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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 25 juin 2024 22 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraites

"Tous les Français ont les mêmes droits" veut rassurer Jean-Philippe Tanguy, député sortant RN

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:04OuverteRéponse directe

    Que répondez-vous au président de la République ?

  • 2:19RelanceRéponse partielle

    Quels postes souhaitez-vous interdire aux binationaux ?

  • 2:48RelanceRéponse directe

    Mais quel par exemple ? Sur la fraude fiscale ?

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Alors, qu'est-ce que vous expliquez ce matin... qui dit « Est-ce que je vais garder mon métier ? »

  • 4:35RelanceRéponse partielle

    La liste est donc beaucoup plus large que ce que vous venez de dire.

  • 6:15FerméeRéponse partielle

    Si vous arrivez au pouvoir dans dix jours, est-ce que vous l'appliquerez tout de suite ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas que les responsables du RN qui le disent. »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « Il n'y a aucune mesure défendue par Marine Le Pen ni Jordan Bardella qui renvoie aux gens à leur religion ou leur origine présumée. »
  • 1:27Invité politiqueFait
    « Tous les Françaises et toutes les Français ont les mêmes droits évidemment. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « Jordan Bardella a indiqué qu'il y aurait une liste, mais c'est une liste toute petite, je trouve que ça prend des proportions dans l'ébat public. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Non, c'est pas ça. L'origine dans le sens où M. Macron voulait le dire, c'est la nationalité. »
  • 2:52Invité politiqueFait
    « Le problème de la double nationalité, certains l'oublient, c'est par exemple, moi j'ai travaillé sur, vous savez, j'étais président de la commission sur les ingérences. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « Si vous êtes franco-chinois, vous avez une double allégeance. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « La liste, à ma connaissance, n'a pas été publiée, mais ce serait une liste tout à fait réduite. »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « Ou alors ce texte est caduque. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « La liste serait extrêmement réduite et réservée vraiment à des domaines souverains qui pourraient poser question. »
  • 6:21Invité politiquePromesse
    « Nous allons faire voter la loi de lutte contre l'islamisme, avec des mesures très fortes pour faire fermer les mosquées séparatistes. »
  • 6:30Invité politiquePromesse
    « L'interdiction du voile sera une des dernières étapes dans cette lutte contre l'islamisme. »
  • 7:53Invité politiqueFait
    « Bon, sincèrement, là, c'est exactement la position de Marine Le Pen en 2022. »
  • 9:18PrésentateurChiffre
    « Il ne chiffre qu'une seule de vos promesses. C'est la baisse de TVA à 5,5 sur l'énergie et les carburants, 5,5%. »
  • 11:11Invité politiqueChiffre
    « On ne comprend plus la trajectoire des finances publiques françaises. Il y a eu 0,5 points de déficit caché entre décembre 2023 et mars 2024. »
  • 11:23Invité politiqueChiffre
    « il y a déjà 184 milliards de déficit à mai 2024 »
  • 12:12PrésentateurPromesse
    « vous voulez à l'automne permettre aux Français qui ont commencé à travailler avant 20 ans, avec 40 annuités, de partir à 60 ans. »
  • 12:42Invité politiqueChiffre
    « 9 milliards d'euros, à terme. »
  • 15:53Invité politiqueFait
    « Hier, Jordan Bardella a remis toutes ces mesures dans sa calendrier, elles sont toutes dans le programme et le document qu'a présenté Jordan Bardella hier. »
  • 18:10Invité politiqueFait
    « La France est un peu le pigeon, il faut bien dire, des pays contributeurs et n'ont jamais obtenu de rabais. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy71 %
  • Présentateur19 %
  • Intervenant8 %
  • Auditeur2 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin, dans le grand entretien, le député RN sortant de la quatrième circonscription de la Somme, ex-président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Question réaction, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jean-Philippe Tanguy, bonjour.

0:21
Jean-Philippe Tanguy

Bonjour messieurs.

