Face à Face : Laurent Nuñez - 19/05
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin. Face à face. Apolline de Malherbe. Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le ministre de l'Intérieur. Très nombreuses questions à vous poser sur la lutte contre le narcotrafic, sur les relations avec l'Algérie. Votre collègue ministre de la Justice y était hier. Et puis sur cette loi, cette loi que vous défendez au Sénat, la loi qui s'appelle Riposte, réponse immédiate au phénomène troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité. On parle là de rodéo sauvage, on parle de protoxyde d'azote, on parle des rave party.
Et sur toutes ces questions-là, un arsenal de réponses plus efficaces, dites-vous. On va les prendre une par une. Je voudrais qu'on commence par parler du protoxyde d'azote. On en parle très régulièrement sur notre antenne. Il y a une vraie explosion de la consommation du protoxyde d'azote avec des conséquences pour la santé, évidemment, de ceux qui la consomment, mais aussi pour tous les autres. Parce que ça provoque des accidents, parce que c'est devenu un quotidien et un enfer. Est-ce que vraiment vous allez cette fois-ci pouvoir y mettre fin ?
Oui, parce que vous avez raison de souligner que le protoxyde d'azote crée des dégâts considérables. Il y a énormément de consommation, des conduites sous l'état de protoxyde. On a eu des accidents mortels très graves. Et actuellement, ça n'est que contraventionnel. Ça n'est que contraventionnel. C'est-à-dire qu'on ne peut appliquer que des contraventions. Il y a beaucoup de préfets qui prennent des arrêtés d'interdiction du protoxyde, en tout cas de la consommation sur la voie publique, beaucoup de maires. Mais ça n'est que contraventionnel. Et avec la loi Riposte, dont la discussion a commencé hier soir, déjà deux articles qui ont été adoptés hier soir, on crée trois délits.
On crée trois délits, dont celui évidemment de la consommation, du transport sans usage autorisé. Et puis, on a aussi évidemment le délit de conduite sous l'emprise du protoxyde d'azote. Donc, il y aura plus de sanctions contre le protoxyde d'azote.
Alors évidemment, tout est dans le détail. Et effectivement, comme vous le dites, sauf usage autorisé. Et c'est tout le problème. Et on voit bien évidemment que le diable s'est niché dans les détails. Depuis un bout de temps, le protoxyde d'azote, officiellement, on a le droit de l'utiliser dans la cuisine pour faire les espèces de mousses que font les grands cuisiniers. Sauf que désormais, on ne parle pas de petites cartouches comme il y en avait dans les vieux tiroirs de nos grands-mères. On parle de bonbonnes, on parle de tanks. Ça s'appelle même des tanks. C'est des trucs qui font plusieurs kilos. C'est considérable. Et moi, j'ai quand même vérifié, il y a une loi déjà qui existe.
Cette loi, c'est la loi du 1er juin 2021, tendant à prévenir les usages dangereux du protoxyde d'azote. Cette loi, elle écrit noir sur blanc qu'il est interdit de faire usage ou vente du protoxyde d'azote. Je ne comprends pas pourquoi il y a des interdictions qui sont écrites dans la loi. Et que dans les faits, le nombre de problèmes...
Ce n'est pas en ces termes que se pose le problème parce que d'abord, la vente à petite quantité est possible, malgré les taxes que vous venez de citer. Et par ailleurs, il y a un usage professionnel qui en est fait, qui est permis et qui est détourné en réalité. Donc les délits vont permettre de lutter contre cet usage détourné. Il s'agit du transport, de la consommation ou de la conduite sur l'empire. Mais comment vous allez faire par rapport aux sites de commerce ? Un délit, ça veut dire des sanctions plus importantes, c'est-à-dire possibilité de garde à vue, le cas échéant. Voilà, ça c'est la première chose.
La deuxième chose, le débat qui se pose, et on en discutera dans le cadre du projet de loi Riposte parce qu'il y a des amendements dans ce sens. Le débat, c'est de savoir si on interdit totalement la vente du protoxyde d'azote, sauf à déroger pour des professionnels. En fait, que ce soit plutôt l'inverse. Il y a des règlements européens qui empêchent de faire cela. Mais nous allons en discuter dans le cadre de la discussion Riposte. Oui, évidemment qu'on va réserver la commercialisation du protoxyde d'azote aux seuls besoins nécessaires, aux seuls professionnels qui en ont besoin. Évidemment que c'est le chemin sur lequel il faut arriver. Mais pour l'instant, ça n'est pas rien.
