Lycées : le gouvernement Lecornu dépassé ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteÉludée
Comment le gouvernement peut-il répondre aux revendications des lycéens ?
- 0:52OuverteÉludée
Quel est le bilan économique du président américain ?
- 1:56OuverteRéponse partielle
Un drame s'est produit à Créteil : un élève a perdu sa main. Que s'est-il passé ?
- 3:14RelanceRéponse partielle
Le mouvement s'essouffle-t-il selon les chiffres du gouvernement ?
- 3:53OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous ce mouvement lycéen ?
- 5:14OuverteRéponse directe
Les revendications des lycéens sont-elles nouvelles ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:14Louise TouréChiffre
« Dans 53 % des établissements scolaires il manque un ou plusieurs profs. »
- 5:58Louise TouréFait
« On a fait quelques débats ici voilà et on l'a bien vu pendant la canicule les besoins sont immenses. »
- 7:19Stéphane VernetChiffre
« Il y a à peu près 500 lycées qui ont été fermés aujourd'hui et qui étaient des lycées potentiellement à problème. »
- 11:00Youssef SwidiChiffre
« Dans l'Académie de Créteil, depuis le début des années 2020, pour 100 postes disponibles, on a seulement 90 candidats. »
- 12:07Chiffre
« Dans ce mouvement lycéen, il y a eu depuis le début des violences 5060 gardes à vue, 14 personnes écrouées. »
- 12:47Steve JourdinChiffre
« Le budget de l'éducation nationale augmentera de 1,2 milliard d'euros l'année prochaine. »
- 19:17Louis StouretChiffre
« Par rapport à la moyenne des pays de l'OCDE, la France dépense 28 % de plus que la moyenne pour ses lycées. »
- 43:28Fait
« Les allocations familiales pourront servir de réparation. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
« Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Heureux de vous retrouver pour une nouvelle semaine de Sens public, votre émission de débat, chroniques et reportages pour donner du sens à l'actualité et aux crises que nous traversons et justement la colère des lycéens. Reste forte ce soir, 589 établissements étaient perturbés sur les 3700 que compte le pays. Comment le gouvernement peut-il répondre à leurs revendications ? Fallait-il attendre les casseurs pour trouver des solutions au manque de profs ? Ou à la vétusté des locaux ? Ces violences justifient-elles la réponse policière ou est-elle disproportionnée ? On en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public, c'est un zoom sur les midterms, les élections de mi mandat aux Etats-Unis que je vous propose.
Donald Trump continue de promettre 5000 dollars à chaque Américain adulte si les républicains l'emportent. Si les démocrates gagnent, vous aurez à mon avis une dépression économique comme en 1929, ce ne sera pas une bonne période. Si les républicains gagnent, chacun de vous aura 5000 dollars dans sa poche et notre pays connaîtra la réussite économique. Quel est le bilan économique du président américain ? Les conséquences de la guerre en Iran sur les prix des carburants vont-elles lui faire perdre les élections ? Ses taxes douanières ont-elles renforcé ou affaibli l'économie US ? Réponse avec nos experts dans trois quarts d'heure. Comme tous les jours, vous le savez, vous pouvez réagir en direct.
Il suffit de scanner, de flasher notre QR code. On commence avec le bilan de cette nouvelle journée de mobilisation lycéenne à Lens. Un jeune de 15 ans a eu l'avant-bras arraché par une grenade de désencerclement dans des circonstances qui restent à établir. Clémentine Louise.
Auguste Bé à la lance que le drame s'est déroulé. Un élève de seconde perd sa main, arraché par une grenade de désencerclement. L'a-t-il ramassée ou bien a-t-elle explosé à proximité de lui ? Rien n'est sûr pour le moment, une enquête de l'IGPN, la police des polices a été lancée. Avant de me prononcer sur quoi que ce soit d'abord je suis très prudent parce qu'il y a toujours des circonstances malheureusement qui sont à la jeune de situations dramatiques comme celle-ci donc c'est évidemment une situation extrêmement douloureuse mais simplement vous comprendrez que je ne me prononce pas en cinq minutes sans rien connaître d'effet. L'IGPN a été saisi de cinq autres enquêtes depuis le début des mobilisations, de son côté le gouvernement estime que le mouvement a basculé vers
des violences urbaines. Des débordements qui s'inscrivent en marge d'une mobilisation qui a repris dès ce matin devant 413 lycées, soit un peu moins que pour la journée de vendredi mais le mouvement reste d'ampleur, malgré la mise en place par le gouvernement d'une plateforme pour faire remonter les doléances des lycéens. Ils pensent que parce qu'ils nous laissent nous exprimer sur une plateforme, sur Internet, on va arrêter de bloquer, on va arrêter d'être en sauf que la colère elle est là depuis des années, c'est pas parce qu'elle est chose aujourd'hui que ça fait pas genre des années et des années depuis que Parcoursup a apparu et même avant que l'éducation nationale n'a pas de moyens, que chaque année on perd de plus en plus de Demain,
une troisième journée nationale de mobilisation est prévue dans une trentaine de villes. Une intersyndicale de l'éducation nationale a appelé à se joindre au mouvement lycéen, y compris par la grève. On se demande si le gouvernement, le corps nu est dépassé. Je vous présente tout de suite nos invités. Youssef Swidi, bonsoir, bienvenue. Vous êtes économiste spécialiste des questions de mixité sociale à l'école. Louis Stouré, bonsoir bienvenue à vous aussi vous êtes journaliste spécialiste des questions d'éducation productrice de l'émission être et savoir sur france culture et vous publiez le meilleur pour nos enfants aux éditions de l'atelier stéphane vernet bonsoir bienvenue vous êtes journaliste politique, rédacteur en chef délégué de la rédaction de
West France à Paris et Steve Jourdin bonsoir Steve bienvenue dans le rôle de l'éditorialiste ce soir pour sens public comment vous qualifiez ce mouvement Youssef Sweeney je lisais dans un certain nombre d parti qu'il est en train de prendre une tournure historique alors ce qui est il y a deux choses d'abord les demandes elles sont assez concrètes là on entendait la question de Parcoursup au tout départ on entendait la question du bâti la la question des enseignants non remplacés et à la fois les demandes sont très concrètes mais les réponses qui peuvent être apportées elles sont assez difficiles parce que par exemple si je prends le cas des enseignants en fait on a une baisse de l'attractivité du métier d'enseignant depuis 20 ans qui est très très forte on a beaucoup
moins de candidats aujourd'hui qu'il ya 20 ans et si vous prenez par exemple une question qui revient souvent celle des contractuels c'est des enseignants qui n'ont pas passé les concours et qui sont recrutés parfois de manière assez rapide ça n'existait quasiment pas il ya 20 ans aujourd'hui c'est 10 % des enseignants dans le second degré donc pour compenser ces questions-là d'absence d 'enseignants et les remplacer ça va être très compliqué dans un très court terme en fait à part mettre ces cahiers de doléances qui permettrait d'avoir une remontée exhaustive de ces informations là on doute sérieusement que ça puisse arrêter le mouvement c'est qu'il ya non alors non non oui pour avoir une vision exhaustive des revendications des lycéens les réponses qui peuvent être
