Présidentielle : Jordan Bardella en route pour 2027 ? - C l’hebdo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Vous publiez ce livre "Ce que je cherche", en plein procès de M.Le Pen, qui risque de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle. Est-ce que ça fait de vous le candidat du RN en 2027?
- 1:26OuverteRéponse directe
Que cherchez-vous réellement avec ce livre?
- 2:53RelanceRéponse directe
On y voit plus clair sur votre pensée politique. Je me demande si vous n'amorcez pas un début de rupture idéologique avec M.Le Pen.
- 3:36RelanceRéponse directe
Vous ne dites pas la même chose qu'elle. Elle ne croit pas dans l'union des droites, et vous vous posez en tant qu'héritier de la droite.
- 4:58RelanceRéponse directe
G.Meloni travaille main dans la main avec U.von der Leyen. Elle est en train de s'adapter au système européen que vous prétendez combattre alors que D.Trump est dans l'opposition et dans une défense protectionniste. Vous choisissez lequel des deux?
- 5:40RelanceRéponse partielle
Autre chapitre important du livre: vous essayez de poser un diagnostic sur votre échec aux législatives. Pourquoi y a-t-il autant de candidats hasardeux au RN et pas ailleurs?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:11J.BardellaFait
« En politique, quand on veut réconcilier les Français avec la chose publique, il faut donner de sa personne et de soi. »
- 4:15J.BardellaFait
« La campagne qu'il a menée en 2007, je fais une différence entre le Sarkozy candidat et le Sarkozy président... Le Sarkozy de 2007, qui a réussi à réconcilier autour d'idées très simples, le travail, la défense de notre identité, le rétablissement de la sécurité. »
- 4:58J.BardellaFait
« D.Trump a réussi, parce qu'il a parlé de l'Amérique aux Américains. N.Sarkozy a raison en disant que G.Meloni s'est imposée en Italie parce qu'elle a réhabilité une forme de fierté patriote. »
- 5:40A.CasseFait
« Page 104, vous parlez de l'erreur de S.Chenu qui a dit que vous supprimeriez la binationalité en cas de victoire. Vous dites: "Pour nous, le droit à l'erreur n'existe pas." »
- 9:17J.BardellaChiffre
« Le RN n'est pas le Front National, ne vous en déplaise. Je veux bien qu'on refasse l'histoire et qu'on nous parle de 15 candidats hasardeux, que j'ai exclus immédiatement du RN, le fait est qu'on a eu 11 millions de voix. »
- 9:17J.BardellaChiffre
« A chaque élection, le RN attire et agrège des millions d'électeurs. Il y a 2 ans, en 2022, nous étions six à l'Assemblée nationale. Nous sommes aujourd'hui 143 avec nos alliés d'E.Ciotti. Il y a 2 ans, aux élections législatives, nous avions fait 3,5 millions de voix et aujourd'hui, nous en faisons 11 millions. »
- 15:40J.BardellaChiffre
« Depuis le début de cette législature, 71 % de présence lors des votes. Pour M.Aubry, c'est 100 %. F.-X.Bellamy, 100 %. S.Knafo, 92 %. M.Maréchal, 87 %. »
- 18:28M.Le PenFait
« Je vois les sourires, les dents s'aiguiser sur le fait de se débarrasser de Marine. Mauvaise nouvelle pour eux, même si vous y arrivez, vous ne pourrez pas vous débarrasser de Jordan. »
- 19:07M.Le PenFait
« La seule chose qui intéressait le parquet, c'était M.Le Pen, pour pouvoir demander encore une fois son exclusion de la vie politique, avec exécution provisoire. Et puis, le RN, pour pouvoir ruiner le parti. »
- 20:34J.BardellaFait
« Les reproches qui nous sont faits par le Parlement européen et qui ont été intentés par l'ancien président socialiste du Parlement européen, et qui concernent tous les blocs politiques. La gauche est concernée, le MoDem est concerné. »
- 21:59A.CasseFait
« La procureure a bien prononcé cette phrase, mais quand elle l'a dit, c'était à propos de l'eurodéputé J.-F.Jalkh au sujet de lui et d'un contrat avec un assistant parlementaire. Ca ne s'adressait pas du tout à M.Le Pen. »
- 22:43J.BardellaFait
« Un procureur qui dit cela du RN, d'accord. Mais ça dit de la conception partisane et du rapport que la personne qui prononce ces réquisitions à l'égard du RN. »
- 23:24J.BardellaFait
« Il y a une partie de la justice qui est politisée. »
- 24:49N.PolonyFait
« Vous venez d'être condamnés par la Cour de cassation sur l'affaire des kits de campagne. »
- 25:33J.BardellaFait
« Quand on entrave le vote des Français, quand des spécialistes, quand les pires adversaires politiques de M.Le Pen, de G.Darmanin à J.-L.Mélenchon, trouvent scandaleuse cette inéligibilité provisoire, allant jusqu'à dire que M.Le Pen devrait être combattue plutôt sur le terrain démocratique, ça doit vous faire prendre conscience qu'il se passe quelque chose. »
- 27:02J.BardellaChiffre
« On a lancé avec le RN une pétition et en moins de 24 heures, nous avons recueilli 100 000 signataires. »
Temps de parole
- ?100 %
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La semaine où J.Bardella sort ce livre. Il est notre invité ce soir. Bonsoir, J.Bardella. - J.Bardella: Bonsoir. - A.Casse: Vous êtes le président du RN et député européen. Vous publiez ce livre "Ce que je cherche", en plein procès de M.Le Pen, qui risque de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle. Est-ce que ça fait de vous le candidat du RN en 2027? Ca fait partie des sujets qu'on va aborder ce soir. L.Amar vous a suivi toute la semaine dans ce qui ressemble à une campagne. On commence d'abord par un flash-back. Vous n'étiez pas encore président du RN, mais tête de liste aux européennes et vous aviez 22 ans. - M.Le Pen: J'appelle J.Bardella. - J.Bardella: Le soir du dimanche 26 mai,
mes amis, je veux qu'E.Macron, mais aussi Juncker et Merkel comprennent que c'est fini, que les peuples sont de retour. On dirait que j'ai 14 ans. - A.Casse: Vous en aviez 22. Tout est allé très vite ensuite. Aujourd'hui, vous avez 29 ans et vous étiez en route pour Matignon cet été. Vous serez peut-être en route bientôt pour l'Elysée. Pourtant, il y a un mystère Bardella. On sait peu de choses sur vous. On a plein de questions. Je sens que vous avez hésité entre le récit autobiographique et le livre programmatique pour raconter votre vision de la France.
