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interviewÉric Zemmour· 10 novembre 2023 17 min

Eric Zemmour : L’Occident ne doit plus céder à l’auto-flagellation

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Éric Zemmour

Notre discours d'ouverture by Mr. Zemmour who's a very famous author 2022 presidential candidate and very well known for his position on political alliances on the right for patriots and I asked him to present a speech to us. He's one of the most popular commentators now in France since the elections and I'd like all of you to welcome him. Thank you very much.

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Présentateur

Bonjour à tous. Merci d'être venu ici Monsieur le Président de la Chambre des Représentants Madame le Gouverneur du Dakota du Sud, Monsieur le Ministre Orban, Monsieur Nigel Forage Mesdames et Messieurs les élus, responsables politiques et associatifs chers amis d'abord merci cher Andy Yalos pour votre invitation et l'organisation de cette journée. Merci de nous donner la chance de nous rencontrer et d'échanger sur nos combats communs. Je veux par ailleurs cher Andy vous redire merci d'avoir organisé la conversation passionnante que j'ai eue avec Donald Trump.

Nous nous souviendrons longtemps de ce moment comme du conseil qui m'a donné je le cite « Ne cédez jamais face aux journalistes restez vous-même ». Je n'avais pas besoin de cela pour rester moi-même mais cela fait toujours du bien à entendre. Je suis très honoré chers amis de pouvoir introduire ce forum et je vous en remercie du fond du cœur. Je suis honoré car je prends peu à peu conscience de tout ce qui nous rapproche de tout ce qui nous rend semblables alors que j'ai passé une grande partie de ma vie à me concentrer sur ce qui nous opposait nous mettait en concurrence.

Ici ce matin il y a des français des britanniques des américains des hongrois des néerlandais des européens de tout pays et si nous avons tous accepté cette invitation c'est bien que nous avons conscience sinon de tout ce que nous avons en commun du moins des dangers qui nous menacent tous. Oui je dois vous avouer qu'il y a quelques années encore prononcer un discours devant une telle assemblée m'aurait semblé sans doute un peu étrange. Après tout et mes amis dans cette salle le savent bien je suis un français je suis un gaulliste je suis un admirateur de Napoléon Emmanuel Matron dirait que je suis un gaulois réfractaire.

J'ai donc dans ma besace historique beaucoup de reproches à faire aux Anglais et aux Américains. Vous comprenez mieux ainsi que pour un petit astérisque comme moi participer à un forum worldwide avait de quoi comme je viens de le dire paraître étrange. Il y a quelques années je serais sans doute venu pour faire à nos Américains ici présents de nombreuses critiques. J'aurais parlé de l'ingérence des Etats-Unis dans nos affaires de l'extraterritorialité du droit américain de l'influence du soft power d'outre-Atlantique sur la jeunesse française de nos intérêts malmenés par-delà le monde.

Mais j'aurais sans doute évoqué un affrontement non seulement entre nos deux continents mais au sein de notre continent l'Europe entre la France et l'Allemagne entre l'Europe continentale et l'Angleterre entre l'Europe et l'Amérique entre chacune des puissances occidentales. Oui il y a quelques années c'est peut-être un discours de ce type que j'aurais tenu devant vous. Mais les temps changent les temps ont changé et ce n'est pas pour rien que ce matin on m'a demandé de vous parler d'union. Les enjeux économiques n'ont pas disparu ils ne disparaîtront pas. Les considérations commerciales juridiques militaires diplomatiques continueront de nous opposer longtemps. J'en suis sûr.

Mais aujourd'hui il y a plus grave. C'est-à-dire qu'il y a désormais plus existentiel. Un vent mauvais souffle sur l'Occident. Je le sens comme vous le sentez tous. Pour la première fois de notre histoire nous sentons tous confusément que notre civilisation celle qui nous dépasse tous la civilisation occidentale est en danger. Nous sentons tous que nos enfants ne vivront sans doute pas dans le même monde que nous si les choses continuent d'aller comme elles vont.

Quand l'Occident est tout puissant il est tout naturel que nous pensions chacun à défendre nos intérêts nationaux et eux seuls nos précarés et eux seuls mais quand nous sommes tous en danger de mort il devient crucial de penser à ce que nous sommes et à ce que nous devons demeurer. Je me souviens d'un général de Gaulle qui en 1962 au moment de la crise de Cuba apporta son soutien aux Etats-Unis quand l'Union soviétique menaça l'Occident d'une guerre nucléaire.

Ce mouvement pourtant contraire à la politique gaulliste d'indépendance par rapport à l'Amérique et de soutien aux petites nations qui tentaient de s'arracher à la logique des deux blocs illustre qu'à l'heure où la civilisation occidentale est menacée même le plus farouche des défenseurs de la souveraineté française sait dans quel camp il veut être. Et aujourd'hui c'est bien un identique poison qui ronge nos nations qui fait tomber nos statuts qui mine nos universités nos écoles notre vie politique jusqu'à notre cinéma nos séries télévisées et nos publicités qui deviennent de véritables oeuvres de propagande. Nous l'évoquerons sans doute tout à l'heure avec Nigel Farage.