apportées elles sont assez difficiles à percevoir aujourd'hui et on y reviendra aussi sur les autres thématiques évidemment vous avez évidemment pour vos reportages vous allez autour des lycées vous avez rencontré encore des les lycéens aujourd'hui oui alors dans paris ce qui est sensiblement différent que en banlieue le mouvement part de banlieue des quartiers populaires si on doit le qualifier il est logique on peut faire des cahiers d'oléances mais il n'y a pas de sujet que le ministère de l'éducation et que le gouvernement pouvait ignorer le manque de profs on connaît l'état des choses depuis longtemps 10 % de contrats actuels c'est global mais ça peut être beaucoup plus important dans certaines académies comme l'académie de crétail ou l'académie de versailles
et suivant les lycées donc déjà le bâti scolaire vieux constat moi ça fait des années que j en parle on a fait quelques débats ici voilà et on l'a bien vu pendant la canicule les besoins sont immenses donc effectivement ça se réglera pas d'un coup d'un seul mais quand même sur parcours sup c'est vraiment quelque chose qui remonte beaucoup les places à l'université là c'est des questions qui sont un peu plus récentes qui sont pas complètement nouvelles que les lycéens portent aussi eux mêmes moi j 'ai interrogé pas mal d'élèves il me parle de santé mentale et en fait c'est pas du tout déconnecté de leur vécu scolaire c'est un manque de perspective et un certain discours des adultes sur ce que c 'est l'avenir et ce que c'est l'orientation
où tout paraît un petit peu boucher ça c'est notre responsabilité d'adultes pas seulement ceux qui sont au gouvernement mais beaucoup ceux qui dirigent que d'y réfléchir avec eux mais je retiens effectivement un peu cette même idée parce qu'on va beaucoup se poser la question de la réponse possible du gouvernement elle n'est évidemment pas simple évident alors quand on voit les chiffres donnés par le ministre de l'éducation nationale 589 établissements perturbés il parle dit c'est moins que vendredi oui on avait à peu près 800 stéphane vernet est-ce que pour autant on peut dire que le gouvernement s'essouffle non et le gouvernement lui on est bien d'accord ben non je pense que ce que ce qu'oublie de dire le ministre de l'éducation nationale c'est
qu'il y a 589 établissements perturbés aujourd aujourd'hui c'est moins que vendredi d'accord mais il oublie de dire qu'il y a à peu près 500 lycées qui ont été fermés aujourd'hui et qui étaient des lycées potentiellement à problème ou à difficulté donc moi je suis pas je trouve que c'est un petit peu rapide et hasardeux d'en conclure que le mouvement s'essouffle et c'est surtout ce qui veut ce qui va se passer demain qu'il va falloir regarder en fait la mobilisation nationale avec une grande journée les étudiants avec les lycéens donc c'est là que c'est là que beaucoup de choses vont se jouer en fait c'est là qu'on verra si le mouvement s'essouffle ou pas avec effectivement vous l'avez dit des lycéens qui demandent par exemple d'avoir
un prof dans chaque classe écoutons alma élève du lycée charlemagne à paris les problèmes ils sont clairs en fait c'est pas à nous de les rapporter le fait que dans 53 % des établissements scolaires il manque un ou plusieurs profs c'est pas à nous de leur apporter ça se voit et enfin ça se voit d'ailleurs quand on voit la chute de notre classement sur pisa on voit que c'est un système d'éducation qui fonctionne pas en fait c'est pas à nous de leur apporter c'est assez eux qui devraient c'est édouard gévray qui devrait être soucié par ça dès le départ en fait c'est intéressant parce que louise touret c'est c'est des revendications des profs ? On retrouve dans la voix des lycéens des choses qu'on entend dans celles de leurs professeurs depuis des années.
Moi, je pense que les adolescents métabolisent toujours quelque chose de la société et qui nous le renvoie, que les revendications des professeurs et des parents d'élèves... Moi, ces histoires de professeur non remplacé, j'en entends parler aussi depuis très longtemps. Ca fait 17 ans que je produis l'émission que je produis. Elle a changé de petite, mais c'est en gros la même chose. Et donc sur... Il n'y a pas cours. Voilà, il y avait cette plateforme de l'AFCPE, mais des tonnes et des tonnes d'heures, des élèves de collège qui n'ont pas maths pendant plusieurs mois, des élèves aujourd'hui qui passent le bac, qui n'ont pas de profs de On l'a vécu avec certains journalistes de la rédaction qui ont encore eu, je crois que son fils a eu 10 ou 11 professeurs des écoles différentes.
On m'envoie des messages. Est-ce que tu peux parler de ma situation ? Qui à Bagneux ? Qui à Paris 20e ? Qui en province ? Évidemment, on peut le faire globalement. On manque d'enseignants. C'est pareil, ça ne va pas se régler, mais on a l'impression que... Parce que je ne sais pas s'il y a beaucoup de professeurs absents à Charlemagne. On n'est pas traités totalement à la même enseigne, ne serait-ce que parce qu'il y a une répartition académique des enseignants. En Seine-Saint-Denis, ils sont plus jeunes, moins bien remplacés et c'est vraiment un problème endémique qui aurait dû être pris beaucoup plus tôt et beaucoup mieux le pouvoir. Les différents gouvernements n'ont peut-être pas pris la mesure de ce problème des professeurs non remplacés.
C'est-à-dire pas avoir cours quand on passe le bac, c'est pas possible. Ce qui est dingue aussi, c'est qu'Édouard Jeffress, c'est pas n'importe qui. Il a piloté la politique, je crois, la politique scolaire au niveau national entre 2019 et 2024. Donc tous ces problèmes-là, il est censé les connaître. Mais il les connaît. Il le très bien. Donc quand il vient devant les caméras, on a l'impression que... Le problème, pardon, mais le problème, c'est pas Édouard Jeffress en lui-même qui... Il aurait pu sentir peut-être les revendications avant et la mobilisation. Et il le sait, mais c'est pas Édouard Jeffress qui fait le budget de l'éducation nationale. C'est-à-dire que quel est le poids politique d'un ministre de l'Éducation aujourd'hui pour défendre son budget ?
Moi, je vais pas vous raconter tout ma vie, mais quand j'étais lycéenne, il y a eu un mouvement en 1990 où les lycéens ont obtenu beaucoup de milliards. Mais c'était Lionel Jospin, le ministre de l'Éducation. C'était quelqu'un qui avait beaucoup de pouvoir. Vous êtes en train de faire la chronique, l'édito de Steve dans une minute. Il avait beaucoup de poids dans son gouvernement et ce n'était pas le même genre de gouvernement. Mais donc ça a été plus facile, vous le savez. On y revient là-dessus. Je voudrais qu'on revienne au point de départ. C'est dans un lycée de Créteil, Youssef Swidi. Peut-être qu'on peut faire un focus, vous venez de l'évoquer, mais sur cette académie, est-ce qu'elle est particulièrement sinistrée par rapport aux autres ?