0:22
Présentateur

Et bienvenue à ce micro au lendemain de la conférence de presse de Jordan Bardella, qui détaillait hier le programme du RN pour ses législatives. On va venir aux questions de retraite, de salaire, de politique étrangère, à la question des binationaux. Mais un mot de réaction d'abord au propos du président de la République qui s'exprimait hier dans le podcast Génération Do It Yourself. Il a considéré que les extrêmes, et parmi eux votre famille politique, l'extrême droite, parce qu'elle renvoie les gens ou à une religion ou à une origine, divise et pousse à la guerre civile. Fin de citation. Guerre civile, le mot est très fort. Que répondez-vous au président de la République ?

1:06
Jean-Philippe Tanguy

Il y a un consensus depuis hier pour dire que c'est parfaitement irresponsable. Il n'y a pas que les responsables du RN qui le disent. Ce qui me rassure sur notre démocratie et notre République, tout ce que dit M. Macron est faux. Il n'y a aucune mesure défendue par Marine Le Pen ni Jordan Bardella qui renvoie aux gens à leur religion ou leur origine présumée. Tout ça c'est n'importe quoi. Tous les Françaises et toutes les Français ont les mêmes droits évidemment. Les étrangers qui sont en France en situation régulière et qui respectent nos lois seront parfaitement traités comme il se doit, c'est évident.

Et nous ferons rétablir l'ordre et appliquerons la loi pour les personnes qui ne respectent pas les lois de la République. C'est ce que veulent les Français, c'est ce que devraient vouloir tous les partis qui aspirent d'ailleurs à diriger la France. Faire respecter la loi, respecter nos valeurs et parler de guerre civile, c'est complètement surréaliste. Mais sans doute M. Macron culpabilise-t-il par exemple des émeutes qui ont défiguré la France, nos villes l'année dernière et dont il n'a tiré aucune leçon.

2:04
Intervenant

Et pourtant, pour la question de l'origine, il en est question dans votre programme puisqu'elle a été abordée hier lors de la conférence de presse de Jordan Bardella avec la mesure concernant les Français ayant une double nationalité. Jordan Bardella veut les exclure de ce qu'il a appelé les postes les plus stratégiques de l'État. Quels postes souhaitez-vous interdire aux binationaux ? Jean-Philippe Tanguay.

2:23
Jean-Philippe Tanguy

Jordan Bardella a indiqué qu'il y aurait une liste, mais c'est une liste toute petite, je trouve que ça prend des proportions dans l'ébat public. Et donc on parle bien de l'origine des personnes ? Non, c'est pas ça. L'origine dans le sens où M. Macron voulait le dire, c'est la nationalité. Mais par exemple, vous pouvez être franco-suisse et ça peut poser des problèmes sur un certain nombre de postes stratégiques si vous voulez lutter contre certains phénomènes qu'il y a pu y avoir en Suisse de fraude fiscale. Mais quel par exemple ? Sur la fraude fiscale ? Oui, vous pouvez avoir une double allégeance.

Le problème de la double nationalité, certains l'oublient, c'est par exemple, moi j'ai travaillé sur, vous savez, j'étais président de la commission sur les ingérences. Si vous avez une double nationalité, vous pouvez avoir une excuse entre guillemets pour rentrer dans un pays, pour revoir votre famille, pour revoir des proches. Et dans ce cas, des mouvements répétés et réguliers sont moins facilement contrôlables si vous n'avez aucune raison d'y aller et que vous avez ces mêmes mouvements répétés et réguliers dont il faudra se justifier. Mais pourquoi un Français serait-il forcément plus digne d'occuper la France ? Le cas est revenu sur la Chine pendant cette commission sur les ingérences.

Si vous êtes franco-chinois, vous avez une double allégeance. Vous avez des mouvements réguliers en Chine du fait de cette nationalité que vous pouvez expliquer par le fait d'aller voir votre famille, d'aller voir vos proches, bref, d'avoir des raisons objectives d'y aller. Le fait d'avoir des mouvements réguliers n'est pas interrogeable ou soupçonnable. Si vous êtes Français et que vous n'avez pas de proches, pas de familles, d'origine, ou vrai, que ce soit vrai d'ailleurs ou faux, pour justifier ces mouvements réguliers, ça interroge forcément les services.