À Poilier de Malherbe, on crée trois délits qui vont permettre aux policiers, aux gendarmes, quand ils constatent des jeunes qui ont du protoxyde d'azote sur eau, qui en consomment sur l'espace public, ou des personnes qui en vendent sous le manteau dans des épiceries, par exemple. C'est ce qu'on voit se constater en petite couronne, en grande couronne, sur l'ensemble du territoire national. Un certain nombre de personnes qui en vendent de manière illégale. En fait, Laurent Nunez, mon problème, ce n'est pas de dire que c'est rien.
Je ne crois pas évidemment que vous prenez un certain nombre de mesures. Ce qui me sidère toujours, c'est le décalage, pardonnez-moi, entre les annonces, la loi et le réel. Il est interdit, depuis 2021, interdit de consommer du protoxyde d'azote pour les mineurs.
Oui, enfin, de vendre du protoxyde d'azote à les mineurs. Ce n'est pas tout à fait la chose. Il est interdit, j'ai tout à fait la loi sous les yeux.
Il est interdit de vendre ou d'offrir du protoxyde d'azote. Il est interdit également de vendre et de distribuer tout produit spécifique destiné à faciliter l'extradition du protoxyde. Tout ça, c'est dans la loi de 2021. Le problème, c'est aussi les sites de commerce. Et là aussi, je voudrais vous reposer la question de l'efficacité. Les sites de commerce électroniques doivent spécifier, c'est la loi de 2021, l'interdiction de la vente aux mineurs de ce produit sur les pages permettant de procéder à un achat en ligne. Ça veut dire qu'il suffit qu'ils mettent cet interdit, mais que derrière, ils vendent des bonbonnes qui n'ont rien de cuisine.
C'est-à-dire qu'il suffit de les regarder pour comprendre
que ces bonbonnes, j'en ai une entre les mains. C'est bien pour ça que nous créerons des sanctions, trois délits qui vont permettre de réprimer cet usage, ce détournement d'usage. Est-ce que ça veut dire que vous allez fermer ces sites de commerce ? Je vous assure que ça n'existe pas. Oui, la loi Riposte permettra de fermer tous les commerces qui vendent de manière illicite du protoxyde d'azote.
Aujourd'hui, il y a une amende de 3750 euros contre tous ceux qui vendraient dans les commerces, dans les débits de boissons, ce que vous disiez à l'instant, les ventes sous le manteau, y compris sur Internet, du protoxyde d'azote aux mineurs. Est-ce que vous savez si cette amende, qui existe déjà dans la loi actuelle, la amende même la vôtre, est vraiment appliquée ?
Oui, mais je veux dire que là, je vois bien le débat, c'est est-ce qu'on a des textes qu'on n'a pas ?
En fait, c'est est-ce que la loi est appliquée ?
Non, la loi est appliquée, mais vous ne pouvez pas sanctionner des personnes qui consomment sur l'espace public, des personnes qui transportent de manière illégale, et dans le projet de loi Riposte, on permet en plus de fermer administrativement des commerces qui ne sont pas des commerces spécialisés. Les textes dont vous parlez visent des commerces spécialisés. Moi, je vous dis qu'il y a un débit de boissons. On vend du protoxyde d'azote dans des épiceries, dans des commerces qui n'ont pas le droit de le faire. Ça, on le constate tous les jours, et on pourra sanctionner. Et fermer l'aboutissement.
Ce sera un délit, on pourra fermer surtout, fermer administrativement, et ça, c'est extrêmement important.
Les rave parties. Le 1er mai dernier, vous avez été confronté, Laurent Nunez, à ces 20 000 fêtards qui étaient installés près de Bourges, et notamment sur un site militaire. Vous vous êtes d'ailleurs rendu sur place. Là encore, la participation à une free party, aujourd'hui, elle n'est pas réprimée en tant que telle, donc on se retrouve à devoir trouver d'autres motifs, comme par exemple la consommation de stupéfiants, ou les atteintes sexuelles et sexistes. Voilà ce qui permet parfois de sanctionner les participants. Qu'est-ce qui va se passer demain avec votre loi ?
