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interviewLe Média — Podcasts· 14 juillet 2026 20 min

On a retrouvé les archives qui accablent Marine le Pen

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Se voir condamnée deux fois par la justice, ça doit quand même faire un peu mal, non ? Pour vous et moi, sûrement, mais pas pour Marine Le Pen. Chez elle, une condamnation pour détournement de fonds publics et complicité de détournement de fonds publics produit des effets assez inattendus. Pas de la gêne, pas de l'embarras, mais de la joie. J'ai été heureuse. Elle est comme ça Marine Le Pen, que voulez-vous ? Elle a beau avoir été condamnée en première instance puis en appel, elle explique qu'on lui a rendu service. Comme si la justice ne l'avait pas sanctionnée, mais libérée, délivrée.

0:39
Locuteur non identifié

Quelle était votre première réaction dans la salle d'audience quand vous avez entendu l'arrêt de la cour d'appel ?

0:44
Marine Le Pen

J'ai été heureuse. J'ai été heureuse qu'on rende aux Français leur liberté de voter.

0:49
Présentateur

Heureuse. Le mot est fort et au Rassemblement National, cette joie est communicative. Les mêmes qui réclament la tolérance zéro contre la délinquance ont soudainement une lecture beaucoup, mais alors beaucoup plus accommodante, du code pénal.

1:07
Invité

Finalement, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde. Je suis contente. Je suis très heureuse. C'est effectivement une grande joie. La campagne peut enfin commencer. Moi, je suis très heureuse que Marine Le Pen puisse défendre les Français.

1:18
Présentateur

Tout le monde est heureux au RN. Enfin, presque tout le monde. Dans l'euphorie collective, Jordan Bardella a l'air de vivre la nouvelle avec un tout petit peu moins d'enthousiasme. Il n'est pas content et ça se voit. Celui qui se rêvait déjà en haut de l'affiche tire la tronche. Il a beau dire le contraire, affirmé comme les autres qu'il est heureux de faire campagne derrière Marine Le Pen, son visage fermé trahit une déception. Pendant que Marine Le Pen rit aux éclats devant les photographes et caméras, Jordan Bardella, lui, retient sa joie. Il a beau se dire heureux, il ne le montre vraiment pas. Je suis extrêmement heureux que nous puissions rentrer en campagne avec Marine.

Et donc, je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne. Je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs et que d'abord, l'innocence partielle quand même du Rassemblement National soit reconnue face à ce qui apparaissait en première instance comme une décision évidemment politique. Et donc, nous nous réjouissons de cela. Jordan Bardella pratique la joie intérieure, très intérieure. Quand il essaye de mieux réciter les éléments de langage du RN, il finit tout de même par lâcher une formule assez étonnante. Je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs et que d'abord, l'innocence partielle quand même du Rassemblement National soit reconnue.

L'innocence partielle, alors ça, c'est original. Parce que la Cour d'appel, elle, n'a pas reconnu une innocence partielle du RN. Au contraire, elle a condamné le parti d'extrême droite à 2 millions d'euros d'amende, dont 1 million d'euros avec sursis, pour complicité de détournement de fonds publics et recèle habituel de détournement de fonds publics par personne morale. À moins que Jordan Bardella ne mélange ses dossiers. Peut-être pensait-il en parlant d'innocence partielle à l'affaire des kits de campagne pour laquelle le RN, en 2023, a été partiellement relaxé en appel, tout en étant condamné à une lourde amende, une condamnation que le RN qualifiait déjà de très grande victoire.

Mais trèfle de plaisanterie, comme dirait l'autre. Non, trèfle de plaisanterie, mais... Oui, trèfle de plaisanterie. Parce qu'au football, l'avare, V-A-R, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et aux médias, l'avare, c'est la vérification de la parole publique. Dans cet épisode, on va donc s'intéresser à l'étrange campagne qui commence autour de Marine Le Pen. Une campagne lancée dans une euphorie surjouée, mais déjà plombée par des bourdes, des contre-vérités et des archives embarrassantes.