3:53
Présentateur

Et ça concerne également les Européens de pays membres de l'Union ?

3:57
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce que là, constitutionnellement, ce serait totalement impossible. Du fait du traité de Maastricht et du traité de Lisbonne, constitutionnellement, il y a le droit communautaire, l'interdirait.

4:06
Intervenant

Alors, qu'est-ce que vous expliquez ce matin, vous l'avez peut-être entendu à 7h30, à Ibrahim, haut fonctionnaire franco-sénégalais, au micro de Claire Chaudière, qui dit « Est-ce que je vais garder mon métier ? » Je ne sais pas qu'est-ce qu'il exerce comme métier, mais ce serait... Un métier stratégique qui rentre dans la liste dont vous parliez.

4:20
Jean-Philippe Tanguy

La liste, à ma connaissance, n'a pas été publiée, mais ce serait une liste tout à fait réduite. En tout cas, moi, je tiens à rassurer ceux et ceux qui nous écoutent, ça s'agirait d'un nombre de postes très limité. Et ça ne correspond pas du tout à la quasi-totalité des personnes qui exercent un métier et qui sont binationaux.

4:35
Présentateur

Marine Le Pen a défendu en janvier dernier à l'Assemblée nationale un projet de loi référendaire sur l'immigration. Et dans ce projet de loi, on peut lire, je cite, « La loi pourra interdire l'accès à des emplois dans l'administration, des entreprises publiques et des personnes morales chargées d'une mission de service public, ça veut dire hôpitaux par exemple, universités, aux personnes qui possèdent la nationalité d'un autre État. » La liste est donc beaucoup plus large que ce que vous venez de dire.

5:05
Jean-Philippe Tanguy

Ou alors ce texte est caduque. Oui, ce texte est caduque. La liste, ça a été redit plusieurs fois hier.

5:10
Présentateur

Ça, ça n'est plus la ligne du parti.

5:11
Jean-Philippe Tanguy

La liste serait extrêmement réduite et réservée vraiment à des domaines souverains qui pourraient poser question. Je vous en ai donné hier l'exemple de la Russie. Par exemple, quand vous avez des sanctions sur le régime russe, la possibilité d'aller sur le territoire russe aujourd'hui est extrêmement limitée. Une fois plus, si vous avez des raisons familiales, de vie personnelle qui justifient des mouvements en Russie, c'est plus facilement explicable au service que si vous n'en avez pas, ce qui devrait être expliqué immédiatement. Il n'y aura pas de ministre binational dans le gouvernement éventuel de Jordan Bardella ?

En dehors de l'habit nationalité européenne, ça me paraît très compliqué pour les postes régaliens les plus exposés. Aujourd'hui, il y aurait quand même un ministre de la Défense franco-russe. Je pense que ça poserait problème.

5:55
Présentateur

Invité à notre micro pendant la dernière campagne présidentielle, Marine Le Pen. Alors, candidate avait réaffirmé clairement sa volonté d'interdire totalement le port du voile dans l'espace public, expliquant qu'avec elle, il ne serait plus légal de porter un voile de ce type dans la rue, les commerces, les restaurants, les transports. Si vous arrivez au pouvoir dans dix jours, est-ce que vous l'appliquerez tout de suite ? Non, elle ne sera pas appliquée tout de suite.

6:21
Jean-Philippe Tanguy

Nous allons faire voter la loi de lutte contre l'islamisme, avec des mesures très fortes pour faire fermer les mosquées séparatistes, lutter contre l'obscurantisme islamiste à tout niveau, et l'interdiction du voile sera une des dernières étapes dans cette lutte contre l'islamisme. Le calendrier, c'est quoi ? Le calendrier, il a été donné, c'est que nous allons appliquer les premières étapes de cette lutte sous le mandat de Jordan Bardella, Premier ministre, et si Marine Le Pen obtient la présidence, nous finirons l'application de ce programme. Même chose pour la Kippa ? Non, pas du tout.

