La lutte contre le cancer : une priorité de la Nouvelle France | #Amfis2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« C'est une pétition, c'est une commission que vous devriez regarder d'ailleurs quand vous pensez que l'État français ne respecte pas des directives européennes ou des règlements européens. »
- 2:10Invité politiqueFait
« On a fait vraiment la chasse au perturbateurs endocriniens dans toutes les structures de la ville, que ça soit dans toutes les écoles, que ça soit dans les garderies, dans les crèches. »
- 2:54Invité politiqueChiffre
« On avait le taux de cancer des voies aérodigestives supérieur le plus important de France voire d'Europe. »
- 8:13Invité politiqueChiffre
« Un français sur 5 va développer un cancer au cours de sa vie. »
- 8:13Invité politiqueChiffre
« Chaque année, c'est 430000 nouveaux cas. »
- 8:13Invité politiqueChiffre
« C'est 160000 décès par an France. »
- 8:58Invité politiqueChiffre
« Le cancer depuis les années 90, il a doublé en incidence. »
- 17:42Invité politiqueChiffre
« 40 % des cancers sont évitables. »
- 18:26Invité politiqueChiffre
« L'Agence européenne environnementale estime qu'il y a 10 % des cancers qui sont d'origine environnementale. »
Temps de parole
- Damien Carême100 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour à toutes et à tous. J'ai comme de partir à l'heure. Il est exactement 17h30 par respect pour les gens qui sont là à l'heure. Euh voilà, on ne fait pas attendre. Merci de votre présence en cette fin d'après-midi. On est moins nombreux qu'une conférence avec l'ordon. On est moins nombreux qu'à un discours de Jean-Luc Mélenchon, mais je pense que le contenu va être passionnant aussi. Euh le thème de cette de cette conférence, c'est la lutte contre le cancer, une priorité de la Nouvelle-Fance. Et je suis pas spécialiste de la santé, encore moins des cancers. Euh je suis député européen aujourd'hui he Damien Karê.
les questions, c'est plus les questions que je travaille au Parlement européen, les politiques de développement et aussi aujourd'hui, je suis membre d'une commission des pétitions [grognement] au Parlement européen. C'est une pétition, c'est une commission que vous devriez regarder d'ailleurs quand vous pensez que l'État français ne respecte pas des directives européennes ou des règlements européens. euh demander faire une pétition au niveau de l'Union européenne pour obliger la Commission euh d'astreindre la France à à mener euh à mettre en [grognement] œuvre ses politiques. Voilà, c'est un petit mot en passant.
Euh je voudrais juste commencer par J'ai été maire dans une vie antérieure, maire d'une ville industrielle touché par les cancers notamment le cancer lié à la miante le méiotellome mésiotélium euh parce qu'il y avait un port et que à un moment les dockers déchargeaient la miante sur leur dos mais aussi parce qu'il y avait une industrie et que la miante était présente partout dans cette industrie dans les usines et que donc les salariés euh était gravement touché et continue de l'être et on en parlera peut-être tout à l'heure. C'est un vrai drame sanitaire que que ce cancer de la miante. Oui, on reviendra dessus après. Donc voilà, je me je me suis inquiété de ces problématiques de santé.
J'ai aussi travaillé avec un un toxicologue qui est André Sicolella sur les perturbateurs endocriniens. Euh en tant que que maire, je pense qu'on a des choses à faire aussi quand on quand on est élu local et on a fait vraiment la chasse au perturbateurs endocriniens dans toutes les structures de la ville, que ça soit dans toutes les écoles, que ça soit dans les garderies, dans les crèches.
dans les crèches, ça veut dire les biberons, ça veut dire le la vaisselle, ça veut dire les couches, ça veut dire et cetera tous les produits qu'on qu'on utilise parce qu'il faut qu'on limite l'exposition des des tout petits en particulier dessus et et voilà, je j'ai beaucoup travaillé avec lui pour toucher pour pour essayer de d'éviter de remettre en fait une une couche supplémentaire de risque pour les populations à des populations qui en plus étaient exposé à beaucoup de pollution atmospé. sphérique. Alors, c'était à côté de Dquer que j'étais mère à Grande Sainte là-haut et et on avait le taux de cancer des voies aérodigestives supérieur le plus important de France voire d'Europe.
Et on me disait toujours les les responsables politiques, mes collègues politiques me disaient "Ouais mais c'est parce que tu as une population pauvre qui boit beaucoup, qui fume beaucoup." Et donc voilà, c'était pour eux les seules causes d'explication de ce taux de cancer. Et jamais on ne parlait de la pollution atmosphérique. Vous savez quand on est élu, il faut qu'on ait des usines, il faut qu'on travaille à côté queles que soient les conditions. [grognement] Et il y a même d'ailleurs un champ dans le carnaval d'Inker qui est assez assez fameux ce carnaval d'Inker et euh qui dit "On est tous des tuberculeux mais on s'en fout.
On est je sais plus quoi la la fin de la phrase mais voilà, c'est même intégré dans les dans les champs du carnaval. J'auraiis à mes côtés aujourd'hui euh deux brillants connaisseurs des cancers puisqu'il travaille depuis des années ou il travaillait depuis des années sur sur cette maladie, sur ces maladies. Euh Marc Bio qui est directeur de recherche émérite au CNRS et Julie Panquin qui est directrice de recherche au CNRS. Deux directeurs de recherche au CNRS. Nous avons de la chance aujourd'hui. Je voudrais juste poser une question.
