Si notre école échoue aujourd’hui à faire réussir ses élèves...
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10François-Xavier BellamyChiffre
« nous avons le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE »
- 0:30François-Xavier BellamyFait
« notre système permet encore à ceux qui viennent des familles les plus favorisés de réussir »
- 1:00François-Xavier BellamyPromesse
« l'école peut faire réussir tous les enfants quelle que soit leur couleur de peau »
- 3:30François-Xavier BellamyFait
« Monsieur Pap Ndiaye est lui même un exemple de la vacuité de sa propre dénonciation »
- 4:30François-Xavier BellamyPromesse
« tous les enfants peuvent réussir à condition de recevoir cette culture que nous sommes capables de partager avec eux »
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Ce qui compte, ce n'est pas seulement la laïcité comme une espèce de valeur abstraite. Ce qui compte, c'est de refaire de l'école - et c'est quand même la priorité majeure, de refaire de l'école le lieu de la transmission d'une culture commune. J'ai commencé mon engagement public en publiant Les Déshérités.
Nous vivons aujourd'hui dans une situation de crise de l'école, que je dénonçais il y a déjà presque dix ans, mais qui n'a fait que s'aggraver depuis. Une crise de l'école qui fait qu'aujourd'hui nous avons le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE. Que, au fond, notre système permet encore à ceux qui viennent des familles les plus favorisés de réussir - ce n'est pas d'ailleurs une question de couleur de peau, c'est plutôt une question, effectivement, de milieux sociaux ; et que de l'autre côté, ceux qui ne bénéficient pas de ces conditions de départ ont le plus de chances d'échouer.
Ce constat-là, on peut tous le partager. La grande question, la grande question, c'est comment on y répond ? Et vous avez des gens qui, comme Pap Ndiaye, expliquent que c'est le cœur du travail de l'école d'organiser cette ségrégation.
C'est ça, fondamentalement. Moi, j'ai lu "La condition noire", le livre de Pap Ndiaye. C'est un travail dans lequel, au fond, il ramène tout à la couleur de peau.
Tout est fait pour montrer que derrière la question de la race, une certaine gauche a retrouvé sa nostalgie de la lutte des classes. Eh bien, moi, je ne crois pas à cette vision-là. Je pense, au contraire, que l'école peut faire réussir tous les enfants quelle que soit leur couleur de peau, à condition qu'elle devienne indifférente à leur couleur de peau, à condition qu'elle leur dise à tous que s'ils travaillent, que s'ils sont prêts à embrasser la culture qui leur est offerte - gratuitement, et la France est quand même, rappelons le, quand même, un pays qui a le mérite immense d'offrir gratuitement l'éducation à tous les enfants qui grandissent sur son sol - Eh bien, si les enfants travaillent, si nous reconstruisons la transmission de la culture, si nous faisons de nouveau confiance à notre culture pour faire grandir des enfants, alors ils pourront réussir.
Et ça, finalement, c'est d'une certaine manière l'exact inverse du discours que tient le nouveau ministre de l'Éducation nationale. C'est d'autant plus grave, pardonnez moi, que Monsieur Ndiaye lui-même qui veut nous expliquer que la condition noire en France est celle de la minorité opprimée qu'il décrit en venant des Etats-Unis avec le discours qu'il a importé du monde américain, monsieur Pap Ndiaye est lui même un exemple de la vacuité de sa propre dénonciation ; parce que lui-même, évidemment issu de la minorité dont il parle lui-même, enfant d'une famille modeste, a pu devenir ministre de l'Éducation nationale, universitaire, normalien, avoir accès aux meilleures études dans notre pays - sa sœur Marie Ndiaye a reçu le prix Goncourt, le prix Femina, est une très grande romancière - c'est bien la preuve, et c'est cela qu'il faut dire aujourd'hui, que tous les enfants peuvent réussir à condition de recevoir cette culture que nous sommes capables de partager avec eux, si nous décidons, encore une fois, de nouveau de transmettre notre culture. Et on voit ici que l'on retrouve l'Emmanuel Macron qui explique qu'il n'y a pas de culture française. - Un dernier mot là-dessus, François-Xavier Bellamy.
Est-ce qu'il ne faut pas lui laisser faire ses preuves à l'Éducation nationale, et voir ce qu'il va faire en tant que ministre ? - Malgré tout, cette nomination est un message. Nous verrons ce qu'il va faire.
Cela n'enlève rien au fait que je crois à la continuité. Je pense que les individus, les personnes ont le droit à leur cohérence. Et je reconnais parfaitement le droit de Pap Ndiaye à la légitimité de son discours.
Il défend un discours qui est parfaitement clair et est parfaitement explicite. Je trouve cela d'ailleurs pour ma part, infiniment plus respectable que cette espèce de "en même temps" et de confusion généralisée. Si vous voulez, ce qui m'inquiète n'est pas que Pap Ndiaye tienne ce discours ; Ça fait longtemps qu'il le tient.
Je l'entends, je le lis et je suis prêt à le combattre parce que, intellectuellement, je me sens radicalement opposé à cette cohérence intellectuelle. Ce qui me paraît extrêmement grave, c'est qu'Emmanuel Macron, en étant aujourd'hui président de la République dans un contexte de fracturation déjà très grand de naître de notre société et de notre vie démocratique, soit capable de faire dans ce en même temps improbable, dans ce grand écart que vous évoquiez à l'instant, le passage de Jean-Michel Blanquer à Pap Ndiaye. Et là, pour le coup, il y a une incohérence qui ne peut être que choquante.
François-Xavier Bellamy