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AutreFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 août 2026 23 minMixte

Fisc piraté : une situation "extrêmement grave" pour Mathilde Panot qui demande une commission d'enquête parlementaire

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0:00
Présentateur

Bonjour Mathilde Panot, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne, présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale. Vous faites donc votre rentrée politique sur France Inter ce matin, à la veille de vos universités d'été, les amphis dans la Drôme. Je rappelle aux auditrices et aux auditeurs qu'ils peuvent vous poser leurs questions au 0145 24 7000 et sur l'appli Radio France. Rentrée politique en vue donc, la dernière avant la présidentielle, on en reparlera évidemment. Arrêtons-nous d'abord sur ce qui fait l'actualité ces dernières heures. Ces cyberattaques très inquiétantes contre l'administration, ces fuites de données massives au sein du FISC, de l'éducation nationale notamment.

L'État apparaît très vulnérable, mais on entend assez rarement les politiques là-dessus. Ce n'est pas vraiment une priorité des programmes. Est-ce que ça doit le devenir ?

0:43
Mathilde Panot

Oui, d'ailleurs nous c'est une priorité depuis longtemps, puisque en avril 2024, Adrien Clouet, qui est vice-président du groupe parlementaire de la France Insoumise, avait déjà demandé une commission d'enquête sur des fuites de données. Là, elle est évidemment spectaculaire les trois fuites de données qu'on voit au niveau de la Direction Générale des Finances, mais on sait que dans de nombreuses administrations, il y en a eu à France Travail, dans l'éducation nationale à la CAF et dans beaucoup d'autres. Et donc dès 2024, nous demandions une commission d'enquête sur la question.

1:11
Présentateur

Là, il faut une commission d'enquête sur ce qui se passe spécifiquement sur le FISC, parce que là on passe un cap.

1:16
Mathilde Panot

Oui, oui, même si nous savons ce qu'il faut faire et nous savons qu'il faut donner des moyens à la fois à l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes Informatiques et à la CNIL qui en demande budget après budget, et budget après budget, parfois on augmente de 5, 6, 7, 8 équivalents en plein emploi dans ces agences-là. Mais c'est bien en deçà du nombre d'attaques qu'il y a, puisque la France est un des pays qui est le plus ciblé au monde. Ce qui est très inquiétant dans les fuites de données qu'il y a eu là, c'est que si les cybercriminels n'avaient pas revendiqué leur attaque le 12 août, alors nous n'aurions pas su qu'il y avait 700 000 données personnelles qui auraient été volées.

Or, ces fuites de données, ces vols de données aient été faits en juin et en juillet. Donc il y a deux options. Soit Bercy ne s'est pas rendu compte, et la Direction Générale des Finances Publiques ne s'est pas rendu compte qu'il y avait un vol de données, et c'est extrêmement grave. Soit ils le savaient, et de manière légale, ils étaient dans l'obligation d'avertir les gens et de le dire publiquement.

2:14
Présentateur

Donc vous soupçonnez potentiellement une dissimulation de la part du fisc pendant plusieurs semaines.

2:18
Mathilde Panot

Écoutez, vous comprenez que quand le vol de données a lieu en juin ou en juillet, pourquoi est-ce qu'on l'apprend seulement le 12 août quand c'est revendiqué par les cybercriminels ? Sinon peut-être ne l'aurions-nous pas su.

2:27
Présentateur

Eux avancent des raisons techniques.

2:29
Mathilde Panot

C'est très très grave. Oui, mais y compris les syndicalistes à Bercy disent qu'ils ont alerté en juin, en juillet et à d'autres moments sur le fait qu'ils voyaient beaucoup d'intrusions dans les systèmes de données et donc ont alerté la direction qui n'a pas tenu compte de leurs alertes. Donc on se retrouve dans une situation qui est extrêmement grave parce que soit ils ne se sont pas rendus compte qu'il y avait un vol de données et c'est grave, tout le monde comprend pourquoi c'est grave. Soit ils l'ont dissimulé. Or derrière, c'est possiblement des usurpations d'identité, des arnaques qui seraient faites, etc., des ciblages de gens. Donc nous sommes dans une situation qui est très grave.