Mais avant ça, ce message important du média, pour vous rappeler que pendant que des milliardaires contrôlent toujours plus le pouvoir médiatique, les médias indépendants, eux, luttent pour continuer d'exister. C'est le cas de la coopérative du Média, qui doit atteindre 10 000 donateurs mensuels d'ici fin juillet. Sa survie en dépend. Alors, pour aider le Média, abonnez-vous, si vous le pouvez, en vous rendant à l'adresse affichée en bas de l'écran. Grâce à vous, le combat pourra continuer. La campagne présidentielle du RN ne pouvait pas mieux commencer. Une candidate condamnée, un parti condamné et des porte-parole si heureux qu'ils ont parfois oublié de comprendre ce qu'ils racontent.

Dans la série des victoires imaginaires, Jean-Philippe Tanguy mérite une médaille. Il était pourtant présent à l'énoncé du jugement d'appel, mais Tanguy n'a absolument rien compris de l'exécution provisoire.

5:07
Invité

Je vous ferais remarquer que quand on contestait l'exécution provisoire, là, il y a un an, on était très critiqués et sous-disant ne respectait pas l'état de droit. Bon, les magistrats de la cour d'appel ont purgé ce reproche et ont estimé que l'illigibilité, notamment l'exécution provisoire, n'était pas adaptée et en plus que l'illigibilité était non pertinente et qu'il n'y avait plus de peine d'illigibilité avec l'exécution provisoire.

5:31
Présentateur

Le problème, c'est que c'est totalement faux. Le communiqué de la cour d'appel dit exactement l'inverse que ce que raconte Jean-Philippe Tanguy. La cour d'appel ne critique pas l'exécution provisoire prononcée en première instance. Elle explique, au contraire, que cette peine a déjà commencé à s'exécuter depuis mars 2025 et l'intègre à son raisonnement, ce que Tanguy a beaucoup de mal à comprendre.

6:00
Invité

Vous dites que l'exécution provisoire a été déniée, voire même rejetée complètement par la cour d'appel aujourd'hui. Pas du tout. Au contraire, la cour d'appel aujourd'hui dit que c'est par rapport à l'exécution provisoire que comme elle a déjà exécuté cette peine, elle peut aujourd'hui être déclarée éligible. Mais donc, si la décision d'aujourd'hui avait été une décision de première instance, elle aurait à nouveau décidé de l'inéligibilité. C'est clairement manifesté dans le jugement. Donc, vous ne pouvez pas dire que nos critiques sur l'exécution provisoire étaient justifiées puisque la cour d'appel a dit l'inverse, c'est totalement faux en droit. Non, ce n'est pas totalement faux.

Si, puisqu'il n'y a pas eu de critique de l'exécution provisoire par la décision de la cour d'appel. Vous pouvez la lire, les communiqués de presse sont publics. Il n'y a jamais eu de critique de l'exécution provisoire. C'est au contraire, grâce à ça, que Marine Le Pen est éligible aujourd'hui. Grâce à l'exécution provisoire. Et ça, c'est marqué dans le jugement.

6:47
Présentateur

Mais Tanguy n'est pas le seul à parler trop vite pendant que Marine Le Pen assure qu'elle ne joue pas la montre. Ses proches expliquent avec une franchise presque déconcertante que Marine Le Pen compte tout de même énormément sur le calendrier.

7:03
Invité

Marine Le Pen a bien sûr le droit de se pourvoir en cassation.

7:20
Présentateur

Mais en le faisant, espère-t-elle que le temps de la décision judiciaire lui permettra de mener une campagne avant une éventuelle condamnation définitive. Et là, Laure Lavalette s'est chargée d'apporter une réponse d'une franchise déconcertante.

7:37
Invité

Sur le calendrier, vous pariez quand même, là, sur une forme de lenteur de la justice, que le pourroi, sur un calendrier qui enjambrait donc l'élection présidentielle. Sur un calendrier ordinaire que l'on connaît. On connaît, j'allais dire, à peu près le calendrier des tribunaux. Ça peut être 9, 12, 18 mois. Et vous le souhaitez, du coup ? Il faut que ça aille le moins vite possible. Moi, je souhaite surtout que l'innocence de Marine Le Pen soit évidemment reconnue. Parce que c'est aussi pour ça qu'elle se pourvoit en cassation. Je veux dire, il n'y a pas derrière qu'un calcul politicien.