– Vous avez parlé du premier degré, des problèmes de remplacement dans le premier degré. Tout à l'heure, je parlais de la baisse de l'attractivité du métier d'enseignant dans le premier degré, c'est encore plus criant. Il faut savoir que pour le premier degré, les recrutements se font par académie, ils ne se font pas au niveau national. Et donc, dans l'académie de Créteil, depuis le début des années 2020, pour 100 postes disponibles, on a seulement 90 candidats. C'est-à-dire que même si tout le monde était pris, on ne pouvait pas mettre un enseignant devant chaque classe. Alors après, on peut se dire en fait c'est l'Académie de Créteil, c'est comme ça. Mais si on regarde en 2005, on avait à peu près 250 candidats pour 100 postes disponibles.
Donc en fait, il y a vraiment eu une baisse, un phénomène structurel de baisse d'attractivité du métier d'enseignant qui fait qu'aujourd'hui dans l'Académie Créteil, mais c'est aussi le cas dans l'Académie Versailles, on n'a vraiment pas assez de candidats et donc je vous disais 90 candidats pour s'en pos disponibles, mais bien entendu, tout le monde n'est pas pris. Donc voilà, on a... Et si on est dans l'Académie de Rennes, ce n'est pas du tout la même situation. On a, si vous voulez, les recruteurs ont beaucoup plus le choix dans les candidats qui se présentent. Et si on revient sur ce lycée Saint Exupéry, donc j'ai regardé les chiffres. Je vous disais tout à l'heure qu'il y a 10 % de contractuels au niveau national. Dans ce lycée-là, c'est 20%, c'est deux fois plus.
Et pour ce qui est de la part des moins de 25 ans, c'est 33 % des enseignants dans ce lycée qui ont moins de 35 ans, pardon. 33 % des enseignants de ces lycées qui ont moins de 35 ans, alors qu'au niveau national, on est plutôt autour de 15%. Donc on a vraiment un lycée avec des caractéristiques bien différentes que la moyenne nationale, ce qui se ressent d'ailleurs dans les discours des A l'instant, l'agence France Presse nous donne ce chiffre. C'est la chancerie, le ministère de la Justice qui nous dit que dans ce mouvement lycéen, il y a eu depuis le début des violences 5060 gardes à vue, 14 personnes écrouées. On reviendra sur la réponse sécuritaire, répressive parce qu'évidemment c'est un chapitre important de ce débat.
Mais Steve, on y vient à votre édito, vous vouliez revenir sur la façon dont le Premier ministre, Sébastien Lecornu, tente de reprendre la main face à cette colère des lycéens. Vous dites trop peu, trop tard ? Deux semaines pour comprendre qu'on ne met pas fin à une colère lycéenne uniquement avec des CRS, Thomas. Hier soir, Sébastien Lecornu a donc envoyé une lettre de quatre pages à ses ministres. Il détaille cinq grands chantiers pour répondre aux revendications. Première piste, remplacer plus vite les enseignants absents. Ça, c'est le chantier qui est décrit comme prioritaire par le gouvernement. Il faut aussi adapter les lycées aux fortes chaleurs, revoir les emplois du temps et les journées à rallonge, rendre Parcoursup plus transparent ou encore donner davantage de
poids à la parole des lycéens. Les premières décisions sont promises avant la fin du mois d'octobre. Quand
c'est ensuite propagé un peu partout sur le territoire. Du côté du gouvernement, on a surtout entendu casseurs, LFI, maintien de l'ordre, mais rien ou presque sur le fond des revendications. On a aussi entendu, et on l'a dit sur ce plateau Thomas, que le budget de l'éducation nationale augmentera de 1 ,2 milliard d'euros l'année prochaine. C'est vrai, mais l'argent ne règle pas tout. Une crise lycéenne n'est pas une simple crise budgétaire. Les lycéens demandent à être entendus et jusque-là, ils ne l'ont clairement pas été. Et on y vient donc à cette année 1990, vous dites que l'histoire pourrait servir de boussole au gouvernement. Autre contexte, autre époque, effectivement, automne 90, des lycéens descendent dans la rue pour réclamer davantage de moyens
et de meilleures conditions d'études. Le Le mouvement part de lycée, de banlieue. A l'époque, comme aujourd'hui, le gouvernement de gauche, dirigé par Michel Rocard, minimise la situation et dénonce des violences. Puis, le mouvement prend de l'ampleur. Jusqu'à 100 000 jeunes défilent à Paris pour une grande marche nationale pour l'éducation. François Mitterrand finit par comprendre qu'il faut reprendre la main. Il décide alors de recevoir lui-même les représentants lycéens à l'Elysée. Et alors vous pensez qu'Emmanuel Macron devrait ou devra faire pareil Sébastien Lecornu peut multiplier les annonces et tenter de répondre point par point aux revendications. À un moment donné, il faudra un geste politique. Emmanuel Macron est le seul à pouvoir le donner.
En 1990, Mitterrand avait débloqué un plan d 4 ,5 milliards de francs pour financer la rénovation des lycées. Emmanuel Macron devra peut-être lui aussi ouvrir les portes de l'Elysée et surtout le portefeuille de l'État s'il veut calmer la colère. Sauf qu'on n'est pas exactement dans la même situation budgétaire, Stéphane Vernet la marge de manœuvre budgétaire elle est quasi nulle on est bien d'accord ce qui rend la réponse politique compliquée qu'est-ce qui rend au-delà de ça la réponse politique compliquée Alors, moi, je pense qu'en fait, ça a été dit, mais je pense que le ministre de l'Éducation nationale, je pense que le Premier ministre et je pense que le gouvernement sont parfaitement conscients de la situation des lycées
depuis très longtemps, en fait, et qui cherchent à la traiter, à y répondre. Le problème, c'est que la façon dont ils le font, ne correspond pas aux attentes et au niveau de contestation et de colère qui s'exprime aujourd'hui. Les cinq chantiers qui sont ouverts par Sébastien Lecornu dans sa lettre de dimanche correspondent au revendications essentielles principales des lycéens, y compris sur Parcoursup, voilà. Et puis le problème c'est que ça vient trop tard et en fait il n'a pas ni les moyens financiers, il n'a ni le temps ni les moyens de mettre en oeuvre ce qui met sur la table aujourd'hui et qui met trop tard sur la table, en fait. C'est-à-dire que vous l'avez dit, sur le budget, il n'y a aucune marge de manœuvre.