Actuellement, on ne peut pas dire que ça n'est pas réprimé, mais c'est réprimé trop faiblement. C'est une contravention. Que vous soyez un organisateur, que vous soyez un participant, c'est une contravention. Si vous êtes l'organisateur,
vous avez 1 500 euros de contravention et la saisie du matériel sonar.
Et pour les participants, la somme est 10 fois inférieure. C'est ridicule. Donc l'idée, c'est d'en faire un délit. Vous êtes organisateur d'une rêve partie. Vous prenez la responsabilité de faire revenir parfois des milliers de personnes sur un site sans aucun encadrement, en toutes méconnaissances des droits, sans avoir obtenu l'autorisation du préfet. Donc ça deviendra un délit. Il y a manifestement une mise en danger d'un certain nombre de personnes. Il n'y a pas de cadre sanitaire. Ce sont des lieux, par ailleurs, où on consomme énormément de produits stupéfiants. On l'a encore vu ce week-end en Lausère, où une rêve partie a été mise en place.
Et heureusement, grâce à l'intervention des gendarmes, on n'a pas pu prospérer. On a saisi énormément de produits stupéfiants. Donc ça devient un délit. Et même chose pour les participants. Vous ne pouvez pas passer 3-4 jours sur un terrain, créer des nuisances énormes pour le voisinage, pour les agriculteurs, des dégradations, et repartir avec la... Parce que nous verbalisons. Les gendarmes, en l'occurrence, puisqu'on est souvent dans une gendarmerie, verbalisent. Mais c'est qu'une contravention. C'est 135 euros. Et vous avez des jeunes qui vous disent le droit d'entrée à la répartie, c'est 135 euros. Donc ce sera un délit. Ça devient un délit pour les participants également.
Donc l'amende deviendra forfaitaire ? Elle l'est déjà ?
On n'applique pas ailleurs. Donc ça deviendra un délit pour les participants. Donc délit, ça veut dire le cas échéant, peine d'emprisonnement, c'est 6 mois, voire 7500 euros d'amende. Mais il y aura la possibilité d'éteindre l'action publique en appliquant l'amende forfaitaire délicuelle. C'est-à-dire qu'on constate, la personne paye et l'action publique est éteinte. La personne paye, elle s'engage, soit elle paye sur le champ, soit elle s'engage à payer. Et sinon, elle est poursuivie, évidemment.
Mais vous savez qu'il n'y a que 20% de ces amendes qui sont recouvrées ?
Non, il y a 20%.
C'est ce que dit la Cour des comptes ?
50% pour les consommateurs de stup, et c'est 20% dans la généralité des cas. La Cour des comptes ne remet pas en cause le principe de l'amende forfaitaire délicuelle. Il faut que les spectateurs comprennent bien. Ça veut dire qu'on a un délit, qu'on constate, la personne paye et l'action publique est éteinte. C'est moins de travail pour les forces de sécurité intérieure, ne remet pas du tout en cause le procédé de l'amende forfaitaire délicuelle qu'on a multiplié à de nombreux types de délits.
Mais elle pointe le décalage entre ce que l'on dit et ce qu'il se passe.
Elle nous propose, elle formule un certain nombre de recommandations effectivement en matière de recouvrement, effectivement en matière d'organisation. Et le gouvernement a tout un plan pour améliorer le fonctionnement de l'amende forfaitaire délicuelle. Et d'ailleurs, dans le cadre du projet de loi Riposte, je dépose au nom du gouvernement trois amendements qui vont permettre d'en améliorer le recouvrement.
De pouvoir recouvrir ces amendes de manière plus efficace ?
De pouvoir recouvrir ces amendes de manière plus efficace, évidemment.
Le matériel sonore et les jeux de lumière sont souvent, normalement, en tout cas, vous devriez pouvoir les saisir, sauf qu'ils sont souvent loués dans des entreprises à l'étranger, ce qui rend là encore l'application quasi impossible.
Non, parce que justement, dans le cadre du projet de loi Riposte, on a prévu un certain nombre de dispositions qui le rendront possible. Et surtout, on va créer une obligation pour les loueurs. On va créer une obligation pour les loueurs. Y compris les lois étrangers. C'est d'ailleurs la commission.
Parce que c'est souvent loué en Espagne, en Italie.