Que cherchez-vous réellement avec ce livre? - J.Bardella: A apparaître tel que je suis vraiment et tels que nous sommes vraiment. Vous avez eu raison de rappeler qu'en 2024, le RN est entré dans une dimension nouvelle. 11 millions de voix lors des élections législatives, en tête lors des élections européennes. Je crois qu'il y a encore des doutes et des incertitudes à notre égard. Les Français, quand ils me liront, comprendront ce que je pense et pourquoi je le pense et quelle est ma vision du pays. J'en ai assez d'être attaqué et critiqué pour des idées qui ne sont pas les miennes. Il est vrai que pendant cette campagne des élections législatives, j'ai souvent dû lutter contre des caricatures
de mon projet et de ce que veut faire le RN pour le pays. A un moment donné, en politique, quand on veut réconcilier les Français avec la chose publique, il faut donner de sa personne et de soi. J'ai un parcours ordinaire, même si à 29 ans, on n'est pas président du RN. J'ai grandi dans un milieu modeste, dans une cité HLM de la Seine-Saint-Denis et je raconte dans le livre, non pas une autobiographie ni un programme, mais j'ai voulu dire un certain nombre de choses aux Français, dans ce tête-à-tête que permet l'écriture. J'ai voulu raconter ce que j'ai vécu, d'où je viens et exposer mon parcours et l'environnement dans lequel j'ai grandi. Vous allez peut-être comprendre un certain nombre de choses.
- A.Casse: On y voit plus clair sur votre pensée politique. Je me demande si vous n'amorcez pas un début de rupture idéologique avec M.Le Pen. Pour rembobiner, en septembre dernier, vous aviez déjà fait un gros clin d'oeil à N.Sarkozy, quand il publiait ses mémoires. On les voit en évidence sur votre bureau dans votre vidéo de rentrée. Aujourd'hui, vous allez plus loin et vous écrivez: "L'idée de réunir, dans un même élan, les Français issus des classes populaires et une partie de la bourgeoisie conservatrice, comme N.Sarkozy le fit en 2007, est pertinente." Vous parlez plus comme N.Sarkozy que comme M.Le Pen. M.Le Pen, elle dit Ga.
- M.Le Pen: Je ne suis pas là pour faire l'union des droites. - Vous êtes là pour quoi? - M.Le Pen: Pour faire l'union des Français. Je ne vais pas m'enfermer dans un camp politique. - A.Casse: Vous ne dites pas la même chose qu'elle. Elle ne croit pas dans l'union des droites, et vous vous posez en tant qu'héritier de la droite. - J.Bardella: La question, ce n'est pas l'union des droites. Aujourd'hui, on a un socle de 11 millions de Français avec des gens qui ont longtemps voté pour le RN et depuis cette année, depuis les élections législatives de 2022, beaucoup de gens qui n'avaient jamais voté pour le RN nous ont rejoints. Il y avait dans ces nouveaux venus des gens qui avaient voté pendant longtemps pour le RPR, pour l'UMP et plus récemment pour LR.
Que je lise N.Sarkozy, on a la même maison d'édition... - A.Casse: Vous parlez comme lui aussi. - J.Bardella: La campagne qu'il a menée en 2007, je fais une différence entre le Sarkozy candidat et le Sarkozy président... Le Sarkozy de 2007, qui a réussi à réconcilier autour d'idées très simples, le travail, la défense de notre identité, le rétablissement de la sécurité, Lui a permis de s'adresser à la fois aux classes populaires, aux classes moyennes et à la France du travail, mais aussi de réunir dans un même élan une partie des élites entrepreneuriales. C'est ce qu'a fait aussi D.Trump. Je distingue le D.Trump qui mène une politique et le D.Trump candidat.