Alors, on avait invité aussi à un moment dans le cinéma de ma commune Marie Monique Robin qui fait beaucoup de documentaires sur les sur l'environnement et elle commençait sa conférence en disant quelles sont les personnes dans la salle qui sont elles-mêmes frappées par un cancer ou qui ont un proche au premier degré par enfant frères ou sœurs touchés par un cancer ? Levez la main. Et quand c'est au 2e degré, c'est-à-dire grands-parents, petits-enfants et cetera et cetera, lever la main. Donc les mêmes de tout à l'heure plus ce qu'on rajoute.
Voilà, c'est c'est l'État de la France aujourd'hui malheureusement et et il est temps de s'occuper de ces politiques là et de la lutte contre le cancer. Je vais tout de suite après cette petite introduction donner la parole à Marc Bio qui va nous faire un état général de de la situation. Je le laisse faire son enfin son intervention. On s'est dit combien de temps ? Je me souviens plus. 20 25 minutes 20 minutes 20 minutes et puis on aura un temps d'échange après. Gardez vos questions. On fera un échange global à la fin. Ben bonjour, je suis très heureux d'être parmi vous.
Alors, quand on on est atteint d'un cancer et qu'on on a ce qu'on appelle la consultation d'annon, c'estàdire la consultation avec l'oncologue qui va vous dire que malheureusement vous développez cette maladie. La question que très fréquemment on est amené à se poser, c'est pourquoi moi ? Pourquoi ça m'arrive à moi ? Et en général, l'oncologue va vous poser une série de questions. Il va déjà vous demander est-ce que vous avez des antécédents dans votre famille ? Est-ce qu'il y a d'autres personnes qui ont le même cancer que vous ? Donc ça c'est déjà pour explorer la piste génétique.
Et puis après en fonction aussi du cancer que vous développez, cancer du poumon ou autre, il va vous demander est-ce que vous fumez, est-ce que vous buvez et puis bah il vous observera pour savoir si vous êtes en surpoids par exemple. [grognement] Et puis en général ça va s'arrêter là. Et donc vous voyez que déjà dans cette manière pour l'oncologue d'interagir avec vous, il y a un cadrage très particulier qui est fait et donc il y a toute une partie de votre vie qui est complètement oubliée. C'est-à-dire qu'il va jamais vous demander qu'est-ce que vous faisiez comme métier. Il va pas non plus vous demander où est-ce que vous avez habité. Et donc ça c'est propre à la cancérologie.
C'est-à-dire que en même temps, elle dritorialise, c'est-à-dire qu'elle ne tient pas compte de l'habitat, du lieu où vous avez vous avez vécu. Elle vous désaffilie aussi socialement, c'est-à-dire qu'elle tient pas compte de votre métier, de votre appartenance à une classe sociale. Et la cancérologie, en fait, elle fabrique un patient qui est un patient très particulier. Il faut il faut avoir ça à l'esprit. C'est-à-dire que d'abord le le cancérologue bien évidemment va s'intéresser à la à la tumeur et donc va la réduire à euh un certain nombre de critères biologiques, anatomopathologiques, moléculaire et puis après bah il va prendre en compte les facteurs dont je vous ai parlé.
Et donc en fait si si on on fait un résumé, le cancer se résume pour l'oncologue soit à une fatalité biologique ou à une loterie génétique. Est-ce que vous auriez un gène défectueux qui ferait que vous développez ce cancer ? Soit à votre vos comportement individuel qui fait que vous vous exposez vous individuellement à des facteurs de risque comme le tabac ou ou l'alcool. Et donc moi ce que j'aimerais faire là dans les 20 minutes qui me sont impartis, c'est vous dire que c'est ça c'est vraiment une manière extrêmement réductrice de voir la situation et que le cancer en fait c'est une maladie politique et c'est pas qu'une maladie biologique.
Alors oui, je vais faire je vous donner quelques chiffres mais je veux pas trop aussi vous vous enquiquiner avec des chiffres mais je pense que c'est important pour resituer la situation. Donc bon on l'a bien vu après la question de Damien. Euh on est tous concernés. Donc euh un français sur 5 va développer un cancer au cours de sa vie. Euh et chaque année, c'est 430000 nouveaux cas. 430000 nouveaux cas. pour vous donner une image, c'est comme si euh l'ensemble des habitants de la ville de Nant et danger développer un cancer, vous imaginez chaque année. Donc c'est c'est vraiment un problème évidemment majeur en terme de santé publique.
Euh c'est 160000 décès par an France, donc c'est la première cause de mortalité et donc c'est évidemment un enjeu sanitaire qui est un enjeu majeur. Alors le cancer depuis les années 90, il a doublé en incidence. L'incidence, c'est le nombre de nouveaux cas par an. Donc ça a doublé. Alors bon, je je vais vous faire le je vais vous épargner les questions qui permettent de structurer euh euh cette question de l'incidence en fonction de l'âge.
Mais euh quand quand on demande aux épidémiologistes qu'est-ce qui explique que le cancer augmente et qui est de plus en plus de cas, les trois explications qui sont communément avancées sont un, il y a une évolution démographique, il y a plus de personnes, donc mécaniquement s'il y a plus d'habitants en France, il y aura plus de cancer. 1 le 2 le dépistage, on dépiste beaucoup mieux donc euh ben on donc on trouve plus de cancer et donc ça ça joue un rôle aussi dans dans l'augmentation de l'incidence. Et le troisème c'est celui sur lequel j'aimerais insister, c'est euh le vieillissement de la population.