On les saisira sur le territoire national. Mais vous avez aussi beaucoup de locations qui sont faites en France. Et donc, on va créer une obligation pour les loueurs. D'ailleurs, c'est la commission au Sénat, dans le cadre de l'examen du projet Riposte, qui a fait cette proposition, qui les obligera à tenir un registre, à relever l'identité et à obtenir la preuve de la déclaration légale de la manifestation musicale, autorisée de manière à ce qu'ils puissent louer du matériel.
Vous pensez obtenir, Laurent Nunez, une majorité pour ce texte ?
Je ne vois pas qui s'opposerait à un certain nombre de mesures plus répressives, en pénal, en administratif, avec les fermetures administratives dont on a parlé. Vous avez aussi une mesure administrative qui sera très importante. C'est l'interdiction de conduire tout véhicule moteur à terrestre pour toute personne qui se livrera des rodéos. Je ne vois pas quel parlementaire peut s'opposer à un durcissement des sanctions administratives ou pénales sur ces délits qui empoisonnent la vie de nos concitoyens au quotidien et vous les avez cités les repartis, les rouges et les mortiers.
Enfin, devrait le voter ?
Bien sûr. Je suis très confiant. C'est un texte qui doit pouvoir permettre d'aboutir à un consensus.
Sur le narcotrafic, le procureur de Nice l'a dit hier, il semble avoir des ramifications marseillaises sur ce qu'il s'est passé la semaine dernière. Est-ce que ça veut dire que désormais, au fond, Nice se marseillise, si je puis me permettre ?
Moi, je vais vous dire, Apolline Valère, j'ai surtout retenu ce qu'a dit le procureur de la République qui d'ailleurs recoupe largement ce que le ministre de l'Intérieur modestement avait dit quelques jours avant quand je me suis déplacé à Nantes ou à l'Assemblée nationale quand j'ai été interrogé sur le drame qui s'est produit à Nice. Parce qu'à Nice, c'est un drame. On a probablement deux personnes, très probablement deux personnes qui ont été tuées sans avoir aucun lien avec le trafic. C'est un drame, c'est un règlement de compte.
Je vais vous dire qu'à Nice, ce qu'a dit le procureur, il a confirmé que les forces de sécurité intérieure faisaient un travail remarquable pour lutter contre les trafics de stupes, que dans le quartier des Moulins, il y avait 12 points de deal, il n'y en a plus que deux. Il y a une guerre de territoire autour de ces deux points de deal et c'est surtout ce que je veux retenir de ce qu'a dit le procureur. C'est qu'on lutte contre le trafic de stupes, on a des résultats, 12 points de deal, deux points de deal qui restent et on va continuer évidemment ce travail. Les policiers, sous l'autorité des parquets, il a donné un chiffre qui est extrêmement important.
Dans ce seul quartier en 2025, il y a eu 100 écrous. Depuis le début de l'année, on est à 50 personnes écrouées au titre du trafic. Donc voilà, le trafic de drogue, je le redis, ce n'est pas une fatalité. Il recule. Il recule. Nous obtenons, nous gagnons des batailles. La guerre est loin d'être gagnée mais nous obtenons des gains significatifs. Il faut continuer.
Et malheureusement, les règlements de compte sont la contrepartie de ces victoires parce que forcément, il y a des conquêtes, il y a des velléités de reprendre des points de deal et effectivement, le procureur de la République, enfin les procureurs parce qu'ils ont communiqué à deux en l'occurrence, ont bien indiqué qu'il pouvait y avoir des ramifications extérieures et le cas de Marseille a été cité. Mais c'est vrai sur Marseille, c'est vrai sur d'autres parties du territoire national où la pieuvre marseillaise essaie de s'étendre.
Je vous sens ce matin très très presque sur la défensive. Non, je ne suis pas
sur la défensive du tout. Moi, je suis toujours quelqu'un de très serein mais en même temps très déterminé et je ne peux pas comme ministre de l'Intérieur laisser dire que l'État est dépassé dans la lutte contre le narcotrafic. Il y a tellement de choses qui sont faites, tellement de résultats qui sont obtenus. Là, nous ne parlons évidemment que des points de deal, c'est-à-dire le lieu d'écoulement de la drogue.