6:49
Intervenant

Ah bon ? Marine Le Pen avait dit les deux.

6:51
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais aujourd'hui, nous considérons le voile non pas comme un signe religieux, mais comme le signe de la doctrine islamiste, comme le porte-étendard depuis la révolution d'Iran, d'une doctrine qui fait du corps des femmes par nature impudique, par nature pécheresse, et c'est insupportable pour les valeurs de la République et pour les valeurs françaises de considérer que ce signe est tolérable et doit continuer à se répandre sur le territoire de la République contre les libertés des femmes, et ensuite contre les libertés de tout le monde, puisque ce n'est que la première étape, j'ai envie de dire, de la soumission psychologique et culturelle de nos libertés face à l'islamisme.

7:25
Présentateur

C'est pour après 2027, c'est ça ce que vous avez dit ? Absolument.

7:29
Jean-Philippe Tanguy

Aujourd'hui, excusez-moi, il faut quand même le dire, porter la Kippa aujourd'hui, c'est quasiment interdit de fait par les persécutions et les violences qui touchent les Français de confession juive.

7:39
Intervenant

Autre sujet à éclaircir Jean-Philippe Tonguy sur le cachère et le halal. Marine Le Pen s'est toujours prononcé contre l'abattage rituel des bêtes pour produire de la viande halal ou cachère. Là aussi, vous avez finalement changé d'avis. On pourra continuer à trouver du halal et du cachère dans les supermarchés français.

7:53
Jean-Philippe Tanguy

Bon, sincèrement, là, c'est exactement la position de Marine Le Pen en 2022. Moi, j'étais son directeur de campagne adjoint. À savoir, la règle, c'est de rétablir l'étourdissement des animaux avant leur abattage, le respect de la dignité de la souffrance animale et des exceptions. Donc pour le halal, on peut de toute évidence discuter avec le culte. Ça s'est fait dans plusieurs pays européens pour endormir, à étourdir d'une autre façon, les animaux. Et pour le cachère, il y aura une exception puisque visiblement, les représentants du culte n'acceptent pas l'exception.

Et donc, il y aura des quotas d'importation pour la viande cachère ou des tout petits quotas d'abattage sans étourdissement uniquement pour le cachère. Mais ça représente très peu de viande et de production de viande puisqu'il y a 1% de Français de confession juive et tous les Français de confession juive ne consomment pas du cachère régulièrement. Donc ce sera une toute petite exception. Ce qui compte, avec l'étiquetage notamment et la traçabilité, c'est que les personnes qui ne veulent pas aujourd'hui consommer de la viande abattue sans étourdissement puissent le faire.

Aujourd'hui, il n'y a pas moyen pour quelqu'un qui ne veut pas consommer de la viande qui a été abattue sans étourdissement de le savoir. Et donc, la règle à 99,5% sera l'abattage avec étourdissement.

9:04
Présentateur

Venons-en, Jean-Philippe Tanguy, à votre programme économique. Vous avez peut-être écouté Dominique Seux tout à l'heure dans son édito. On a bien écouté Jordan Bardella hier. Il ne chiffre qu'une seule de vos promesses. C'est la baisse de TVA à 5,5 sur l'énergie et les carburants, 5,5%. 7 milliards d'euros, 12 milliards en année pleine, 17 milliards selon Bercy. Et le reste, pourquoi rien n'apparaît dans votre présentation ? C'est léger comme chiffrage de programme de gouvernement ?

9:39
Jean-Philippe Tanguy

Je comprends votre question, mais l'essentiel de nos mesures, puisque ce sont les mêmes à 99%, ont été chiffrés à la présidentielle de 2022. Nous, on ne remet pas en cause l'équilibre général de ces mesures. Pourquoi ne pas redonner les chiffres, alors ? Parce qu'ils sont publics, ils existent. Il n'y a pas besoin de répéter ce qui existe. Le programme du nouveau Front Populaire a beaucoup changé, avec des estimations, Mme Rabot, Parti Socialiste, 106 milliards, M. Coquerel et les Insoumis, 250 milliards. Finalement, ils se sont mis d'accord sur 150 milliards. Tout ça vale, ça pose en tout le sens. Mais vous, on ne sait pas, en fait.