Et je me réjouis d'autant plus que nous ayons réussi notre recours au Conseil constitutionnel sur la loi réseaux sociaux qui visait à obliger toutes les personnes à mettre leur pièce d'identité lorsqu'ils allaient sur des réseaux sociaux parce que nous ne savions pas, dans cette loi, si l'application pour mettre sa pièce d'identité, en plus de poser des grands problèmes de liberté fondamentale, allait être publique ou privée, française ou d'un autre pays. Donc vous comprenez qu'il va falloir arrêter avec tout ça.

3:29
Présentateur

Est-ce que vous en parlez, je pensais vous en parler plus tard, mais le Conseil constitutionnel qui a donc retoqué l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans, vous vous en êtes félicité. Donc vous vous félicitez du statu quo, du fait qu'on laisse des gamins se perdre sur des plateformes face aux multiples dangers que l'on connaît sur ces réseaux sociaux. On ne bouge pas ?

3:47
Mathilde Panot

Vous savez, l'Australie, par exemple, a mis en place un tel système d'interdiction des réseaux sociaux pour les plus jeunes. Or, que se passe-t-il en Australie ? Deux tiers des jeunes arrivent à contourner le système. Donc lorsque l'on prend pour prétexte la question de la santé mentale des jeunes, moi j'interpelle officiellement, comme l'ont fait plusieurs membres de mon groupe qui ont combattu cette loi. Puisque vous parlez de la santé mentale des jeunes, faites en sorte qu'il y ait un vrai plan de santé mentale avec des financements. Notamment, vous savez peut-être qu'aujourd'hui, lorsqu'un jeune est en détresse, il doit attendre entre 4 et 12 mois pour voir un pédopsychiatre.

Il y a aujourd'hui un médecin scolaire pour 13 000 élèves. Donc si on veut mettre des moyens sur la santé mentale des jeunes, il faut mettre des moyens financiers et humains. Et je le dis d'autant plus que les jeunes vont vivre toute leur vie avec les réseaux sociaux. Donc il faut de la prévention, de l'éducation, et évidemment forcer les plateformes à changer des algorithmes.

4:38
Présentateur

Un dernier mot sur ces sujets cyber. Vous concernant chez LFI, vous êtes sûr que vos fichiers adhérents militants sont en sécurité ? Ça, vous pouvez le garantir à vos adhérents ? Parce que personne n'est à l'abri, là, clairement.

4:48
Mathilde Panot

Alors, vous avez effectivement, dans tous les systèmes, vous pouvez avoir des failles. Mais nous, à la France Insoumise, nous avons quelque chose de particulier. C'est que nous avons construit toute notre plateforme nous-mêmes, ce qui nous permet d'être beaucoup plus protecteurs sur les données. Donc oui, nous faisons extrêmement attention.

5:04
Présentateur

Arrêtons-nous aussi sur l'été que l'on vient de vivre. L'été, on a vu et compris à quel point le changement climatique allait affecter nos vies. Vous avez sévèrement critiqué chez LFI la gestion, notamment, des incendies par le gouvernement. Face à de tels phénomènes, face à ces méga-feux dont on n'avait jamais vu une telle ampleur, était-il vraiment possible, Mathilde Panot, de faire mieux ?

5:23
Mathilde Panot

Oui, bien sûr. Alors d'abord, plusieurs choses. On voit dans l'été catastrophique qu'on vient de vivre, dix ans de ma chronique, qui nous ont rendu complètement incapables de répondre aux effets du dérèglement climatique, dont tout le monde savait qu'ils allaient arriver. Tout le monde savait que les vagues de chaleur allaient se multiplier. Tout le monde savait que les incendies allaient se multiplier. Vous me permettrez, sur les canicules, de penser...