Et donc quand on dit le cancer est dû, l'augmentation de l'incidence du cancer est d au vieillissement de la population, en fait insidieusement et il y a des gens qui le font délibérément, on on passe à une à un autre aspect qui est de dire que le cancer est dû au vieillissement, que le vieillissement est même causal dans le cancer et que comme j'ai pu le dire, le cancer est une maladie du vieillissement. Et ça c'est faux. Ça c'est faux. Et en fait euh c'est même grave de l'énoncer de cette manière parce que ça naturalise un un fait qui est un fait aussi qui a euh une composante sociale et qui a une composante socio-économique. Et je je vais très brièvement vous donner un exemple.
On a parlé du mésothéliome qui est le cancer qui est dû à l'exposition à la miante. Et donc une ouvrière ou un ouvrier qui va être exposé à ce cette substance cancérogène au cours de sa vie professionnelle va développer en moyenne un cancer à l'âge de 75 ans. Qu'est-ce qui est la cause de ce cancer ? C'est le fait que la personne est vieilli que elle est 75 ans ou est-ce que c'est l'exposition à la fibre cancérogène ? Non, bien évidemment la première cause c'est l'exposition à la fib cancérogène. Et donc quand on dit le cancer et du vieillissement en fait on fait une confusion entre la cause et le processus. Le processus cancéreux prend des décennies pour se développer.
Donc pour qu'un cancer apparaisse bah il faut 10 20 30 40 ans. Et donc mécaniquement vous allez avoir plus de cancer après 60 ans. Et de fait après 60 ans, on observe qu'il y a 65 % des cancers qui se développent. Mais il faut pas confondre deux choses et vraiment j'insiste parce que je l'entends trop souvent l'âge et le vieillissement. L'âge c'est un phénomène chronologique. Le vieillissement c'est un processus biologique. Et de fait le vieillissement participe, contribue au processus cancéreux. Quand vous vieillissez vous accumulez plus de mutation parce que vous avez des mécanismes biologiques qui fonctionnent moins bien, qui sont moins moins fidèles.
Vous avez une inflammation chronique et cetera. Ces processus peuvent contribuer au développement de cancer, mais il faut pas confondre les deux processus. Et c'est important parce que si c'est la miante en l'occurrence et ben on peut mettre en place des politiques publiques qui visent à éviter l'exposition à ces facteurs et on aura donc un effet sur le développement des cancers quand les personnes vieilliront. Et donc on change une question qui était une question de fatalité biologique en une question qui devient une question sociale aussi, c'est-à-dire quel politique publique mettre en œuvre pour éviter l'exposition à des facteurs qui sont cancérogènes ?
Euh bon, parmi les les cancers les plus fréquents, vous le savez, cancer du sein, cancer de la prostate, cancer du colorecto, donc dont Julie va vous parler dans télépécialiste, cancer du poumon bien évidemment. [soupir][souffle coupé] Juste aussi un petit point, c'est important. Euh quand quand on on fait des calculs sur l'incidence du cancer, il faut bien voir qu'en France, on se base sur des registres qui sont des registres du cancer. Et ces registres en fait jusqu'à il y a très récemment, ben il y en avait pas que qui couvraient toute la France. Il y avait 27 registres environ.
Il y en avait une vingtaine qui était des registres départementaux donc mais qui couvrait pas la centaine de départ de départements français. plus des registres qu'on dit spécialisés d'organes ou des registres sur les cancers de l'enfant. Et donc en fait, on couvrait 20 % de la population française. Donc on fait des extrapolations à partir de ces de ces registres mais on n' pas en fait une description exacte de l'incidence des cancers et de leur mortalité sur l'ensemble du territoire français. Alors, depuis 2025, on a un registre national des cancers donc qui devrait être très utile mais ce registre pour l'instant bah il peine à se mettre en œuvre.
Il y a pas des moyens qui sont très très importants et donc bah on attend que ce registre puisse être complètement opérationnel, ce qui est encore ce qui est encore pas le cas. Ça sera évidemment très important pour qu'on puisse mieux comprendre ce qui est l'évolution de cette pathologie en France. Donc bon, dans les dans les causes du cancer, il y a des causes évidemment biologiques, des mutations qui qui s'accumulent dans notre patrimoine génétique, donc dans notre ADN. Il y a aussi des altérations qu'on appelle épigénétique qui jouent sur la régulation du fonctionnement de l'ADN, de son expression et d'autres mécanismes qui qui sont impliqués.
Euh ces mécanismes effectivement peuvent se on peut générer des mutations dû au fonctionnement inhérent de notre cellule. Donc il peut y avoir effectivement [grognement] une forme de malchance biologique hein qui fait que on va développer des mutations qui vont participer à la formation des cancers. Mais ce qu'on sait aussi et ça ça fait partie de la littérature qui est extrêmement solide et qu'on dont on dispose depuis maintenant plusieurs décennies, c'est qu'il y a des substances qui sont cancérogènes et auxquelles on est exposé.
Et donc ces substances cancérogènes, il y a un organisme qui est un organisme international qui dépend de l'OMS qui les a qui les étudie qui les qualifie et qui les recense qui est le centre international de recherche cancer qui est situé à Lyon. Et donc le le centre ce centre international recherche cancer donc le cirque a étudié environ 1000 substances et il en a identifié la moitié qui sont cancérogènes. Alors parmi les cancérogènes les cancérogènes certains, des cancérogènes possibles et des cancérogènes probables. Cancérogène certains est possible qui sont les substances les plus les plus dangereuses. Ça fait environ presque 300 substances. Donc on pourrait se dire très bien.
Donc effectivement parmi ces substances, il y a le tabac, il y a la miante. Bon, j'y reviendrai brièvement. Mais là aussi, c'est un point sur lequel j'aimerais assister. Le cirque pour des raisons voilà aussi logistiqu de fonctionnement a étudié 1000 substances. Et quand il a étudié ces 1000 substances, il les a pas étudié au hasard. Il les a étudié parce qu'il y avait une forte présomption que ces substances puissent être cancérogènes. Mais est-ce que vous avez une idée du nombre de substances auxquelles on peut être exposé ? 100000 100000 ? Ouais. Vous êtes pas loin de la de la réalité.