Je veux dire, quand vous vous pensez innocent, vous épuisez tous les moyens de recours et le pourvoit en cassation en éteint, évidemment.

8:15
Locuteur 2

Ce qui fait que la lenteur de la justice que vous dénoncez parfois, là, vous pourrez vous servir.

8:19
Invité

Mais M. Tréer, on ne parle pas d'une lenteur, on parle d'un calendrier ordinaire. Donc je ne dis pas que ça va durer 36 mois. Je dis que ça va durer entre 9, 12 et 18 mois. Ce qui lui permettra, évidemment, de pouvoir se présenter au premier tour de l'élection présidentielle.

8:31
Présentateur

La phrase est tout simplement magnifique. Il n'y a pas derrière qu'un calcul politicien. Donc, il y en a un, forcément, de calcul politique. Merci, Laure Lavalette, pour cet aveu.

8:44
Invité

Il n'y a pas derrière qu'un calcul politicien.

8:47
Présentateur

Rarement un élément de langage aura été saboté avec autant d'applications par celles qui étaient censées le défendre. Lavalette ajoute même que le calendrier ordinaire de la justice permettra à Marine Le Pen de se présenter. Traduction, bien sûr que le temps judiciaire devient un calcul politique. Bien sûr que le RN espère que le pourvoi ne soit pas examiné avant le scrutin présidentiel. Bien sûr que Marine Le Pen essaye de jouer la montre. Bien sûr que la porte-parole du RN l'a reconnue. Mais ce genre de gaffe n'a rien d'exceptionnel au RN. C'est même une spécialité maison. Et dans ce domaine, Jordan Bardella a lui-même déjà montré qu'il savait très bien marquer contre son camp.

Fin 2024, interrogé sur les critères de candidature au RN, il a mis en avant un principe à respecter pour toutes les élections. Pas de condamnation inscrite au casier judiciaire pour être candidat. Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro une lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République.

9:57
Invité

Deuxième point qui a pêché dans cette campagne le gendarme Bardella. Maxime ?

10:01
Locuteur non identifié

Si Marine Le Pen est condamnée ? Si avec des si, un appel. Et si l'appel confirme la première sanction et qu'il y a des législatives en 2027 ou une présidentielle en 2027, Marine Le Pen, ne peut pas être candidate parce qu'elle aura été condamnée. C'est ce que vous venez de dire ? Mais l'appel ne confirmera pas puisque Marine Le Pen est totalement innocente. Oui, mais bon. Mais bon quoi ? Ça, c'est ce que vous dites.

10:23
Présentateur

C'est ce que je crois, c'est ma conviction. Mais vous venez d'édicter une position de principe qui est de dire que si il y a condamnation, il n'y a pas de candidature. Et ça vaut pour tout le monde, on est d'accord. Mais évidemment que ça vaut pour tout le monde. Superbe but contre son camp, signé Jordan Bardella. Chez qui cela devient finalement une habitude. Mais le vrai problème de Marine Le Pen ne se trouve pas forcément là. À vrai dire, son vrai problème, en dehors des gaffes à répétition de son entourage, c'est surtout elle-même. Ses anciens principes, ses anciennes déclarations, ses grandes leçons de morale.

Et là, c'est d'autant plus difficile à oublier qu'elle doit aujourd'hui les piétiner pour survivre politiquement. Depuis l'arrêt de la cour d'appel, tous les porte-parole du Rassemblement national répètent que Marine Le Pen est présumée innocente puisqu'elle va se pourvoir en cassation. Aujourd'hui, Marine Le Pen est présumée innocente. Elle est, au moment où nous parlons devant les Français, présumée innocente.

11:26
Invité

Le fait de se pourvoir en cassation, ça la restitue dans une présomption d'innocence.

11:31
Locuteur 2

Ça suspend cette peine-là, en tout cas.

11:32
Invité

Bien sûr, et puis voilà, elle est à nouveau présumée innocente.

11:35
Présentateur

Elle l'est, aujourd'hui, présumée innocente, sans brasse électronique. Elle est innocente et présumée comme ça. Il faut maintenant se rappeler que Marine Le Pen est une adepte de la présomption de culpabilité.