5:43
Présentateur

Et peut-être pas aussi rapidement, et peut-être pas dans cette ampleur aussi rapidement.

5:47
Mathilde Panot

Avec des effets dont nous savons qu'effectivement, ils peuvent avoir des effets qui s'accélèrent entre eux, et donc sont extrêmement graves, avec des effets irréversibles. Vous me permettrez de commencer par avoir des pensées, évidemment, pour les 5700 familles qui sont endeuillées, par les morts supplémentaires de la canicule. Je vous fais juste signaler quelque chose qui est, à mon avis, important. Nous ne connaissons toujours pas le bilan du nombre de morts de la canicule. Le nombre de morts qui a été donné a été donné jusqu'au 2 juillet.

Nous ne savons toujours pas la mortalité supplémentaire qu'il y a eu, avec des écoles et des hôpitaux qui étaient des fournaises, avec un logement sur deux qui est une bouilloire thermique. Donc ça, c'est sur la question de la canicule. Sur la question des incendies, vous avez quand même des pompiers qui ont été au feu, avec des cagoules qui coûtent 12 euros, qui permettent de laisser passer les particules, notamment cancérogènes. On leur a donné d'autres des cagoules qui coûtent, elles, 60 euros, mais qui ne permettent pas de faire un effort physique. Donc vous comprenez que ça ne sert absolument à rien pour des pompiers face à ces méga-feux.

Et évidemment, on se pose la question des moyens pour aider les pompiers, notamment des canadiens.

6:50
Présentateur

Vous avez dit pendant les 10 ans de Macronie, la partie État du budget de la sécurité civile est passée de 450 millions à 800. Il a presque doublé. Alors, c'est probablement insuffisant, mais est-ce qu'on peut dire que rien n'a été fait ?

7:01
Mathilde Panot

Le problème, c'est qu'il manque 50 000 pompiers. Le problème, c'est que comme il n'y a plus, par exemple, de médecine de ville, ou en tout cas plus assez, du coup, ce sont souvent les pompiers qui sont appelés. Et rappelez-vous qu'en 2019, déjà, les pompiers manifestaient pour des moyens. Quelle a été la réponse de l'État ? De leur envoyer du gaz lacrymogène et des canons à eau. Donc maintenant, toutes les alertes ont été faites. Vous savez ce qui est bien dans notre pays, à l'aube d'une élection présidentielle, c'est qu'à chaque fois, les soignants pendant le Covid, les pompiers là pendant les incendies, à chaque fois, ils ont fait des alertes, ils ont dit ce qu'il faudrait faire.

Donc nous, nous nous appuyons sur l'expertise des associations, des syndicats, pour savoir ce qu'il faut faire. Et je veux juste dire un point qu'on entend peu dans le débat, mais qui, à mon avis, est important. Ça fait dix ans qu'Emmanuel Macron et ses gouvernements continuent une politique d'industrialisation de la forêt. Personne ne se pose la question de savoir pourquoi ces méga-feux ont eu une superficie aussi forte. Pourquoi ? Parce qu'on a fait des monocultures. Du monoculture de pain maritime.

7:56
Présentateur

C'est Emmanuel Macron, la monoculture de pain maritime en Nouvelle-Aquitaine.

7:59
Mathilde Panot

Ça s'est accéléré et nous sommes dans un moment de croiser des chemins dans la forêt où vous avez un système de monoculture, donc avec plantation monoculture coupra, c'est ça le triptyque. Et évidemment, cela propage les feux beaucoup plus rapidement. Et l'ONF a alerté à de nombreuses reprises sur cette question. Vous savez qu'en 30 ans, l'Office national des forêts a perdu 40% de ses effectifs. Donc nous, nous voulons des forêts diversifiées en âge, en essence, avec des forestiers et des forestiers.

8:25
Présentateur

Mathilde Panot, la lutte anti-incendie est essentiellement à la charge des départements à travers les SDIS. Quel financement vous proposez-vous pour les aider, ces départements ? Il y avait eu des tentatives au Parlement via des taxes, sur les assurances, sur la taxe de séjour. C'est ce que proposait la gauche l'an dernier. Est-ce que c'est la solution de taxer et donc que les Français, finalement, in fine, financent ce qu'il faut en plus pour la lutte anti-incendie ?