D.Trump a réussi, parce qu'il a parlé de l'Amérique aux Américains. N.Sarkozy a raison en disant que G.Meloni s'est imposée en Italie parce qu'elle a réhabilité une forme de fierté patriote. Ca se traduit dans les choix économiques. - N.Polony: G.Meloni travaille main dans la main avec U.von der Leyen. Elle est en train de s'adapter au système européen que vous prétendez combattre alors que D.Trump est dans l'opposition et dans une défense protectionniste. Vous choisissez lequel des deux? - J.Bardella: Je suis d'accord avec vous. C'est la limite des comparaisons qu'on peut faire d'un pays à un autre. Quand on m'a demandé si l'élection de D.Trump était une bonne chose, j'ai répondu que c'était une bonne chose pour l'Amérique, mais une mauvaise pour la France et pour l'Europe.
Je veux qu'on ait à la tête du pays des responsables politiques qui défendent les intérêts des nôtres d'abord. C'est ce que font un certain nombre de dirigeants politiques. G.Meloni n'a pas le même rapport à l'Union européenne parce que l'Italie est un pays, sur le plan économique et démographique, qui a des fragilités qui ne sont pas celles de la société française. La France, sera au XXIe siècle, si elle est capable de défendre ses intérêts... Je veux qu'on réconcilie notre camp avec une certaine vision de la puissance, de la croissance et de la nation. - A.Casse: Autre chapitre important du livre: vous essayez de poser un diagnostic sur votre échec aux législatives. Page 104, vous parlez de l'erreur de S.Chenu qui a dit que vous supprimeriez la binationalité en cas de victoire.
Vous dites: "Pour nous, le droit à l'erreur n'existe pas." Il y a eu beaucoup d'erreurs. Il y a eu S.Chenu, les propos du député RN R.Chudeau qui voulait écarter les binationaux des postes dans les ministères et il y a aussi ceux que vous appelez dans le livre" les candidats hasardeux". - Le Rassemblement national est un parti xénophobe, raciste et fasciste. - C'est faux. J'ai comme ophtalmologue un juif. - J'invite les téléspectateurs à aller taper sur Google ce que veut dire le mot "nazi". Ca veut dire ça veut dire "le premier Parti socialiste d'Hitler". Donc vous êtes nazis. - Et j'ai comme dentiste un musulman. - La candidate RN à Caen, L.Daoudi, arbore une casquette nazie.
- L'immigration, on commence à être envahis. - Carrément? - Oui. Dans les villes, oui. - Quand on regarde rapidement le marché, autour de nous, on ne peut pas dire que... - Non, à cette heure-là, ils dorment. - A.Casse: Il y a au moins une trentaine de candidats ayant tenu des propos racistes, homophobes, antisémites, conspirationnistes. Pourquoi y a-t-il autant de candidats hasardeux au RN et pas ailleurs? - J.Bardella: Ah bon? La différence, c'est que quand on a une entreprise humaine avec 1154 candidats à investir en moins de 3 jours... Quand on parle d'une campagne législative, c'est normalement 6 mois pour organiser et investir les candidats. Il peut arriver que sur 1154 candidats, il y ait des erreurs de casting.
Il y a une quinzaine de candidats... - A.Casse: Non, on les a comptés. C'est une trentaine. - J.Bardella: Moi aussi. Je suis assez bien renseigné. - A.Casse: C'était une trentaine de personnes. - J.Bardella: On peut se battre sur le chiffre, n'en reste pas moins que la différence, c'est que dans mon mouvement politique, s'il y a des gens qui se présentent à la porte en ne respectant pas mes valeurs, ma ligne et mon éthique politiques, à ce moment-là, je les sors de mon organisation humaine. A gauche, ils sont investis, quand ils sont fichés S, ils sont même élus à l'Assemblée nationale. - A.Casse: Pourquoi y en a-t-il eu autant? - J.Bardella: Vous pouvez vous engager qu'ici, dans cette belle maison du service public, il n'y a jamais
de problème, avec jamais personne qui ne tient de propos qui ne correspond pas à l'éthique. - A.Casse: Ils ne se présentent pas à une élection politique et ils n'ont pas les mêmes responsabilités. - J.Bardella: Ca fait partie des choses qui ont forcément contribué à créer le doute autour du RN. Je le dis: les règles sont plus difficiles pour nous que pour les autres. - N.Polony: Pourquoi des gens qui ont ce genre de propos vont spécifiquement chez vous? Est-ce qu'il n'y a pas dans l'histoire du parti quelque chose qui fait qu'il y a eu dans ce camp politique quelque chose qui leur convenait parfaitement? Vous avez des militants qui trouvaient les sorties de J.-M.Le Pen parfaitement normales.
- J.Bardella: Le RN n'est pas le Front National, ne vous en déplaise. Je veux bien qu'on refasse l'histoire et qu'on nous parle de 15 candidats hasardeux, que j'ai exclus immédiatement du RN, le fait est qu'on a eu 11 millions de voix. A chaque élection, le RN attire et agrège des millions d'électeurs. Il y a 2 ans, en 2022, nous étions six à l'Assemblée nationale. Nous sommes aujourd'hui 143 avec nos alliés d'E.Ciotti. Il y a 2 ans, aux élections législatives, nous avions fait 3,5 millions de voix et aujourd'hui, nous en faisons 11 millions. Il y a peut-être des gens qui, même si pendant très longtemps, ont pu avoir des désaccords, et c'est mon cas...