Progressivement la population de nos pays change. La majorité se sent devenir minoritaire chez elle sur notre vieux continent comme chez vous aussi amis américains. Face à ce péril la gauche et le wokisme travaillent à notre affaiblissement à notre désarmement moral. Ce constat je crois pouvoir dire que chacun de nous le partage aujourd'hui. C'est bien pour cela que nous sommes réunis ici. Laissons donc nos grièves de côté en tout cas pour le moment et que mes amis gaullistes souverainistes dont je suis et avec lesquels nous avons mené tant de combats contre Maastricht contre la guerre en Irak en Libye etc. mènent avec moi celui-ci. Je voudrais parler ici de ceux qui nous relient.

Je voudrais vous parler de ceux qui nous rassemblent ce matin et qui est en train de disparaître. Français jusqu'au bout des ongles je me refuse cependant à vivre dans un monde où New York ne serait plus New York. J'ai entendu récemment le maire de New York Eric Adams nous dire que la crise migratoire allait détruire sa ville. Qui l'accusera de racisme ? Il est démocrate il est afro-américain il comprend trop tard le péril mortel qui nous menace mais il le comprend. Nous aussi nous avons compris et sans doute avant lui.

Je ne veux pas vivre dans un monde où les historiens américains que j'ai tant admirés pour leur liberté de penser se soumettent au wokisme et cessent de publier par peur de vexer d'indigner d'être mis au banc. Je ne veux pas vivre dans un monde où le grand Salman Rushdie peut être poignardé en plein coeur de New York par un fidèle des gardiens de la révolution islamique iranienne. Que faisait-il chez vous ? Comme je me demande ce que faisaient chez nous les assassins de Lola du professeur Samuel Paty décapité à quelques kilomètres de Paris ou encore plus récemment du professeur Dominique Bernard.

Je ne veux pas vivre dans un monde où Londres Milan Bruxelles et Paris sont submergés par des milliers de partisans du Hamas. Pas plus d'ailleurs que je ne veux vivre dans un monde où la Hongrie est mise au banc de l'Union Européenne parce qu'elle commet le crime de vouloir rester un pays fier, sûr et libre. Parce qu'elle est une des dernières en Europe à défendre les racines chrétiennes de notre continent. Comme beaucoup de Français, j'ai refusé de vous suivre dans vos guerres récentes pour imposer la démocratie dans des contrées qui en vérité n'en voulaient pas. Et je lutterai encore contre vos ingérences et vos leçons de morale dès qu'il le faudra.

Je ne suis pas un occidentaliste car je ne chercherai jamais à imposer les valeurs occidentales à des peuples qui les détestent et les rejettent. Mais si nous sommes souvent concurrents, nous ne sommes pas ennemis. Des ennemis, des vrais ennemis, nous n'en marquons pas. Et il se trouve qu'à Paris, Londres, Washington, Budapest ou Amsterdam, nous en avons beaucoup en commun. Nos pays sont minés de l'intérieur et menacés à l'extérieur. Nous sommes doublement attaqués par l'immigration de masse d'abord qui menace jusqu'à la survie de nos peuples, par la gauche ensuite qui sape progressivement les bases de notre civilisation et en accélère l'effondrement.

Ils partagent un objectif commun, faire tomber l'Occident qu'ils détestent. Dans cet objectif, ils ont noué une alliance qui se décline dans chacun de nos pays. En France, cette alliance a un nom, Jean-Luc Mélenchon. Dans la grande guerre de civilisation qui recommence, il a choisi son camp. Vous connaissez peut-être cette phrase du philosophe français Julien Freund, c'est l'ennemi qui vous désigne. Eh bien, l'ennemi nous a désignés. En France, des prêtres, des femmes, des enfants, des professeurs sont assassinés au cri de Allah ou Akbar. En Israël, le Hamas mène sa guerre sainte au nom d'Allah et du djihad. En Turquie, Erdogan parle déjà de raviver la guerre entre la croix et le croissant.

Le monde arabo-musulman tombe le masque. Il se sert de la guerre au Moyen-Orient pour hurler sa haine de l'Occident tout entier. C'est toute la civilisation occidentale de Washington à Budapest qui est désignée comme telle. Chers amis anglo-saxons, c'est un de vos plus grands historiens, le britannique Arnold Toynbee, qui m'a fait comprendre que l'histoire du monde depuis 5000 ans avait été le théâtre d'affrontements incessants entre les grandes civilisations qui ont façonné les hommes à la surface de la Terre. Des civilisations qui se sont d'abord ignorées, chacune enfermée dans sa superbe, se croyant seul au monde, en tout cas seul élu des dieux.

se jetant de loin des regards irrités et méprisants, s'affrontant parfois durement puis rentrant chez soi. Elle s'appelait chinoise, hindoue, arabo-musulmane ou turco-musulmane, orthodoxe, héritière de Byzance, et puis l'occidentale, héritière de l'Empire romain, de l'esprit grec et du judéo-christianisme. Des civilisations qui sont autant de manières de vivre, de penser, de se vêtir, de parler, de se nourrir, de prier, de s'aimer. Des civilisations qui sont, selon notre grand écrivain français André Malraux, tout ce qui s'agrège autour d'une religion.