8:48
Mathilde Panot

Mais moi, je vais vous dire, de l'argent, il y en a beaucoup dans ce pays. Nous sommes la septième puissance économique au monde. Donc, il est possible d'aller chercher de l'argent. Et vous savez ce qui est très frappant avec les incendies ? On va peut-être parler du budget et des pistes budgétaires du gouvernement. Ce qui est très frappant, c'est que vous êtes en train de voir le prix des coupes budgétaires sur tous les services publics de ce pays, dont les pompiers. Parce que quand vous faites des coupes budgétaires à tout va, que vous enlevez aux départements et aux collectivités, les moyens de financer les services publics un peu partout, et à l'État aussi.

Vous savez qu'Emmanuel Macron, c'est 100 000 fonctionnaires en moins, en 10 ans. Est-ce que l'État fonctionne mieux ? Non. Il fonctionne moins bien. On a recours au privé. Cela coûte plus cher. Et donc, on se retrouve avec Gabriel Attal qui veut faire 53 millions d'économies en annulant deux commandes de Canadair. Et à la fin, ça va coûter des centaines de millions au moins à l'État entre le chômage partiel, des petites et moyennes entreprises qui sont touchées durablement, des gens qui ont absolument tout perdu, la reconstruction des écosystèmes qui va devoir se faire.

9:46
Présentateur

Est-ce que vous voterez la loi de modernisation de la sécurité civile que le ministre de l'Intérieur compte proposer cet automne ?

9:51
Mathilde Panot

Eh bien, nous attendons de voir ce qu'il en est parce que je vous indique que les syndicats de pompiers ont été voir le ministre et en sont ressortis extrêmement peu satisfaits avec une date de mobilisation à laquelle j'invite tout le monde à aller, qui est le 29 septembre. Vous serez aux côtés des pompiers, fin septembre. Évidemment.

10:04
Présentateur

La sécheresse, les agriculteurs accablés par la sécheresse, certains ont tout perdu et nous disent qu'il faut absolument qu'on puisse stocker l'eau, sinon on ne s'en sortira pas. La loi d'urgence agricole, elle prévoit justement qui vient d'être adoptée et confirmée par le Conseil constitutionnel, elle prévoit justement de doubler le stockage d'eau pour l'agriculture. Vous, vous vous y êtes toujours opposés. C'est quoi la solution pour ces agriculteurs qui aujourd'hui ont perdu pour certains la totalité de leur culture ?

10:27
Mathilde Panot

Avec des conséquences qui vont être très graves et à long terme. Par exemple, lorsque l'on parle à la fois des agriculteurs et des agricultrices avec la sécheresse sur la question de la baisse de production qu'ils vont pouvoir faire sur la question des légumes, etc., ça veut dire aussi derrière des prix alimentaires qui risquent encore d'augmenter pour les Français

10:43
Présentateur

et les Français.

10:44
Mathilde Panot

Je vais vous dire, il y a eu trois lois agricoles en deux ans et demi. Le résultat est pire que tout. Le résultat, c'est que tout empire à chaque fois. Et dans cette loi agricole, il y a notamment le fait de restreindre encore les zones humides alors qu'on a besoin de zones humides. Vous savez quel est le meilleur stockage de l'eau ? C'est les sols. Et quand vous voyez qu'à Sainte-Soligne, par exemple, toute l'eau des stockages d'eau qui sont faits s'est évaporée, eh bien vous comprenez les méga-bassines qui sont faites sont une aberration. Donc il faut changer de modèle agricole. Avec Jean-Luc Mélenchon, nous proposons de réorganiser les régions pour en faire des éco-régions.

11:18
Présentateur

Donc on ne profite pas des moments où il pleut pour récupérer cette eau de pluie, la stocker et s'en servir en plein essai ?