Je n'aurais peut-être pas rejoint le FN de J.-M.Le Pen. Je l'explique dans le livre. J'ai été séduit aussi par le courage, la pugnacité et la modernité du discours de M.Le Pen. - A.Casse: On vous pose la question parce que ça renvoie le RN à ses origines, le Front National. L'année dernière, c'était marquant de voir que vous aviez du mal à dire que J.-M.Le Pen avait tenu des propos antisémites. Au début, vous ne l'avez pas dit. Vous avez fini par le dire. Il y a une nuance entre dire que J.-M.Le Pen a tenu des propos antisémites et dire que J.-M.Le Pen est antisémite. Est-ce que vous iriez jusqu'à le dire comme ça aujourd'hui? - J.Bardella: Je l'ai dit. On peut refaire le film. J'ai eu une émission de télé avec votre confrère
B.Duhamel où on me me pose la question de savoir si J.-M.Le Pen était au fond de lui antisémite. Je dis que J.-M.Le Pen a évidemment tenu des propos antisémites et qu'il a été condamné pour cela. - A.Casse: C'est pareil que de dire que J.-M.Le Pen est antisémite. Vous voyez qu'il y a une nuance. - J.Bardella: Pardon, madame, de ne pas vouloir accabler quelqu'un qui a 96 ans et qui est malade. Il est sorti de la vie politique il y a 10 ans. J.-M.Le Pen est le père de M.Le Pen. Vous savez ce que je dois à M.Le Pen. Tous les Français qui nous regardent ont conscience de la dette que j'ai envers M.Le Pen. Pardon de ne pas avoir envie... - A.Casse: C'est douloureux de le reconnaître et de tourner cette page du parti? - J.Bardella: Non seulement, il a été condamné pour cela,
il a été exclu du Front National pour cela, et je n'aurais sûrement pas rejoint le parti de J.-M.Le Pen, mais pardon de ne pas vouloir en permanence utiliser mon temps de parole pour parler de J.-M.Le Pen. - A.Casse: Est-ce que vous envisagez 2027 alors que M.Le Pen risque l'inéligibilité? La couverture de votre livre fait penser à celle de B.Obama. Etes-vous en campagne? On en parle dans La mission de la semaine de L.Amar. - L.Amar: Je vous ai suivi toute la semaine, en meetings, en séances de dédicace et au Parlement européen à Bruxelles. D'abord, direction Tonneins, en Lot-et-Garonne. C'était dimanche dernier, plus de 2000 personnes étaient là et tout nous rappelle
une campagne présidentielle: les longues files d'attente, les drapeaux, les tracts, les affiches et les slogans. On se croirait en 2022 ou peut-être, on y reviendra, en 2027. On s'est glissés dans votre loge quelques minutes avant le discours. Il y a des phrases qui ne veulent rien dire? - J.Bardella: Oui, mais ce sont les aléas des dernières minutes avant le discours. - -L.Amar: Quelles phrases ne veulent rien dire? - Il y a un problème de conjugaison. Je peaufine toujours à la main. Entre le moment où vous tapez le discours sur l'ordinateur et où vous l'imprimez, il y a toujours des petites coquilles. - L.Amar: C'est quoi la phrase forte du discours d'aujourd'hui? - J.Bardella: "Restez mobilisés."
Applaudissements. Restez mobilisés! Restez mobilisés parce que les épreuves électorales vont venir beaucoup plus tôt qu'on ne le pense. Vive la République et vive la France! Applaudissements. - L.Amar: Juste après ça, vous avez enchaîné les photos au pied de la scène, au milieu des militants. Là encore, ça ressemble vraiment à des images de campagne. Ce n'est pas pour rien que vos opposants vous appellent "monsieur selfie". Vous avez passé plus de 2 heures ensuite à dédicacer votre livre. - J.Bardella: Je ne veux pas créer d'histoires. C'est gentil.
Merci beaucoup! - J.Bardella: Vous voulez que je vous envoie mon CV? - L.Amar: C'est ce qu'on appelle une dédicace en terrain conquis, presque en famille. Ce n'était plus du tout la même ambiance 3 jours plus tard. A Bruxelles, plusieurs centaines de personnes étaient là à l'appel d'organisations antifascistes. La rue était bouclée par les policiers et ces manifestants, vous ne les avez même pas vus, parce que vous êtes entré de l'autre côté, par une autre porte du bâtiment. A Bruxelles, au Parlement européen, vous avez été souvent ciblé
pour votre absentéisme. On a interrogé vos collègues et visiblement, ça n'a pas changé. C'est quel genre d'eurodéputé, J.Bardella? - F.-X.Bellamy: Il faut demander aux gens qui travaillent avec lui. - L.Amar: Vous le voyez souvent, quand vous êtes ici, par exemple? - F.-X.Bellamy: Pas très souvent. - L.Amar: Est-il impliqué? Est-ce que vous a l'impression qu'il travaille sur les sujets européens? - D.Cormand: Non, il n'est pas là pour ça. Je ne pense pas que les électeurs et les électrices l'élisent pour ça. - L.Amar: Pourquoi alors? - D.Cormand: Ils cherchent à envoyer un message politique. - P.Jouvet: Je le croise à Strasbourg quand c'est obligatoire de venir à Strasbourg, sinon, vous perdez de l'indemnité. Pour l'instant, dans les couloirs de Bruxelles, je ne l'ai toujours pas vu.