Mais si, on sait, tout ça a été affirmé à la présidentielle. Alors combien ça va coûter ? Dites-nous, dites-nous le chiffrage. Non seulement, on est à l'équilibre. Allez-y, ce matin, donnez les chiffres, alors. Mais le chiffre est très simple, nous sommes à l'équilibre. Donc on ne va pas affirmer que ça va coûter, puisque nous, nous estimons que notre programme est à l'équilibre. Nous ne nous laissons pas filer le déficit, et nous respecterons la trajectoire de finances publiques, qui doit permettre aux Français de retrouver l'ordre dans les comptes publics, et de retrouver la confiance des marchés de nos partenaires européens, qui est complètement affaissée après 50 ans de déficit public.

Pourquoi refaire un énième audit des comptes publics, si vous arrivez au pouvoir ? Parce qu'il nous a été très lourdement suggéré par des personnalités qualifiées au sein de l'État, qui ne comprennent plus, des gens qui nous parlent et qui nous font confiance. Moi, j'ai travaillé au dialogue de Bercy. Le dialogue de Bercy, c'était la réunion du ministère des comptes publics, du ministère de l'économie et de tous les parlementaires, Sénat et Assemblée nationale. Lors de ces réunions, j'ai systématiquement demandé, avec d'autres personnalités parlementaires, que Bercy ouvre les placards. Bon, à la fin, d'autres personnalités ont dit qu'il faut ouvrir le capot.

On ne comprend plus la trajectoire des finances publiques françaises. Il y a eu 0,5 points de déficit caché entre décembre 2023 et mars 2024. Aujourd'hui, on n'en parle pas beaucoup, c'est dommage, il y a déjà 184 milliards de déficit à mai 2024, et la trajectoire du budget n'est pas respectée. Aujourd'hui, par le gouvernement français, on ne comprend pas pourquoi la France est sur cette trajectoire. Donc, l'audit qui va être fait, c'est très important pour les comptes publics, pour les comptes de la sécurité sociale. Il y a une branche aujourd'hui qui n'est pas certifiée par la Cour des comptes, car elle n'est pas capable de retracer les recettes et les dépenses.

Donc, la situation des comptes publics est dans une situation extrêmement grave, en partie parce que M. le maire et M. Macron, visiblement, sont incapables d'assurer leur qualité et leur transparence.

11:57
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, sur les retraites, vous voulez à l'automne permettre aux Français qui ont commencé à travailler avant 20 ans, avec 40 annuités, de partir à 60 ans. Et pour les autres, à court terme, il n'y aura aucun changement, c'est bien ça ?

12:12
Jean-Philippe Tanguy

Si, déjà l'abrogation de la loi de M. Macron refait passer l'âge pivot, puisque cette expression avait été popularisée à 62 ans, et non plus à 64 ans. Donc, on revient à la situation antérieure, et la réforme qu'avait présentée Marine Le Pen, qui a réexpliqué hier Jordan Bardella à la conférence de presse, c'est une progressivité des droits pour ceux qui ont commencé à travailler entre 20 et 22 ans, entre une retraite, entre 60 et 62 ans, selon un nombre d'annuités qui progresse avec le temps.

12:40
Intervenant

42 annuités pour 62 ans, et ça, ça coûte combien ?

12:42
Jean-Philippe Tanguy

9 milliards d'euros, à terme. À terme ? Oui, quand la réforme est déployée. Et elle sera compensée par d'autres mesures, et notamment, en fait, la philosophie de la réforme des retraites de M. Bardella, c'est d'encourager les jeunes à rentrer plus tôt dans le monde du travail, à augmenter la population active, à augmenter la productivité de l'économie française, en sachant qu'ils pourront partir plus tôt et profiter de leur retraite.