11:24
Mathilde Panot

Vous savez, quand il pleut, justement, il faut permettre de faire en sorte de ne pas artificialiser les sols, que l'eau puisse rentrer dans les sols, qu'elle puisse re-remplir les nappes phréatiques. C'est comme ça qu'on fait une bonne gestion de l'eau. Et donc les éco-régions autour, justement, des bassins, des fleuves, permettent d'avoir une structure administrative qui permet de répondre à ces enjeux et de penser une autre agriculture pour une autre alimentation et pour une meilleure santé.

11:48
Présentateur

Puisqu'on parle d'agriculture, vous annoncez ce matin dans une tribune que vous comptez chez LFI faire tomber la réautorisation dérogatoire de certains pesticides qui étaient une mesure de cette loi d'urgence agricole. Comment vous allez vous y prendre ?

11:59
Mathilde Panot

Alors, il se trouve que le 29 octobre, c'est la niche parlementaire de la France Insoumise, le seul jour où nous pouvons décider de l'ordre du jour. Et donc, nous vous annonçons ce matin que nous utiliserons notre niche parlementaire pour abroger cette loi poison qui a été faite, c'est-à-dire le fait de réintroduire deux néonicotinoïdes qui attaquent le cerveau des enfants. Je rappelle que l'année dernière, il y avait 2,2 millions de personnes qui avaient signé une pétition contre la réintroduction des néonicotinoïdes. Je rappelle que l'Ordre des médecins et plusieurs sociétés savantes ont dit qu'il ne fallait pas reproduire le scandale, notamment, du chlordécone et de l'amiante.

Le Conseil constitutionnel

12:34
Présentateur

a validé cet article au nom de l'intérêt général.

12:37
Mathilde Panot

Non, alors il l'a validé en disant qu'il y avait peut-être des risques pour la santé, ce qui est déjà un problème, et en disant parce qu'il pesait des dangers graves sur l'agriculture. Or, le danger grave sur l'agriculture, ce ne sont pas les pesticides. Les dangers graves pour l'agriculture, ce sont les accords de libre-échange que les macronistes ne cessent de signer et c'est le fait qu'on ne protège pas les agriculteurs d'une concurrence déloyale. un amendement qui permettait d'interdire toute importation de produits en France traités avec des pesticides interdits dans notre pays. Ce qui semble être de bon sens. Eh bien, le gouvernement l'a enlevé.

Et sur la question des néonicotinoïdes, des pesticides, l'Assemblée nationale a été empêchée de voter. Donc, c'est un scandale sanitaire, c'est un scandale démocratique et le 29 octobre à l'Assemblée nationale nous le ferons voter.

13:25
Présentateur

Vous y croyez ? Ça a des chances de passer ? Alors oui,

13:27
Mathilde Panot

parce que figurez-vous que lorsque le gouvernement a empêché le vote, il se trouve que des gens, par exemple, comme l'ancienne première ministre Elisabeth Borne avait proposé de supprimer cette disposition qui était dans la loi et dont le gouvernement avait promis qu'il ne serait pas dans la loi. Donc, ça fera aussi partie évidemment de l'élection présidentielle de défaire la coalition du cancer. Madame Le Pen, M. Attal, M. Édouard Philippe qui ont tous participé à faire réautoriser ces pesticides. Donc,

13:52
Présentateur

vos sept niches parlementaires en octobre, l'automne sera aussi budgétaire avec cette nouvelle bataille budgétaire. Alors, à ce stade, on ne voit pas bien comment un budget pourrait être adopté au 31 décembre. On pourrait donc repartir sur une loi spéciale, ce qui n'est pas idéal avant une présidentielle. Ce n'est pas idéal d'abord pour ceux qui vont gagner en 2027. Vous qui comptez prendre le pouvoir, est-ce que c'est dans votre intérêt de démarrer votre mandat avec une loi spéciale sans budget que vous pourriez rectifier ?