Alors en fait, c'est difficile de savoir exactement mais c'est entre 150000 et 350000 molécules chimiques qui ont une autorisation de mise sur le marché et qui circulent. Pour 60 75 % d'entre elles, on a aucune idée, ça vous paraîtra peut-être incroyable, mais on a aucune idée de leur toxicité. aucune. Donc ces molécules qui ont pas toutes évidemment le même tonnage de production, bah écoutez euh sont utilisés dans l'industrie, sont utilisés dans des produits à usage domestique et cetera.
Donc quand le cirque étudie 1000 substances, vous voyez qu'il étudie une infime fraction des substances qui sont en circulation et qui peuvent poser des problèmes parce que à l'évidence parmi ces substances, il y a aussi des substances qui sont cancérogènes. Euh alors il y a pas que des substances qui sont cancérogènes, ça aussi c'est un point important. Il y a aussi euh l'organisation du travail par exemple, parce que vous savez que le travail de nuit a été classé comme cancérogène par le par le cirque ? Donc le travail de nuit, il y a aucune ambiguïté, est euh une activité qui euh prédispose le développement de cancer. Il y a des métiers aussi.
Alors, il y a un métier par exemple qui est d'actualité, c'est le métier de pompier. Ben, le métier de pompier, c'est un métier que le cirque reconnaît comme cancérogène certain. C'est-à-dire que les pompiers dans leur activité bah s'exposent à développer des cancers plus tard dans leur vie et on a vu à quel point ils étaient exposés hein cette année en particulier au cours de ces mégafeux qui sont qui se sont succédés en France. Alors on peut faire des calculs. Les épidémiologistes font les calculs et et la la conclusion à laquelle ils sont arrivés, c'est que 40 % des cancers sont évitables. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que si on on éradiquait le facteur d'exposition, à ce moment-là, le cancer disparaîtrait complètement. Par exemple, si on arrêtait toute la population française arrêtait de fumer, le nombre de cancers du poumon et les autres cancers qui sont associés au tabac effectivement seraient amené à disparaître. Donc cette notion de cancer évitable, c'est une notion en épidémiologie qui est importante et donc 40 % des cancers évitables. Et si on regarde parmi ces cancers, quels sont la hiérarchisation des facteurs de risque ? Le premier c'est le tabac. Il y a aucun doute.
Le tabac un cancérogène, c'est un cancéroène puissant et il est responsable d'environ la moitié de ses cancers évitables. Donc c'est un enjeu sanitaire vraiment important. Mais je reviendrai sur ce point. Après il y a l'alcool. Après, il y a sédentarité, obésité, surpoids qui sont aussi les facteurs importants. Et donc l'Agence européenne environnementale estime qu'il y a 10 % des cancers qui sont d'origine environnementale. par dans l'environnement, il faut il faut additionner l'exposition au radon, les ultraviolets, des agents infectieux dont on sait aussi qui sont associés au cancer plus les substances cancérogènes.
Et donc la conclusion à laquelle on arrive et à la conclusion d'ailleurs qui est tirée par un certain nombre de praticiens mais aussi de personnes qui ont un intérêt à à ce que le cancer soit un problème uniquement individuel, c'est de dire bah si c'est le tabac, si c'est l'alcool, si c'est votre sédentarité ou votre alimentation, bah c'est un problème de comportement individuel et ça c'est un raisonnement qui est faux parce que c'est pas qu' un problème de comportement individuel. Alors, on va prendre le tabac. Pourquoi pour le tabac ?
Bah, d'abord le tabac, c'est vrai, c'est un problème de comportement le fait que vous fumiez ou pas, mais on oublie systématiquement de rappeler que c'est pas le seul élément. Il y a aussi des politiques publiques qui sont menées par le les gouvernements. Et donc, on peut décider qu'on va soit réduire, soit interdire l'exposition des substances cancérogènes. Là, c'est plus de l'ordre de votre comportement. Si ces ces substances vous êtes plus exposé, bien effectivement vous devrez plus développer de cancers qui sont liés à leur à leur exposition.
C'est ce qui s'est passé en France et on a une loi qui a été une loi majeure en France, majeure qui est la loi Evain qui était votée en 1991 pour réguler de manière très stricte la publicité sur le tabac, la le tabagisme dans les les lieux publics et aussi qui a euh légiféré sur l'alcool et autant ça a été suivi pour le tabac, il y a eu des mesures qui ont suivi, autant pour l'alcool, en particulier sous les deux quinquenas de monsieur Macron, ça a était plutôt piteux hein puisque en fait il a détricoté la loi et 20 et donc aujourd'hui il y a un certain nombre de vins ou de spiritueux pour lesquels on peut faire de la publicité dans des conditions qui sont plus ou moins encadrées alors que c'était interdit par la loi Eva.
Donc on peut voter des lois qui vont avoir un effet en terme de santé publique. La loi E20 ça a été une loi absolument avant-gardiste dont on peut vraiment être fier et qui était une loi importante pour la la prévention des cancers. Donc politique de santé publique. Deuxièmement euh les campagnes de prévention. Quand on fait une une campagne de prévention sur le tabac par exemple, les ceux qui conçoivent ces campagnes de prévention souvent pensent que le champ social est isotrope. C'estàdire qu'il y a pas de différence sociale, il y a pas de classe sociale et cetera. Mais c'est pas vrai.