- M.Aubry: Il n'a pas volé son surnom de "Jordan Bardepaslà" et ses maigres 21 amendements déposés lors du mandat précédent. C'est un fantôme. - L.Amar: Ce mercredi, vous étiez là, on l'a constaté. Vous êtes arrivé et on vous a aussi vu sortir de l'Hémicycle assez rapidement. - J.Bardella: Bonjour. - L.Amar: Une petite demi-heure aujourd'hui? - J.Bardella: Une petite demi-heure de quoi? - L.Amar: D'Hémicycle. - J.Bardella: J'interviens dans une heure. Je vais aller finaliser mon intervention et je vais redescendre. - L.Amar: Vous consacrez une pleine page à cette question d'absentéisme au Parlement. Ca vous touche? Ca vous énerve? - J.Bardella: Ca ne m'énerve pas. C'est factuellement faux. Si je n'étais pas impliqué dans les dossiers européens,
si pendant 5 ans, je n'avais pas parlé des questions migratoire et agricole, si on n'avait pas travaillé sur les solutions des marchés européens de l'électricité... Ce sont des sujets européens qu'on traite au sein du Parlement européen. Je pense que les Français ne m'auraient pas placé en tête à près de 32 %. Les personnes que vous avez interrogées sont toujours extrêmement mielleuses en privé. Elles sont toujours extrêmement mielleuses quand elles me croisent dans les couloirs. Elles s'empressent toujours de venir vous voir pour dire du mal. C'est le jeu de la politique. Ne soyez pas dupes. Tout cela est du théâtre. - L.Amar: Vous dites que factuellement, ce n'est pas vrai, mais vous nous invitez régulièrement à venir voir les feuilles d'émargement. On l'a fait.
Depuis le début de cette législature, 71 % de présence lors des votes. Pour M.Aubry, c'est 100 %. F.-X.Bellamy, 100 %. S.Knafo, 92 %. M.Maréchal, 87 %. Il y a une différence énorme. - J.Bardella: Et alors? - L.Amar: Ce n'est pas votre travail? - J.Bardella: Mon travail, c'est d'être là où je dois être. Si mon travail consiste à être sur une exploitation agricole parce que dans 3 semaines, les agriculteurs vont descendre dans les rues du pays parce que les revendications qu'ils ont portées au mois de janvier n'ont trouvé aucune issue politique, et que la colère va reprendre dans quelques jours, je suis aux côtés des agriculteurs qui sont en train de se mobiliser contre l'accord du Mercosur qui est discuté en ce moment dans les couloirs de la Commission européenne.
Si mon rôle est d'être sur le terrain avec des chefs d'entreprise, je le suis. Quand je dois être dans l'Hémicycle pour voter un texte important, je suis dans l'Hémicycle. Je suis là où j'estime devoir être pour les Français. - A.Casse: Il y a encore une autre chose qui vous a marqué, Louis? - L.Amar: Oui, j'ai été surpris parce que j'ai demandé à vos militants qui de vous ou de M.Le Pen devait être le prochain candidat du RN à la présidentielle, et voilà la réponse. Ca doit être lui le candidat en 2027? - Oui. - 2027, force à lui! - Heureusement qu'il est là. M.Le Pen, c'est bien, mais J.Bardella, c'est mieux. - L.Amar: Lequel des deux doit être candidat en 2027? - Jordan. - Les gens ne vont pas voter pour M.Le Pen parce qu'ils sont bloqués par son nom de famille.
- Lui, c'est un garçon, donc il incarne la sûreté. - Il faut que ce soit un homme. - L.Amar: Vous ne vous appelez pas Le Pen, vous êtes un homme, êtes-vous d'accord avec eux pour dire que ce sont des atouts? - J.Bardella: Si on est très honnête et objectif, vous êtes là dans une séance de dédicace de mon livre. Si vous allez dans le Pas-de-Calais, dans le fief de M.Le Pen, les gens diront peut-être l'inverse. Ce n'est pas très représentatif comme panel. - L.Amar: Tous les militants qui étaient là m'ont dit ça. - J.Bardella: Il y a un lien de confiance entre M.Le Pen et moi qui est très fort. En lisant le livre, les Français comprendront le lien de confiance qui me lie à M.Le Pen. J'ai toujours été très clair et je ne varierai pas. Je suis son 1er soutien et c'est peut-être
pour cela qu'elle est aussi mon 1er soutien. Ce qu'on représente à deux aujourd'hui, on connaît la responsabilité qui est sur nos épaules. - A.Casse: Du soutien, elle en a besoin. On a tous compris qu'il y avait un risque d'inéligibilité de M.Le Pen. Elle est soupçonnée, comme 26 autres prévenus, d'avoir détourné des fonds européens pour rémunérer des assistants d'eurodéputés qui en réalité, travaillaient pour le RN. Le parquet a requis l'exécution provisoire. Ca veut dire que si la cour suit ces réquisitions, M.Le Pen ne pourrait pas se présenter à l'élection présidentielle de 2027. - M.Le Pen: La seule chose qui intéressait le parquet, c'était M.Le Pen, pour pouvoir demander encore une fois son exclusion de la vie politique, avec exécution provisoire.