Il y a effectivement un budget d'éducation nationale qui augmente en valeur absolue. C'est 1 ,2 milliard de plus que l'année dernière, mais vous avez les oppositions qui disent oui sauf que si on prend si on devait tenir compte de l'inflation en fait le budget de l'éducation nationale il n'augmente pas. Il baisse ? Oui c'est vrai mais alors tous les autres budgets ministériels à part la défense baisse parce qu'on n'a plus aucune marge de manoeuvre là on est en train de dire que il faut trouver 54 milliards d'économies ou d'efforts l'année prochaine 11 milliards des gens engagés 43 milliards supplémentaires l'éducation nationale fait partie des ministères qui sont préservées avec la défense avec mais je veux dire les besoins sont énormes
il y a plein d'autres priorités qui sont sur la table en même temps de toutes sortes de secteurs et de services publics qui nécessiteraient des des investissements importants, la santé, la police. On y reviendra, mais une des problématiques de ce mouvement, c'est la réponse policière. C'est l'état du maintien de l'ordre dans ce pays. mais les policiers aussi manquent de moyens, et on le voit à travers ce mouvement. La justice, etc. Si vous voulez, le problème, c'est que tout ça devrait se faire alors qu'on n'a plus de marge de manœuvre financière, en tout cas, et qu'en plus, si vous voulez, on a une élection présidentielle qui arrive l'année prochaine, et qu'à un moment, les solutions que Sébastien Lecornu propose à moins de 48
heures d'une grande manifestation nationale, elles Elles mettront des mois à produire des effets. Et mais des mois, ça veut dire qu'elles pourraient produire des effets à un moment où lui ne sera plus là, de toute façon. Et surtout, qui a vraiment entendu parler de cette lettre de Sébastien Locornu Dans les cortèges, c'est quelque chose qui est forcément revenu aujourd'hui. Louise Touré ? Est-ce que ça infuse d'une façon ou d'une autre après des jeunes ? Il y a deux choses assez importantes quand même. Déjà l'éducation, c'est une dépense mais c'est aussi un Donc ça coûtera cher à la France de ne pas investir dans l'éducation très cher et ça coûte déjà très cher à la France de ne pas avoir assez maintenu son système d'enseignement supérieur à flot.
On a des grosses générations là d'étudiants et pas assez de place dans les universités parce que les universités ne sont pas financées. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les présidents d'universités qui se déclarent à peu près toutes en faillite, qui le disent. Autre chose sur le maintien de l'ordre, peut-être qu'on aurait besoin de former davantage la police française au maintien de l'ordre. Il y a une vraie question.
Il y a souvent l'argument démographique qui est donné Youssef Swidi sur le thème on fait moins d enfants, donc il y aura des cohortes moins nombreuses. Est-ce que ça vaut le coup d'investir autant alors qu'il y aura moins d'enfants dans les écoles ? Il y en a déjà moins d'ailleurs. Sur la question du contexte économique, je pense que si on avait un représentant des syndicats d'enseignants, ils vous répondrez que depuis 2010, je crois, le point d'indice est gelé. Il y a eu quelques hausses de temps en temps, mais en fait, les enseignants ont perdu énormément de pouvoir d'achat. Et Louise Touré, vous parliez de l'enseignement supérieur. C'est vrai qu'il y a eu une explosion du nombre d'étudiants. Mais en fait, la dépense par étudiant, elle a beaucoup diminué.
Et quand on entendait parler de parcours sup, en réalité, il y a le problème parcours sup, mais il y a le problème de place. S'il n'y a pas de place, ça peut – Parcours sup, ça pète. – Ok, mais si je me souviens bien, c'était peut-être dans une chronique, Steve, mais la semaine dernière, vous avez expliqué que par rapport à la moyenne des pays de l'OCDE, la France dépense 28 % de plus que la moyenne pour ses lycées. Pardon, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que cet argent public, Louis Souré, il est mal utilisé, il est gaspillé. Alors ce qu'on sait, c'est qu'on dépense plus pour les lycées, mais moins pour le primaire. Non, mais là on parle des lycées. En l'occurrence, c'est une situation dans les lycées qui est problématique.
Alors, c'est des choix qui ont été faits il y a longtemps avec des classes qui sont quand même surchargées. C'est hallucinant pour les lycéens d'aujourd'hui d'entendre des vont ces 28 % de plus que les autres pays ? Des systèmes d'options, en fait, qui coûtent très cher et il y a beaucoup d'enseignants hyper mal payés dont les jeunes qu'enseignent en Seine-Saint-Denis. Après c'est des enseignants qui qui sont plus avancés dans leur carrière, donc ils coûtent beaucoup plus cher que les enseignants de primaire. Voyez ce qu'un professeur de lycée peut en fin de carrière, hors classe, gagner, et on trouve ça très bien, beaucoup mieux sa donc c'est ça qui coûte aussi plus cher et c'est un choix qui a été fait depuis longtemps pour la France. Moi, j'aimerais...
En fait, on entendait une élève de Charlemagne, elle ne coûte pas du tout pareil à l'État qu un élève de Saint-Exupéry à Créteil. C'est abyssal, la différence. Elle coûte, elle, beaucoup plus cher. Agrégée, qui a tous ses profs. Et quelqu'un qui a des profs stagiaires, des contractuels, c'est vraiment les salaires n'ont rien à et donc ça a été calculé. Ce n'est pas du tout la même dépense. Les moyens, ils sont là, mais ils sont très inégalement répartis en fonction des académies. Je suis désolé, mais à Paris-Intramuros, vous n'avez pas du tout les mêmes problématiques et ce ne sont pas du tout les mêmes coûts que dans le reste de l'île de France, où vous citiez l'Académie de Rennes, qui est particulièrement bien dotée, par exemple.
Il y a une inégalité de répartition dans les moyens qui sont mis dans les lycées, et c c'est aussi renforcé par le fait que, je vous rappelle que tous les établissements scolaires sont à la main des collectivités. Oui, c'est ce que j'allais dire. Les lycées et les régions sont les régions. Vous en avez qui ont les moyens, qui investissent... Le bâti, pas le salaire des profs. Oui, mais ça fait partie du problème, excusez-moi, mais dans les revendications des lycéens, il y a aussi au cœur des revendications la problématique des locaux vétustes. Vous avez des régions qui ont les moyens et qui font ce qu'il faut, et puis d'autres qui ne le font pas ou qui ne veulent pas le faire ou qui n'ont pas les moyens. Je viens vous entendre là
D'autant plus que selon les territoires, il y a eu des trajectoires démographiques très différentes. Si on prend Paris et sa petite couronne, Paris a perdu 8 % d'élèves dans le second degré entre 2005 et 2025. La Seine-Saint-Denis a augmenté de 14 % son nombre d'élèves. Elle a eu Le Val-de-Marne, 8%. Est-ce que les investissements ont été faits ? Parce qu'on peut avoir des lycées à Paris, mais ce n'est pas transférable nécessairement en Seine-Saint-Denis. Et du coup, est-ce que le bâti a été adapté à cette explosion démographique ou est-ce qu'on s'est dit, comme on se dit aujourd'hui un petit peu dans l'enseignement supérieur, il y a une bosse, il y a une explosion démographique mais ça va baisser à un moment et du coup on laisse passer. – Alors oui, j'explique l'explosion démographique
mais Édouard Geffray dit, alors je ne sais pas si c'est c'est vrai, 180 000 élèves en moins l'année prochaine au lycée. Donc c'est pour justifier un peu le... – 160 000 en moins aussi cette année en fait, donc en cumulé, il y a une vraie baisse des effectifs. Ça c'est mécanique, ça s'appelle la Donner de l'air pour justement investir dans les lycées ou dans les départements. La baisse au niveau national, elle est très claire. Mais en fait, c'est des trajectoires très différentes selon les différents départements, les différents territoires. Et donc, comment est-ce Est-ce qu'on gère ces trajectoires différentes selon les départements et on réorganise un petit peu les dépenses de manière territoriale ? Dans la réponse, il y a aussi l'idée
que vous avez un ministre de l'Éducation nationale qui dit si je m'entenais à la démographie aux chiffres stricto sensu, c'est pas 1500 je sais plus combien pouillem de postes qu'il faudrait supprimer cette année mais c'est 9000 et en fait il dit son raisonnement c'est de dire il faut faire baisser les effectifs des enseignants mais moins que la démographie pour pouvoir aussi et tout en maintenant le budget parce qu'un des enjeux c'est de pouvoir avoir moins d'enseignants par élève et de pouvoir mieux les payer en fait à l'arrivée. Non, moins d'élèves par par enseignant. Excusez-moi. Moins d'élèves par enseignant et de pouvoir mieux les payer, en fait. D'avoir moins d'enseignants, pour pouvoir mieux les payer, c'est ce que font les Allemands et qu'on ne fait pas.