Les campagnes de prévention, elles sont pas efficaces de la même manière en fonction de la classe sociale à laquelle vous appartenez. Et on sait très bien que les campagnes contre le tabac sont plus efficaces pour les classes favorisées pour plein de raisons qu'on pourrait évoquer plus après si vous voulez au cours des questions. Donc il y a il y a ce deuxème point. Le troisième c'est que les industriels en particulier les industriels du tabac continuent continuent à faire du lobbing au niveau de la Commission européenne. Vous me croirez si vous voulez hein, mais pourtant j'ai vérifié les chiffres.
Il y a plus d'une cinquantaine de sociétés qui continuent à faire du lobbying pour vendre du tabac. Il y a plus de 200 lobbyistes pour un budget qui est de l'ordre, je crois que c'est 40 millions d'euros quelque chose ou 4 millions d'euros. C'est enfin c'est effarant que on est encore au niveau de l'Union européenne les industriels du tabac qui puissent faire du lobbying. Mais vous voyez bien que tout ça ça rentre en ligne de compte aussi hein bien évidemment. Et le dernier élément sur lequel je veux intervenir, c'est que quand vous voulez étudier les comportements individuels, c'est facile. Vous pouvez demander à des personnes si elles fument, si elles boivent et donc ça c'est facile.
Maintenant, si vous voulez vous intéresser au pesticides, vous allez qu'est-ce que vous allez poser comme question aux gens ? Vous viviez à la campagne ? Est-ce que c'est très difficile de faire des études sur l'exposition à l'environnement ? Donc on peut le faire par exemple pour pour la miante. On peut dire "Est-ce que vous avez manipulé la miante Mais il y a des gens qui l'ont manipulé qui savent même pas qu'ils avent manipulé la miande. Donc c'est beaucoup plus compliqué de faire des études sur l'environnement et donc par force on sous-estime l'incidence des des cancers qui sont associés à des phénomènes environnementaux.
Donc c'est un point sur lequel j'insiste tout le temps quand je suis amené à faire des conférences, c'est que et qu'on oublie systématiquement de rappeler, c'est que le cancer c'est une maladie inégalitaire. Vous savez qu'il y a en gros 7 ans d'écart d'espérance de vie entre les cadres et les ouvriers. 7 ans. La moitié de cet écart est imputable au cancer. Vous voyez le le rôle du cancer dans les écarts d'espérance de vie. Et le le l'inégalité en fait, elle est tout le long du processus. C'est à partir à partir du dépistage. Le dépistage se fait moins bien dans les classes défavorisées. Il y a un moins bon accès aussi à des centres spécialisés ou à des traitements innovants.
Et même après, même lorsque les personnes sont guéries, souvent elles ont plus de séqueles. Donc en fait les les personnes qui appartiennent à des classes défavorisées meurent souvent plus vite et plus souvent d'un d'un cancer que les personnes qui appartiennent à des classes favorisées. Donc cette notion de stratification socio-économique et du rôle majeur dans le le développement du cancer est vraiment importante. Alors je suis devenu mais comme comme Julie, je suis devenu un ardent défenseur de la prévention. C'était pas mon métier initialement.
J'ai moi j'ai fait de la cancérologie, je travaill sur les les cancers héréditaires, d'autres types de cancers, les cancers de l'enfant et j'essayé de comprendre les mécanismes et d'essayer de trouver de de nouveaux médicaments qui puissent soigner les cancers. et j'étais pas très sensibilisé à la question de la prévention. Je savais qu'il y avait le tabac, l'alcool, des cancers professionnels et cetera. Euh la prévention, c'est absolument essentiel. Quand j'entends on on pourrait rêver d'une société dans laquelle on pourrait guérir tous les cancers, c'est pas le problème. Bien sûr que la guérison est importante et de fait aujourd'hui on guérit deux cancers sur trois.
Donc il y a des progrès majeurs qui ont été faits dans les traitements majeurs, thérapie ciblée, immunothérapie et cetera. Mais la vraie question c'est que les cancers se développent pas surtout. Donc la vraie question c'est la prévention et ça devrait être une cause nationale la prévention. Alors forcer de constater que c'est pas le cas et que la prévention est pas au cœur même si dans ce qu'on appelle la stratégie décénale qui est la stratégie qui encadre l'ensemble des programmes de la cancérologie qui est qui est décidé par l'Institut national du cancer. Évidemment la prévention est mentionnée et cetera.
ça reste quand même euh pas un ça reste quand même pas un élément qui est au centre des préoccupations alors que ça devrait être absolument essentiel. Euh ben je vous donne un ordre d'idée hein. Le le budget qui est consacré au cancer chaque année, c'est 24 milliards d'euros. 100 millions d'euros pour la prévention. Voilà. Bon l'ensemble de de l'argent est consacré aux soins. Alors évidemment il faut prendre en charge les patients, hein, mais avec des traitements qui sont de plus en plus onéreux. Les nouvelles thérapies font que aujourd'hui le coût d'un traitement pour un malade, c'est environ 50000 € par an.
C'est-à-dire que c'est devenu 6 à 7 fois plus important que les traitements avec la chimiothérapie standard. Donc ça a évidemment un impact. Euh chaque année, on consacre sur les 23 milliards d'euros environ une dizaine de milliards au au traitement innovant. Euh on estime que ça fait 1 milliard d'euros de plus en surcoup par an. Euh et donc c'est un vrai problème l'inflation du coût des des traitement c'est un vrai problème de soutenabilité. C'est est-ce qu'on pourra continuer à à mener la politique en cancérologie qu'on mène aujourd'hui ? Euh bon j'en j'ai quasiment fini.