14:21
Mathilde Panot

On va dire que ce qui est de notre intérêt, c'est de faire savoir à tout le monde que lorsque nous arriverons au pouvoir, nous ferons immédiatement un projet de loi de finances rectificatif pour changer radicalement les choix politiques qu'a fait ce gouvernement. Encore facile

14:35
Présentateur

qu'il y a un budget à rectifier.

14:36
Mathilde Panot

Oui, mais vous savez, une loi spéciale peut durer un peu et nous permettre de tout modifier derrière. Nous avons un gouvernement qui est en train de parler de prendre aux retraités, qui est en train de parler de prendre aux malades avec les franchises médicales, qui est en train de parler de prendre aux étudiants avec l'éventualité de supprimer des APL. Pendant ce temps-là, pour savoir à quel niveau un retraité serait riche ou autre, on ne parle pas de taxer les riches en général, de l'impôt de solidarité sur la fortune, de la taxe du Kman, d'un impôt sur le revenu qui est plus équilibré.

Et pendant ce temps-là, on ne parle pas des 500 plus riches de ce pays qui ont vu leur fortune doubler sous les deux quinquennats d'Emmanuel Macron. On ne parle pas de Total qui a fait 10 milliards de bénéfices sur le dos des Français. Et on ne parle pas, par exemple, de Bernard Arnault qui vient de s'acheter un yacht à 500 millions d'euros.

15:21
Présentateur

De toute façon, Jean-Luc Mélenchon estime qu'on peut, je cite, « foutre la dette au feu ». Est-ce que c'est un propos vraiment responsable de la part d'un candidat à la présidentielle ?

15:28
Mathilde Panot

Eh bien oui, c'est un bon débat que celui de la dette qui est d'ailleurs... Il y a plusieurs économistes, M. Piketty et autres, qui nous donnent raison sur cette question.

15:35
Présentateur

Alors il y a d'autres économistes qui ne disent pas du tout ça. Oui, ce sont des débats économistes. Abandonner une partie de la dette, c'est la voie royale vers une hyperinflation, remet beaucoup d'argent en circulation, c'est la défiance des marchés, des taux d'intérêt qui explosent, bref, c'est l'engrenage infernal et c'est les Français qui en payent le prix à la fin. Vous savez,

15:48
Mathilde Panot

les mêmes qui nous font la morale sont ceux qui ont créé 1000 milliards de dettes et voire même plus sous 10 ans d'Emmanuel Macron, vous vous rappelez, ce banquier de génie qui est Emmanuel Macron. Nous, nous disons que nous pouvons faire autrement, que ça suffit maintenant sur le chantage de la dette de tout sacrifier, les services publics, l'adaptation et l'atténuation du dérèglement climatique. Le fait que nous ayons une démocratie où un homme seul peut décider contre tout un peuple.

Nous, nous ferons la 6ème République sur ces questions-là et je vais vous dire sur la question de la dette, oui, il est possible d'annuler une partie de la dette, c'est tout à fait faisable et cela permettra de libérer la France de ce poids qui est fait et personne ne sera, enfin, personne n'aura rien puisque c'est une ligne à effacer auprès de la banque.

16:32
Présentateur

Vous faites paniquer tout le monde, les marchés et donc ça se retourne contre les Français à la fin ?

16:36
Mathilde Panot

Pas du tout,

16:37
Présentateur

pas du tout. Si les taux d'intérêt augmentent, explosent, si l'inflation explose, l'inflation à deux chiffres si on libère 18% d'allaire.

16:44
Mathilde Panot

C'est l'inaction qui fait que l'inflation explose. Vous trouvez que l'inflation est bien en ce moment ?

16:48
Présentateur

Elle n'est pas à deux chiffres.