C'est un changement aussi de philosophie par rapport à un certain nombre de métiers, de revaloriser les métiers manuels, les formations courtes et efficaces, rentrer sur le monde du travail, et de ne pas croire qu'avoir un Bac plus 5 qui ne vous ouvre pas de perspective professionnelle soit un but en soi. Ce qui compte, c'est que les gens trouvent une formation qui leur plaise, qui donne accès à un travail immédiatement, et qui permet de faire une carrière.

13:30
Présentateur

Et Éric Ciottier est d'accord avec cette réforme des retraites ?

13:33
Jean-Philippe Tanguy

Oui, vous savez, quand vous faites une alliance, il l'a dit au MEDEF, quand vous faites une alliance, moi je l'ai connue quand j'étais avec M. Dupont-Aignan et qu'on a fait alliance avec Marine Le Pen en 2017, vous faites des compromis et vous avancez ensemble. Et M. Ciotti a pris acte du fait qu'une grande partie des Français, y compris des Français de droite sociale et populaire qui étaient avec le RPR, souhaitaient une réforme des retraites qui valorise le travail des Françaises, des Français, mais soit plus juste, et ne fasse pas peser tout le poids du système sur les plus faibles.

Ce n'est pas ce qu'a dit Éric Ciotti la semaine dernière, il a dit qu'il ne pensait pas que cette réforme serait abrogée, la réforme Macron. Non, mais lui, il avait des convictions sur la réforme Macron. On fait une alliance, il reconnaît, il était à la conférence de presse hier deux jours. Donc il se soumet à l'alliance. Mais ce n'est pas se soumettre, pourquoi toujours des mots qui sont utilisés comme ça, vous ne les utilisez pas pour l'alliance de gauche ou pour l'alliance comme M. Bérou. C'est un sujet très important. Quand M. Bérou, il y a des sujets importants dans toutes les alliances. Quand M. Bérou s'est rallié à M. Macron, personne n'a parlé de soumission.

Il faut faire un accord, il faut faire des compromis. Les Français d'ailleurs aspiraient au compromis en élisant une assemblée où M. Macron était minoritaire en 2022. Il n'a pas tenu compte de cette volonté des Français de pousser les hommes et les femmes politiques au compromis. Effectivement, il faut que la culture française politique change. Cette culture non démocratique qui consiste à faire croire que parce que vous avez gagné une élection en forte minorité relative, ou même en majorité absolue, vous devez écraser vos adversaires. Vous ne devez pas écouter les corps intermédiaires, les syndicats, le patronat, les branches professionnelles. Ça, c'est fini.

Nous, on écoutera tout le monde. On travaillera avec toutes les propositions constructives. On saura entendre qu'une critique peut être une alerte, que l'intérêt général dépasse les intérêts partisans. C'est vrai que si Jordan Bardella a une majorité absolue, ça va beaucoup changer dans la pratique du pouvoir, mais plus vers une version suisse et démocratique que les Français soutiennent qu'une version macroniste.

15:19
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, où sont passées la TVA à zéro sur les produits de première nécessité, l'exonération d'impôts sur le revenu pour les moins de 30 ans, le prêt à taux zéro de 100 000 euros pour accéder à la propriété ? Le programme du Rassemblement national donne parfois le sentiment de s'effacer au fur et à mesure qu'il est dévoilé ?

15:42
Jean-Philippe Tanguy

Ça, ce sont nos adversaires politiques qui essaient de le faire croire. Hier, Jordan Bardella a remis toutes ces mesures dans sa calendrier, elles sont toutes dans le programme et le document qu'a présenté Jordan Bardella hier. Par exemple, l'application d'une TVA à zéro pour cent pour les produits de première nécessité, qui est très efficace. J'ai encore lu un rapport de la Banque centrale espagnole qu'il a appliqué avec un retour de quasiment 100 %, pareil pour la Banque centrale du Portugal, sera appliqué.

16:07
Présentateur

Pas d'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans, c'est encore d'actualité ?

