lutte Qui sont de haute intensité A la fois dans ce qu'on fait ici, en France Et je pense qu'on doit aller encore plus loin De responsabilisation des consommateurs Parce qu'on ne peut pas non plus laisser penser On dit, oh, le cannabis, ce n'est pas grave Mais la cocaïne, qu'est-ce que c'est ?
Donc, dépénalisation, l'égalisation, c'est un faux débat
Je pense que c'est derrière nous Maintenant, cette question est derrière nous La question du narcotrafic, elle est, elle, pas devant nous Elle est sur nous Et il y a maintenant des forces considérables Partout dans le monde Qui utilisent le narcotrafic Pour constituer des fortunes immenses Et les utiliser, y compris dans le domaine économique
François Hollande, pour terminer Quelques mots sur la politique Ce week-end, les Français ont eu une nouvelle illustration Des divisions à gauche D'un côté, vous avez participé à une réunion publique hier Organisée par Bernard Cazeneuve Vous étiez notamment avec Raphaël Glucksmann De l'autre, on a vu Olivier Faure, Marine Tondelier Dire, c'est bon, il y aura une primaire Ce sera à l'automne 2026 C'est quoi ? C'est la machine à perdre Qui est repartie ? On est là face à des logiques Qui sont totalement irréconciliables ?
Alors d'abord, qu'est-ce qui est en cause ? C'est d'avoir une alternative Au Rassemblement National En 2027 C'est-à-dire d'avoir une force politique Qui puisse être capable Non seulement d'aller au second tour Ce qui est quand même la condition Mais de gagner Je pense que cette force-là C'est la force socialiste et social-démocrate Et donc il faut qu'elle se bâtisse Et c'est en train de se faire Le parti socialiste a pris toute sa place Depuis plusieurs mois Et je soutiens de ce point de vue-là La direction du parti socialiste Il faut qu'elle s'associe à Raphaël Glucksmann A Bernard Cazeneuve Et à d'autres, les radicaux Pour constituer cette force
Pardon mais François, la direction du parti socialiste Là en l'état, elle était représentée par Olivier Faure Qui se dirige vers l'organisation d'une primaire
D'abord, faire que cette force-là désigne son candidat Cette force-là doit désigner son candidat Selon le candidat qui sera désigné Il ira ou il n'ira pas à la primaire Il décidera d'y aller ou pas aller à la primaire Moi je vais vous donner mon expérience Puisque j'ai été non seulement candidat Y compris dans une primaire Qui vous a plutôt aidé d'ailleurs Je ne suis pas sûr Et président de la République Je pense que la primaire est le plus mauvais des systèmes Le rapport avec l'opinion C'est une force politique Une personne pour l'incarner Un programme qui soit celui de la crédibilité Et aussi de l'espoir Et d'aller franchement devant le corps électoral C'est la seule voie que je connais Le reste, le reste On peut faire des primaires Mais les électeurs, ils sont libres Ils iront peut-être pour certains dans la primaire D'autres n'iront pas Ils veulent qu'il y ait une solution Et cette solution, c'est une force politique Un projet, une incarnation Ça pourrait être vous ou pas ?
Non, ça c'est une autre question Parce qu'on mélange après la personne et la force Là j'essaie de donner une méthode La seule méthode pour gagner l'élection présidentielle C'est d'avoir cette grande force politique Avec un projet qui tienne la route Et une incarnation Et l'incarnation, ça ne se décide pas dans une primaire C'est un rapport avec l'opinion Et moi je l'ai vécu, le rapport avec l'opinion On peut partir de très bas, c'est possible On arrive très haut à la fin Merci, pas de primaire pour François Hollande Pas de non sur la candidature Merci à vous Et par ailleurs, pour faire une primaire en 2026 Octobre 2026, c'est ça ? Faut-il encore qu'il y ait un budget pour 2026 ?
Très bien, merci François Hollande La revue de presse est à suivre
François Hollande