11:47
Marine Le Pen

Lorsque nous avons eu affaire à des personnes qui étaient indélicates, ça peut arriver, dans un parti politique, nous les avons jetées à la porte. Et on n'a pas attendu qu'une décision définitive de justice intervienne, comme ça a été le cas dans l'affaire Guérigny. Nous, on prend nos responsabilités. Nous pouvons éventuellement avoir des gens qui, parfois, se tiennent mal. Mais notre mouvement politique a toujours pris soin de prendre des décisions immédiatement.

12:13
Présentateur

Selon Marine Le Pen, on n'attend pas un jugement définitif. On n'attend pas la cassation. On jette dehors, immédiatement. Et donc, une question se pose tout naturellement. Qu'attend aujourd'hui le RN, par cohérence avec sa propre histoire racontée par Marine Le Pen, pour prendre ses responsabilités et jeter dehors celle qui a déjà été condamnée à deux reprises. En suivant à la lettre sa doctrine d'hier, Marine Le Pen ne devrait pas conduire la campagne présidentielle du RN. Elle ne devrait même plus emporter les couleurs. Le plus gênant pour elle, c'est que Marine Le Pen ne contredit pas seulement ses anciens principes sur l'absence de présomption d'innocence.

Elle adopte aussi, à son tour, exactement les lignes de défense qu'elle dénonçait hier chez les délinquants et les politiques prient la main dans le sac.

13:12
Marine Le Pen

C'est toujours la même tactique de défense. C'est toujours les mêmes réflexes, que ce soit des petits délinquants ou que ce soit des grands. Que ce soit les petits voyous de banlieue ou que ce soit les grands ministres. C'est un, c'est pas vrai. Un, c'est pas vrai. Nous n'avons violé aucune règle. Puis quand on demande que c'est vrai, deux, c'est pas moi. Quand on demande que c'est vrai, deux, c'est pas moi. Nous sommes innocents de cette infraction de détournement de fonds publics. Et quand on demande que c'est eux, trois, c'est pas grave. Quand on demande que c'est lui, trois, c'est pas grave. Il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas de corruption, il n'y a rien de tout cela.

C'est pas grave, c'est-à-dire tout le monde le fait. Toute l'opposition se fait reprocher la même chose. M. Bayrou, nous-mêmes, et M. Mélenchon. M. Mélenchon a fait l'objet, a bénéficié d'un non-lieu, et M. Bayrou a été relaxé. C'est-à-dire que tout le monde le fait. Eh bien, ceci n'est plus supportable, et les Français ne devraient plus le supporter.

14:00
Présentateur

Ce avant-après est si cruel. Marine Le Pen reprend dorénavant, presque mot pour mot, le système de défense qu'elle dénonçait hier chez les autres. D'abord nier, ensuite minimiser, puis relativiser, en expliquant que tout le monde fait pareil. C'est ce qu'elle associait autrefois aux petits délinquants comme aux grands, et qu'elle s'applique à elle-même aujourd'hui. Voilà qui risque de compliquer ses arguments de campagne sur la délinquance, l'insécurité et la morale en politique. Mais il est sans doute encore plus embarrassant, car au-delà de ses déclarations du moment, il y a ses anciennes propositions, celles qu'il parle explicitement de son cas.

14:48
Marine Le Pen

Je considère que quand on est condamné pénalement à cause de faits qui ont été commis grâce à l'exercice de son mandat ou dans l'exercice de son mandat, effectivement, il faudrait l'inéligibilité à vie.

15:00
Locuteur non identifié

Donc dans votre système, Jean-Marc Ayrault aurait dû quitter la vie publique.

15:04
Marine Le Pen

Oui, ce qui permettrait de rétablir la confiance qui n'existe plus entre le peuple et les responsables politiques.

15:12
Présentateur

Autrement dit, la candidate qui se félicite aujourd'hui qu'on lui ait rendu son éligibilité est la même qui expliquait hier que les politiques condamnées dans ce type d'affaires devaient être écartées à vie de la vie publique.