J'aimerais juste revenir sur la question des cancers professionnels parce que tu l'as évoqué Damien et c'est une question qui est complètement invisibilisée. Je est-ce que vous savez que est-ce que vous saviez qu'il y avait des cancers d'origine professionnelle ? Oui, on sait mais on n pas l'impression que c'est vraiment si important et que c'est relativement marginal. Alors c'est loin d'être marginal. On estime que c'est entre 5 et 8 % de l'ensemble des cancers et c'est sous-estimé.
C'est sous-estimé parce que c'est très compliqué de savoir à quel cancérogène on a été exposé, dans quelles conditions et les études d'épidémiologique on ne peuvent prendre en compte non pris en compte pour l'instant que 1/5e des des cancérogènes identifiés par le cirque. Donc ça fait entre 16000 et 35000 nouveaux cas par an en France. 16000 à 35000 nouveaux cas par an en France. Et je vous dis encore c'est une sous-estimation. Vous savez que quand on est atteint d'une maladie professionnelle, on peut la déclarer. Et donc à ce moment-là, si on est reconnu comme étant ayant développé une maladie professionnelle, on est pris en charge par la sécurité sociale.
Est-ce que vous avez une idée de combien sur les sur ces entre 35000 du nombre de de concerts qui sont reconnus comme maladie professionnelle ? 1400 1400. Donc euh évidemment ça a une importance importante. Je vais dire très brivement un mot. Sur les 1400, 4 % sont des femmes. Donc il y a une inégalité aussi de genre qui est absolument majeur. 4 % les femmes. Euh moi je suis je pense que j'ai il me semble que j'ai bais je voulais encore dire quelque chose mais ça me reviendra un tout petit peu plus tard mais tout tout ça pour attirer votre attention sur ces ces phénomènes.
que ne pas oublier que c'est pas une fatalité biologique, c'est pas un problème uniquement de comportement individuel, que le cancer est une maladie inégalitaire, qu' a des déterminants socioéconomiques qui sont majeurs, qu'elle a aussi des injustices environnementales, j'ai pas eu le temps d'en parler et que les arbitrages politiques jouent un rôle absolument essentiel et donc le cancer est strict au censu une maladie politique qui a été dépolitisée.
[applaudissements]
Merci Marc. Je vais donner maintenant la parole à à Judie Pquin qui est, je le disais tout à l'heure, directrice de recherche au CNRS et qui travaille depuis 20 ans sur le cancer du colon. et elle m'a confié dans sa biographie que elle était aussi maman de de deux filles qui étaient deux ados écoanxieuses. Je pense que c'est euh cette cet été rendooanxieux en plus des autres maladies. Et à vos 60 ans, vous avez décidé 50 ans pardon. [rires] C'est pas bien ça. Là c'est pas bien. En plus, j'ai marqué 50. À ses 50 ans, elle a décidé de s'intéresser de près aux causes évitables du cancer au regard de l'augmentation croissante de l'incidence du cancer chez les moins de 40 ans. Voilà la parole.
Oui. Donc moi, je vais commencer par m'excuser parce que c'est vraiment pas un exercice que j'ai l'habitude de faire. Donc j'ai l'habitude de parler de science. Euh mais comme le disait Damien donc il y a quelques années quand j'ai eu 50 ans, je me suis dit que c'était bien de tous les jours aller au labo, d'essayer de trouver des nouveaux moyens pour soigner le cancer mais qu'en fait il faudrait essayer de comprendre un peu plus pourquoi il y a ces cancers et en particulier et ça on travaille en étroite collaboration avec des cliniciens. Pourquoi chez les jeunes ? Pourquoi ? On avait l'habitude de se dire que après 70 ans, c'était à peu près normal.
De plus en plus, les médecin voi des jeunes et des très jeunes arrivés, des gens de 30 ans qui ont un cancer du colon sans risque génétique. Et donc, j'ai commencé à me dire que il faudrait peut-être s'intéresser effectivement à les causes et la prévention. Euh donc le cancer du colon, donc c'est là-dessus que je travaille depuis 20 ans. Donc c'est le trè cancer le plus fréquent, c'est le deuxème le plus mortel. [souffle coupé] Euh dans le monde, c'est presque 2 millions de de nouveaux cas et 900000 d'essais chaque année. Euh et les présdictions sont très pessimistes puisque on prévoit plus de 3 millions de nouveaux cas et plus de 1,5 million de décès en 2045.
Donc clairement, il y a quelque chose à faire. Les causes, on les connaît bien sûr, tabac, alcool, sédentarité, obésité mais pas seulement. C'est pas seulement des causes individuelles. Et maintenant, on commence à lister pollution atmosphériques, particules fines, pesticides, piface, des métaux lourds. Et voilà. et on on en rajoute et on en rajoute. Donc euh cette cette explosion, enfin cette explosion, cette augmentation notable en fait chez les adultes de moins de 50 ans, elle est quantifiable. Euh elle est de 1,5 % par an depuis 2000 que ça a été quantifié, donc jusqu'à maintenant. Donc vous voyez que ça augmente et ça augmente continuellement.
Donc l'urgence c'est d'améliorer la prévention. Euh on le sait hein, je vais parler de cancer colère. Euh on a eu on a organisé avec Marc en avril un congrès sur les pesticides des cancers et donc Fleur Bretau que vous connaissez donc de Cancer colère a pris la parole. Euh, elle était très en colère et elle a dit "Les scientifiques euh, elle a pas dit "Arrêter de travailler", mais on le sait en fait, on le sait, c'est causal de cause à effet, il y a un un effet direct sur les cancers. Maintenant, c'est au gouvernement de faire des choses, de prendre des décisions, de surtout pas voter pour la loi du plomb, euh de surtout pas voilà et c'est exactement le contraire qui est fait.
