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interviewC dans l'air· 7 décembre 2025 10 min

Lecornu : trois jours pour éviter le crash

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le Premier ministre a publié un message en pleine nuit pour demander aux députés de prendre leurs responsabilités. E.Philippe va-t-il mettre sa menace à exécution et faire tomber S.Lecornu ces prochains jours? - Y.Braun-Pivet: Pour: 162.

Contre: 75. L'Assemblée nationale a adopté. - Supprimée par le Sénat, rétablie par l'Assemblée nationale, la réforme des retraites, ou le feuilleton sans fin pour les parlementaires qui, tard, hier soir, ont réintroduit la suspension du texte emblématique voulu par E.Macron.

Dans le camp du président, on fait mine d'avaler la pilule. - Je suis parfaitement à l'aise. Ce qui comptait pour nous, c'est qu'on aille à 64 ans, jusqu'au bout de cette réforme.

Je ne dis pas que c'est la meilleure réforme, qu'elle résout tout. Ce qui comptait pour nous était toujours dans le texte. C'est un décalage d'une génération, d'une année, de la mise en oeuvre de la mesure d'âge. - Une haie de plus franchie par le Premier ministre pour faire avancer le budget.

S.Lecornu entrevoit-il avec espoir le bout du tunnel? Lui qui a même été jusqu'à dégainer une note du ministère de la Santé distribuée aux députés ce jeudi avant le vote recettes du budget. - S.Lecornu: Je souhaite qu'il soit communiquée à l'ensemble de la représentation nationale l'étude d'impact en l'absence du PLFSS, ce qui nous amènerait à une perte de contrôle totale du pilotage de la Sécurité sociale, ce qui nous amènerait à 30 milliards d'euros de déficit pour l'année prochaine. - La partie recettes du budget à un moment crucial des débats, où les députés et le gouvernement ont dû trouver des compromis.

L'Assemblée s'est entendue en renonçant à l'augmentation des franchises médicales et au gel des pensions et des minimas sociaux. Elle a aussi voté pour une hausse de la CSG sur le capital. - Je redonne ce chiffre: 80 % de la CSG est sur 20 % des ménages, avec le plus haut niveau de détention du patrimoine. -140 députés ont voté contre le volet recettes, notamment ceux de LFI et de RN, pour qui le compte n'y est pas. - Il n'y a aucune mesure d'économies sur la bureaucratie, sur la fraude, rien!

Faire payer aux innocents, ne jamais faire payer les coupables, c'est-à-dire vous! - Une semaine de tension et un socle commun pas vraiment serein. Le fauteur de trouble s'appelle E.Philippe.

Mardi, l'ancien Premier ministre a fait savoir que les députés de son groupe Horizons s'abstiendraient au vote contre le projet de loi de budget. - G.Attal: On a besoin de sang-froid, de nerfs solides.

Mon choix est de tout faire pour avoir une rupture pour les Français. Ca interviendra en 2027. - Qu'il arrête de régler ses comptes avec E.Macron.

Il est dans une sorte de vengeance personnelle, qui n'a pas sa place au moment où notre pays est en très grande difficulté suite à la dissolution. E.Philippe nous disait que quoi qu'il arrive, il faut un budget. - Seuls 4 députés sur 34 ont approuvé le volet budget au sein du camp d'E.Philippe.

Que feront-ils mardi prochain? L'incertitude est plus que jamais d'actualité au sein de l'Assemblée. - A.Casse: On a besoin de vous pour nous raconter les coulisses.

Si on refait le film de cette semaine, mardi, on disait S.Lecornu cuit car E.Philippe avait dit qu'Horizons voterait contre le budget.

Il y avait l'histoire de la hausse de la CSG sur le capital. S.Lecornu obtient un compromis.

Il a annulé tout ce qu'il y avait sur son agenda. Il est venu à l'Assemblée nationale. Il avait une note du directeur de la Sécurité sociale. - N.Saint-Cricq: Il y a eu une histoire de dramatisation.

C'est peut-être de bonne guerre. En gros, c'est de leur dire: "On va au drame. On ne pourra plus rien maîtriser si c'est comme ça." Il montre les preuves de sa bonne volonté.