Et puis, le RN, pour pouvoir ruiner le parti. - A.Casse: On ne l'a jamais vue comme ça. Elle est sonnée? - J.Bardella: Cette procédure a deux objectifs. D'abord, rendre M.Le Pen inéligible et l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle, et évidemment, de ruiner le RN. - N.Polony: C'est rendre justice sur le fond d'une affaire, l'objectif de cette procédure. - J.Bardella: On peut discuter du fond de l'affaire, on en discute depuis des années sur les plateaux télé. On parle d'un désaccord administratif. On ne parle pas d'emplois fictifs. On ne parle pas d'enrichissement personnel. On ne dit pas que M.Le Pen a pris l'argent du Parlement européen pour acheter une villa à Saint-Tropez avec. - A.Casse: Elle a détourné des fonds publics pour le RN.
- J.Bardella: Non, on parle d'un désaccord administratif sur l'utilisation, sur le rôle des assistants parlementaires. Le Parlement européen reproche à nos assistants parlementaires d'avoir fait de la politique. On est sur un désaccord. Il n'y a pas d'emplois fictifs. - N.Polony: De ne pas avoir joué le rôle qui est prévu pour les assistants parlementaires européens, mais on leur reproche d'avoir été utilisés pour le RN, alors que pour cela, il y a un financement de la vie publique française. - J.Bardella: Vous avez raison. Ce sont les reproches qui nous sont faits par le Parlement européen et qui ont été intentés par l'ancien président socialiste du Parlement européen,
et qui concernent tous les blocs politiques. La gauche est concernée, le MoDem est concerné. - N.Polony: Ils ont été condamnés. - J.Bardella: Leurs condamnations sont beaucoup plus faibles. Ce qui me scandalise, c'est la peine. Il y a la prison ferme, et je trouve cela disproportionné. Par rapport à une justice qui quasi quotidiennement protège les délinquants, les criminels et remet en liberté des multirécidivistes. Il y a une inéligibilité avec une exécution provisoire. - A.Casse: Ce serait immédiat? - J.Bardella: Le parquet, représentant de la société, veut empêcher une candidate de se présenter à l'élection présidentielle. Si les juges prononçaient cette peine d'inéligibilité
avec exécution provisoire, du jour au lendemain, M.Le Pen ne peut plus être candidate et perd l'intégralité de ses mandats. Le parquet n'est pas neutre. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous fait dire cela? - J.Bardella: La déclaration du procureur. La déclaration qui a été certifiée par vos confrères. FTVA "live tweetait" les réquisitions. La procureure qui a prononcé la peine d'inéligibilité à l'encontre de M.Le Pen a dit: "Je n'ai pas d'éléments, mais ça me ferait trop mal de demander une relaxe." - A.Casse: Elle ne l'adresse pas à M.Le Pen. Votre accusation est grave.
La procureure a bien prononcé cette phrase, mais quand elle l'a dit, c'était à propos de l'eurodéputé J.-F.Jalkh au sujet de lui et d'un contrat avec un assistant parlementaire. Ca ne s'adressait pas du tout à M.Le Pen. - J.Bardella: J.-F.Jalkh est eurodéputé du RN. - A.Casse: Elle ne parlait pas de l'entièreté de l'affaire ni de M.Le Pen. Ca prouve que ce n'est pas un procès politique. - J.Bardella: Ca ne vous choque pas, un tel parti pris? - A.Casse: Ca ne s'adresse pas à M.Le Pen. - J.Bardella: Un procureur qui dit cela du RN, d'accord. Mais ça dit de la conception partisane et du rapport que la personne qui prononce ces réquisitions à l'égard du RN.
"Je n'ai pas d'éléments, mais ça me ferait trop mal de demander la relaxe." En l'occurrence, c'est J.-F.Jalkh qui est visé, mais à quel moment, quand on est procureure de la République, censée rendre justice au nom du peuple français, on propose de telles réquisitions? Ca choque des millions de Français. - A.Casse: Quels sont les éléments qui vous permettent de dire que les magistrats en veulent vraiment à M.Le Pen directement et que leur rôle est politique dans cette affaire? - J.Bardella: La déclaration. L'objectif de cette affaire, c'est de rendre M.Le Pen inéligible. Les 1ers griefs remontent à 2004. Cette procédure tombe maintenant, à 3 ans d'une élection présidentielle où M.Le Pen est donnée potentiellement favorite.
Il y a une partie de la justice qui est politisée. - N.Polony: Il y a le temps long de la justice. Il y a eu une procédure avec des recours diverses qui aboutit à ce temps. En revanche, sur la question du caractère exécutoire, on peut s'étonner. Dans la loi, la justification de la dimension du caractère exécutoire, c'est quand il y a risque de récidive. - J.Bardella: Ou troubles à l'ordre public. - N.Polony: Oui. Sur le risque de récidive, on peut suivre votre argument qui serait de dire que vous n'allez pas récidiver parce que vous avez de l'argent. En même temps, vous venez d'être condamnés par la Cour de cassation sur l'affaire des kits de campagne. Il y a déjà quelque chose qui tordait l'usage pour essayer d'avoir un financement. - J.Bardella: Les deux affaires n'ont strictement rien à voir. - N.Polony: Le but est le même: faire en sorte de financer le parti et de faire de la politique. - J.Bardella: Qu'est-ce qui justifie l'inéligibilité avec exécution provisoire? - N.Polony: Je ne vous dis pas que je trouve cela justifié. Je vous donne un argument.