[grognement] Donc j'espère que la Nouvelle-Fance si transforme l'essai va aller jusqu'au bout et va vraiment appliquer des politiques efficaces à ce niveau de la prévention. J'en profite pour Cancer colère. Il y a une jeune fille qui est venue poser des des des prospectus. Donc vous pouvez venir vous servir. Il s'envole. Donc voilà. Donc très importante d'adhérer. C'est vraiment une une association qui est remarquable. Euh prévention mais aussi diagnostic. Il est très important de diagnostiquer le plus tôt possible et clairement pour le cancer du colon, c'est quelque chose qui ne marche pas.
On a la chance d'avoir des tests euh et en fait euh il faut savoir que il y a seulement 30 % des personnes de plus de 50 ans qui vont réaliser les tests qui leur sont proposés. Donc c'est quelque chose qui marche pas. Euh ce qu'on comprend pas c'est pourquoi si ça marche pas on change pas la façon de faire hein. Dans n'importe quelle entreprise quand on fait quelque chose qui ne fonctionne pas on essaie de voir autrement. Euh donc nous au laboratoire, on essaie de développer des tests sanguins qui seraient plus rapides et un petit peu moins dégoûtant que d'aller faire caca dans un petit pot en carton.
Euh voilà, on essaie de faire ça pour essayer de d'avoir de moins en moins recours aux coloscopies qui sont quand même un petit peu dérangeantes, qui nécessitent un un régime, qui nécessitent une anesthésie générale, qui sont aussi un coût euh pour la société. Et donc nous quand on développe ce kit qu'on essaie de qu'on va voir un petit peu les différents acteurs, on nous dit bah attention euh si ce jour il est en en sur le marché, ben vous allez euh faire perdre de l'argent à l'hôpital parce que il y aura moins de coloscopie et du coup il y aura moins d'argent qui va rentrer. Je pense qu'on on réfléchit mal et que on va quand même libérer du personnel hospitalier.
On va en fait désengorger les hôpitaux, on va faire plein de choses si on fait ce genre de choses et surtout on va permettre d'augmenter en fait la compliance, la le suivi en fait des des gens pour faire un diagnostic qui est crucial aujourd'hui. Enfin voilà, c'est êtes diagnostiqué tôt, vous avez plus de chance de vous en sortir que vous si vous faites la politique de l'autruche et que vous faites du déni. Donc voilà. Donc je ça c'était le le côté diagnostic et prévention. Et puis je voulais aussi parler donc d'un d'un sujet qui nous tient à cœur.
Donc au laboratoire, on fait ce qu'on appelle de la recherche translationnelle, c'est-à-dire que on va voir les cliniciens, on leur demande quels sont les problèmes qu'il rencontrent et puis de notre côté avec nos modèles, nos petites mains, nos nos cerveaux, on essaie de développer euh des nouvelles euh des nouveaux outils cliniques, des nouvelles stratégies thérapeutiques. Et là, je voulais vous donner un exemple en fait d'un dérèglement complet du système. Donc nous, on est des la plupart d'entre nous, on est des des fonctionnaires, on est payé par l'État. On a des étudiants qui travaillent dur à la paillasse, qui sont payés par l'État ou par des fondations.
On demande des financements à l'État ou à des fondations et on on développe des projets de recherche. Donc, un des gros problèmes dans le cancer du colon, c'est la récidive. un patient sur deux en fait va récidiver dans les 5 ans qui suivent la prise en charge. Donc ça c'est vraiment un problème auquel on on essaie de sur lequel on essaie de travailler au laboratoire. Et donc on a mis au point une espèce de de criblage en utilisant plusieurs cancers et en se disant on va essayer de trouver une des nouvelles molécules qui permettent de reculer cette récidive ou même de l'éliminer.
Donc en fait, on ait on a établi un criblage avec 1200 médicaments qui ont déjà en fait une autorisation de mise sur le marché en se disant si on trouve un médicament qui recule la récidive qui a déjà une autorisation, on va aller plus vite et ça va pouvoir bénéficier au patients. Donc on a fait ce criblage et on a fait ça sur plusieurs cancers, sur quatre cancers. cancer du sein, du pancréas, du colon et du de l'estomac. Donc des cancers assez agressifs et commun. Et en fait la molécule qui est sortie et qui était la plus efficace, c'était l'ERC fluurile. Donc l'C fluuril pour ceux qui connaissent pas, c'est un anti diarrée qui est utilisé partout. La boîte coûte 2 €.
Donc quand on a eu la le résultat de cette de ce gros criblage, on a été hyper excité, on a dit "Mais c'est génial, on va aller voir les cliniciens." Donc on a couru, on a pris rendez-vous avec des centres de de de précoce en fait de de des décès cliniques précoces pour leur dire "On a ce qu'il vous faut pour le cancer du colon. On a une molécule qui est incroyable et c'est quelque chose qui est abordable. Et en plus, il y a pas mal de patients à cause des chimiothérapies lourdes qui prennent déjà cette molécule parce que ça donne la un peu la diarrée. Et voilà.
Donc voilà, on voulait absolument et le le clinicien nous a regardé en rigolant, en nous disant "Mais jamais jamais on va vous suivre, jamais on va lancer un essai clinique avec une molécule qui a je sais pas combien d'années, qui n'a pas de brevet et qui ramènera pas d'argent du coup aux industriels." Donc on marche sur la tête, on est dans un système où nous chercheurs, on est financé. on on demande de l'argent public, on demande de l'argent aux fondations, aux donateurs et tout ça, on trouve des choses et en fait on peut pas le transposer au aux patients et les patients ne peuvent pas en bénéficier.