16:10
Jean-Philippe Tanguy

Oui, c'est encore d'actualité, même si c'est moins urgent socialement que la baisse de la TVA sur le produit de première nécessité. C'est une mesure importante. Ça concernerait tout le monde ? Garder les talents, oui, mais ça se conçoit dans une réforme fiscale générale qui n'augmente pas les impôts mais rééquilibre l'effort fiscal, protéger les classes populaires et surtout les classes moyennes qui ont l'impression de toujours payer et de n'avoir droit à rien. Et que les personnes qui ont été beaucoup protégées par M. Macron contribuent sans doute davantage à l'effort fiscal de la nation.

16:38
Intervenant

Vous, l'ERN et l'Europe, Jean-Philippe Tanguy, vous voulez une baisse de la contribution de la France au budget européen de 2 à 3 milliards d'euros, mais le budget de l'UE en est engagé jusqu'en 2027. Est-ce que vous estimez que nous ne sommes plus tenus de le respecter ?

16:51
Jean-Philippe Tanguy

Mais tout est négociable. Vous savez, l'année dernière, il y a eu une hausse du budget européen des engagements des pays pour honorer nos engagements vers l'Ukraine. Le budget européen n'est pas avoué à toujours augmenter.

17:03
Intervenant

Mais si nous donnons moins, nous recevrons moins.

17:05
Jean-Philippe Tanguy

Non, quand on donne une baisse, pas du tout. Non mais ça, je comprends votre question, je vais y répondre. On pense que c'est à budget constant. Nous voudrions que l'UE abandonne un certain nombre de programmes et de dépenses inutiles et donc à partir du moment où ces dépenses inutiles sont abrogées, on pourra récupérer de l'argent.

Mais par exemple, je ne pense pas que l'UE doit avoir une représentation internationale qui doit verser ce qu'on appelle les programmes IPA, c'est-à-dire les programmes de pré-élargissement qui coûtent plusieurs dizaines de milliards sur les 7 ans, qu'on doive verser de l'argent à la Turquie en échange de la question du contrôle de l'immigration, du chantage permanent. Et donc nos agriculteurs toucheront moins de PAC alors ? Non, et donc à la fin, l'Europe peut dépenser moins et mieux et continuer à verser la PAC. Vous savez très bien qu'on verse entre 22 et 26 milliards selon les années. On est les premiers bénéficiaires.

Entre 8 et 12 milliards et il reste donc 10 milliards de marge en moyenne sur les 5 dernières années. On peut obtenir un rabais. J'ajoute, et je finirai là-dessus pour la bonne information de ceux qui nous écoutent, que tous les pays contributeurs ont un rabais. Ce n'était pas seulement le Royaume-Uni quand il était avec nous. L'Allemagne, le Danemark, l'Autriche, la Suède et surtout les Pays-Bas ont un rabais considérable. Et la France est un peu le pigeon, il faut bien dire, des pays contributeurs et n'ont jamais obtenu de rabais. C'est inacceptable.

Et je vous rappelle que du temps de Jacques Chirac où il y avait une PAC très puissante, la contribution nette de la France, même au moment de l'élargissement, était de 6 milliards d'euros.

18:23
Présentateur

On passe au standard d'Inter où nous attend Marc. Bonjour Marc et bienvenue.

18:30
Auditeur

Oui, bonjour. Vous nous appelez des Deux-Sèvres. Oui, je vous appelle à côté de Partenay, un petit village, Tenzet. Je me suis installé en agriculture biologique il y a peu de temps. Je voulais poser la question à M. Tanguy. Bonjour. Pourquoi voulez-vous ? Oui, vous m'entendez ? Oui, oui. D'accord. Donc je voulais vous demander pourquoi M. Tanguy, voulez-vous privatiser France Inter, la première radio de France, donc une radio qui fait unanimité ? Est-ce que c'est pour faire comme certains gouvernements d'Europe centrale ?

19:01
Présentateur

Merci Marc pour cette question. Jean-Philippe Tanguy vous répond.