On a beaucoup plus d'enseignants par rapport au nombre d'élèves que les Allemands. Et en fait, à budget constant, ça permettrait de revaloriser le salaire des enseignants. Ce qui est une bonne chose aussi, ça fait partie du problème. Mais encore une fois, on est sur des choses de long terme, voire de très long terme et ça ne répond pas à l'urgence du moment en fait. Pas mal de questions qui sont en train de nous arriver, n'hésitez pas, le QR code, vous le flashez, vous le scannez et ça vous permet de participer. Je vais les lire, d'abord Dominique qui nous écrit de Dijon, ça peut valoir des réponses assez courtes parfois. Pourquoi les représentants des parents ne font aucune alerte au gouvernement sur ces problèmes ? Je pense qu'ils ont alerté. On croit que c'est le cas.
Sur les absences non remplacées, c'est le cas. Ils alertent depuis longtemps. Sur le bâti scolaire aussi. Aussi sur cette question-là, il y a deux ans, on se souvient qu'il y avait eu des vidéos qui avaient beaucoup circulé sur TikTok d'un lycée de Sensani où ils montraient l'état de délabrement, ce qui avait suscité une petite polémique. Et donc il y a des alertes après. Effectivement, c'est les réponses qui sont apportées. Patricia, c'est une de nos fidèles, de Charvieux-Chavagneux. Comment est réparti l'argent dédié à l'enseignement ? Est-ce que c'est vrai que le privé l'emporte sur les dotations face au public ? Qui peut répondre à ça ? Il y a des choses intéressantes à raconter. Il y a un établissement qui n'est pas très loin, Stanislas, qui a une très belle piscine,
qui a été payée avec un million de la région. Donc ça pose question. En tout cas, il y avait eu une très bonne enquête du Monde, qui avait été aussi publiée par France Info, sur comment les régions décidaient de financer davantage ou non l'enseignement privé en Ile-de France, on finance un petit peu mieux les lycées privés qu'auparavant. Ce sont des choix budgétaires. On parle de... Il y a des élèves, ça ne veut pas dire qu'il faut... C'est un cas particulier parce que je vous rappelle... Non, c'est pas la seule région à le faire. Alors je vous rappelle que la région où il y a le plus d'établissements privés, c'est la Bretagne. Donc vous pouvez nous en parler. Ah oui, et la Bretagne concentre l'essentiel des établissements privés.
C'est une région qui est une région socialiste et il n'y a pas le même type de politique qu'en Ile-de-France ou qu'à Paris. C'est fini le truc de dire... Il y a d'un côté le privé, c'est une tradition en Bretagne, dans le Nord. Maintenant, le privé, on le sait et on le voit de manière éclatante à Paris. Mais ce n'est pas seulement le cas à Paris. Il y avait eu une enquête assez géniale de Sylvie le Charbonnier à Angers, qui n'est pas en Bretagne, je sais, à Angers sur la ségrégation socio-scolaire, en fait. Et le privé, financé avec de l'argent public, sert aussi à éviter l'école publique, renforçant, je ne l'apprends pas à Youssef Soudi, une forme de ségrégation qui n'est pas géniale pour le projet républicain de l'école. – Si vous voulez bien, il y a encore plein de thèmes à aborder,
c'est passionnant, mais on répond aux questions de nos téléspectateurs et téléspectatrices, c'est sympa. Donc je referme la parenthèse public privé. Petite question quand même politique parce qu'on évoque la réponse du gouvernement et c'est vrai que vous l'avez évoqué tout à l'heure, on a eu notamment cette phrase de Sébastien Le Cornu, ciblant, je cite LFI et ses proxys de l'ultra-gauche. Comment vous l'analysez ? Est-ce que vous parlez d'erreur politique à ce moment de la crise lycéenne ? Non, c'en est une. En fait, que la France insoumise soit sur le terrain et accompagne les jeunes dans leurs revendications. Enfin, on parlait du lycée Saint-Exupéry de Créteil qui est dans le Val-de-Marne, c'est la circonscription de Clémence Guettet.
Elle était immédiatement au départ du truc, mais pour accompagner en fait les lycéens, les enseignants dans leurs revendications. Que la France Insoumise accompagne ses mouvements, c'est normal, entre guillemets, ça fait partie de leur politique, ils ont toujours eu une politique... – Est-ce que pour autant, ils sont à l'origine ? – Pas du tout, des violences pas du tout, absolument Je pense qu'il y a une grosse erreur. Parler des proxys d'ultra-gauche en disant que le gouvernement peut reprocher à la France insoumise d'encourager les mouvements sociaux, les manifestations en disant que pour des raisons de responsabilité, il vaudrait mieux apaiser les choses. Il y a notamment le maire de Saint-Denis qui a dit que la violence était légitime.