Et puis, à partir de la fin du XVe siècle, l'Occident, par le génie de ses marins, Vasco de Gamma, Christophe Colomb, de ses scientifiques, de ses techniciens, de ses inventeurs, a investi le monde entier avec ses bateaux, ses soldats, ses canons, ses prêtres, ses commerçants. Bonaparte a conquis l'Egypte et est fasciné le monde arabe. Les Anglais ont dominé les Indes. Tous les Occidentaux ont dépecé la Chine. Puis, à la fin de cette histoire, la seule guerre froide absorba tous les conflits de la planète dans une seule confrontation entre deux idéologies, le libéralisme et le marxisme. Mais l'URSS est tombée, la guerre froide s'est évanouie et les civilisations sont revenues à la surface.

Et c'est un autre de vos grands intellectuels, Samuel Huntington, qui rappela cette dure vérité à un Occident qui fêtait sa victoire, la fin de la guerre froide sonnait l'avènement d'une nouvelle guerre de civilisation. Je devrais dire non l'avènement de la guerre de civilisation, mais son retour. comme si la guerre froide n'avait été qu'une parenthèse aujourd'hui refermée. Les civilisations vaincues, dominées, humiliées par l'Occident ont soif de revanche. Chacune utilise ses propres armes dans la lutte. La civilisation chinoise retourne contre l'Occident les armes qui ont fait son succès. La science, la technique, l'industrie.

En revanche, l'islam se veut l'archange du spirituel contre le matérialisme froid de l'Occident. L'islam se veut le porte-voix des masses prolétarisées en Afrique, en Asie, en Europe, qui ont été déstabilisées dans leur univers familier par la révolution technique et intellectuelle portée par l'Occident partout dans le monde. Chacune des civilisations humiliées par l'Occident, la chinoise, la musulmane, la turque, l'indienne, la russe, a compris qu'il fallait redevenir elle-même pour restaurer sa puissance et sa grandeur. Seul l'Occident, encore grisé par son passé glorieux, se veut encore universel.

Seul l'Occident veut absorber les populations du monde entier pour devenir sur son sol un résumé de l'humanité tout entière au moment même où toutes ses rivales soignent au contraire leur unité et leur cohérence. L'Occident ne doit plus céder aux sirènes malfaisantes de l'autoflagellation. Il doit restaurer sa cohérence et son unité et revenir aux sources de sa grandeur. La liberté, l'état-nation, la famille, le travail, la science. L'Occident doit redevenir occidental, c'est-à-dire revenir à sa matrice gréco-romaine et judéo-chrétienne. Alors, il faut nous unir. Je ne vous appelle pas Dieu m'en préserve à la création d'une absurde organisation supranationale.

C'est à l'intérieur de nos frontières qu'il faut bâtir l'union. Puisque la gauche est compromise partout avec l'ennemi, puisque le centre a fait de l'immobilisme une raison de vivre, c'est au droit de s'unir. Les Etats-Unis l'ont compris où toutes les sensibilités des républicains se rassemblent avant chaque élection. L'Europe est peu à peu en train de le comprendre. En Italie, Giorgia Meloni et Fratelli d'Italia gouvernent depuis un an grâce au soutien du centre-droit et des populistes. En Hongrie, le Fidesz gouverne depuis des années aux côtés du Parti Populaire chrétien-démocrate.

En Suède, en Finlande, la droite ne se maintient au pouvoir que grâce au soutien et à l'influence des formations nationalistes. même en Espagne, la coalition entre le centre-droit et Vox est passée à un cheveu de la victoire. La gauche, pour assurer sa survie, se vautre dans une alliance contre-nature avec les séparatistes catalans. Et je veux, ce matin, que nous ayons une pensée pour le fondateur de Vox, victime d'un tir au visage en pleine rue. En France, mon parti reconquête est le seul à proposer cette union des droites, mais je suis sûr que dans peu de temps, l'union des droites s'imposera partout comme la seule solution d'empêcher la disparition de la civilisation occidentale.

Les élections européennes qui viennent en feront la démonstration. Grâce à ces coalitions, grâce à la progression de toutes les formations de droite, le Parlement européen pourrait pour la première fois basculer dans notre camp. Unissons-nous chacun de nos pays. Unissons-nous partout où cela est possible. Travaillons ensemble au réarmement moral de la civilisation occidentale. S'il faut se rencontrer, nous nous rencontrerons. S'il faut se serrer les coudes et oublier nos querelles, nous oublierons nos querelles. Face à la disparition de l'Occident, face au wokisme, face à ceux qui veulent détruire nos statuts, face à ceux qui veulent détruire la nation, la famille, la liberté, unissons-nous.

Vive ce qui nous unit, vive les heures glorieuses de nos nations et vive la France.

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