19:04
Jean-Philippe Tanguy

Bonjour Marc. Non mais pas du tout, au contraire. Nous ne voulons pas que l'État se mêle de la ligne et de l'organisation des médias en France. Nous considérons qu'une grande démocratie, un gouvernement républicain ne doit pas avoir de médias publics. La tentation, comme vous le dites d'ailleurs, est trop grande de s'en mêler, de faire des nominations politiques, de faire des polémiques à chaque fois qu'on change la direction de Radio France ou de France Télévisions. Polémiques qui ont lieu systématiquement d'ailleurs. Donc nous on pense qu'il est temps que les médias français s'émancipent totalement.

Donc je ne vois pas le lien avec un régime, notre auditeur parlait d'une dérive autoritaire, c'est bien le contraire. La liberté des médias sera parfaitement assurée. Donc vous laisseriez Vincent Bolloré racheter France Inter par exemple ? Non mais pourquoi toujours dire tout de suite M. Bolloré ? Pour une raison simple. En France, il y a un contrôle de la concurrence, on ne peut pas concentrer des activités économiques de manière exagérée. Et il y a une loi de liberté sur les médias. Peut-être d'ailleurs faut-il renforcer, moi je ne suis pas défavorable, la protection des journalistes, des rédactions et des sociétés de journalistes. Ça, ça peut tout à fait s'entendre.

Mais faire croire qu'il faut forcément une radio publique ou une télévision publique pour garantir la liberté des journalistes, c'est quand même une drôle de conception de la presse. Ce n'est pas la norme dans les démocraties occidentales.

20:16
Intervenant

Vous prétendez être un rempart contre l'antisémitisme, Jean-Philippe Tanguier, ORN. Pourtant, quand on regarde de plus près, il y a des candidats que vous avez investis qui posent question. Françoise Billot dans les Côtes d'Armor rend hommage sur sa page Facebook au Maréchal Pétain. Frédéric Bocaletti, député sortant, réinvesti dans le Var, ancien fondateur d'une librairie qui vendait des ouvrages d'extrême droite. À Paris, la candidate du RN, Agnès Pajard, a été investie malgré des positions anti-vax qui flirtent avec l'antisémitisme. Sophie Dumont, proche collaboratrice de Marine Le Pen, qui suspecte le parti de Reconquête de recevoir des financements juifs.

Est-ce que vous êtes à l'aise avec tout ça, Jean-Philippe Tanguier ? Ce sont des candidats RN investis en 2024.

20:53
Jean-Philippe Tanguy

À chaque fois qu'il y a des problèmes qui sont relevés, il y a une procédure, soit d'exclusion, soit de sanction, soit de clarification. Nous ne laissons jamais un problème sans solution. Tous les cas que vous avez cités auront une suite en commission des conflits et nous verrons si c'est avéré ou pas. L'élection c'est dimanche là ? Parfois il y a des emballements. Il y a pu avoir par exemple sur le candidat de Morbihan qui avait été accusé d'antisémitisme. En fait, il condamnait M. Forisson et le négationnisme. Il condamnait le régime de Pétain et tous les abrutis qui remettent en cause cette... Je ne vous parlais pas de celui-là, je vous parlais des autres.

Je vous donne un exemple d'emballement où parfois la société médiatique et nous-mêmes d'ailleurs, parce que moi-même je me suis trompé, ils m'en excusent, peuvent s'emballer. Donc il y a une commission des conflits, on fera la lumière. Moi Sophie Dumont, je travaille avec elle depuis deux ans, je n'ai jamais entendu de près ou de loin un propos de ce genre. J'ajoute que, nous, notre ligne est très claire. Malheureusement, il peut y avoir des brebis galeuses. Dans ce cas, nous les sanctionnons immédiatement. C'est toute la vie politique, et vous la connaissez bien, de Marine Le Pen, sans aucune ambiguïté.

Ce n'est pas le cas d'un certain nombre d'adversaires qui laissent des candidatures soit traînées, soit défendues de là de toute raison. Et surtout, c'est les leaders, notamment M. Mélenchon, qui multiplient les provocations sur l'antisémitisme et les transgressions les plus insupportables.

22:10
Présentateur

Merci Jean-Philippe Tanguy, député sortant de la Somme, ex-président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale. Merci Jean-Philippe Tanguy.