16:49
Mathilde Panot

Oui, mais vous trouvez que c'est formidable la politique économique qui a été menée ? Vous savez qu'Emmanuel Macron, c'est un record de défaillances d'entreprises avec 66 000 en petites entreprises et moyennes entreprises qui font faillite chaque année. Donc, nous, nous proposons tout autre chose. Il est possible de repartir des besoins, de l'expertise des gens. Je parlais tout à l'heure des associations et des syndicats qui, depuis des années, nous disent ce qu'il faut faire et maintenant, c'est l'heure des grands choix. Soit nous voulons continuer avec une politique d'égoïsme qui est tout pour les riches ou une politique d'entraide, ce que nous, nous proposons.

17:21
Présentateur

Vous faites donc votre entrée politique chez LFI dans la Drôme demain, les écologistes à Grenoble, les communistes à Toulouse, le PS la semaine prochaine, la gauche qui apparaît morcelée comme jamais à huit mois de la présidentielle. C'est un peu la chronique d'une défaite annoncée quand même en 2027.

17:35
Mathilde Panot

Absolument pas. Et d'ailleurs, il faut arrêter de désespérer les gens avec ça. Nous, nous avons lancé notre candidature avec Jean-Luc Mélenchon le 3 mai. Il y a d'ores et déjà 340 000 soutiens citoyens sur le site mélenchon2027.fr et nous avons une dynamique qu'on a vue à Saint-Denis avec 26 000 personnes qui étaient présentes. Là, les amphi-détés s'annoncent comme le record de participation puisque nous avons 6 000 préinscriptions, ce qui est le double de l'année dernière. Et donc, il y a une dynamique et j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à venir nous aider.

18:04
Présentateur

Mais ça, c'est votre base. Votre enjeu pour vous, c'est d'élargir votre base pour 2027. Vous ne pouvez pas seulement gagner avec vos électeurs actuels. Il va falloir convaincre les autres. Comment vous allez convaincre des électeurs du PS de voter pour vous en 2027 ?

18:17
Mathilde Panot

Mais comment nous allons convaincre avec un programme ? C'est ce que nous sommes en train de faire.

18:22
Présentateur

Convaincre et rassurer peut-être aussi.

18:23
Mathilde Panot

Oui, nous avons un programme avec des livrets. Nous sommes extrêmement précis sur ce que nous allons faire. Et je vais vous dire, c'est le peuple qui écrit son histoire. Ce ne sont pas les instituts de sondage. Ce n'est pas le désespoir qu'on répond absolument partout. Et lorsqu'on nous annonce que la victoire de l'extrême droite est inéluctable, eh bien, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est non seulement celle qui peut arriver au second tour, mais qui peut emporter l'élection présidentielle

18:46
Présentateur

et ainsi montrer

18:47
Mathilde Panot

qu'un autre monde est toujours possible.

18:48
Présentateur

Vous avez peut-être lu Cécile Duflo dans Libération ce matin, l'ex-ministre patronne aujourd'hui Doxfam qui dit non mais là, face à la situation climatique, face à l'extrême droite, la gauche doit se remettre en question. Il n'y aura pas de victoire possible derrière un Mélenchon prisonnier de son dogmatisme ou en face avec un projet qui fait de Mélenchon l'adversaire numéro un. Comment vous sortez de ça à gauche ?

19:07
Mathilde Panot

Mais on sort de ça avec une dynamique. Encore une fois, nous avons tendu la main à la fois aux écologistes et aux communistes pour que...

19:15
Présentateur

Il y a Marine Tondelier, l'écologiste Marine Tondelier qui vous tend la main, qui dit qu'il faut qu'on discute. Elle est, elle candidate de son côté.

19:21
Mathilde Panot

Moi, aux amphis d'été, je discute avec Cyriel Châtelain, président du groupe des écologistes. Il y a sept députés écologistes qui viennent à nos amphis. Donc, nous discutons. Mais je vais vous dire, il faut arrêter de désespérer tout le monde en expliquant que si nous ne sommes pas unis, nous n'y arriverons pas. Déjà, la gauche a été très peu unie, voire jamais unie dans les élections présidentielles. C'est la première chose. L'unité, quand elle s'est faite, NUPES, NFP, c'est nous qui l'avons faite lorsque nous faisions 22% et les autres moins de 5%. Et je rappelle que la dernière fois.