- J.Bardella: M.Le Pen a joué le jeu et elle est allée dans l'ensemble des auditions. Elle a été présente et assidue. Elle n'a jamais demandé le moindre traitement de faveur. En retour, elle doit être traitée comme une citoyenne normale. Et pas parce que c'est M.Le Pen. Quand on en vient à prononcer quelque chose qui ne se justifie pas... On peut refaire le dossier et discuter, je n'ai pas de problème, mais rien ne justifie l'inéligibilité avec exécution provisoire, si ce n'est la volonté d'écarter M.Le Pen de la vie politique. - A.Casse: Faut-il supprimer cette peine? - J.Bardella: Le trouble à l'ordre public est évoqué et c'est provoqué par cette décision. Quand on entrave le vote des Français,
quand des spécialistes, quand les pires adversaires politiques de M.Le Pen, de G.Darmanin à J.-L.Mélenchon, trouvent scandaleuse cette inéligibilité provisoire, allant jusqu'à dire que M.Le Pen devrait être combattue plutôt sur le terrain démocratique, ça doit vous faire prendre conscience qu'il se passe quelque chose et qu'on ne touche pas à une décision de justice... - A.Casse: Faut-il supprimer la peine d'inéligibilité? - J.Bardella: Ce n'est pas l'objet de ma présence aujourd'hui. En démocratie, la Cour suprême, c'est le peuple. C'est le peuple français et personne d'autre qui doit
désigner... Il ne peut pas y avoir quelques personnes, indépendamment de leur qualité, indépendamment de l'institution à laquelle elles appartiennent, qui désignent qui doit et ne doit pas être candidat à une élection présidentielle. Ce sont les Français. - A.Casse: C'est la loi. - J.Bardella: L'inéligibilité provisoire, pour moi, c'est une entrave à l'Etat de droit, parce qu'elle prive, en l'absence de tout risque, de voie d'appel. On ne peut même pas faire appel. Si cette peine est prononcée par les juges... Si ça ne scandalise pas les gens qui nous regardent...
On a lancé avec le RN une pétition et en moins de 24 heures, nous avons recueilli 100 000 signataires, et pas selon la police. Il y a un problème. Il y a une entrave grave au droit des Français à voter et à se choisir leurs représentants. - A.Casse: Si M.Le Pen ne peut pas se présenter à l'élection présidentielle de 2027, est-ce que vous envisagez sérieusement l'hypothèse d'y aller? - J.Bardella: Je ne fais pas de projection. A la période actuelle que vit mon mouvement, je ne vais pas vous dire qu'on travaille à un plan B. On ne travaille pas à un plan B. - A.Casse: Ca ne veut pas dire que vous ne le faites pas?
- J.Bardella: Pour l'instant, ce sont des réquisitions. Ils entravent le bon fonctionnement de la démocratie. - A.Casse: M.Le Pen a dit que vous étiez le plan B. Je cite: "Je vois les sourires, les dents s'aiguiser sur le fait de se débarrasser de Marine. Mauvaise nouvelle pour eux, même si vous y arrivez, vous ne pourrez pas vous débarrasser de Jordan." Elle dit clairement que si elle ne peut pas y aller, c'est J.Bardella qui ira. - J.Bardella: Elle dit que vous pouvez neutraliser un leader, mais vous ne pouvez pas neutraliser ses idées. Ce n'est pas parce que quelques juges, dans les réquisitions faites, cherchent à écarter M.Le Pen de la vie politique,
que vous écarterez les idées qui sont celles de 11 millions de Français. - A.Casse: Et que vous pourrez porter si elle n'y va pas? - J.Bardella: Je ne vous répondrai pas. - A.Casse: Vous ne serez pas candidat en 2027? - J.Bardella: Je ne vous répondrai pas. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'on fait face aujourd'hui à une injustice profonde et que je vais me battre, et que je serai à ses côtés jusqu'au bout. Il faut que cette décision ne soit pas prononcée par les juges. - A.Casse: Avant 2027, il y a une échéance plus proche de nous qui est la possible censure du gouvernement Barnier. M.Barnier a dit qu'il allait probablement déclencher le 49-3. Avez-vous déjà pris votre décision de censurer ou non ce gouvernement? - J.Bardella: La discussion budgétaire se poursuit.
J'ai indiqué que nous avions des lignes rouges et que tout ce qui viserait à fragiliser le pouvoir d'achat de nos compatriotes, l'activité économique du pays, et à ne pas faire les bonnes économies dans les dépenses de l'Etat... On dérembourse des soins pour les personnes âgées, pendant qu'on cherche à augmenter la gratuité des soins pour les étrangers en situation irrégulière, tout cela représente des lignes rouges. Pour l'instant, ce gouvernement s'expose à une censure. Il en prend la voie. Je ne vais pas me prononcer avant l'issue de la discussion budgétaire. Ce gouvernement n'a ni majorité pour agir ni légitimité démocratique.
S'il n'est pas capable d'entendre les partis qui sont face à lui, le RN est le 1er groupe à l'Assemblée nationale, - A.Casse: Dans un instant, une mère de famille a tué ses 2 enfants âgés de 11 et 13 ans, et celui de son compagnon qui avait 2 ans. Elle s'est suicidée. Comment des mères peuvent-elles en venir à commettre le pire et tuer leur progéniture? On en parlera avec le journaliste D.Delseny et le psychiatre D.Zagury. On continue à parcourir votre livre, J.Bardella. Ce qui nous a marqués, c'est le récit que vous faites de vous-même. - V.Dekyvère: Vous revenez sur vos origines.