Non, ce qu'il a dit, c'est qu'il parlait d'un jeune qui avait été visé par un tir de LBD et qui disait, dans certains cas, la violence peut être légitime. Alors après, si vous voulez, ce raccourci qui consiste à dire que la France insoumise serait à l'origine des violences, moi je pense qu'il est très... D'abord les lycéens ne sont manipulés par personne, ils font ce qu'ils veulent, ils portent leurs revendications et je crois pas du tout à ce discours-là et je pense même que c'est une erreur. C'est pour ça que vous posez la question d'une erreur politique. Il y a des éléments extérieurs, il y a des casseurs etc. qui viennent sur les blocus, moi je ne sais pas qui est derrière et honnêtement je pense que la France insoumise n'a absolument aucun intérêt à entretenir
ce chaos à 7 mois de l'élection présidentielle parce que c'est quelque chose qui leur retombe sur le coin de la figure clairement d'un point de vue politique. Et puis l'ultra gauche, en fait l'ultra gauche c'est quoi ? C'est pas la France insoumise. Moi je rappelle souvent que l'ultra gauche, ce qu'on appelle l'ultra gauche aujourd'hui, c'est des gens qui considèrent que la France insoumise ce sont des bourgeois. Et ils sont pas du tout dans leur roue en fait. Je crois qu'il faut remettre les Et alors, je suis malheureusement ou heureusement, je ne sais pas, le plus expérimenté autour de cette table. Je crois qu'à chaque mobilisation lycéenne, j'ai entendu l'argument de la manipulation et des mouvements métiers qui pouvaient être derrière. En 90 aussi, c'était la ICR, c'était la Oui, oui.
Mais on peut dire ça et se poser la question, Louis Stouret, de lien entre certains syndicats lycéens ou étudiants et la France insoumise. Ça, c'est pas un gros mot de dire ça. Alors pour le coup, je pense qu'il y a une forme quand même d'autonomie et d'autonomisation politique des lycéens et peut-être ils sont beaucoup plus autonomes qu'à mon époque ou dans des époques précédentes à la nôtre. Effectivement, il y a des par exemple il y a des leaders socialistes qui sortaient du syndicalisme étudiant mais aussi lycéens, je me sens de Delphine Bateau, enfin il y a plein de noms. Il y a plein d'exemples. Et effectivement c'est une école de la politique et il faut le voir comme ça.
Et d'ailleurs en laissant les mouvements grandir comme ça et en créant ce rapport de force, c'est le gouvernement qui nourrit un peu cette politisation et peut-être un peu contre lui de la jeunesse. Donc c'est plutôt ça la question qu'il faut se poser. – L'inverse est aussi, c'est-à-dire que les Insoumis aussi politisent ce combat en mettant en cause la Macronie, la Macronie qui est accusée d'avoir mutilé des jeunes Donc si l'LFI n'est pas à l'origine des violences ni du mouvement, mais il y a aussi des deux côtés, tant du côté du gouvernement que du côté de la vie, une utilisation politique de ce mouvement. – Non mais totalement, mais si la question c'est celle des violences, moi je suis désolé, c'est pas la France insoumise qui encourage les violences. C'est autre chose, en fait.
Que le mouvement soit récupéré ou accompagné politiquement, oui. Ça fait partie de la stratégie de la France insoumise. Ils ciblent les jeunes, etc. Ils sont dans les quartiers, donc là-dessus c'est public, je veux dire c'est très clair, mais de là à les accuser de provoquer ou d'encourager les violences, moi je pense que là l'erreur elle est là en fait. Je redonne les chiffres, on ouvre ce chapitre même si on a commencé à l'évoquer, vraiment consacré à la question de la réponse policière, violence policière, légitime, disproportionnée. On ouvre toutes ces questions. Je rappelle les chiffres donnés par la chancellerie du ministère de la Justice. Plus de 5 000 gardes à vue, 14 personnes écrouées. Ça, c'est un premier élément. Deuxième élément, ce sont vos réactions.
On a deux réactions qui vont à peu près dans le même sens. Je commence par Mousse qui nous écrit de Grenoble. « Ce gouvernement a réduit le budget de l'éducation nationale pendant des années. Et aujourd'hui, la seule réponse serait l l'usage des LBD pour l'interrogation. Voilà, première réaction critique, voire très critique. Laurent qui nous écrit d'Épinal, les conditions dans lesquelles se déroulent les interpellations ou les gardes à vue sont inadmissibles ? Cela devrait entraîner la démission du ministre de l'Intérieur. Alors voilà pour vos réactions. Maintenant, on va écouter deux sons de cloche très différents. D'abord un ministre, en l'occurrence le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Il insistait ce matin sur, je le cite, les casseurs qui infiltrent le mouvement. On écoute Philippe Baptiste. Demain embrasement au niveau national sur lycéens plus étudiants. Oui, je le crains évidemment, mais c'est comme tout le monde. Je suis vigilant. Je suis aussi vigilant au fait qu'on voit qu'on a depuis quelques jours à côté des étudiants et à côté des lycéens aussi des casseurs, des black blocs et des casseurs qui s'infiltrent dans le mouvement, qui sont en général très, très, très violents. Et ce qui pose évidemment pour les forces de l'ordre des difficultés supplémentaires. Et je voudrais quand même souligner aussi que les forces de l'ordre ont fait preuve
vraiment d'une très grande proportionnalité sur, jusqu'à maintenant, sur un mouvement qui était un mouvement à la fois dur et avec en face des – Philippe Baptiste chez nos confrères de Sud Radio, pour la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui est d'ailleurs une ancienne CPE, une ancienne conseillère principale d'éducation. Pour elle, la répression policière, elle est disproportionnée. Nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis 10 jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée contre la mobilisation des lycéennes et des lycéens en tant qu'ancienne J'ai travaillé en Seine-Saint-Denis, j'ai travaillé dans les quartiers nord de Marseille. Je peux dire qu'on ne gère jamais une mobilisation lycéenne comme ça. Jamais.
On n'envoie pas les policiers pour déloger des lycéens et et des lycéennes qui expriment des revendications légitimes. Ce qu'il faut, c'est permettre au personnel éducatif d'ouvrir le dialogue avec les lycéens et les lycéennes. Et là, l'erreur que je vois, c'est de fermer les lycées. Ce qu'il faudrait, au contraire, c'est faire une journée banalisée pour permettre aux lycéens et aux lycéennes, dans leurs établissements scolaires, de pouvoir débattre collectivement, décider de leurs revendications, décider de leur mode d'action et le faire en sécurité dans leurs établissements. Sophie Binet dans la matinale de TF1. Est-ce que ces policiers, je commence avec vous Youssef Swidi, ils font aussi face à certains adolescents de plus en plus violents?