On ne parle pas des réseaux de logisticiens, des réseaux intermédiaires de toutes ces personnes qui organisent l'importation des trafics de sup et contre lesquelles la Direction Générale de la Police Nationale et notamment la Direction Nationale de la Police Judiciaire et toutes les sections de recherche de gendarmerie font un travail formidable. Et puis, il y a toute l'importation massive de cocaïne qui arrive des pays d'Amérique du Sud ou pour d'autres types de produits du Maghreb et contre lesquels nous luttons et il y a des prises qui sont réalisées qui sont exceptionnelles. Donc, on ne peut pas dire que la lutte se fait
notamment aussi par la question d'une forme de solidarité internationale. Votre collègue Gérald Darmanin à la Justice était en Algérie hier. Il a dit qu'il avait bon espoir justement d'une coopération notamment autour de la question des aides mafières. Est-ce que ça, ça peut être décisif ?
Oui, mais Gérald Darmanin a parfaitement raison. Ça peut être décisif. On a un certain nombre d'individus de groupes mafieux criminels qui sont réfugiés dans d'autres pays. Donc, cette coopération judiciaire est absolument indispensable. Ce n'est pas qu'avec l'Algérie et pas qu'avec le même. Avec l'Algérie,
vous aviez dit que, me semble-t-il, que votre homologue serait là cette semaine ?
Oui, pas cette semaine parce que j'ai tous les textes. J'ai beaucoup de textes cette semaine. Il y a le texte Riposte, il y a la proposition de loi de M. Rodwell qui passe au Sénat, il y a le pacte sur les immigrations. Mais à partir de la semaine prochaine, on est en train de caler ce déplacement qui va avoir lieu dans les gens qui viennent.
Donc, vous allez recevoir votre homologue algérien ?
Oui, avec l'ensemble de ses directeurs de sécurité et je vais le recevoir avec l'ensemble des directeurs de sécurité du ministère de l'Intérieur français.
Vous avez dit que ça s'améliorait notamment sur le renvoi des OQTF de nationalité algérienne sur le territoire algérien. Est-ce que vous pouvez nous dire dans quelles proportions ça s'améliore ?
On a donné les chiffres. D'abord, la coopération avec mon homologue, le ministre de l'Intérieur algérien, elle porte sur les enjeux migratoires, notamment sur la reconduite, mais pas que. On a aussi des coopérations en matière de renseignement, des coopérations dont a parlé Gérald Darmanin également, l'antiterrorisme, des échanges d'informations dans les deux sens. Les deux pays échangent des informations. Il y avait beaucoup de choses qui étaient au point mort. C'est surtout ça ce qu'il faut dire. On me demande de dire quel nombre de laissés-passer d'OQTF ont été... Mais je veux redire qu'on a renoué des relations sécuritaires qui n'existaient plus.
Vous diriez qu'aujourd'hui, les relations sont bonnes ?
Oui, les relations sont bonnes. Elles sont reparties. Ce sont deux grands pays qui se parlent en matière de sécurité. Pour répondre très clairement à votre question, je ne suis pas en train de me dérober. On en est à 150 depuis le début de l'année et surtout depuis ma visite, nous avons obtenu autant de laissés-passer. Il n'y en avait pas eu entre le 1er janvier et la date de ma visite qui s'était déroulée mi-février. Donc voilà, oui, les choses se réenclenchent. Bien sûr qu'il faut que ça aille plus vite. Bien sûr qu'il faut que ce soit plus fort. Mais les choses se réenclenchent et moi, je m'en satisfais.
Et je souhaite évidemment qu'on monte en puissance et je n'ai pas de raison de penser que ce ne soit pas le cas.
Gérald Darmanin espère un traité d'amitié, dit-il, avec l'Algérie. Vous souscrivez ?
Oui, si Gérald Darmanin l'a dit, j'y souscrivais. Mais à titre, évidemment, je pense que nous avons toujours les relations avec l'Algérie ont toujours été parfois compliquées, mais elles sont indispensables. Elles sont essentielles. Vous avez plusieurs millions de personnes qui, de près ou de loin, ont un rapport avec l'Algérie. Donc, il faut évidemment qu'on ait de bonnes relations avec l'Algérie. Moi, toute ma carrière, je n'ai travaillé qu'à ça.