Vous parlez de votre mère, Louisa, qui est née à Turin. Vous parlez de votre père qui est d'origine kabylo-alsacienne. Vous êtes né à Drancy. - J.Bardella: Ma grand-mère paternelle. - V.Dekyvère: Votre père est né à Montreuil, et vous êtes nés à Drancy, en Seine-Saint-Denis. Dans votre livre, vous racontez aussi que "votre prénom a été un marqueur au fer rouge, la carte d'identité de ma classe sociale". Vous écrivez aussi que ce prénom vous a complexé avant que vous en fassiez une force. Ce prénom vous a finalement rapproché des gens. Ce prénom et TikTok. Vous êtes omniprésent sur le réseau social préféré de la jeunesse. Vous aimez raconter votre vie, et attention, il y a des révélations fracassantes. - J.Bardella: Les gauchers vont comprendre. Si vous commencez dans l'ordre, vous bavez.
Soit je bosse, soit je dors, soit je mange. La dernière collection Maisons du monde. On est sur un magnifique tissu en semi-velours. - V.Dekyvère: Est-ce qu'à notre époque, on est obligé d'exposer son intimité? - J.Bardella: La matière des fauteuils de la scène de mes meetings ne relève pas vraiment de mon intimité. J'essaye d'être un garçon de mon époque et un homme de mon temps. J'essaye d'utiliser tous les moyens de communication pour parler aux Français. Pourquoi j'ai fait ce livre? Dans le format des émissions de télé, qui sont celles du paysage médiatique, c'est toujours difficile de prendre le temps d'exposer ses idées.
- A.Casse: Ce ne sont pas que vos idées parce qu'on parle d'intime aussi. Vous glissez à un moment de votre livre que vous avez partagé la vie de Nolwenn, la nièce de M.Le Pen, et vous regrettez en même temps l'intrusion dans votre vie privée. Vous écrivez page 268: "Certains ont fouillé mes relations amoureuses, interrogé mes anciennes compagnes, on m'a reproché des liaisons opportunistes dans ma sphère partisane. Ces accusations sont indignes. Je chéris les rares moments intimes que la vie politique m'a arrachés." Ca ne va pas aller en s'arrangeant, parce que prétendre aux plus hautes fonctions de l'Etat du pouvoir, c'est aussi exposer sa vie privée, son couple. Seriez-vous prêt un jour à le faire? - J.Bardella: C'est difficile.
Conserver un brin d'intimité quand vous faites de la politique au niveau où j'en fais aujourd'hui, c'est difficile. J'ai eu pendant la campagne européenne, des enquêtes, des documentaires, des reportages et on est allé chercher ma vie privée. Je le raconte dans le livre. Des journalistes ont débarqué sur le lieu de travail de gens avec qui j'ai été au lycée. On voulait savoir comment je me comportais quand j'étais au lycée, ce que je mangeais... - A.Casse: C'est ce que l'on fait parfois dans les portraits. C'est le cas de tous les hommes et femmes politiques. Je ne suis pas femme politique, mais j'essaie de vous comprendre. - J.Bardella: Parfois, il y a des intrusions qui ne se justifient pas sur le plan journalistique. Quand je raconte ce que certains de vos confrères dévoilent
y compris le lieu où j'habite en décrivant l'intérieur de mon appartement, on se demande comment ils ont eu ce genre d'informations. Ils décrivent exactement où se trouve mon appartement. Quand on peut faire de l'autre côté l'objet de menaces ou vivre sous protection policière, quelle est la valeur journalistique et informative de ce type d'information? On a parfois le sentiment qu'une partie de la presse, je ne mets pas tout le monde dans le même sac, beaucoup font un travail remarquable et la presse doit être protégée et libre dans notre pays, avec nous, n'a pas un objectif de traitement neutre, mais a pour objectif de nous détruire. - A.Casse: Ma question était: est-ce que vous êtes prêt à donner
plus? Accéder au pouvoir, c'est aussi de dire avec qui on partage sa vie. Etes-vous prêt à franchir cette étape? - J.Bardella: Ca fait partie de mon dernier espace d'intimité. Je le protégerai aussi longtemps qu'il le faut. - A.Casse: Peut-être en 2027. On verra. - J.Bardella: Et vous, vous allez le faire? Quelle est la valeur informative de ce type d'infos? - N.Polony: Vous écrivez tout un livre où vous vous décrivez tous les moments où vous avez eu des angoisses juste avant les meetings. Pardon, mais si vous voulez parler de vos idées, il faut retirer à peu près les 4/5 du livre. - J.Bardella: Vous avez raison.
Toute la partie personnelle, je le raconte parce que politiquement, on en déduit des choses. Ce n'est pas simplement raconter ma vie et mon oeuvre. C'est dire des choses que je considère fondamentales pour que les gens puissent vraiment comprendre ce que je pense et pourquoi je le pense. Je conclus mon introduction en disant aux Français qu'en leur racontant d'où je viens, ils vont comprendre où je veux aller. - A.Casse: On n'a toujours pas la réponse ce soir. Merci, J.Bardella, d'avoir été avec nous. Je rappelle votre ouvrage.
Jordan Bardella