Donc ça, je pense que le monopole des industriels euh sur les médicament sur notre santé, c'est vraiment quelque chose qu'il faut changer. Euh les médicaments pris en charge par l'État, enfin je pense que c'est quelque chose au moins les plus importants, quelques anticancéreux, quelque chose comme ça. Je pense que c'est primordial. Est-ce que j'ai le temps de parler d'un dernier dernier exemple ? Je voulais parler aussi donc Marc a parlé de l'insoutenabilité des cancers en terme financiers mais il faut réfléchir aussi à l'insoutenabilité en terme de lourdeur de traitement. Donc là je vais parler d'un d'un cas qui est un petit peu récent et qui est personnel.
Donc ma maman a eu il y a 4 ans un cancer du poumon et en fait elle n'est pas morte de son de sa maladie mais elle est morte de des traitements qu'elle a reçu. Donc en fait il va falloir que je crie plus là. [raclement de gorge] Euh vous m'entendez là au fond ou pas ? Ouais ça va. Celui-là, il est plus fort. Ouais, c'est mieux ça. Donc en fait euh hein, ça va. C'est bon, j'y vais. Ouais. Donc voilà. Donc elle a été diagnostiquée avec un cancer du poumon métastatique. Ça veut dire que ça avait été ça avait envahi aussi le cerveau.
Euh donc j'ai essayé de lui dire que je pouvais l'accompagner, qu'on pouvait ne pas la traiter, qu'on elle a dit qu'elle avait confiance dans la médecine du pays qu'elle voulait. Et en fait, elle a été traitée à des doses extrêmement fortes euh radiothérapie, chimiothérapie, immunothérapie. Bon, elle était pas très grande mais à la fin de sa vie, elle pesait 43 kg. Elle était faible comme ça, si bien qu'elle est tombé dans l'escalier, elle a eu fait un odème de du cerveau. Enfin bon, je passe tous les détails. Et donc, elle est elle est morte à cause de ces de ces traitements. Donc Ouais.
Euh donc je pense qu'il est important aussi de garder en tête de euh de à des stades avancés de la maladie de ne pas croire qu'on peut éradiquer la maladie et de changer notre discours et de se dire que on peut en faire plutôt une maladie chronique de vivre avec d'essayer de ne pas utiliser des doses extrêmement fortes qui fragilisent les patients et qui font que les tumeurs deviennent de plus en plus résistantes.
et essayer de diminuer les doses, d'adapter en fait à la taille de la tumeur et à l'état du patient, les quantités de de thérapie qu'on veut donner et qu'on il y a des il y a des des des essais qui sont magnifiques sur des ce qu'on appelle la thérapie adaptative où justement on adapte en fonction de la réponse, en fonction et on essae pas de matraquer en fait avec des doses intolérables.
Donc ça, je pense que c'est un autre discours qu'il faut avoir et promouvoir en fait les essais cliniques encore une fois qui ne vont pas être financés par les industriels et qui devraient être financés plutôt par le gouvernement sur diminuer les doses, essayer des combinaisons et essayer de prendre plus en compte en fait l'état général du patient, le souhait du patient. He ma mère, elle arrivait des fois à la chimiothérapie en disant "J'en peux plus, diminuez-moi vers voilà." il disait ben non en fait votre poids, votre vos plaquettes, vos ceci, ça va, on y va, on continue.
Voilà, écouter plus le patient, être plus à l'écoute et et et faire en sorte en fait qu'on qu'on change dogme d'éradication du cancer qui malheureusement dans des stades avancés, hein, je le dis bien, dans les stades avancés et bien souvent pas possible. Donc, apprenons à vivre avec le cancer euh et en faire une maladie chronique euh à bas bruit, essayer de de comprendre euh comment on fait pour vivre avec et pas euh le voir une explosion de de de ces traitements qui sont quand même souvent très néfastes pour les patients. Voilà ce que j'avais à dire.
[applaudissements]
Merci beaucoup. Un peu dur de reprendre la parole après ces mots-là. Ils sont réalistes et ils sont certainement ils sont certainement ce qu'il y a à faire. La première chose, c'est quand même d'éviter d'avoir le cancer et on disait tout à l'heure 40 % des cancers sont évitables. Et pour préparer cette conférence, je suis allé regarder une une des émissions de l'Institut Laabéie que vous pouvez aller voir sur YouTube où à laquelle Marc participait déjà.
Et il y avait une autre chercheuse qui était là qui s'appelait Mélissa Mialon et qui disait et je l'ai appris à ce moment-là euh qui disait qu'en fait dans il y a une étude de dans de l'anens de des chercheurs sur le fait que le système capitalisme, le néolibéralisme est incompatible avec une bonne santé humaine et une bonne santé de la planète. Voilà, c'est aussi ce système qu'il faut changer. C'est le combat que nous menons dans le mouvement. Et je pense que et c'était dit tout à l'heure, qu'est-ce que ça va me rapporter comme fric euh de de lancer une molécule euh qui qui vaut rien sur le marché ?
Qu'est-ce que ça va nous coûter de pas avoir des gens finalement à mettre dans les lits d'hôpitaux parce qu'on va perdre du financement dans l'hôpital public ? On voit bien que ce système est complètement déréglé et et tourne à l'envers par rapport à la bonne santé nécessaire des des populations et de notre planète. Et je trouvais que voilà de rappeler cette étude là qui quand même dans une revue scientifique qui fait référence, c'était c'était important de de le redire. M.
Damien Carême