Si nous ratons le second tour à 420 000 voix, c'est parce qu'il y a eu d'autres candidatures qui se sont maintenues jusqu'au bout. Donc, nous, nous prenons nos responsabilités. Et nos responsabilités, ce n'est pas de désespérer tout le monde en disant qu'il n'est pas possible de changer ce monde.

20:01
Présentateur

On y va tout seul, Jean-Luc Mélenchon devant.

20:03
Mathilde Panot

Mais nous n'y allons pas tout seul. Nous n'y allons pas tout seul. Nous avons beaucoup d'artistes qui sont avec nous, dont beaucoup seront aux amphis. Nous avons les Verts populaires qui nous ont rejoints. Nous avons d'autres qui vont, je l'espère, nous rejoindre encore. Et donc, nous ne sommes pas tout seul. Nous avons au contraire une équipe, un programme et un seul candidat. Peut-être est-ce cela qui gêne, c'est que nous ne nous mettons

20:22
Présentateur

pas des couteaux dans le dos. Que ça veut dire que vous allez aussi changer de stratégie pour les huit mois qui viennent et abandonner la stratégie de la conflictualisation permanente, du tout feu, tout flamme, qui peut inquiéter certains des électeurs à gauche ?

20:34
Mathilde Panot

Du conflit, il n'est la conscience. Mais je ne crois pas que nous sommes dans une conflictualité permanente. Nous, au contraire, nous essayons de faire réfléchir les gens et de convaincre les gens autour d'idées qui montrent qu'on peut faire autrement dans ce pays. Donc, je le redis, ne désespérez pas, nous pouvons l'emporter, non seulement tourner la page de la Macronie, mais battre l'extrême droite dans ce pays. Et pour cela, il faut vérifier son inscription sur les listes électorales quand il y a 11 millions de personnes qui sont non inscrits et mal inscrits. Et ça, seule la France Insoumise fait ce travail d'inscription sur les listes.

Et puis ensuite, venez nous aider sur Mélenchon2027.fr.

21:08
Présentateur

Vous parliez de vos amphis d'été, vous avez notamment aussi convié le banquier Mathieu Pigasse, dont beaucoup des propositions sont assez proches des vôtres, sauf peut-être sur l'Europe et sur le nucléaire. Vous craignez une éventuelle candidature de Mathieu Pigasse ?

21:20
Mathilde Panot

Non, nous ne craignons aucune candidature et je vais vous dire, c'est la démocratie. C'est avec la démocratie qu'on permet de confronter des idées et justement de faire naître du débat. Nous, ce que nous craignons plus que tout, c'est que l'élection présidentielle soit en quelque sorte volée, comme elle l'a été en 2022. En 2022, ou sous le prétexte de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a refusé absolument tous les débats. Je rappelle qu'en 2022, Jean-Luc Mélenchon faisait une campagne en disant 2022 et l'élection présidentielle et la dernière station...

21:49
Présentateur

Par les délections volées, c'est trumpiste comme discours.

21:51
Mathilde Panot

Attendez, dernière station avant le désert et avait fait toute une campagne sur la question de la politique de l'eau qui n'avait intéressé absolument aucun des médias à cette époque-là et on voit bien que c'était entièrement fondé. Oui, je pense que le débat présidentiel la dernière fois s'est fait voler et j'espère que dans cette élection présidentielle, nous aurons des sujets de fond sur la question de la dette, sur la question de l'économie, sur la question du social.

Vous savez par exemple dans le budget que là on parle de supprimer 10 000 places d'hébergement alors qu'encore la semaine dernière, il y a 430 personnes qui se sont fait expulser à Paris avec des enfants qui avaient en moyenne 5 ans et qui sont sans abri.

22:27
Présentateur

Et vous aurez l'occasion d'en reparler dans le cadre du débat budgétaire. Merci Mathilde Panot, invité de France Inter ce matin. Bonne journée.