Est-ce que la violence qui qui leur fait face à changer ? – Alors là-dessus, moi je n'ai pas très envie de faire la question, mais Louise parlait de ses expériences. Moi j'étais collégien lycéen pendant le CPE, je me souviens qu'il y avait également des casseurs, etc. Comme vous le disiez tout à l'heure, tout mouvement a ces casseurs mais alors moi la manière dont je le vois plutôt cette répression policière sur les lycéens c'est qu'on est sur des lycées qui sont mobilisés qui sont pour la plupart des établissements très ségrégés socialement pour commencer et donc que leur première expérience de mouvement politique mouvement social soit se fasse dans une telle répression après donc moi j'y pense parce que dans la ségrégation voilà il y a
l'écart entre les discours en éducation morale et civique où on dit qu'il y a le vivre ensemble, la méritocratie etc. et l'expérience concrète que font les élèves de leurs conditions d'enseignement et là il y a également la différence entre le droit de manifester etc. et la manière dont ces manifestations là sont traitées. Mais ça ne justifie pas pour autant la violence ? Non non non mais je ne sais pas de qui vient ces violences moi. Mais en fait on ne sait pas à qui ça profite la violence, ça ne profite pas aux lycéens. Et je pense qu'elle vient de gens qui ne sont pas tous lycéens. Et politiquement je ne pense pas que ça profite non plus à la France Insoumise. Je pense que la violence profite aux adversaires du mouvement lycéen,
qu'on ne sait pas forcément d'où elle vient, qu'elle ne vient pas de lycéens qui sont mobilisés pour des meilleures conditions. Mais ce n'était pas ma question. C'est important de le dire. Ma question, c'était sur la difficulté et je ne suis pas en train de prendre aveuglement la défense des policiers. C'est la difficulté de la réponse policière face à une jeunesse. Peut-être, j'ouvre le débat, de plus en plus violente. Je ne sais pas si la jeunesse est de plus en plus violente. On a quand même vu une petite gamine de 14 ans se faire attraper, se faire faire une clé de bras ou de je ne sais pas quoi. Un étranglement à l'enseignement. Une clé d'étranglement. Bien sûr, il y a 6 enquêtes. Il y a 6 enquêtes de l'IGPN qui sont ouvertes. Moi j'ai des enfants, je suis images de casseurs,
il y avait ce matin dans un lycée parisien l'approviseur qui racontait j'entendais ça sur RTL ce matin. Elle est venue dans mon émission. Voilà. Ils étaient barricadés, ils ont eu peur que la porte cède, ils essayaient de mettre le feu à la porte, il y avait 100 gamins qui étaient dans la cour paniqués. Essayons de voir les deux côtés. Si on veut mettre la balance, et peut-être qu'il faut que ce ne soit pas... Enfin, prendre la mesure de ce que c'est d'être. Un jeune irresponsable, violent, je déteste ça et on est tous d'accord pour dire que ce type de violence n'est jamais justifiable. Et être un policier qui est donc responsable, qui est donc censé être formé,
qui est donc censé nous défendre, nous, les citoyens, et représenter l'Etat. Et donc on n'est pas censé envoyer des LBD ou des grenades sur des gosses ? A quel moment c'est ça le maintien de l'ordre ? Je suis désolée, mais il y a beaucoup de pays qui s'y prennent totalement autrement et qui font face à beaucoup moins de violence de la part de leur jeunesse. Il faudrait peut-être aller voir comment les policiers sont formés ailleurs. Je vous le redis, moi, en tant que parent, je suis terrorisée. Même à l'idée de passer à côté d'un endroit où il y aurait à la fois des policiers et des élèves parce qu'ils pourraient se passer comme explosion de Mais dans tous les milieux, un gamin de 16 ans, c'est une amie qui m'a raconté ça, qui s'apprête à aller, il participe au blocus de son lycée.
C'est la première fois qu'il le fait. Qu'est-ce qu'il met dans son sac à dos ? Il met une cagoule et des lunettes de ce qui... Donc il anticipe ce que va pouvoir être le rapport de force avec la police. C'est pour ça que je pose la question d'une sorte de diffusion d'un... Alors ça pose aussi la question de la perception de la police par notre jeunesse, de comment ils anticipent ce qui va être forcément des gens. En 68, alors on n'était pas là, les manifestants n'étaient pas du tout super calmes. C'est des gens qui font partie du personnel politique,
Bref, on va lancer des pavés sur la police. Les pavés, c'est pareil, c'est super violent. Il y avait une forme de violence, il y avait des instructions. Le préfet Grimaud avait donné des instructions. Il n'y a pas eu de mort pendant les attention à la formation des policiers. Stéphane Vernet, votre avis ? Moi je suis complètement d'accord, je pense qu'on a un problème de maintien de l'ordre dans ce pays, mais qui est lié à un problème de... La violence de la jeunesse, elle va toujours exister, elle est cyclique, elle est plus ou moins forte en en fonction des époques, etc. Je ne suis pas persuadé que les jeunes d'aujourd'hui soient plus violents que ceux d'hier. Par contre, on a un vrai problème de maintien de l'ordre dans ce pays.
En fait, dans les forces qui sont chargées du maintien de l'ordre aujourd'hui en France, vous avez trois niveaux vous avez les gendarmes mobiles qui sont les plus compétents il ya une rigueur militaire chez eux etc ils savent faire ils sont ils sont formés ils peuvent vous encadrer un mouvement de manière extrêmement professionnelle c'est ils répondent aux ordres il n'y a pas un truc qui dépasse. Après, vous avez les CRS, leur métier, c'est le maintien de l'ordre. Ils sont formés pour ça, c'est ceux qui ont les petites bandes jaunes à l'arrière de leurs casques. Le problème quand vous avez un mouvement comme celui-ci, c'est que dans l'écrasante majorité des cas au niveau de chaque blocus où la police intervient, ce ne sont pas les CRS,
ce sont des gardiens de la paix, ceux qui ont des petites bandes bleues derrière. Et en fait le problème des gardiens de la paix, c'est que leur cœur de métier, ce n'est pas le maintien de l'ordre public. Je veux dire, ils enfilent leur costume, etc., de Robocop quand il se passe un truc et qu'il y a besoin d'intervenir parce que les CRS ne sont pas disponibles, parce que les manifestations ne se passe pas en zone gendarmerie, etc. Et en fait, c'est là, ce problème-là, on le voit à chaque fois. Je veux dire, on l'a déjà eu. On l'a eu pendant les Gilets jaunes. Ce n'est pas nouveau, en fait. Et il y a un vrai problème d'accompagnement et de formation. C'est-à-dire que vous avez en fait... Moi, j'en veux pas aux policiers. Je suis pas en train de dire c'est de leur faute, etc.
Peut-être qu'ils sont pas suffisamment formés et je pense qu'on a un problème de doctrine qu'on n'a toujours toujours pas résolue dans notre problème, la doctrine par rapport au maintien de l'ordre. Comment est-ce qu'on gère les foules en privilégiant la désescalade ? Là, en fait, on est dans des actifs... Si vous voulez, le fait simplement d'aligner en face des des enfants, des policiers qui sont en tenue de combat avec des armes de guerre. Je suis désolé, mais les LBD, etc., c'en est. Moi, je veux bien qu'on parle de réponses proportionnées, mais on sait par expérience que d'emblée avoir ce type de réponse par rapport à un mouvement quel qu'il soit, ça attise la réponse violente en face. Vous favorisez la violence et avec des gosses, excusez-moi, ou des gens, un public très jeune,
ça colle pas, ça passe pas Je vais rappeler quelques chiffres si vous nous rejoignez maintenant, 589 lycées fermés, ça c'est le chiffre officiel du ministère, enfin perturbé, 190 élèves blessés, le ministre Édouard Jeffrey il parle d'éléments accidentels, je sais pas exactement ce qu'il veut dire, par qui comment ont-ils été blessés, il y a en tout cas 6 enquêtes IGPN de la police et les polices qui ont été ouvertes et puis il y a également près de 80, 78 membres du personnel enseignant blessés depuis le début de ce mouvement, on continue de scruter la réponse du gouvernement. Il y a un autre aspect, c'est un projet de loi sur les casseurs et on va en voir le détail tout de suite avec Stéphane Duguay, c'est la chronique.