Il demande à quelqu'un qui est indépendant officiellement de donner toutes les raisons pour lesquelles on a besoin de ce budget. Après, c'est un vieux parlementaire, bien qu'il soit jeune. Il connaît très bien ce genre de choses.

On peut croire, vu de loin, qu'il y a des relations glaciales entre E.Philippe et S.Lecornu.

C'est peut-être ce qui va venir. Elles sont déjà moins bonnes. Mais tous ces gens-là se connaissent bien.

Ils se tutoient. Au "Figaro", on a observé que S.Lecornu n'est pas venu à l'anniversaire d'E.Philippe, cette année.

C'est peut-être un signe de cassure entre les 2. Ils s'appellent et se voient. Dans les séances de nuit, on voit des groupes avec A.de Montchalin qui a une calculette dans la tête.

Elle fait des calculs. S.Lecornu regarde avec ses collaborateurs.

Ils vont se voir. C.Meeus a parlé de B.Vallaud.

Ils coproduisent le budget. Quand ils ne se voient pas, ils sont en permanence en contact. Il ne faut pas croire que chacun est dans son coin.

C'est une espèce de donnant-donnant permanent. Sur la CSG, pour laquelle E.Philippe ne voulait pas d'augmentation pour tout le monde, il devait garder les socialistes qui tenaient à tout prix à cette CSG sans perdre E.Philippe.

Il a changé l'assiette de la CSG en enlevant un certain nombre de biens pour ne pas "pénaliser" les petits épargnants. - A.Casse: C'est du marchandage. - N.Saint-Cricq: Si on veut être antiparlementariste, on dit que c'est de la tambouille.

C'est ce qui se dit beaucoup au RN ou à LFI. Autrement, on peut dire que c'est de la véritable négociation. C'est à la fin qu'on verra si le fameux crash, même s'il n'a pas lieu et qu'on a un budget, s'il y a un crash pour l'Etat avec un pays discrédité à l'étranger, ridiculisé en Europe et que tout a été fait pour se maintenir... - A.Casse: Peut-être que nos téléspectateurs se disent que c'est de la tambouille. - N.Saint-Cricq: Quand vous avez dans votre circonscription, si vous y allez, des gens qui vous disent des choses différentes...

Certains disent que l'instabilité n'est pas supportable. D'autres disent: "Pourquoi vous ne votez pas ça?" Si un 3e vous dit: "On fait payer les riches..." On peut s'en satisfaire. le plus plaisir ou le moins déplaisir.

Les sentiments des gens, c'est un ras-le-bol profond et une inquiétude. On est passés par des colères. A chaque fois, ça a modifié l'attitude parlementaire.

Je ne sais pas ce que les membres d'Horizons vont rencontrer...

Il n'y aura pas un sondage grandeur nature très important. On résumera que c'est E.Philippe, le tombeur de S.Lecornu.

Ca peut ne pas faire plaisir à des gens qui le voyaient comme un bon candidat pour les présidentielles. - A.Casse: E.Philippe dit qu'Horizons ne votera pas le budget mardi.

Est-ce que la hausse de la CSG sur le capital...

Est-ce une forme de victoire? - C.Meeus: Il y a une gradiation.

Voter contre, c'est un signe très négatif. On ajoute ces voix à celles de LFI et du RN. On fait sauter S.Lecornu.

On est dans un degré un peu moindre. - J.Jaffré: Ca a été le cas. - C.Meeus: Je ne crois pas qu'il puisse changer d'avis.

Plus que sur la CSG, son raisonnement, c'est de dire: "Je ne peux pas voter un budget dans lequel il y a la suspension de la réforme des retraites." Elle est censée être la mère de toutes les batailles. Il l'a soutenue via son groupe.

S.Lecornu est très habile dans un système de IVe République. C'est ces négociations et ces tambouilles que les Français ne voulaient plus en 58.

C'est pour ça qu'il y a eu la Ve République. On arrive dans un système où il a pu négocier avec la gauche et la droite. Les gens sont contents car il peut y avoir une stabilité à partir de mercredi.

Mais quand le brouillard se sera un peu levé, et qu'on verra la vérité des prix, les Français risquent de ne pas être très contents. On part de l'idée selon laquelle le gouvernement parlait