Vous parliez à l'instant de la question des OQTF. Vous l'avez peut-être vu, Robert Ménard est convoqué par la justice pour avoir refusé un mariage dans sa ville entre une personne sous OQTF et une autre. Il dit, au fond, qu'il y a une sorte d'injonction contradictoire entre deux obligations. L'obligation dans l'OQTF, obligation de quitter le territoire, et l'obligation de marier. Sauf qu'une fois que la personne est mariée, il est plus difficile, mécaniquement, de la faire quitter le territoire. Comment on fait face à ces deux injonctions contradictoires ?
Et est-ce que vous soutenez plutôt la position de Robert Ménard ou la position du juge qui dit qu'il l'encourt jusqu'à 75 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité ? Comment on fait face à ces deux injonctions ?
Les textes ne permettent pas à un maire de s'opposer à un mariage dans ce genre de situation. Donc, il aurait dû ? C'est l'état du droit. Après, qu'il y ait des réflexions sur une évolution possible du droit pour permettre à un maire au moins de saisir le procureur de la République, qu'un certain nombre de vérifications puissent être faites quand manifestement le mariage n'a pour but que d'obtenir finalement un titre. Voilà, je crois que le droit pourrait évoluer en ce sens. Mais attention, nous avons la Constitution, nous avons qui s'y oppose. Et donc, moi, j'ai déjà répondu en ce sens à des sénateurs. Il y a une proposition de loi au Sénat. Ma question, c'est est-ce que vous considérez
que Robert Ménard en fait aurait dû quand même faire ce mariage ?
Je pense qu'un maire doit respecter la loi.
Donc, il aurait dû respecter la loi, il aurait dû faire ce mariage.
Il aurait dû respecter la loi. Ça n'empêche pas, ça n'empêche pas que nous réfléchissions sur ce sujet. Je l'ai dit en répondant à une sénatrice qui m'avait interrogé sur une proposition de loi qui avait été adoptée au Sénat. Ça n'empêche pas de réfléchir à faire évoluer les prérogatives des maires pour pouvoir effectuer un minimum de contrôle. Voilà, actuellement, il faut qu'on démontre que le but exclusif a été d'obtenir un titre de séjour. Peut-être qu'une rédaction plus light qui pourrait consister à dire que ça peut être l'un des buts permettrait sans doute d'aboutir. En tout cas, moi, j'y travaille.
J'y travaille parce que je pense qu'il faut apporter une réponse au maire qui s'interroge.
Est-ce qu'on peut espérer le retour de Christophe Gleize, Laurent Nunez ?
Non, mais tout le monde le souhaite, évidemment. Voilà, tout le monde le souhaite. C'est un sujet dont moi, personnellement, je ne parle pas à la demande de la famille. C'est une très bonne chose.
C'est une très bonne chose. Une dernière question. Le 30 mai, finale de la Ligue des Champions, quel arsenal vous allez mettre en place ? PSG Arsenal, d'ailleurs.
Non, mais oui, c'est la finale. Je l'ai dit déjà dans un quotidien du dimanche. On s'attend, évidemment, à ce qu'il y ait des tentatives de débordement. Voilà, à chaque match, maintenant, c'est comme ça.
C'est habituel, désormais.
Ça ne veut pas dire qu'on s'y habitue. Ça ne veut pas dire qu'on s'y habitue, ça veut dire qu'on s'y prépare. Il y aura énormément de monde dans les rues de Paris en nombreux endroits de la capitale. Il y a ceux qui rêvent d'empêcher les gens d'arriver dans Paris. Ça n'existe pas. Il y aura un dispositif qui visera à contenir les débordements s'il y avait des tentatives de débordement. Mais il y aura des tentatives de débordement. Et il y aura, je peux vous l'assurer, comme ça s'est produit pour la finale l'année dernière, comme ça s'est produit pour la demi-finale, il y aura, évidemment, une riposte des forces de sécurité intérieure qui empêcheront tout débordement.
Et moi, je mets en garde tous ceux qui viendraient non pas pour célébrer la victoire du Paris Saint-Germain, mais pour piller des commerces sans prendre aux forces de l'ordre et agresser les personnes. La réponse des effectifs de la préfecture de police, du préfet de police, évidemment, du ministre de l'Intérieur, elle sera extrêmement ferme.
Merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions ce matin sur RMC BFM TV. Laurent Nignes.
Laurent Nuñez