Puisque le projet de loi dit casseur-payeur va arriver au Sénat, Stéphane, dès la fin du mois ? Oui, les sénateurs vont plancher sur ce texte le 27 octobre prochain. Il sera en procédure accélérée, donc une seule lecture par chambre à l'Assemblée et au Sénat. Ça traduit la volonté d'aller vite sur ce projet de loi, la volonté du gouvernement dans le contexte non où vous avez déjà largement parlé de dégradation commise pendant les blocages des lycées ces derniers jours. Écoutez ce que disait Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement, c'était ce matin sur Europe 1 et CNews. Quand on a des jeunes de 14 15, 16 ans qui, à 9h du matin, sont en train de brûler des abris de bus ou, plus grave encore peut-être, le lycée dans lequel ils étudient.
Ça pose la question de la place des parents et de la responsabilité Ce projet de loi, on le rappelle, il est né à l'origine des violences constatées après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions au mois de juin dernier. Oui, on connaît le détail de ce texte depuis sa présentation au Conseil des ministres le mois dernier. Il veut renforcer une précédente loi de 2019 baptisée loi anti-casseurs. A l'époque, c'était une proposition de loi formulée par Bruno Retailleau qui était à l'époque président du groupe LR au Sénat. Cette loi prévoit que l'État puisse se retourner contre une personne qui a commis des dégradations une fois qu'elle a été identifiée. Et avec cette nouvelle loi donc voulue par le gouvernement, il ne sera plus nécessaire d'avoir commis des dégradations pour
payer les réparations ? Tout à fait. La loi casseur-payeur prévoit une responsabilité solidaire dans le cas de dommages causés lors de manifestations, d'événements sportifs ou d'émeutes. Alors très concrètement, vous participez à une manifestation où des dégradations sont commises. Si vous n'êtes pas parti malgré les sommations des policiers, vous pourraient être tenues responsables de ces dommages et chaque personne pourra participer aux réparations à hauteur de 10 000 euros par personne. Et si ces personnes-là sont mineures, la dette pourra être transformée en un travail non rémunéré dans une association ou une collectivité avec l'accord des parents. Alors ce principe de responsabilité solidaire, il est très critiqué notamment à gauche.
Écoutez ce qu'on disait hier sur notre antenne dans le grand jury, la députée insoumise Clémence Gaté. Cette loi est très grave parce que ce qu'elle fait, c'est qu'elle instaure une présomption de culpabilité. Donc vous avez dix jeunes à un endroit qui se mobilisent, etc. Il y en a un qui fait quelque chose qui détériore du matériel, etc. Les dix sont présumés et c'est coupable. Normalement, c'est la présomption d'innocence. Là, c'est le retournement. Il faudra apporter la preuve que non, vous n'avez pas participé à ça, ce qui est un outil de répression collective très très fort. Le projet de loi prévoit également que les allocations familiales pourront servir de réparation. Oui, ça c'est nouveau puisque jusqu'à aujourd'hui les allocations familiales
et les allocations logements sont par principe insaisissable. Mis à part certaines exceptions, l'Etat ne peut donc pas prélever de sommes sur ses aides sociales. Avec ce texte, c'est censé changer les allocations familiales et les allocations logements pourront servir pour payer les réparations, à la fois pour un auteur de dégradation. Si l'auteur touche des aides sociales, il pourra se voir prélever sur ses aides sociales la somme en question, mais aussi pour les parents d'un mineur qui aurait commis des dégradations. Le gouvernement fixe quand même une limite à l'utilisation de ces aides. Il ne faut pas que sa porte atteinte reste à vivre, dit le Premier ministre. Donc il faut prendre en compte le loyer, la situation des ressources financières de la famille, la taille de la famille.
Et puis il existe encore une question en suspense sur ce texte. Est-ce que ces mesures seront validées par le Conseil constitutionnel ? Le principe d'une responsabilité solidaire avait déjà été écarté en 2019, justement pour éviter l'inconstitutionnalité. – Merci beaucoup Stéphane pour toutes ces informations. Alors on on n'a pas vu le temps passer donc je vais vous demander un élément de réponse assez rapide. Youssef Suidi, quand je dis sans que ça porte atteinte au reste à vivre, je ne vois pas comment une telle loi peut être appliquée et efficace. C'est ce qui nous pose question, c'est-à-dire que si c'est déjà des personnes qui touchent des aides sociales, c'est qu'elles en ont besoin donc comment on va le renlever ? Je voulais juste ajouter un petit point sur la violence des jeunes,
en réalité si on regarde les manifestations des agriculteurs, elles sont également très violentes sur des bâtiments publics, etc. Ils ne sont pas jeunes pour la plupart d'entre eux. Effectivement, votre avis sur cette loi ? Je ne sais pas, les petits frères et les petites sœurs des gens présumés casseurs ne sont absolument pas responsables, jamais. Je ne vois pas pourquoi ces enfants qui ont besoin des allocations familiales... On parle peut-être de parents célibataires, de mères... Ça n'a aucun sens et c'est de la communication politique. Il n'y a rien d'autre à dire quant au principe de solidarité dans les manifestations, ça me semble être une atteinte aux droits de manifester, ne serait-ce que parce qu'on ne On ne voit pas forcément tout ce qui se passe quand il y a une foule.
Et puis, je le répète, parfois, on ne sait pas trop d'où viennent les casseurs et d'où viennent les dégradations. Donc ça me paraît un peu facile de porter atteinte à tous les mouvement, il suffit qu'il y ait un peu de casse et hop, tout le monde se prend 10 000 euros d'amende. C'est pas comme ça qu'on va régler les problèmes et c'est pas comme ça qu'on va conquérir le cœur de la jeunesse. Oui, effectivement, on peut parler Vous parlez même de contre-temps avec un tel projet. Un dernier mot, mais rapide, Stéphane Vernet, puisqu'il y a cette grande journée de manifestation, de mobilisation demain. C'est l'avenir du mouvement qui se joue peut-être de son extension à d d'autres secteurs que le lycée oui clairement et moi je pense que le gros enjeu de demain c'est de réussir à
encadrer et accompagner les manifestations qui vont avoir lieu sans qu'il y ait violence et que les choses soient maîtrisées c'est là qu'il faut qu'on soit dans la désescalade et ça ça dépend de la responsabilité de chacun mais aussi des forces de l'ordre et de la façon dont ils vont encadrer tout ça merci beaucoup à toutes et à tous votre livre louis tour est le meilleur pour nos enfants aux étudiants de l'atelier votre émission être et savoir est sur france culture et stéphane vernet on vous lit évidemment dans les colonnes de ouest france je vous dis à bientôt sur public sénat c'est l'heure du second débat de ce sens public direction les états