15:27
Marine Le Pen

Toute condamnation dans le cadre du mandat, dans le cadre d'un mandat, devrait, à mon sens, et je l'avais déjà explicité dans mon projet, entraîner l'inéligibilité à vie de celui qui l'a commis. Parce qu'il y a une confiance qui est faite par la population et le fait d'utiliser son mandat ou à l'occasion de son mandat de commettre des délits, qui sont des délits graves, parce que le délit de favoritisme est un délit grave, m'apparaît devoir vous écarter de la vie politique. Je pense que ça contribuerait à restituer ce lien de confiance qui, aujourd'hui, a grandement disparu.

16:01
Présentateur

Il faut vraiment les réécouter très attentivement, ces archives, parce qu'elles ne parlent pas d'un détail de son programme. Non, elles parlent précisément de son cas. Condamnation pénale, fait commis à l'occasion d'un mandat, détournement de fonds publics, exclusion définitive de la vie politique, tout y est.

16:23
Marine Le Pen

Moi, j'ai entendu le président de la République dire « Oui, ce qu'il faudrait, c'est rendre inéligible la vie ceux qui ont été condamnés pour corruption et fraude fiscale. Ah bon ? Et pourquoi pas le reste ? Mais alors pourquoi pas pour favoritisme ? Pourquoi pas pour détournement de fonds publics ? » Quand allons-nous tirer les leçons et effectivement mettre en place l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat ?

16:51
Présentateur

Voyons maintenant en quoi consiste sa véritable stratégie. Non pas convaincre qu'elle est innocente au sens judiciaire, mais sortir sur la question du droit pour la remettre entre les mains des électeurs. Faire en sorte que la justice dise une chose le plus tard possible et que le vote vienne anéantir les conséquences politiques.

17:14
Locuteur non identifié

« Factuellement, les choses sont étayées. Le fait que l'argent des contribuables ait été utilisé à des fins qui n'étaient pas les bonnes fins. » Vous ne craignez pas que des gens se manifestent de cette manière-là ?

17:24
Marine Le Pen

« C'est les Français qui auront le dernier mot. »

17:27
Locuteur non identifié

Vous jugeront à cette prône-là également.

17:29
Marine Le Pen

« C'est un peuple majeur. » « C'est lui qui aura le dernier mot. »

17:33
Locuteur non identifié

Si vous êtes reconnu définitivement coupable,

17:34
Marine Le Pen

qu'est-ce qui se passe ?

17:36
Locuteur non identifié

« M. Boulot, nous verrons. » « Ah non, vous ne pouvez pas dire « nous verrons. » La septième puissance mondiale peut-elle être présidée par une femme qui aurait cette épée d'amoclès ? »

17:46
Marine Le Pen

« Et les Français en seront juges, M. Boulot. » « Nous verrons. » « Et les Français en seront juges. »

17:51
Présentateur

« Les Français seront juges. » La formule est habile, mais elle est aussi franchement inquiétante. Parce que dans une démocratie, les électeurs choisissent leur gouvernant. Ils ne remplacent pas les juges pour dire le droit. Et c'est cela le plus préoccupant dans cette fuite en avant de Marine Le Pen. L'idée qu'une présidentielle pourrait servir non seulement à conquérir le pouvoir, mais aussi à contourner une décision judiciaire. Pour une candidate qui prétend vouloir rétablir l'or, faire respecter les règles et incarner l'autorité de l'État, la contradiction est spectaculaire.

Sa décision de se lancer coûte que coûte dans la présidentielle ressemble plus à une fuite en avant, une façon de contourner le verdict final, tant redouté, pour éviter d'apparaître comme une candidate à l'Élysée condamnée définitivement sous bracelet électronique, juridiquement éligible, certes, mais moralement disqualifiée pour la fonction suprême. Ce qui est arrivé à Nicolas Sarkozy dit d'ailleurs quelque chose d'important. On peut avoir exercé la plus haute fonction de l'État, puis être condamné définitivement et porter un bracelet électronique. Mais dans le cas de Marine Le Pen, l'indignité ne viendrait pas après l'exercice du pouvoir, mais avant sa conquête. Voilà, c'est terminé.

Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de la VAR politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire. Likez si vous avez aimé et restez connectés aux médias.